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L’Ukraine approche de son moment de vérité économique

Publié le par Felli Bernard

Alexander Mercouris
Alexander Mercouris

L’Ukraine approche de son moment de vérité économique

Le jugement demandé par la Russie pour le remboursement des $3 milliards qu’elle a prêté est confirmé pour janvier 2017, cela accroît la pression sur l’Ukraine qui se débat déjà avec la dépression et le mal-être.

Par Alexander Mercouris – Le 8 septembre 2016 – Source The Duran

Les affirmations selon lesquelles l’Ukraine serait en mesure de retarder indéfiniment la requête en justice que la Russie dépose contre elle au Tribunal de commerce de Londres pour le remboursement des 3 milliards de dollars qu’elle doit à la Russie semblent se révéler fausses. Le ministre russe des Finances dit maintenant que l’affaire sera jugée par le tribunal le 17 janvier 2017. Le procès durera trois jours et devrait se conclure le 20 janvier prochain.

Il est peu probable que le Tribunal de commerce rende son jugement le 20 janvier 2017, le dernier jour du procès. Plus probablement, le jugement sera rendu quelques semaines plus tard.

Si le jugement est rendu contre l’Ukraine, tout le paquet du FMI négocié par elle l’an dernier, y compris son accord négocié avec ses créanciers privés, seront caducs. Le FMI a accepté que les 3 milliards de dollars de dette que l’Ukraine doit à la Russie soit considérés comme une dette publique – c’est-à-dire que la dette de l’Ukraine appartient à l’État russe, qui est membre du Club de Paris. Cela signifie que selon les règles du FMI, le prêt que ce dernier a accordé à l’Ukraine ne peut pas continuer, nonobstant certains changements de règles que le FMI a introduit l’an dernier.

Cela signifiera aussi que l’Ukraine fera défaut sur sa dette étrangère, posant un obstacle majeur à la capacité de son économie à obtenir des financements étrangers, soit directement à travers l’État ukrainien, soit par ses banques.

Comme je l’ai dit précédemment, la base hautement politique à partir de laquelle l’Ukraine conteste la demande russe est sans précédent et, dans des circonstances normales, serait vouée à l’échec. Personnellement, je m’attends aussi à un échec au Tribunal de commerce, malgré l’immense soutien politique que l’Ukraine a reçu de l’Occident.

Que le FMI attende aussi que la Russie gagne le procès se voit d’abord dans sa décision d’admettre que la dette que l’Ukraine doit à la Russie est une dette publique et ensuite dans son incapacité à faire des avances de paiements à l’Ukraine depuis le début de l’année.

J’ajouterai que si la Russie gagne son procès au Tribunal de commerce, bien que l’Ukraine ait le droit de faire appel, ce serait traité comme un défaut à partir du jugement du Tribunal de commerce. Cela ne changerait que si l’Ukraine l’emportait en appel.

Les enjeux pour l’Ukraine sont très élevés. Bien que de nombreux mois soient passés depuis que l’Ukraine a reçu un financement du FMI, elle continue à inclure ces fonds qu’elle n’a pas effectivement reçus dans son budget et continue à payer des montants de ce même budget sur cette base. S’il devait y avoir une confirmation formelle du FMI que ce financement ne sera pas alloué, et si l’Ukraine était officiellement mise en défaut, il n’est pas du tout clair comment elle pourrait combler ce trou dans ses finances.

De nouvelles coupes budgétaires pour combler ce déficit − alors que ses dépenses militaires sont toujours plus élevées − pèseraient gravement sur la population au moment où le gouvernement devient déjà de plus en plus impopulaire. L’alternative consistant à simplement imprimer de la monnaie pour payer la différence, dans les conditions de l’Ukraine, risquerait de provoquer une grande poussée d’inflation, ce qui augmenterait évidemment aussi la pression sur la population, bien que d’une autre manière.

L’autre option serait d’essayer de parvenir à une sorte d’accord avec la Russie sur le paiement de la dette. Cela, cependant, a été exclu, et il semble que pour l’actuel gouvernement ukrainien, ce soit politiquement inacceptable.

Dr. Nikolai Petro a écrit pour le National Interest un récit vivant de l’état de l’Ukraine trois ans après le coup d’État du Maidan. Sa lecture est profondément déprimante. Il brosse un tableau qui se détériore continuellement, où les pressions économiques sur la population augmentent constamment au milieu d’une corruption endémique, de la paralysie politique, de la fièvre belliqueuse, et de la baisse du moral national.

En plus de l’aide que l’Ukraine a obtenu de l’Occident – qui a toujours été juste suffisante pour empêcher l’Ukraine de s’effondrer mais jamais assez pour la remettre d’aplomb – le pays a eu une aubaine énorme et inattendue avec la chute des prix du pétrole qui ont eu lieu en 2014.

Cette chute a significativement levé la pression sur l’économie ukrainienne, lui permettant d’acheter du pétrole et du gaz à un prix bien inférieur à celui qu’elle payait avant le coup d’État du Maidan. Ce qui, à son tour, a redonné un peu d’élan économique à l’Ukraine, qu’elle pouvait et aurait dû utiliser pour se remettre.

Comme le montre l’article du Dr. Petro, cette aubaine a été gâchée. L’Ukraine, si c’est possible, est maintenant dans une situation encore pire que celle où elle se trouvait avant que l’aubaine se manifeste.

Bien que les prix du pétrole soient moins de la moitié de ce qu’ils étaient au premier semestre de 2014, ils ont commencé à remonter lentement et sporadiquement cette année. Les prévisions, cet été, d’une nouvelle chute des prix du pétrole ne se sont pas réalisées. Il est maintenant fort possible – bien qu’évidemment pas certain – que les prix du pétrole continuent à monter en 2017.

Si c’est le cas, et si le procès en janvier se termine contre l’Ukraine, elle pourrait se trouver en grande difficulté économique l’an prochain. À moins, bien sûr, que ses soutiens occidentaux soient préparés à augmenter leur aide économique bien au-delà de ce qu’ils avaient prévu de faire à ce jour.

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker francophone

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Éric Zemmour : « La France est en danger de mort »

Publié le par Felli Bernard

eric ZEMMOUR
eric ZEMMOUR

18 septembre 2016

Éric Zemmour : « La France est en danger de mort »

Alors que son nouveau livre Un quinquennat pour rien vient de paraître, le polémiste Éric Zemmour était l’invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFMTV.
Expliquant chercher à « poser un diagnostic », il a développé ses thèses ce vendredi matin. Il a ainsi assuré que la France était « en danger de mort ».
Il est peu après revenu sur l’affaire de Sisco, en Corse, où une rixe a opposé des musulmans à des villageois et a déclaré: « Le comportement des Corses est admirable, ils ne cèdent pas face à la pression islamique.
Ils ont raison de défendre leur territoire et leur id
entité. »

Pour le chroniqueur du Figaro littéraire, il y a « de nombreux territoires qui ne sont plus en France. Pour moi, un étranger, un immigré qui s’assimile au mode de vie français il devient français. Dans le cas contraire, j’appelle ça un colonisateur.«

Le droit des individus, « cheval de Troie » de l’islam selon Eric Zemmour

Et Eric Zemmour en veut au droit et à ce qu’il appelle la « religion des droits de l’homme »:

« Ce que je critique c’est le comportement des juges qui depuis 30 ans ont trahi la Déclaration de l’homme et du citoyen pour une tradition anglo-saxonne qui se contente de défendre uniquement les droits de l’homme, de l’individu tout-puissant.
C’est le cheval de Troie de l’islam qui en profite pour dire à chaque fois « c’est notre liberté! ». Les femmes sont voilées dans la rue, c’est notre liberté! L’islam est une structure collective, coercitive voire totalitaire qui se sert des droits des individus pour imposer sa vision et conquérir de nouveau des territoires et des espaces publics. »

Sur les prénoms: il persiste et signe

L’insistance d’Eric Zemmour sur la nécessité de donner un prénom français à ses enfants suscite actuellement la polémique. Sur le plateau de BFMTV, l’ancienne garde des Sceaux Rachida Dati lui avait notamment conseillé de se « faire soigner « . Devant Jean-Jacques Bourdin, il a cependant formulé une nouvelle fois son opinion :

« Il y a le corps social et le corps politique. En se donnant des prénoms qui ne sont pas dans la tradition française, les gens se mettent en-dehors du groupe. Le groupe ne les reconnaît pas comme étant totalement Français. »

Et pour Eric Zemmour, rendre hommage à ses racines via le prénom de son enfant n’est pas acceptable: « Vous croyez que les générations d’Italiens, Polonais, d’Espagnols qui ont fait l’effort de donner des prénoms français n’aimaient pas leurs pères et leurs mères ? »

source

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La grève de la faim palestinienne ébranle le monopole israélien de la violence

Publié le par Felli Bernard

La grève de la faim palestinienne ébranle le monopole israélien de la violence

La grève de la faim palestinienne ébranle le monopole israélien de la violence

Par Basil Farraj – Le 12 mai 2016 – Source Al-Shabaka

Alors que j’écrivais ces lignes, trois prisonniers palestiniens étaient en grève de la faim pour protester contre leur détention sans procès, une pratique recouverte du terme anodin de «détention administrative ». Sami Janazra en était à son 69e jour de grève et son état de santé était fortement altéré, Adeeb Mafarja à son 38e jour, et Fuad Assi à son 36e jour. Ces prisonniers font partie des quelques 700 prisonniers palestiniens qui sont actuellement en détention administrative dans les prisons israéliennes, une pratique dont Israël use et abuse en violation du droit international.

Les prisonniers politiques palestiniens font, depuis longtemps, la grève de la faim pour protester contre les violations de leurs droits par les autorités israéliennes. Selon l’association Addameer pour les droits humains et le soutien des prisonniers, la première grève de la faim de détenus palestiniens à eu lieu en 1968. Depuis, il y a eu plus de 25 grèves de la faim de groupes plus ou moins importants de prisonniers palestiniens dont les revendications allaient de la suppression de l’isolement carcéral et de la détention administrative à l’amélioration des conditions d’emprisonnement et à l’autorisation de voir sa famille.

Comme de plus en plus de prisonniers palestiniens sont contraints de se lancer, en dernier recours, dans de longues grèves de la faim, une forme de protestation désespérée consistant à s’infliger de grandes souffrances pour obtenir justice, il semble utile de se pencher sur l’utilisation de cet outil politique dans les différents pays et au cours des siècles passés et de mettre en lumière la façon dont les prisonniers palestiniens l’utilisent pour saper, entre les murs de leur prison, le monopole israélien de la violence.

Grèves de la faim présentes ou passées

Bien que les origines exactes de la grève de la faim – le refus volontaire de prendre de la nourriture sèche ou liquide – ne soient pas bien connues, il y en a eu à différentes périodes de l’Histoire et dans différents lieux géographiques. Les premières grèves de la faim ont été menées dans l’Irlande médiévale : une personne venait faire la grève de la faim sur le seuil de la maison de quelqu’un qui l’avait traitée injustement, pour lui faire honte. Plus récemment, des grèves de la faim célèbres ont été menées par les suffragettes britanniques en 1909, par le Mahatma Gandhi lors de la révolte contre la domination britannique en Inde, par Cesar Chavez lors de la lutte pour les droits des travailleurs agricoles aux États-Unis, et par les prisonniers incarcérés par les États-Unis à Guantanamo.

Les grèves de la faim peuvent provoquer des dommages physiques irréversibles comme la perte de l’audition, la cécité et de graves pertes sanguines1. De fait, de nombreux grévistes de la faim sont morts, notamment des prisonniers républicains irlandais, pendant leur grève de 1981.

Les revendications des grévistes de la faim varient, mais sont toujours l’expression de problèmes et d’injustices sociales, politiques et économiques plus vastes. Par exemple, la revendication de rétablir le spécial Category Status à l’origine de la grève de la faim de 1981 des prisonniers républicains irlandais reflétait le contexte plus large des «troubles» en Irlande du Nord 2

La grève de la faim de sept jours dans la prison d’Askalan (Ashkelon), en 1970, a été une des premières grèves de la faim palestiniennes. Lors de cette grève, les prisonniers ont dû inscrire leurs demandes sur un paquet de cigarettes parce qu’on refusait de leur donner du papier ; parmi leurs réclamations, il y avait celle de ne plus avoir à appeler leurs geôliers «Monsieur». Les prisonniers ont gagné et n’ont plus jamais été obligés de le faire, mais il a fallu pour cela qu’Abdul-Qader Abu Al-Fahem meure après avoir été nourri de force, devenant ainsi le premier martyr du mouvement des prisonniers palestiniens.

Les grèves de la faim à la prison d’Askalan se sont poursuivies pendant toutes les années 1970. De plus, deux autres prisonniers, Rasim Halawe et Ali Al-jaafarite, sont morts après avoir été nourris de force lors d’une grève de la faim à la prison de Nafha en 1980. Grâce à ces grèves, et à d’autres, les prisonniers palestiniens ont réussi à obtenir une certaine amélioration de leurs conditions de détention, comme le droit d’avoir des photos de leur famille, du papier, des livres et des journaux.

Au cours des dernières années, la suppression de la détention administrative a été une demande persistante des prisonniers palestiniens, surtout qu’Israël en fait un usage de plus en plus intensif depuis le début de la deuxième Intifada en 2000. Par exemple, la grande grève de la faim de 2012, qui impliquait près de 2000 prisonniers, demandait la suppression de la détention administrative, de l’isolement et d’autres mesures punitives comme l’interdiction faite aux prisonniers de Gaza de voir leurs familles. La grève a pris fin après qu’Israël a accepté de limiter le recours à la détention administrative.

Cependant, Israël est bientôt revenu sur l’accord, ce qui a provoqué une autre grève de la faim, en 2014, de plus de 100 détenus administratifs qui exigeaient l’abandon de cette pratique. La grève de la faim a pris fin 63 jours plus tard sans avoir atteint son objectif. La décision des prisonniers de mettre fin à la grève aurait été influencée par la disparition de trois colons israéliens de Cisjordanie et par les opérations militaires à grande échelle d’Israël en Cisjordanie (qui ont été suivies d’une attaque massive contre Gaza).

En outre, il y a eu plusieurs grèves de la faim individuelles qui ont parfois coïncidé avec des grèves de la faim plus importantes ou qui en ont entraîné. De fait, les grèves de la faim de 2012 et 2014 ont été déclenchées par des grèves de la faim individuelles pour obtenir la fin de la détention administrative. Des grévistes de la faim individuels comme Hana Shalabi, Khader Adnan, Thaer Halahleh et Bilal Diab, ont tous obtenu qu’il soit mis fin à leur détention administrative. Cependant, certains des grévistes de la faim individuels ont été à nouveau arrêtés après leur libération comme ce fut le cas de Samer Issawi, Thaer Halahleh et Tareq Qa’adan, et de Khader Adnan, qui a été libéré après une longue grève de la faim pour protester contre sa nouvelle arrestation en 2015.

Les souffrances qu’Israël inflige aux prisonniers palestiniens

Israël continue de soumettre les prisonniers palestiniens à de nombreuses formes de violence comme cela a été bien documenté par les organisations des droits humains des prisonniers et relaté dans des textes écrits par les prisonniers eux-mêmes et dans des documentaires3. Dans un rapport de 2014, Addameer note : «Chaque Palestinien arrêté a été soumis à une forme ou une autre de torture physique ou psychologique, y compris des traitements cruels comme les passages à tabac, l’isolement, les violences verbales et les menaces d’abus sexuels.»

En outre, et en violation de la quatrième Convention de Genève et du statut de Rome, Israël a déplacé des détenus palestiniens des territoires occupés vers des prisons à l’intérieur d’Israël, et a menacé des prisonniers de Cisjordanie de les déporter dans la bande de Gaza s’ils n’avouaient pas. Il a également régulièrement et arbitrairement interdit ou restreint les visites familiales. Les prisonniers sont maltraités et délibérément privés de soins médicaux, sans compter les restrictions sur les appels téléphoniques et l’accès aux avocats, aux livres, et à la télévision.

De plus, les autorités israéliennes classent les prisonniers politiques palestiniens dans la catégorie «prisonniers de sécurité» une classification qui permet juridiquement de les soumettre automatiquement à de nombreuses restrictions. Cette qualification prive les prisonniers palestiniens des droits et des privilèges dont jouissent les prisonniers juifs – même les rares prisonniers de sécurité juifs – comme les visites à domicile sous surveillance, la possibilité de libération anticipée et les congés pénitentiaires.

Les violences que les prisonniers palestiniens subissent participent du projet colonial israélien de forcer les Palestiniens à accepter différentes formes d’abus comme le vol de leurs terres, la destruction de leurs maisons, l’expulsion et l’exil. Il faut rappeler que, depuis le début de l’occupation israélienne en 1967, Israël a arrêté plus de 800 000 Palestiniens, près de 20% de la population totale et près de 40% de la population masculine. Ce fait, à lui seul, montre que les arrestations et les détentions font partie des moyens privilégiés par Israël pour contrôler la population pendant qu’il la dépossède et installe des Juifs israéliens à sa place.

Il faut prendre en compte tous les aspects de la violence exercée par l’État israélien contre les Palestiniens pour comprendre pourquoi les grèves de la faim sont le meilleur moyen de lutter contre elle.

Les prisonniers mettent leur vie en jeu pour combattre l’État israélien

Les grèves de la faim permettent aux prisonniers de s’exprimer au lieu de subir la violence permanente de l’administration pénitentiaire sans rien pouvoir dire. Ils s’infligent de grandes souffrances physiques pour faire valoir leurs revendications. En d’autres termes, les grèves de la faim créent un espace qui échappe au pouvoir de l’État israélien. Le corps souffrant du prisonnier en grève déstabilise l’un des modes d’expression les plus importants de la violence qui sévit derrière les murs de la prison, à savoir le contrôle absolu de l’État d’Israël et de ses autorités pénitentiaires sur tous les aspects de la vie derrière les barreaux avec un monopole exclusif de la violence. Les prisonniers renversent le rapport entre l’objet et le sujet de la violence en fusionnant les deux dans un seul corps – le corps du prisonnier en grève – et, ce faisant ils retrouvent du pouvoir. Ils affirment leur statut de prisonnier politique, refusent d’être réduits au statut de «prisonnier de sécurité», revendiquent leurs droits et affirment leur existence.

Le fait que l’État israélien doive mettre en œuvre tout un arsenal de mesures pour mettre fin aux grèves de la faim et réaffirmer son pouvoir sur les prisonniers et son monopole de la violence témoigne de l’importance de la menace que les corps des grévistes de la faim font peser sur l’État d’Israël. Entre autres mesures, les autorités pénitentiaires continuent de soumettre les prisonniers en grève aux abus physiques et à la torture. Ils multiplient même les violences contre les prisonniers grévistes sous toutes les formes. Par exemple lors de la grève de la faim de 2014, les prisonniers en grève se sont vu refuser les soins médicaux et les visites familiales, et leurs mains et leurs pieds ont été enchaînés aux lits d’hôpital 24 heures par jour. Ils restaient entravés même lorsqu’ils étaient autorisés à aller aux toilettes, et les portes des W.C. restaient ouvertes pour leur dénier tout droit à une vie privée. Les autorités israéliennes laissaient également volontairement de la nourriture près des grévistes de la faim pour briser leur volonté. L’ex-gréviste de la faim Ayman Al-Sharawna a dit : «Ils apportaient une table couverte des meilleurs plats et la mettaient à côté de mon lit […] Le Shin Bet savait que j’aimais les mets sucrés. Ils m’apportaient toutes sortes de desserts.»

Israël a récemment donné une couverture juridique à l’alimentation forcée des prisonniers en grève de la faim à travers la Loi pour prévenir les dommages causés par les grévistes de la faim, qui est qualifiée de traitement cruel, inhumain et dégradant par le Rapporteur spécial de l’ONU sur la torture. La loi est également en contradiction avec la Déclaration de Malte de l’Association médicale mondiale sur les grèves de la faim.

Israël traite également les prisonniers en grève de «terroristes» et de «criminels» pour contrecarrer leurs revendications politiques et saper leurs efforts pour renverser le rapport imposé par la violence de l’État. Pendant la grande grève de la faim de 2014, les responsables israéliens n’ont pas cessé de répéter que les grévistes de la faim étaient des «terroristes». Le ministre israélien de la culture et du sport, Miri Regev, l’un des sponsors du récent projet de loi, a déclaré : «Ce n’est pas parce qu’une action a lieu dans les murs d’une prison qu’elle n’est pas terroriste […] Il y a du terrorisme dans les rues et du terrorisme en prison.» Et Gilad Erdan, le ministre israélien de la sécurité publique a déclaré que les grèves de la faim ont été un «nouveau type d’attentat suicide».

L’importance vitale de l’appui national et international

Pour qu’une grève de la faim soit couronnée de succès, il faut que les grévistes réussissent à mobiliser le soutien de communautés, d’organisations et d’instances politiques pour faire pression sur les autorités et les contraindre à accéder aux revendications des grévistes de la faim ou à négocier un accord.

Les grèves de la faim ont permis aux prisonniers de porter leur combat à la connaissance des Palestiniens et même sur la scène politique internationale. Étant donné qu’il n’y a actuellement aucun autre moyen pour les détenus d’obtenir leur liberté ou une modification de la politique israélienne, il ne faut pas sous-estimer l’importance de la mobilisation des communautés et des organisations politiques autour des droits des détenus.

Les associations, les organisations de défense des droits humains et les organismes officiels tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Palestine se sont mobilisés pendant les grèves de la faim des prisonniers palestiniens. Il y a eu des réunions quotidiennes, des manifestations devant les bureaux des organisations internationales, des appels au gouvernement israélien à accéder aux demandes des prisonniers, et des manifestations devant les prisons et les hôpitaux. Des organisations locales et internationales, y compris Addameer, Jewish Voice for Peace, Amnesty International et Samidoun, entre autres, ont mis en lumière les injustices subies par les prisonniers palestiniens pour ajouter à la pression et forcer les autorités israéliennes à accéder aux demandes des prisonniers et à négocier un accord avec eux.

En outre, grâce à toutes ces organisations, la lutte des grévistes de la faim palestiniens et plus largement des prisonniers, est internationalisée, et des parallèles sont établis avec les injustices passées et présentes que subissent les peuples dans le monde entier. Les rapports et les analyses sur les grèves de la faim palestiniennes font continuellement référence aux souffrances des prisonniers irlandais pendant les «troubles», aux incarcérations de masse aux États-Unis et à Guantanamo, entre autres. De cette façon, la lutte des prisonniers palestiniens fait de plus en plus partie intégrante des mouvements et des campagnes de solidarité qui réclament justice pour le peuple palestinien. Cela contribue à contrer l’image que les Israéliens, qui monopolisent les médias, répandent d’eux en les qualifiant de de «criminels» et de «terroristes».

Les grèves de la faim sont des actes de résistance à travers lesquels les Palestiniens affirment leur existence politique et revendiquent leurs droits, entre autres formes de résistance à l’intérieur et à l’extérieur des murs de la prison. Il est vital de maintenir et de nourrir cette résistance. En plus de donner de la force et du courage aux prisonniers dans la lutte pour leurs droits, cette forme de résistance inspire plus largement tous les Palestiniens et les mouvements de solidarité, et leur donne un espoir concret et durable. Il est de notre responsabilité de soutenir les prisonniers palestiniens dans leur lutte et, en même temps, de faire en sorte qu’il ne soit plus nécessaire aux Palestiniens de recourir à un acte de résistance aussi extrême que celui de mettre sa vie en danger pour obtenir justice.

Traduction : Dominique Muselet

  1. Pour plus d’informations sur la physiologie des grèves de la faim, voir Hunger Strikes, [Force-Feeding and Physicians’ Responsibility.
  2. Voir Beresford, David, Ten Men Dead London : Harper Collins Publishers, 1994.
  3. Voir, par exemple, les rapports et les témoignages de Prisoners’ Center for Studies ; Addameer Prisoner Support and Human Rights Association ; Adalah : the Legal Center for Arab Minority Rights in Israel ; Samidoun : Palestinian Prisoner Solidarity Network ; le documentaire de Al-Jazeera Hunger Strike ; et le film de Mai Masri 3000 Nights ; al-Nashif, Esmail. Attempts at Liberation : Materializing the Body and Building Community Among Palestinian Political Captives. The Arab Studies Journal 12/13 (2004) : 46–79 ; et Abdo, Nahla. Palestinian Women’s Anti-Colonial Struggle Within the Israeli Prison System. Pluto Press, 2014

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Poutine, Clinton et César

Publié le par Felli Bernard

Poutine, Clinton et César

Poutine, Clinton et César

Par Israel Shamir – Le 8 septembre 2016 – Source The Unz Review

Le mauvais danseur s’en prend au plancher qui n’est pas droit, mais on ne s’attendait pas à ce que Mme Clinton se révèle aussi mauvaise dans les compétitions pour la présidence face au nouveau patron excentrique qui mène la danse à New York. On s’attendait à ce qu’elle s’incline gracieusement dans la défaite comme dans le triomphe, comme il sied à une ex-première dame, mais c’est un boulet, et elle voudrait que ce soit la faute du pauvre Poutine.

C’est vrai qu’il fait peur ; au musée Altes de Berlin, on fait la queue pour constater personnellement son ahurissante ressemblance avec le buste de César en marbre. C’est si frappant qu’on ne peut pas en vouloir à la Clinton de soupçonner le KGB d’avoir subtilisé en douce l’original du premier siècle pour le remplacer par un faux, russe bien entendu. Chacun sait que Poutine était en poste à Berlin dans sa prime jeunesse.

César était célèbre pour sa facilité à accomplir plusieurs tâches a la fois. Il était capable de dicter jusqu’à sept lettres en même temps, rapporte Pline. Mais même sa copie conforme, l’empereur des Russes, ne saurait jouer le rôle concocté pour lui par la Clinton et quelques autres cerveaux occidentaux du même calibre, celui de coupable de toutes ses balourdises à elle.

La semaine dernière, Frau Merkel a perdu des élections dans son fief natal de Meckenburg au profit d’un nouveau parti nationaliste. Un politicien honnête – si tant est qu’il en existe – reconnaîtrait qu’en invitant des hordes de réfugiés dans son pays (au profit de qui ?) et en assujettissant la souveraineté allemande aux lois occultes du TTIP, elle avait doublement claqué la porte au nez des ouvriers allemands, ce qui les a amenés à voter contre elle ; elle a préféré rendre Poutine responsable de sa déconfiture.

Même chose, c’est la faute à Poutine, les retentissants échecs clintoniens. Si elle était honnête, elle admettrait qu’elle est impopulaire, même dans son propre milieu. Les scandales autour de la Fondation reptilienne, pardon, clintonienne, loin de s’apaiser, se multiplient, parce qu’il semble bien que le couple aux dents longues se faisait payer pour chaque meeting et chaque contrat gouvernemental.

C’est Poutine qui lui avait demandé de solliciter quelques millions de dollars auprès du sioniste milliardaire Haim Saban, ou de Wal Mart, le brigand en chef des compagnies de marchands ? C’est Poutine qui lui a suggéré de faire mauvais usage de sa boîte mail privée, et de mélanger ses affaires privées et celles de son ministère ? C’est Poutine qui l’a forcée à jurer qu’elle détruirait les mines de charbon si elle était élue ? C’est encore lui qui l’a convaincue d’annoncer qu’elle ouvrirait les portes à un million et demi de musulmans ?

C’est Poutine qui a falsifié le résultat des primaires démocrates pour voler la victoire à Sanders ? Et c’est lui aussi qui a rédigé les furieux discours de Sanders démasquant son alliance avec le calamar géant, le vampire tentaculaire Goldman Sachs, qui a payé des centaines de milliers de dollars pour ses conférences ?

C’est Poutine qui gère son emploi du temps de sorte que, comme le dit le New York Times, elle passe tout son temps en période préélectorale avec les ultra riches, au lieu de s’adresser à ses électeurs ? Quand elle se déplace là où on est prêt à payer 250 000 dollars pour la rencontrer, c’est encore sur injonction de Poutine ?

Il lui aurait suggéré de qualifier les gens susceptibles de voter pour Trump de racistes et de demeurés, ce qui était censé les effrayer, alors que cela les insupporte franchement ?

Eh non, il est très fort, mais tout ça c’est au dessus de ses moyens ; elle devrait se méfier du peuple américain qui refuse de faire confiance à sa chutzpah, à son amour du gain, à ses bravades. Apparemment elle n’est pas rassurée du tout, et c’est pour cela qu’elle veut faire porter le chapeau à Poutine pour tous ses faux pas.

Dans son camp, ses larbins des services secrets et les sénateurs disent qu’ils redoutent que Poutine se mêle de leurs affaires électorales et sème la méfiance chez les électeurs. Mais aucun besoin des Russes pour cela ; si c’est ça que veulent les Russes, la Clinton et ses supporteurs s’en chargent parfaitement.

Comment pourraient-ils faire confiance à celle qui, étant secrétaire d’État, a sollicité le Qatar pour des contributions privées, et a ensuite autorisé des livraisons d’armes américaines pour les clients terroristes du Qatar ? Comment feraient-ils confiance à Sanders qui avait condamné la Fondation Clinton comme antre de la corruption, et maintenant soutient la Clinton et crée sa propre fondation sur le même modèle ?

Des histoires de piratages obscurs, dans l’Illinois et l’Arizona, justifieraient l’idée que Poutine voudrait interférer dans les résultats électoraux. Pas la moindre preuve de quoi que ce soit, encore moins du côté de la Russie, mais «il y a débat». Je parie que l’establishment prépare le terrain pour faire annuler ou falsifier les résultats en cas de victoire probable de Trump. S’il gagne, le gang de la Clinton va hurler «c’est Poutine !» Puis ils refileront la chose – bricolée – à la Cour suprême où Ruth Bader Ginsburg et ses collègues proclameront la victoire de Clinton.

«Personne n’a jamais interféré dans les élections US, jusqu’à l’arrivée de Poutine.» Voilà une protestation du gang vociférée dans les médias et les milieux du renseignement, aussi crédible qu’une revendication de virginité chez une professionnelle du trottoir. Poutine n’a ni les moyens ni l’occasion d’interférer, quand bien même il le voudrait. Julian Assange l’a bien expliqué, quand on lui a demandé pourquoi il n’attaquait pas les États-Unis. La Russie de Poutine a le PIB de l’Italie, elle ne peut pas jouer contre les équipes des États-Unis et de la Chine, ce qui est au demeurant bien douloureux pour les Russes qui se souviennent de la grandeur de l’Union soviétique.

Les Russes n’interfèrent pas dans les élections US et Poutine a fait de son mieux en disant dans son entretien tendu avec Micklethwait de Bloomberg : «Nous sommes prêts à travailler avec le prochain président choisi par le peuple américain, quel qu’il soit, dans la mesure, bien sûr, où la prochaine administration s’y prêtera ; bienvenu, celui qui voudra travailler avec la Russie. Et celui qui voudrait se débarrasser de la Russie doit s’attendre à une approche bien différente, évidemment.»

Non, vraiment, Poutine ne veut pas se mêler de ce qu’il considère comme relevant des affaires internes de chaque pays, il est trop bien élevé pour ça. Il n’a rien fait en février 2014 alors qu’il aurait pu avoir toute l’Ukraine, s’il avait apporté son soutien au président Ianoukovitch chassé de son poste. Il n’a pas interféré en Géorgie en 2008, alors que ses troupes stationnaient aux portes de Tbilissi ; il le ferait encore bien moins s’agissant des États-Unis..

Ce sont les États-Unis. qui ont coutume de se mêler des élections chez les autres en faisant la promotion des politiciens pro-américains, et souvent avec succès. En Europe, de la Suède à l’Italie, au Japon et en Corée du Sud, en Israël et en Arabie saoudite, ce sont les pro-américains qui tiennent les partis au gouvernement, et les partis d’opposition aussi. Seuls échappent à cette emprise les nouveaux partis d’extrême droite, et c’est là la clef de leur succès.

Ce que l’on sait moins, c’est que l’élection ou la sélection de Mikhail Gorbatchev au poste de secrétaire général du Parti communiste en 1985 est le résultat de l’ingérence britannique et étasunienne. L’avion de son principal concurrent Grigory Romanov avait été retardé jusqu’à l’intronisation de Gorbatchev, tandis que la visite de celui-ci à Londres était présentée comme le signe d’une approbation universelle.

Les États-Unis. sont intervenus dans les élections russes en 2011, lorsque le vice-président Joe Biden a appelé le candidat Poutine à se retirer de la course à la présidence, et que l’ambassadeur Mc Faul avait rencontré l’opposition, tandis que Clinton encourageait les troubles dans les rues de Moscou.

Il va sans dire que la Russie moderne n’aurait aucune chance de succès si elle voulait interférer dans le processus électoral américain.

Des pirates russes auraient fourni de la matière à Wikileaks : mais cela ne tient pas debout, puisque nous savons maintenant que c’est un membre de la direction du DNC, feu M. Seth Rich, qui a fait fuiter la correspondance du DNC, ce pourquoi il a prestement été assassiné par des inconnus. Je ne peux pas croire à l’histoire des fonctionnaires russes faisant du piratage, pour deux raisons : les Russes sont intraitables sur certaines règles, et ils sont constamment surveillés par la NSA, comme nous l’avons appris par les révélations de M. Snowden.

En tout état de cause, rien de plus ordinaire que l’ingérence. Israël s’interpose dans chaque élection US­ : il y a quelques mois à peine, les candidats se battaient pour être les premiers à lécher les bottes de l’AIPAC, ou ce qu’elle leur aurait demandé, et c’est Hillary qui a gagné, de peu. Vous pouvez lire la fascinante histoire rapportée par Unz sur ce qui s´est passé en 1940, quand des agents britanniques se sont ingérés pour faire en sorte que Roosevelt soit réélu président, ce qui leur a permis de forcer les États-Unis rétifs à entrer en guerre. Ajoutez à cela l’ingérence judéo-américaine dans la politique britannique en faveur de Churchill le va-t-en guerre.

Entre Clinton et Trump, au début de la campagne, le Kremlin n’avait pas de préférence. Bien des dirigeants préféraient la Clinton, une tête familière, Trump faisant figure d’outsider voire de mauvais cheval. Le camp pro-occidental derrière les murs du Kremlin – qui existe bel et bien, et qui est puissant – tentait d’établir des ponts pour rallier la campagne de la Clinton, par l’intermédiaire de la représentante de la BBC, Elizaveta Osetinskaia, comme leur émissaire à Washington.

Cependant la violente campagne de propagande anti-russe menée personnellement par la Clinton allait faire changer l’humeur moscovite. Une hystérie de cette dimension contre la Russie, c’était du jamais vu, même au plus fort de la Guerre froide, à l’époque de Reagan et de Barry Goldwater, surtout chez les Républicains. La campagne actuelle contre la Russie de Poutine ressemble à s’y méprendre à la campagne contre l’Irak de Saddam Hussein, et on ne saurait oublier que la campagne des colonnes de tanks a pris le relais de celle des colonnes de la presse.

Maintenant les journaux et les sites dominants publient des philippiques furibondes contre la Russie. Selon Newsweek, le «président» Vladimir Poutine est l’Hitler du vingt-et-unième siècle, et on devrait se méfier. Forbes écume, fou de rage, et précise : «J’ai mis « président » entre guillemets, parce qu’en 2012, il n’avait pas été élu librement et honnêtement ; il ne mérite donc pas le respect dû à sa fonction.»

Qu’est-ce que vous feriez, si vous étiez le président russe ? D’un autre côté, les agents de la Clinton ont fait passer un message rassurant au Kremlin : ne vous en faites pas, c’est juste un argument de campagne. Mais Poutine a toutes les raisons du monde de se faire du souci.

Il y a des néo-cons à l’ancienne, et aussi quelques généraux, qui croient qu’ils peuvent pulvériser les missiles russes s’ils déclenchent des frappes nucléaires subites. Ils appellent cela «frappe préventive», mais ce qu’elle est censée prévenir, c’est de l’ordre du fantasme.

Les Russes doivent comprendre que la campagne médiatique peut relever de la préparation psychologique, pour que les foules US soient prêtes à applaudir une telle attaque. Le président Obama en est conscient, et c’est la raison pour laquelle il veut mettre en place une déclaration contre une initiative nucléaire ; mais son cabinet et leurs alliés ont coupé court au projet, selon WSF.

Le mois dernier, les militaires russes ont observé des alertes de niveau élevé, des manœuvres et des inspections. Les forces du district Sud, une partie des forces des districts occidental et central, la flotte du Nord, le haut commandement des forces aérospatiales, le commandement des troupes au sol, tous étaient prêts pour le combat.

Il y a un sentiment général que la guerre mondiale est possible, voire imminente. Le président Poutine a les nerfs solides, mais il n’y a pas de système absolument infaillible contre un coup de folie. Peut-être que la campagne contre la Russie ne vise que l’électorat US ; mais les propos rassurants pourraient aussi rendre plus aisée une attaque nucléaire dévastatrice contre un pays qui n’y serait pas préparé.

Ce que nous ressentons comme un écho de la situation en 1939 peut être en fait plus proche de 1941, quand l’Allemagne a soudainement attaqué la Russie, malgré le traité de non-intervention qu’elles avaient signé ensemble. En 1941, l’attaque avait été précédée de multiples messages rassurants de la part de Berlin. Un dirigeant russe doit tenir compte de tout cela, parce que les campagnes de haine ont leur dynamique propre.

Israel Shamir

Traduction Maria Poumier

Pour joindre l’auteur, adam@israelshamir.net

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Les USA, pour tenter de ralentir leur déclin, entrainent le monde vers le chaos et la tyrannie (P. Leconte)

Publié le par Felli Bernard

Les USA, pour tenter de ralentir leur déclin, entrainent le monde vers le chaos et la tyrannie (P. Leconte)

Les USA, pour tenter de ralentir leur déclin, entrainent le monde vers le chaos et la tyrannie (P. Leconte)

Publié le 29 juillet 2014 par Olivier Demeulenaere

« L’Empire américain est doublement engagé, au plan économique et monétaire d’une part et au plan stratégique et géopolitique d’autre part, pour tenter de ralentir son déclin, dans une entreprise systématique de destruction de ses adversaires comme de ses supposés « alliés ».

Au plan économique et monétaire, les manipulations domestiques et internationales auxquelles se livrent les USA (via leur Federal Reserve et leurs grandes banques « too big to fail ») sur la plupart des paramètres (statistiques faussées) et des actifs (monnaie, taux d’intérêt, actions, obligations, etc. « dirigés ») ne sont plus à démontrer, de telle sorte qu’il n’y a plus un seul marché libre dans le monde entier dont on puisse connaitre précisément la situation réelle !

Quant au plan stratégique et géopolitique, les USA, visant à empêcher toute alliance entre l’Europe et la Russie (toujours leur obsession du contrôle du « heartland » eurasien !) comme à saboter l’émergence de toute solution pacifique au Moyen Orient avant que ce soit le tour de l’Asie, installent des conflits régionaux qui nécessairement prendront suffisamment d’ampleur pour qu’ils auto-détruisent les Etats qui s’y laissent entrainer.

Raisons pour lesquelles Israël a reçu des USA carte blanche afin de poursuivre l’occupation et la destruction de la Palestine comme de son peuple et l’Ukraine idem à l’égard de la partie de sa population russophone réclamant son indépendance. Tout cela permettant aux Américains, au mépris du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et d’autres règles internationales élémentaires, de sanctionner ceux des Etats du Moyen Orient qui soutiennent encore les Palestiniens et la Russie accusée de s’ingérer dans la question ukrainienne, alors même que depuis des années les USA ne font rien pour trouver une solution à la situation israélo-palestinienne et qu’ils mettent en place l’encerclement de la Russie par l’OTAN, tout en organisant coup d’Etat sur coup d’Etat en Ukraine et ailleurs.

Nous ne nous prononçons évidemment pas sur le point de savoir qui a raison ou a tort dans ces conflits (les Israéliens ou les Palestiniens, les Russes ou les Ukrainiens) mais seulement sur la méthode employée par les USA pour les créer et les envenimer dans le seul but d’empêcher toute coexistence pacifique internationale selon la pratique vieille comme le monde consistant à diviser pour régner.

Les Ukrainiens sont un peuple traumatisé par l’histoire, très violent et très appauvri, dont la guerre civile pourrait ressembler à une autre Syrie, cette fois-ci au milieu de l’Europe… Ce que la Russie ne laissera pas se produire parce qu’elle ne peut tolérer d’avoir à sa frontière un tel baril de poudre… D’où le risque de vraie guerre en Europe qui augmentera au fur et à mesure de la tension, dont les dirigeants de l’Union européenne et de ses États-membres n’ont pas pris la juste mesure, tout en ayant commis l’erreur majeure de participer au coup d’Etat de février 2014 à Kiev monté par les USA.

http://www.atlantico.fr/decryptage/ukraine-multiples-traumatismes-historiques-racine-propension-ukrainienne-violence-florent-parmentier-1674612.html

http://en.ria.ru/russia/20140722/191112937/Russia-to-Respond-Adequately-to-NATO-Expansion-Putin.html

D’ailleurs, les USA se moquent évidemment des Israéliens comme des Ukrainiens, qui ne sont que des pions sur leur échiquier, ce qu’ils visent c’est la déstabilisation la plus radicale possible et par tous moyens de l’ensemble des pays arabes du Moyen Orient et de la Russie, en grande partie pour éviter de perdre leur contrôle direct ou indirect des ressources gazières et pétrolières internationales qui sonnerait le glas de leur pétrodollar. Ce qui n’est pas nouveau puisque les guerres, les dissimulations et les provocations américaines (qui ont tué des centaines de milliers de personnes) en Afghanistan, Irak, Syrie, Libye, Soudan, ex-Yougoslavie, etc., ont amplement démontré tout cela. Sans oublier l’intérêt plus récemment manifesté par les USA de faire cesser les achats de gaz et de pétrole russes par l’Union européenne, qui pourrait alors constituer un nouveau marché pour les exportateurs de gaz et de pétrole de schistes US permettant ainsi de rentabiliser cette technique qui ne l’est pas encore, tout en accroissant la dépendance globale de l’Europe vis-à-vis des USA et en renchérissant très fortement le coût de l’énergie en Europe (ce qui la fera se tenir « tranquille » et permettra ensuite à Washington de s’occuper du « cas » chinois !).

Heureusement que la Russie, après son opération éclair de récupération de la Crimée avec l’accord majoritaire de la population locale, où elle ne pouvait pas accepter de laisser l’OTAN et la flotte US s’installer à Sébastopol sa base historique stratégique peuplée de nationaux russes depuis Catherine II, s’abstient pour le moment d’intervenir militairement en Ukraine. Ce qui est plutôt responsable, contrairement à la propagande occidentale visant à la faire passer pour l’agresseur et compte tenu du massacre des russophones ukrainiens qu’elle ne défend pas militairement alors qu’elle serait fondée à le faire. Retenue de la Russie qui risque de ne pas durer si l’Union européenne n’aide pas à trouver une solution fédérale permettant de faire vivre ensemble tous les Ukrainiens ou bien de les séparer en deux Etats. Etant donné qu’il n’y a rien à attendre de l’ONU, de l’OSCE et autre « machin » (pour reprendre l’expression gaullienne) qui ne servent à rien dans la prévention ou la résolution des conflits puisque, comme la plupart des autres organisations internationales (FMI, Banque mondiale, etc.), elles sont alignées sur les USA (sur le territoire desquels elles sont généralement installées et qui payent l’essentiel de leur budget ou bien obtiennent la majorité de leurs droits de vote).

Nous allons donc assister à de plus en plus de coups tordus (comme la destruction de l’avion de la Malaysian Airlines dans laquelle Moscou n’a pas de responsabilité étant donné que c’est probablement un missile sol/air de l’armée ukrainienne ou tiré depuis un avion de chasse de l’armée ukrainienne – peu importe d’ailleurs sauf pour les malheureuses victimes et leurs proches puisque la vérité restera cachée – qui l’ont abattu pour en « faire porter le chapeau » à la Russie voire justifier une intervention de l’OTAN sur le terrain en Ukraine contre les « terroristes de Donetsk ») et au développement de conflits de toutes natures dans l’ensemble Afrique, Moyen Orient, Balkans, Caucase, Europe, Russie, dont les USA espèrent rester relativement indemnes puisque leur « pays-continent » largement sanctuarisé (sauf du terrorisme international) en est suffisamment éloigné. Mais qui nécessairement provoqueront chez eux une rechute en récession, laquelle est probablement à leurs yeux secondaire par rapport au risque de perdre leur hégémonie mondiale. Cette stratégie américaine du pire n’a en réalité pas d’avenir, parce que tôt ou tard les BRICS et beaucoup d’autres pays situés sur les cinq continents parviendront à remettre en cause l’hégémonie impériale US, mais permet aux USA de gagner de temps tout en occasionnant beaucoup de dégâts aux autres pays. Ce qui permettra aussi aux dirigeants des USA d’expliquer à leur opinion publique le krach boursier, qui pourrait se produire en octobre-novembre 2014 (au moment des élections de mi-mandat qu’Obama et les « Démocrates » perdront) voire avant, en le mettant sur le compte de la « méchante » Russie ou de la « méchante » Chine ; alors qu’il ne sera la conséquence que de l’exubérance irrationnelle de leur propre politique monétaire de Quantitative Easing ultra-keynésienne et des manipulations par les principaux acteurs de Wall Street.

Indépendamment de leurs politiques de déstabilisation globale, les USA font l’objet d’une régression antidémocratique gravissime parce qu’ils sont devenus un Etat policier quasi dictatorial orwellien, dans lequel la NSA et autres services secrets et de renseignement installent « Big Brother » en écoutant et en fichant tant leurs concitoyens que les ressortissants du monde entier avec la collaboration active des sociétés privées d’informatique, de communication, d’internet et des technologies de l’information peu regardantes en matière d’éthique. C’est George Bush Junior qui a entamé ce processus mais c’est Obama qui le développe sans aucun état d’âme alors qu’il était supposé rétablir les libertés démocratiques. Idem pour la façon dont les USA disent le droit international et le font appliquer, alors qu’aucun texte juridique mais seulement leur usage de la force les y autorise. A cet égard, on se demande sur quelle base légale internationale prennent-ils des sanctions individuelles ou collectives contre ceux qu’ils veulent pénaliser (les banques suisses, BNP-Paribas et autres entreprises par exemple) ou exclure (l’Iran, la Russie et consorts par exemple) des relations économiques et politiques internationales ?

Si la plupart de leurs supposés « alliés », l’Union européenne au premier chef (comme la France l’avait fait au temps de Charles de Gaulle), au lieu de se coucher devant les diktats US, refusaient les pratiques illégales des USA, ils devraient les cesser. L’Union européenne doit donc impérativement faire preuve de résistance en rejetant le traité de libre-échange transatlantique, le Facta ou autre mécanisme de contrainte des banques non américaines et exiger le démantèlement de l’OTAN sur son territoire ou sortir de son commandement intégré. Parce qu’au rythme où vont les choses, si l’on ne coupe pas le « cordon ombilical » avec eux, les USA nous entrainerons tous vers le chaos et la tyrannie.

Sur quelques pratiques US :

http://www.theguardian.com/commentisfree/2014/jul/11/the-ultimate-goal-of-the-nsa-is-total-population-control

http://www.businessinsider.com/us-uses-vague-rules-for-terror-watchlist-2014-7

http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/07/24/prisons-secretes-de-la-cia-la-pologne-condamnee-pour-complicite_4462224_3214.html#xtor=AL-32280515

http://www.thechinamoneyreport.com/2014/07/21/us-and-japan-arm-satellites-against-china-attack-businessweek/

Pendant qu’Obama agit en pyromane, alors qu’il devrait agir comme un pompier s’il se comportait en véritable homme d’Etat digne de diriger la première puissance mondiale, les médias US et britanniques organisent la plus grande campagne de désinformation jamais conduite contre un chef d’Etat en temps de paix, Poutine en l’occurrence, ce qui augure mal de la suite :

http://www.zerohedge.com/news/2014-07-23/wests-public-enemy-number-one«

Pierre Leconte, Forum monétaire de Genève, le 25 juillet 2014 (via Le Blog à Lupus)

Article original : http://www.forum-monetaire.com/les-usa-pour-tenter-de-ralentir-leur-declin-entrainent-le-monde-vers-le-chaos-et-la-tyrannie/

Lire aussi :

Washington est en train de transformer en guerre la « crise » orchestrée en Ukraine (Paul Craig Roberts)

OTAN, offensive mondiale (M. Dinucci)

MH17 : ou l’hystérie de comptoir en guise de diplomatie

Rappel :

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Les Russes se positionnent à Alep et un ultimatum est adressé aux djihadistes

Publié le par Felli Bernard

Alexander Mercouris
Alexander Mercouris

Les Russes se positionnent à Alep et un ultimatum est adressé aux djihadistes

Par Alexander Mercouris – Le 13 septembre 2016 – Source The Duran

Les troupes russes prennent position le long de la route du Castello – la principale route au nord d’Alep – et les responsables russes parlent du départ des forces djihadistes de l’est d’Alep.

TASS, l’agence de presse officielle de la Russie, a confirmé que les troupes russes sont en train de prendre position le long de la route du Castello – la principale route au nord d’Alep, qui avait été reprise par l’armée syrienne en juillet.

Lors de la conférence de presse de dimanche à Genève, le secrétaire d’État américain, Kerry, a confirmé qu’une partie de l’accord entre les États-Unis et la Russie pour un cessez-le-feu en Syrie porte sur la «démilitarisation» de la route du Castello, pour permettre un accès humanitaire vers Alep.

Voici ce que dit Kerry :

« … cet arrangement (l’accord russo-américain – AM) exige aussi que les forces des deux camps se retirent de la route du Castello – et nous avons convenu de ce retrait. La route du Castello est une artère majeure vers Alep, et ce retrait va créer une zone démilitarisée autour de cette route, ce qui permettra la reprise du trafic civil et humanitaire le long de cette route, le plus vite possible. Et il y aura des contrôles pendant un certain temps, ce qui est nécessaire pour son application.»

Les termes de l’accord ne sont pas publics et la nature exacte de ce qui a été convenu ne ressortait pas clairement de ce que Kerry a dit. Mais c’est en train de devenir de plus en plus clair.

Il ressort du rapport de l’agence TASS que, à mesure que les troupes syriennes se retirent de la zone immédiate de la route du Castello, les troupes russes prennent leur place – apparemment des troupes d’infanterie de marine qui viennent de la base russe de Khmeimim.

Le rapport de l’agence TASS indique aussi, clairement, que les combattants djihadistes de l’est d’Alep sont censés remettre leurs armes et évacuer cette zone en passant par la route du Castello. Voici comment Sergey Kapitsyn, le responsable russe sur place, l’a expliqué, selon l’agence TASS :

«Cette route est maintenant le couloir de sortie des hommes armés de la partie orientale d’Alep qui ont décidé de cesser le combat et de rendre les armes. Dans le cadre des accords du 9 septembre entre la Russie et les États-Unis sur le rétablissement du cessez-le-feu, un accent particulier sera mis sur la route du Castello. Elle sera une route clé pour livrer des cargaisons humanitaires à Alep. Il y a actuellement des travaux en cours ici pour équiper le poste de contrôle de la Société syrienne du Croissant-Rouge à travers laquelle les cargaisons humanitaires seront acheminées vers la partie orientale et la partie occidentale de la ville.» (Gras ajoutés)

Ceci explique pourquoi, comme annoncé précédemment, la force aérienne syrienne a largué des tracts sur Alep il y a quelques jours, qui donnaient deux jours aux combattants djihadistes de l’est d’Alep pour déposer les armes ou partir. Les Syriens ont devancé l’annonce de l’accord russo-américain qui exige, comme c’est maintenant clair, que les combattants djihadistes quittent l’est d’Alep. L’accord est entré en vigueur lundi, c’est-à-dire deux jours après que les tracts ont été largués.

Soit dit en passant, l’affaire des tracts confirme que les Russes tenaient les Syriens informés de l’avancement des négociations avec Kerry, comme ils le disent.

Des rapports antérieurs circulant il y a quelques semaines affirmaient que les Russes avaient dit à Kerry qu’ils voulaient que tous les combattants djihadistes aient quitté l’est d’Alep à la mi-septembre. Il semble de plus en plus certain que l’accord américano-russe contienne en effet une telle disposition, mais peut-être avec un délai plus souple.

La proposition américaine originale de cessez-le-feu que les Russes ont rejetée lors du sommet du G20 à Hangzhou exigeait que l’armée syrienne se retire de la route du Castello quand les djihadistes dirigés par Jabhat Al-Nusra contrôlaient le district de Ramousseh et avaient donc fermé la route qui mène à Alep depuis le sud.

Bien qu’il y ait évidemment plus de deux routes qui mènent à Alep, la route du Castello venant du nord et la route de Ramousseh venant du sud sont les deux routes principales qui mènent à la ville.

Si les Américains avaient eu gain de cause, l’armée syrienne aurait dû abandonner le contrôle des deux routes principales qui mènent à Alep : la route Castello au nord et la route Ramousseh au sud. Cela aurait rendu la position du gouvernement à Alep extrêmement précaire et vulnérable en cas d’échec du cessez-le-feu.

Les récentes victoires gouvernementales au sud-ouest d’Alep ont radicalement changé la donne. Maintenant que l’armée syrienne a repris le contrôle du district de Ramousseh, ses communications avec le sud sont sécurisées.

Si la ligne dure à Washington avait le projet d’imposer un cessez-le-feu à Alep qui aurait facilité la reprise de la ville par les djihadistes, cela a échoué. Au contraire, il semble que le plan actuel soit que les combattants djihadistes soient évacués de l’est d’Alep, ce qui donnera le contrôle de la ville au gouvernement.

Il faut toutefois rester prudent. Ce n’est pas parce que les Russes prennent le contrôle de la route du Castello à la place de l’armée syrienne, et que l’accord russo-étasunien semble indiquer que les combattants djihadistes de l’est d’Alep doivent évacuer la ville, que cela se produira.

On entend déjà dire que des groupes djihadistes rejettent l’accord que Kerry et Lavrov ont conclu à Genève, dimanche. Il semble beaucoup plus probable et beaucoup plus logique quand on les connait, que les combattants djihadistes de l’est d’Alep creusent des tranchées au lieu de s’en aller.

L’accord russo-étasunien ne signifie donc pas que la bataille d’Alep est terminée. Ça signifie qu’une faction de Washington – et donc pas nécessairement l’ensemble de la bureaucratie de Washington – a maintenant accepté à contrecœur l’idée que la bataille est perdue.

Afin de sauver quelque chose du naufrage, ils essaient de sauver la vie des combattants djihadistes de l’est d’Alep et de faire en sorte qu’ils restent une force cohérente en acceptant leur retrait en des termes qui leur permettent de sauver la face. Les combattants djihadistes ne vont sans doute pas apprécier leurs efforts et vont presque certainement refuser de faire ce que les États-Unis ont prévu pour eux, mais ça c’est une autre affaire !

Traduction : Dominique Muselet

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Une claque de temps en temps ça remet les idées en place…

Publié le par Felli Bernard

Vladimir Komoyedov
Vladimir Komoyedov

Un amiral russe :
Une claque de temps en temps ça remet les idées en place

Chaque fois que les États-Unis testent les frontières russes, ils doivent être affrontés avec détermination

Par Vladimir Komoyedov – Le 10 septembre 2016 – Source Russia Insider

L’auteur est président du Comité de Défense de la Douma d’État [le parlement russe] et ancien commandant de la Flotte de la mer Noire

Après une nouvelle déclaration du Pentagone sur les «manœuvres dangereuses et non professionnelles» d’un navire ou d’un aéronef d’un pays tiers à proximité des marins et des pilotes américains, qui «pacifiquement» violent les frontières russes, chinoises ou iraniennes, mes amis sont généralement indignés. C’est ce qui est arrivé récemment, lorsque l’avion de surveillance de la marine américain P-8A Poseidon a approché deux fois la frontière russe en mer Noire et a été intercepté par des chasseurs Sukhoi Su-27.

Les militaires américains ont tendance à mal se conduire, croyant qu’ils vont échapper à la punition. Parsemant le monde de stations de reconnaissance, d’interception et de systèmes d’écoute électronique, ils sont sûrs que en tant que Big Brother, ils peuvent prendre la liberté de faire tout ce qu’ils veulent. Ils le font jusqu’à ce que quelqu’un leur explique en langage clair qu’ils ne doivent pas se conduire aussi mal, les dégrisant avec une claque à la face.

Beaucoup se souviennent de l’incident de l’avion espion U-2, piloté par Gary Powers, abattu au-dessus de Sverdlovsk en 1960. En 1988, la frégate russe garde-côte Bezzavetny a littéralement poussé le croiseur lance-missiles américain USS Yorktown hors des eaux territoriales soviétiques. Le Commandant en chef adjoint de la flotte de la mer Noire, le Contre-amiral Valery Kulikov, qui a pris une part directe dans cet incident comme second sur le Bezzavetny, m’a raconté l’histoire.

Le croiseur lance-missiles américain USS Yorktown et le destroyer Caron ont pénétré dans les eaux territoriales soviétiques au large des côtes de la Crimée, en utilisant la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer comme couverture pour leurs actions. Cette convention, qui dans des cas exceptionnels, permet le «passage inoffensif» de navires de combat transportant des armes dans les eaux territoriales des États riverains, a été signé mais non ratifié par l’URSS. Le garde-côte Bezzavetny et une frégate soviétique SKR-6 sont allés intercepter les Américains, qui ont refusé de changer de cap, affirmant qu’ils ne violaient pas la loi et refusant de quitter les eaux territoriales de l’URSS.

Les commandants des garde-côtes ont commencé l’éperonnage du croiseur, le Bezzavetny le faisant à deux reprises. En conséquence, il a déchiré la coque du croiseur américain et sa chaîne d’ancrage, détruit la glissière de sécurité, a cassé le canot du capitaine et plusieurs lanceurs de harpons anti-navires. La collision a provoqué un incendie sur le croiseur, et il a dû quitter, en hâte, les eaux soviétiques.

Voilà comment les Américains ont essayé de nous tester au cours de ces années, mais nous ne sommes pas nés d’hier. Le premier lieutenant Kulikov se tenait derrière le barreur prêt à le remplacer en cas d’urgence, mais le marin a tenu son rang. Avant l’éperonnage, le commandant a ordonné de porter les gilets de sauvetage, mais personne n’a obéi. L’équipage a simplement mis des sous-vêtements propres – comme le font traditionnellement les marins avant le combat.

Aujourd’hui les généraux américains, dont la mémoire est aussi courte que l’histoire de leur pays, continuent d’envoyer leurs navires et aéronefs à nos frontières en se conduisant mal.

Et nous avons encore une fois à leur expliquer que cela ne se fait pas.

Vladimir Komoyedov

Article original paru dans Izvestia – Russian daily news

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Paraît que le ridicule ne tue pas...

Publié le par Felli Bernard

Paraît que le ridicule ne tue pas...

Paraît que le ridicule ne tue pas...

14 Septembre 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Etats-Unis

Oh quelle tranche de rire, mes amis. La panique du système impérial le pousse à toutes les extrémités, y compris les plus désespérées, les plus grotesques.

L'hilarante fiancée néo-conservatrice des Saoudiens et de Goldman Sachs était déjà en difficulté, prise dans un imbroglio de mensonges, d'enquêtes ouvertes et de piratage des archives du Parti démocrate. Trump faisait quasiment jeu égal avec elle dans les sondages avant que Clinton n'entame son pas de danse erratique du 11 septembre ; le Donald semble (restons tout de même prudent) maintenant clairement en tête. Et la fournée de nouvelles révélations Wikileaks prévue en octobre ne va pas arranger le cas de la danseuse.

Mais c'est surtout sa mystérieuse maladie qui plombe sa candidature. La semaine dernière encore, s'interroger sur son état de santé relevait, selon la volaille médiatique qui la soutient fanatiquement, du conspirationnisme le plus odieux. La veille de son quasi évanouissement, l'imMonde y allait même de sa petite leçon de morale, croyant voir une théorie du complot de la méchante extrême-droite américaine. Bah voyons...

Et puis patatras, les jambes flageolantes de Clinton ont fait le reste et le positionnement de l'establisment s'est écroulé en même temps que sa candidate. Panique à bord ! L'équipe de campagne démocrate tentait vaseusement d'expliquer que c'était la chaleur (20° hum hum) et/ou une pneumonie qu'on avait d'ailleurs cachée pour d'obscures raisons. Les plumitifs, eux, retournaient fabuleusement leur veste et paraissaient aborder avec naturel le thème qui ne méritait encore que leur mépris quelques jours auparavant.

Mais la palme revient indéniablement au Washington Post qui double la mise sur le tapis vert de l'absurde et passe d'un extrême à l'autre. Il y a peu, il fustigeait le conspirationnisme des adversaires de sa candidate ; il tombe maintenant dans le complotisme le plus grotesque afin d'expliquer la maladie de l'élue de son cœur. Tenez-vous bien : Clinton aurait été empoisonnée par... par... je suis sûr que vous devinez... par... Poutine !

Qu'il est délicieux de voir ce qui fut autrefois un journal respectable se transformer en tabloïd de dernière zone, d'assister, hilare, au sauve-qui-peut affolé du système impérial. Les lecteurs du "Wa Po" ne s'y trompent pas, qui ridiculisent unanimement et massivement dans leurs commentaires cette grossière et grotesque tentative. Ce n'est même plus de la propagande, c'est de la marmelade indigeste, une bouillie informe et périmée depuis des décennies. L'empire est décidément bien malade...

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Killary en passe d’exploser en vol

Publié le par Felli Bernard

Killary en passe d’exploser en vol

Killary en passe d’exploser en vol

Le 12 juin 2016 – Source entrefilets

Ce n’est pas seulement un symbole, c’est un signe ! Prise d’un soudain malaise, Killary Clinton s’est effondrée dimanche, sur les lieux mêmes de la démolition contrôlée des tours jumelles du World Trade Center quinze ans plus tôt.

Elle en a été évacuée pendue aux bras de son staff, totalement dans le cirage, la tête roulant sur ses épaules, désarticulée comme un pantin grotesque (Vidéo 1 et Vidéo 2 ), offrant l’image d’une extrême faiblesse sur ce lieu-symbole de la guerre éternelle US, où elle se devait d’apparaître en chef de guerre invincible. «Coup de chaleur» puis «pneumonie» : son service de com’ a menti comme il se doit et comme il pouvait pour éteindre l’incendie. Mais la santé de Killary – déjà largement questionnée – devient désormais un enjeu aussi sensible dans sa campagne que le poids des casseroles qu’elle charrie. La presse-Système et ses petits rampants bien-pensants n’ont pas fini de s’étrangler à cette nouvelle, mais il est de plus en plus probable que le trublion Trump devienne le prochain POTUS.

Une situation inédite…

Nous savions dès le début que cette présidentielle US serait explosive, avec au final un risque bien réel d’éclatement de cet État faussaire que sont les USA. Et il faut dire que la réalité qui se déploie sous nos yeux dépasse pour l’instant toutes nos espérances. Nous disons «espérances», car comme les lecteurs d’entrefilets le savent bien, nous sommes convaincus que seul l’effondrement de l’Empire US provoquera un séisme d’une intensité suffisante pour empêcher les petits rééquilibrages du Système néolibéral actuel et entraîner enfin sa chute finale.

Or, il est clair que l’arrivée d’un OVNI comme Trump, dans une farce électorale US jusque-là réglée comme du papier à musique par le Système, crée une situation totalement inédite, dont personne ne peut dire sur quoi elle débouchera. Or à deux mois du scrutin, voilà que la candidate de Wall Street et du Parti de la guerre ; la candidate du Système et de ses 1%, menteuse pathologique et va-t-en-guerre désaffectée, commence sérieusement à battre de l’aile.

En réalité, nous pensions que Killary partirait en vrille, du fait du nombre et du poids incalculables de ses casseroles – de l’emailgate aux scandales touchant sa Fondation pourrie –, et non pas pour des raisons de santé. Justice immanente, riront certains, et nous avec, tant cette personnalité délirante d’ambition malsaine ne saurait susciter aucune forme d’apitoiement.

Pour l’heure, les milliardaires qui possèdent la presse-Système ont d’ores et déjà mandaté leur basse-cour pour mettre l’image de Killary aux soins intensifs. Mais il est presque certain qu’elle les quittera rapidement pour les soins palliatifs.

…et inextricable

Alors désormais, quel choix pour un Système qui n’a pour seule ambition que de perdurer dans son être ?

Exhumer Bernie Sanders ? Trop tard. Mis sous pression par Obama et tout l’establishment, le vieux socialiste s’est rallié à la cause de Clinton, juste quelques semaines trop tôt. Il e
st grillé.

Le Système peut-il encore sortir un candidat surprise de son chapeau ? Très difficile, pour ne pas dire impossible, de trouver un type à la fois charismatique et aux mains propres, en si peu de temps, dans les tiroirs du Système.

Restent quelques autres options.

Pousser encore un peu le cadavre Hillary, en pariant sur les tricheries à grande échelle pour la faire élire ? Puis l’éjecter et lui faire immédiatement succéder son vice-Président ? Jouable mais très risqué. Notamment en ce qui concerne l’ampleur des tricheries qu’il faudrait mettre en place. Trump n’est pas Al Gore, et il n’est de loin pas assuré qu’il accepterait de se coucher.

Faire assassiner Trump ? A vrai dire, nous sommes encore étonnés aujourd’hui, que le Système n’ait pas dépêché le «déséquilibré» de service, lorsqu’il est apparu que le succès de Trump n’était pas un feu de paille. Maintenant, un tel assassinat serait extrêmement complexe à faire avaler, avec des risques de troubles sociaux majeurs à la clé, pouvant précipiter une guerre civile dans le pays.

Reste l’option de déclencher une guerre de haute intensité contre la Russie ou la Chine, pour geler le processus électoral et maintenir au pouvoir la marionnette Obama. L’option est évidemment sur la table comme on dit, il suffit de voir l’agressivité de l’OTAN depuis quelques mois.

Enfin, reste la possibilité de laisser les choses aller à leur terme, avec un Trump élu président malgré son désir de ramener les boys à la maison, de pacifier ses relations avec la Russie et la Chine bref, d’en finir avec l’Empire US.

Et là, on demande vraiment à voir.

Entrefilets

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Les banques centrales du G7 ont perdu la boussole

Publié le par Felli Bernard

Ariel Noyola Rodríguez
Ariel Noyola Rodríguez

Les banques centrales du G7 ont perdu la boussole

Préambule de l'auteur

Sans aucun doute, les banques centrales des pays industrialisés ont épuisé leurs munitions pour combattre la crise. Réunis pour leur assemblée annuelle de Jackson Hole, les responsable de la politique monétaire ont été terrifiés par le discours de la présidente de la Réserve fédérale des États-Unis, Janet Yellen, qui, au lieu de lever les doutes quant à la reprise de l'économie mondiale, a plutôt alimenté encore plus la panique : il est impossible de faire confiance à l'économie américaine pour être la locomotive qui tirera la faible croissance dans les pays industrialisés.

Par Ariel Noyola Rodriguez – Le 5 septembre 2016 – Source Russia Today

Huit ans après la faillite de Lehman Brothers, les banques centrales du Groupe des sept – le G7, composé de l’Allemagne, du Canada, des États-Unis, de la France, de l’Italie, du Japon et du Royaume-Uni – n’arrivent pas encore à voir leurs économies enregistrer des taux de croissance supérieurs
à 3%.

Initialement, la politique monétaire a servi d’outil puissant pour empêcher une dépression à l’échelle mondiale. Malgré cela, elle est aujourd’hui pratiquement épuisée : les banques centrales des pays industrialisés n’ont aucune chance d’inverser le cycle de baisse de l’économie mondiale.

L’économie américaine illustre la façon dont la politique monétaire «non conventionnelle» a lamentablement échoué, dans sa tentative de résoudre les conséquences profondes de la crise de 2008. Selon le Département du Travail des États-Unis, le taux de chômage est proche de 5% depuis août 2015.

Cependant, alors que la plupart des gens ont cessé de chercher du travail en raison du manque d’occasions, d’autres, qui ont un emploi, seraient prêts à travailler plus longtemps pour améliorer leur niveau de vie.

Ainsi, le taux U6 de «sous-emploi», qui prend en compte à la fois les chômeurs et ceux qui travaillent à temps partiel pour des raisons économiques, reste bloqué à 9,7%, soit presque le double du taux de chômage officiel de 4,9%.

Il convient de noter en outre que la création d’emplois aux États-Unis n’a jusqu’à présent pas réussi à se convertir en incitation pour les employeurs à accorder des augmentations de salaires de façon significative. Pour cette raison, le taux annuel d’inflation reste inférieure à 2%, ce qui est l’objectif de la Réserve fédérale (Fed).

Quant à la chute des prix du pétrole, même si elle a eu un impact positif sur les portefeuilles des familles américaines, car elle a favorisé la réduction du prix du carburant, il est également vrai que les prix en chute libre du pétrole continuent de renforcer les tendances déflationnistes – baisse des prix – qui, en passant, ont également été étayées par l’effet de l’appréciation du dollar.

Ainsi, se fane l’espoir que le G7 avait placé dans la locomotive américaine pour relancer une croissance faible. Le discours que la présidente de la Fed, Janet Yellen, a délivré à la fin août à Jackson Hole, où, année après année, les autorités monétaires du monde se réunissent pour échanger leurs points de vue sur les défis auxquels est confrontée l’économie mondiale, loin d’effacer l’incertitude, a augmenté la méfiance des banques centrales.

Fidèle à son style, Yellen a montré un optimisme exacerbé, en recommençant encore une fois à présumer que les sombres perspectives économiques internationales n’ont pas empêché les États-Unis de se diriger vers le «plein emploi». Mais, paradoxalement, Yellen s’est refusée à formuler toute expression qui anticiperait une nouvelle hausse du taux d’intérêt des fonds fédéraux à la prochaine réunion du Federal Open Market Committee (FOMC, son sigle en anglais) qui se tiendra fin septembre. La présidente de la Fed a tenu à préciser que, bien que le processus de rétablissement de l’économie américaine se renforce, ce n’est pas encore concluant.

Par conséquent, bien que le moment où il faudra relever l’indice de référence des taux d’intérêt semble toujours plus proche, tout semble indiquer que si l’économie évolue de façon défavorable, et c’est à la réunion de décembre qu’aura peut-être lieu la deuxième hausse des coûts du crédit, soit un an après la première.

Le fait est qu’il serait désastreux pour l’administration Obama, de devoir faire face à une nouvelle secousse financière juste avant la fin de son mandat, à quelques mois de l’élection présidentielle, une situation qui serait utilisée par le candidat du Parti républicain Donald Trump.

Quoi qu’il en soit, le fait est que la Fed a perdu toute crédibilité, tant parmi les banques centrales du G7 qu’en interne. Après que le marché du travail a subi un revers en mai dernier, les chiffres d’août sont loin d’être prometteurs : la masse salariale non agricole n’a ajouté que 151 000 emplois, tandis que les investisseurs sur le marché boursier attendaient une augmentation de plus 180 000 postes.

En bref, les milliardaires sont ceux qui ont le plus bénéficié de la reprise présumée de l’économie américaine, ce sont eux qui, par la spéculation sur les marchés boursiers, ont gagné d’énormes sommes d’argent grâce aux politiques de crédit pas cher de la Fed. Pendant ce temps, les revenus continuent de se concentrer sur 1% de la population, accroissant de plus en plus les troubles sociaux.

Selon un sondage Gallup réalisé en avril, seulement 28% des Américains avaient une grande confiance dans les politiques mises en œuvre par la Fed, tandis que 35% avaient peu ou pas confiance. En revanche, à l’époque où Alan Greenspan était en charge, la confiance dans la Fed était au-dessus de 70%.

Les banques centrales du G7 ont perdu la boussole. Janet Yellen, au lieu de présenter des réponses fiables aux graves problèmes de l’économie mondiale tombe dans le discrédit, encore et encore. Au cours des dernières années, les banques centrales des pays industrialisés ont entraîné l’économie mondiale à devenir accro à l’accumulation de la dette et aux opérations à haut risque sur les marchés boursiers, de sorte que le déclenchement d’une nouvelle crise de dimension colossale est inévitable, c’est seulement une question de temps. Le grand danger est que cette fois les responsables de la politique monétaire n’ont plus les munitions pour la combattre…

Ariel Noyola Rodríguez est économiste, il a fait ses études supérieures à l’Université nationale autonome du Mexique. Contact : noyolara@gmail.com. Twitter:@noyola_ariel.

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