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Qui a tué le Docteur Liza?

Publié le par Felli Bernard

Qui a tué le Docteur Liza?


Par Emmanuel Leroy − 27 Décembre 2016

Elizaveta Glinka, alias Docteur Liza, grande figure de l’action humanitaire, était dans l’avion qui s’est abîmé en mer Noire le 25 décembre dernier avec le chœur de l’Armée rouge qui se rendait en Syrie.

Je suis d’autant plus bouleversé par sa disparition que je l’avais rencontrée l’année dernière en décembre 2015 au ministère des Affaires étrangères de la République populaire de Donetsk et nous avions travaillé ensemble pour la coordination de l’aide à apporter aux populations du Donbass victimes du régime de Kiev.

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Le Dr Liza, à droite sur la photo, avec Emmanuel Leroy, Président de l’association humanitaire française Urgence Enfants du Donbass

Nous avions évoqué lors de cette rencontre, divers projets, dont celui de créer une structure humanitaire franco-russe afin de renforcer les liens entre nos deux pays.

À ce stade, et dans l’attente de l’analyse des boites noires de l’avion, il est impossible d’affirmer avec certitude que l’appareil a été frappé par une puissance hostile ou s’il a été victime d’une avarie.

Toutefois, il me paraît difficile de ne pas faire le rapprochement entre les menaces proférées par Barack Obama et la série d’attaques répétées que la Russie subit depuis. Tout se passe comme si l’administration étasunienne sortante mettait en œuvre un processus de durcissement extrême des relations avec la Russie afin de ruiner à l’avance la politique pro-russe de Donald Trump en créant une situation de conflit irrémédiable sur laquelle son successeur ne pourra revenir.

Le 19 décembre, assassinat de l’ambassadeur de Russie en Turquie suivie quelques heures plus tard de la mort mystérieuse de Piotr Polshikov, diplomate de haut rang spécialiste de l’Amérique Latine, retrouvé mort par arme à feu dans son appartement moscovite. Suicide ou assassinat ? Nous n’avons pas de réponse pour l’instant.

Est-ce que tous ces faits seraient à mettre en relation avec la la capture d’officiers occidentaux, y compris Français, qui auraient été découverts dans un bunker d’Alep-Est lors de la libération de la ville ? Pour ceux qui seraient surpris par cette révélation, ou pour les sceptiques invétérés, je rappellerai les propos de Laurent Fabius, alors ministre des Affaires étrangères sur la branche syrienne d’al-Qaïda ou encore les nombreuses sources faisant état de la présence de forces spéciales françaises en Syrie, au moins depuis 2012 voir ici, ou là, ou encore là.

Une source russe non officielle va même encore plus loin en accusant l’Occident, voire la France d’être à l’origine de cette attaque contre le Tupolev qui s’est abîmé en mer Noire. L’auteur émet l’hypothèse d’une agression radio-électronique comme étant la cause de la panne soudaine des transpondeurs de l’appareil puis de sa chute. Il est certain qu’aujourd’hui un certain nombre d’États disposent des moyens de brouillage électronique ou de la capacité de prendre le contrôle à distance de l’électronique embarquée d’un aéronef.

Si par malheur cette suspicion se trouvait confirmée, il s’agirait là d’une dérive gravissime de la politique étrangère française et d’un acte de guerre commis en temps de paix. Obliger les troupes d’élite de l’armée française à servir la cause des égorgeurs « modérés » d’al-Qaïda représente déjà une forfaiture dont les responsables politiques devront rendre compte, mais si cette ignoble conjecture devait être confirmée et si François Hollande, à la demande de l’OTAN, a donné le feu vert de l’Élysée pour cet acte inqualifiable, il aura définitivement ruiné le crédit et l’honneur de la France et il devra répondre de son geste devant l’Histoire.

Adieu Docteur Liza ! Nous garderons votre mémoire.

Emmanuel Leroy

Lien : Tu 154 : L’incompréhensible crash de l’avion militaire russe à Sotchi

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Victoire coalisée majeure à Alep

Publié le par Felli Bernard

mardi 20 décembre 2016

victoire coalisée majeure à Alep

 
La coalition islamo-atlantique vient de remporter une belle victoire à Alep.
 
Après avoir desserré autour de la portion principale d'Alep l'étau des milices islamistes supplétives de l'OTAN et du Conseil de Coopération du Golfe, l'armée syrienne a pu renverser la situation et assiéger le réduit d'Alep-Est, progressivement rétréci à 10% de la population de la ville il y a un an puis à 2% début décembre, puisque des centaines de milliers d'habitants ont fui les quartiers encore occupés par les moudjahidines pour se réfugier dans ceux déjà libérés par l'armée régulière.
 
Mais parallèlement, pendant des mois la progression du front anti-terroriste a été accompagnée en parallèle d'une montée de la propagande visant à préparer les opinions "occidentales" à un bain de sang dès la libération de la deuxième ville de Syrie, à commettre par le contingent contre ses familles, une abomination qui ne pouvait naître que dans les fantasmes de propagandistes occidentaux détribalisés, déracinés et familialement sevrés. Il serait fastidieux de recenser ici tous les articles de presse calomnieux présentant le gouvernement syrien comme un régime tyrannique installé illégalement par la force et envoyant des milices barbares à l'assaut d'une pauvre ville assiégée, et les terroristes islamistes comme une opposition civile démocratique et modérément équipée d'armes lourdes sans lien avec les quelques extrémistes qui postent des courts-métrages de décapitations sur internet et dont la presse occidentale s'acharne à occulter l'usage répété des armes chimiques qui leur ont été fournies ou enseignées. Cette campagne médiatique a été renforcée dernièrement et crédibilisée par les nombreuses déclarations dramatiques de personnalités politiques qui font autorité, à un niveau ou à un autre, et en profitent pour influencer l'opinion sur une question parfois sans rapport avec leur mandat ou leur domaine de compétence. Et évidemment ont été mis à contribution tous les producteurs de témoignages, comme l'observatoire unipersonnel à distance des droits de l'homme en Syrie, ou les faux casques blancs dont la dénonciation par l'ONU quelques heures après qu'ils aient réussi à l'intoxiquer (le 30 septembre 2015) a été totalement ignorée dans les pays de l'OTAN, et qui ont failli être portés par la coalition islamo-atlantique jusqu'au comité Nobel, il y a quelques mois. Pour finir, tous les blogueurs islamistes ont annoncé leur imminent massacre, et pris congé avec grandiloquence en envoyant des "tweets" dithyrambiques ou onomatopiques et posté des vidéos d'excellente qualité, dans des quartiers où les journalistes indépendants arrivés en même temps que l'armée nationale ont constaté qu'il n'y avait pas d'internet, plus de lignes téléphoniques fixes et que même le réseau de téléphonie portable présent dans la partie libre de la ville n'était pas accessible des quartiers occupés et ravagés par les islamistes... au contraire par exemple de l'essentiel de la ville d'Alep, où aucun journaliste occidental n'a souhaité venir interroger le million et demi d'Aleppins (98%) déjà sous la protection de l'armée gouvernementale ou les milliers de réchappés récents d'Alep-Est. Les trois agences de l'OTAN (Associated Press, Agence Française de Presse et Reuters) diffusaient plutôt les déclarations dictées des otages, familles et sympathisants des quelques milliers d'irréductibles moudjahidines auxquels on a interdit d'accepter la reddition et l'amnistie, vraisemblablement parce qu'on préfère les voir mourir que révéler (en anglais) leur origine, et forgeaient le mythe de cent mille personnes piégées lorsque les islamistes ne tenaient plus que 2 km², ce qui établirait certes un nouveau record mondial de densité de population, mais peut aussi préparer la déclaration d'un massacre de grande ampleur lorsque la libération et l'ouverture du dernier réduit permettra de constater qu'il y "manque" cent mille civils.
 
Au-delà de la publication systématique d'une fausse accusation de "bavure" par la Russie en Syrie au lendemain de chaque massacre de civils ou destruction d'hôpital par les Etats-Unis et leurs suppôts en Irak ou en Afghanistan, depuis déjà plusieurs semaines ce ne sont plus seulement les organisations crypto-gouvernementales mais ouvertement certains gouvernements de l'OTAN qui accusent la Syrie et la Russie de "crimes de guerre". Certains hommes politiques, des plus fins renards comme Hillary Clinton aux plus grossiers grognards comme François Hollande, exigent dans des termes peu diplomatiques que le président russe Vladimir Poutine soit sommé de "rendre des comptes" et déclament publiquement leur intention de le traduire pour crimes de guerre devant un tribunal d'exception, c'est-à-dire leur dessein d'attaquer la Russie, de la vaincre, de renverser son gouvernement légitime et de soumettre ses dirigeants à des simulacres prohibés par le droit international. On y reviendra, ces déclarations officielles, ès qualités, de personnalités investies de mandats suprêmes dans leurs pays respectifs, et non démenties ou démises conséquemment, sont lourdes de sens et de conséquences.
 
Afin de lever le moindre doute concernant son parti et son engagement dans la guerre contre la Syrie, la France a invité en visite officielle, début décembre (juste après l'exfiltration des commandants moudjahidines abandonnant leurs combattants dans le dernier réduit), l'islamiste aleppin Brita Hagi Hassan, présenté par toutes les autorités françaises comme "maire rebelle d'Alep" alors qu'il est en réalité le chef du conseil islamique civil chargé de la surveillance de la population d'Alep-Est au sein de la branche d'Al Qaeda pour la Syrie, rebaptisée récemment Fatah al Cham mais encore généralement connue sous son appellation précédente Al Nosra. Cette visite, annoncée pour une dizaine de jours, étendue à une vingtaine et appelée à une prorogation indéfinie, a culminé par l'extinction largement médiatisée des lumières de la tour Eiffel, jeudi 15 décembre, en solidarité avec les milices moudjahidines d'occupation d'Alep-Est sur le point d'être pourtant amnistiées et transférées à Idlib par le gouvernement légitime de la Syrie, membre de l'ONU, en application du plan de paix de l'émissaire de l'ONU Stefan de Mistura. Ce symbole de la France aux yeux du monde entier n'a pas seulement été éteint en signe de solidarité avec ceux que le gouvernement français appelle "djihadistes", mais aussi en signe de refus du plan de paix de l'ONU.
 
Au même moment l'ONU, justement, rapportait ce que certains de ses membres influents essayaient d'étouffer, à savoir que les milices dudit conseil d'Alep-Est, subordonnées ou protectrices de l'honoré invité des autorités françaises, bloquaient (comme lors des trêves précédentes) l'évacuation de la population d'Alep-Est, mitraillaient ou pilonnaient les corridors humanitaires et les convois civils, utilisaient deux nouvelles fois des armes chimiques (évidemment prohibées), tenaient la population en otage et la répartissaient comme "boucliers humains" sur les hôpitaux qu'elle avait tous démontés et transformés en batteries fixes d'artillerie pour tenter d'y attirer des feux de contre-batterie comme à Sarajevo, affamaient la population en confisquant l'aide humanitaire syrienne et russe, exécutaient publiquement les familles qui avaient tenté d'emprunter les corridors humanitaires pour quitter le réduit islamiste et crucifiaient les enfants qui n'avaient pas été assez combattifs face à l'armée nationale ou assez coercitifs face à leurs familles. Stratediplo refuse d'appeler terroristes les résistants à une occupation et les auteurs d'attentats ciblés, mais les légions étrangères qataries terrorisent véritablement les populations syriennes. En même temps les autorités et émissaires de l'ONU répétaient sans cesse qu'il n'y avait aucune trace sur le terrain des "atrocités systématiques" dont certains membres du Conseil de Sécurité (ceux appartenant aussi à l'OTAN) accusaient officiellement la Syrie et la Russie.
 
Les rapports des observateurs indépendants et des quelques organisations véritablement non gouvernementales n'ont pas empêché les media des pays de l'OTAN d'occulter la vérité qui se faisait jour au fur et à mesure de la libération de nouveaux quartiers, et de ne pas diffuser la semaine dernière les images de foules en liesse, les larmes de joie, les embrassades avec les soldats et les fêtes spontanées sur le passage de l'armée nationale, et de choisir au contraire de blâmer les forces libératrices. Cinq pays majeurs, dont aucun n'a envoyé d'aide humanitaire en Syrie et dont certains ont interdit aux pays voisins de laisser passer l'aide humanitaire russe avec la même insistance qu'ils avaient tenté d'empêcher la livraison d'aide humanitaire au sud-est de l'ex-Ukraine il y a deux ans, accusent formellement la Syrie et la Russie d'intercepter cette aide humanitaire qu'ils n'envoient pas, au moment même où les télévisions indépendantes qui ont accepté d'accompagner l'armée syrienne montrent la découverte des caches où les islamistes accumulaient l'aide humanitaire qu'ils refusaient ensuite à la population (ou revendaient chèrement et parcimonieusement), suivant les instructions qui leur avaient été données pour créer une crise humanitaire grave dans la portion occupée d'Alep.
 
Car on avait décidé non seulement de soumettre la population mais également de créer une crise humanitaire, dont on blâmerait ensuite la Russie, et qui donnerait du crédit aux évocations faussement horrifiées de Grozny, Sarajevo et Srebrenica, qui n'éveillent dans les opinions publiques le souvenir d'aucun fait spécifique mais un vague sentiment irraisonné de "plus jamais cette boucherie" contre de malheureux musulmans opprimés. Grozny c'était la Russie du chaos post-soviétique eltsinien, alibi pour que les caméras des pays qui entraînaient les moudjahidines dans les gorges de Pankissi ne montrent pas les images de l'armée russe entrant dans la ville par les avenues où des chrétiens avaient été pendus à tous les réverbères, images gravées à jamais dans la mémoire des soldats enfin victorieux qui descendaient des chars libérateurs pour aller vomir dans les fossés ; "comité Grozny" c'est aussi le groupe d'intellectuels juifs parisiens qui appelaient à bombarder Moscou comme ils avaient plus tôt appelé à bombarder Belgrade sous le nom de "comité Sarajevo". Sarajevo, ville martyre dont la comparaison avec Alep-est est la plus pertinente, c'est aussi une ville où les occupants islamistes confisquaient l'aide humanitaire, gardaient la population en otage quand des corridors d'évacuation étaient ouverts, et appelaient des feux de contre-batterie vers les hôpitaux où ils avaient invité les journalistes étrangers, en tirant sur les positions chrétiennes avec des mortiers placés sur ou dans ces bâtiments. Sarajevo c'est aussi l'un des symboles de la toute-puissance étatsunienne qui a réussi à interdire à l'ONU de diffuser les rapports établissant que les milices islamistes tuaient des musulmans (boulangerie, marchés de Markale...) pour blâmer l'ennemi et faire intervenir l'Alliance Atlantique, comme le confesserait sur son lit de mort le président Izetbegovic des années après que son chef d'état-major Halilovic ait démissionné dégoûté d'avoir dû massacrer sa propre population au lieu de combattre l'armée ennemie. Srebrenica, surtout, c'est le mot qui restera, pour le profane, un synonyme de génocide (un mot si lourdement associé à ce nom dans la presse "occidentale"), et pour l'expert en science politique ou en communication un symbole de la manipulation médiatique. Srebrenica, c'était une ville déclarée démilitarisée mais jamais désarmée, où était basée une brigade islamiste d'extermination qui a dépeuplé dans d'atroces sévices les campagnes chrétiennes environnantes. C'est une opération admirablement menée où l'armée victorieuse a fait venir des centaines d'autobus pour évacuer vers la république islamique ceux des civils musulmans qui ne souhaiteraient pas rester sous administration chrétienne, et où les hommes originaires d'autres régions ont été soigneusement examinés un par un pour distinguer les déplacés et réfugiés des moudjahidines en civil, même si la brigade s'était exfiltrée juste avant la chute de la ville, et où les prisonniers, en dépit de leurs exactions monstrueuses, ont été traités selon les conventions de Genève (pourtant non applicables aux combattants irréguliers déguisés en civils) dans des conditions que beaucoup d'armées occidentales devraient imiter, surtout la plus importante qui méprise et viole les droits élémentaires des captifs ennemis, les conventions, et plus généralement les us et coutumes de la guerre. Mais Srebrenica c'est aussi une victoire de communication, le trucage des chiffres comme l'addition au lieu du recoupement des différents rapports concernant la même colonne enfuie dans les bois, la négation partiale de la réalité comme le refus de filmer et rapporter l'arrivée de cette même colonne en territoire musulman, l'abus de langage comme l'utilisation du mot de génocide pour un prétendu massacre de miliciens exclusivement masculins et le maintien de ce mot après le jugement contraire d'un tribunal multinational d'exception, l'intimidation du Conseil de Sécurité de l'ONU par une grande puissance dont les représentants vocifèrent en brandissant des enveloppes cachetées de "preuves" qu'ils ne montrent jamais, la distorsion de l'Histoire imposée par la révocation arbitraire et anticonstitutionnelle, par l'autorité de supervision multinationale en violation de son mandat, de tout nouvel élu refusant de signer l'incohérente et mensongère confession de génocide.
 
Alep-Est, bien que moins peuplée, a effectivement souffert comme Sarajevo et Grozny du joug islamiste dont elle vient d'être libérée. Mais elle est surtout l'occasion d'une grandiose campagne de désinformation et de manipulation similaire à celle déployée depuis vingt ans autour de Srebrenica. Ces grandes manœuvres politico-médiatiques plus violemment dirigées contre la Russie que contre la Syrie visent certainement, dans les pays sous régime démocratique, les membres du parlement qui seront bientôt appelés à voter l'entrée en guerre de leur pays contre la Russie. Dans les pays sous régime jacobin où la chambre d'enregistrement a été inféodée à l'exécutif, elles visent simplement la population, que l'on prépare psychologiquement à l'inéluctabilité de la guerre contre la Russie. Dans les deux cas et sur les deux publics ciblés, ces opérations sont largement victorieuses.
 
Sur le théâtre syrien, c'est contre la Russie que la coalition islamo-atlantique vient de remporter une victoire écrasante et incontestable.

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Comment l’establishment anglo-américain créa Hitler

Publié le par Felli Bernard

Comment l’establishment anglo-américain créa Hitler


Nicolas Bonnal.JPGPar Nicolas Bonnal – Le 20 décembre 2016

Pour reprendre la vulgate imbécile : Vladimir Poutine a fait élire Donald Trump – pourquoi ne pas désigner le changement climatique ? –, on va rendre la politesse, mais avec des preuves. Les élites anglo-américaines ont fabriqué le nazisme.

 

Guido Giacomo Preparata, dans son passionnant Conjuring Hitler, explique comment les élites anglo-saxonnes – l’establishment anglo-américain de Carroll Quigley – ont utilisé le nazisme pour détruire la vieille Europe et empêcher l’unification eurasiatique. L’obsession de la diplomatie anglo-américaine est le contrôle de l’île-monde de McKinder ; on manipule l’hostilité germano-russe du Kaiser à Merkel et on maintient sa suprématie. Selon Preparata :

« Une analyse détaillée de l’émergence du nazisme pourrait révéler que l’arrivée des nazis au pouvoir n’a jamais été le fruit du hasard. La thèse du livre suggère que pendant quinze ans (1919-1933), les élites anglo-saxonnes ont corrompu la politique allemande avec l’intention de créer un mouvement réactionnaire, qu’ils pourraient ensuite mettre en place comme pion pour leurs intrigues géopolitiques. »

On veut donc après la guerre un mouvement réactionnaire, et antisémite, en Allemagne, susceptible d’être utilisé comme pion, et encore :

« Lorsque ce mouvement a émergé, immédiatement après la Première Guerre mondiale, sous la forme d’une secte religieuse et antisémite déguisée en parti politique – le Parti national socialiste –, les clubs britanniques l’ont surveillé de près et l’ont endossé de manière semi-officielle en 1931, lorsque la République de Weimar fut démantelée par la Grande Crise, et l’embrassa finalement, avec ruse, tout au long des années 1930. Donc, bien que l’Angleterre n’ait pas inventé l’hitlérisme, elle a néanmoins créé les conditions permettant à un tel phénomène d’exister… « 

Tout cela, explique Preparata, est voulu par cet establishment anglo-saxon qui, après la Deuxième Guerre mondiale, va contrôler l’Europe du charbon, de l’acier et de l’OTAN ; sur ces sujets enfin balisés, on peut lire les excellents essais révisionnistes de l’universitaire Annie Lacroix-Riz.

Guido Preparata encore à propos de ces sinistres clubs anglo-saxons (Hellfire club, Skulls&Bones…) :

« Par clubs et élites, je veux parler des fraternités établies et perpétuelles qui régnaient sur les républiques anglo-saxonnes : elles étaient (et sont toujours) formées par une agrégation de dynastes émanant des banquiers, du corps diplomatique, de la caste des officiers et de l’aristocratie au gouvernement, qui demeurent solidement enracinés dans le tissu constitutionnel des démocraties modernes. »

Preparata explique ensuite pourquoi la démocratie occidentale est un leurre 1 :

« En fait, dans la prétendue ‘circonscription démocratique’, qui représente à ce jour le modèle le plus sophistiqué de la domination oligarchique, l’électorat n’a aucun poids, et la capacité politique n’est qu’une autre expression des pouvoirs de persuasion nécessaires pour ‘construire un consensus’ sur des décisions (capitales) déjà prises ailleurs. »

Puis vient la révélation de la plus grande conspiration politico-diplomatique de tous les temps, liée au fantasme de McKinder – « qui tient l’île-monde tient le monde… » : la volonté de commander à l’Allemagne et d’interdire l’unité eurasiatique, qu’on retrouve une génération après chez Brzezinski et son Grand Échiquier.

« L’histoire racontée dans ce livre est l’histoire de l’Empire britannique, qui en 1900, craignant la puissance montante du jeune Reich allemand, a conçu en secret un plan pour un encerclement géant de la masse continentale eurasienne. L’objectif principal de ce blocus titanesque était la prévention d’une alliance entre l’Allemagne et la Russie : si ces deux puissances pouvaient se fondre dans une ‘étreinte’, pensaient les intendants britanniques, ils seraient possesseurs d’une forteresse de ressources, d’hommes, de connaissances et de forces militaires qui mettraient en danger la survie de l’empire britannique dans le nouveau siècle. »

L’entente germano-russe aurait évidemment changé le monde, mais on avait mieux à faire. On avait à conspirer contre la paix, contre la destinée européenne :

« À partir de cette première réalisation, la Grande-Bretagne a entrepris une campagne extraordinaire pour déchirer l’Eurasie en engageant la France et la Russie, puis l’Amérique, pour combattre les Allemands. »

A la fin de la Première Guerre mondiale, l’Angleterre abandonne le tsar à son sort et lâche aussi les russes Blancs – lisez Denikine. Elle fabrique le traité effarant de Versailles, pour préserver une Allemagne puissante et furieuse. C’est ce que comprend Bainville, dans un livre qui annonce même un Hitler à venir.

Bainville, donc en 1920 :

« Les Allemands devront payer le tribut principal aux Français, qui sont un tiers de moins qu’eux : quarante millions de Français ont pour débiteurs soixante millions d’Allemands…  À moins que ces millions de créatures ne fussent pas attachées au même boulet, avec un seul gouvernement, peut-être demain un seul chef, pour les dresser à briser leur chaîne. »

Bainville comprend que le traité a pour but une autre guerre. Sinon il n’a pas d’autres explications – naïveté de Wilson ? Incompétence des négociateurs ? Allons donc !

S’aidant des études de Thorstein Veblen, Preparata explique pourquoi on préserva les dangereuses élites impériales et militaires en Allemagne :

« La Première Guerre mondiale a joué le premier acte de l’attaque […] L’Allemagne avait perdu la guerre, mais elle n’avait pas été vaincue sur son propre territoire. Les élites allemandes, la structure politique et économique étaient restées intactes. Ainsi, après 1918, a commencé le second acte du siège : ressusciter en Allemagne un régime réactionnaire issu des rangs de ses militaristes vaincus. La Grande-Bretagne a orchestré cette incubation dans le but de conjurer une entité politique belligérante qu’elle a encouragée à entrer en guerre contre la Russie. »

L’Allemagne affamée pendant la guerre (Ralph Raico), et épargnée dans son militarisme prussien, serait poussée à attaquer la Russie. Et la naïveté barbare de la micro-caste nazie fit le reste. Preparata évoque avec ironie la non-acceptation du dossier du fils Ribbentrop à Eton, le collège ultra-snob de l’élite britannique [la crème anglaise !]. Le fidèle pion de Montagu Norman, Hjalmar Schacht muni d’un passeport américain, comme Baldur Von Schirach, fut installé au pouvoir en Allemagne, où il réalisa les miracles financiers que l’on sait – pourquoi ne les avait-il pas réalisés avant ?

Puis, comme pour contredire Quigley et sa caste british divisée sur le sujet nazi, Preparata ajoute :

« L’Angleterre a offert un spectacle fascinant en feignant devant le monde que sa classe dirigeante était divisée entre les pro-nazis et les anti-nazis, et qu’une telle scission justifiait l’absence apparente d’engagement pour combattre Hitler sur le front occidental après que l’invasion de la Pologne avait déclenché la Seconde Guerre mondiale. »

Et d’expliquer pourquoi les États-Unis ne sont pas intervenus avant, question que posera de Gaulle à Harry Hopkins d’ailleurs.

L’historien américain Frédéric R. Sanborn a aussi expliqué que tout était fait par les anglo-saxons pour qu’Hitler triomphe à Munich en 1938. On empêcha un règlement européen d’une crise européenne. La France, l’URSS et la Tchécoslovaquie – superbement bien défendue – auraient pu tacler la Wehrmacht. Roosevelt l’empêcha et ordonna aux Franco-Britanniques de céder.

Je cite Frédéric Sanborn, nous sommes le 26 septembre 1938 :

« À ce moment critique, M. Roosevelt est intervenu et a saboté toute la situation. Précédemment, il avait été prié d’appliquer sa pression seulement contre l’Allemagne, mais maintenant il l’appliquait également contre les adversaires de l’Allemagne. Il était donc devenu clair que M. Roosevelt ne s’opposait pas seulement aux préparatifs militaires contre l’Allemagne : il utilisait aussi son influence auprès de ceux qui, dans les conseils divisés des gouvernements britannique et français, s’opposaient à la guerre – à ceux qui ont depuis été appelés apaisants. »

C’est donc Roosevelt qui a favorisé l’apaisement et le triomphe du poulain Hitler à Munich ; Roosevelt, et Chamberlain qui vint comme à Canossa s’agenouiller à Berchtesgaden, lui le cousin du penseur raciste Houston Stewart.

Selon Sanborn : « Le bluff du Chancelier Hitler a trouvé [en Roosevelt] un supporter inattendu. »

Preparata révèle la stratégie consistant à lâcher le loup-garou nazi pendant trois ans en Russie, en échange de cette drôle de guerre à l’Ouest – Quigley le reconnaît – et d’une Méditerranée anglo-saxonne.

« La vérité était bien différente : une négociation se déroulait dans les coulisses. La Grande-Bretagne a empêché les Américains d’ouvrir un front occidental pendant trois ans, afin de permettre aux nazis de pénétrer et de dévaster la Russie, sans être dérangés, en échange de l’évacuation rapide des forces allemandes du bassin méditerranéen. »

L’Allemagne nazie, avec une France fasciste, une Italie fasciste, une Espagne fasciste, n’a pas su contrôler la Méditerranée ! Elle occupe la France qui laisse sa flotte se faire détruire par Churchill ? Et Goebbels, dans son Journal, invoque une hydrophobie de son chef !

On résume la campagne britannique :

« Pour anéantir la menace allemande, les élites dirigeantes britanniques ont monté très haut les enjeux… Ce jeu pour la suprématie anglo-américaine a coûté environ 70 millions de vies dans deux guerres mondiales : un holocauste dont l’horreur est au-delà des mots. »

La conclusion ?

On sait aujourd’hui que l’Angleterre a détruit la Libye, la Syrie avec son dominion socialiste français, qu’elle est le fer de lance de l’Otan et de la guerre contre la Russie en Europe. Le général britannique Shireff a évoqué une prochaine guerre en Europe.

Rien n’est donc terminé, et Preparata note sur leur hubris:

« L’Occident doit donc réfléchir à nouveau, penser qu’il y a quelque chose de bien pire que le nazisme, c’est l’orgueil des fraternités anglo-américaines dont la routine est d’inciter les monstres indigènes à la guerre et de diriger le pandémonium pour poursuivre leurs buts impériaux. »

Bibliographie sommaire

Bainville – Les conséquences du traité de Versailles
F. Sanborn – Perpetual war for perpetual peace – edited by Harry Elmer Barnes chapter 3 Mises.org)
Preparata (Guido Giacomo) – Conjuring Hitler : How Britain and America
Made the Third Reich (Pluto Press)
Quigley – The anglo-american establishment
Raico – Great Wars and Great Leaders: A Libertarian Rebuttal (2010), Ludwig von Mises Institute

  1. A ce sujet, visionner cette discussion publiée par le Cercle des Volontaires

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La guerre contre les "fausses nouvelles", une guerre contre la liberté d’expression

Publié le par Felli Bernard

 

La guerre contre les "fausses nouvelles", une guerre contre la liberté d’expression

C’est une attaque à la liberté que de s’en prendre au droit à la discussion des problèmes politiques, à la recherche de sources d’informations alternatives et à la promotion de causes et d’idées dissidentes. […] Si cet assaut continuel à la liberté d’expression aboutit, toutes nos libertés sont alors menacées.

[…]

Beaucoup d’opposants à la liberté d’expression soutiennent des lois et des règlementations visant à interdire aux activistes et aux organismes éducatifs la publication de faits touchants aux positions défendues par un candidat quelques mois avant son élection. Si ces lois sont appliquées, les seules sources d’informations sur un candidat seraient les médias et son équipe de campagne.

La Federal Election Commission (FEC) [Commission électorale fédérale] a récemment rejeté une proposition demandant d’exempter les livres, les films et les vidéos en continu de ces réglementations sur le langage. Une majorité des membres de la FEC sont donc d’avis que le pouvoir leur revient, par exemple, d’interdire la biographie d’Edward Snowden par Oliver Stone puisque celle-ci a été publiée deux mois avant l’élection présidentielle et qu’elle contient des extraits de médias, dans lesquels Hillary Clinton et Donald Trump s’expriment sur Snowden.

La menace la plus récente, et potentiellement la plus dangereuse, au « First Amendment » [Premier amendement à la Constitution des États-Unis interdisant au Congrès d’adopter des lois limitant les libertés d’expression, de religion, de la presse, et de réunion, NDLR] est la guerre contre les « fake news » [nouvelles fausses, truquées ou falsifiées, NDT]. Ceux qui mènent cette guerre utilisent en prétexte quelques « canulars » sur Internet pour justifier davantage de réglementations gouvernementales – et même de la censure pure et simple – de certains sites Internet. Certains sites populaires, tel Facebook, n’attendent même pas que le gouvernement les force à réprimer les « fausses nouvelles » pour réagir.

Ceux qui demandent l’interdiction de « fausses nouvelles » veulent non seulement censurer les canulars facilement réfutables mais aussi employer des « gardiens/gatekeepers » (pour utiliser le terme fameux d’Hillary Clinton) commandités par le gouvernement, ayant le pouvoir de censurer n’importe quelle information ou opinion déplaisant à l’establishment politique. Pourtant, aucun opposant aux « fausses nouvelles » n’a jusqu’à présent exprimé son inquiétude quant aux fausses nouvelles qui ont aidé à déclencher la guerre en Irak. Ces fausses nouvelles sont à l’origine de la déstabilisation du Moyen-Orient, de la montée en puissance de Daech et de plusieurs millions de morts.

La guerre contre les « fausses nouvelles » a pris un tournant inquiétant en qualifiant les sites et sources d’information alternatifs de colporteurs de propagande russe. Les cibles principales sont les critiques de la politique étrangère interventionniste américaine, les partisans de l’étalon-or, les critiques de la dette d’État mirobolante et même ceux qui se battent pour mettre fin à la militarisation de la police. Tous sont qualifiés d’agents russes anti-américains.

La semaine dernière, le Congrès a adopté une loi mettant en place un comité spécial composé d’importantes agences gouvernementales, chargé de contrer les interférences étrangères dans le processus des élections américaines. Certains ont appelé à une enquête menée par le Congrès sur une éventuelle intrusion russe dans les élections. Il est évident que le but de ces manœuvres est de faire taire et de discréditer ceux qui remettent en question la propagande gouvernementale pro-État-providence/pro-guerre véhiculée par les grands médias alignés.

Les efforts d’interdire les « fausses nouvelles », de qualifier d’agents russes les opposants à la guerre et à la Réserve fédérale ainsi que d’autres mouvements pour la liberté et de vouloir interdire le débat sur le passé (ou le dossier) d’un candidat politique avant une élection à des organisations indépendantes, font partie de la guerre contre le Premier amendement. Tous les Américains, peu importe leur obédience politique, ont un intérêt à combattre ces tentatives de restreindre la liberté d’expression.

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La fabrication de la normalité

Publié le par Felli Bernard

La fabrication de la normalité


Par C.J. Hopkins – Le 15 decembre 2016 – Source Counterpunch

Vers la mi-novembre, à la suite de la défaite d’Hillary Clinton (c’est-à-dire au début de la fin de la démocratie), les auto-proclamés Gardiens de la Réalité, mieux connus sous le nom de médias tenus par le monde des affaires, ont lancé une campagne mondiale de marketing contre le maléfique et perfide fléau des « fausses nouvelles ». Cette campagne a maintenant atteint le stade de l’hystérie. Les médias de l’ensemble de l’Empire diffusent quotidiennement des avertissements terrifiants sur la menace imminente et existentielle contre nos libertés, la menace des « fausses nouvelles ». Cela ne concerne pas seulement la diffusion de désinformation, de propagande, etc., qui dure depuis des milliers d’années… La Vérité elle-même est attaquée. Les bases mêmes de la Réalité tremblent.

 

Qui est derrière cette menace de « fausses nouvelles » ? Eh bien Poutine naturellement, mais pas seulement Poutine. Cela semble être le travail d’une vaste conspiration de types anti-establishment virulents, d’extrémistes de droite, d’extrémistes de gauche, de retraités libertaires, de socialistes en fauteuil, de Sandernistes, de Corbynistes, de terroristes ontologiques, d’apologistes du fascisme, de zonards mal éduqués anti-globalistes, et de toute une variété de gens haïssant Clinton.

Heureusement pour nous, les médias d’entreprise sont à fond sur la piste de cette bande de scélérats. Comme vous le savez sans doute, le Washington Post a publié récemment un sensationnel article de journalisme d’investigation, de qualité Pulitzer, qui diffame sans vergogne des centaines de publications alternatives (comme celle que vous lisez) en les traitant de « camelots de la propagande russe ». L’article,  un classique travail de diffamation de style McCarthyste, écrit par Craig Timberg, est basé sur les affirmations sans fondement et paranoïaques faites par ceux que Timberg qualifie, sans ironie, de « deux équipes de chercheurs indépendants », The Foreign Policy Research Institute, un groupe de réflexion anti-communiste de bas niveau, et un site anonyme, Propornot.com, dont personne n’avait jamais entendu parler avant son apparition soudaine sur Internet en août dernier, et qui, basé sur le contenu de ses tweets et courriels, semble être géré par Beavis et Butthead.

Le Washington Post s’est ramassé quelques boulets rouges pour avoir pris cette courageuse position « pro-Vérité » contre les forces poutinistes de l’embrouille et de la désinformation. Une foule de publications dangereusement extrémistes, comme CounterPunch, The Intercept, Rolling Stone, The Nation, The New Yorker, Fortune Magazine, Bloomberg et US News & World Report, ont fustigé le Washington Post pour ses pratiques journalistiques « bâclées », « douteuses » ou de bas niveau. Le Post soutient naturellement son bébé et refuse de s’excuser pour avoir défendu la démocratie, comme il l’a fait tout au long de son histoire, quand il a dénigré Gary Webb en représailles pour avoir révélé la connexion CIA-Contra, détruisant plus ou moins sa carrière de journaliste, ou quand il a ouvertement soutenu Hillary Clinton tout au long de sa terrible campagne, publiant notamment seize articles négatifs sur Sanders en seize heures, ou quand il a publié cet article sur la façon dont Clinton pourrait avoir été empoisonnée par des agents secrets de Poutine… et ce ne sont là que quelques-uns des articles les plus en vue.

Mais je ne veux pas m’obnubiler sur le Washington Post, ou son rédacteur en chef, Marty Baron, qui est clairement un parangon de l’éthique journalistique. Le reste des médias d’entreprise ont également impitoyablement fouetté la mayonnaise des « fausses nouvelles », l’hystérie de la « propagande de Poutine » et de la « normalisation du fascisme », battant comme des fous le tambour de la période « post-Vérité ». The Guardian, le New York Times, et les autres, la radio publique, les réseaux d’information en boucle, le chœur des médias aboient le message dans une parfaite synchronisation. Alors que se passe-t-il vraiment ?

Comme je l’ai suggéré auparavant, ce que nous vivons est la pathologisation (ou « l’anormalisation ») de la dissidence politique, c’est-à-dire la stigmatisation systématique de toutes les formes de non-respect du consensus néolibéral. Des distinctions politiques comme « gauche » et « droite » disparaissent et sont remplacées par des distinctions impondérables comme « normales » et « anormales », « vraies » et « fausses », « réelles » et « inventées ». De telles distinctions ne se prêtent pas à l’argumentation. Elles nous sont offertes comme des vérités axiomatiques, des faits empiriques qu’aucune personne normale ne songerait à contredire.

Au lieu de philosophies politiques concurrentes, l’intelligentsia néolibérale offre à la place un choix simple, « normal » ou « anormal ». La nature de « l’anormal » varie selon ce qui est stigmatisé. Aujourd’hui, c’est « Corbyn l’antisémite », demain, ce sera « Sanders, le sale raciste », ou « Trump le Manchurian candidate », ou n’importe quoi d’autre. Que la diffamation elle-même soit in-discriminée (et, dans bien des cas, totalement ridicule) favorise l’efficacité d’une stratégie a grande échelle, qui est tout simplement d’« anormaliser » la cible et ce qu’elle représente. Cela ne fait aucune différence que l’on soit traité de raciste, comme Sanders l’a été pendant les primaires, ou d’antisémite, comme Corbyn l’a été, ou de fasciste, comme Trump l’a sans cesse été, ou de marchands de propagande russe, comme Truthout, CounterPunch, Naked Capitalism, et un certain nombre d’autres publications l’ont été… Le message est qu’ils sont en quelque sorte « pas normaux ».

Pourquoi est-ce différent de l’emploi éhonté, par la presse, de la diffamation qu’elle pratique depuis son invention ? Bien, patientez, parce que je vais vous le dire. C’est surtout une question de mots, en particulier d’oppositions binaires comme « réel » et « faux », « normal » et « anormal », qui sont, bien sûr, essentiellement sans signification… leur valeur étant purement tactique. C’est-à-dire qu’ils ne signifient rien. Ce sont des armes déployées par un groupe dominant pour faire respecter la réalité de consensus. Voilà comment ils sont utilisés pour le moment.

Les oppositions binaires sans signification que l’intelligentsia néolibérale et les médias corporatifs utilisent pour supplanter les philosophies politiques traditionnellement opposées − en plus de stigmatiser une diversité de sources d’information et d’idées non conformes − restructurent aussi notre réalité de consensus comme un territoire conceptuel dans lequel toute personne pensant, écrivant ou parlant en dehors du courant dominant est considérée comme une sorte de « déviant », ou d’« extrémiste », ou toute autre forme de paria social. Encore une fois, peu importe la déviance, puisque c’est l’utilisation du mot « déviance » qui est important.

En fait, c’est le contraire de la déviance qui est important. Parce que c’est ainsi que la « normalité » est fabriquée. Et c’est ainsi que la réalité de consensus dans son ensemble est fabriquée… et c’est ainsi que le processus de fabrication est caché. Excusez moi de vous la jouer à la Baudrillard, mais c’est comme cela que ce truc fonctionne.

L’obsession actuelle des médias à l’égard des « fausses nouvelles » cache le fait qu’il n’y a pas de « vraie nouvelle » et produit simultanément « de vraies nouvelles », ou plutôt leur apparence. Cela se fait au moyen de l’opposition binaire (c’est-à-dire, si des « fausses nouvelles » existent… alors, ipso facto, les « vraies nouvelles » existent). De même, l’accent mis sur « ne pas normaliser Trump » cache le fait qu’il n’y a pas de « normalité », et fabrique simultanément une « normalité »… qui n’en est une qu’en apparence.

De même, la stigmatisation de Trump en tant qu’Hitler moderne, ou Mussolini, ou tout autre type de dictateur fasciste, cache le fait que les États-Unis sont déjà virtuellement un système de parti unique, avec la propriété concentrée et le contrôle des médias, une force de police militarisée omniprésente, une application arbitraire de l’État de droit, le maintien d’un état de guerre plus ou moins permanent et bien d’autres caractéristiques standards des systèmes autoritaires de gouvernement. En même temps, cette projection du « fascisme » évoque, ou fabrique, son contraire, « la démocratie »… ou une parodie de démocratie.

Cette parodie néolibérale de démocratie, de normalité et de réalité, c’est ce que les médias d’entreprise, et toute l’intelligentsia néolibérale, cherchent désespérément à consolider en ce moment, car ils ont pris un grand coup avec ce désordre électoral. Trump n’était pas censé gagner. Il était censé être un autre homme de paille hitlérien dont les néolibéraux pouvaient nous sauver tous, mais alors, eh bien regardez ce qui s’est passé. Le problème pour les classes dirigeantes néolibérales, les grands médias, et les libéraux en général, ayant tout misé sur l’image Trump/Hitler, c’est qu’ils sont plutôt obligé de continuer maintenant, ce qui va devenir de plus en plus bizarre lorsque Trump se révélera ne pas être Hitler mais seulement un autre ploutocrate républicain, quoique n’ayant aucune expérience du gouvernement et secondé par quelques vilains petits canards certifiés. Je suis sûr que Trump voudra les aider, (ses « ennemis » néolibéraux), avec quelques tweets racistes ou misogynes à l’occasion, puisqu’il aura besoin de conserver son créneau « classe ouvrière blanche », au moins jusqu’à ce qu’il lance sa « Guerre contre l’islam ».

Quoi qu’il en soit, nous pouvons tous nous attendre à une pathologisation sérieuse de la dissidence au cours des quatre prochaines années (voire des huit). Et je ne me réfère pas à Trump et ses vilains garçons, même si je suis certain qu’ils ne seront pas en retard sur ce point. Je me réfère à nos amis dans les médias d’entreprise, comme Marty Baron et sa machine à diffamer, et les Gardiens de la Réalité du New York Times, du Guardian, et d’autres « journaux de bienséance ». WNYC diffuse déjà une émission « descente vers le fascisme » quotidienne. Et bien sûr, la gauche néolibérale, Mother Jones, The Nation, et même The New York Review of Books, etc. (ils n’arrivent tout simplement plus à s’arrêter sur cette histoire d’Hitler), surveilleront chaque pensées pour s’assurer que le fascisme ne se normalise pas… Ce qui, Dieu merci, ne devrait jamais arriver. Qui sait comment l’Amérique pourrait finir ? À torturer des gens? À attaquer d’autres pays qui ne posent aucune menace que ce soit ? À emprisonner indéfiniment des personnes dans des camps ? À assassiner quiconque considéré par le président comme un « terroriste » ou un « combattant ennemi » avec l’approbation tacite de la majorité des Américains ? À surveiller les appels téléphoniques de tout le monde, les courriels, les tweets et les habitudes de lecture et de navigation sur le Web ?

Imaginez l’illusion dans laquelle nous vivrions tous… si des choses comme ça étaient considérées comme « normales ».

J. Hopkins

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Cette Gauche qui sert de supplétif à l’OTAN, par Bruno Guigue

Publié le par Felli Bernard

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 Rassemblement anti-Assad – Place de la République, Paris, 5 Septembre 2015*. DR

Rassemblement anti-Assad – Place de la République, Paris, 5 Septembre 2015*. DR

A de rares exceptions près (Jean-Luc Mélenchon, le PRCF), le moins qu’on puisse dire est que la gauche française pratique le déni de réalité sur la Syrie. Depuis 2011, c’est impressionnant. Elle a tout avalé. Avec gourmandise. Un véritable festin de couleuvres ! Elle s’est d’abord fiée à des sources douteuses (OSDH) dont elle a répété en boucle les chiffres invérifiables et les affirmations gratuites. Bonne fille, elle a accrédité la narration ridicule du boucher-de-Damas-qui-massacre-son-peuple. Elle a gobé cul sec le false-flag de l’attaque chimique comme si elle ingurgitait une vulgaire fiole onusienne de M. Powell. Elle est tombée, enfin, dans le panneau d’une propagande humanitaire à deux vitesses qui fait le tri, sans vergogne, entre les bonnes et les mauvaises victimes.

Cet aveuglement stupéfiant, la gauche française le doit d’abord à son indécrottable posture morale. Une grille de lecture manichéenne a anesthésié son esprit critique, elle l’a coupée du monde réel. Voulant absolument identifier des bons (rebelles) et des méchants (Assad), elle s’interdit de comprendre un processus qui se déroule ailleurs que dans le ciel des idées. Quand on désigne les protagonistes d’une situation historique en utilisant des catégories comme le bien et le mal, on donne congé à toute rationalité. « Ni rire, ni pleurer, mais comprendre », disait justement Spinoza. On peut certes avoir des préférences, mais lorsque ces préférences inhibent la pensée critique, ce ne sont plus des préférences, ce sont des inhibitions mentales.

La deuxième raison de cet aveuglement tient à un déficit abyssal d’analyse politique. La gauche française n’a pas voulu voir que le rapport de forces, en Syrie, n’était pas celui qu’elle espérait. Elle a reconstruit le récit des événements à sa guise pour donner corps à son fantasme d’une révolution arabe universelle qui balaierait le « régime de Damas » comme elle avait balayé les autres, en méconnaissant ce qui faisait précisément la singularité de la situation syrienne. Ceux qui se vantent de connaître leurs classiques auraient dû appliquer la formule par laquelle Lénine définissait le marxisme : « l’analyse concrète d’une situation concrète ». Au lieu de se plier à cet exercice d’humilité devant le réel, l’extrême-gauche, notamment, a cru voir ce qu’elle avait envie de voir.

Paris le 5 septembre 2015, les manifestants anti-Assad arborent le drapeau portant trois étoiles, emblème des groupes armés *(Photo FB)

Paris le 5 septembre 2015, les manifestants anti-Assad arborent le drapeau portant trois étoiles, emblème des groupes armés *(Photo FB)

Abusée par sa propre rhétorique, elle misait sur une vague révolutionnaire emportant tout sur son passage, comme en Tunisie et en Egypte. Mauvaise pioche ! Privée de toute base sociale consistante dans le pays, la glorieuse « révolution syrienne » n’était pas au rendez-vous. Véritable farce sanglante, une contre-révolution menée par des desperados accourus de 110 pays a pris sa place. La nature ayant horreur du vide, cette invasion du berceau de la civilisation par des hordes de mercenaires décérébrés a tenu lieu, dans l’imaginaire gauchiste, de révolution prolétarienne. Le NPA ne s’est pas aperçu de l’énormité de cette confusion. Il n’a pas vu que les rassemblements populaires les plus imposants, en 2011, étaient en faveur de Bachar Al-Assad. Il a écarté d’un revers de la main la position du parti communiste syrien qui, tout en critiquant le gouvernement, se range à ses côtés pour défendre la nation syrienne contre ses agresseurs.

Poussant le déni de réalité jusqu’aux frontières de l’absurde, le NPA, au lendemain de la libération d’Alep, se déclare encore solidaire de la « révolution syrienne ». Mais le secrétaire général du parti communiste syrien, Ammar Bagdash, lui avait répondu par anticipation en septembre 2013 : « En Syrie, à la différence de l’Irak et de la Libye, il y a toujours eu une forte alliance nationale. Les communistes travaillent avec le gouvernement depuis 1966, sans interruption. La Syrie n’aurait pas pu résister en comptant seulement sur l’armée. Elle a résisté parce qu’elle a pu compter sur une base populaire. En outre, elle a pu compter sur l’alliance avec l’Iran, la Chine, la Russie. Et si la Syrie reste debout, des trônes vont tomber parce qu’il deviendra clair qu’il existe d’autres voies ».

Désolé pour M. Julien Salingue et ses petits camarades, mais s’il faut analyser la situation syrienne, un communiste syrien qui contribue à la défense de son pays vaudra toujours mieux qu’un gauchiste français qui fantasme sur la révolution en buvant des demis au Quartier Latin. Incapable de comprendre ce qui se passait sur place, l’extrême-gauche française est victime du théâtre d’ombres qu’elle a elle-même dressé. Faute d’entendre ce que lui disaient les marxistes du cru, elle a joué à la révolution par procuration sans voir que cette révolution n’existait que dans ses rêves. Mais il est difficile d’admettre en 2016 qu’on s’est complètement fourvoyé depuis 2011.

Une fois de plus, écoutons Ammar Bagdash : « Ils ont commencé par des manifestations populaires dans les régions rurales de Daraa et d’Idleb. Mais dans les villes, il y eut immédiatement de grandes manifestations populaires de soutien à Assad. Par ailleurs, au début, la police ne tirait pas, ce sont certains éléments parmi les manifestants qui ont commencé les actions violentes. Dans les sept premiers mois, il y eut plus de morts du côté de la police et de l’armée que dans l’autre camp. Quand la méthode des manifestations ne marchait plus, ils sont passés au terrorisme avec des assassinats ciblés de personnes en vue (dirigeants, hauts fonctionnaires, journalistes), attentats et sabotages d’infrastructures civiles. Le gouvernement a réagi en adoptant certaines réformes comme celle sur le multi-partisme et sur la liberté de la presse, réformes que nous avons soutenu. Mais les forces réactionnaires ont rejeté ces réformes. »

Cette insurrection armée conduite par des groupes extrémistes, les communistes syriens l’ont parfaitement analysée, mais la gauche française l’a ignorée. Elle a fait comme si elle n’existait pas, comme si elle était une invention de la propagande baassiste. Comment l’admettre, en effet ? Que les gentils révolutionnaires soient passés à l’action violente dès le printemps 2011 contredisait la narration dominante ! Il fallait, pour les besoins de la cause, préserver le mythe d’une opposition démocratique et non-violente. Le récit des événements fut purgé, en conséquence, de ce qui pouvait en altérer la pureté imaginaire. La violence des allumés du wahhabisme fut masquée par un déluge de propagande. Preuve factuelle d’un terrorisme qui était le vrai visage de cette révolution-bidon, ce déchaînement de haine fut effacé des écrans-radar.

De même, cette « gauche » bien-pensante a hypocritement détourné le regard lorsque les feux de la guerre civile furent attisés par une avalanche de dollars en provenance des pétromonarchies. Pire encore, elle a fermé les yeux sur la perversité de puissances occidentales qui ont misé sur l’aggravation du conflit en encourageant la militarisation de l’opposition, tandis qu’une presse aux ordres prophétisait avec délices la chute imminente du « régime syrien ». Sans vergogne, cette gauche qui se dit progressiste s’est laissée enrôler par les gouvernements d’un Occident à l’impérialisme rapace. Elle a calqué sa lecture partiale du conflit sur l’agenda otanien du « changement de régime » exigé par les néo-cons depuis 2005. Comme l’a écrit Hillary Clinton, Washington voulait renverser Assad pour aider Israël dans son affrontement avec l’Iran ! Mais cette circonstance ne semble pas troubler les pro-Palestiniens du NPA.

L’histoire ne fait pas de cadeaux. Elle retiendra que la gauche française a servi de supplétif à l’OTAN dans cette entreprise avortée de destruction d’un Etat souverain sous le prétexte fallacieux des droits de l’homme. Cette imposture de gauche, bien sûr, n’exonère pas la droite française de ses propres responsabilités, tout aussi écrasantes et criminelles sous Nicolas Sarkozy, dans l’aveuglement volontaire au drame syrien. Mais le moins qu’on puisse dire est qu’il y a une imposture de gauche, sur la Syrie, qui aura fait des dégâts considérables. Courage, M. Mélenchon, vous avez du pain sur la planche !

Bruno Guigue | 27 décembre 2016

Bruno Guigue, est un ex-haut fonctionnaire, analyste politique et chargé de cours à l’Université de la Réunion. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, L’invisible remords de l’Occident, L’Harmattan, 2002, et de centaines d’articles.

*Parmi les organisateurs de ce rassemblement  il y avait Amnesty International, le NPA, SOS racisme, l’Unef, Solidaires Etudiants, et plusieurs associations. 

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Le New-York-Times pleurniche… À déguster avec recul et modération

Publié le par Felli Bernard

Le New-York-Times pleurniche… À déguster avec recul et modération


Les conservateurs US – pro Trump – retournent l’accusation de « fausses nouvelles » contre ceux qui l’ont employée


Par  Jeremy W.Peters – Le 25 décembre 2016 – Source New York Times

La CIA, le FBI et la Maison Blanche peuvent bien tous convenir que la Russie était derrière le piratage qui a interféré avec l’élection. Mais cela n’a pas d’importance pour le site Breitbart News, qui a rejeté les rapports des Services de renseignement comme des « fausses nouvelles de gauche ».

Rush Limbaugh a diagnostiqué un problème plus fondamental. « Les fausses nouvelles sont les nouvelles quotidiennes » dans les médias traditionnels, a-t-il dit dans son émission de radio récemment : « Ils ont juste inventé. »

Certains partisans du président élu Donald J. Trump ont également pris la parole. Alors que les journalistes sortaient d’un rassemblement de Trump ce mois-ci à Orlando, en Floride, un homme les a chahutés aux cris de « fausses nouvelles ! ».

Jusqu’à présent, ce terme avait été largement compris comme une référence à des rumeurs fabriquées qui sont censées se propager de manière virale sur internet. Mais les personnalités conservatrices du câble et de la radio, les Républicains de haut niveau, et M. Trump lui-même, incrédules à l’idée que des histoires fausses aient pu aider à faire basculer l’élection en sa faveur, se sont appropriés le terme et l’ont retourné contre toutes les nouvelles qu’ils considèrent hostiles à leur ordre du jour.

En définissant les fausses nouvelles de manière aussi large et en cherchant à en diluer le sens, ils capitalisent sur la perte croissante de crédibilité de tous les fournisseurs d’informations, un produit de la polarisation politique croissante du pays. Et les conservateurs, voyant une ouverture pour saper les médias traditionnels – un ennemi de longue date – sont plus qu’heureux de creuser le trou plus profondément.

« Au fil des ans, nous avons effectivement lavé le cerveau de notre auditoire pour qu’il se méfie de tout ce avec quoi il n’est pas d’accord. Et maintenant, nous sommes allés trop loin », a déclaré John Ziegler, un animateur radio conservateur, qui a critiqué ce qu’il considère comme une partisanerie excessive des experts. « Parce que les gardiens [de l’expertise] ont perdu toute crédibilité dans l’esprit des consommateurs, je ne vois pas comment vous allez l’inverser. »

Les journalistes qui travaillent pour séparer le fait de la fiction voient un dangereux amalgame d’histoires qui se révèlent fausses à cause d’un malentendu légitime avec ceux dont l’intention claire est de tromper. Un rapport, partagé plus d’un million de fois sur les médias sociaux, disant que le pape soutenait M. Trump, était incontestablement un faux. Mais était-ce une « fausse nouvelle » de diffuser des sondages qui montraient Hillary Clinton avec des chances énormes de gagner la présidence ? Les articles d’opinion sont-ils faux s’ils cherchent des faits pour en tirer des conclusions discutables ?

« Les ‘fausses nouvelles’ était un terme spécifique concernant des histoires fabriquées à dessein par des gens pour les clics de souris et le profit », a déclaré David Mikkelson, le fondateur de Snopes, le site qui débusque les mythes. « Maintenant, ce terme recouvre les mauvais reportages, le journalisme biaisé et la propagande pure et simple. Et je pense que nous rendons un mauvais service en regroupant toutes ces choses ensemble. »

L’étiquetage des fausses nouvelles par la droite évoque l’un des efforts les plus fructueux des conservateurs pour réorienter la façon dont les Américains pensent l’objectivité des médias : c’est le comportement de Fox News qui présente sa couverture conservatrice biaisée comme « juste et équilibrée ».

Traditionnellement, les médias grand public avaient pensé leur propre approche en ces termes, en proposant leur couverture comme strictement neutre. Les Républicains ont souvent trouvé cela ridicule.

À l’instar de la promotion omniprésente, par Fox News, de son slogan, l’appropriation par les conservateurs de l’étiquette fausse nouvelle est un effort pour éroder davantage la revendication des médias traditionnels qui se présentent comme une source fiable et précise.

« Ce qui est si inquiétant, à mon avis, au sujet des plaintes que l’on entend maintenant concernant les fausses nouvelles est que le public est déjà, en quelque sorte, imprégné de l’idée que le journalisme n’a pas de crédibilité ni de légitimité », a déclaré Angelo Carusone, le président de Media Matters, Médias d’information. « En conséquence, en appliquant l’expression fausse nouvelle à des informations crédibles, l’accusation devient encore plus crédible. »

Les médias conservateurs sont maintenant enragés à condamner les fausses nouvelles. Lorsque M. Trump a choisi comme secrétaire au Travail, Andrew F. Puzder, la presse a mis en évidence l’opposition de ce dernier à l’augmentation du salaire minimum. Erick Erickson, écrivain et animateur de radio, a alors écrit que M. Puzder aurait mérité davantage de crédit pour avoir remarqué que l’accroissement du salaire minimum entraînait un chômage plus élevé. « Dire les choses autrement, c’est encourager les fausses nouvelles », écrivait-il. (On a effectivement constaté que les effets peuvent varier d’une ville à l’autre.)

Infowars, le site web dirigé par le provocateur conservateur, et théoricien de la conspiration, Alex Jones, a étiqueté comme fausse nouvelle un reportage de CNN disant que Ivanka Trump serait installée dans le bureau de la Maison Blanche normalement réservé à la première dame.

M. Trump a utilisé la situation pour nier les informations, comme il l’a fait sur Twitter récemment, après que diverses sources ont déclaré qu’il resterait producteur exécutif de The New Celebrity Apprentice après avoir pris ses fonctions en janvier. « Ridicule & faux – FAUSSE NOUVELLE ! », tweete-t-il. (Il sera accrédité en tant que producteur exécutif, a dit Mark Burnett, porte-parole du créateur du spectacle. Mais on ne sait pas encore quel travail il fera sur le spectacle, ni s’il y travaillera.)

Beaucoup de conservateurs repoussent avec indignation les accusations de fausses nouvelles [qui auraient soi-disant permis de battre Hillary] parce qu’ils pensent que les progressistes – peu disposés à accepter la victoire de M. Trump – attribuent son triomphe à des facteurs externes néfastes.

« La gauche refuse d’admettre que le problème fondamental n’est pas les Russes, ni Jim Comey, ni les fausses nouvelles, ni le Collège électoral, a déclaré Laura Ingraham, l’auteure et animatrice radio. Les fausses nouvelles ne sont qu’une autre mauvaise excuse pour leur défaite. »

D’autres y voient une intensification de l’effort pour mettre en doute la fonction journalistique de base qui est la vérification des faits. Les sites non partisans comme Snopes et Factcheck.org se sont vus calomniés quand ils ont réfuté des histoires qui arrangeaient les conservateurs.

Quand Snopes a écrit au sujet d’un agent d’assurance de State Farm en Louisiane qui avait affiché un placard, à l’extérieur de son bureau, comparant les contribuables qui ont voté pour le Président Obama à des poulets soutenant le Colonel Sanders [Fondateur du fast-food KFC], M. Mikkelson, le fondateur du site Snopes, a été attaqué comme étant un partisan démocrate qui n’avait jamais pris la peine de contacter l’agent pour avoir un commentaire. Rien n’est vrai.

« Ils essaient de faire mousser tout ce qu’ils peuvent trouver ici et là pour discréditer la vérification des faits », a-t-il déclaré.

Certains conservateurs hautement partisans ont déjà fait des efforts pour affirmer que leur travail de vérification des faits est le même que celui des indépendants comme Snopes, qui dispose d’équipes d’investigation pour fouiller dans les revendications apparemment douteuses.

Sean Hannity, l’hôte de Fox News, a diffusé des éléments de « vérification des faits » dans son émission. Michelle Malkin, la chroniqueuse conservatrice, a un site Web, « Michelle Malkin enquête », dans lequel elle conduit ses propres enquêtes.

Le marché, dans ces temps divisés, est indéniable mûr. « Nous vivons maintenant dans un monde médiatique fragmenté où vous pouvez bloquer les personnes avec lesquelles vous n’êtes pas d’accord. Vous n’êtes exposé qu’à des histoires qui vous font plaisir, et que vous voulez croire », a déclaré M. Ziegler, l’animateur radio. « Malheureusement, la vérité est largement impopulaire. Et, à chaque fois, un bon conte de fées l’emporte sur une vérité difficile. »

Par Jeremy W.Peters

Traduit et édité par jj, relu par Catherine pour le Saker Francophone

Note du Saker Francophone

Nous vous encourageons fortement à consulter les analyses de l'excellent dedefensa.org sur le même sujet :

Dans le tourbillon des “Fake-News”

Fake Réflexions

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La Bundesbank rapatrie son or de New York et Paris « plus tôt que prévu »

Publié le par Felli Bernard

 

La Bundesbank rapatrie son or de New York et Paris « plus tôt que prévu »

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« En janvier 2016, trois ans après avoir débuté le transfert d’une partie de son or détenu à l’étranger dans les coffres de la Banque de France, à Paris, et de la Fed à New York, la Bundesbank a annoncé qu’elle avait rapatrié un total de 366,3 tonnes, portant le total des réserves d’or détenues à Francfort à 1 402 tonnes, soit 41,5% du total de l’or allemand (3 381 tonnes). Une quantité pour la première fois supérieure à celle entreposée à la Fed de New York qui, en date du 27 janvier 2016, hébergeait 39,9% de l’or officiel de l’Allemagne (1 347 tonnes).

« Avec près de 1.403 tonnes, Francfort est, depuis la fin de l’année passée, devant New York le principal lieu de stockage de nos réserves d’or, » a déclaré Carl-Ludwig Thiele, membre du Conseil d’administration de la Bundesbank. « Le rapatriement se déroule sans problèmes. Par rapport à l’année 2014, nous avons réussi à augmenter encore une fois sensiblement le volume de transport. Tout se déroule selon le calendrier prévu, » a ajouté Thiele, en janvier dernier.

En janvier 2013, la Bundesbank avait annoncé son intention d’entreposer la moitié des réserves d’or allemandes dans ses propres coffres à Francfort d’ici 2020, ce qui nécessitait le rapatriement de 300 tonnes d’or de New York et de tout l’or qui se trouvait à Paris, soit 374 tonnes. En janvier 2016, il restait à rapatrier 111 tonnes de New York et 196,4 tonnes de Paris.

Les raisons « politiquement correctes » du transfert, ainsi que la logistique et la mécanique, furent expliquées dans une vidéo de mars 2015 réalisée par la Bundesbank…

 

Les vraies raisons sont différentes… Suite à la publication de plusieurs rapports semant le doute sur l’état réel du stock d’or, l’équivalent allemand de la Cour des comptes a demandé en octobre 2012 l’établissement d’un audit. Plus précisément, la Cour voulait s’assurer que les quelque 3 400 tonnes d’or, dont plus de 2 000 tonnes étaient détenues à l’étranger, existaient réellement, « parce que l’authenticité et le poids des stocks n’avaient jamais été vérifiés. » Le mouvement de rapatriement s’intensifia suite à des rumeurs selon lesquelles une grande partie de l’or détenu à l’étranger aurait été « ré-hypothéqué », que cet or n’y serait plus, qu’il aurait été refondu, prêté ou vendu.

À cette époque, Carl-Ludwig Thiele déclarait au Handesblatt que ces transferts serviraient à « bâtir la confiance », et il essaya vigoureusement de faire taire les rumeurs. Cela dit, rapatrier l’or conservé dans les banques centrales étrangères est précisément l’opposé d’un « acte de confiance ».

À la fin 2013, la Bundesbank annonça qu’elle n’avait réussi à rapatrier que 37 tonnes sur les 700 prévues au calendrier, ce qui exacerba un peu plus la méfiance de la population locale, qui commençait à croire les rumeurs d’or manquant.

Face à la réaction des médias et du public, la Bundesbank accéléra son programme et rapatria 120 tonnes en 2014 et 210 tonnes en 2015, ce qui laissait entendre que la confiance de la Bundesbank envers les autres banques centrales avait diminué.

Vendredi dernier, après presque un an, le journal allemand Bild a rapporté qu’en 2016, la Bundesbank avait rapatrié plus d’or que prévu, dans le but de détenir la moitié des deuxièmes réserves les plus importantes au monde (après les États-Unis) sur son sol.

« Nous avons ramené beaucoup plus d’or en Allemagne en 2016 que prévu initialement. A l’heure actuelle, près de la moitié des réserves d’or [du pays] sont en Allemagne, » a déclaré le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, au journal allemand ».

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Rappels :

L’or continue de hanter notre système monétaire (J. Rickards)

L’or détenu par les Etats-Unis pourrait avoir disparu (E. von Greyerz)

L’Ukraine admet que son or a disparu : « Il n’y a presque plus d’or dans les coffres de la Banque centrale »

Mario Draghi : « L’or est une réserve de sécurité pour les banques centrales »

 

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 51 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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La CIA et Obama impliqués dans l’assassinat du diplomate russe

Publié le par Felli Bernard

La CIA et Obama impliqués dans l’assassinat du diplomate russe

Un premier rapport du Service de renseignement étranger (SVR) a fourni au Conseil de sécurité (SC) russe, il y quelques heures, concernant l’assassinat de l’ambassadeur Andrey Karlov hier à Ankara, République de Turquie, révèle avec étonnement que l’assassin Mevlut Mert Altintas, était aussi présent près de l’agence de la CIA , située dans le gouvernorat d’Erbil au Kurdistan irakien le 15 juillet (2016), donnant ainsi «une indication plus que forte» qu’il était impliqué dans le coup d’état raté contre le président turcRecep Tayyip Erdoğan [1]. Ce coup d’état était, comme le reconnaissent les Américains [2], dirigé par la CIA (donc par le gouvernement américain) et exécuté par les agents de l’organisation terroriste islamiste de Fethullah Gülen, appelée (FETO).

Selon ce rapport, le président Poutine a autorisé l’envoi en Turquie une équipe de 18 enquêteurs du service de renseignement SVR pour enquêter conjointement avec l’Organisation nationale de renseignement turc (MİT).  Et qu’une des premières « fonctions » qu’ils ont jouée était le suivi du passé électronique des dossiers dutéléphone de l’assassin, avec ceux de sa famille et associés connus.

Le 15 juillet cet assassin a été mis en service avec son régiment de police à Diyarbakır, situé dans la province de Diyarbakır, lorsque le coup d’état dirigé par les États-Unis [2] contre le président Erdoğan a eu lieu. Mais au lieu de déclarer ces faits aux forces de police turques, ce policier est parti congé de 2 jours, accordé« inexplicablement »  par son commandant Kahraman Sezer. Ce dernier sera arrêté après l’échec du coup d’état en raison de ses liens avec l’organisation terroriste FETO de Fethullah Gülensoutenu par la CIA.

Selon ce rapport, le président Poutine a autorisé l’envoi en Turquie une équipe de 18 enquêteurs du service de renseignement SVR pour enquêter conjointement avec l’Organisation nationale de renseignement turc (MİT).  Et qu’une des premières « fonctions » qu’ils ont jouée était le suivi du passé électronique des dossiers dutéléphone de l’assassin, avec ceux de sa famille et associés connus.

Après avoir obtenu ce congé extraordinaire alors que la Turquie était au milieu d’un coup d’État, les experts en renseignement électronique du SVR ont été en mesure de suivre l’utilisation du téléphone de cet assassin le 15 Juillet sur un parcours de 386 kilomètres (240 miles). Ce suivi a montré qu’il a voyagé  de Diyarbakir à Erbil. Après quoi son téléphone a été «silencieux» pendant 7 heures. Puis il a été réactivé dans les premières heures du matin du 16 Juillet, ce qui a permis de le voir revenir à son domicile en ville en Turquie, pour reprendre son boulot.

Les dossiers d’enquête du MİT turc sur les déplacements de cet assassin dans les environs de la base de la CIA à Erbil lors du coup d’État du 15 juillet, montrent qu’il a menti, car il avait déclaré que son voyage au Kurdistan irakien était motivé pour visiter un cousin malade, qui enseignait à l’école « Fethullah Gülen » à Erbil. Pour cette fausse déclaration, il a été suspendu  le 4 octobre de ses fonctions dans la police. Cependant, sans qu’aucune explication ne soit trouvée dans ses dossiers, il a été réintégré le 16 novembre, avec tous les pouvoirs qu’il avait avant sa suspension.

Les enquêteurs SVR dans ce rapport notent en outre que l’école « Fethullah Gülen » à Erbil, visitée par cet assassin le 15 Juillet, a été fermée et vendue par les autorités irakiennes du Kurdistan, après que les agents de sécurité du MİT turcs leur aient fourni les preuves que ces écoles sont liées au coup d’état raté de la  CIAcontre le gouvernement légitimement élu de la Turquie.

De même, le gouvernement turc et ses analystes du MİT ont fourni au régime Obama 85 boîtes de preuves prouvant l’implication de la CIA et de Fethullah Gülen dans le coup d’État du 15 juillet, mais jusqu’à cette heure-ci, le régime Obama refuse toujours de le reconnaître ou de s’expliquer.

Bien que de nombreuses questions relatives à ces deux associations d’assassins (la CIA et l’organisation terroriste FETO de Fethullah Gülen) restent à découvrir, de nouvelles preuves émergentes faisant l’objet d’une enquête par le SVR et le MİT montrent maintenant un lien direct entre ce meurtre et celui, quelques heures plus tard, du diplomate russe Petr Polshikov, qui a été abattu dans sa maison de Moscou.

Ces deux meurtres de diplomates russes ont eu lieu 72 heures après qu’Obama ait menacé la Russie au sujet de la revendication absurde qu’elle s’était ingérée dans des élections présidentielles américaines. Obama avait annoncé que ses représailles contre la Russie « peuvent être explicites et publiées; et d’autres représailles ne le seront peut-être pas ».

Si, effectivement, ces deux assassinats sont fermement liés, la menace du président Poutine disant que « les tueurs vont en supporter amèrement les conséquences » deviendra une sombre réalité pour la CIA et Fethullah Gülen, ainsi qu’un grand malaisepour Obama.

Depuis qu’il est devenu évident qu’Obama et la CIA sont liés à l’assassinat à cet ambassadeur russe, le président élu Donald Trump a compris le message. Dorénavant, il se protège fortement avec ses propres forces privées de mercenaires d’élite aguerris des entreprises de sécurité  KS Global Group LLC, Black Tie Services de protection, ASIT Consulting et XMark LLC. [3].

De plus, il vient d’annoncer qu’il gardera ses protections privées jusqu’à ce qu’il prenne possession du Bureau Ovale, ce qui est une sorte d’outrage envoyé aux services de sécurités officiels, qui, sous Obama-Clinton, ont brillé par leur incompétence et leur corruption. On se rappelle comment JFK a été assassiné par la CIA pour avoir osé la défier, et comment Reagan a été « réduit en légume » par la CIA pour la même raison.

 

Via LCP

 

1 commentaire Publié par le 28 décembre 2016

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Cessez-le-feu en Syrie signé par les jihadistes à l’exception d’al-Qaïda et de Daesh

Publié le par Felli Bernard

Cessez-le-feu en Syrie signé par les jihadistes à l’exception d’al-Qaïda et de Daesh

| Damas (Syrie)
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Réseau Voltaire — Un cessez-le-feu a été conclu en Syrie, a annoncé le président russe Vladimir Poutine, en présence de ses ministres des Affaires étrangères et de la Défense [1]. La Russie et la Turquie s’en sont portées garants. La République islamique d’Iran qui a participé à l’élaboration de l’accord se tient discrètement en réserve.

Trois documents ont été signés par la République arabe syrienne et sept groupes rebelles représentant plus de 60 000 jihadistes :
 1. Faylaq al-Cham (4 000 combattants)
 2. Ahrar al-Cham (16 000 combattants)
 3. Jaysh al-Islam (12 000 combattants)
 4. Suar al-Cham (12 000 combattants)
 5. Jaysh al-Mujahidin (8 000 combattants)
 6. Jaysh Idlib (6 000 combattants)
 7. Jabhat al-Chamiyah (3 000 combattants)

Les trois documents sont :
 Le cessez-le-feu (excluant al-Qaïda et Daesh) sur l’ensemble du territoire à partir de ce soir, jeudi 29 décembre 2016, à minuit heure locale.
 Les mesures visant au respect de la trêve et au déploiement des forces russes.
 Les conditions des négociations de paix qui se tiendront à Astana (Kazakhstan). L’Iran et Égypte seront associés à ces négociations et les États-Unis pourront s’y joindre une fois le président élu Donald Trump investi (c’est-à-dire après le 20 janvier 2017). L’Arabie saoudite, l’Irak, la Jordanie, le Qatar et les Nations unies seront sollicités.

L’accord brise l’unité des jihadistes en deux groupes : d’un côté ceux qui poursuivent les objectifs de l’Otan et qui ont refusé de le signer, de l’autre ceux qui ont accepté de baisser les armes.

En parrainant cet accord avec la République islamique d’Iran, la Turquie —membre de l’Otan— a renoncé à son ambition de devenir le leader du monde sunnite et s’est éloignée des États-Unis.

La Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution a annoncé qu’elle soutenait cet accord.

Au début du mois, le Qatar s’est retiré de la guerre contre la Syrie. Il est entré au capital de Rosneft, la plus grande société au monde, et a lié sa politique énergétique à celle de la Russie.

Cet accord est en discussion depuis deux mois. Les parties qui s’y opposent —particulièrement Israël et le Royaume-Uni— ont tenté de le faire échouer en assassinant l’ambassadeur de Russie à Ankara, puis en bombardant les 28 et 29 décembre l’ambassade de Russie à Damas.

Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ne participent pas à ce cessez-le-feu. Washington a été accusé par le président Erdoğan de continuer à soutenir Al-Qaïda et Daesh, ce que l’ambassade US à Ankara a démenti. Cependant, le président sortant Barack Obama a signé, le 23 décembre, la loi fiscale de Défense autorisant la livraison d’armes à l’« opposition » (sic) en Syrie.

L’Arabie saoudite, qui n’a pas commenté l’accord, a annoncé venir en aide aux réfugiés syriens. Le royaume devrait distribuer de l’aide humanitaire, exclusivement à partir des mosquées qu’elle a installées dans les camps de réfugiés.

Le président Poutine a donné ordre à son ministre de la Défense de réduire la présence militaire russe en Syrie. Cependant, la Russie poursuivra son action contre le terrorisme (al-Qaïda et Daesh).

La guerre contre la Syrie a coûté la vie à au moins 300 000 Syriens. Elle a été planifiée par les États-Unis et leurs partenaires de l’Otan, et financée par les monarchies du Golfe.

Réseau Voltaire

Voltaire, édition internationale

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