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Bruits de guerre

Publié le par Felli Bernard

Bruits de guerre

Bruits de guerre

20 Août 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient, #Caucase, #Ukraine, #Russie, #Chine, #Extrême-Orient

La chaleur de l'été semble avoir gagné les esprits, ça se frotte et se triture un peu partout sur la planète. Achtung : même si cela reste pour l'instant dans les limites du raisonnable, un dérapage est si vite arrivé...

En Syrie, où la Chine décide de s'impliquer davantage en soutenant l'effort de guerre syro-russe, les loyalistes avancent sur la majorité du territoire. La poche rebelle de Daraya dans la banlieue de Damas ne sera bientôt plus qu'un mauvais souvenir et la Ghouta ne lui survivra pas beaucoup plus longtemps. Au nord d'Homs, les jets russes viennent de décapiter l'état-major barbu.

Mais c'est à Alep que se décidera le sort de la guerre. Là, le Hezbollah et l'armée syrienne sont en train de lentement mais sûrement refermer la brèche ouverte par les coupeurs de tête modérés début août. Une partie des territoires a été récupérée et l'on commence à tâter et piquer les défenses djihadistes restantes. Une attaque d'envergure vient d'ailleurs d'être déclenchée il y a quelques minutes. Pendant ce temps, les enfants de Ben Laden se font KALIBRer le portrait, à partir de la Méditerranée cette fois.

Guère étonnant dans ces conditions que les barbus aient lancé une nouvelle opération de com' avec la complicité intéressée de la MSN occidentale. Comment s'appelle l'enfant cette fois ? Ah oui, Omran... Pauvre gosse utilisé à des fins de grossière propagande. A quand la photo des mômes de la zone gouvernementale bombardés par les salafistes ?

Tout au nord, la situation dégénère entre Kurdes et armée syrienne a Hassaké. Certes, ce n'est pas la première fois : des clashs éclatent tous les deux-trois mois, vite éteints par le grand-frère russe qui a l'oreille des deux camps. Mais cette fois, cela semble plus sérieux. Difficile de dire comment a commencé la querelle (coup de menton kurde face au rapprochement russo-turc ?) mais elle est suffisamment importante pour que l'aviation syrienne ait bombardé des positions kurdes dans la ville pour la première fois depuis le début de la guerre.

Ce faisant, des "conseillers" américains présents avec les YPG kurdes sont passés bien près de la grande faucheuse, ce qui fait les gros titres aux Etats-Unis. L'excellent Moon of Alabama démonte l'hypocrisie US : que font donc ces "conseillers" si loin du front contre Daech ? Washington a-t-il le droit de répondre quoi que ce soit aux avions syriens survolant leur propre pays ?

Franchissons la frontière turque où il se passe également bien des choses. Le PKK est tout feu toute flamme et multiplie les attentats contre les policiers et militaires turcs. Le dernier en date a fait entre 3 (source Ankara) et 105 (source PKK) morts. Erdogollum, déjà aux prises avec le gülénisme et le séparatisme kurde, doit passer par tous les sentiments en ce moment... Mes rebelles syriens se font dézinguer mais je dois être gentil avec Moscou... Ah oui, je vais aussi à Téhéran dans quelques jours pour m'aligner sur la position russo-iranienne... Oh, les Américains retirent leurs armes nucléaires de ma base d'Incirlik, supposément sous la menace "terroriste". C'est vrai que je n'ai plus confiance en eux et ils n'ont plus confiance en moi... Mais qui donc me reste-t-il comme allié ? La vie est dure...

Et voilà que ça reprend dans le haut Karabagh entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, et cette fois, le très occupé sultan n'y est sans doute pour rien. Erevan et Bakou s'accusent mutuellement d'avoir rompu le cessez-le-feu difficilement trouvé après la crise du mois d'avril.

Dans ces conditions, comment l'Ukraine pourrait rester à l'écart et ne pas y aller de sa clownerie ? Nous avons vu comment l'affaire a débuté et que Moscou avait peu à y gagner, au contraire de la junte maïdanite au bord du gouffre et paniquée que le gaz russe ne transite plus par l'Ukraine. C'est maintenant l'escalade, verbale et symbolique pour l'instant. Poutine s'est envolé pour la Crimée tandis que Chocochenko évoque, comme d'habitude, une invasion russe. Ca doit être la 97ème depuis deux ans...

L'estomac est repu de tant de conflits mais vous reprendrez bien une lichette de Mer de Chine où la guerre des nerfs pour contenir le Heartland / percer le containment (barrez la mention inutile) bat son plein entre l'empire du Milieu et l'empire tout court. La tension est montée tout au long de l'été, Pékin s'exerçant même en vue d'une guerre "courte, soudaine et cruelle" (!) La militarisation des deux mers de Chine, méridionale et orientale (où Tokyo est prêt à déployer des missiles contre Pékin), n'est guère rassurante même si une ligne spéciale a été établie entre la Chine et l'ASEAN.

Il n'y a décidément pas que le réchauffement climatique qui enfièvre la planète... L'automne sera-t-il plus calme ? Rien n'est moins sûr.

NB : Je vous fais grâce du Yémen - où la coalition wahhabite prend l'eau, les Houthis commençant d'ailleurs à multiplier les incursions et les bombardements en territoire saoudien - et de la Corée du Nord où Kim III redouble ses vraies-fausses menaces...

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Le plan secret de l’establishment pour mener Trump à la présidence

Publié le par Felli Bernard

Pepe Escobar
Pepe Escobar

Le plan secret de l’establishment pour mener Trump à la présidence

"...Sous tout ce bruit et cette fureur, autre chose est (tranquillement) en cours. De puissants intérêts d'affaires soutiennent discrètement Trump, et loin du cirque médiatique, sont convaincus qu'il détient la feuille de route vers la victoire." Pepe Escobar

Par Pepe Escobar -Le 17 août 2016 – Source sputniknews

Hillary Clinton, la Reine du Chaos, la reine de la guerre, Golden Goldman Girl, à toutes fins pratiques est maintenant le candidat bipartisan officiel des néocons américains et des néoliberauxcons, ensemble.

Les extensions certifiées incluent Wall Street ; des hedge-funds sélectionnés ; des pom-pom-girls du TPP [Traité Trans-Pacifique] ; des interventionnistes du CFR [Council on Foreign Relations] ; des barons des médias ; des bonimenteurs pour les entreprises multinationales ; en fait pratiquement l’ensemble de l’establishment américain exceptionnaliste dûment endossé par les bipartisans méga-riches du 0,0001%.

Cela laisse Donald J. Trump dans la position étonnante du milliardaire narcissique, outsider qui rêve, d’une certaine manière, de pouvoir déjouer tout seul le système tout entier grâce à sa chutzpah [son culot] inépuisable.

C’est sous cette dynamique que Trump a été diabolisé avec une ferveur médiévale par les médias de masse américains. Son bagout non-stop – et ses turbo-tweet – ne l’aident certainement pas, contribuant à véhiculer l’impression qu’il passe son temps à provoquer les multitudes, sans relâche. Pour l’establishment, ses milliards ne signifient rien ; il est traité comme un clochard. Peut être est-il imperméable à l’empathie, mais d’autre part, ce genre de traitement continue de lui valoir une grande sympathie parmi les sans-dents, les masses blanches en colère non instruites à l’université.

Une renaissance industrielle des États-Unis ?

Sous tout ce bruit et cette fureur, autre chose est (tranquillement) en cours. De puissants intérêts d’affaires soutiennent discrètement Trump, et loin du cirque médiatique, sont convaincus qu’il détient la feuille de route vers la victoire. La question est de savoir s’il est capable d’apprivoiser son comportement erratique pour sceller l’affaire.

Son message principal, selon ces bailleurs de fonds, doit tourner autour de la destruction des industries américaines par des monnaies manipulées, et la « destruction des salaires des travailleurs américains par l’importation de main-d’œuvre illégale pas chère en provenance des pays au salaire d’un dollar par jour. »

Et cela s’accompagne d’un angle militaire d’une importance capitale en tant qu’argument infaillible. Comme le décrivent les soutiens de Trump : « L’océan Pacifique ne peut pas être utilisé pour le transport des composants vitaux et essentiels à notre complexe militaro-industriel. Dans l’éventualité d’une guerre avec la Russie ou la Chine, leurs sous-marins silencieux avancés, équipés d’armes anti-navires dernier cri, vont bloquer notre transport maritime, provoquant l’effondrement de notre production industrielle militaire dans une guerre, avec des conséquences catastrophiques. Ces usines de composants pour Intel et d’autres doivent être rapatriées, à la fois par des ajustements de taux de change et de tarifs douaniers ».

Alors Trump devrait marteler le message que tout nouveau crédit bancaire doit être lié à la reconstruction, aux États-Unis, des industries détruites, « soit en mettant fin à la manipulation des monnaie, soit en imposant des droits de douane. » Les bailleurs de Trump soutiennent que le crédit bancaire : « ne devrait pas être utilisé pour la manipulation des devises, ou pour le trucage des marchés boursiers. Il ne devrait y avoir aucun crédit bancaire pour la spéculation et absolument rien pour les fonds spéculatifs. Nous allons éliminer ces véhicules spéculatifs par d’énormes impôts sur les bénéfices commerciaux à court terme, en stoppant les avantages fiscaux sur les emprunts, et en interdisant tout crédit bancaire pour la spéculation. Que ces gens fassent un vrai trava
i
l
».

Ceci, en un mot, explique l’aversion viscérale de Wall Street pour Trump – des Bloombergs aux Blankfeins Lloyd. Quiconque est familier avec Wall Street sait que tous les marchés, matières premières et indices, sont truqués par des manipulations de règlements en espèces. Comme le dit un soutien de Trump basé à New York : « Rien que cela est une raison suffisante pour soutenir Donald J. Trump. Nous devons exiger que Carl Icahans et George Soros fassent un véritable travail en taxant leurs profits spéculatifs. Nous avons besoin de Henry Ford dans cette nation, quelqu’un qui crée et construit des industries, et non pas des pilleurs de Wall Street, qui trafiquent tout comme en 2008, puis utilisent leur pouvoir sur les politiciens achetés pour les sauver, après avoir jeté des dizaines de millions d’américains hors de leurs maisons « .

Selon cette feuille de route, qui est déjà sur le bureau de Trump – mais personne ne sait s’il l’a lue dans son intégralité, ou la mettra en œuvre – la lutte contre l’immigration clandestine et contre le trucage des devises créeraient, ensemble, rien moins qu’une renaissance industrielle aux États-Unis permettant de reconstruire des villes dévastées, comme Détroit. Essentiellement, la feuille de route appelle à remplacer des millions d’immigrants illégaux par des millions de citoyens américains sans emploi ; les partisans de Trump considèrent que le taux de chômage réel atteint le chiffre énorme de 23% aujourd’hui, sur la base de la méthodologie statistique élaborée par le Ministère du travail en 1955, « et non pas les statistiques faussées d’aujourd’hui. »

Pour résumer, cette feuille de route demande à Trump, une fois élu, de créer un parti transversal, ou une coalition trans-parti – comme c’est déjà arrivé à la Chambre et au Sénat lorsque Jesse Helms, d’un côté, John Conyers et Chuck Schumer de l’autre, ont effectivement fait un véritable travail.

Cela implique que Trump devrait s’imprégner des idées de Friedrich List sur l’économie nationale – la Zollverein League [Union douanière allemande 1834-1919, NdT] était essentiellement la méthode employée par la Prusse pour construire la nation allemande.

Une partie de ce qui précède a déjà filtré dans le programme économique annoncé par Trump. Maintenant commence la partie difficile – pour un homme qui a une capacité d’attention très courte et qui est habitué à gaver son auditoire par des tweets et des agressions sonores bruyantes – de vendre son plan de manière cohérente, sans engager des combats inutiles le long du chemin.

Mais Vlad a déjà gagné, de toute façon

Les sondages du moment semblent indiquer un glissement de terrain important vers Hillary. Les partisans de Trump sont définitifs, ils : « ignorent les sondages. Tout est truqué. »

Et puis il y a l’hystérie de l’« agression russe » qui enveloppe tout. Hillary est allée jusqu’à comparer le président Poutine à Hitler. Trump insiste sur le fait qu’il est prêt à faire des affaires avec Moscou – en commençant par une opération conjointe pour mettre fin à ISIS / ISIL / Daesh pour de
bon.

Pourquoi s’en faire ? Le Conomètre utilisé aux États-Unis par les médias traditionnels a continué en mode overdrive interstellaire de toute façon – alors que le vainqueur de l’élection présidentielle a déjà été baptisé, il s’agit – de qui d’autre ? : de l’omniscient Vladimir Poutine.

Une source familière avec les desseins des vrais maîtres de l’Univers prend la chose au sérieux : «En ce qui concerne la Russie, la question est décidée d’en haut, c’est là que la bataille a lieu. La décision dépasse Hillary et Donald, et Hillary sera mise en demeure de créer un rapprochement avec les Russes si elle est élue, et que c’est ce qui a été décidé. Si Trump gagne, c’est facile ; et s’il ne le fait pas, alors le fait qu’il en a parlé sera utilisé comme prétexte pour un changement de politique envers la Russie. La lutte est dans les coulisses maintenant».

Dans la mesure où « le trucage des monnaies sera terminé, comme nous avons déjà vu Jack Lew l’ordonner à l’Allemagne et au Japon », une nouvelle carte géoéconomique – peut-être sous Trump – s’orientera ainsi vers la fin de la guerre des prix du pétrole. Comme l’a dit un soutien de Trump : « Ceci est un objectif national des États-Unis, un prix plus élevé permettra de retrouver l’indépendance énergétique. Cela fait partie de la signification de la révolution de Trump ».

Selon une source proche de la Maison des Saoud, les Saoudiens et les Russes sont déjà impliqués dans des pré-négociations tortueuses sur la possibilité d’établir un prix du pétrole autour de $100 le baril : « Il devrait y avoir suffisamment d’intérêt mutuel entre les Saoudiens trahis par les néocons étasuniens – et à terme, détruits par eux – et les Russes qui peuvent empêcher ce
la
.
»

La fin de la guerre des prix du pétrole est quelque chose que le Pentagone ne sera pas en mesure de discuter. Comme le note un partisan de Trump : « il est dans l’intérêt vital du complexe militaro-industriel de réaliser l’indépendance totale de l’énergie, et de rapatrier toutes les industries militaires aux États-Unis. »

Par rapport au match de catch dans la boue, joué actuellement 24/24-7/7, tout cela peut sembler sorti tout droit d’Alice au pays des merveilles. Il n’y a aucune preuve qu’une telle ambition – controversée – dans l’ordre du jour puisse être vendue aux tireurs de ficelles, de JP Morgan jusqu’aux frères Koch. La création par Trump d’un parti transversal, d’une coalition trans-parti, ou même d’un mouvement post-parti ne réussira que si les acteurs importants de l’oligarchie au pouvoir sont d’accord, et il n’y a aucun signe que ça se passera comme ça.

Ce qui se passe sans relâche est une campagne massive de désinformation – un remix horrible de ces bonnes avalanches anti-URSS de la guerre froide. La Clinton Média Machine diffame même Michael Flynn, ancien chef de la DIA, qui soutient Trump. Trump avait conceptuellement raison quand il a dit qu’Obama et Hillary ont été les fondateur et co-fondateur d’ISIS / ISIL / Daesh. Voilà exactement ce que Flynn a admis dans cette fameuse interview, quand il a souligné que l’expansion du Califat bidon était une «décision volontaire» prise à Washington.

Pour résumer la situation telle qu’elle est, Trump ne lève pas assez d’argent pour compenser le formidable distributeur automatique de billets de Clinton. Maintenant vient le moment où il ne doit vraiment plus faire aucun prisonnier pour obtenir une exposition maximale – tout en essayant de vendre la feuille de route décrite ci-dessus, un tweet à la fois.

Et bien sûr, il y aura une surprise – d’octobre ou une autre. Rien n’a été décidé – pour le moment. Coningsby et Disraeli n’ont jamais été plus appropriés : « Donc, vous voyez, mon cher Coningsby, que le monde est gouverné par des personnages très différents de ce qui est imaginé par ceux qui ne sont pas dans les coulisses. »

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan : How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues : a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009), Empire of Chaos (Nimble Books) et le petit dernier, 2030, traduit en français.

Traduit et édité par jj, relu par nadine pour le Saker

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La psalmodie Trump-Clinton : l’unité hégémonique par une domination globale

Publié le par Felli Bernard

La psalmodie Trump-Clinton : l’unité hégémonique par une domination globale

La psalmodie Trump-Clinton : l’unité hégémonique par une domination globale

Par Norman Pollack – Le 10 août 2016 – Source CounterPunch

Hermann Goering Trump et Ilsa Koch Clinton forment un couple charmant. Ils sont irascibles dans leurs protestations d’américanisme, dans la variété de leurs styles et de leurs tempéraments. Néanmoins, ils convergent dans leur engagement pour le fascisme plébiscitaire et le capitalisme monopolistique le militarisme patriotique comme véhicule idéologique de la grandeur nationale.

Leur lien commun, au-delà d’une propension excessive au ressentiment indifférencié et à la haine, est la capacité − dans leur fonction de représentants politiques de grands partis − à mobiliser une réponse massive au fond xénophobe (la Russie, la Chine) et ethnocentrique (dissidents, radicaux, défenseurs de la paix). Pour Trump, les musulmans jouent le rôle que les juifs ont tenu pour Hitler ; pour Clinton, socialistes et pacifistes remplissent la même fonction historique. Les travailleurs, y compris les syndicats − d’où la dimension plébéienne du fascisme, contrairement à l’histoire et aux vœux pieux marxistes − sont devenus les troupes de choc qui poussent en avant les deux candidats vers la formule politique suivante : préparation à la guerre et, en ce qui concerne les intérêts de classe, auto-castration.

Le fascisme n’a jamais été aussi en forme en Amérique : qui a besoin d’un guttural Joe McCarthy, lorsque les spécimens qui ont la main sont prêts et disposés à mener ? La conversation a à peine changé. La caractérisation de l’anticommunisme irréductible, quel qu’en soit le nom − aujourd’hui terrorisme, hier radicalisme, anarchisme, ou socialisme −, le discours national sur l’insécurité et l’agression, est facilement converti en un cloaque de phobies généralisées. Celles-ci sont prises en charge à tous points de vue par les actions concrètes de la politique étrangère des États-Unis, où l’intervention et le changement de régime tiennent le reste du monde en respect.

Donc nous sommes ici, en attendant une autre élection présidentielle, qui, à vrai dire, ne fait qu’esquisser et redéfinir des thèmes qui prévalent depuis soixante-dix ans, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il y a eu peu d’exceptions chez les dirigeants, dans l’un ou l’autre des partis, à l’adhésion au Principe du Leadership : la fusion de la personne, de la structure sociale, et de l’économie politique ; peu d’orientations politiques et de mesures programmatiques pour entraver le cours imminent de l’enfermement fasciste ; peu ou pas de percées contre l’embrigadement des pensées sociales, caractérisé maintenant par la promotion généralisée de la surveillance voulue par Obama ; peu d’actes de résistance de la part des travailleurs contre la guerre, la concentration des richesses, le statut privilégié des intérêts particuliers, du secteur bancaire au Big Oil, à la médecine, aux produits pharmaceutiques, la liste peut se prolonger quasi-indéfiniment.

Où est l’Amérique ? La démocratie, depuis le XVIIe siècle, n’a jamais été l’un de ses points forts. La dialectique marxiste se distingue par son absence, la progression sans nuance d’une similitude en constante expansion. La Cité sur la colline se limite à un marécage d’absolutisme moral et d’indifférence à l’humanité. En prenant du recul, on voit Trump-Clinton comme l’expression singulière du mépris pour la démocratisation de la société, de l’économie et de la culture, un processus qui coïncide avec la valorisation des modèles autoritaires dans les affaires mondiales. Trump-Clinton ne sont qu’une seule voix lorsqu’il s’agit d’articuler et de projeter le pouvoir mondial, et cette voix se fait plus stridente − si c’est possible − lorsqu’on ajoute à un tel pouvoir l’universalité du capitalisme, comme seul système mondial légitime.

Malgré tous mes efforts, je ne vois pas entre eux l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette. Les groupes dominants sont sacro-saints, ce sont les meilleurs citoyens, ils doivent être vus comme les générateurs et les protecteurs de la richesse nationale, avec Trump-Clinton se partageant le gouvernail. Wall Street et les entreprises américaines en général, ne pourraient être plus heureux en voyant cette façon de tracer les frontières de la politique. Grattez un peu le vernis du candidat, que ce soit l’un ou l’autre, vous découvrirez le monde souterrain de la puissance militaire pratiquement illimitée, en portée et en taille, attendant avec impatience le moment de bondir. Que l’autarcie soit conçue comme nationaliste (Trump) ou internationaliste (Clinton), son message d’autosuffisance par la militarisation de l’exceptionnalisme est entendu haut et fort.

Que sont devenus les principaux partis politiques de l’Amérique, sinon des agents de consensus interne, supprimant le changement politique pendant que l’exercice du pouvoir est canalisé dans le système élitiste du Grand Capital Monopolistique, dans lequel l’armée est accueillie à bras ouverts. Trump rivalise avec Clinton en vantant les vertus de la force et de la grandeur nationale, qui se résument à l’autorité auto-accréditée pour définir et réglementer la politique internationale dans le but, entre autres choses, de la purification idéologique mondiale. C’est comme si l’impérialisme, centré sur la pénétration du marché, avait cédé la place à la domination pour elle-même. Et en complément, nous voyons un réveil de la violence pour détourner l’attention du peuple des échecs du capitalisme, désarmer ainsi la critique et en même temps serrer les vis du cadre de la distribution inégalitaire de la richesse et des revenus.

Novembre approche, républicains, démocrates, Trump, Clinton, qui s’en soucie ? Les partis politiques ont tracé la route vers le déclin depuis si longtemps, qu’un atterrissage en douceur de plus ne sera guère remarqué. Avec un aplomb orgueilleux, nous appelons cela la normalisation de la pratique démocratique. Avec le temps qui passe, de moins en moins d’Américains voient encore la mascarade. Dans ce contexte, le fascisme rencontrera peu de résistance quand son moment sera venu, pavoisant même avec des confettis jetés depuis les balcons.

Norman Pollack

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Le gouvernement russe reconsidère sa politique néolibérale

Publié le par Felli Bernard

Sergeï Glaziev
Sergeï Glaziev

Le gouvernement russe reconsidère sa politique néolibérale


Par Paul Craig Roberts et Michael Hudson – Le 11 août 2016 – Source thesak
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Selon divers rapports, le gouvernement russe est en train de reconsidérer la politique néolibérale qui a si mal servi la Russie depuis l’effondrement de l’Union soviétique.

Si la Russie avait adopté une politique économique intelligente, son économie serait très en avance sur ce qu’elle est aujourd’hui. Elle aurait évité la majeure partie du pillage de son capital par l’Ouest en s’appuyant sur l’auto-financement.

Washington a profité d’un gouvernement russe démoralisé, qui se tournait vers lui pour le guider dans l’ère post-soviétique. Pensant que la rivalité entre les deux pays avait pris fin avec l’effondrement soviétique, les Russes ont fait confiance aux conseils américains pour moderniser leur économie, avec les meilleures pratiques des idées occidentales. Au lieu de cela, Washington a abusé de cette confiance, et a chargé la Russie avec une politique économique visant à dépecer les actifs économiques russes et à transférer leur propriété dans des mains étrangères. En incitant la Russie à accepter des capitaux étrangers et à exposer le rouble à la spéculation monétaire, Washington a fait en sorte que les États-Unis puissent déstabiliser la Russie, par des sorties de capitaux et des attaques sur le taux de change du rouble. Seul un gouvernement peu familier avec l’objectif néoconservateur d’hégémonie mondiale des États-Unis pouvait exposer son système économique à une telle manipulation étrangère.

Les sanctions que Washington a imposées – et contraint l’Europe à imposer – à la Russie montrent à quel point l’économie néolibérale travaille contre la Russie. Son dogme de taux d’intérêt élevés et d’austérité a coulé l’économie russe – inutilement. Le rouble a été affaibli par les sorties de capitaux, ce qui a entraîné la Banque centrale russe, soumise aux politiques néo-libérales, à dilapider les réserves de change de la Russie dans un effort pour soutenir le rouble, mais a en réalité soutenu la fuite des capitaux.

Même Vladimir Poutine trouve attrayante la notion romantique d’une économie mondiale à laquelle chaque pays a un accès égal. Mais les problèmes résultant de la politique néo-libérale l’ont forcé à se tourner vers le remplacement des importations par des marchandises produites dans le pays, afin de rendre l’économie russe moins dépendante de l’extérieur. Poutine s’est aussi rendu compte que si la Russie devait avoir un pied dans l’ordre économique de l’Ouest, elle avait également besoin d’avoir l’autre pied dans le nouvel ordre économique en cours de construction avec la Chine, l’Inde et les anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale.

L’économie néolibérale prescrit une politique de dépendance qui se fonde sur les prêts et les investissements étrangers. Cette politique crée de la dette en devises et transfère à l’étranger les bénéfices russes. Ce sont des vulnérabilités dangereuses pour une nation déclarée par Washington comme étant «une menace existentielle pour les États-Unis».

Les élites économiques que Washington a mises en place en Russie sont d’idéologie néolibérale. Plus particulièrement, la dirigeante de la Banque centrale russe, Elvira Nabiullina, le ministre du Développement économique Alexei Ulyukayev, et les ministres des Finances actuels et anciens, Anton Siluanov et Alexei Kudrin, sont des néolibéraux doctrinaires. Cette foule voulait régler la question du déficit budgétaire de la Russie par la vente d’actifs publics à des étrangers. Si elle est effectivement réalisée, cette politique donnera à Washington plus de contrôle sur l’économie russe.

Face à cette bande d’«économistes de pacotille» se dresse Sergeï Glaziev avec Boris Titov et Andreï Klepach comme alliés.

Ce trio comprend que les politiques néolibérales risquent de déstabiliser l’économie de la Russie, en la rendant vulnérable aux agressions de Washington, qui veut punir le gouvernement russe pour ne pas suivre sa politique étrangère. Leur but est de promouvoir une plus grande autonomie en Russie, afin de protéger la souveraineté de la nation et la capacité du gouvernement à agir dans le sens des intérêts nationaux, plutôt que de soumettre ces intérêts à ceux de Washington. Le modèle néolibéral n’est pas un modèle de développement, mais de prédation pure et simple. Les Américains ont décrit cela en caractérisant la Russie, et d’autres, comme des «coupeurs de bois et des porteurs d’eau» – ou, dans ce cas, pétrole, gaz, platine et diamants.

L’autosuffisance signifie ne pas être dépendant des importations ni des capitaux étrangers pour des investissement qui pourraient être financés par la Banque centrale de Russie. Cela signifie également garder les parties stratégiques de l’économie dans les mains du public, et non du privé. Les services d’infrastructure de base devraient être fournis à l’économie au prix de revient, sur une base subventionnée ou libre, et non pas remis à des propriétaires étrangers pour en extraire une rente monopolistique. Glaziev veut aussi que la valeur de change du rouble soit fixée par la Banque centrale, et non par les spéculateurs sur le marché des devises.

Les économistes néolibéraux ne reconnaissent pas que le développement économique d’une nation avec des dotations en ressources naturelles, telle que la Russie, peut être financé par la Banque centrale en créant l’argent nécessaire pour entreprendre les projets. Ils prétendent que ce serait inflationniste. Les néolibéraux nient le fait reconnu depuis longtemps que, en termes de quantité d’argent, cela ne fait aucune différence que les prêts proviennent de la Banque centrale, de banques privées ou même de l’étranger. La différence est que si l’argent provient de banques privées ou de l’étranger, l’intérêt doit leur être payé et les bénéfices doivent être partagés avec les investisseurs étrangers, qui se retrouvent avec un certain contrôle sur l’économie.

Apparemment, les néolibéraux en Russie sont insensibles à la menace que Washington et ses vassaux européens représentent pour l’État russe. Sur la base de mensonges, Washington a imposé des sanctions économiques à la Russie. Cette diabolisation politique est aussi fallacieuse que la propagande économique néolibérale. Sur la base de ces mensonges, Washington a mis en place des forces militaires et des bases de missiles sur les frontières de la Russie et dans les eaux russes. Washington cherche à renverser les gouvernement des anciennes provinces russes ou soviétiques, pour y installer des régimes hostiles à la Russie, comme en Ukraine et en Géorgie. La Russie est toujours diabolisée par Washington et l’OTAN. Washington a même politisé les Jeux olympiques, en empêchant la participation de nombreux athlètes russes.

En dépit de ces mouvements hostiles manifestes contre la Russie, les néolibéraux russes croient encore que les politiques économiques que Washington encourage en Russie sont dans l’intérêt de la Russie, et ne visent pas à prendre le contrôle de son économie. Accrocher le destin de la Russie à l’hégémonie occidentale dans ces conditions condamnerait sa souveraineté.

Paul Craig-Roberts et Michael Hudson

Traduit et édité par jj, relu par nadine pour le Saker Francophone

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Pékin dénonce « l’agression américaine », espère un nouvel ordre mondial sino-russe

Publié le par Felli Bernard

Pékin dénonce « l’agression américaine », espère un nouvel ordre mondial sino-russe

Pékin dénonce « l’agression américaine », espère un nouvel ordre mondial sino-russe

Par SputnikNews – Le 14 août 2016

Alors que la politique des États-Unis et de l’Europe devient de plus en plus agressive envers la Chine, Pékin commence à envisager la formation d’une alliance avec la Russie pour contrer l’OTAN.

À l’occasion du 95è anniversaire de la naissance du Parti communiste chinois, le mois dernier, Xi Jinping a fait un discours considéré comme incendiaire par les analystes, dans lequel il appelle à créer une union militaire avec la Russie, qui rendrait l’OTAN « sans pouvoir » et « mettrait fin aux élans impérialistes de l’Occident ».

Cette forte déclaration tombe au moment où tant Pékin que Moscou se trouvent dans une position vulnérable face à une politique étrangère américaine de plus en plus agressive, avec ses fréquentes simulations de guerre à grande échelle aux frontières des deux pays et la mise en place de boucliers antimissiles à des endroits stratégiques, qui limitent la capacité de la Russie et de la Chine de se défendre en cas de conflit.

« Le monde est au bord d’un changement radical, a déclaré un président chinois de plus en plus frustré. Nous voyons comment l’Union européenne est en train de se désintégrer, de même que l’économie américaine. C’en est fini du nouvel ordre mondial. »

Ce discours semble aussi fait pour calmer les dissidents en Chine, où l’on voit déjà des fonctionnaires demander aux citoyens d’être vigilants face aux agitateurs anti-gouvernementaux qui pourraient être des agents de l’Occident, alors que l’administration étasunienne se mêle de la dispute au sujet de la mer de Chine méridionale, en se joignant aux autres pour demander que Pékin soit évincé de son territoire historique et en se servant d’un arbitrage douteux qui a été considéré comme invalide, car Pékin ne reconnaît pas la juridiction de la Haye.

La perte de son territoire en mer de Chine méridionale représenterait un sérieux revers pour les aspirations économiques de Pékin, car 40% du transport maritime mondial passe par cette région, qui héberge aussi les plus grandes réserves de pétrole et de gaz naturel au monde.

Cherchant le soutien de ses compatriotes, Xi Jinping a déclaré : « Ce ne sera jamais plus comme avant. Dans 10 ans, nous aurons un ordre mondial nouveau, dont la clé sera l’union de la Russie et de la Chine. »

Le président russe, Vladimir Poutine, soutient depuis longtemps le développement d’une alliance militaire et économique avec la Chine, se référant au niveau de coopération actuelle comme « un partenariat stratégique profond ».

Alors que la communauté internationale s’en prend à Pékin par l’intermédiaire du verdict sur la mer de Chine méridionale et l’installation d’un système anti-missiles THAAD en Corée du Sud, la Russie a continué à soutenir la Chine en s’engageant avec elle dans de grandes manœuvres militaires conjointes dans le Pacifique.

Article original publié dans Sputnik News

Traduit par Wayan, relu par Catherine pour le Saker Francophone.

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De l’esprit de mensonge dans les relations OTAN-Russie. La tension monte

Publié le par Felli Bernard

De l’esprit de mensonge dans les relations OTAN-Russie. La tension monte

De l’esprit de mensonge dans les relations OTAN-Russie. La tension monte

Par Mefrange – Le 6 août 2016 – Agora Vox

Quand on ment à des gens qui savent que vous mentez, tout ceci ne dure naturellement qu’un temps, et vient fatalement un moment où l’on s’entend dire « maintenant ça suffit ».

C’est ce qui se passe entre l’Ouest et la Russie, et qui commence à se passer entre les opinions publiques occidentales et leurs élites discréditées.

Chacun fait ce qu’il peut avec ses moyens. Depuis 2012, on a écrit un certain nombre d’articles, tous datés, en restant toujours modeste et lucide : ne se perdraient-ils pas nécessairement dans l’océan du bruit formé par des millions d’autres, disant l’exact contraire. Cinquante-et-un pourcent des Français qui lisent des journaux ne les lisent pas sur internet, et les journaux TV et papiers sont cadenassés par la pensée unique/système.

Dans cette configuration, quel effet peuvent bien avoir des articles sur AgoraVox ? De minimes à insignifiants. Quel crédit avoir ?

Oui, mais seulement, derrière la façade, ça craque de partout, ça partage, ça re-blogue, ça youtube et d’article insignifiant en article insignifiant (non en qualité, naturellement, mais en audience réelle), un ça, neutre, qu’on peut appeler « esprit de réinformation et de résistance » est en train de gagner des points sur celui du conformisme, de la veulerie et de la prostitution. Un grand nombre des mensonges du système, relayés mécaniquement par habitude, ne passent plus. ll y a naturellement toujours la masse des imbéciles plus ou moins heureux, mais le mot de trahison commence à être ouvertement prononcé, sans honte ni peur, dans plusieurs pays occidentaux.

Après avoir bien ri sous Chirac et Sarkozy, un nombre de plus en plus grand de Français, laissons les autres, commencent à humer et se demander : « Mais qu’est-ce qui pue comme ça ? » Même en se bouchant le nez, on n’y arrive plus.

« La vérité se creuse comme un puits » écrivait Antoine de Saint-Exupéry. Bon, belle formule et on pourrait en rester là.

Plus intéressant est de savoir ce que signifie concrètement creuser un puits. Chose bien oubliée ! Un paysan nous a raconté comment il en avait creusé dans sa jeunesse.

  • D’abord ce n’est pas sans danger. Plusieurs n’en sont pas revenus, asphyxiés (plus d’air) ou victime d’un éboulement.
  • Ensuite il fait très chaud, très vite sous terre c’est dur et long, d’atteindre la nappe phréatique. Il faut creuser.
  • Ensuite il peut y avoir des rochers, et dans ce cas le chantier fait du sur-place ; il y a des moments de découragement : on n’y arrivera jamais. Il faut utiliser de la dynamite ou la barre à mine.
  • Enfin, atteindre la nappe phréatique ne se fait pas d’un coup. Ça commence d’abord à suinter, puis des jets d’eau de la taille d’un poing sont libérés de façon intermittente, puis d’autres, puis d’autres encore.
  • À la fin, ça pisse de partout et de tous les côtés et il faut arrêter. Le puits est creusé et la nappe dé-couverte.

Nous entendons « la vérité se creuse comme un puits » de cette façon et pensons qu’on en est arrivé au stade du suintement déjà bien visible de la vérité.

Sentant venir un vent mauvais, les autorités républicaines-européennes ont recours à quatre moyens pour essayer de reprendre la main :

  • La distraction-abêtissement : un Pokemon sort de la boîte. Pendant qu’ils jouent à ça, ils ne pensent pas et ça fait gagner du temps.
  • La répression : une matraque de plus en plus pesante et des gaz de plus en plus lacrymogènes.
  • La division (diabolos − διάβολος − celui qui divise). Monter les Français les uns contre les autres ou les protéger sélectivement. Les fragmenter. Processus différent de celui du bouc émissaire, qui vise au contraire à souder une communauté contre un individu, classe, groupe ethnique. On voudrait allumer une guerre civile, qu’on ne s’y prendrait pas autrement.
  • L’état de guerre, qui permet de suspendre les libertés fondamentales. En état de guerre, tout devient nettement plus facile à gérer. Ne pas être Charlie sera une maladie à traiter (sic) et écouter la propagande russe ou utiliser un VPN (réseau privé virtuel) un délit.
  • Tant que l’Occidental moyen n’aura pas compris que, pour avoir une idée de la réalité, il faut aujourd’hui penser à priori le contraire de ce que disent les médias dominants, il sera toujours berné. S’ils le disent, ça doit être (au moins en partie) faux.

La presse porte Obama aux nues en 2007, comme premier noir président des États-Unis ? Méfiance : « yes, we can » peut être compris de façon très différente selon les acteurs, comme le « Tout devient possible » de Sarkozy. Tout devient possible en effet (même la Libye) et il n’est pas faux qu’on puisse le faire (déstabiliser tout le Moyen-Orient).

« Vous rendez-vous compte de ce que vous avez fait ? » a lancé Vladimir Poutine à l’assemblée de l’ONU.

La presse vomit Trump et porte aux nues Hillary Clinton comme potentielle première femme présidente de l’histoire des États-Unis ? Méfiance ! Le président des États-Unis exécute d’abord les directives du gouvernement invisible, à 95 % composé d’hommes (en se basant sur la parité hommes / femmes aux réunions Bildelberg). De qui se moque-t-on ? Pour que progresse le droit des femmes, il faut qu’elles existent, non ? Il est vrai que les guerres mondiales ont été un facteur d’émancipation féminine, puisque les hommes étaient au front et qu’il fallait bien les remplacer dans les usines malsaines et délétères avec des cadences infernales, mais la troisième guerre mondiale est de nature différente : là, c’est destruction, chaos, famines et régression, au mieux, tant qu’une arme de destruction massive n’est pas lancée.

On laisse à d’autres l’analyse de la situation intérieure française, en nous concentrant sur les effets des mensonges de l’OTAN et des États-Unis comme destructeurs de la paix, la stabilité et la sécurité dans l’espace européen (pour parler orwellien).

Dans les relations internationales, on peut dater le revirement de 2012, après que la Russie de Medvedev eut été bernée à propos de la Libye, et de la seconde élection de Vladimir Poutine à la présidence de la fédération de Russie.

Comme cet article sera long, il sera coupé en morceaux pour ne pas fatiguer le lecteur. Ce sera d’ailleurs le dernier. On estime avoir fait largement notre part du travail bénévole de réinformation ou de lanceur d’alerte.

I : De la guerre, comme moyen de maintenir la structure d’un Empire en Occident (occire = tuer).

A : Le cas de la Grande-Bretagne avant 1914.

« Tout système tend à maintenir sa structure. » C’est une loi fondamentale des systèmes.

Au XIXe siècle, le système dominant est l’Empire britannique, financier, territorial, militaire, mercantiliste, utilitariste, libéral. A la fin du XIXe, le développement accéléré des États-Unis et de l’Allemagne lui font perdre son équilibre.

La France devient l’enjeu d’une lutte d’influence entre la Grande-Bretagne et l’Allemagne. Entre 1880 et 1911, l’Allemagne fait concessions sur concessions à la France. La volonté de réconciliation est bien réelle chez Bismarck, comme chez Guillaume II. Les économies sont complémentaires. Les deux pays ont à y gagner.

Mais ce sont les Anglais qui vont tirer leur épingle du jeu et faire en sorte que les pays du continent se détruisent mutuellement pour en sortir affaiblis, mais encore nettement dominants (diviser pour régner).

L’histoire ne se répète pas, l’état des techniques n’est pas le même, les mentalités sont différentes. Cependant des configurations peuvent se retrouver : des pays ne se font plus confiance, on assiste à une course aux armements, des milieux affairistes poussent à la guerre, une diplomatie secrète voire byzantine (Moyen-Orient) se met en place (le bon boulot à la Fabius).

Il y a un siècle, le sentiment de l’Allemagne d’être encerclée ne relevait pas de la « paranoïa de Guillaume II », comme le dit si rapidement Wikipedia, encyclopédie dont on commence à mesurer le caractère parfois partial. Bismarck n’était pas paranoïaque et comprenait très bien les implications de l’alliance franco-russe, les réseaux informels du prince de Galles à Paris, le caractère boiteux de l’alliance avec l’Italie (c’était lui qui l’avait conçue).

Pour contrer les clauses censées être secrètes (1892) du traité franco-russe (mais connues, naturellement) prévoyant l’aide militaire réciproque en cas d’attaque de l’Allemagne, Bismarck avait signé avec Nicolas II un anti-pacte secret pour annuler cette clause secrète : pas de guerre entre l’Allemagne et la Russie, en aucun cas.

Cet empilement de traités, clause secrète, anti-clause secrète, double-jeu, enchères qu’on fait monter (Italie), arrive naturellement, à un certain moment et en un certain endroit, au point d’ignition.

Ces clauses secrètes n’empêchaient pas Delcassé de nier leur existence, en présence de son homologue allemand. Comment parler avec un menteur ? Combien de temps peut-on supporter ça ? L’Allemagne finit par demander son renvoi, donnant un argument à la propagande anti-allemande.

Certains disent que c’est Angleterre qui, par l’intermédiaire de ses services secrets et des loges maçonniques très nombreuses en Angleterre, espionne, complote, crée des cellules terroristes dormantes ou non, achète des politiciens (Clémenceau), monte le Japon contre la Russie, la France contre l’Allemagne… Perfide Albion.

D’autres accusent l’Allemagne de déstabiliser le jeu en construisant une flotte de guerre moderne, en soutenant les révoltés Boers d’Afrique du Sud et en s’installant en Namibie. Impatience. Les États-Unis ont fait une guerre contre un empire espagnol en décrépitude avancée, pas contre Charles Quint. Les capacités de l’Empire britannique étaient redoutables en 1914 et même encore en 1939. Gandhi, lui, a su attendre.

D’autre accusent la Russie dont l’exceptionalisme pan-orthodoxe (Troisième Rome) remet en question tous les équilibres existants, notamment dans les Balkans.

D’autres font remarquer que l’idiot utile français avait une diplomatie réfractaire à l’idée d’en référer à la représentation nationale. Les clauses secrètes demeurent inconnues du Parlement, qui vote à l’aveugle des engagements terribles. C’est la diplomatie Delcassé, complétée par celle de Poincaré. Quant aux Français, naturellement, on ne leur a jamais rien demandé, sauf leur sang et leur or.

Tout ceci, sur fond des rivalités commerciales féroces de la première mondialisation. Le continent est instable et des alliances défensives ont pour effet de transformer un conflit local potentiel, en une déflagration européenne. Des exercices militaires visant de chaque côté à montrer sa force sont organisés de part et d’autre des frontières. Ces chicken games, comme disent les Américains, loin de dissuader, ont l’effet inverse : face à cette menace, on augmente de part et d’autre les crédits militaires. (Ils explosent dans le monde depuis 2000.) Les populations sont ignorantes ou manipulées par des journaux stipendiés, comme aujourd’hui. Pas de Pokemon pour distraire la masse des questions importantes : juste l’isolement, la routine des champs ou le labeur des usines ou des mines.

À ceci s’ajoutent des plans militaires excellents sur le papier et destinés à donner une victoire rapide à tous les camps : attaque à outrance + rouleau compresseur russe (France), rapidité, efficacité + bombes illimitées (Allemagne). À ceci, s’ajoute la contestation socialiste en Allemagne, France, Russie. Un ouvrier mobilisé ne fait pas grève et ne manifeste pas. L’état de guerre qui suspend élections, manifestations et qui envoie la population masculine aux frontières est toujours le joker des classes dirigeantes.

Édouard VII a brûlé sa correspondance avant de mourir. La cheminée sert à réduire les secrets d’État en cendres et on ne saura pas. La même chose a été faite dans la même tradition, concernant le cadeau de la bombe atomique fait à Israël par la France et l’Angleterre. On ne l’a su qu’à cause de la manie française de tout mettre dans des dossiers. Antony Eden, lui, avait tout mis au feu.

Par contre, selon Guillemin, dont on ne peut mettre en doute ni l’honnêteté ni le caractère scrupuleux de son travail, en ce qui concerne Delcassé / Poincaré / Cambon, on peut affirmer qu’il y a bien eu un feu vert français à la mobilisation russe en 1914, « On vous couvre », alors que la Russie n’était pas attaquée et que pas un pouce de son territoire n’était menacé. Non seulement la représentation nationale (qui représentait déjà peu) avait signé un chèque en blanc, mais en plus on avait changé le montant à la fin. Résultat : 1 300 000 morts et 50 % de la richesse française évaporée. Quant à la déstabilisation du Maroc, de la Libye actuelle donnée à l’Italie en échange de l’abandon du traité avec l’Allemagne, ce sont des faits historiques avérés et pas la paranoïa personnelle de Guillaume II.

Les clauses secrètes militaires anti-allemandes, qui accompagnent la levée de fonds russes sur la place de Paris (les emprunts russes), la jactance vaniteuse incorrigible et insupportable du coq qui chante sur son tas de fumier (bien pire qu’aujourd’hui, ce qui n’est pas peu dire), les promesses faites dont on ne verra jamais la couleur Outre-Rhin et naturellement les manœuvres anglaises qui dirigent de fait la politique française via le pion Clemenceau, finissent par mettre Guillaume II en difficulté dans son propre pays (le Iéna diplomatique de la reconnaissance du Maroc contre quelques miettes en Afrique centrale).

Déstabilisé et déçu, pris dans la nasse de la toile diplomatique tissée contre lui par la Grande-Bretagne, contraint de défendre son dernier allié plus ou moins fiable, l’empire bicéphale, Guillaume II se retrouve pris dans le guêpier balkanique qu’il ne peut en aucun cas maîtriser. Comment l’aurait-il pu ? Le parti anglais est très puissant à Vienne, en plus un parti anti-prussien existe aussi. L’Autriche-Hongrie n’est en rien un protectorat ou une colonie allemande avant 1914.

L’alliance franco-allemande aux économies complémentaires et capable d’équilibrer la Grande-Bretagne sur terre et sur mer n’aura pas lieu. Dès la fin 1914, les soldats d’un côté ou de l’autre des tranchées ne sauront plus trop pourquoi ils s’entretuent. Il célébreront Noël ensemble et il faudra des barbelés et de la propagande massive bourrage de crâne, pour les pousser à se battre jusqu’au dernier.

Dès 1930, l’Allemagne ayant disparu en tant que menace, l’Empire britannique tente de casser son autre rival, les États-Unis, au moyen du Japon et de la dévaluation de la livre sterling. Le coup a été très dur, mais les États-Unis ont survécu. Dès 1939, la guerre en Europe (cash and carry) est la manne qui sauve les États-Unis et dès 1941, la colonne vertébrale de l’Empire britannique est partiellement cassée (Hong-Kong − Singapour). L’Australie, les Indes et Suez menacés, ainsi que les communications avec le Canada, le Royaume-Uni en danger de désintégration sauve les meubles en laissant la place sans condition aux États-Unis en échange de leur relation spéciale, de la fusion des élites financières américano-britanniques et du maintien de leur empire invisible (paradis fiscaux).

Aujourd’hui, la Chine dépasse les États-Unis, bien loin encore d’être en mesure de dicter ses conditions militairement. Quand on sait que la destruction de l’alliance franco-espagnole a pris un siècle (1715-1815 – Guerre de 7 ans et guerres napoléoniennes), que le passage de l’hégémonie britannique à l’américaine s’est fait après deux guerres mondiales, il faut s’attendre à des guerres terribles au XXIe siècle, notamment en Afrique et au Moyen-Orient.

On note au passage que l’Angleterre s’est bien positionnée, avec son adhésion à la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (AIIB) pour accompagner ces mutations gigantesques. L’Angleterre n’a pas d’alliés permanents, mais des intérêts permanents.

B : La Russie, État félon au système, dont il faut se débarrasser (Russia delenda est).

La Russie est aujourd’hui dans la situation de l’Allemagne d’avant 1914. Aujourd’hui, la puissance hégémonique [États-Unis, NdlR] se trouve déstabilisée économiquement (Chine), militairement (suite de guerres perdues, malgré des budgets colossaux), financièrement depuis 2008, médiatiquement (RT et internet diffusent autre-chose que la pensée unique ABC, BBC, CBS, NBC, NSBC, FOX, CNN, HOLLYWOOD, etc.). Et voilà que le phénomène Trump porte la dissidence au cœur du système (11 septembre, guerre d’Irak, état réel de l’économie, opération vérité Moyen-Orient). Une bombe permanente au cœur du système, en prime time. L’horreur absolue ! D’où l’hystérie (justifiée) du système. Trump = Poutine ou Trump = Hitler ou Trump n’aime pas les bébés, rumeurs d’assassinat. Dans tous les cas, une catastrophe pour les élites et leur agenda, qui est d’essayer de faire s’entre-tuer Russes et Européens de l’Est, pendant que les Européens de l’Ouest seront paralysés par la crise économique et des guerres civiles par importation des conflits moyen-orientaux.

Il est urgent de clarifier cet article 5 du Traité de l’Atlantique Nord, qui a servi a bombarder l’Afghanistan et à se débarrasser d’un chef d’État libyen qui ne menaçait pas un centimètre carré d’un pays de l’OTAN.

On va vers l’OTAN à la carte et à géométrie variable, en fonction des intérêts et des complots du moment. Il n’y a plus du tout de sécurité.

C’est d’autant plus urgent que tout s’accélère et, comme un conducteur dont la voiture roule de plus en plus vite et qui doit faire de plus en plus attention, il arrive un moment où les acteurs perdent le contrôle et où la situation dérape en un instant.

L’effroyable rapidité nécessaire de prise de décision et de réaction s’ajoute à la confusion produite par les diplomaties et les accords secrets, comme en Syrie, où on ne sait pas qui se bat avec quelles armes fournies par qui et après quels transits et trafics et quels retournements. Les combattants, comme les armes, passent d’un groupe à l’autre. C’est conduire une voiture à 200 km/h, avec un pare-brise sale sans lave-vitre.

Si un Trump fait irruption sur la route, c’est finalement assez providentiel. Tout les plans s’effondrent, et si les peuples ne jouent pas trop à Pokemon, ils devraient avoir quelques mois pour se ressaisir (l’année 2017 est celle de la toute dernière chance).

Rappel juridique du tribunal de Nuremberg : le crime contre la paix.

En 1914, la jurisprudence du tribunal de Nuremberg n’existait pas et l’histoire étant écrite par les vainqueurs, le récit de l’Allemagne seule responsable de la guerre permit en 1919 de presser le citron jusqu’à ce que les pépins craquent. Désarmement unilatéral, réparations insoutenables pour l’économie allemande, occupation de la Ruhr, interdiction du rattachement (voulu) des populations allemandes de l’ex-empire autrichien à la république de Weimar, au mépris du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Malheur au vaincu !

En 1945, le tribunal de Nuremberg, bien que partiel et partial (silence fait sur les bombardement volontaires de villes ne présentant pas de caractère militaire) a quoi qu’il en soit défini un cadre juridique encore pertinent, pour y voir plus clair dans le monde d’aujourd’hui. Ces principes ne sont pas obsolètes.

Il faut donner la définition exacte des termes utilisés ; les mots ont un sens.

  1. Crimes contre la paix : i) Projeter, préparer, déclencher ou poursuivre une guerre d’agression ou une guerre faite en violation de traités, accords et engagements internationaux ; ii) Participer à un plan concerté ou à un complot pour l’accomplissement de l’un quelconque des actes mentionnés à l’alinéa i ;
  2. Crimes de guerre : Les violations des lois et coutumes de la guerre, qui comprennent, sans y être limités, les assassinats, les mauvais traitements ou la déportation pour les travaux forcés, ou pour tout autre but, des populations civiles dans les territoires occupés, l’assassinat ou les mauvais traitements des prisonniers de guerre ou des personnes en mer, l’exécution des otages, le pillage des biens publics ou privés, la destruction perverse des villes ou villages ou la dévastation que ne justifient pas les exigences militaires ;
  3. Crimes contre l’humanité : L’assassinat, l’extermination, la réduction en esclavage, la déportation ou tout autre acte inhumain commis contre toutes populations civiles, ou bien les persécutions pour des motifs politiques, raciaux ou religieux, lorsque ces actes ou persécutions sont commis à la suite d’un crime contre la paix ou d’un crime de guerre, ou en liaison avec ces crimes.

À la lumière de la jurisprudence rétroactive du tribunal de Nuremberg, si beaucoup de crimes de guerre seraient imputables, à partir de 1914, à l’Allemagne (exécutions d’otages belges, gaz, bombardement des quartiers populaires de Paris, coupe des arbres fruitiers, empoisonnement des puits), le crime contre la paix, lui, incriminerait Poincaré, (Edouard VII ?), Delcassé, Clemenceau.

Si a existé un courant en Allemagne avant 1880, inquiet du redressement trop rapide de la France, après 1880, le seul crime imputable à l’Allemagne est de se développer. Les Alsaciens ne se révoltent pas contre un pouvoir oppresseur, parce qu’il ne l’est pas. Juste un changement de style et des carnets de commande bien remplis. Aucune persécution religieuse étatique contre les juifs, ni un gouvernement qui fermerait volontairement les yeux sur des pogroms. Au contraire, selon wikipedia, s’était créée en 1900 une symbiose germano-juive. Non pas cohabitation, ni multiculturalisme, mais symbiose avec un nombre significatif de conversions et de mariages mixtes. On ne constate pas de crime contre la paix en Allemagne avant août 1914.

Or, le crime contre la paix est naturellement le plus grave, celui qui rend possible les autres.

L’Occident coupable de crime contre la paix contre la Russie.

Aujourd’hui, Poutine a remplacé Guillaume II, dans la diabolisation mé(r)diatique occidentale (occire = tuer), alors que sa politique est fondamentalement conservatrice (préserver la Russie dans ses frontières de 1700).

C’est l’Ouest qui ne cesse de poser des actes déstabilisateurs majeurs. Poutine et Lavrov ont de bien meilleurs nerfs que Guillaume II et heureusement, compte tenu des enjeux qui se comptent en méga-morts.

On leur ment tout aussi effrontément, en tissant de la même façon une toile dont on n’ose pas imaginer les clauses secrètes.

Aujourd’hui la menace de l’OTAN qui fait défiler ses chars à Narva, à 300 m de la frontière russe et qui met en place des missiles qui peuvent détruire la dissuasion nucléaire russe, ne relève pas de la paranoïa russe. Ce sont des faits vérifiables, pour qui veut se donner la peine de le faire. Le traité stipulant que l’OTAN ne peut pas faire stationner de troupes dans les pays baltes a été contourné, en organisant une rotation permanente de troupes. L’esprit du traité est naturellement violé, même si on en respecte la lettre de façon assez minable.

Quel crédit peut ensuite avoir la signature de nos dirigeants ?

De même, l’article 18 de la convention de Montreux de 1936 interdit à des navires de pays non riverains de la mer Noire (aujourd’hui, les États-Unis avec leurs missiles Tomawhak et les Aegis, mais aussi les navires espions français) de rester plus de 21 jours d’affilée en mer Noire. Peu importe, on fera tourner en permanence des navires légers bourrés de missiles Tomahawk, dont les Russes ne peuvent pas savoir s’ils sont nucléaires ou pas (c’est la destination initiale du missile Tomawhak d’être nucléaire).

Pendant la préparation de la guerre de Géorgie de 2008, les navires marchands américains transportaient du lait en poudre.

Avant 2002, existait un traité assez restrictif ABM (anti balistic missiles) permettant aux deux parties de se faire relativement confiance. Mais l’esprit de mensonge planait à la surface des eaux de la thalassocratie américaine. Comme pour le lait en poudre, George Bush a dénoncé ce traité, au motif que les « relations avec la Russie ne relevaient plus de la guerre froide ». Ensuite, sont venus le bouclier anti-missiles contre la menace d’un missile iranien. L’épisode iranien et ses centrifugeuses ayant été réglé, il y a eu l’épisode révolution ukrainienne et annexion de la Crimée (putsch de la CIA, indépendance par référendum à 80 % pour l’autre partie). Puis une tentative de coup d’État (échec) s’est abattue sur la Turquie.

Comme pour l’Allemagne avant 1914 et comme l’UE pour les peuples, cette menace se met en place par petites touches, mais toujours dans le même sens, comme un plan pré-conçu. Coïncidences ? Paranoïa russe ?

La Russie est poussée lentement in the corner, au pied du mur, dans une situation stratégique intenable. Ni Saint-Pétersbourg, ni Moscou ne peuvent être à portée d’un missile d’on ne sait quelle arme, lancée de n’importe où sans contrôle.

Le 12 mai 2016 a été inaugurée en Roumanie la rampe de lancement Mk-41 qui, pour 700 millions d’euros, est censée lutter contre la menace iranienne.

  1. Pour les Russes, cette installation viole le traité des armes intermédiaires (500 à 5500 km) laborieusement signé le 8 décembre 1987. Pour l’amiral Vladimir Komoyedov, cette installation est une menace directe contre la Russie et pour cet ancien commandant de la flotte de la mer Noire : « Ils (les Américains) franchissent la ligne rouge. Ce n’est pas à 100 % dirigé contre nous, mais à 200%, 300%, 1000 %. Cela n’a rien à voir avec l’Iran, mais avec la Russie et son arsenal nucléaire. »
  2. Du côté américain, Franck A. Rose, secrétaire d’État adjoint au contrôle et à la vérification des armements, a fait savoir que les États-Unis comme l’OTAN ont dit clairement que ce système n’est pas destiné à affaiblir la capacité de dissuasion nucléaire russe.

Qui ment ?

Une crise des missiles d’Europe de l’Est se prépare inévitablement et, compte tenu des dirigeants occidentaux et de l’esprit de mensonge qui imbibe les médias système occidentaux comme un baba au rhum, il n’est pas sûr que la voie de la raison l’emporte.

Comme avec la politique Delcassé / Poincaré, les Russes sont fatigués par ces mensonges occidentaux permanents et de faire semblant de ne pas s’en rendre compte.

  1. Militarisation des pays baltes
  2. Coup d’État-changement de régime en Ukraine
  3. Tentative de coup d’État en Turquie.
  4. La manufacture d’al-Quaïda par la CIA
  5. Les armes données à l’opposition libre syrienne, qui se retrouvent chez DAESH
  6. Al-Nosra qui fait du bon boulot en Syrie
  7. La coalition contre État islamique aussi, qui bombarde pour de faux, en avertissant ceux qui vont être bombardés et en fermant les yeux sur des colonnes gigantesques de camions-citerne. (Les satellites américains et français peuvent lire une plaque d’immatriculation de l’espace, et passent à côté d’embouteillages de camions-citerne remplis à craquer de pétrole vendu à l’Europe ?)
  8. Des centaines de milliers de réfugiés de toutes nationalités, bien canalisés, qui peuvent faire 3000 km à pied en territoire européen, sans se perdre ni se disperser ?

Pas de paranoïa russe, ni syrienne, ni chinoise mais une avant-guerre, un agenda de déstabilisation comparable à celui mis en œuvre par Delcassé en son temps.

Si le Français moyen veut gober les mensonges que le journal gratuit lui débite, libre à lui, mais il le paiera cher. Depuis 2012, dans ce journal, on dit ce qui se passe, avec au moins 80 % à 90% d’exactitude. Le problème est que l’autruche post-moderne casse le thermomètre au lieu de réagir efficacement.

Qu’est ce qui interdit aux Français de réunir 10 millions de signatures (ou au moins 3 millions − en dessous, c’est inaudible) en faveur d’un pacte d’amitié et de non-agression avec la Russie ? Ou de définir une interprétation très restrictive de l’article 5 de l’OTAN (en attendant d’en sortir, pour le général Pinatel) et laisser les Polono-ukraino-baltes régler leurs différends avec la Russie ?

Pour des Français, ça ne vaut pas la vie d’un seul soldat français. C’est une souricière et un bourbier.

Les agriculteurs se plaignent de la crise : ont-ils compris que, faute de pouvoir exporter en Russie, la Pologne allait inonder le marché français de porc, lait, légumes ? Il fut un temps où les agriculteurs savaient mieux se faire respecter. Maintenant, ils se suicident en silence.

Agriculteurs français, on vous ment. Le récit « nous lèveront les sanctions quand Moscou appliquera intégralement les accords de Minsk » est faux et ridicule.

    1. Les accords de Minsk II sont signés entre le gouvernement de Kiev et les séparatistes. Pas avec la Russie, qui n’en est que le garant, avec la France et l’Allemagne.
    2. Le gouvernement de Kiev ne cesse de violer ces accords, qu’il n’a jamais eu l’intention de respecter. Le 22 juillet, le commandant des forces de la République de Donetsk a déclaré dans un communiqué, que la région le long de la ligne de front a été bombardée 3 566 fois par les forces de Kiev, en une semaine (source). Que fait Jean-Marc Ayrault, qui représente la signature de la France, garante de la bonne exécution des accords de Minsk II ? Rien. Le silence, l’omertà. Nous avions dit que le but de ces accords était de donner à une des parties vaincue sur le terrain, le temps de se refaire et de gagner du temps. Encore une analyse qui se révèle exacte avec le temps.
    3. Tout ceci, au frais des agriculteurs français et du tissu industriel, artisanal et agricole. Une telle rage, de la part d’un gouvernement, de détruire sa propre économie est du jamais vu depuis la révolution. « Suicidez-vous et fermez-la ».

Crimes contre la paix :

  • Le changement de régime par services secrets interposés, visant à faire basculer un pays neutre pour lui faire abandonner son statut de neutralité, le transformer en base de lancement d’une agression, la neutralité de ce pays ayant fait l’objet d’engagements internationaux et étant la garantie de la stabilité du continent.
  • L’extension de l’OTAN à l’Est, au mépris des engagements donnés en 1990 et qui prend de plus en plus la forme d’un plan concerté en vue d’une guerre faite à la Russie.
  • La militarisation effective des pays baltes, au mépris de l’engagement de ne pas y faire stationner de troupes, ressemblant à la remilitarisation de la Rhénanie en 1936 par Hitler.
  • La fourniture d’armes, l’entraînement, le financement d’une nébuleuse qui vide la Syrie de ses chrétiens d’Orient (du bon boulot, selon notre ex-ministre des Affaires étrangères).

On peut supprimer des Constitutions les articles concernant la haute trahison, la jurisprudence du Tribunal de Nuremberg reste imprescriptible. Pour l’instant, ces criminels internationaux sont protégés par l’hyper-puissance de leur(s) commanditaire(s) et ne s’inculperont pas eux-mêmes devant le TPI. Cela durera-t-il toujours ?

Dans un conflit, celui qui a le droit de son côté est psychologiquement le plus fort et quand les armes ne sont pas trop déséquilibrées, cela peut faire une différence considérable.

Mefrange

Article original publié sur Agora Vox

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Lettre aux musulmans, par Tahar Ben Jelloun

Publié le par Felli Bernard

Tahar Ben Jelloun
Tahar Ben Jelloun

Lettre aux musulmans, par Tahar Ben Jelloun

Par lesiteinfo

- 29 juillet 2016 à 17 h 43

Texte publié dans Le Monde du samedi 30 juillet 2016

Par Tahar Ben Jelloun

L’islam nous a réunis dans une même maison, une nation. Que nous le voulions ou non, nous appartenons tous à cet esprit supérieur qui célèbre la paix et la fraternité. Dans le mot « islam » il y a la racine du mot « paix ». Cet aspect a été gommé. C’est violence et brutalité qui apparaissent.

Même si c’est le fait d’un seul individu, les Musulmans sont embarqués dans l’ouragan de la barbarie. La notion de paix est trahie, déchirée et piétinée par des individus qui prétendent appartenir à notre maison et qu’ils ont décidé de la reconstruire sur des bases d’exclusion et de fanatisme. Pour cela ils ont recours à l’assassinat d’innocents. Aucune religion ne permet un tel détournement, une telle cruauté.

LIRE AUSSI: Réponse d’un musulman à la lettre de Tahar Ben Jelloun

Aujourd’hui, une ligne rouge a été dépassée : entrer dans une église, dans une petite ville de Normandie, et s’en prendre à vieil homme, un prêtre, l’égorger comme un vulgaire mouton, puis essayer la même chose avec une deuxième personne, la laisser gisant dans son sang, entre la vie et la mort, crier le nom de Daech puis mourir, c’est une déclaration d’une guerre d’un genre nouveau, une guerre de religion. Nous savons combien ça dure et comment ça se termine. Mal, très mal.

Alors, après les massacres du 13 novembre à Paris, ensuite le massacre de Nice et d’autres crimes individuels, voilà que la communauté musulmane, vous, moi, nos enfants, nos voisins, pratiquants ou pas, croyants ou pas, sommes sommés de réagir. Il ne suffit pas de s’insurger verbalement, de s’indigner encore une fois et dire « ça, ce n’est pas l’islam », non, cela n’est plus suffisant et de plus en plus de gens ne nous croient pas quand on dit que l’islam est une religion de paix et de tolérance.

Nous ne pouvons plus sauver l’islam, ou plutôt si nous voulons le rétablir dans sa vérité, dans son histoire, si nous voulons démontrer que l’islam ne consiste pas à égorger un prêtre, alors il faut sortir en masse dans les rues et s’unir autour du même message : dégageons l’islam des griffes de Daech.
Nous avons peur parce que nous sommes en colère. Mais notre colère est le début d’une résistance, voire d’un changement radical de ce qu’est l’islam en Europe.

Si l’Europe nous a accueillis, c’est parce qu’elle avait besoin de notre force de travail. Si la France a décidé le regroupement familial en 1975, c’est pour donner à l’immigration un visage humain. Alors, il faudra nous adapter aux lois et droits de la république.
Nous devons renoncer à tous les signes provocants d’appartenance à la religion de Mahomet. Nous n’avons pas besoin de couvrir nos femmes comme des fantômes noirs qui font peur aux enfants dans la rue. Nous n’avons pas le droit d’empêcher un médecin homme d’ausculter une musulmane. Nous n’avons pas le droit de réclamer des piscines rien que pour des femmes. Nous n’avons pas le droit de laisser faire des criminels qui ont décidé que leur vie n’a plus d’importance et qu’ils l’offrent à Daech.

D’autre part, nous devons parler, mettre en garde ceux parmi nous qui sont tentés par l’aventure criminelle de Daech. Ce n’est pas de la délation. Au contraire c’est un acte de courage pour assurer la sécurité de tous. Vous savez bien que dans chaque massacre, des Musulmans innocents sont parmi les victimes. Notre vigilance doit être tout azimut.
Alors que les instances religieuses bougent et fassent descendre dans la rue des millions de citoyens appartenant à la maison de l’islam, qu’ils soient croyants ou pas, et qu’ils disent haut et fort que cet ennemi qui égorge un prêtre fait couler le sang de l’innocent sur le visage de l’islam.

Si nous continuons à regarder passivement ce qui se trame devant nous, nous serons tôt ou tard complices de ces assassins.
Nous appartenons à la même nation, ce n’est pas pour autant que nous sommes « frères ». Mais pour le moment, pour prouver que cela vaut la peine d’appartenir à la même maison, la même nation, réagissons, sinon il ne nous restera plus qu’à faire nos valises et retourner dans le pays natal.

Lire aussi: Tahar Ben Jelloun-Jalil Bennani: regards croisés

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Histoires aériennes

Publié le par Felli Bernard

Histoires aériennes

Histoires aériennes

16 Août 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient, #Russie

Trois courtes mais intéressantes nouvelles du ciel...

  • La Douma a ratifié un accord entre Damas et Moscou permettant aux Russes de rester "indéfiniment" sur leur désormais fameuse base aérienne de Hmeymim, d'où décollent actuellement les Sukhois qui bombardent les terroristes immodérément modérés. De quoi être au centre de cette région chaque jour plus stratégique qu'est la Méditerranée orientale.
  • Moscou et Washington se rapprocheraient (le conditionnel est de mise) d'un accord en vue de bombardements conjoints sur Daech et sans doute Al Nosra autour d'Alep. Certes, il convient de rester prudent car la coopération russo-US en Syrie est un vieux serpent de mer qui n'a encore débouché sur rien ; toutefois, si cet accord est conclu, l'on assisterait grosso modo à un alignement états-unien sur le Kremlin, ce qui ne surprendra pas vraiment.
  • Peut-être le plus intéressant de tout : des bombardiers russes TU-22m3 sont actuellement présents sur la base iranienne de Hamadan d'où ils partent pour déverser leurs bonbons sur Daech, Nosra & co. Ils décollaient jusque là du sud de la Russie, car la base de Hmeymim ne dispose pas d'une piste assez longue pour accueillir ces mastodontes. Cet accord surprise et non encore divulgué permet de réduire grandement la distance (900 km au lieu de 2200 km), donc de multiplier les frappes. Surtout, il en dit long sur la force de l'entrisme russe au Moyen-Orient depuis un an. Il éclaire d'un jour nouveau l'étroite coopération irano-russe - si je ne m'abuse, c'est la première fois que Téhéran accepte des avions étrangers sur son sol - mais aussi la connivence de l'Irak, tout heureux de permettre le survol de son territoire - les Américains, présents dans le ciel irakien, ont-ils été mis devant le fait accompli par Bagdad ou ont-ils complaisamment donné leur feu vert ?

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COMMENT L’ETAT, L’EGLISE ET LES MEDIAS TOMBENT DANS LE PIÈGE SALAFISTE (par l’Imprécateur)

Publié le par Felli Bernard

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COMMENT L’ETAT, L’EGLISE ET LES MEDIAS TOMBENT DANS LE PIÈGE SALAFISTE (par l’Imprécateur)

Publié le 15 août 2016 par L'Imprécateur

Information tumultueuse le matin du 14 août sur les chaines de télévision !

RIO…

D’abord un grand bravo au gendarme marseillais Jean Quicampoix qui a gagné, à 20 ans, aux J.O. de Rio, la médaille d’argent à l’épreuve vitesse du tir au pistolet (5 cibles à toucher au cœur à 25 mètres en moins de 4 secondes !).


Jean Quicampoix, vice-champion olympique de tir

SYRIE…

Un autre bravo pour l’armée de Bachar El Assad qui a libéré hier la ville de Minjeb en Syrie et 2 000 de ses habitants de la tyrannie islamiste. Malgré les 400 morts causés par les bombardements américains (dont on ne sait pas précisément quel camp ils bombardaient), les habitants manifestaient leur joie devant les caméras, les femmes en enlevant le voile qui dissimulait leur visage, les hommes en se rasant la barbe. Les islamistes ayant – comme les nazis le faisaient autrefois – rasé le village avant de fuir, l’heure est maintenant à la reconstruction.

CORSE…

Grosse bagarre à Sisco en Haute Corse (quelques kilomètres au nord de Bastia), hier soir vers 18 h 30, entre les villageois et « des personnes extérieures à la commune« , dit le communiqué de ministre de l’Intérieur. En réalité « des maghrébins venus en famille, dont deux femmes en burqa, pour se baigner dans une crique » (Info BFMTV avant 6 heures). Après 6 heures il s’agissait sur BFM de « deux groupes communautaires » et il n’a plus été question ni de maghrébins, ni de femmes en burqa.

Pire, sur iTélé on n’a parlé que de « deux groupes de personnes« , Mais qui ? Des touristes chinois et des pinzuti (1) ? iTélé remporte la médaille d’or du politiquement correct docile aux instructions gouvernementales. 5 blessés, trois voitures de maghrébins brûlées. L’enquête devra déterminer les causes qui ont provoqué la bagarre. Monsieur Cazeneuve s’est rendu sur place à Sisco, venant de Lourdes où il est allé mettre un gros cierge dans la grotte pour prier la Vierge de faire gagner Hollande en 2017. Il raison, seul un miracle… Mais ce n’est pas le sujet. Il devrait méditer sur le niveau élevé d’exaspération des Français qui s’exprime en premier lieu chez les Corses, naturellement plus sensibles que les continentaux aux agressions colonialistes « extérieures », c’est LE mot juste du communiqué officiel, les Maghrébins sont « extérieurs » à la France.

LE PIEGE SALAFISTE…

Bravo à la CAF qui a retiré la subvention qu’elle avait accordée à une association de femmes musulmanes pour organiser un camp de vacances dans les Hautes Alpes. C’est par Le Figaro que la CAF a appris qu’un prédicateur salafiste devait venir « former » les jeunes à l’islam, alors qu’il aurait dû être expulsé au Mahgreb il y a plusieurs mois mais a été sauvé de l’exil par la clémence du ministère de l’Intérieur. C’est bien la preuve qu’à la CAF ils ne lisent pas que Le Monde, L’Huma, Libé et L’Obs, sinon, ils ne l’auraient jamais su, comme le disait Michel Charasse (2) qui plaçait Le Monde et Libération en tête de la désinformation en France.

Ce sont les faits. Cette association jusqu’ici irréprochable, qui œuvre pour sortir les jeunes des ghettos communautaires des cités, a très vraisemblablement été piégée par la nouvelle politique mise en action par les salafistes disciples des Frères musulmans (CFCM et UOIF) dans leur entreprise de conquête de la France. Je pense qu’elle a été piégée par un cadeau financier, mais il est possible aussi qu’elle ait subi de fortes « pressions » des autorités musulmanes officielles.

En effet, les salafistes jugent que les derniers attentats ont exacerbé la méfiance des Français envers l’islam. L’attentat terroriste est donc, pour le moment, contre-productif, mais cela ne signifie pas que les attentats s’arrêteront, EI est toujours actif. Ils développent une nouvelle stratégie : créer des incidents qu’ils pourront exploiter pour stigmatiser le racisme des autorités françaises qui traitent les musulmans comme des citoyens de seconde zone.

Premier exemple : le maire de Cannes a promulgué un arrêté interdisant le burkini sur les plages. Il estime que : « une tenue de plage manifestant de manière ostentatoire une appartenance religieuse, alors que la France et les lieux de culte religieux sont actuellement la cible d’attaques terroristes, est de nature à créer des risques de troubles à l’ordre public (attroupements, échauffourées, etc.) qu’il est nécessaire de prévenir ». La bagarre de Sisco lui donne raison, mais les Frères musulmans ont aussitôt exploité l’affaire, deux associations islamistophiles, dont la Ligue des Droits de l’Homme de Cannes, ont déposé plainte pour discrimination à caractère racial, etc…

Bernard Cazeneuve en selfie avec deux islamistes notoires : au milieu Amar Lafsar, frère musulman, président de l’UOIF et organisateur de voyages à La Mecque qui prône l’islam rigoriste et le voile pour les femmes, à gauche Abdelkader Sadouni, frère musulman, imam de Nice, qui prône un djihad offensif et justifie la lapidation des femmes. Heureusemnt que Cazeneuve lutte contre l’islamisme, sinon !..

Tariq Ramadan estime en effet que l’islam fera plus facilement la conquête de l’Europe par la culture que par la violence, d’où cette nouvelle stratégie qui de toute évidence fonctionne bien puisque le gouvernement comme l’Eglise se la laissent imposer. Et puisque nous sommes en été, c’est le burkini qui a été choisi comme arme de stigmatisation des Français. Quand le froid reviendra, ils reviendront, eux, aux revendications traditionnelles : menus halal dans les cantines, voile dans les lieux publics, mosquées en nombre insuffisant, imams dans les prisons, salles de prière musulmanes dans les édifices catholiques (c’est une nouveauté), etc. Et comme il faut « apaiser » et « dialoguer », comme nous l’expliqueront Hollande, Valls, Cazeneuve et les évêques, gouvernement et Eglise cèderont encore du terrain à l’islam conquérant. J’insiste sur ce mot de « conquérant » parce que c’est celui qu’utilisent les leaders de l’islam quand ils disent « Si dieu le veut, nous allons conquérir l’Europe« .

La stratégie islamiste d’été fonctionne bien comme on le voit aussi avec l’affaire de l’association Smile 13 qui avait loué un plagiste privé de Pennes-Mirabeau, Speedwater, pour organiser début septembre une journée de détente pour les femmes musulmanes des quartiers nord de Marseille. Elle précisait « pas de garçons de plus de 10 ans« , « burkini« , « jilbeb de bain » ou « maillot une pièce augmenté d’une jupe ou d’un short couvrant les genoux » et « le personnel plagiste sera mixte« . Dans ce cas aussi, il me paraît évident que les salafistes se sont servi de ces femmes pour piéger la classe politique locale et nationale, vous saurez comment à la fin de l’article.

Smile 13 a été créée le 12 janvier 2015, donc tout récemment, par des femmes de bonne volonté qui essaient de soustraire les musulmanes des quartiers nord de Marseille à la tyrannie musulmane de leurs maris et frères. « Tout simplement, parce qu’on a toutes besoin de petits moments comme ça où on pense JUSTE A NOUS lol SMILE13 organise régulièrement des journées piscine/détente entre femmes Les biens loués sont tous équipés d’une maison avec piscine sans vis à vis, certains avec jacuzzi / spa » (site internet smile13.asso@gmail.com).

Alors que des associations islamophiles protonazies, comme le MRAP, la LCR voire la LDH touchent des subventions colossales pour nuire aux patriotes français, Smile 13 ne reçoit aucune subvention publique affirme sa trésorière, Melisa Thivet, qui dit aussi « vivre à l’européenne » et « ne pas porter le voile ». « Nous sommes une association culturelle et sportive, pas cultuelle ».

Donc, nous avons une association privée qui loue à un organisme privé son établissement clôturé, son personnel des deux sexes et son matériel, en dehors des jours normaux d’ouverture, puisque la saison de Speedwater s’arrête le 4 septembre et que la réunion Smile 13 était prévue pour le 17. Elle le fait pour sortir, pendant une journée, des femmes exploitées des quartiers nord de Marseille ghettoïsés et quadrillés par les islamistes radicaux, bénéficiant de la bienveillance et souvent des subventions d’élus locaux avides de se constituer une clientèle électorale.

Pour rassurer les maris et les frères qui sans cela ne laisseraient pas sortir celles qu’ils traitent en femelles, elles leur assurent que cela se fera dans les règles de la bienséance islamique puisque le personnel masculin de Speedwater sera présent. Elles n’enfreignent aucune loi, aucun règlement, si ce n’est celui de Speedwater dont le règlement intérieur interdit le burkini en temps normal pour des raisons d’hygiène, comme il interdit aussi le short et le bermuda pour les hommes dans sa piscine. Mais comme il s’agit d’une location privée et hors saison, Speedwtar autorise l’entorse à son règlement.

De nombreuses mairies en France proposent leur piscine publique avec des horaires adaptés à des associations, confessionnelles ou non, qui demandent une forme de protection pour leurs adhérentes : juives loubavitch à Sarcelles parce qu’il leur est interdit de se baigner en présence d’hommes, femmes enceintes, obèses ou du troisième âge (Lille, Strasbourg par exemple). Smile 13 essaie d’améliorer la vie de musulmanes, elle n’est pas subventionnée et n’a que 200 adhérentes environ. C’est sur ce point qu’apparaît la manœuvre des salafistes.

Car la location de Speedwater était facturée « un peu moins de 15.000 euros » (3). Jolie somme pour une jeune association pauvre, avec peu d’adhérentes et non subventionnée ! Qui a proposé à Smile 13 de prendre en charge le coût de la location ? Qui a décidé de révéler publiquement la transaction légale et privée entre Smile 13 et Speedwater en la baptisant « burkini party » alors qu’elle n’est pas que cela et de loin ? Provoquant un tollé politique faisant le bonheur des Frères musulmans conquérants qui vont monter en mayonnaise l’intolérance de la République laïque, le deux poids deux mesures dont sont victimes les musulmans en France, l’oppression des femmes musulmanes par l’intolérance des Français « de souche », etc. C’est là que les autorités devraient enquêter, s’il y a encore un peu d’intelligence à l’Intérieur et PACA. De plus, prendre l’initiative d’indemniser Smile 13 qui en a bien besoin par une subvention conséquente pour le préjudice moral et financier subi.

L’Imprécateur

1 : le pinzutu, au pluriel pinzuti, est, en Corse, le Français continental

2 : Michel Charasse, gros fumeur de cigares de prix, ancien conseiller de Mitterrand, sénateur socialiste

3 : Source Le Monde qui n’a probablement pas compris qu’il dévoilait la manœuvre salafiste en publiant ce chiffre de 15.000 euros !

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3 réflexions au sujet de « COMMENT L’ETAT, L’EGLISE ET LES MEDIAS TOMBENT DANS LE PIÈGE SALAFISTE (par l’Imprécateur) »

  • Le 15 août 2016 à 23 h 01 min, Gloriamaris a dit :

    Speedwater est un établissement privé accueillant du public. Tant qu’il est ouvert au public, il est considéré comme un établissement public et doit se conformer à la loi de la République. Mais lorsqu’il est fermé au public, le propriétaire ou le gérant est libre d’organiser les journées privées qu’il veut et nul n’est fondé à s’y opposer. Chacun est libre de recevoir qui il veut chez lui et d’interdire arbitrairement l’accès à d’autres.
    Pour ce qui concerne les piscines publiques, que les municipalités réservent des créneaux horaires pour les personnes âgées, les femmes enceintes, les obèses ou les handicapés il n’y a rien à y redire. Cela fait partie de l’égalité républicaine. MAIS les créneaux horaires communautaristes pour les juives loubavitch, les emburkinées et autres intégristes religieux : NON ! LA RÉPUBLIQUE NE RECONNAÎT AUCUN CULTE ! AU-CUN ! Ni juif, ni muzz, ni navetiste ni aucune autre carabistouille du même tonneau. Si la chimère à machin lui interdit de se baigner avec d’autres baigneurs et baigneuses eh ben tanpis ! Il faut assumer les conséquences de son idéologie de merde ou en changer. Mais on n’a pas à me refuser l’accès de la piscine municipale payée avec mes impôts parce que des débiles y trempent et ne veulent pas de moi.

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  • Le 15 août 2016 à 20 h 54 min, yoananda a dit :

    bravo.

    Juste une précision : « Ils développent une nouvelle stratégie »
    Le fondateur des frères musulmans, Hassan Al Bana, grand père de Tariq Ramadan à fondé son mouvement en réaction à la chute du Califat Ottoman en expliquant que les occidentaux avaient la supériorité militaire (et qu’ils étaient les seuls fournisseurs d’armes) et donc qu’il fallait les conquérir par la ruse et non par la force.
    C’est ce qu’on toujours fait les frères musulmans.

    Ce n’est donc pas une stratégie nouvelle, et ce n’est même pas une adaptation face à notre (absence de) réaction après les attentats.
    Les attentats sont plutôt le fait des takfiristes (les salafistes étant le plus souvent quiétistes, non violents).

    Mais en fait, bien qu’utilisant des méthodes différentes ils poursuivent le même but. Au final, ils se complètent.

    BAD COP, GOOD COP.

    C’est une stratégie bien connue.
    Et c’est ça qui se passe actuellement en France. Notre gouvernement saute à pieds joints dans le piège.

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Le 15 août 2016 à 18 h 54 min, quatre huit a dit :

Nos « dirigeants » : nous leur mettrions le nez dedans qu’ils nous expliqueraient que c’est une crème au caramel à laquelle nous devons devenir accros car bonne pour la santé !!!
C’est foutu si nos militaires ne nous donnent pas le signal ………

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Bernard Cazeneuve en selfie avec deux islamistes notoires : au milieu Amar Lafsar, frère musulman,  président de l’UOIF et organisateur de voyages à La Mecque qui prône l’islam rigoriste et le voile pour les femmes, à gauche Abdelkader Sadouni, frère musulman, imam de Nice, qui prône un djihad offensif et justifie la lapidation des femmes. Heureusemnt que Cazeneuve lutte contre l’islamisme, sinon !..

Bernard Cazeneuve en selfie avec deux islamistes notoires : au milieu Amar Lafsar, frère musulman, président de l’UOIF et organisateur de voyages à La Mecque qui prône l’islam rigoriste et le voile pour les femmes, à gauche Abdelkader Sadouni, frère musulman, imam de Nice, qui prône un djihad offensif et justifie la lapidation des femmes. Heureusemnt que Cazeneuve lutte contre l’islamisme, sinon !..

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«La France est une terre de conquête pour l’Etat islamique»

Publié le par Felli Bernard

Nicolas Dhuicq
Nicolas Dhuicq

9 août 2016, 11:47

à RT France

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La guerre avec Daesh n'est pas seulement un conflit militaire mais aussi un affrontement culturel, estime le député de l’Aube Nicolas Dhuicq. Pour RT, il évoque les mesures qui, selon lui, permettront de gagner cette «guerre pour la civilisation».

Renoncer au financement étranger des mosquées françaises ne suffit pas pour combattre la radicalisation, estime le député-maire (Les Républicains). Pour Nicolas Dhuicq, il faut apprendre aux jeunes Français le «roman national» à l’école. Ils peuvent, certes, le contester après, mais dans les conditions d’une «guerre pour la civilisation», il est urgent pour les gens de réapprendre la fierté d’être Français.

Si cela n'est pas fait, pour Nicolas Dhuicq, la bataille est perdue...

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