Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #opinion tag

MESSAGE DE NICOLAS DUPONT - AIGNAN

Publié le par Felli Bernard


MESSAGE DE NICOLAS DUPONT - AIGNAN
 
 
Chers amis, chers compagnons,

Les circonstances exceptionnelles dans laquelle la France se trouve me conduisent à m'adresser directement à vous. Tant d'années passées ensemble, tant d'efforts communs, tant de sacrifices au service de notre pays. Nous avons toujours eu des relations de confiance aussi me dois-je de vous faire part, après la réunion de deux conseils nationaux (lundi et aujourd'hui) de mon choix pour le second tour de l'élection présidentielle.

1,7 millions de Français m'ont accordé leur confiance, Debout la France est désormais solidement implanté au cœur du paysage politique français. Ce score nous confère d'immenses responsabilités.

Je refuse de laisser la France à Emmanuel Macron, je refuse cette mondialisation débridée que nous promettent ceux qui ont saccagé la France, je refuse de voir notre « cher et vieux pays » soumis à des technocrates et des financiers bruxellois non élus. Je refuse de cautionner la politique menée depuis vingt ans que le candidat Macron veut amplifier au risque de briser définitivement notre pacte social.

La France est en danger de mort, menacée dans son essence, ses valeurs.

Opposé radicalement aux idées de M. Macron, je supporte difficilement la collusion d'intérêts particuliers qui a saboté la campagne présidentielle au profit d'un seul candidat, celui d'une oligarchie qui se moque du peuple. Je trouve indécente la rapidité avec laquelle de nombreux élus des Républicains et du centre se précipitent pour soutenir celui qu'ils combattaient hier.

Notre engagement gaulliste et républicain nous oblige à sauver notre patrie en danger.
Par confort personnel, j'aurais pu choisir une position intermédiaire : le vote blanc ou l'abstention mais j'estime que cela ne serait pas digne de se dérober ainsi.

J'ai décidé de m'opposer par tous les moyens à Emmanuel Macron et donc de soutenir Marine Le Pen pour le deuxième tour de cette élection présidentielle.

Cet appui n'est pas un chèque en blanc car j'ai négocié un vrai partenariat qui garantit l'indépendance totale de notre mouvement. Nous présenterons d'ailleurs des candidats partout, y compris face à des candidats Front National, aux législatives pour perpétuer notre mouvement et garder notre liberté.

Nous avons aussi conclu un accord de gouvernement qui s'inspire de mon projet présidentiel et permet de surcroît d'éclaircir et d'infléchir le programme de Marine Le Pen, respectant ainsi les fondamentaux du gaullisme social qui est notre colonne vertébrale. Le détail vous sera communiqué demain à l'issue d'une conférence de presse.

Je sais combien ce geste politique peut vous surprendre, même pour certains vous ébranler. J'y ai réfléchi plusieurs jours et plusieurs nuits. J'ai entendu pendant près de 10 heures les membres du Conseil national, j'ai écouté chaque intervention avec la plus grande attention.

Les polémiques ne vont pas manquer, les caricatures aussi. Mais l'Histoire n'attend pas et il faut savoir dépasser sa personne comme son appartenance partisane pour pouvoir sauver son pays.

Vous connaissez mon caractère, je serai le gardien vigilant de notre patriotisme humaniste et je vous dirai toujours la vérité sur le fonctionnement de cette alliance.

Je n'ai jamais trahi mes idéaux et ne les trahirai jamais. Quand le destin de la France est en jeu, il est du devoir de chacun de prendre ses responsabilités.

Je sais pouvoir compter sur votre abnégation, votre courage et votre amour de la France.

Nicolas Dupont Aignan
 
Président de Debout la France

Voir les commentaires

Quelle pourrait être la politique étrangère d’Emmanuel Macron ?

Publié le par Felli Bernard

Quelle pourrait être la politique étrangère d’Emmanuel Macron ?

 

 
 
 
 
 
Partager sur
 
28 avril, 2017
Note d'analyse
Leslie Varenne

 

Ils étaient 11, il n’en reste plus que 2. Dans cette campagne présidentielle qui ressemble à un jeu de téléréalité, la politique internationale a été, une fois encore, le parent pauvre du débat. Pourtant, le monde est en proie à de grands tremblements ; le risque d’attaque nucléaire est sérieusement envisagé ; la catastrophe afghane est réactivée [1], chaque jour des milliers de civils meurent dans les guerres d’Irak, de Syrie, du Yémen ou lors de conflits larvés comme en République Démocratique du Congo, au Congo Brazzaville, dans le Sahel. Ce début de 21ème siècle signe également la recrudescence de pratiques barbares lors de ces conflits [2]. Face à cet état des lieux, que fera Emmanuel Macron, s’il est élu le 7 mai 2017 ? Remettra-t-il en cause les grandes lignes suivies par le Quai d’Orsay depuis dix ans, qui ont conduit la France à être au mieux inefficace et inaudible, au pire, de se faire l’apôtre des va-t’en guerre ? Sa dernière déclaration concernant la Syrie ne prédispose pas à penser qu’il opérera de changement. Le 28 avril à Amiens, il a, en effet, déclaré « Je condamne avec la plus grande fermeté l’utilisation d’armes chimiques par le régime de Bachar el-Assad. Cela contrevient d’une part au Droit International et d’autre part aux accords de 2013. Et donc si je suis élu président de la République, je prendrais les dispositions en lien avec la coalition et, si possible sous mandat de l’ONU, mais même sans mandat de l’ONU ; pour neutraliser ses capacités chimiques du régime de Bachar el-Assad ». Avec cette annonce, non seulement Emmanuel Macron inscrit ses pas dans les traces des deux derniers Présidents de la République qui ont toujours privilégié les valeurs, « l’ingérence humanitaire », aux principes, le droit international, mais à l’instar de Donald Trump, il s’octroie la possibilité d’une intervention unilatérale. Cela étant, il faut rester prudent et ne pas prendre au pied de la lettre les déclarations d’un candidat en campagne, le pire n’est jamais certain, il y a souvent des gaps abyssaux, heureux ou malheureux entre les paroles et les actes. En revanche, le choix des hommes pressentis pour le conseiller dans ce domaine donne des indications plus crédibles que des bribes de discours déclamés sous les feux de l’actualité. Deux noms ont particulièrement attiré l’attention de l’IVERIS, ceux de Gérard Araud et de Justin Vaïsse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Gérard Araud, l’homme de la guerre en Libye »

Gérard Araud, actuel ambassadeur de France à Washington, est donné par plusieurs journaux comme le futur conseiller diplomatique à l’Elysée dans le cas où Emmanuel Macron succéderait à François Hollande. Ce diplomate a accédé récemment à la notoriété par un tweet commentant l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche « Après le Brexit et cette élection, tout est désormais possible. Un monde s’effondre devant nos yeux. Un vertige ». Cette réaction, vécue par de nombreux observateurs comme un manquement à son devoir de réserve, a provoqué un tollé de chaque côté de l’Atlantique. Néanmoins, le 9 mars dernier, il réitérait en donnant son avis, par le même canal, sur l’élection présidentielle française. S’il était inconnu de la grande majorité des Français jusqu’à ces tweets, les Libyens et les Ivoiriens, eux, ont gardé son nom en mémoire. Nommé par Nicolas Sarkozy comme ambassadeur de France aux Nations Unies en 2009, il s’est trouvé à l’avant-poste des guerres de 2011. Le 5 juin 2011, le JDD titrait « Gérard Araud, l’homme de la guerre en Libye ». Il faut rappeler qu’à cette date, cet intitulé n’a rien de péjoratif puisque ce conflit contre la Jamahiriya de Muammar Kadhafi est encore salué comme un succès par presque toute la classe politique et médiatique. Et le JDD de poursuivre « Le représentant de la France à l'ONU, fin tacticien et négociateur hors pair, a imposé de haute lutte deux textes majeurs sur la Libye et la Côte d'Ivoire. Ce diplomate sans langue de bois symbolise la renaissance du Quai d'Orsay.» Dans ce même article, Gérard Araud témoigne ouvertement de son implication : « le mardi 15 mars au soir, nous nous sommes engueulés au téléphone, ma collègue américaine Susan Rice et moi, Je lui ai dit : « Susan, je te préviens, on va mettre ce projet de résolution au vote ! » Elle m’a répondu : « Bullshit ! », « Foutaises ! ». Deux jours, plus tard, le 17 mars 2011, le Conseil de sécurité de l’ONU votait la résolution 1973 instaurant une zone de non vol au-dessus de la Libye et autorisait une action militaire afin de « protéger les civils » contre l’armée de Muammar Kadhafi. Le 19 mars, avait lieu la première frappe française dans le cadre de l’opération Harmattan suivie par celle de l’opération britannique Ellamy.

Mais Gérard Araud a été également à très actif en Côte d’Ivoire. En décembre 2010, avec Suzan Rice, ils sont soupçonnés d’avoir intimé l’ordre à Joung-Jin Choï, alors représentant de l’ONU en Côte d’Ivoire, de proclamer Alassane Ouattara vainqueur avant la décision du Conseil constitutionnel. Ce qui fut fait le 3 décembre 2011. Cette proclamation signe le début de ce qui est appelée la « crise ivoirienne » [3]. Puis, tout comme pour la Libye, Gérard Araud a milité en faveur de la résolution 1975, adoptée le 30 mars 2011. Cette résolution signe le début de la guerre en Côte d’Ivoire. En effet, sous prétexte d’autoriser la destruction des armes lourdes pour « protéger les civils », elle a permis à la France et à l’ONU de larguer des bombes sur Abidjan dès le 4 avril 2011…

Ces deux conflits ont été à l’origine des tensions exacerbées entre le bloc occidental et les pays des BRICS.

Julien Vaïsse, ou l’alliance avec les djihadistes en Syrie...

Julien Vaïsse fait partie de ceux qui sont appelés à donner leur avis au sein de l’équipe diplomatique du candidat dirigée par Eric Lechevalier, ancien conseiller d’Anne Hidalgo à la mairie de Paris. Cet historien a été propulsé par Laurent Fabius, en 2013, à la direction du Centre d’Analyse de Prospective et de Stratégie CAPS, un centre de réflexion rattaché au Quai d’Orsay. A l’époque, cette nomination a surpris les diplomates qui imaginaient que le poste serait attribué en interne. Il n’en fut rien, le ministre des affaires Etrangères de l’époque a débauché Julien Vaïsse qui travaillait alors à Washington comme chercheur à la Brooking institution. Sous sa direction, le CAPS est resté fidèle à la lettre et à l’esprit de la ligne politique de Laurent Fabius, notamment sur la Syrie. Ainsi dans un rapport daté du 3 janvier 2017, et intitulée « Quelle place pour la France dans le conflit syrien au lendemain de la chute d’Alep ? », le CAPS préconise de s’opposer à Federica Mogherini, haute représentante de l’UE pour les Affaires Etrangères, sur la reconstruction de la Syrie au prétexte que cela conforterait Bachar al-Assad. Les penseurs du Quai ont alors une idée de génie et propose une autre solution à la France :  aider et soutenir « les zones libérées » c’est-à-dire les zones sous contrôles des groupes armés tel que Fatah el Sham, ex Front al-Nosra affilié à al-Quaeda ! Dans une analyse de ce rapport, Fabrice Balanche, chercheur invité au Washington Institute, écrit « Le simple fait qu’il définisse les zones tenues par les djihdadistes et les islamistes comme des « zones libérées » fait froid dans le dos. Les fiefs d’al-Qaïda en Afghanistan et le territoire d’AQMI au Sahel seraient ainsi également des « zones libérées ». Et Fabrice Balanche de s’interroger « Pourquoi la politique française à l’égard de la Syrie est-elle aussi désastreuse ? Sans doute parce que le Ministre des Affaires Etrangères applique les recommandations du CAPS. » !

Compte tenu des grands tremblements qui secouent le monde actuellement, compte tenu des tensions entre le bloc occidental et le reste du monde, cette élection présidentielle revêt une importance majeure. Or, à ce jour, le débat du deuxième tour reste essentiellement centré sur les enjeux européens, avec une vision binaire « pour ou contre l’Europe » et n’aborde que par bribes les grands enjeux stratégiques mondiaux. Selon le JDD, Emmanuel Macron « n’est pas encore très arrêté sur ces choix internationaux », il « prête une oreille très attentive au conseil d’Hubert Védrine » ancien ministre des affaires Etrangères de François Mitterrand. Il ne reste que peu de jours pour que celui qui fait figure de favori à cette élection précise sa vision du monde, tendance Védrine ou tendance Fabius ? Il en va du sort des citoyens français mais également des Syriens, des Africains et plus généralement de tous les peuples qui aspirent à la paix.

Leslie Varenne

 

[1] Le titre est emprunté à l'article de Philippe Grasset consacré à l'Afghanistan : http://www.dedefensa.org/article/la-catastrophe-afghane-reactivee
[2] La guerre n'est jamais jolie, mais outre les derniers événements en Syrie, ce qui se déroule actuellement dans la région du Kasaï en République Démocratique du Congo est particulièrement insoutenable, plus de 17 charniers viennent d'être découverts. L'IVERIS reviendra prochainement sur ce sujet.
[3] Dans le livre de l'auteur de ces lignes, Abobo-la-guerre

Voir les commentaires

Le point sur la situation en Syrie

Publié le par Felli Bernard

Le point sur la situation en Syrie


Les États-Unis semblent vouloir séparer l’Est du reste du pays. Mais pour quoi faire ?


Par Moon of Alabama – Le 24 avril 2017

Moon of Alabama

La situation dans le nord-ouest de la Syrie tourne en faveur du gouvernement syrien, même si beaucoup de travail reste encore à faire. L’armée récupère du terrain dans la province de Hama et une intense campagne de bombardement est menée sur la province d’Idlib, qui est tenue par al-Qaïda. Comme un analyste en général en faveur de l’opposition le concède :

 

« Le soutien continu à l’insurrection du nord-ouest équivaut à subventionner efficacement un havre de paix jihadiste au Levant.

[…]

La guerre par procuration contre le régime syrien, dans le nord-ouest, faite pour le compte de l’Occident, est perdue. »

Le chef d’al-Qaïda, Ayman al-Zawahri, est d’accord. Il a ordonné à ses forces en Syrie d’arrêter de tenir le terrain et de revenir aux techniques de guérilla :

Ayman al-Zawahri a déclaré aux jihadistes, qui contrôlent la province d’Idlib au nord-ouest de la Syrie et d’autres territoires, de rester fermes mais de changer de tactique pour revenir à la guérilla.

Al-Qaïda a commencé à se battre aux côtés des rebelles syriens au début de la guerre civile et s’est fait des alliés parmi les opposants en raison de ses prouesses militaires. La branche officielle d’al-Qaïda, le Front al-Nusra, a changé de nom pour le Front Fatah al-Sham et a officiellement rompu ses liens avec al-Qaïda l’année dernière, mais il est encore largement considéré comme étant lié au réseau terroriste mondial.

 

 

Dans le sud-ouest, Israël essaie de voler une autre partie du plateau du Golan en apportant un soutien militaire aux groupes d’al-Qaïda qui se battent contre l’armée syrienne dans la région.

Les attaques lancées par les « rebelles modérés » dans le sud, soutenues par les États-Unis et la Jordanie, n’ont pas réussi à s’emparer de la ville de Deraa. Ils doivent prendre la ville pour donner un peu d’ancrage à leur « zone de sécurité méridionale indépendante », à partir de laquelle les forces proxy américaines pourraient alors menacer Damas.

Début d’avril, les forces kurdes sous le commandement des États-Unis avaient largement annoncé qu’elles attaqueraient bientôt Raqqa et vaincraient État islamique. Mais aucune attaque contre Raqqa n’a été vue. L’opération semble s’être arrêtée. Les forces d’EI semble quitter Raqqa pour se diriger plus à l’est, vers Deir Ez-Zor.

Dans le sud-est de la Syrie, les forces « rebelles », soutenues par les États-Unis, se sont déplacées de la Jordanie vers le nord, pénétrant dans le désert syrien (ce qui n’est pas encore affiché sur la carte ci-dessus). Le plan est d’aller vers le nord en direction de Raqqa pour rejoindre les forces de l’armée kurde, soutenues elles aussi par les État-Unis. Ce mouvement bloquerait toute route terrestre reliant l’ouest de la Syrie à Deir Ez-Zor où une garnison de l’armée syrienne protège plus de 100 000 civils en s’opposant aux forces de l’EI. De la Jordanie, d’autres « rebelles », entraînés et approvisionnés par les États-Unis, se déplacent vers l’est le long de la frontière irako-syrienne. Cela empêchera les forces irakiennes de se déplacer vers la Syrie et contrer EI, en soutien aux forces gouvernementales syriennes à Deir Ez-Zor.

Tout l’est syrien serait ainsi coupé et sous le contrôle de forces proxys américaines. Mais quels sont les plans d’avenir américains pour cette région ? Même si elle possède du pétrole et du gaz, elle est enclavée et manque d’infrastructure et de d’administration, entouré de plus par des forces particulièrement hostiles. Les forces soutenues par les États-Unis sont sujettes à des luttes intestines. Il sera difficile de défendre la zone contre toute attaque importante. Des forces états-uniennes et jordaniennes seront nécessaires pour la garder sous contrôle. Pendant combien de temps ?

Je n’arrive pas à voir un plan stratégique plus vaste et qui aurait du sens derrière tout cela. Mais les mêmes architectes qui ont lancé la guerre ratée contre l’Irak sont derrière ce mouvement. Les néocons sont de retour et très heureux de la nouvelle direction de la présidence de Trump. L’architecte de la guerre en Irak, Paul Wolfowitz, collabore maintenant avec les officiers néocons dans le cabinet Trump :

Ces derniers jours, il est intervenu dans le débat public, poussant le président Trump, au travers des pages du Wall Street Journal, à poursuivre ses bombardements en Syrie d’une manière plus agressive – et, me dit-il, en envoyant des courriels privés au secrétaire à la Défense, Jim Mattis, et au conseiller à la Sécurité nationale, HR McMaster, tous deux de vieilles relations datant de l’époque Bush, en espérant qu’ils poursuivront une stratégie d’engagement renforcé au Moyen-Orient.

Mattis voyage actuellement dans les pays du Golfe pour collecter de l’argent destiné aux futurs projets américains en Syrie et ailleurs. Les sénateurs néocons John McCain et Lindsey Graham auront ce soir un dîner privé avec Trump à la Maison Blanche. Aucune stratégie raisonnable n’est jamais sortie de la tète de ces personnages. Par contre, leurs plans de dingues causent toujours d’énormes dégâts pour aucun, ou un très faible, bénéfice.

Moon of Alabama

Voir les commentaires

Euro : pour un passage de la monnaie unique à la monnaie commune

Publié le par Felli Bernard

28
Avr
2017

Source : Le Figaro, Jean-Michel Naulot,  07/04/2017

Crédits photo : Remo Casilli/Reuters

FIGAROVOX/ANALYSE-Pour Jean-Michel Naulot, le système de la monnaie unique ne répond pas aux besoins économiques actuels de l’Europe, et fige les nations du continent dans une situation intenable.

Au milieu des années 1930, Paul Reynaud fit preuve de beaucoup de courage. Il livra un combat sur deux fronts très impopulaires: le soutien aux thèses du colonel de Gaulle qui plaidait pour la création d’une armée de métier et la nécessité de sortir du bloc-or pour mettre fin aux politiques d’austérité. La dénonciation de l’étalon-or, un système qui avait remarquablement bien fonctionné avant la Première Guerre mondiale mais qui était devenu inapplicable avec les déséquilibres nés de la guerre et de la crise de 1929, lui valut des accusations de haute trahison! L’histoire montra que, dans ces deux combats, il eut raison. En juin 1936, deux jours après avoir pris ses fonctions de président du conseil, Léon Blum lui rendit, à la surprise générale, un magnifique hommage à la Chambre des députés. Blum annonçait ainsi, sans le dire ouvertement, qu’il allait lui-même mettre fin au bloc-or trois mois plus tard.

Des passions équivalentes animent aujourd’hui les débats autour de l’euro. Sur le bilan, les économistes, de Michel Aglietta à Joseph Stiglitz et Jacques Sapir, sont plutôt unanimes: l’euro n’a pas tenu ses promesses, ni économiques, ni politiques. Depuis l’origine, la croissance a été moitié moindre qu’aux Etats-Unis, les crises ont été nombreuses, les tensions politiques entre les Etats ont été de plus en plus fortes. La Grèce, qui se portait plutôt bien avant l’entrée dans l’euro, vit depuis sept ans un drame avec une mise sous tutelle indigne de l’idée européenne.

Seuls quelques dirigeants de banques centrales prétendent encore que l’euro protège. Sur les moyens d’améliorer le fonctionnement de l’euro, le désaccord entre les économistes est en revanche total. Les uns, dénonçant l’incomplétude du système actuel, considèrent que des transferts financiers significatifs (entre 5 et 20% du PIB) finiront par s’imposer et compenseront les inégalités générées par la monnaie unique. D’autres, au contraire, doutent que cette volonté politique soit un jour au rendez-vous. Compte tenu de l’aggravation des inégalités et de leurs conséquences sociales et politiques redoutables, ce débat ne pourra plus se prolonger encore très longtemps.

Depuis la création de l’euro, les divergences dans l’évolution des productions industrielles sont spectaculaires: + 30 % en Allemagne, – 12 % en France, – 20 % en Espagne et en Italie. L’excédent courant allemand est une illustration de ce phénomène: il se situe à un niveau historique (+ 8 à 9% du PIB). A ces évolutions, il existe naturellement des raisons qui tiennent à l’Allemagne: sa force industrielle traditionnelle, avec un positionnement sur des produits haut de gamme, et l’utilisation de bases arrière où les coûts salariaux sont très bas (depuis la réunification et l’élargissement de l’Union). Mais, le développement des inégalités tient d’abord à la monnaie unique elle-même.

L’euro étant une moyenne entre plusieurs monnaies, il est sous-évalué pour l’Allemagne et surévalué pour la plupart des autres pays. Par ailleurs, comme l’avaient démontré Robert Mundell et de nombreux économistes, dans une zone économique et monétaire où l’appréhension de la modification des parités a disparu, un phénomène de «polarisation» des activités se développe inévitablement: les investissements et les capitaux se dirigent là où la tradition industrielle est la plus forte, la main d’œuvre la plus qualifiée, la fiscalité la plus attractive. Enfin, les «dévaluations monétaires compétitives» ont été remplacées par des «dévaluations internes compétitives». Ces dernières sont beaucoup plus douloureuses puisqu’elles touchent les coûts salariaux. Les parités monétaires devenant fixes, le facteur travail doit devenir flexible.

La France, tellement attachée à son modèle social, acceptera-t-elle de jouer suffisamment le jeu de ces ajustements? A voir les débats qui ont entouré le vote de la loi Travail, on peut en douter. L’Allemagne, riche de ses excédents, acceptera-t-elle de les redistribuer au sein de la zone en mettant en place des transferts financiers significatifs? A voir la constance des déclarations des dirigeants allemands, on peut également en douter. Le débat actuel sur l’euro est donc parfaitement légitime. Le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz considère par exemple que «les Européens doivent réfléchir de toute urgence à d’autres solutions que la monnaie unique» («L’Euro, comment la monnaie unique menace l’Europe»).

Une solution aurait l’avantage de préserver l’euro tout en permettant d’introduire de la flexibilité dans le système monétaire actuel: le passage de la monnaie unique à la monnaie commune. A ceux qui refusent les réformes au nom d’une certaine idéologie, on rappellera que les Européens ont vécu avec ce système de 1999 à 2002. Pendant trois ans, les monnaies nationales continuaient à être utilisées à l’intérieur de chaque Etat et l’euro était utilisé pour les transactions extérieures par les entreprises industrielles et les banques. Cela n’a pas posé le moindre problème. Par rapport à ce système, il ne faudrait ajouter qu’une disposition: la révision des parités monétaires nationales à intervalles réguliers sur la base de quelques critères objectifs simples, par exemple l’évolution des prix, des soldes courants et de l’emploi. Cette flexibilité nouvelle permettrait de mettre fin à un véritable corset qui étouffe les économies nationales.

Cette flexibilité devrait également être introduite dans la politique budgétaire. Les textes européens qui ont été adoptés par les gouvernements au cours des dernières années (Pacte de stabilité, six-pack, two-pack, semestre européen) ont autorisé une intrusion permanente des experts de Bruxelles dans la politique économique et sociale des gouvernements. Ceci explique la perte de crédibilité de nos dirigeants qui passent leur temps à expliquer des décisions qui sont prises par d’autres, à Bruxelles et à Francfort. Cette mise au pas des politiques nationales par des experts non élus n’a aucun sens. La mondialisation exige en effet que la politique économique soit en permanence adaptée à chaque Etat et que la prise de décision soit extrêmement rapide.

Le jour où nos concitoyens feront le lien entre un système monétaire inadapté et les difficultés qu’ils rencontrent dans leur vie quotidienne, les dirigeants européens seront dans l’obligation de le réformer. A moins qu’une crise financière grave ne vienne d’ici là mettre tout le monde d’accord. Greffer une monnaie sur des Etats souverains était une très grave erreur comme il était irréaliste de vouloir rétablir l’étalon-or au lendemain de la crise de 1929 alors que des déséquilibres vertigineux venaient d’apparaître. Lorsque le gouvernement britannique décida d’abandonner ce système monétaire en septembre 1931, cinq ans avant la France, Keynes laissa alors éclater sa joie. Il salua cette décision comme une libération: «Il y a peu d’Anglais qui ne se réjouissent que nos menottes en or aient été brisées»! La zone euro saura-t-elle briser ses menottes et mettre en place un système plus souple avant qu’une crise grave ne survienne? Cela exige beaucoup de courage et de volonté politique!

Source : Le Figaro, Jean-Michel Naulot,  07/04/2017

---

61 réponses à Euro : pour un passage de la monnaie unique à la monnaie commune, par Jean-Michel Naulot

Commentaires recommandés  pour lire les 61 réponses , cliquez sur le lien !

Voir les commentaires

L’Arabie Saoudite élue à la Commission des droits des femmes de l’ONU

Publié le par Felli Bernard

28
Avr
2017

Source : Le Soir25/04/2017

L’Arabie Saoudite a obtenu le feu vert, par vote secret, de 47 des 54 Etats membres du Conseil économique et social des Nations unies, dont fait partie la Belgique.

Le prince Salman Bin Abdulaziz d’Arabie Saoudite ©Reuters

L’Arabie Saoudite a été élue à la Commission des droits des femmes de l’ONU. «C’est comme désigner un pyromane chef des pompiers de la ville», commente Hillel Neuer, directeur exécutif de l’organisation UN Watch.

La nomination de Riyad, régime salafiste qui fait partie des pays les plus misogynes au monde, au sein d’un organe de 45 pays censé s’investir dans «la promotion de l’égalité hommes-femmes et l’autonomisation des femmes» a de quoi surprendre.

Les Nations Unies envoient un signal selon lequel «les petro-dollars permettent de tout acheter, même un profit politique», estime M. Neuer. La nouvelle n’a pas manqué de faire réagir aussi Emmanuel Foulon, porte-parole intergroupe sport du Parlement européen, qui s’est exprimé sur Twitter.

Le Conseil a élu au scrutin secret 13 membres pour une durée de quatre ans. Elle s’étend de la première réunion de la soixante-troisième session de la Commission en 2018 et jusqu’à la fin de la soixante-sixième session en 2022.

Les pays élus sont l’Algérie , Les Comores, le Congo, le Ghana et le Kenya (États africains); Iraq, Japon, République de Corée, Arabie Saoudite et Turkménistan (États de l’Asie-Pacifique); Et l’Équateur, Haïti et le Nicaragua (États d’Amérique latine et des Caraïbes).

L’Arabie Saoudite a donc obtenu le feu vert, par vote secret, de 47 des 54 Etats membres du Conseil économique et social des Nations unies, dont fait partie la Belgique.

Source : Le Soir25/04/2017

---

44 réponses à L’Arabie Saoudite élue à la Commission des droits des femmes de l’ONU

Commentaires recommandés  Pour lire les 44 réponses , cliquez sur le lien !

Voir les commentaires

Emmanuel Macron, candidat à la guerre en Syrie

Publié le par Felli Bernard

Emmanuel Macron, candidat à la guerre en Syrie

« Emmanuel MACRON candidat à la présidentielle française a tenu les propos suivants à la Chambre de Commerce d’Amiens ce mercredi :

« J’ai été très clair sur le sujet depuis le début. Je condamne avec la plus grande fermeté l’utilisation d’armes chimiques par le régime de Bachar el-Assad. Cela contrevient d’une part au Droit International et d’autre part aux accords de 2013. Et donc si je suis élu président de la République, je prendrai les dispositions en lien avec la coalition et, si possible sous mandat de l’ONU mais même sans mandat de l’ONU pour neutraliser ses capacités chimiques du régime de Bachar el-Assad ».

Propos extrêmement graves et choquants de la part d’un futur président de la République. Comment peut-on accuser sans preuves et agir sans mandat onusien ? »

Rues des Mondes, le 26 avril 2017

N.B. Macron ne se rend même pas compte qu’il se contredit lui-même, en une phrase ou presque : condamnant Assad, au nom du droit international, pour sa prétendue attaque au gaz sarin, mais envisageant de se passer du droit international (de l’ONU) pour agresser militairement la Syrie !

N.B. 2. Même incohérence lorsqu’il accuse Marine Le Pen, dans une envolée hystérique, de conduire les Français à la guerre (cf. ci-dessous). Alors même que c’est la dictature mondialiste et ses représentants (comme lui) qui nous mènent à la guerre et au chaos. OD

 

Advertisements
 

Partagez cet article :

Voir les commentaires

Pourquoi Washington est terrifié par la Russie et la Chine

Publié le par Felli Bernard

Pourquoi Washington est terrifié par la Russie et la Chine


Par Pepe Escobar – Le 21 avril 2017 – Source Sputnik News via entelekheia.fr

Photo Pixabay

Le partenariat stratégique russo-chinois, qui unit ceux que le Pentagone définit comme les deux « menaces N°1 » à l’Amérique, n’est pas consigné dans un traité formel signé en grande pompe – et un défilé militaire pour l’accompagner.

Il est enveloppé dans de subtiles couches de sophistication, et il n’y a aucun moyen d’apprendre les termes secrets sur lesquels Pékin et Moscou se sont accordés, au cours des innombrables rencontres de haut niveau entre Poutine et Xi Jinping.


Les diplomates, officieusement, laissent occasionnellement échapper qu’il peut y avoir un message codé à l’intention de l’OTAN, selon lequel si l’un des deux membres stratégiques est sérieusement harcelé – en Ukraine, ou dans la mer de Chine méridionale – l’OTAN devra se confronter aux deux.

Pour le moment, concentrons-nous sur deux exemples de la façon dont le partenariat marche en pratique, et pourquoi Washington n’a pas la moindre idée de la façon d’aborder le problème.

La pièce à conviction A est la visite imminente à Moscou du directeur du Bureau général du Parti communiste chinois (PCC), Li Zhanshu, à l’invitation du chef de l’administration présidentielle du Kremlin, Anton Vaino. Pékin a souligné que les discussions porteront sur – quoi d’autre – le partenariat stratégique russo-chinois, « comme convenu d’avance entre les leaders des deux pays ».

Cela se produit juste après la visite du premier vice-premier ministre Zhang Gaoli, un des sept plus hauts membres du bureau politique du PCC et l’un des concepteurs des politiques économiques chinoises, qui a été reçu à Moscou par le président Poutine. Ils ont discuté des investissements chinois en Russie et de l’angle-clé énergétique de leur partenariat.

Mais plus que tout autre chose, ils ont préparé la visite prochaine de Poutine à Pékin, qui sera particulièrement retentissante, parce qu’elle s’inscrit dans le cadre du sommet piloté par Xi Jinping sur l’initiative One Belt, One Road (Nouvelle Route de la soie), les 14 et 15 mai.

Le Bureau général du Parti communiste chinois – qui est directement subordonné à Xi – ne tient ce type de consultations annuelles de très haut niveau, qu’avec Moscou et aucun autre pays. Inutile d’ajouter que Li Zhanshu ne rend de comptes qu’à Xi, tout comme Vaino ne rend de comptes qu’à Poutine. On ne peut pas faire plus stratégique.

Il se trouve aussi que cela se rattache directement à l’un des derniers épisodes mettant en vedette les Hommes Creux de Trump, dans ce cas le benêt/grandiloquent conseiller à la Sécurité nationale, le lieutenant-général HR McMaster.

Pour résumer, selon la narrative de McMaster dûment régurgitée par les médias institutionnels américains, Trump a développé une alchimie telle avec Xi, au cours de leur sommet des Tomahawks-avec-gâteau au chocolat de Mar-a-Lago, que Trump a réussi à briser l’entente russo-chinoise sur la Syrie et à isoler la Russie au Conseil de sécurité de l’ONU.

Lire le communiqué commun des BRICS sur la Syrie n’aurait pris que quelques minutes du temps de McMaster. Il aurait appris que les BRICS soutiennent la Russie.

Rien d’étonnant à ce qu’un observateur expérimenté de la géopolitique indien se soit senti obligé de noter que « Trump et McMaster ressemblent à deux ploucs perdus dans une grande métropole. »

Suivez la piste de l’argent

La pièce à conviction B se centre sur l’avancée discrète des accords de la Russie et de la Chine pour le remplacement progressif du statut de monnaie de réserve du dollar par un système basé sur l’or.

Cela implique la participation-clé du Kazakhstan – qui est très intéressé par l’emploi de l’or comme monnaie sur la Nouvelle Route de la Soie. Le Kazakhstan ne peut pas être plus stratégiquement situé : c’est l’un des axes majeurs de l’initiative One Belt, One Road ; un membre-clé de l’Union économique eurasienne (UEE) ; un membre de l’Organisation de coopération de Shanghai (SCO) ; et pas par accident, le principal fondeur de l’or de la Russie.

Parallèlement, la Russie et la Chine sont en train de perfectionner leurs propres systèmes de paiement. Peu après l’accès du yuan au statut de monnaie mondiale, la Chine a fait une habile promotion de son système de paiement, le CIPS, tout en prenant garde de ne pas froisser les USA, qui contrôlent le système internationalement établi SWIFT.

De son côté, la Russie a créé « une alternative », selon les mots de la directrice de la Banque centrale russe, Elvira Nabiullina, sous la forme du système de paiement Mir – une version russe de la carte Visa/MasterCard. Ce qui est en jeu, c’est que si Washington se sentait d’humeur d’exclure la Russie du système SWIFT, même temporairement, au moins 90% des distributeurs de billets en Russie seraient capables de continuer à opérer avec le Mir.

Les cartes de paiement UnionPay chinoises sont déjà un dispositif bien établi partout en Asie – et adopté avec enthousiasme par HSBC, entre autres. Combinez systèmes de paiement « alternatifs » et développement d’un système basé sur l’or  – alors le mot « toxique », pour décrire la réaction de la Réserve fédérale des États-Unis, n’est qu’un pâle euphémisme.

Et la Russie et la Chine ne sont pas les seuls problèmes ; il y a les BRICS.

Ce que le premier assistant du gouverneur de la Banque centrale russe Sergueï Shvetsov a exposé ne représente qu’un début : « Les pays des BRICS sont des économies développées, dotées de grandes réserves d’or et d’un volume impressionnant de production et de consommation de ce métal précieux. En Chine, le marché de l’or est conduit à Shanghaï, en Russie à Moscou. Notre idée est de créer un lien entre les deux villes, pour augmenter le volume des échanges entre les deux marchés. »

La Russie et la Chine ont déjà établi des systèmes pour faire du commerce international sans dollars américains. Ce que Washington a fait à l’Iran – couper leurs banques du système SWIFT – est dorénavant impensable en Russie et en Chine.

Nous sommes donc en chemin, lentement mais sûrement, vers une « place de marché pour l’or » chez les BRICS. Une « nouvelle architecture financière » est en voie de construction. Pour la Réserve fédérale américaine, elle impliquera une incapacité future à exporter de l’inflation vers d’autres pays – particulièrement ceux des BRICS, de l’UEE et de l’Organisation de coopération de Shanghaï.

Les Hommes creux

Les généraux de Trump, menés par « Mad Dog » Mattis, peuvent fantasmer tout leur soûl sur leur besoin de dominer la planète, avec leurs commandements sophistiqués Air-Mer-Terre-Espace-Cyber. Mais cela peut ne pas suffire à contrer la myriade d’axes de développement du partenariat stratégique Russie-Chine.

Ainsi, nous aurons encore droit à des Hommes creux, comme le vice-président Mike Pence, avec sa solennité empourprée, menaçant la Corée du Nord d’une phrase ronflante,  « Le bouclier monte la garde et les épées se tiennent prêtes ». Ne nous inquiétons pas de ces mots, qui ne valent même pas une mauvaise ligne de dialogue de remake d’un film de série B de Hollywood ; ce que nous avons ici, c’est le commandant-en-chef aspirant Pence, avertissant les Russes de dures réalités nucléaires très près de leurs frontières, entre les USA et la Corée du Nord.

Cela ne va pas se produire. Trinquons au grand poète T. S. Eliot, qui l’avait vu des décennies à l’avance :

Nous sommes les hommes creux
Les hommes empaillés
Cherchant appui ensemble
La caboche pleine de bourre. Hélas!
Nos voix desséchées, quand
Nous chuchotons ensemble
Sont sourdes, sont inanes
Comme le souffle du vent parmi le chaume sec
Comme le trottis des rats sur les tessons brisés
Dans notre cave sèche.

Pepe Escobar

Traduction Entelekheia.fr

Traduction du poème Pierre Leyris

Voir les commentaires

Tintin en Polodavie

Publié le par Felli Bernard

Tintin en Polodavie

26 Avril 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Europe, #Russie

Deux pays aux trajectoires différentes, aux poids inégaux, mais qui suivent la même grande tendance du moment : l'émiettement et le détricotage du système impérial.

Nous avons parlé à plusieurs reprises de la Moldavie, petite par la taille mais appréciable par sa position géostratégique qui enfonce un coin entre deux des Etats - l'Ukraine post-putsch et la Roumanie - les plus atlantistes d'Europe orientale.

 

 

 

 

 

 

L'élection, en novembre 2016, d'un président pro-russe susceptible de rediriger la politique extérieure moldave avait fait perler quelques gouttes de sueur au front soucieux des eurocrates et des stratèges américains. Vapeurs redoublées en janvier lorsque, en visite à Moscou, ledit Igor Dodon avait confirmé un rapprochement possible avec l'Union eurasienne.

Le moins qu'on puisse dire est que ça n'a pas traîné :

Moscou étend son influence en Moldavie

Le président moldave, Igor Dodon, a annoncé le 14 avril que les cinq membres de l’Union économique eurasiatique (UEE), la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, l’Arménie et le Kirghizstan, s’étaient accordés pour inclure la Moldavie lors d’une rencontre à Bichkek, la capitale kirghize.

« La Moldavie est le premier pays à recevoir cet honneur. Plusieurs pays ont présenté des initiatives pour signer des mémorandums de coopération, des accords de libre-échange ou d’autres formes de coopération avec l’UEE », a déclaré le président dans un communiqué.

Il a ajouté qu’il s’agissait d’une « journée historique » pour le petit pays enclavé d’Europe de l’Est, mais a précisé que cela ne voulait pas dire que la Moldavie allait devenir un membre de l’UEE tout de suite.

Mais le Grand jeu se joue autant sur les grands espaces eurasiens que dans les sombres intrigues politiciennes locales :

Le mois dernier, le chef d’État avait demandé au Conseil suprême de l’UEE d’attribuer à la Moldavie le statut d’observateur au sein de l’Union eurasiatique. Dès le 3 avril, un accord de coopération a été signé entre les deux parties en ce sens.

Le Premier ministre moldave, Pavel Filip, responsable du Parti démocrate, a cependant prévenu que le document signé par Igor Dodon n’avait aucune « valeur juridique » et qu’il tombait « en dehors du cadre légal ». Pavel Filip a rappelé que c’était « le parlement qui [était] l’organe suprême pour approuver les politiques intérieure et étrangère ».

Le statut d’observateur signifie que la Moldavie pourra participer aux activités de l’organisation, mais n’aura pas le droit de voter ou de participer au processus décisionnel.

Igor Dodon a insisté sur le fait que ce nouveau statut n’allait pas à l’encontre de l’accord d’association entre la Moldavie et l’UE. Néanmoins, le président a déjà suggéré par le passé qu’il voudrait abandonner l’accord si le parti socialiste, qu’il dirigeait autrefois, obtenait la majorité parlementaire l’année prochaine.

Le président soutient toutefois que la Moldavie « est destinée à être amie avec l’est et l’ouest, tout en maintenant et renforçant sa neutralité et son indépendance ». Igor Dodon s’est pourtant opposé à une plus ample coopération avec l’OTAN.

L'élection législative moldave de 2018 vaudra donc son pesant de cacahuètes et mettra en scène l'éternelle lutte qui prévaut en Europe orientale entre empire et Russie. En attendant une éventuelle victoire de son parti, le président prend les devants, refuse l'ouverture d'un bureau de l'OTAN en Moldavie et projette de rendre le russe de nouveau obligatoire à l'école.

Rien de tel en Pologne bien entendu, où la russophilie a autant de chances de gagner les coeurs que le XV kirghize de battre les Springboks. Néanmoins, nos prédictions sur le détricotage de l'empire se réalisent. La trajectoire polonaise ressemble à s'y méprendre à la britannique et nous expliquions au lendemain du Brexit :

"Le Royaume-Uni et l'Union européenne resteront des partenaires indispensables" a ajouté Obama. Mais voilà le problème : deux au lieu d'un, et peut-être bientôt trois, quatre, cinq, qui commenceront à partir dans tous les sens et n'écouteront plus que d'une oreille les recommandations de tonton Sam, au lieu d'une structure européenne centralisée noyautée par les Américains. Voilà le souci européen de Washington...

Pour Londres comme pour Varsovie, pas de changement de cap de la politique étrangère pro-US et anti-russe, dans l'immédiat en tout cas. Mais une liberté d'initiative de ces électrons libres qui brouille maintenant les cartes et peut se retourner contre d'autres composantes de l'empire. Au moment d'un possible Maidan polonais début 2016, nous indiquions :

Le PiS [le parti au pouvoir, ndlr] étant anti-russe, quel intérêt y aurait-il pour Washington et Bruxelles à déstabiliser la Pologne ? Au premier regard, l'argument fait mouche. Au premier regard seulement...

Il y a anti-russe et anti-russe. Le PiS n'a certes aucun penchant pour Moscou, mais il n'en a pas beaucoup plus pour Bruxelles. L'anti-russisme du PiS, c'est l'anti-troyisme d'Achille face à Hector : deux ennemis déclarés, mais qui se respectent et ont une certaine estime l'un pour l'autre. Au-delà de leurs différends, Poutine et Kaczynski partagent beaucoup de valeurs : même attachement sourcilleux à leur souveraineté nationale, même conception de la société (plutôt conservatrice et religieuse, familiale avec mariage hétérosexuel) ; ils sont tous deux atterrés par ce qu'ils considèrent comme étant la décadence civilisationnelle des pays occidentaux, la perte de leurs racines, morale et culture.

Kaczynski frère avait accepté l'invitation de Poutine en 2010, une sorte de paix des braves entre deux pays souverains. Et hop, un accident d'avion tombe à point nommé pour ne pas aller plus avant dans le réchauffement des relations polono-russes. Le défunt est remplacé par le clown américano-polonais Donald (sic) Tusk, libéral malléable et gluant aux ordres directs de Washington. Le système pousse un grand ouf de soulagement...

Et voilà que ça recommence avec l'autre frère ! La récente victoire du PiS a fait sonner quelques alarmes rouges à Bruxelles et outre-Atlantique, c'est certain. Des leviers, notamment médiatiques, ont été actionnés, on le voit. Les croisés des "révolutions de couleur" sont sortis de leur retraite.

La crise des migrants est venue en rajouter une couche :

L'Europe américaine sera-t-elle mise à mort par ceux-là même qui étaient censés la régénérer ? L'on peut sérieusement se poser la question quand on voit le divorce grandissant entre l'UE et les pays d'Europe centrale et orientale, fers de lance de la "Nouvelle Europe" si chère aux néo-cons. Le pied droit de Washington donne des coups au pied gauche et c'est tout le système vassalique européen qui risque de tomber. On comprend qu'Obama préfère penser à autre chose en jouant au golf...

Rappelons d'abord que la construction européenne fut, dès le départ, un projet américain. Des archives déclassifiées montrent que les soi-disant "pères de l'Europe" - Schuman, Spaak ou le bien-nommé Monet - travaillaient en réalité pour les Etats-Unis. Pour Washington, il était en effet plus aisé de mettre la main sur le Vieux continent par le biais d'une structure globale noyautée de l'intérieur que de négocier pays par pays avec des dirigeants indépendants.

La chute du Mur et l'intégration à l'UE des anciennes démocraties populaires n'étaient que le cache-sexe de l'avancée de l'OTAN vers la Russie. Mieux encore, ces pays nouvellement libérés de la tutelle soviétique et férocement anti-russes pour des raisons historiques compréhensibles étaient susceptibles d'établir un nouveau rapport de force très favorable aux Etats-Unis au sein de l'UE face à certaines poussées de fièvre frondeuse toujours possibles de la "vieille Europe" (De Gaulle, Chirac et Schroeder...)

Or, au moment où les institutions européennes sont noyautées et soumises comme jamais aux désidératas US, le château de cartes est en train de s'écrouler... Ce sont d'abord les sanctions anti-russes qui ont créé une brèche. Si elles furent accueillies avec des transports de joie par la Pologne et les pays Baltes, leur réception en Hongrie, en Slovaquie et même en République tchèque fut bien plus mesurée, c'est le moins qu'on puisse dire. Première cassure au sein de la "nouvelle Europe".

Et maintenant, la question des réfugiés pourrait bien sonner l'hallali. La Pologne, pays ô combien pro-US, refuse tout à fait d'obéir aux injonctions des institutions elles aussi ô combien pro-US de Bruxelles. Diantre, Brzezinski n'avait pas prévu ça...

Varsovie, ainsi que Budapest ou Bratislava, rejettent totalement ce qu'ils considèrent comme un diktat de Bruxelles et ses menaces d'amende (250 000 euros par réfugié refusé). Les mots sont intéressants :

  • Jaroslaw Kaczynski, chef du PiS au pouvoir : "Une telle décision abolirait la souveraineté des Etats membres de l'UE. Nous refusons cela car nous sommes et serons en charge de notre propre pays".

  • Peter Szijjarto, ministre hongrois des Affaires étrangères : "La menace d'amende de la part de la Commission est du chantage pur et simple".

Notons en passant la naïveté confondante de ces dirigeants qui croyaient apparemment benoîtement que l'entrée dans l'UE allait préserver la souveraineté de leur pays...

Depuis, les yeux se décillent, le groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie) qualifie ouvertement l'UE de nouvelle "Union soviétique" et les accrochages ne cessent plus.

Dans le dernier épisode, Donald Tusk, président du Conseil européen de son état, a été entendu comme témoin pendant huit heures (!) par la justice polonaise dans le cadre d'une affaire d'espionnage. Pour une fois, il n'a pas tout à fait tort quand il se plaint du caractère politique de sa convocation. C'est le genre d'incident qui confortera les euronouilles dans leur volonté de punir Varsovie, par exemple en suspendant éventuellement son droit de vote. Comme dans une bonne histoire corse, les représailles succèdent aux représailles et fin mars, la Pologne a décidé de claquer la porte de l'Eurocorps alors qu'elle devait en devenir membre permanent cette année !

L'euroscepticisme, énième symbole du reflux d'un système impérial en capilotade, incapable désormais de maintenir sous le même joug ses protégés qui s'égaillent dans la nature.

Voir les commentaires

Les Français se sabordent

Publié le par Felli Bernard

Les Français se sabordent

Nous assistons à un renversement historique en France où le spectre politique ancien vole en éclats et où une nouvelle fracture apparaît. Compte-tenu de l’intense propagande médiatique qui s’est abattue dans le pays, les Français ne perçoivent plus les repères essentiels et s’attachent à des lignes rouges qui n’existent plus. Pourtant, les faits sont clairs et certaines évolutions prévisibles.

| Beyrouth (Liban)
+
 
Soirée privée à La Rotonde : congratulé comme le nouveau président français, Emmanuel Macron reçoit des personnalités du spectacle et surtout du CAC40, le soir du premier tour de l’élection. Ici en discussion avec son ami, le banquier Jacques Attali.

À l’issue d’une campagne électorale très agitée, les Français ont sélectionné Emmanuel Macron (soutenu par les centre-villes) et Marine Le Pen (soutenue par les banlieues et les campagnes) pour le second tour de l’élection présidentielle.

D’ores et déjà presque tous les candidats vaincus, à l’exception de Jean-Luc Mélenchon —et ce n’est pas un hasard—, ont appelé à soutenir Macron qui devrait donc être facilement élu.

Les deux grands partis historiques qui ont gouverné la France depuis les débuts de la V° République, Les Républicains (ex-Gaullistes) et le Parti socialiste (ex-Jaurésiens) sont battus. Tandis qu’un nouveau venu, En Marche ! (surtout présent à l’Ouest d’une ligne Le Havre-Marseille) , arrive sur la première place du podium face au Front national (implanté à l’Est de cette ligne).

Y a-t-il un candidat du fascisme ?

Dans l’Histoire de la France, ce n’est pas la première fois que ce clivage s’impose : d’un côté, un partisan de l’alliance avec ce qui paraît être la plus grande puissance du moment (les États-Unis), de l’autre, un mouvement en quête d’indépendance nationale ; d’un côté, la totalité de la classe dirigeante, sans exception notable, de l’autre, un parti fait de bric et de broc, composé massivement de prolétaires, dont les deux-tiers proviennent de la droite et un tiers de la gauche.

À l’évidence, le futur président français sera donc M. Macron ; un homme, issu de la Banque Rothschild & Cie, soutenu dès à présent par la totalité des chefs d’entreprises du CAC40.

Or, n’en déplaise à nos préjugés, l’unanimité des puissances d’argent est la caractéristique fondamentale des partis fascistes.

Cette unanimité du Grand capital s’accompagne toujours d’une unité de la Nation qui gomme les différences. Pour être égaux, il faut devenir identiques. C’est ce que le président Hollande avait amorcé avec la loi du « Mariage pour tous », en 2012-13. Présentée comme établissant l’égalité entre les citoyens quelle que soit leur orientation sexuelle, elle posait de facto que les besoins des couples avec enfants sont les mêmes que ceux des couples gays. Il existait pourtant bien d’autres solutions plus intelligentes. L’opposition à cette loi suscita de très importantes manifestations, mais malheureusement sans porter aucune autre proposition et parfois mêlée à des slogans homophobes.

Identiquement, l’attentat contre Charlie-Hebdo fut célébré au son de « Je suis Charlie ! », et des citoyens osant affirmer « ne pas être Charlie » furent poursuivis en Justice.

Il est désolant que les Français ne réagissent ni devant l’unanimité du Grand Capital, ni face aux injonctions de recourir aux mêmes dispositifs juridiques et de professer les mêmes slogans. Au contraire, ils persistent à considérer comme « fasciste » le Front national actuel sans autre argument que son lointain passé.

Peut-on résister au candidat du fascisme ?

Les Français pensent majoritairement qu’Emmanuel Macron sera un président à la Sarkozy et à la Hollande, un homme qui poursuivra leur politique. Ils s’attendent donc à voir leur pays décliner encore et encore. Ils acceptent cette malédiction croyant ainsi évacuer la menace de l’extrême droite.

Beaucoup se souviennent qu’à sa création le Front national rassemblait les perdants de la Seconde Guerre mondiale et de la politique socialiste de colonisation de l’Algérie. Ils se focalisent sur les figures de quelques Collaborateurs avec l’Occupant nazi sans voir que le Front national d’aujourd’hui n’a absolument rien en commun avec ces gens-là. Ils persistent à tenir pour responsable du drame algérien le sous-lieutenant Jean-Marie Le Pen (le père de Marine) et à exonérer de leurs responsabilités les dirigeants socialistes de l’époque, particulièrement leur terrible ministre de l’Intérieur, François Mitterrand.

Nul ne se souvient qu’en 1940, c’est un ministre fasciste, le général Charles De Gaulle, qui refusa l’armistice de la honte avec l’Allemagne nazie. Cet homme, dauphin officiel du maréchal Philippe Pétain (qui était le parrain de sa fille), se lança seul dans la Résistance. Luttant contre son éducation et ses préjugés, il rassembla lentement autour de lui, contre son ancien mentor, des Français de tous horizons pour défendre la République. Il s’adjoint une personnalité de gauche, Jean Moulin, qui, quelques années auparavant, avait secrètement détourné de l’argent du ministère de la Marine et trafiqué des armes pour soutenir les Républicains espagnols contre les fascistes.

Nul ne se souviens qu’un collègue de De Gaulle, Robert Schuman, apposa sa signature à l’armistice de la honte, puis, quelques années plus tard, fonda la Communauté économique européenne (actuelle Union européenne) ; une organisation supra-nationale imaginée sur le modèle nazi du « Nouvel Ordre européen », contre l’Union soviétique et aujourd’hui contre la Russie.

Le modèle Obama-Clinton

Emmanuel Macron a reçu l’appui de l’ancien président états-unien Barack Obama. Il a réuni une équipe de politique étrangère composée des principaux diplomates néo-conservateurs et ne fait pas mystère de soutenir la politique extérieure des Démocrates US.

Barack Obama, s’il a présenté sa politique extérieure avec une rhétorique diamétralement opposée à celle de son prédécesseur, le Républicain George W. Bush, a dans la pratique marché en tous points dans ses pas. Les deux hommes ont successivement conduit le même plan de destruction des sociétés du Moyen-Orient élargi qui a déjà fait plus de 3 millions de morts. Emmanuel Macron soutient cette politique bien que l’on ne sache pas encore s’il entend la justifier par la « démocratisation » ou par la « révolution spontanée ».

Si lors de l’élection US, Hillary Clinton a été battue, Emmanuel Macron devrait être élu en France.

Rien ne prouve que Marine Le Pen sera capable de jouer le rôle de Charles De Gaulle, mais trois choses sont prévisibles :
 De même qu’en 1940, les Britanniques, ravalant leur dégoût, accueillirent De Gaulle à Londres, de même aujourd’hui les Russes soutiendront Le Pen.
 De même qu’en 1939, rares furent les communistes qui bravant les consignes de leur parti rejoignirent la Résistance, rares sont aujourd’hui les partisans de Jean-Luc Mélenchon qui franchiront le pas. Mais à partir de l’attaque nazie de l’URSS, c’est tout le Parti communiste qui soutint De Gaulle et forma la majorité de la Résistance. Il n’y a pas de doute que, dans les prochaines années, Mélenchon se battra aux côtés de Le Pen.
 Emmanuel Macron ne comprendra jamais les hommes qui résistent à la domination de leur patrie. Il ne comprendra donc pas les peuples du « Moyen-Orient élargi » qui luttent pour leur indépendance réelle autour du Hezbollah, de la République arabe syrienne et de la République islamique d’Iran.

Réseau Voltaire

Voltaire, édition internationale

Voir les commentaires

Un gouvernement d’imbéciles

Publié le par Felli Bernard

Un gouvernement d’imbéciles


Paul Craig Roberts
Paul Craig Roberts

Par Paul Craig Roberts – Le 15 avril 2017 – Source paulcraigroberts.org

C’est devenu embarrassant d’être un Américain. Notre pays a connu successivement quatre présidents criminels de guerre. Clinton a lancé deux fois des attaques militaires contre la Serbie, ordonnant deux fois à l’OTAN de bombarder la Yougoslavie, en 1995 et en 1999, ce qui constitue deux crimes de guerre pour Bill. George W. Bush a envahi l’Afghanistan et l’Irak et attaqué des provinces du Pakistan et du Yémen depuis les airs. Cela correspond à quatre crimes de guerre pour Bush. Obama a utilisé l’OTAN pour détruire la Libye et a envoyé des mercenaires pour détruire la Syrie, commettant ainsi deux crimes de guerre. Trump a attaqué la Syrie avec des forces étasuniennes, devenant ainsi un criminel de guerre, dès le début de son mandat.

Dans la mesure où les Nations unies ont participé à ces crimes de guerre, de même que les vassaux européens, canadiens et australiens de Washington, tous sont coupables de crimes de guerre. Peut-être l’ONU elle-même devrait-elle comparaître devant le Tribunal des crimes de guerre, en même temps que l’Union européenne, les États-Unis, l’Australie et le Canada.

Un record. La civilisation occidentale, si c’est une civilisation, est la plus grande fauteuse de crimes de guerre dans l’Histoire humaine.

Et il y a d’autres crimes : la Somalie, les coups d’État d’Obama contre le Honduras et l’Ukraine, et les tentatives permanentes de Washington de renverser les gouvernements du Venezuela, de l’Équateur et de la Bolivie. Washington veut renverser celui de l’Équateur afin de capturer et torturer Julian Assange, le chef de file des démocrates dans le monde.

Ces crimes de guerre commis par quatre présidents américains ont provoqué la mort et les blessures de millions de civils et ont dépossédé et dispersé des millions de gens, qui sont maintenant arrivés comme réfugiés en Europe, au Royaume-Uni, au Canada et en Australie, amenant leurs problèmes avec eux, dont certains deviennent des problèmes pour les Européens, comme les viols collectifs.

Quelle est la raison de toute la mort et la destruction, ainsi que des flots de réfugiés qui submergent l’Ouest, dues à la violence nue de l’Occident ? Nous ne savons pas. On nous a raconté des mensonges : les « armes de destruction massive » de Saddam Hussein, dont le gouvernement américain savait de manière irréfutable qu’elles n’existaient pas. « L’usage d’armes chimiques par Assad », un mensonge évident et flagrant. « Les armes nucléaires iraniennes », un autre mensonge flagrant. Les mensonges sur Kadhafi en Libye sont si absurdes, qu’il est inutile de les répéter.

Quels étaient les mensonges pour justifier le bombardement des tribus au Pakistan, pour bombarder un nouveau gouvernement au Yémen ? Aucun Américain ne le sait ou ne s’en soucie. Pourquoi la violence des États-Unis contre la Somalie ? Là encore, aucun Américain ne le sait ou ne s’en soucie.

Ou les imbéciles ont vu un film.

La violence pour la violence. C’est ce que l’Amérique est devenue.

En effet, la violence est ce qu’est l’Amérique. Il n’y a rien d’autre là-bas. La violence est le cœur de l’Amérique.

Considérons non seulement les bombardements et la destruction de pays, mais aussi la violence gratuite et scandaleuse de la police contre les citoyens américains. Si quelqu’un doit être désarmé, c’est la police américaine. La police commet plus de « violence armée » que quiconque, et contrairement aux gangs de la drogue qui se battent pour le territoire, la violence policière n’a pas d’autre raison que l’amour de la violence contre d’autres humains. La police américaine a même tiré sur des enfants américains de 12 ans avant de poser la moindre question, en particulier s’ils sont noirs.

La violence est l’Amérique. L’Amérique est la violence. Les progressistes imbéciles en accusent les possesseurs d’armes à feu, mais c’est toujours le gouvernement qui est la source de la violence. C’est la raison pour laquelle nos Pères fondateurs nous ont donné le Deuxième amendement. Ce ne sont pas les possesseurs d’armes à feu qui ont détruit huit pays en totalité ou en partie. C’est le gouvernement des États-Unis, armé aux frais des contribuables, qui commet la violence.

Le goût de l’Amérique pour la violence pousse maintenant les imbéciles de Washington contre les gens qui peuvent retourner la violence : les Russes et les Chinois, l’Iran et la Corée du Nord.

En commençant avec l’imbécile Clinton, tous les gouvernements étasuniens ont rompu ou se sont retirés d’accords avec la Russie, des accords conclus dans le but de réduire les tensions et le risque de guerre thermonucléaire. Au début, Washington a couvert ses mesures agressives contre la Russie avec des mensonges, par exemple que les sites de missiles ABM à la frontière de la Russie sont là pour protéger l’Europe contre les ICBM nucléaires (inexistants) de l’Iran.

Le régime Obama a encore raconté des mensonges, mais il les a fait monter jusqu’à de fausses accusations contre la Russie et son président, afin de créer des tensions entre des puissances nucléaires, l’antithèse de la politique de Ronald Reagan. Pourtant les imbéciles progressistes aiment Obama et haïssent Reagan.

Saviez-vous que la Russie est si puissante et la NSA et la CIA si faibles et impuissantes, que la Russie peut déterminer le résultat des élections américaines ? Vous devez le savoir, parce que c’est tout ce que vous avez entendu du Parti démocrate totalement corrompu, de la CIA, du FBI, des médias prostitués américains et des imbéciles qui écoutent CNN, MSNBC, NPR ou lisent le New York Times et le Washington Post.

Vous avez certainement entendu au moins mille fois que la Russie a envahi l’Ukraine ; pourtant, la marionnette de Washington [Porochenko, NdT] siège toujours à Kiev. On ne doit pas avoir un QI supérieur à 90 pour comprendre que si la Russie avait envahi l’Ukraine, l’Ukraine ne serait plus là.

Saviez-vous que le président de la Russie, dont des enquêtes d’opinion mondiales montrent qu’il est le dirigeant le plus respecté dans le monde est, selon Hillary Clinton, « le nouvel Hitler » ?

Saviez-vous que le dirigeant le plus respecté au monde, Vladimir Poutine, est un parrain de la mafia, un bandit, une tarentule au centre d’une toile d’araignée d’espions, selon des membres du gouvernement des États-Unis, qui sont si stupides qu’ils ne peuvent même pas épeler leurs propres prénoms ?

Saviez-vous qu’on dit que Poutine, qui s’est abstenu de répondre agressivement aux provocations étasuniennes, non par peur, mais par respect de la vie humaine, veut à tout prix reconstruire l’Empire soviétique ? Pourtant, lorsque Poutine a envoyé des forces russes contre l’armée géorgienne, équipée et formée par Washington, que Washington envoyait pour attaquer l’Ossétie du Sud, l’armée russe a conquis la Géorgie en cinq heures ; et pourtant s’est retirée après avoir donné sa leçon aux imbéciles. Si Poutine voulait reconstruire l’Empire russe, pourquoi n’a-t-il pas gardé la Géorgie, une province russe pendant 300 ans, avant la dissolution par Washington de l’Empire russe, lorsque l’Union soviétique s’est effondrée ? Washington aurait été incapable de faire quoi que ce soit, si Poutine avait déclaré que la Géorgie devait de nouveau faire partie de la Russie.

Et maintenant, nous sommes embarrassés par le directeur de la CIA de Trump, Mike Pompeo, peut-être la personne la plus stupide d’Amérique. Nous avons là un imbécile du niveau le plus bas. Je ne suis pas sûr qu’il y ait là le moindre QI. Peut-être qu’il indique zéro.

Cet imbécile, s’il est qualifié à ce niveau, ce dont je doute, a accusé Julian Assange, le premier journaliste au monde, la personne qui, plus que quiconque, représente le Premier amendement de la Constitution des États-Unis, de démon qui est passé du côté des dictateurs et met en danger la sécurité de l’hégémonie américaine, avec l’aide de la Russie. Tout cela parce que WikiLeaks publie des documents provenant de sources officielles, révélant le comportement criminel du gouvernement des États-Unis. WikiLeaks ne vole pas les documents. Ceux-ci lui sont remis par des lanceurs d’alerte, qui ne peuvent pas tolérer l’immoralité et les mensonges du gouvernement américain.

Qui dit la vérité est par définition contre les États-Unis d’Amérique. Et l’imbécile Pompeo a l’intention de les avoir.

Lorsque j’ai lu l’accusation de Pompeo contre Assange, j’ai pensé que ce devait être une blague. Le directeur de la CIA veut abolir le Premier amendement. Mais Pompeo l’imbécile l’a effectivement dit.

Que devons-nous faire, quel est le monde à construire, lorsque nous avons de parfaits imbéciles comme directeur de la Central Intelligence Agency, comme président des États-Unis, comme conseiller national à la sécurité, comme secrétaire à la Défense, comme secrétaire d’État, comme ambassadeur américain aux Nations unies, comme rédacteurs en chef du New York Times, du Washington Post, de CNN, de NPR, de MSNBC ? Comment peut-il y avoir de l’intelligence, lorsqu’il n’y a que des imbéciles pour occuper des charges ?

La stupidité se révèle dans les actes. Le gouvernement chinois a dit que ces imbéciles d’Américains pouvaient attaquer la Corée du Nord à tout moment. Une immense flotte étasunienne se dirige vers la Corée du Nord. Celle-ci possède apparemment des armes nucléaires aujourd’hui. Une arme nucléaire nord-coréenne peut anéantir la totalité de la flotte américaine. Pourquoi Washington est-elle tentée par ce résultat ? La seule réponse possible est que c’est de la stupidité crasse.

La Corée du Nord ne dérange personne. Pourquoi Washington choisit-elle la Corée du Nord ? Est-ce que Washington veut la guerre avec la Chine ? Dans ce cas, est-ce que Washington abandonne la côte Ouest des États-Unis ? Pourquoi la côte Ouest soutient-elle des politiques impliquant la disparition de la côte Ouest des États-Unis ? Est-ce que les imbéciles de la côte Ouest pensent que les États-Unis peuvent provoquer une guerre avec la Chine, ou la Corée du Nord, sans aucune conséquence pour la côte Ouest ? Les Américains sont-ils complètement stupides ?

La Chine ou la Russie peuvent, chacune individuellement, anéantir les États-Unis. Ensemble, elles peuvent rendre l’Amérique du Nord inhabitable jusqu’à la fin des temps. Pourquoi les imbéciles de Washington provoquent-ils de grandes puissances nucléaires ? Les imbéciles de Washington pensent-ils que la Russie et la Chine se soumettront à des menaces ?

La réponse : Washington est une collection d’imbéciles, des gens stupides au-delà de la notion de stupidité. Des gens si éloignés de la réalité, qu’ils imaginent que leur hubris et leur arrogance les place au-dessus de la réalité.

Lorsque le premier Satan 2 frappera Washington, la plus grande collection d’imbéciles au monde cessera d’exister.

Le monde poussera un immense soupir de soulagement.

Faites-le venir ! Venez, les imbéciles, éliminez-vous vous-mêmes. Nous autres, n’en pouvons plus d’attendre.

Paul Craig Roberts

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>