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Arrêtez le massacre !

Publié le par Felli Bernard

Arrêtez le massacre !

 

 
29 décembre, 2016
Tribune libre
Loïk Le Floch-Prigent

 

Poursuivre la désindustrialisation ou réindustrialiser ?

En cette fin d’année, tandis que le Président élu aux USA développe sa stratégie de réindustrialisation et que la nouvelle Premier Ministre Britannique déclare prioritaire le renouveau de l’industrie, la France, elle, parle des contrats de travail dans les « entreprises » et l’Europe se préoccupe de la « compétition » lors des rapprochements d’entreprises... Est-ce bien raisonnable ? Le temps risque d’être long d’ici le mois de mai, tandis que la presse continue à se réjouir des « recentrages » du retour au « cœur de métier » et la constitution de « trésors de guerre » après la vente de pépites. 

J’ai suffisamment parlé du dossier Alstom. Les « Chantiers de l’Atlantique » ont été vendus il y a déjà bien longtemps, ils ont été coréens après avoir été norvégiens, la société mère est désormais en liquidation, or c’est un trésor national, il faut en reprendre la propriété tandis qu’ils sont excellemment dirigés depuis cinq ans, mais pour cela il faut une volonté et un négociateur ! La comédie jouée sur « STX Europe » doit finir, Saint-Nazaire c’est en France et l’installation industrielle fait partie de notre patrimoine.

Quand Plastic Omnium rachète une partie de Faurecia, donc une entreprise française rachète à une autre entreprise française, les pare-chocs de voitures, la Commission Européenne met huit mois à négocier la revente de cinq usines françaises et de trois autres européennes pour « protéger la concurrence » ! Qui va racheter ? les Américains, les Chinois, des fonds spéculatifs ? N'a-t-on rien de mieux à faire que d’éviter que nos entreprises industrielles deviennent puissantes et se développent dans une concurrence mondiale acharnée ? Est-ce que les USA se préoccupent des monopoles qu’ils exercent dans l’ensemble des pays du monde ? Croyez-vous que Rex Tillerson, héritier de l’empire Exxon et futur Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères soit un adepte de la concurrence débridée ? Dans quel monde vivons-nous ? la Commission s’inquiète-t-elle du monopole chinois des cellules solaires photovoltaïques, a-t-elle arrêté la vente des Robots Kuka allemands à l’industrie nationale chinoise, où est l’indépendance industrielle de l’Europe dans ces domaines ? Où est la concurrence ? Intra-européenne ou extra-européenne, redevenons sérieux et supprimons ces bureaucrates incompétents qui vivent dans le monde d’hier.

Cerise sur le gâteau, nous refusons de comprendre l’industrie de demain et nous poursuivons nos commentaires « financiers » stupides à propos de l’industrie.

J’ai dit et redit que la vente de positions mondiales pour racheter ses actions ou pour préparer des « acquisitions » était un leurre. J’ai donné des exemples, et, en particulier celui de Sanofi qui a vendu Mérial à Bohringer. Cela reste en Europe c’est déjà cela, mais le siège est à Lyon, c’est-à-dire en France. Hé bien depuis cette vente, Sanofi veut faire une acquisition majeure dans son « cœur de métier », comme si la santé animale des animaux que nous mangeons n’avait rien à voir avec la santé humaine ! Tous les mois nous apprenons que Sanofi a « presque racheté » une entreprise innovatrice mais qu’un concurrent a payé plus cher et qu’il faut attendre une autre occasion; ils vont peut-être finir par racheter Merial et s’apercevoir que le trésor était chez eux !

Il ne se passe pas de semaines sans que des chefs d’entreprises vendent ainsi des pépites à la grande satisfaction des banquiers et des journalistes économiques, ainsi, par exemple, le nouveau patron de Safran a eu comme priorité de vendre sa pépite, « Morpho » ! Ce n’était pas son cœur de métier ! Ouf ! Y avait-il des usines ? Y avait-il du savoir-faire ? Le développement de cette activité avait de l’avenir au plan mondial ? Balivernes... L’important est de disposer d’un trésor de guerre pour faire une acquisition. Y-a-t-il des travailleurs dans ces usines ? Que pensent-ils des nouveaux propriétaires ? Qui s’en soucie ? Personne.

A chaque fois que je fais une conférence dans ce que désormais on appelle les territoires, c’est-à-dire la France, je rencontre des salariés inquiets de leur avenir et des édiles locaux qui m’interrogent sur les propriétaires des entreprises qui emploient leurs électeurs. « Connaissez-vous cette entreprise qui a racheté l’usine » ? « Avez-vous des relations avec le fonds qui possède nos installations » ? Il y a un patron local qui communique par « Skype » avec ses « chefs » sans bien savoir où l'on va mais avec des ordres précis sur la rentabilité de la production. C’est cela l’industrie de demain ? Non ! C’est l’inverse d’une activité industrielle. L’industrie c’est la mobilisation autour d’un projet, ce n’est pas remplir le tonneau des Danaïdes d’un inconnu qui va décider un jour de remplacer une installation en Bretagne par un atelier en Indonésie. Tout cela c’est l’échec des trente ans qui viennent de s’écouler !

Réveillez-vous, rentrez résolument dans le monde d’aujourd’hui et donc celui de demain.

 

Tags:
industries stratégiques, alstom, arabelle

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Big Brother petits bras…

Publié le par Felli Bernard

Big Brother petits bras…


Les renards de la CIA protègent le poulailler de Facebook des intrusions de la vérité. Bienvenue à la « Police des faits » : CIA, Soros, Bezos et le Washington Post !

« ... Qui sont-ils pour me dire, ou vous dire ce que vous êtes autorisé à lire, à digérer et sur quels sujets vous pouvez former vos idées indépendantes ? C'est une réincarnation au XXIe siècle de l'Inquisition espagnole, composée des vrais créateurs de faux, le Washington Post, AP, ABCNews, Snopes.com, FactCheck.org, la CIA et ses amis. »
F.William Engdhal

F. William Engdhal

Par F. William Engdhal – le 22 décembre 2016 – Source Russia Insider

La nécessité de censurer réprimer ce qui est qualifié de « fausses nouvelles » est devenue le dernier slogan à la mode des médias aux ordres de la CIA, après que le Pizzagate a fuité des données alléguant que le directeur de campagne de Hillary Clinton, John Podesta et d’autres personnes politiques très influentes à Washington ont été en rapport avec une étrange pizzeria, près de la Maison Blanche, gérée par un homme de 41 ans James Achilles Alefantis, surnommé Comet Ping Pong.

 

Voici le crétin post-pubère milliardaire qui pense pouvoir vous dire ce que vous êtes autorisé à lire

La dernière étape dans ce processus de censure d’internet est une décision du média social glauque dénommé Facebook de faire appel à des organisations spécialisées pour déterminer si les messages publiés sur Facebook sont des fausses nouvelles ou non. Maintenant, il apparaît que ces organisations privées chargées de la « police des faits » sont liées à la CIA et à des ONG en rapport avec cette dernière, y compris les fondations Open Society de George Soros.

Dans les dernières semaines de la campagne présidentielle américaine, Wikileaks a publié un grand nombre de courriels liés au dirigeant de la campagne de Clinton, John Podesta. Le contenu de milliers de courriels a révélé des échanges détaillés entre Podesta et l’étrange et influent propriétaire de la pizzeria Comet Ping Pong, Alefantis, ainsi que l’organisation par la campagne Clinton de collectes de fonds à Comet Ping Pong.

Le scandale du Pizzagate a explosé au cours des dernières semaines de la campagne américaine alors que des équipes de chercheurs privés ont documenté et publié sur Facebook, Instagram et d’autres, des faits suggérant qu’Alefantis et Comet Ping Pong étaient au cœur d’un cercle de pédophilie impliquant certains politiciens de Washington et au-delà.

Le New York Times et le Washington Post ont rapidement affirmé que les révélations du Pizzagate étaient des fausses nouvelles, citant des « sources anonymes » qui auraient dit que la CIA « croyait » que la Russie était derrière les pirates informatiques qui ont exposé les courriels et les documents du Comité national du parti démocrate ainsi que ceux du directeur de campagne de Hillary Clinton, John Podesta.

L’ancien expert en renseignement de la NSA, William Binney, a affirmé que les données de la campagne de Podesta et Clinton ont été divulguées et non pas piratées. La NSA, a-t’il souligné, a identifié immédiatement un hacker, en particulier un hacker étranger, mais elle est restée silencieuse.

La découverte et la livraison à Wikileaks des emails de Podesta ont été immédiatement imputées aux renseignements russes par la CIA, et maintenant par le président américain, sans aucune preuve, et malgré le fait que la NSA n’a pas réagi. Wikipédia, dont le contenu est souvent manipulé par les agences de renseignement américaines, a rapidement affiché une page avec ce titre curieux, Pizzagate (théorie de la conspiration).

Pour s’assurer que le lecteur neutre intéressé comprenne bien le message, le paragraphe d’en-tête dit : « Le Pizzagate est une théorie de conspiration démasquée qui a émergé pendant le cycle de l’élection présidentielle 2016 aux États-Unis, alléguant que les emails de John Podesta, qui ont été divulgués par WikiLeaks, contenaient des messages codés en rapport avec la traite d’êtres humains, et reliant un certain nombre de pizzerias de Washington D.C., à des membres du Parti démocrate et à un cercle pédophile. »

Début du slogan des fausses nouvelles

Mon propos en mentionnant les détails du Pizzagate n’est pas de démontrer l’authenticité des allégations à ce sujet, ce que d’autres font avec beaucoup plus de moyens. Au lieu de cela, mon but est de souligner la synchronisation entre la communication explosive des fuites du Pizzagate sur le blog Wikileaks de Julian Assange, et le lancement d’une campagne médiatique et politique massive contre ce qui est maintenant qualifié de fausses nouvelles.

L’article cité dans le New York Times, par Wikipedia, comme « démystifiant » les allégations du Pizzagate affirme : « Rien de tout cela n’était vrai. Bien que M. Alefantis ait des amis démocrates de premier plan à Washington et soit un partisan de Mme Clinton, il ne l’a jamais rencontrée, ne vend pas et n’abuse pas des enfants, et n’est pas été inquiété par les forces de l’ordre pour aucune de ces réclamations. Lui et ses quarante employés se sont involontairement trouvés pris au milieu d’une tempête de fausses nouvelles ». L’article ne contient pas une preuve concrète que les allégations sont fausses, disant simplement que Alefantis est la pauvre victime de fausses nouvelles vicieuses.

L’histoire du New York Times a été accompagnée d’une série d’articles tels que « Comment les fausses nouvelles deviennent virales : une étude de cas ». Un autre titre évoque : « Obama, avec Angela Merkel à Berlin, condamnent la propagation de fausses nouvelles ».

Puis, le 19 novembre, l’ardent partisan de Clinton, le milliardaire de Facebook Mark Zuckerberg est cité dans un article éminent intitulé : « Selon Mark Zuckerberg, Facebook étudie les moyens de combattre les fausses nouvelles ».

Facebook recrute des censeurs à la CIA

Zuckerberg, PDG et fondateur du site Facebook.com, leader mondial des médias sociaux, le 5e homme le plus riche du monde avec environ 50 milliards de dollars, a maintenant établi un réseau tierce partie de « Police des faits » dont le travail consiste à signaler, par un drapeau rouge, tout message de l’un quelconque du milliard – estimé – de personnes utilisant le site, avec un avertissement saillant qui prévient : « contesté par des tiers vérificateurs de faits ».

Facebook a annoncé qu’il prend ses données de censure à partir d’un réseau international dénommé Réseau international de vérification des faits (IFCN). Cette IFCN, une nouvelle création, a rédigé un code de cinq principes auxquels les sites internet d’actualités doivent se conformer, et Facebook travaillera avec des « organisations tierces de vérification des faits » qui sont signataires de ce code de « déontologie ».

Si nous recherchons le nom International Fact-Checking Network (IFCN), nous nous trouvons sur la page d’accueil de quelque chose appelé l‘Institut Poynter pour les études des médias à Saint-Pétersbourg, en Floride.

Okay. Si nous regardons un peu plus loin, nous constatons que le Réseau international de vérification des faits de l’Institut Poynter reçoit à son tour l’argent de la Fondation Bill & Melinda Gates, de Google, du National Endowment for Democracy, du Omidyar Network, de l’Open Society Fondations de George Soros.

Oh mon Dieu !

Bill & Melinda Gates Foundation qui s’associe à Soros dans de nombreux projets désagréables comme, par exemple, convaincre les pays africains d’accepter les semences génétiquement modifiées ou OGM ?

Google, dont les origines remontent aux financements par la CIA et par la NSA, comme l’indique le chercheur en renseignement Nafeez Ahmed : « Une pléthore de start-ups du secteur privé cooptées par le renseignement américain pour conserver la supériorité dans le secteur de l’information. » ?

Omidyar Network, de Pierre Omidyar, fondateur milliardaire d’eBay, qui finance, entre autres projets, la publication numérique en ligne The Intercept, lancée en 2014 par Glenn Greenwald, Laura Poitras et Jeremy Scahill ?

National Endowment for Democracy (NED) [Fondation nationale pour la démocratie], l’ONG « privée » financée par le gouvernement US, planquée derrière chaque changement de régime de la CIA, de la Révolution de couleur en Ukraine au Printemps arabe ? Le NED était un projet de la CIA créé dans les années 1980 sous l’administration Reagan dans le cadre de la privatisation des opérations de renseignement américaines, comme Allen Weinstein – qui avait rédigé la législation du Congrès pour établir le NED – l’a noté dans une interview candide au Washington Post en 1991 : « Beaucoup de choses que nous faisons aujourd’hui étaient faites clandestinement, il y a 25 ans, par la CIA ».

Et si nous creusons encore plus profondément, nous trouvons, oh surprise !, l’inévitable suspect habituel, George Soros, trader de hedge fund initié et condamné, philanthrope exonéré d’impôts et giga-milliardaire qui semble avoir financé non seulement Hillary Clinton, mais pratiquement toutes les Révolutions de couleur fomentées par la CIA et le département d’État US, de la Russie à la Chine en passant par l’Iran, grâce à son réseau Open Society Foundations, y compris le pillage de la Russie et de la plupart des pays de l’Europe de l’Est ex- communiste, dans les années 1990, par Jeffrey Sachs sous couvert de la thérapie de choc.

Un autre des médias travaillant avec la censure des fausses nouvelles du Facebook de Zuckerberg est le Washington Post, aujourd’hui détenu par le fondateur milliardaire d’Amazon, Jeff Bezos. Bezos est un important partenaire des affaires de médias avec… la CIA, un fait qu’il a omis de déclarer après avoir pris en charge la propriété du journal le plus important de Washington.

Le Washington Post de Bezos a récemment publié une liste bizarre de 200 sites Web dont elle prétend qu’ils génèrent des fausses nouvelles [y compris le Saker, NdT]. Le journal a refusé d’identifier qui lui a donné la liste. L’enquêteur journaliste vétéran à Washington, Wayne Madsen, a révélé la source de la liste tabou style McCarthy de soi-disant fausses nouvelles. Il s’agissait d’un « site Web appelé PropOrNot.com qui a des liens avec la CIA et George Soros ».

Ce ne sont pas seulement les révélations du Pizzagate qui ont déclenché une attaque aussi massive sur des sites Internet indépendants. Il semble qu’en janvier 2014, lors du Forum économique mondial de Davos, le contrôle de l’information sur Internet a été un des principaux sujets de discussion. À l’époque, Madsen a noté : « Avec la disparition imminente de la neutralité du World Wide Web, qui a donné un accès égal aux opérateurs de sites Internet, le 1% des investisseurs milliardaires est occupé à se positionner pour prendre le contrôle total des informations sur Internet. »

Ce ne sont même pas les renards qui gardent le poulailler d’Internet. Ce sont les loups-garous de la CIA et la censure du gouvernement américain. Le fait que les révélations explosives du Pizzagate / Podesta aient simplement déclenché une accélération dramatique du calendrier de l’opération « Fausses Nouvelles » prévu par la CIA − en tant que successeur de leur opération de discrédit linguistique de la « théorie de la conspiration » en 1980 − montre clairement qu’il ne s’agit pas d’un service public impartial, objectif et transparent pour protéger le public d’Internet contre les contenus nuisibles.

Et, d’ailleurs, qui sont-ils pour me dire, ou vous dire, ce que vous êtes autorisés à lire, à digérer et sur quels sujets vous pouvez former vos idées indépendantes ? C’est une réincarnation au XXIe siècle de l’Inquisition espagnole, composée des vrais créateurs de faux, le Washington Post, AP, ABCNews, Snopes.com, FactCheck.org, la CIA et ses amis. Je dirais que c’est un développement alarmant, non pas du fait de la Russie, mais du fait des réseaux de la CIA qui encouragent l’opération « Fausses Nouvelles » à diaboliser tous ceux qui s’opposent à la propagande de Washington.

F.William Engdahl

Article original paru chez New Eastern Outlook

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Il y a plus d’une vérité à raconter dans la terrible histoire d’Alep (The Independent)

Publié le par Felli Bernard

Source : Robert Fisk, 15-12-2016

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Robert FISK

Les politiciens, les « experts » et les journalistes occidentaux vont devoir reprendre à zéro leur copie au cours des prochains jours, maintenant que l’armée de Bashar al-Assad a repris le contrôle de l’est d’Alep.

Nous allons savoir si les 250 000 civils « prisonniers » dans la ville étaient effectivement aussi nombreux. Nous allons en apprendre beaucoup sur le fait ils n’avaient pas la possibilité de partir quand le gouvernement syrien et l’armée de l’air russe ont lancé leur bombardement féroce de la partie orientale de la ville.

Et nous allons en apprendre encore davantage sur les « rebelles » que nous – les Occidentaux, les États-Unis, la Grande-Bretagne et nos coéquipiers du Golfe – avons soutenu.

Il y avait après tout parmi eux, al-Qaïda (alias Jabhat al-Sham), le « peuple » – comme les appelait George W. Bush – qui ont commis les crimes contre l’humanité à New York, à Washington et en Pennsylvanie le 11 septembre 2001. Rappelez-vous la guerre contre le terrorisme ? Rappelez-vous le « mal à l’état pur » qu’était al-Qaïda. Rappelez-vous tous les avertissements de nos services de sécurité bien-aimés au Royaume-Uni sur la façon dont al-Qaïda pouvait semer la terreur à Londres ?

Mais quand les rebelles, y compris al-Qaïda, se battaient dans l’est d’Alep, il n’en était plus question – car un conte d’héroïsme, de démocratie et de souffrance avait été mis au point pour nous, un récit avec des bons contre des méchants, du même acabit que celui explosif et malhonnête sur les « armes de destruction massive » en Irak.

À l’époque de Saddam Hussein, lorsque quelques-uns d’entre nous soutenions que l’invasion illégale de l’Irak mènerait à des catastrophes et à des souffrances incalculables, et que Tony Blair et George Bush nous poussaient dans la voie de la perdition, il nous incombait de constamment rappeler notre répugnance à l’égard de Saddam et de son régime. On nous rappelait inévitablement que Saddam était l’un des trois piliers de l’Axe du Mal.

Alors voici le mantra habituel que nous devons répéter ad nauseam pour éviter les habituels courrier haineux et les habituelles injures qui seront aujourd’hui versés sur quiconque se détournera de la version dominante et profondément biaisée de la tragédie syrienne.

Oui, Bashar al-Assad a brutalement détruit de vastes étendues de ses villes dans sa lutte contre ceux qui veulent renverser son régime. Oui, ce régime a une multitude de péchés accrochés à son nom : la torture, les exécutions, les prisons secrètes, le meurtre de civils et – si nous incluons les miliciens syriens sous le contrôle effectif du régime – une version effrayante de nettoyage ethnique.

Oui, nous devrions craindre pour la vie des médecins courageux de l’est d’Alep et des gens qu’ils ont soignés. Quiconque a vu les images du jeune homme sorti de la ligne des réfugiés fuyant Alep la semaine dernière, par les hommes du renseignement du régime devrait craindre pour tous ceux qui n’ont pas été autorisés à traverser les lignes du gouvernement. Et rappelez-vous comment l’ONU a dit avoir appris que 82 civils ont été « massacrés » dans leurs maisons dans les dernières 24 heures.

Mais il est temps de dire l’autre vérité : que nombre des « rebelles » que nous, les Occidentaux, avons soutenus – et que notre absurde premier ministre Theresa May a indirectement bénis lorsqu’elle a fait acte d’allégeance devant les acheteurs d’hélicoptères [saoudiens] la semaine dernière – sont les plus cruels et les plus impitoyables des combattants au Moyen-Orient. Et tandis que nous avons été abreuvés des horreurs d’Isis pendant le siège de Mossoul (un événement trop semblable à Alep, bien que vous ne le penseriez pas en lisant notre version de l’histoire), nous avons volontairement ignoré le comportement des rebelles d’Alep.

Il y a seulement quelques semaines, j’ai interviewé l’une des premières familles musulmanes à fuir l’est d’Alep à l’occasion d’un cessez-le-feu. Le père venait d’être informé que son frère devait en représailles être exécuté par les rebelles parce qu’il avait traversé la ligne de front avec sa femme et son fils. Il a condamné les rebelles pour avoir fermé les écoles et avoir placé des armes à proximité des hôpitaux. Et il n’était pas un maréchal pro-régime… Il avait même eu de l’admiration pour Isis pour leur bonne conduite dans les premiers jours du siège.

Environ à la même époque, les soldats syriens exprimaient en privé leur conviction que les Américains permettraient à Isis de quitter Mossoul pour attaquer à nouveau le régime en Syrie. Un général américain avait réellement exprimé sa crainte que les miliciens chiites irakiens puissent empêcher Isis de fuir à travers la frontière irakienne vers la Syrie.

Eh bien, c’est arrivé. En trois colonnes de camions-suicides et de milliers de partisans armés, Isis vient de se frayer un chemin à travers le désert depuis Mossoul en Irak et Raqqa et Deir ez-Zour dans l’est de la Syrie, pour reprendre la belle ville de Palmyre.

Il est très instructif d’examiner nos rapports sur ces deux événements parallèles. Presque tous les manchettes parlent aujourd’hui de la « chute » d’Alep face à l’armée syrienne – alors qu’en toute autre circonstance, nous aurions certainement dit que l’armée avait « repris » la ville aux « rebelles » – tandis qu’Isis aurait « recapturé » Palmyre quand (étant donné leur propre comportement meurtrier) nous aurions certainement annoncé que la ville romaine était « tombée » une fois de plus sous leur domination grotesque.

Les mots importent. Ce sont les mêmes hommes que ceux qui, après leur première occupation de la ville l’année dernière, ont décapité le savant de 82 ans qui a essayé de protéger les trésors romains, puis ont ensuite placé ses lunettes sur sa tête décapitée.

De leur propre aveu, les Russes ont effectué 64 bombardements contre les attaquants d’Isis à l’extérieur de Palmyre. Mais étant donné les énormes colonnes de poussière soulevées par les convois d’Isis, pourquoi l’armée de l’air américaine n’a-t-elle pas participé au bombardement de leur plus grand ennemi ? Mais non : pour une raison ou une autre, les satellites américains et les drones et les services de renseignements ne les ont pas repérés – pas plus que lorsque Isis a conduit des convois identiques de camions-suicides pour capturer Palmyre en mai 2015.

Il ne fait aucun doute que Palmyre représente un revers pour à la fois pour l’armée syrienne et les Russes – revers plus symbolique que militaire. Des officiers syriens m’ont dit à Palmyre plus tôt cette année qu’Isis ne serait jamais autorisé à revenir. Il y avait une base militaire russe dans la ville. Un avion russe nous survolait. Un orchestre russe venait de jouer dans les ruines romaines pour célébrer la libération de la ville.

Alors, que s’est-il passé ? Le plus probable est que l’armée syrienne n’a tout simplement pas le nombre de soldats nécessaire pour défendre Palmyre tout en reprenant l’est d’Alep.

Ils devront reprendre Palmyre rapidement. Mais pour Bashar al-Assad, la fin du siège d’Alep signifie qu’Isis, al-Nusra, al-Qaïda et tous les autres groupes salafistes et leurs alliés ne peuvent plus revendiquer une base ou créer une capitale dans la longue lignée des grandes villes qui forment la colonne vertébrale de la Syrie : Damas, Homs, Hama et Alep.

Revenons à Alep. Le récit familier et lassant de la politique et du journalisme a besoin d’être rafraîchi. La preuve est claire depuis quelques jours. Après des mois de condamnation des iniquités du régime syrien tout en occultant l’identité et la brutalité de ses adversaires à Alep, les organisations de défense des droits de l’homme – reniflant la défaite des rebelles – ont commencé il y a quelques jours à diffuser leurs critiques à l’égard de ces mêmes défenseurs.

Prenez le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme. La semaine dernière, après les craintes tout à fait compréhensibles pour la population civile de l’est d’Alep et ses médecins et infirmiers, comme pour les civils soumis aux représailles du gouvernement et les « centaines d’hommes » qui ont disparu après avoir traversé la ligne de front, l’ONU a soudainement exprimé d’autres préoccupations.

« Au cours des deux dernières semaines, le Front Fatah al-Sham [en d’autres termes, al-Qaïda] et le Bataillon Abu Amara auraient enlevé et tué un nombre inconnu de civils qui avaient demandé aux groupes armés de quitter leurs quartiers afin d’épargner la vie des civils … « , a-t-il déclaré.

« Nous avons également reçu des informations selon lesquelles entre le 30 novembre et le 1er décembre, des groupes armés d’opposition ont tiré sur des civils qui tentaient de partir ». De plus, des « attaques aveugles » ont été menées sur des zones gouvernementales et densément peuplées à l’ouest d’Alep.

Je soupçonne que nous entendrons plus de choses dans les prochains jours. Le mois prochain, nous lirons également un nouveau livre effrayant, Merchants of Men, par la journaliste italienne Loretta Napoleoni, sur le financement de la guerre en Syrie. Elle a documenté les enlèvements-pour-argent par le gouvernement et les forces rebelles en Syrie, mais a également des mots durs pour notre propre profession de journalisme.

Les journalistes qui ont été enlevés par des gardes armés dans l’est de la Syrie, écrit-elle, « sont tombés victimes d’une sorte de syndrome d’Hemingway : les correspondants de guerre qui soutiennent l’insurrection font confiance aux rebelles et mettent leur vie entre leurs mains parce qu’ils sont de mèche avec eux. » Mais l »insurrection n’est qu’une variante du djihadisme criminel, un phénomène moderne qui n’a qu’un Dieu : l’argent. »

Est-ce trop dur pour ma profession ? Sommes-nous vraiment « de mèche » avec les rebelles ?

Certes, nos maîtres politiques sont – et pour la même raison que les rebelles enlèvent leurs victimes – inféodés à l’argent. D’où la disgrâce de Brexit May et sa bouffonnerie de ministres qui se sont prosternés la semaine dernière devant les autocrates sunnites qui financent les jihadistes en Syrie, dans l’espoir de gagner des milliards de livres dans les ventes d’armes post-Brexit au Golfe.

Dans quelques heures, le Parlement britannique doit débattre du sort des médecins, des infirmières, des enfants blessés et des civils d’Alep et d’autres régions en Syrie. Le comportement grotesque du gouvernement britannique a fait en sorte que ni les Syriens ni les Russes ne prêteront la moindre attention à nos lamentations pitoyables. Cela aussi doit être dit.

Robert Fisk

Robert Fisk est le correspondant du journal The Independent pour le Moyen Orient. Il a écrit de nombreux livres sur cette région dont : La grande guerre pour la civilisation : L’Occident à la conquête du Moyen-Orient.

Original : http://www.independent.co.uk/voices/aleppo-falls-to-syrian-regime-bash…

Source : Robert Fisk, 15-12-2016

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Confrontation ou accommodement avec l’Islam ?, par Emmanuel Todd (1/2)

Publié le par Felli Bernard

29
Déc
2016

15 mois plus tard, je vous propose aujourd’hui des extraits de la Conclusion de Qui est Charlie, d’Emmanuel Todd, sorti au printemps 2015, dans lequel il analysait certes la manifestation du 11 janvier, mais traçait surtout des perspectives de long terme à partir de sa longue carrière d’anthropologue.

Je vous recommande très vivement son achat

Conclusion

Je voudrais dans cette conclusion rappeler rapidement ce que fut la France républicaine du passé, résumer ensuite ce qu’est devenue la France néo-républicaine du présent, poser enfin le choix qui s’offre à nous : la confrontation avec l’islam ou l’accommodement avec lui. Je terminerai par une prédiction raisonnablement pessimiste sur ce qui menace d’advenir.

Le vrai passé républicain

Au lendemain de l’affaire Dreyfus et de la séparation de l’Église et de l’État, je l’ai dit, la Ille République était, en dépit de sa célébration du jacobinisme, pluriculturelle de fait. Je m’abstiens d’utiliser le terme trompeur de multiculturalisme, trop marqué aujourd’hui d’idéologie, et qui masque toujours une intolérance des profondeurs. Pluriculturel doit évoquer l’inverse, une intolérance revendiquée qui masque la liberté de tous. En son coeur, l’Hexagone était incroyant. Dans une constellation de provinces périphériques, le tiers du territoire national, l’Église catholique régnait. Elle y avait ses idoles et ses écoles. Le comportement des populations catholiques était fortement déviant, avec un âge au mariage tardif, un refus du contrôle des naissances dans le couple des familles nombreuses. Son indicateur de fécondité, plus élevé de 25 %, pouvait donner le sentiment que l’Église cherchait à conquérir la République par une lutte démographique. Au centre de la culture nationale régnait une désinvolture sexuelle qui n’avait son équivalent nulle part ailleurs en Europe. Aristocrates et bourgeois anglais, allemands ou italiens venaient chercher et trouvaient à Paris les conditions de leur liberté.

Culture laïque et culture catholique, officiellement hostiles l’une à l’autre, n’étaient pourtant pas étanches. Chaque jour des catholiques faisaient défection et passaient du côté de la libre-pensée. Les mariages mixtes étaient nombreux entre les deux camps, unions le plus souvent favorables à la culture centrale dominante. Des tensions subsistaient certes partout, mais les minorités juive et protestante avaient enfin trouvé la liberté dans cet univers pluriculturel. Cette France fantaisiste et disciplinée, anarchiste en son cœur mais autoritaire par son État et par son Église, fascinait l’Europe, non seulement par sa devise, « Liberté, égalité, fraternité », mais par sa diversité culturelle, supérieure à celle de toute autre nation. […]

En d’autres termes, le caractère pluriculturel de la France a permis l’épanouissement des individus, en vertu d’un processus que la théorie jacobine n’avait nullement prévu. L’homogénéité laïque du passé est un fantasme total. La théorie véhiculée aujourd’hui par le laïcisme radical est pure fiction. Ce que l’on exige aujourd’hui des musulmans ne fut jamais obtenu des catholiques, malgré plus de cent de conflits violents, incluant les 200 000 morts de la guerre de Vendée.

Le présent néo-républicain 

Le néo-républicanisme est une étrange doctrine, qui prétend parler la langue de Marianne mais définit dans les faits une République d’exclusion. Durant les trente dernières années, la montée en puissance de la périphérie catholique zombie de l’Hexagone (anciennes régions catholiques, où les individus se sont en général détachés de cette religion) et l’entrée en crise du centre laïque, l’une combinée à l’autre, ont abouti à un basculement : la périphérie désormais domine, et avec elle son indifférence ou même son refus de la valeur d’égalité. Les régions qui ont soutenu la monarchie, puis la droite conservatrice, et enfin Vichy, sont aux commandes. En tant que système organisé, la France a changé de nature.

La culture centrale y est désorganisée. Elle n’a bien sûr pas disparu et conserve probablement une forte puissance latente, souterrainement active, mais sa contribution effective au système national résonne surtout, en milieu populaire traditionnel comme chez les descendants d’immigrés musulmans, comme l’expression d’une intolérance égalitaire spécifique, une perversion de l’universalisme qui, bien entendu, aggrave la situation. La dualité du système national n’assure plus […] une diversité maximale des possibilités humaines. Elle démul­tiplie, au contraire, l’anxiété massivement induite par l’ato­misation du système central. Anomie, intolérance hybride et instable combinant inégalitarisme et égalitarisme, voilà ce qui a conduit à la montée en puissance nationale de l’islamophobie. Indépendamment de tout problème d’adap­tation des populations dont il est la religion d’origine, l’islam est bien le bouc émissaire d’une société qui ne sait plus quoi faire de son incroyance et qui ne sait plus si elle a foi en l’égalité ou en l’inégalité. De cette confusion a émergé le discours néo-républicain, qui exige laïcité et unanimité. L’omniprésence des mots laïcité et République, ces vingt dernières années, révèle d’ailleurs le déclin du véritable sentiment républicain. Comme il est fréquent, la vérité s’avance masquée par sa propre négation.

La néo-République, plus proche de Vichy dans son concept que de la IIIe République, exige de certains citoyens un degré intolérable de renonciation à ce qu’ils sont. Le musulman, pour être reconnu comme un bon Français, doit ainsi admettre que blasphémer sur sa propre religion est une bonne chose. Ce qui revient à lui demander, en vérité, de cesser d’être musulman. Des idéologues à grands tirages évoquent la déportation comme une solution. […]

La dynamique islamophobe est, pour une part, caractéristique de l’ensemble de la zone euro, elle-même structurée par ses provinces catholiques zombies de tempérament inégalitaire. Cette islamophobie de type C (comme catholique) est un peu modérée par un reste du sentiment universel hérité de l’Église, mais elle tend à être dopée par l’échec de l’euro, qui rend les couches dominantes anxieuses et les lance à la recherche d’un bouc émissaire, l’islam évidemment Les classes dirigeantes de la zone euro auraient sans doute préféré la russophobie, xénophobie idéale des élites. Mais il manque deux caractéristiques aux Russes pour constituer un bouc émissaire satisfaisant : une présence physique importante à l’Ouest et, surtout, la faiblesse. Taper sur de immigrés venus de la Méditerranée apparaît tout de même moins risqué que d’affronter l’armée russe.

Le deuxième cercle, celui de l’islamophobie de type P (comme protestante), est situé plus au nord et ne se confond pas avec la zone euro. Mais le protestantisme, s’il a bien légué sa dynamique éducative à sa descendance zombie, lui a également transmis son rapport foncièrement négatif à l’universel. Depuis un bon moment déjà, le protestantisme zombie agit en Europe — aux Pays-Bas, au Danemark, en Allemagne du Nord et de l’Est — comme un catalyseur de l’islamophobie.

Le système néo-républicain est dominé par des classes moyennes qui ne souffrent pas trop encore de la crise du système économique. Elles ont pris le contrôle de l’État social français et accepté de sacrifier l’industrie et le monde ouvrier. Inquiètes, elles manifestent des signes d’instabilité idéologique. On sent une montée progressive en leur sein de l’islamophobie. Les musulmans, catégorie fantasmée, deviennent ainsi pour elles un deuxième problème, à côté de celui des milieux populaires. Le combat de la bonne conscience devient double. Il lui faut désormais lutter contre le populisme et contre l’islamisme.

Charlie vient de démontrer sa capacité à protéger son mode de vie et ses croyances. La grande manifestation néo-républicaine du 11 janvier fut marquée du sceau de l’hystérie, de la densification mais aussi de l’expansion puisqu’une reconquête des catégories intermédiaires fut réalisée à cette occasion. Le choc émotionnel résultant de l’horreur du 7 janvier a offert la possibilité d’une réaffir­mation de l’idéologie qui domine la France : libre-échange, État social, européisme et austérité. Ce qui est nouveau, et réellement troublant, est l’obsession de l’islam, le discours laïciste frénétique qui se répand dans la moitié supérieure de la pyramide sociale, et qui est beaucoup plus inquiétant au fond, que l’incrustation du vote FN dans les milieux populaires.

Les basculements révolutionnaires, qu’ils soient de gauche ou de droite, résultent toujours de mouvements d’opinion dans les classes moyennes, non au sein du peuple, qui ne sert jamais que de « masse de manœuvre ». La tradition marxiste s’est beaucoup moquée du petit-bourgeois. Mais au contraire du prolétaire, le petit-bourgeois fait l’histoire : la Révolution française, le fascisme, le nazisme, et jusqu’au communisme, puisque le parti bolchevique fut en réalité la création d’une intelligentsia petite-bourgeoise. La placidité des classes moyennes anglaise et américaine a fait la stabilité de la démocratie libérale en Grande-Bretagne et aux États-Unis.

Deux voies, je l’ai suggéré, s’offrent maintenant à la France.

Futur 1: La confrontation

Si la France poursuit dans la voie d’une confrontation avec l’islam, elle doit, tout simplement, se préparer à rétrécir et à se fissurer. Au sein des jeunes générations, les Français classés comme «musulmans» constituent à peu près 10% de la population. Ce n’est pas la submersion évoquée par les radical-laïcistes puisque la majorité de ces «musulmans» sont en réalité peu pratiquants, souvent mariés à des Françaises ou à des Français d’origine plus ancienne. Mais il se trouve désormais des musulmans partout et à tous les niveaux de la société française, dont une bonne partie déjà soudés par leur descendance au corps central de la société française. Une accentuation de la lutte contre l’islam ne saurait donc en aucune manière aboutir à sa réduction. Mais elle aliénera les musulmans complètement assimilés. Elle durcira les croyances protectrices des musulmans paisibles des banlieues et des provinces françaises. Dans des conditions de chômage infini, sous l’horizon assombri de l’Europe du veau d’or, en l’absence d’un avenir compré­hensible, la multiplication des adhésions au radicalisme islamique est à peu près certaine. Les conversions à l’islam de jeunes d’origine européenne devraient être les plus nombreuses dans la partie du territoire dont le fond anthropologique est nucléaire et individualiste, c’est-à-dire dans un vaste Bassin parisien — en Normandie, Picardie, Champagne, Touraine et Bourgogne —, puisque c’est là que les générations sont le moins solidaires et les jeunes le plus abandonnés.

Nous devons comprendre que si une partie de la jeunesse est en manque de « sens », de « religieux », tout ciblage supplémentaire de l’islam comme coupable n’aboutira qu’à faire de lui un idéal d’évasion. Ce qui apparaît aux vieux comme un terrible problème apparaîtra aux jeunes comme une terrible solution. Tenter d’endoctriner les lycéens dans le laïcisme, cette nouvelle religion, milita­riser les étudiants-chômeurs par le service civique, remplir de gamins les prisons, les traquer à leur sortie, n’aboutira qu’à aggraver la situation si l’islam est effectivement en train de devenir l’horizon du cauchemar aux yeux d’une jeunesse désorientée.

La France n’a tout simplement pas les moyens d’une telle confrontation. Elle n’a pu survivre à l’expulsion de protestants et à la guerre de Vendée que parce qu’elle était alors la première puissance démographique européenne. Mais il est évident qu’aujourd’hui, la réduction à un statut de citoyens de deuxième zone de 10% de sa population jeune et la fuite probable vers le monde anglo-américain des plus doués d’entre eux marqueraient la fin de la France en tant que puissance moyenne.

D’ailleurs, le racisme, lorsqu’il s’empare des consciences, ne s’arrête jamais à telle ou telle catégorie. La confron­tation avec l’islam a déjà amorcé la renaissance de l’anti­sémitisme. La diffusion de cet antisémitisme, dans une société obsédée de religion et stagnant économiquement, ne s’arrêtera pas aux portes de la capitale et des grandes villes. Les classes moyennes seront bien vite touchées par une infiltration de sentiments mauvais, qui n’auront plus qu’à réactiver le vieil antisémitisme catholique et à le resservir dans une version zombie. Les juifs aussi repartiront alors, plus rapidement et plus massivement que les musulmans. Je doute qu’une telle nation conserve sa séduction aux yeux de ses citoyens d’origine asiatique. Certains Français d’origine chinoise aussi s’emploieront alors à quitter l’Hexagone, pour les États-Unis sans doute.

Les idéologues qui nous recommandent la fermeté pour obtenir l’homogénéité se rendent-ils seulement compte que la France ne demeure une vraie puissance européenne qu’en vertu de sa diversité ? Il se trouve, en France, plus de citoyens d’origine musulmane, africaine, juive ou chinoise que dans toute autre nation européenne. C’est grâce à eux que Paris est une ville-monde.

Je suis également convaincu que l’émergence d’une France islamophobe, abandonnée par ses minorités les plus dynamiques, finirait par lasser jusqu’à certaines de ses propres provinces. J’ai déjà mentionné la Bretagne et l’Alsace. Mais que ferait la région Rhône-Alpes élargie, catholique zombie elle aussi, où l’on sent déjà si nettement, à l’est, les effets économiques et politiques du champ gravi­tationnel européen ? […]

Mais la France de François Hollande est désormais affectée par un vertige narcissique de première grandeur. Notre Président a proclamé, le 11 janvier 2015, Paris capitale du monde. Il est vrai que notre pays a bénéficié, au lent des attentats, d’une immense vague de sympathie moment est révolu. La publication du numéro de Charlie Hebdo daté du 14 janvier, tapant à nouveau sur Mahomet, a conduit à un isolement moral de la France comme on n’en avait jamais vu dans l’Histoire. Notre pays peut, certes, compter sur le Danemark, son maître en caricature, sur l’Allemagne, théoricienne de la circonstance sur les Pays-Bas, pays tristement pilote en matière d’assassinats de personnalités islamophobes, mais sur qui d’autre ?

La presse anglo-américaine a refusé de reproduire le Charlie du 14 janvier 2015. Les Russes, les Japonais, les Chinois, les Indiens nous ont tous jugés inutilement insultants, en somme, mal élevés. J’allais presque oublier l’ensemble du monde musulman. La vérité est que, enfermés dans notre laïcisme radical, nous nous retrouvons seuls, tragiquement provinciaux, comme une bande ethnique qui, encenserait son idole dans l’indifférence ou la désappro­bation générale. À l’âge de la mondialisation, on n’insulte pas les symboles culturels des autres pour le fun.

Fuite des élites venues des minorités religieuses d’origine étrangère, défection des provinces, isolement moral dans un monde globalisé. Oui, la fin de la France n’est pas un horizon impensable. Non par la faute de l’islam, mais par celle des islamophobes.

À suivre demain dans ce billet

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La suite des évènements a tristement montré que l’analyse de Todd était, encore une fois, bien prémonitoire… :

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Ankara 2016 n’est pas Sarajevo 1914, à qui profite ce moment Sarajevo en Turquie ?

Publié le par Felli Bernard

Ankara 2016 n’est pas Sarajevo 1914, à qui profite ce moment Sarajevo en Turquie ?

Photo by Nico Kaiser | CC BY 2.0


Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 21 décembre 2016 – Source CounterPunch

Allons droit au but : Ankara 2016 n’est pas Sarajevo 1914. Ce n’est pas un prélude à la Seconde Guerre mondiale. Quiconque a planifié l’assassinat de Andrei Karlov, ambassadeur de Russie en Turquie – un diplomate de la vieille école cool, calme et serein – risque un puissant contrecoup.

 

L’assassin, Mevlut Mert Altintas, était un diplômé de l’académie de police de 22 ans. Il a été suspendu de la police nationale turque (TNP) en raison de liens soupçonnés avec l’organisation terroriste Fethullahista (FETO) après le putsch raté du 15 juillet contre Erdogan, mais est revenu au service en novembre.

Ce n’est pas un secret que les gulénistes s’infiltrent massivement dans la police nationale turque. Donc une conséquence prévisible de l’attaque sera une répression encore plus implacable de la part d’Erdogan et de son parti AKP sur le réseau Gulen. L’enquête turque devra se concentrer non seulement sur le service de sécurité principal, qui a échoué au centre d’art moderne d’Ankara, mais bien au-delà. Ce n’est pas très rassurant que le ministre de l’Intérieur turc, Suleyman Soylu, ait publié une déclaration laconique trois heures après les faits.

Le tueur en costume noir et cravate a crié des slogans sur la vengeance  « pour Alep » – y compris le «Allahu Akbar» – en turc et en arabe rudimentaire, ce qui pourrait établir une connexion avec la rhétorique d’un groupe islamiste, même si ce n’est pas une preuve concluante.

Le timing est crucial. L’attentat a eu lieu un jour seulement avant la réunion des ministres des Affaires étrangères de la Russie, de la Turquie et de l’Iran à Moscou pour une discussion stratégique sur la Syrie. Les ministres étaient déjà en contact étroit depuis quelques semaines sur la façon de conclure un accord global sur Alep – et au-delà.

Et ce, juste après l’accord crucial, préalablement établi entre Poutine et Erdogan, qui impliquait que des milliers de rebelles modérés, obéissant à la Turquie, puissent utiliser un couloir pour sortir d’Alep. Ankara était entièrement en phase avec le plan. Cela élimine en soi la possibilité d’un faux drapeau provoqué par Ankara.

Le président Poutine, pour sa part, a clairement dit qu’il voulait être informé sur le(s) commanditaire(s) du tueur. C’est quelque chose qui pourrait être interprété comme un code subtil à destination des services de renseignement russes, déjà très au courant.

L’ensemble du panorama

Sur le plan bilatéral, Moscou et Ankara travaillent maintenant étroitement dans la lutte contre le terrorisme. Le ministre turc de la Défense a été invité en Russie pour des négociations sur le système anti-aérien. Le commerce bilatéral est en plein essor, y compris la création d’un fonds d’investissement commun. Sur le front de l’énergie, le gazoduc Turkish Stream, en dépit de l’obsession de l’administration Obama à propos de son sabotage, a fait l’objet d’une loi d’État à Ankara au début du mois.

Les atlantistes sont consternés que Moscou, Ankara et Téhéran soient maintenant pleinement engagés dans la conception d’un avenir syrien suite à la bataille d’Alep, à l’exclusion du duo OTAN-GCC (Pays du Golfe).

C’est dans ce contexte que doit être interprétée la récente capture, par les forces spéciales syriennes à Alep, d’un groupe d’agents de l’OTAN-GCC – déployés par la coalition US.

Le parlementaire syrien Fares Shehabi, chef de la Chambre de commerce d’Alep, a publié les noms des officiers de la coalition capturés. La plupart sont saoudiens. Il y a un Qatari. La présence d’un Marocain et d’un Jordanien s’explique par le fait que le Maroc et la Jordanie sont des membres non officiels du GCC.

Et ensuite il y a un Turc, un Américain (David Scott Winer) et un Israélien. L’OTAN ne se manifeste donc que par l’intermédiaire de deux agents, mais le lien OTAN-GCC est plus qu’établi. Si cette enquête se poursuit – et c’est encore un gros «si» – ce peut bien être du personnel militaire de la coalition et des commandants sur le terrain qui conseillaient les rebelles modérés et sont maintenant devenus un atout de négociation formidable entre les mains de Damas.

L’OTAN et le GCC restent absolument cois. Même pas de dénis des non-dénis. Cela pourrait supposer un accord dans l’ombre pour la libération des prisonniers de valeur, renforçant encore l’emprise de Damas.

C’est le président Poutine qui a tout de même établi, de facto, un axe Russie–Iran–Turquie traitant des faits sur le terrain syrien, parallèlement au charabia de la lourde rhétorique impuissante de l’ONU qui se débite à Genève. Avec diplomatie, Moscou souligne que les travaux de l’axe complètent les discussions de Genève. En fait, tout n’est que le résultat d’un travail basé sur la réalité qui est supposé poser, et sceller, des paramètres définitifs sur le terrain avant que Donald Trump n’entre à la Maison Blanche.

Pour résumer, le projet de changement de régime de plusieurs milliards de dollars sur cinq ans – toujours en cours – de l’OTAN-GCC en Syrie a misérablement échoué. Le rusé Erdogan semble avoir appris sa leçon de realpolitik. Sur le front atlantiste, néanmoins, cela ouvre de nombreuses avenues pour canaliser le ressentiment géopolitique.

La vue d’ensemble ne pouvait pas être plus totalement insupportable pour les atlantistes néocons / néolibérauxcons. Ankara, lentement mais sûrement, s’est tourné vers la voie eurasienne. Au revoir à l’UE, et finalement à l’OTAN. Bienvenue aux Nouvelles routes de la soie chinoises – une ceinture, une route (OBOR) –, à l’Union économique eurasienne (EEU), dirigée par la Russie, à l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), au partenariat stratégique Russie-Chine, et à la Turquie comme pôle central de l’intégration en Eurasie.

Pour que tout cela se produise, Erdogan a certainement conclu qu’Ankara devait être à bord de la stratégie à long terme Russie–Chine–Iran pour pacifier et reconstruire la Syrie et en faire un carrefour majeur des Nouvelles routes de la soie. Entre cela et une alliance passagère d’intérêts avec le Qatar, l’Arabie saoudite et les États-Unis, il n’y a certainement pas photo.

Mais ne vous y trompez pas. Il y aura du sang.

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan : How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues : a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009), Empire of Chaos (Nimble Books) et le petit dernier, 2030, traduit en français.

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«Trump ne doit rien à la communauté juive, il est un agent libre»

Publié le par Felli Bernard

«Trump ne doit rien à la communauté juive, il est un agent libre»

«Trump ne doit rien à la communauté juive, il est un agent libre»© Handout Source: Reuters
Donald Trump et Benjamin Netanyahou

Israël est indigné par le refus des Etats-Unis d'opposer leur veto à la résolution anti-colonisation de l'ONU. L'arrivée de Trump pourrait causer d'autres bouleversements, selon Gideon Levy, le chroniqueur de Haaretz.

La colère de Tel Aviv à l’égard de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU appelant à terminer avec les colonies israéliennes sur les territoires occupés, a été reprise par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou qui déclare que l’Israël ne peut pas et ne va pas l’accepter.

Netanyahou a aussi fait un commentaire sur la résolution : «Je demande à ces mêmes pays qui nous ont souhaité une joyeuse Hanoucca, comment ont-ils voté sur la décision de l’ONU disant que cet endroit où nous célébrons Hanoucca, est un territoire occupé ?» 

La résolution pouvait être adaptée après que les Etats-Unis, un proche allié d’Israël, se sont abstenus du vote, tandis que les 14 pays ont voté en faveur.

Israël prend maintenant des différentes mesures pour exprimer son mécontentement, en convoquant les envoyés spéciaux des pays qui ont soutenu la résolution et en menaçant de restreindre l’aide fournie aux organes des Nations inies.

L’Etat israélien peut même attendre que Donald Trump arrive à la Maison Blanche, où la situation bilatérale pourrait changer.

RT : La convocation des 14 ambassadeurs en un jour est un message assez fort dans le monde diplomatique. Mais pensez-vous qu’une telle pression aidera Netanyahou à obtenir ce qu’il compte ?

Gideon Levy (G. L.) : Netanyahou veut signaler au monde que son pays n’acceptera pas cette résolution. Mais c’est qui est vraiment une motivation pour Netanyahou c’est la politique intérieure, et non la politique internationale. Il veut montrer à son peuple, qu’il est toujours un leader puissant, que ce n’est pas le monde qui l’a déçu, mais c’est lui qui va décevoir le monde et lui faire savoir qui est puissant. Il joue un jeu, comme s’il était à la tête d’une superpuissance.

Par cette résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, le monde envoie un message très clair : l'occupation israélienne pose un problème

RT : Quels sont les arguments que Netanyahou pourrait utiliser dans des conversations avec ses ambassadeurs ? Quel est l’intérêt d’Israël dans cela ?

G. L. : J’espère que le monde comprendra que c’est Israël et Netanyahou personnellement qu’il faut accuser. Par cette résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, le monde envoie un message très clair, notamment que occupation pose un problème. Les colonies sont un problème.

Et je ne suis pas sûr que Benjamin Netanyahou soit dans une position qui lui permette de donner des leçons au monde. C’est le monde qui donne une leçon à l’Israël. Mais ça dépend beaucoup des Etats particuliers. J’espère qu’ils ne seront pas effrayés par le Premier ministre d’un pays assez petit, dont la politique est condamnée à l’unanimité.

On verra prochainement un autre jeu et un nouveau président à la Maison Blanche

RT : Netanyahou a convoqué aussi l’ambassadeur des Etats-Unis. Que pensez-vous des relations américano-israéliennes ?

G. L. : Les relations entre les Etats-Unis et Israël sont maintenant suspendues, car, comme vous le savez, dans 20 jours, on verra un autre jeu et un nouveau président à la Maison Blanche. Alors, tout ce qui se passe maintenant, n’a pas d’importance. Et Netanyahou pourrait se permettre de jouer aussi un jeu avec les Américains. Mais une fois que Donald Trump arrivera à la Maison Blanche, ça sera un autre jeu. Personne ne sait quelle sorte de jeu on verra, mais ça sera un jeu différent.

RT : Les Etats-Unis ont refusé d’opposer leur veto à la résolution de l’ONU sur les colonies. Quel est le signal de l’administration d’Obama à Israël ?

G. L. : Je ne sais pas exactement. Je crois qu’il a été envoyé à Israël et au gouvernement. Il visait principalement à attirer l’attention sur les projets de colonisation et l’occupation israélienne, et aussi c’était une occasion unique, «une fenêtre d’opportunités» pour les deux administrations, mais Donald Trump est tout à fait libre de mener sa propre politique, et je suis sûr qu’il va, à maints égards, négliger cette résolution s’il choisit de le faire.

Personne ne sait exactement où Donald Trump veut aller. Il ne faut pas oublier qu'il est un personnage inattendu

RT : Les relations américano-israéliennes ont certainement connu des temps meilleurs , tandis que Donald Trump a clairement déclaré son intention d’améliorer la situation. Quels obstacles devra-t-il il surmonter ?

G. L. : Il n’y a pas d’obstacles. Tout d’abord, c’est à lui de décider à quel point il sera impliqué, si c’est le cas. Je prévois que la politique intérieure sera prioritaire pour lui, mais on verra. Et ensuite, c’est la voie qu’il choisira de suivre. S’il continue d'être un allié inconditionnel d'Israël en le soutenant dans toutes les questions. S’il approuve l’occupation et les colonies, ou s'il est plus réticent, et prêt à prendre des mesures contre Israël.

Je ne suis pas convaincu que Donald Trump puisse donner des réponses, et certainement, personne ne sais exactement où il veut aller. Il ne faut pas oublier qu’il est un personnage inattendu et qu’il ne doit rien ni à la communauté juive, ni à Israël, il est réellement un agent libre. Avec le temps, on verra ce qu’il fera.

RT : Estimez-vous que l’hésitation des Etats-Unis à l’égard de la résolution de l’ONU pourrait, en fait, être une démarche contre Trump, afin de lui compliquer la vie pour ce qui concerne les relations avec Israël ?

G. L. : Non, parce que la résolution n’est que des paroles. Je ne veux pas dire de mots creux ; ce ne sont pas des paroles vides, mais juste un bout de papier. Je suis sûr qu’Israël n'en tiendra aucun compte. Maintenant, tout dépend des deux choses : tout d’abord, c’est la politique que les Etats-Unis vont réaliser, c’est la clé, la question principale. Deuxièmement, il faut prendre en compte le reste du monde. Le reste du monde, est-il prêt à procéder des paroles aux actions, notamment à punir Israël pour l’occupation, de déposer des sanctions contre ce pays. Ou ça deviendra une autre résolution qui restera dans […] l’histoire de l’ONU, sans aucun sens pratique. Le temps seul peut montrer où nous arriverons.

Lire aussi : Résolution de l'ONU : Israël menace Obama et «réduit» ses relations avec 12 pays

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Le savoir faire de la CIA en matière d’élections, aux États-Unis et ailleurs

Publié le par Felli Bernard

Le savoir faire de la CIA en matière d’élections, aux États-Unis et ailleurs

CIA Meddles in US Election As it Has in Countless Foreign Polls


Wayne Madsen

Par Wayne Madsen – Le 18 décembre 2016 – Source Strategic Culture

Jamais la CIA n’a autant participé aux élections américaines qu’en 2016. Par ailleurs, l’agence a aussi une riche histoire d’immixtion dans les élections d’autres nations, y compris en Russie. Les conclusions d’un rapport secret de la CIA sur une prétendue ingérence de la Russie dans les élections américaines ont été sommairement rejetées – par le directeur du renseignement national, le FBI, et plusieurs officiers de renseignement américains à la retraite – comme un outil de propagande, largement truqué, concocté par le très politisé directeur de la CIA John Brennan et ses copains.

 

Brennan et sa clique ont fait monter la mayonnaise en affirmant, sans aucune preuve, que le président russe Vladimir Poutine avait personnellement dirigé le piratage de systèmes informatiques liés aux élections américaines. NBC News –  qui a une longue histoire de coopération avec la CIA, remontant à l’époque de la RCA / NBC, présidée par David Sarnoff dont Allen Dulles, directeur de la CIA était un ami proche – a donc consciencieusement présenté les revendications scandaleuses de Brennan comme étant des « nouvelles ».

Il est clair que les anciens fonctionnaires de la CIA qui ont prêté foi au rapport de Brennan n’auraient pas fait cela s’ils n’avaient pas reçu son autorisation et celle de la CIA pour rendre publiques leurs accusations infondées contre la Russie. Ceux qui ont fait écho aux conclusions infondées de Brennan concernant l’ingérence électorale de la Russie incluent l’ancien directeur intérimaire de la CIA Michael Morell, l’ancien directeur de l’Agence de la CIA et de la Sécurité nationale Michael Hayden, l’ancien directeur de la CIA, Leon Panetta, l’ancien agent de services clandestins de la CIA Robert Baer,  Evan McMullin – un candidat présidentiel indépendant éliminé en 2016 – et Glenn Carle. Cependant, pour chacun de ces ex-fantômes, Brennan tire de son chapeau l’accusation selon laquelle le président-élu Donald Trump est un « agent russe », beaucoup d’autres disent que les preuves de la CIA concernant l’ingérence russe dans les élections de 2016 sont des balivernes pures et simples.

Brennan et sa cabale de joueurs occultes savent bien que c’est la CIA qui a été pionnière dans l’art et la science de la manipulation électorale. En 1996, c’est la Russie qui a subi le plus de manipulations électorales de la CIA, avec ses agents d’influence à Moscou et dans d’autres grandes villes – à savoir le National Endowment for Democracy (NED) et l’Open Society Institute and Foundation de George Soros – engagés dans des mauvais coups pour saper les chances électorales du candidat à la présidentielle du Parti communiste russe Gennady Zyuganov.

La CIA, les agents de Soros et le NED ont imprimé et distribué des tracts faux et diffamatoires écrits soi-disant par Zyuganov pour sa campagne électorale. Les dépliants préconisaient le retour de la Russie au stalinisme et le réveil de la guerre froide contre l’Occident. Les vicieux agents de la CIA et de Soros ont également annoncé à la presse de fausses conférences de Zyuganov où personne ne s’est montré. L’équipe des mauvais coups a également annulé des réservations faites par la campagne Zyuganov dans les hôtels et les salles de réunion publiques. La CIA et ses alliés ont également contribué à manipuler les résultats électoraux et les votes en escamotant des bulletins pour Zyuganov, en particulier au Tatarstan et au Bashkortostan. Cela a aidé le candidat préféré des États-Unis, Boris Eltsine, à obtenir une victoire au second tour avec un score de 54% contre 40% pour Zyuganov. En 2012, le président Dmitri Medvedev a déclaré : « Il n’y a guère de doute sur celui qui a remporté [l’élection de 1996]. Ce n’était pas Boris Nikolaevitch Eltsine. »

La CIA a participé au jeu de la manipulation électorale depuis sa création en 1947. En février 1948, un ancien document de la CIA a révélé les efforts déployés par les États-Unis et leur ambassadeur à Rome, James Dunn, en prévision des élections italiennes du mois d’avril 1948. Les expéditions de blé des États-Unis vers l’Italie devaient être augmentées pour empêcher une réduction des rations de pain juste avant les élections. Du matériel militaire américain devait être envoyé en Italie dans le cas où la loi martiale serait déclarée si le Parti communiste italien, qui avait été dans un gouvernement de coalition avec les démocrates chrétiens depuis 1944, avait réussi dans les urnes. Un complément d’aide à cet effort militaire fut accordé par l’endoctrinement politique de nombreux officiers et sous-officiers italiens dans les écoles militaires des États-Unis.

La CIA a également dirigé un coup sévère contre l’électorat italien, en avertissant que les Italiens ne pouvaient pas « combiner les avantages de l’aide de l’Ouest avec ceux de la sécurité politique et des avantages de l’Union soviétique ». La CIA craignait que si l’Union soviétique rendait le contrôle de la ville de Trieste à l’Italie et renonçait aux réparations de guerre dues à l’Union soviétique avant les élections d’avril, le Parti communiste italien en recueillerait les bénéfices électoraux et serait victorieux.

Les magouilles politiques de la CIA en Italie ont commencé sérieusement quand elle a envoyé secrètement un million de dollars, essentiellement en valises de billets, à des politiciens Chrétiens démocrates dirigés par le Premier ministre Alcide de Gaspari. La CIA a utilisé des journaux en Italie pour publier des lettres falsifiées, soi-disant écrites par les communistes italiens, dans une tentative pour les embarrasser publiquement. De même, la CIA a tenté de faire chanter les dirigeants du Parti socialiste italien qui faisaient partie d’une coalition de Front populaire avec les communistes. Le chantage a finalement conduit à une scission au sein du Parti socialiste entre le chef du parti Pietro Nenni et le leader anti-communiste Giuseppe Saragat. La manipulation de la CIA a payé quand les démocrates-chrétiens ont obtenu 48.5% des voix et ont formé un nouveau gouvernement sans la participation communiste.

Quand, en 1978, il est apparu que les Démocrates chrétiens, menés par l’ancien Premier ministre Aldo Moro, étaient prêts à un « compromis historique » pour partager le pouvoir politique avec le Parti communiste italien, la CIA a chargé ses agents d’influence en Italie et au Vatican, le réseau Gladio, d’organiser le kidnapping et l’assassinat de Moro et de faire porter le blâme à l’extrême-gauche des Brigades rouges italiennes. L’opération psychologique de la CIA, visant à accuser les communistes radicaux pour la mort de Moro, a été couronnée de succès lorsque l’électorat italien a voté massivement pour une faction démocrate-chrétienne, liée à la CIA, et opposée à tout accommodement avec les communistes. La CIA a montré qu’elle n’était pas opposée aux assassinats politiques pour atteindre ses objectifs électoraux dans d’autres pays.

L’implication de la CIA par tous les moyens dans les élections de 1948 en Italie a été répétée dans de nombreuses nations du monde entier. En 1964, la CIA a veillé à ce que le candidat à la présidentielle socialiste Salvador Allende, du Front populaire d’action populaire chilien (FRAP), soit battu par le leader démocrate-chrétien Eduardo Frei. La CIA a injecté 3 millions de dollars dans la campagne de Frei, principalement pour générer de la propagande anti-Allende. Allende a perdu avec 38,6% des voix contre 55,6% à Frei. En 1970, Allende a remporté l’élection présidentielle avec un mince 36,4% des voix contre l’ancien président soutenu par la CIA, Jorge Alessandri. La CIA a immédiatement mis un terme au mandat de Allende et, le 11 septembre 1973, un coup d’État militaire soutenu par la CIA a entraîné l’assassinat d’Allende. L’unique chose qui sépare la CIA des autres agences de renseignement qui cherchent à influencer les élections, c’est que les mains de la CIA sont toujours pleines de sang.

L’élection de 1956 à Ceylan – maintenant connu sous le nom de Sri Lanka – a vu le parti national impopulaire dirigé par le Premier ministre pro-Ouest, John Kotelawala, battu par le Parti de la Liberté du Sri Lanka, dirigé par Solomon Bandaranaike. Bien que le gouvernement de Kotelawala ait reçu l’aide généreuse de la CIA, financée par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement, cela n’a pas suffi pour le sauver de la défaite devant les socialistes de Bandaranaike. La CIA s’est contentée de mettre en péril le gouvernement de Bandaranaike avec la cerise sur le gâteau de l’assassinat du Premier ministre en 1959, prétendument par un moine bouddhiste qui a caché un revolver sous sa robe avant une réunion avec le Premier ministre dans sa résidence privée. Les deux inspirateurs de l’assassin ont été condamnés à perpétuité, tandis que le tireur, Somarama Thero, a été baptisé chrétien deux jours avant sa pendaison.

Le programme d’opérations psychologiques de la CIA MK-Ultra avait déjà maîtrisé la science de l’organisation d’assassinats programmés. La CIA a réussi à manipuler les élections parlementaires, les élections présidentielles, les référendums populaires et les élections locales et régionales. La CIA dirige maintenant ses talents dans les chicaneries électorales vers l’électorat américain pour discréditer et saper la légitimité de la présidence de Trump.

Pour la sauvegarde de la démocratie partout dans le monde, la CIA doit être abolie.

Wayne Madsen

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L’Ouest a dirigé la main de l’assassin de l’ambassadeur russe en Turquie

Publié le par Felli Bernard

L’Ouest a dirigé la main de l’assassin de l’ambassadeur russe en Turquie

West Directed Killer’s Hand in Assassination of Russian Ambassador


Finian Cunningham

Par Finian Cunningham – Le 20 décembre 2016 – Source Strategic Culture

Le meurtre brutal de l’ambassadeur russe Andrey Karlov à Ankara a provoqué des ondes de choc dans le monde entier. Des condamnations ont été émises par Washington et les États européens au sujet de l’acte terroriste d’un homme armé qui a tiré sur Karlov dans le dos tandis qu’il s’exprimait dans une galerie de photos de la capitale turque.

 

La Maison Blanche a condamné ce qu’elle a qualifié d ‘« attaque odieuse », tandis que la responsable de la politique étrangère de l’Union européenne, Federica Morgherini, a prononcé des vœux de solidarité avec la Russie après le meurtre.

Un gros titre annonçait : « L’UE, et les États-Unis choqués par l’assassinat de l’ambassadeur de Russie en Turquie ».

Étant donné les mois de dénigrement incessant et injustifié de la Russie par les États-Unis et l’UE sur le conflit syrien, l’expression « larmes de crocodile » vient immédiatement à l’esprit en entendant leurs condamnations de l’assassinat de l’ambassadeur russe.

Le même jour, lundi, dans les heures qui ont suivi cette atrocité, une deuxième attaque apparemment terroriste a eu lieu dans la capitale allemande, à Berlin, lorsqu’un demandeur d’asile pakistanais [information démentie, NdT] a précipité un camion dans un marché de Noël bondé tuant au moins 12 personnes et blessant près de 50 autres. Pris ensemble, ces deux événements ont intensifié les mesures de sécurité en Europe. Encore une fois une ironie cruelle, compte tenu de la culpabilité des États européens dans l’ensemencement des germes de la violence.

Karlov (62 ans) a été diplomate de carrière pendant quatre décennies, prenant son poste en Turquie en 2013. Il a travaillé habilement dans les coulisses pour faciliter le récent dialogue politique entre la Russie, l’Iran et la Turquie visant à trouver un arrangement d’évacuation pour les civils et les militants hors du champ de bataille de la ville syrienne d’Alep.

Le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, ont déclaré que l’assassinat de Karlov était une « provocation » afin de faire dérailler les difficiles négociations en cours pour trouver un règlement politique dans le conflit syrien. Ces pourparlers se sont déroulés le lendemain du meurtre lorsque les ministres des Affaires étrangères des deux pays, plus l’Iran, se sont rencontrés à Moscou mardi, comme prévu.

Les États-Unis et leurs alliés européens ont été laissés à l’écart des négociations entre la Russie, l’Iran et la Turquie. Même si les États occidentaux ont participé à la guerre de près de six ans en Syrie en finançant et armant diverses factions anti-gouvernementales militantes.

Poutine, dans une allocution télévisée au Kremlin, a déclaré que l’ enquête sur le meurtre de l’ambassadeur Karlov devait découvrir « qui était derrière la main du tireur ». Celui-ci, qui a été rapidement tué par les forces spéciales turques lors de l’assaut de la galerie de photos, s’appelle Mevlut Mert Altintas, 22 ans, membre hors-service de l’unité anti-émeute d’Ankara. Des images vidéo, prises par des membres du public assistant à l’événement fatal, ont montré le tueur déclarant son soutien au peuple d’Alep et criant « Allahu Akbar » (« Dieu est grand ») … « C’est la vengeance pour Alep », alors que Karlov agonisait sur le sol.

Les autorités turques ont plus tard affirmé que le tireur était affilié au mouvement guléniste, que l’on a déjà blâmé pour avoir fomenté le coup d’État raté, en juillet, contre Erdogan. Cette affirmation pourrait être une diversion du gouvernement turc pour dissimuler ce qui serait autrement une affiliation embarrassante entre son personnel policier et les terroristes islamistes en Syrie.

Certains parlementaires russes sont allés jusqu’à prétendre que le meurtre de Karlov a peut-être été orchestré par l’alliance militaire de l’OTAN menée par les États-Unis. La libération d’Alep la semaine dernière, avec l’aide des alliés militaires russes, iraniens et du Hezbollah libanais, est considérée comme une défaite stratégique pour les puissances de l’OTAN qui ont mené une guerre secrète pour le changement de régime en Syrie.

Au cours du week-end, des rapports ont également révélé que plusieurs éléments des forces spéciales de l’OTAN ont été capturés par les troupes syriennes à Alep. La présence dissimulée du personnel de l’OTAN à Alep, probablement pour la formation et la direction des terroristes djihadistes, serait une preuve formelle de la conspiration criminelle occidentale poursuivant la guerre en Syrie.

Il reste à voir si le flic qui a tué l’ambassadeur Karlov agissait sous la direction des services de renseignement de l’OTAN.

Cependant, même s’il agissait seul, on peut encore dire que les gouvernements occidentaux et leurs médias ont une lourde responsabilité pour avoir « dirigé son bras ».

Parmi les condamnations [contre l’intervention russe à Alep] prononcées par le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon − les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne − figuraient aussi celles exprimées par le secrétaire d’État américain John Kerry et Samantha Power, l’ambassadrice américaine aux Nations Unies. Quelques jours avant le meurtre de l’ambassadeur russe Andrei Karlov, les États occidentaux et les hauts fonctionnaires des Nations Unies menaient une intense campagne médiatique alléguant que la Russie commettait des crimes de guerre lors de l’offensive syrienne pour reprendre Alep.

John Kerry a dénoncé ce qu’il appelle un « massacre » à Alep. Samantha Power était presque hystérique au Conseil de sécurité de l’ONU réprimandant la Russie pour son « incapacité à avoir honte » et proférant d’imprudentes réclamations non fondées selon lesquelles des femmes et des enfants seraient exécutés à Alep.

Un long mois de condamnations, allant crescendo, par les gouvernements et les médias occidentaux, a atteint un point culminant la semaine dernière quand Alep a finalement été reprise par l’armée syrienne et ses alliés. Citant des sources douteuses, liées à des groupes terroristes occupant l’est d’Alep durant le siège, l’Occident a diabolisé la Russie comme oppresseur de civils, commettant des crimes contre l’humanité.

Des diplomates américains, britanniques et français ont formulé de grossières analogies historiques en comparant les actions de la Russie et de son allié syrien aux déprédations de l’Allemagne nazie et du fasciste espagnol Franco.

Rappelez-vous aussi que lorsque les bureaux consulaires russes en Syrie ont été visés par les roquettes des rebelles, les États occidentaux ont refusé de condamner ces violations flagrantes. Rappelez-vous aussi comment le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, a appelé aux manifestations publiques devant l’ambassade de Russie à Londres.

Rappelez-vous enfin que deux infirmières russes ont été assassinées dans une attaque de roquettes terroristes contre un hôpital mobile de campagne à Alep, les États occidentaux ont gardé le silence plutôt que de condamner l’acte. Dans d’innombrables occasions, de manière plus ou moins subtile, les gouvernements et leurs médias aux ordres ont attaqué les Russes comme des vilains méritant tous les reproches.

Les condamnations ont atteint des sommets inadmissibles la semaine dernière, lorsque Washington, ses alliés occidentaux, et l’ONU – avec l’aide des médias qui ont tout amplifié sans se poser de question – ont vilipendé la Russie pour avoir abattu des civils dans l’est d’Alep. L’ambassadrice américaine Samantha Power a spécifiquement cité des informations, non vérifiées, au sujet d’enfants tués dans un sous-sol par les forces russes et syriennes.

Pendant ce temps, l’hystérie occidentale était démentie par l’évacuation calme de dizaines de milliers de civils à Alep. Il n’y avait aucune preuve de massacres ou de crimes contre l’humanité. De nombreux civils ont plutôt exprimé leur soulagement et leur gratitude d’avoir été libérés par les forces syriennes et russes du règne de terreur qui leur a été imposé durant quatre ans par des terroristes soutenus par l’Occident.

Pratiquement tout ce que les sources officielles occidentales ont dit au sujet d’Alep, et de la guerre syrienne en général, apparaît comme un grossier mensonge.

Le législateur russe Alexei Pouchkov, du comité des Affaires étrangères de la Douma [le parlement russe], avait raison lorsqu’il a dit, à la suite de la mort d’Andrei Karlov, que l’Occident était responsable parce que son hystérie et ses délires sur les événements d’Alep ont favorisé un climat de haine déchaînée envers la Russie.

Quand l’assassin turc a pointé son pistolet vers Karlov, il a déclaré qu’il agissait en mémoire des « civils tués à Alep ». Mais qui lui a inculqué l’idée que la Russie était une cible légitime de représailles ?

En répondant honnêtement à ces questions, comment ne pas conclure que les gouvernements occidentaux, les diplomates et les médias ont dirigé l’arme à feu qui a tué l’ambassadeur Andrei Karlov.

Finian Cunningham

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2017 : le plus fameux think tank US et sa boule de cristal ont omis l’essentiel…

Publié le par Felli Bernard

2017 : le plus fameux think tank US et sa boule de cristal ont omis l’essentiel…


« Le ciel se rit des prières qu’on lui fait pour écarter de soi les maux dont on persiste à vouloir les causes. »

Jacques-Benigne Bossuet


CFR’s Preventive Priorities Survey for 2017 Fails to Mention the Main Thing


Andrei AKULOVPar Andrei Akulov – Le 19 décembre 2016 – Source Strategic Culture

Le Council of Foreign Relation (CFR), fondé en 1921, est un groupe de réflexion de 4 900 membres spécialisé dans les affaires internationales des États-Unis. Organisme à but non lucratif, il est composé de politiciens chevronnés, de dirigeants d’entreprises, de journalistes reconnus, d’avocats éminents, de personnalités des médias, d’érudits renommés et de professionnels distingués. Le CFR est la voix promotionnelle de l’establishment. Il exerce une grande influence sur la politique étrangère et sur les décisions prises par les hauts fonctionnaires et les membres du Congrès.

 

Le 13 décembre, le CFR a publié son enquête annuelle sur les Priorités préventives afin d’aider les décideurs à planifier les éventualités. Le document évalue les conflits violents, en cours et potentiels, et les sources d’instabilité en fonction de l’impact qu’ils auront sur les intérêts des États-Unis ainsi que leur probabilité d’advenir en 2017.

« Avec l’entrée en fonction d’une nouvelle administration présidentielle, il est important d’aider les décideurs politiques à anticiper et à éviter les crises potentielles qui pourraient survenir et menacer les intérêts américains. Notre enquête annuelle vise à mettre en évidence les sources les plus probables d’instabilité et de conflit dans le monde afin que le gouvernement puisse donner la priorité à ses efforts de manière appropriée », a déclaré le directeur de l’ACP, Paul B. Stares.

The Center for Preventive Action's annual Preventive Priorities Survey (PPS) evaluates ongoing and potential conflicts based on their likelihood of occurring in the coming year and their impact on U.S. interestsLe document recense sept sources potentielles de conflit, dont l’escalade peut avoir de graves conséquences pour Washington. La liste commence par une confrontation, délibérée ou involontaire, entre la Russie et l’OTAN, provoquée par le « comportement agressif » de la Russie en Europe de l’Est. Il semble plutôt symbolique que le système de lance-roquettes multiples russe auto-porté Uragan ait été choisi comme illustration sur la page de garde de la publication de l’enquête.

Les autres menaces les plus graves incluent une crise majeure en Corée du Nord causée par les essais d’armes nucléaires, une cyberattaque dévastatrice sur les infrastructures critiques des États-Unis et un attentat terroriste perpétré par des terroristes étrangers ou nationaux contre les États-Unis ou les pays alliés.

Le rapport mentionne également l’instabilité accrue en Afghanistan, l’intensification de la violence entre la Turquie et divers groupes armés kurdes et l’escalade de la guerre civile en Syrie, la crise des réfugiés en Europe, la division de l’Irak due à la violence sectaire d’État islamique, les tensions croissantes entre Israéliens et Palestiniens et la désintégration politique de la Libye, l’instabilité politique aux Philippines, l’instabilité croissante et l’autoritarisme en Turquie, et la propagation des troubles civils et de la violence ethnique en Éthiopie.

Globalement, le document évoque trente éventualités de menaces potentielles à la stabilité pouvant avoir un impact sur les intérêts de l’Amérique. Beaucoup d’entre elles ont des relations directes ou indirectes avec la Russie : l’Ukraine, la Géorgie, la Syrie, les cyberattaques – à vous de choisir.

Le document établit des priorités, mais il manque d’analyse. Il n’existe aucune explication des raisons pour lesquelles telle ou telle menace potentielle est apparue et ce qui a aggravé le problème.

Prenez par exemple la prétendue menace venant de Moscou.

Les États-Unis se sont retirés du Traité ABM en 2002, ce traité concernait le processus de contrôle des armements. Le programme de défense antimissile balistique de l’OTAN (BMD) est devenu le principal obstacle sur la voie de tous les accords Russie-OTAN pour soulager les tensions en Europe. Les États-Unis sont les instigateurs de la permanente mise à niveau de l’arsenal nucléaire tactique de l’OTAN en Europe, en violation flagrante du Traité de non-prolifération (TNP) de 1968. Washington déploie ses forces près des frontières russes dans le cadre de l’Initiative européenne de réassurance de l’OTAN.

Les États-Unis ont largement contribué à la crise du contrôle des armements. Washington a également violé plusieurs accords importants dans ce domaine, y compris le traité INF.

La politique assertive de la Russie a été provoquée par l’expansion de l’OTAN et le rejet des tentatives pour résoudre des questions vitales, comme les plans de défense antimissile balistique.

La menace terroriste est devenue particulièrement aiguë pour les États-Unis après la tragédie du 11 septembre. Mais Ben Laden, le cerveau derrière ce crime odieux, a été soutenu par les États-Unis avec d’autres extrémistes qui combattaient l’Union soviétique en Afghanistan. L’attaque a été un contrecoup provoqué par cette politique.

L’émergence du groupe État islamique en Irak est le résultat de l’invasion américaine en 2003. Les flux de réfugiés vers l’Europe sont le résultat du soutien de Washington au printemps arabe. L’instabilité en Libye a été créée en raison de l’intervention de l’OTAN menée par les  États-Unis en 2011 qui va bien au-delà de la résolution 1973 de l’ONU.

Il y a un fait très important que l’enquête sur les Priorités préventives n’a pas mentionné. Ce sont les États-Unis eux-mêmes qui ont créé les problèmes de sécurité auxquels il doivent faire face. Et le 115e Congrès essaie d’aggraver les choses. Il y a des raisons de croire que le président élu sera en mesure de changer le cours des choses. Les premiers actes qu’il entreprend prouvent qu’il est capable d’une pensée indépendante. Il semble être à l’abri de l’influence extérieure. Son choix du candidat au poste de secrétaire d’État [un « ami » de Poutine, NdT] confirme ce fait. Espérons que le nombre de contingences quantifiées par le CFR sera réduit après l’entrée en fonction du président Trump.

Andrei Akulov

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Après la victoire, Alep se relèvera de ses ruines, pas les médias occidentaux

Publié le par Felli Bernard

Après la victoire, Alep se relèvera de ses ruines, pas les médias occidentaux


Les États-Unis et leurs complices en criminalité souffrent d’un effondrement de leur santé mentale


Aleppo Victory… US and its Crime Partners Suffer ‘Meltdown of Sanity’


Finian Cunningham

Par Finian Cunningham – Le 15 décembre 2016 – Source Strategic Culture

Les États-Unis et leurs partenaires, sponsors du terrorisme, constatent la ruine de leur projet de changement de régime en Syrie alors que l’Armée syrienne et ses alliés, viennent de remporter une victoire spectaculaire en libérant l’importante ville stratégique d’Alep.

 

Les gouvernements occidentaux et leurs laquais à l’ONU évoquent avec cynisme et perversité une « déroute de l’humanité ».

Il est plus proche de la vérité de noter « l’effondrement de leur santé mentale ». Ceci parce que le récit officiel de l’Occident sur la guerre syrienne est finalement mis au jour à grande échelle.

Ce qui est exposé au monde entier est une couverture de propagande systématiquement fausse qui dissimule une entreprise criminelle – une entreprise impliquant des intermédiaires terroristes et des faux rebelles modérés, parrainés par les gouvernements occidentaux depuis six ans, dans une conspiration pour renverser le gouvernement de la Syrie. La gravité de ce crime systématique, commis par Washington et ses différents partenaires, apparaît maintenant sous nos yeux.

Incapables de faire face à leur propre déni de criminalité, les gouvernements occidentaux, et leurs médias de masse complices, recourent à la négation pure et simple et à la production de mensonges de plus en plus éhontés.

Au lieu d’assumer la réalité du fait que les forces de l’État syrien ont repris Alep aux groupes brutaux illégalement financés et armés par l’Occident et ses clients régionaux, ceux-ci qualifient la victoire de libération syrienne de « chute d’Alep ». Un rapport sur la chaîne américaine CNN a même qualifié l’armée syrienne victorieuse et ses alliés de « persécuteurs ».

L’ambassadeur des États-Unis auprès de l’ONU, Samantha Power, a cité des rapports non vérifiés faisant état d’exécutions de civils à Alep et a éreinté la Syrie et ses alliés, la Russie et l’Iran, pour n’avoir « aucune honte ». C’est Power et ses partenaires occidentaux, y compris les hauts fonctionnaires des Nations Unies, qui devraient se couvrir la tête de cendres.

Parmi les propagateurs hystériques des supposés atrocités et massacres perpétrés cette semaine, le journaliste humanitaire de l’ONU, Jens Laerke, a déclaré que les événements d’Alep étaient la manifestation d’une « déroute de l’humanité ». Des mots émouvants, mais loin de la réalité.

Les médias d’information occidentaux publiaient des manchettes sur les exécutions sommaires de femmes et d’enfants par l’armée syrienne et ses alliés russes, iraniens et libanais alors qu’ils avançaient pour reprendre finalement tout le nord de la ville.

Le chef sortant de l’ONU, Ban Ki-Moon, a dénigré une « victoire militaire intransigeante », tandis que ses subordonnés Rupert Colville et Jan Egeland dénonçaient des conditions « infernales » et les « crimes de guerre » commis par la Syrie et la Russie.

Le problème est que toutes ces assertions sensationnelles et téméraires sont basées sur des affirmations non vérifiées, fournies par des activistes anonymes ou des personnes impliquées avec des militants intégrés à des groupes terroristes comme Jaysh al Fatah, Jabhat al Nusra, Ahrar al Sham et Nour al din al Zenki, tous affiliés au réseau terroriste internationalement interdit al-Qaïda – avec lequel les gouvernements occidentaux prétendent être en guerre.

C’est vraiment une révélation grotesque de découvrir que les gouvernements occidentaux et les responsables de l’ONU agitent publiquement de la propagande au nom de groupes terroristes.

Samantha Power et son homologue britannique à l’ONU, Matthew Rycroft, ont cité des rapports de l’ONU au sujet de l’exécution de 82 civils, dont 11 femmes et 13 enfants, par les forces syriennes pro-gouvernementales au cours des dernières heures de la reprise d’Alep. Mais les mêmes rapports de l’ONU étaient fondés sur des sources non vérifiées, supposées être intégrées parmi les terroristes. Ce n’est pas un reportage. Il s’agit simplement de recycler des rumeurs visant à sauver la peau des terroristes.

Le simple fait que l’information vienne de sources non vérifiées n’a pas empêché les Nations Unies, Power, Rycroft et le troupeau des médias occidentaux, y compris le Washington Post, CNN, Guardian, The Indépendant, France 24, etc., de présenter les revendications comme si elles étaient des faits.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Serguéi Lavrov, a accusé les gouvernements occidentaux et leurs journalistes zélés, qui ne se posent pas de question, de diffuser des « fausses nouvelles » sur les événements dramatiques en Syrie cette semaine. Lavrov a souligné qu’aucune des atrocités alléguées n’a été reconnue par des groupes humanitaires indépendants.

L’ambassadeur syrien à l’ONU Bashar al Jaafari a également réfuté les allégations d’atrocités qui semblaient rendre ses homologues occidentaux si perplexes.

Les gouvernements occidentaux et les médias ont persisté dans leurs fantasmes morbides en dépit d’abondantes séquences vidéo, qu’ils diffusaient eux-mêmes, montrant des milliers de civils s’éloigner tranquillement des quartiers détenus par les rebelles à Alep pour se diriger vers les forces de l’Armée syrienne. Est-ce le comportement de gens massacrés, exécutés sommairement, assassinés ?

L’une des plus absurdes distorsions a été celle de France 24. Le radiodiffuseur public d’un des pays qui a fourni des armes et de la propagande aux terroristes en Syrie au cours des six dernières années a décrit cette semaine comment « les gens d’Alep célébraient leur libération par le gouvernement ». Étant donné que le gouvernement syrien détient pratiquement tout Alep cela signifie que la grande majorité des Syriens fêtait l’événement. Pourtant, France 24 s’efforce de créer une fausse division entre les populations pro et anti-gouvernementales.

La représentation plus logique et plus véridique est que les civils syriens peuvent enfin fuir les bandes terroristes qui les ont assiégés. Mais en rapportant cela, tout le faux récit occidental sur ce qui se passait à Alep et en Syrie depuis six ans s’écroulerait comme un château de cartes.

Pourquoi les médias occidentaux ne sont-ils pas en train d’interviewer les dizaines de milliers de civils qui ont maintenant réussi à fuir les groupes terroristes vaincus ? Pourquoi les médias occidentaux ne posent-ils pas de questions sur la nature de leur captivité ? Par exemple, pourquoi ne pouvaient-ils pas échapper aux rebelles extrémiste d’Alep-Est jusqu’à maintenant ? Que pensent ces civils de l’armée syrienne et de ses alliés qui ont écrasé les rebelles ?

L’absence curieuse et sidérante de tout témoignage apporté par les médias occidentaux de la part des milliers de civils libérés à Alep se retrouve dans la même absence curieuse et sidérante de témoignages des milliers de civils libérés ailleurs en Syrie par l’armée au cours de cette année.

C’est parce que ces civils parlent aux médias qui sont prêts à relater – comme le radiodiffuseur d’État syrien SANA, ainsi que RT, Press TV et Al Manar – que le cauchemar imposé par les terroristes soutenus par les Occidentaux est terminé. Si les médias occidentaux devaient réellement se donner la peine de faire du véritable journalisme, ils iraient dans des régions libérées d’Alep et d’autres villes et villages de Syrie et raconteraient que la vie heureuse est revenue à la normale pour ces familles et communautés.

La vérité est que Alep a été envahie, en juillet 2012 par des terroristes soutenus par l’Occident qui ont transformé les quartiers Est de la ville en un repaire sous le règne de la terreur. Un califat dévoyé et dément y a été imposé, dirigé par des djihadistes wahhabites. À l’instar de la Syrie dans son ensemble, ces mercenaires étaient blanchis par l’Occident comme des « rebelles modérés et pro-démocratiques » – bien que soi-disant mélangés à des extrémistes djihadistes.

Si tel était le cas, alors où sont ces supposés modérés maintenant que le dernier repaire de rebelles à Alep a été libéré ? L’absence flagrante des rebelles « modérés, pro-démocratiques » – inventés par l’Occident – qui sortent des ruines d’Alep est aussi grave que l’absence de civils pétrifiés dénonçant les atrocités de l’armée syrienne ou les crimes de guerre russes.

Au cours de cette semaine mémorable, le récit occidental sur Alep et la guerre syrienne en général s’est effondré en un tas de poussière. Aucune avalanche de dénis et de distorsions supplémentaires ne peut cacher la mise en lumière de la propagande et des mensonges occidentaux.

Il est ironique de voir que les médias occidentaux ont récemment agité le phénomène des « fausses nouvelles » dans le contexte de la tentative de discrédit jeté sur la Russie au sujet d’une prétendue ingérence électorale aux États-Unis et en Europe.

La Syrie a démontré que les vrais coupables de la propagation de « fausses nouvelles », et plus grave encore de faux récits, sont les gouvernements occidentaux et leurs médias d’actualité prétentieux, auto-satisfaits et arrogants.

Inaptes à faire face à la vérité insupportable de sa complicité criminelle, l’Ouest exhibe l’effondrement de sa santé mentale.

Alep et la Syrie émergeront un jour de nouveau des ruines. Ce n’est pas le cas des gouvernements ignominieux de l’Ouest et de leurs médias mensongers et criminellement complices. Ils ne renaîtront jamais de leurs ruines.

Finian Cunningham

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