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Le général Igor Konachenkov remet à sa place le nouveau secrétaire général de l’OTAN

Publié le par Felli Bernard

Le général Igor Konachenkov remet à sa place le nouveau secrétaire général de l’OTAN

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Le général Igor Konachenkov remet à sa place le nouveau secrétaire général de l’OTAN

Lors des débats à propos de la Syrie, deux prises de position sont mises en évidence. Celle du camp occidental (des ONG, quelques pays de l’ONU… les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France), appuyé principalement par deux monarchies du Golfe, l’Arabie Saoudite et le Qatar, qui manœuvre dans cette région contre les États arabes au profit de l’État sioniste. Celle des autres États qui considèrent qu’il ne doit pas y avoir d’ingérence dans les affaires intérieures d’un État et donc de l’État syrien, qu’il y a un vote à respecter, et que le peuple syrien doit pouvoir décider de son propre avenir (des ONG, autres pays de l’ONU… la Russie, la Chine, certains pays d’Afrique et d’Amérique latine… Bolivie, Venezuela, auxquels il faut ajouter l’Iran et le Liban). Ces deux derniers pays ne sont pas souvent évoqués dans les médias, alors que des Iraniens et des Libanais se font tuer pour libérer le sol syrien, d’abord et avant tout, de l’emprise des pays occidentalo-golfico- sioniste qui soutiennent, par les armes et en fournissant des armes, l’opposition armée et certains groupes de l’ÉI (État Islamique) ; sans ce soutien l’opposition armée et ces groupes de l’ÉI n’auraient pas tenu six ans.

Suite à l’appui technico-militaire apporté par la Russie à la Syrie, le Secrétaire général de l’OTAN, le Norvégien Jens Stoltenberg, qui a succédé à cette fonction, le 1er octobre 2014, au Danois Anders Fogh Rasmussen à qui, entre autres, le peuple libyen doit d’être dorénavant dans un pays détruit, devait absolument se faire remarquer… Que les fanatiques sanguinaires soient rassuré(e)s, Anders Fogh Rasmussen n’est pas au chômage : depuis août 2015, il a été embauché par la banque d’affaires Goldman Sachs dirigée par Lloyd Craig Blankfein issu d’une famille juive (une façon, peut-être, de se protéger et de n’avoir pas à répondre des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité qui ont eu lieu sur ses ordres). C’est cette banque qui a largement contribué à la crise des subprimes (prêts hypothécaires à risque) et à la crise de la dette grecque (liée aux remboursements et au poids des intérêts sur la dette) menant à la crise bancaire, financière, économique mondiale qui a sévi de 2007 à 2011, et qui a placé et place encore nombre de pays et leurs populations dans une situation catastrophique.

Début 2016, le nouveau Secrétaire général de l’OTAN, qui ne peut ignorer ce que ses prédécesseurs, à ce poste, ont semé un peu partout dans le monde, et notamment en Afrique et dans le Proche Orient, n’hésite pas à affirmer que…

« l’opération des forces aérospatiales russes en Syrie entravait le règlement pacifique du conflit et conduisait à un regain de tension dans la région. » [Sputnik, Otan : Moscou remet les pendules à l’heure concernant la crise en Syrie, 7 février 2016.]

Le porte-parole du ministère russe de la Défense, le général Igor Konachenkov, devait, en réponse à cette accusation, mettre les points sur les “i” :

« Je tiens à rappeler à M. Stoltenberg que l’origine de la crise en Syrie n’est pas l’opération des forces aérospatiales russes, mais l’activité insensée des pays de l’Otan qui ont plongé dans le chaos la région du proche-Orient. » [Idem.]

Il n’est pas nécessaire de s’afficher pro-russe ou anti-états-unien(ne) pour savoir lequel de ces deux hommes dit la vérité sur les événements.

La Russie a compris, notamment à partir de la guerre occidentalo-golfique menée contre le peuple libyen pour le protéger, que l’ONU ne parvenait pas à faire respecter les Résolutions par les quelques États impérialistes de l’OTAN. Dorénavant, elle sait à quoi s’en tenir en Syrie… Et le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov, a de la mémoire…

« Plus encore, avant l’arrivée en Syrie de l’aviation russe, les pays de l’Otan, pendant près de trois ans, faisaient semblant de combattre le terrorisme international. » [Idem.]

C’est que la CIA a produit, durant des décennies, des terroristes qu’elle a formés et entraînés, et que l’OTAN a utilisés et continue à utiliser sur les terrains de guerre en Afghanistan, en Irak, en Libye, et que la coalition d’États belliqueux utilise maintenant en Syrie contre les dirigeants considérés comme non fréquentables, contre les pays qui se développent trop et sans s’endetter outre mesure, et contre les populations qui prennent de plus en plus leur destin en mains (comme cela se faisait en Libye avant sa destruction programmée).

La déstabilisation de la Syrie a commencé en même temps que celle de la Libye. Il s’agissait d’empêcher l’une de se porter au secours de l’autre. Toute l’histoire des États-Unis, enseigne que « la parole de paix » n’est pas dans la langue des dirigeants qui se sont succédés au pouvoir. D’abord, les armes pour détruire les pays au maximum ; après, l’avancée de pions dociles (dictateur, roi, président, peu importe, pourvu qu’ils acceptent le rôle de fantoches) ; ensuite, la ruée sur le butin (matières premières) et le contrôle politico-économique des pays, etc.

Une fois que les États-Unis ont rappelé leurs avions pour préparer d’autres guerres et que leurs multinationales ont pris dans le pays à reconstruire, sinon tout le gâteau, du moins la part du lion, leurs dirigeants ne voient aucun inconvénient à ce que des « négociations » aient lieu entre les ramasse-miettes (pays de la coalition au service états-unien dont la France) et entre les classes sociales qui se sont déchirées en lambeaux « au nom de la démocratie » et  « des  droits  de l’homme ».

La « démocratie », les « droits de l’homme », le porte-parole du ministère russe de la Défense, le général Igor Konachenkov, n’en croit pas un mot :

« Pendant ces trois ans, personne en Occident, et encore moins à Bruxelles, n’a même évoqué [de] quelconques négociations sur la Syrie. Le seul souci consistait à préciser les délais de la destruction définitive du pays, à l’instar de la Libye où les pays de l’Otan instauraient le modèle occidental de la “démocratie” sans rencontrer aucun obstacle. » [Idem. Note FP : Le mot de coordination entre crochets est de moi.]

Étant donné que, dans le monde occidentalo-golfico-sioniste, les pays sont aux mains d’oligarchies bourgeoises ou de monarchies féodales, il n’est aucunement question, pour les journalistes des médias-mainstream, de tendre le moindre micro aux populations. Celles-ci ne doivent pas avoir la parole pour s’exprimer sérieusement sur le plan politique et économique ; mais, si c’est pour leur faire dire bêtement qu’elles vont aller voter et pour qui, les journaleux leur passent le crachoir.

La GJALPS (Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste) n’a pu obtenir le secours de la Fédération de Russie (Medvedev n’est pas Poutine). La RAS (République Arabe Syrienne) l’a eu. Le général russe, qui sait les efforts que fait son pays pour que le peuple syrien ne soit pas de nouveau assujetti à quelque puissance occidentalo-sioniste, affirme avec le sentiment d’un devoir en train de s’accomplir :

« Grâce à l’aviation russe, les Syriens ont retrouvé, en quelques mois seulement, la confiance dans la possibilité de combattre et d’éliminer le terrorisme international dans leur pays et, comme conséquence, se sont mis à penser à l’avenir de la Syrie. » [Idem.]

Car, effectivement, pour les États belliqueux qui appartiennent à « l’Empire du Bien », faire la guerre à des États “pas comme il faut” qui appartiennent à « l’Empire du Mal » et détruire les structures politiques et économiques de ces pays maudits, c’est aussi donner une leçon aux populations indociles et briser, autant que leur passé et leur présent, leur avenir et ce pour des générations.

Le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov, connaît par cœur les méthodes des hâbleurs occidentaux : le mensonge finit par les disqualifier… pas seulement aux yeux du général, d’ailleurs…

« En ce qui concerne les péroraisons de M. Stoltenberg sur un regain de tension dans la région à cause de la présence russe en Syrie, elles sont une pure absurdité. » [Idem.]

Même si la majeure partie de la bourgeoisie occidentale vit dans le mensonge, il existe tout de même une autre partie de la population qui se soucie de plus en plus de la vérité, et donc la Russie est amenée à prendre toutes sortes de précautions sous peine de se voir reprocher ce que les États-Unis et leurs alliés font sans vergogne :

« Les actions des forces aérospatiales russes en Syrie mettent sous tension les terroristes. Nous en parlons au monde entier, vidéos à l’appui, avec le maximum de transparence depuis le début de notre opération. » [Idem.]

La Russie apporte son soutien à la Syrie. Quant aux états d’âme de certains membres de l’OTAN, le porte-parole du ministère russe de la Défense, le général Igor Konachenkov, n’est pas psychiatre :

« Quant à la question de savoir pourquoi, outre les terroristes, notre opération met sous tension certains pays de l’Otan, il faut la poser à Jens Stoltenberg en personne. » [Idem.]

Françoise Petitdemange

https://unefrancearefaire.com/


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La France en prise au terrorisme de ses propres alliés de l’Otan

Publié le par Felli Bernard

La France en prise au terrorisme de ses propres alliés de l’Otan

La France vient d’être la cible d’un nouvel attentat terroriste, à trois jours du premier tour de l’élection présidentielle. Pour Thierry Meyssan, Paris doit cesser de raconter des sornettes et prendre la mesure des événements : le terrorisme international —auquel il participe— est commandité et instrumenté jusque contre lui par certains de ses alliés au sein de l’Otan.

| Damas (Syrie)
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Attentat sur les Champs-Élysées, le 20 avril 2017.

Au début 2017, nous avons été informés que des jihadistes préparaient des actions pour contraindre la France et l’Allemagne à repousser leurs élections. Il n’était pas clair :
- s’il s’agissait de repousser l’élection présidentielle française (avril-mai) ou les élections législatives française (juin) ou les deux ;
- si la France était une cible en soi, ou si les actions menées en France devaient être une préparation aux futures actions contre l’Allemagne.

Parmi les candidats à l’élection présidentielle, seuls François Fillon et Marine Le Pen dénoncent le soutien apporté aux Frères musulmans. Le premier en a même fait un des thèmes récurrents de sa campagne.


Discours de Chassieu (Lyon), le 22 novembre 2016.

Nous avons alerté nos lecteurs de ce que les campagnes de presse et les affaires de Justice lancées contre Donald Trump aux États-Unis et contre François Fillon en France étaient commanditées par les mêmes groupes. Nous écrivions que selon MM. Trump & Fillon, « il ne sera pas possible de restaurer la paix et la prospérité sans en finir d’abord avec l’instrumentation du terrorisme islamique, sans libérer le monde musulman de l’emprise des jihadistes, et sans aller jusqu’à attaquer la matrice du terrorisme : les Frères musulmans » [1]

À l’époque, les Français, croyant à tort que les Frères musulmans forment une tendance au sein de la religion musulmane, ne réagirent pas. Par la suite, j’ai publié un livre, Sous nos yeux. Du 11-Septembre à Donald Trump, dont la seconde partie expose en détail pour la première fois ce qu’est cette organisation secrète, créée et contrôlée par le MI6, les services secrets britanniques. C’est cette Confrérie, qui depuis la Seconde Guerre mondiale a tenté de transformer l’islam sunnite en un instrument politique. C’est d’elle dont est issue la totalité des leaders des groupes jihadistes, d’Oussama Ben Laden à Abou Bakr al-Baghdadi.

Le 26 février, François Fillon publiait sans explication un communiqué qui fut largement critiqué :
« Nous sommes dans une situation inédite : à deux mois de l’élection présidentielle, nous vivons dans une situation de quasi guerre civile qui vient perturber le cours normal de cette campagne (…) Je rappelle que nous sommes en état d’urgence et pourtant, le gouvernement laisse faire (…) Aujourd’hui, en tant qu’ancien Premier ministre, en tant qu’élu de la Nation, j’accuse solennellement le Premier ministre et le gouvernement de ne pas assurer les conditions d’un exercice serein de la démocratie. Ils portent une très lourde responsabilité en laissant se développer dans le pays un climat de quasi guerre civile qui ne peut que profiter aux extrêmes (…) Quels que soient les candidats, ils doivent avoir le droit de s’exprimer et le gouvernement doit prendre des mesures pour que les casseurs et les ennemis de la démocratie cessent de perturber cette campagne présidentielle » [2].

Le 17 avril, la Police nationale informait les quatre principaux candidats de menaces sur leur sécurité et renforçait leur protection.

Le 18 avril, M. (29 ans) et Clément B. (23 ans) ont été arrêtés alors qu’ils préparaient un attentat lors d’un meeting en faveur de François Fillon.

Le 20 avril, un policier a été tué et deux autres grièvement blessés lors d’un attentat sur les Champs-Élysées.

François Fillon et Marine Le Pen ont annulé leurs déplacements prévus le 21 avril. Suivant le mouvement et bien qu’il n’y ait aucune réelle menace le concernant, Emmanuel Macron a fait de même.

La responsabilité du prochain président de la République française

La sécurité des Français sera au centre du prochain quinquennat. Cette question est d’autant plus difficile que les récents attentats terroristes commis sur le sol français ont impliqué trois de nos alliés de l’Otan : l’État profond US, le Royaume-Uni et la Turquie.

J’ai abondamment traité la question des attentats de Paris (13 novembre 2015) et de Bruxelles (22 mars 2016). [3]. Dans mon dernier livre j’ai indiqué que si ces attentats ont été revendiqués par le président Recep Tayyip Erdoğan et sa presse, ils ont été réalisés par « des commandos distincts, à l’exception d’un opérateur commun, Mohammed Abrini du MI6 » (p. 231) [4].

Depuis des années, les présidences successives de Nicolas Sarkozy et d’Alain Juppé et celle de François Hollande et de Laurent Fabius ont caché leurs activités criminelles aux Français et la conséquence de ce qu’ils ont semé : le terrorisme intra muros.

Il est absurde de croire qu’Al-Qaïda et Daesh puissent disposer de tant d’argent et d’armes sans le soutien de grands États. Il est absurde de croire que la France ait pu participer à l’opération de remodelage du « Moyen-Orient élargi » sans en subir les contre-coups. Il est absurde de croire qu’il soit simple de lutter contre le terrorisme international quand il est commandité par nos propres alliés au sein de l’Otan.

Pour en savoir plus sur la guerre secrète contre le Moyen-Orient élargi : lire Sous nos yeux. Du 11-Septembre à Donald Trump

[1] « Qui utilise la presse et la Justice contre Trump & Fillon ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 11 février 2017.

[2] « Violences perturbant la campagne présidentielle », François Fillon, Fillon2017.fr, 26 février 2017.

[3] Voir par exemple : « La République française prise en otage » et « Le mobile des attentats de Paris et de Bruxelles », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 16 novembre 2015 et 28 mars 2016.

[4] Sur ces attentats, voir aussi p. 91.

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Les barbus perdent leurs poils

Publié le par Felli Bernard

Les barbus perdent leurs poils

21 Avril 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

Ca va mal pour les modérément modérés et ce n'est pas cette jolie combattante loyaliste qui dira le contraire... L'armée syrienne est à l'offensive en deux points cruciaux et nous nous trouvons peut-être à une étape importante du conflit. Si elle réussit à gagner ces deux batailles et à avancer résolument, la guerre en sera raccourcie d'autant.

A l'est de Damas, les opérations ont redoublé pour réduire la poche de la Ghouta, épine dans le pied du gouvernement depuis le début du conflit et enclave barbue dans un océan loyaliste. C'est là qu'Al Nosra avait perpétré son false flag chimique en 2013, c'est de là que partent les bombardements qui touchent parfois la capitale.

L'armée avance à Qaboun, un district séparé de la zone rebelle principale, où les pertes djihadistes sont sérieuses et, dans le même temps, lance une attaque en un point stratégique de la Ghouta orientale. A vrai dire, il est difficile de savoir combien de soldats sont impliqués et si ce sont les prémices d'une offensive générale. L'armée est fort occupée par ailleurs (Hama, Deraa, Palmyre) et il n'est pas sûr qu'elle ait suffisamment d'hommes pour lancer un assaut total sur la Ghouta.

Si c'est néanmoins le cas, nous assistons à un tournant. Car la réduction de la poche sanctuariserait la région de Damas (au sud, le camp de Yarmouk est calme) et libérerait des milliers de soldats pour les autres opérations. Notamment dans le nord...

Car là, les choses sérieuses commencent. L'offensive qaédiste a été stoppée net fin mars (bien avant l'affaire chimique de Khan Cheikhoun donc, contrairement à ce qu'assènent les propagandistes). Elle se transforme maintenant en retraite frisant la débandade, l'armée reprenant ville après ville, aidée en cela par la toujours efficace aviation russe.

Les pertes barbues sont sévères et Al Qaeda vient de sonner la mobilisation générale dans l'Idlibistan afin de rameuter des renforts. Avec le risque de dégarnir les autres fronts...

Les loyalistes ont-ils assez de forces disponibles pour en profiter en d'autres points de la ligne de front et s'enfoncer dans la dernière province "rebelle" ? Les Iraniens enverront-ils plus de miliciens chiites ? Malheureusement, votre serviteur n'est pas dans le secret des Dieux. Et il le regrette car on approche de l'instant T, d'autant que les légions d'Assad vont recevoir de jolis jouets.

Une force conséquente pourrait profiter de la fixation des djihadistes au nord de Hama et, plus généralement, de leur épuisement et de leur dispersion pour s'engouffrer dans l'Idlibistan. Ca ne sera certes pas une partie de plaisir, la résistance sera acharnée, mais c'est le moment où jamais, qui pourrait sérieusement raccourcir cette guerre interminable. Il est peut-être temps que le maître du Kremlin sorte un des atouts qu'il garde dans sa manche depuis deux ans :

Si tant est qu'il le décide, Poutine a peut-être déjà la solution pour l'éventuelle intervention terrestre qui fait si peur à son opinion publique. Le leader de la Tchétchénie, Ramzan Kadyrov a demandé à Vladimirovitch de lui permettre d'aller avec ses forces spéciales combattre l'Etat Islamique sur son terrain. Ce ne sont pas des paroles en l'air ; cela fait des années que Kadyrov veut en découdre avec les wahhabites et autres djihadistes, responsables de la mort de son père. L'on se souvient de son discours assez hallucinant fin décembre 2014 devant 10 000 rudes guerriers tchétchènes :

Nous allons prouver au monde que nous, Tchétchènes, sommes l'infanterie de Vladimir Poutine. Nous sommes prêts à défendre la Russie et accomplir n'importe quelle mission de combat. L'ennemi de la Russie, nous le confronterons où qu'il soit, y compris dans la propre tanière. Vive notre grande patrie la Russie ! Vive notre leader national, Vladimir Poutine ! Allah Akbar !

Une intervention tchétchène au sol contre l'EI serait assez populaire en Tchétchénie même et passerait sans doute mieux dans le reste de l'opinion russe. Toutefois, il serait intéressant de voir comment s'entendront Iraniens, Tchétchènes et Hezbollah...

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Cazeneuve : l’assassin était en liberté à cause de SON gouvernement

Publié le par Felli Bernard

Cazeneuve : l’assassin était en liberté à cause de SON gouvernement

 

 

C’est à cause de l’incompétence du gouvernement contre le terrorisme islamiste que cet homme était en liberté sur les Champs, une arme dans les mains !

 
 
Journaliste

Ancien chef d’édition à RTL (1967-2001)
 
 
 

Bernard Cazeneuve, Premier ministre, n’a pas fait preuve d’intelligence vendredi, dernier jour de campagne électorale, en s’en prenant aux candidats de droite François Fillon et Marine Le Pen. En les attaquant, il leur a « apporté » de nombreuses voix d’indécis. Surtout en leur reprochant ce que la gauche appelle une « récupération » du dramatique attentat sur les Champs-Élysées… Car seuls les candidats de droite, bien sûr, « récupèrent » les infos qui peuvent leur faire gagner des voix, jamais les candidats de gauche.

 
 

Sauf que M. Cazeneuve — que pourtant j’appréciais lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, pour ses compétences — se garde bien de rappeler que l’assassin du policier avait déjà été condamné à 15 ans de réclusion criminelle en 2005 (donc, sans remise de peine, il n’aurait dû sortir qu’en… 2020 !) et qu’en février dernier, il avait été interpellé, de nouveau, pour menaces contre des policiers mais aussitôt remis en liberté par la justice si « indépendante ».

C’est à cause de l’incompétence du gouvernement Cazeneuve en matière de lutte contre le terrorisme islamiste que cet homme était, jeudi soir, en liberté sur les Champs, une arme dans les mains ! La gauche privilégie la défense (avec forces de l’ordre en protection de la population) au détriment de l’offensive, comprenant, entre autres, les contrôles aléatoires par l’armée ou par la police. Des contrôles permettant de relever les identités et de fouiller les véhicules, comme du temps du terrorisme FLN ou contre… l’OAS ! Dispositif qui aurait — peut-être — dissuadé ou permis d’arrêter cet assassin avant qu’il ne passe à l’acte. Tout comme les tireurs du Bataclan circulant en voiture avec un arsenal impressionnant en toute impunité.

Et notre sacro-sainte liberté, rétorqueront les bien-pensants ? Comme l’a expliqué un commentateur, au lendemain de l’assassinat du policier : « Le risque de mourir lors d’un attentat est faible, plus faible que lors d’un accident de voiture… » Donc, pourquoi vouloir lutter contre le terrorisme, surtout islamiste ? Pour certains — à gauche —, la mort d’un policier est statistiquement négligeable…

Si la droite (que ce soit avec François Fillon ou avec Marine Le Pen) avait été au pouvoir, il est à peu près certain que cet assassin (pardon « présumé » assassin, puisqu’il n’a pas eu « la chance » d’être jugé) aurait été toujours sous les verrous en ce tragique soir du 20 avril 2017 ! Et ce policier aurait retrouvé sa famille sain et sauf… La droite n’aurait alors rien eu à « récupérer »… Et cela aurait été « tant mieux », et bienheureux pour ce policier.

En outre, et accessoirement, cela aurait évité à M. Hollande de terminer son quinquennat si « hautement sécuritaire » par des funérailles nationales.

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Turquie : Erdoğan et le réveil ottoman

Publié le par Felli Bernard

Turquie : Erdoğan et le réveil ottoman

 

La Turquie change. Le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan (AKP, islamiste) a mis au pas l'armée, s'est rapproché de l'Iran et éloigné d'Israël et de l'Europe. La nostalgie de l'empire ottoman revient en force...

Les Européens croyaient avoir affaire à un État pauvre, désireux de se fondre dans l'Union européenne et de bénéficier de sa manne financière, comme en d'autres temps la Grèce, l'Espagne et le Portugal.

En 2010, ils découvrent un peuple « fier et sûr de lui », qui défie les Occidentaux en débattant avec le Brésil et l'Iran de l'avenir nucléaire de ce dernier (17 mai 2010) puis jette aux orties son amitié avec Israël et défie l'État hébreu en tentant de forcer le blocus de Gaza avec une flottille « humanitaire » (31 mai 2010).

Ces événements prennent tout leur sens dès lors qu'on les rattache à l'Histoire longue de la Turquie (75 millions d'habitants sur 780 000 km2 en 2010, avec une densité comparable à la France).

L'oeuvre d'Atatürk

La République turque a été fondée le 23 octobre 1923 sur les décombres de l'empire ottoman par le général Moustafa Kémal. Surnommé Kémal Atatürk (« Père des Turcs ») ou le Ghazi (le « Victorieux »), cet émule de Mussolini voulait libérer son peuple de l'emprise de l'islam et bâtir un État-Nation sur le modèle occidental. Son principal soutien était l'armée, qui lui était reconnaissante de ses victoires sur les Grecs.

En 1937, un an avant sa mort, Atatürk fit inscrire le principe de laïcité dans la Constitution. Ses successeurs peinèrent toutefois à le mettre en application. Mécontents des dérives du régime, les généraux commirent trois coups d'État en 1960, 1971 et 1980.

- 1980 : la tentation européenne

Encore instable et fragile, la Turquie kémaliste joue à fond la carte occidentale. Elle ne perçoit pas d'autre choix, avec une économie en dents de scie, une rébellion persistante dans les régions kurdes (25% de la population totale) et la montée des mouvements islamistes dans les campagnes.

Membre de l'OTAN et du Conseil de l'Europe, partenaire privilégiée d'Israël, elle voit sa candidature à l'Union européenne agréée au sommet d'Helsinki en décembre 1999. Ses élites, à Instanbul et Ankara, rêvent à haute voix d'une prochaine entrée dans l'Union européenne, comme la Grèce voisine, rivale jalousée.

- 1990 : la tentation « pantouraniste »

Suite à l'éclatement de l'URSS et à l'émancipation des républiques turcophones d'Asie centrale, la Turquie a, brièvement, la tentation de renouer avec le « pantouranisme » d'Enver Pacha, rival malheureux de Moustafa Kémal : il s'agirait d'unir tous les peuples issus des nomades turcs originels, si différents soient-ils par leur histoire, leur environnement culturel et même leur apparence physique !

- 2002 : le renouveau avec Erdoğan

Là-dessus, coup de théâtre. Le Parti de la Justice et du Développement (AKP) arrive au pouvoir à la faveur des élections législatives du 3 novembre 2002. Les militaires voient dans ce parti ouvertement islamiste une menace pour la République laïque de Moustafa Kémal, même si les commentateurs européens persisteront longtemps à le qualifier d'« islamiste conservateur », d'« islamiste modéré » ou même d'« islamo-démocrate ».

L'oeuvre d'Erdoğan

Recep Tayyip Erdoğan, né le 26 février 1954 à Istanbul (DR)fondateur de l'AKP et ancien maire d'Istanbul, le nouveau Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan peut compter sur le soutien des classes populaires empreintes d'une profonde religiosité et rétives à la laïcisation kémaliste.

Dans un premier temps, il consolide donc les institutions démocratiques. Il fait des ouvertures en direction des Kurdes et autorise les langues minoritaires dans les médias. Il impose l'élection au suffrage universel du président de la République, contre l'avis de l'armée.

À l'extérieur, il pacifie les relations de la Turquie avec ses frères ennemis, la Grèce et l'Arménie, pour ne plus les avoir contre lui et couper l'herbe sous le pied des militaires. Il donne aussi quelques gages à l'Europe en abolissant la peine de mort mais se montre ferme sur la question chypriote. Ainsi la Turquie, prétendûment candidate à l'Union, maintient-elle en état de guerre l'un des États de cette Union...

Il modernise la Turquie avec un doublement du Produit Intérieur Brut et du revenu par habitant depuis 2002. L'Anatolie se dote d'infrastructures modernes tandis qu'Istamboul et Ankara feraient pâlir d'envie bien des métropoles de la vieille Europe par leur modernisme tonitruant. Cela montre que le pays n'a pas besoin de faire allégeance à l'Union européenne pour prospérer. Le revers de cette modernisation est la montée de la corruption, jusque dans l'entourage du Premier ministre et président.

Fort de ces succès, Erdoğan met l'armée au pas. Pas moins de 200 arrestations en deux ans jusqu'au coup de force du 22 février 2010. Ce jour-là, la justice turque arrête cinquante officiers de haut rang. Ce coup de filet sans précédent met un point final à la guerre d'escarmouches que mène l'état-major laïciste contre le gouvernement islamiste.

Erdoğan a dès lors les mains libres pour mener une diplomatie selon ses vœux : rapprochement avec l'Iran, rupture avec Israël, éloignement de l'Europe... Dans le même temps, le Premier ministre turc exalte le « glorieux passé » de la Nation et invite ouvertement ses compatriotes établis dans les pays occidentaux, en France comme en Allemagne, à rester fidèles à leurs racines. « L'assimilation est un crime contre l'humanité », lance-t-il à ses compatriotes de Cologne, en 2008.

Retour aux racines ottomanes

On assiste au retour en force d'un « néo-ottomanisme » qui magnifie le passé ottoman et la prise de Constantinople par les Turcs (29 mai 1453). Ce courant orientalisant était déjà manifeste dans l'exposition « De Byzance à Istanbul », qui s'est tenue en 2009 au Grand Palais, à Paris.

Seul de tous les médias français, nous nous étions étonnés dans la lettre d'Herodote.net que la conservatrice turque de cette exposition ait souligné à gros trait la césure de 1453. Ainsi l'exposition présentait-elle au rez-de-chaussée la capitale byzantine et au premier étage la capitale ottomane. L'escalier monumental qui menait les visiteurs à l'étage était orné par la lourde chaîne qui barrait la Corne d'Or lors du siège de 1453 par les Turcs. Tout un symbole !

Qui plus est, l'exposition n'évoquait nulle part Sainte-Sophie, trait d'union majeur entre toutes les civilisations qui se sont succédées dans la ville. Cet « oubli » reflétait tout simplement le point de vue dominant dans la Turquie d'aujourd'hui, à savoir que celle-ci est fille de l'empire ottoman, en opposition avec l'Occident... et que Sainte-Sophie a vocation à redevenir ce qu'elle est, la plus belle mosquée de Turquie.

D'Atatürk à Erdoğan

Par ses choix politiques, Erdoğan se pose en héritier d'Atatürk plus sûrement que ses officiers d'état-major laïcs.

Atatürk a créé la Turquie sur le modèle des prestigieux États-Nations européens d'avant 1914 pour la détacher de ses racines orientales et lui éviter de perdre son identité dans un fumeux « panislamisme ».

Nullement désireux pour autant de se mettre à la remorque des Occidentaux, il n'a pas craint de défier les vainqueurs de la Grande Guerre en déchirant le traité de Sèvres.

Erdoğan, quant à lui, encourage l'islamisation de son pays pour prévenir sa dissolution et la perte de sa singularité dans l'Europe anomique d'aujourd'hui. Mais, tout musulman qu'il soit, c'est, comme Atatürk, un nationaliste résolu, aux antipodes du panislamisme d'al-Qaida. 

C'est aussi un homme à poigne qui aspire à une démocratie vigoureuse, respectueuse des intérêts nationaux et de l'identité religieuse ; tout le contraire des démocraties européennes actuelles.

D'ailleurs, les cercles dirigeants européens pourraient-ils sérieusement s'accommoder d'une « laïcité » turque qui interdit à tout citoyen né dans la religion d'État (l'islam) de renoncer à celle-ci et oblige tout citoyen de cette même religion qui épouse un(e) non-musulman(e) à élever ses enfants dans l'islam ?

Dans ses rapports avec Chypre, l'Iran et Israël, Erdoğan ne craint pas de défier les Occidentaux lorsqu'il y va selon lui de l'intérêt national. Autant de raisons qui lui valent une grande popularité non seulement en Turquie mais aussi dans les pays arabes.

Équivoque européenne

Arrivé au pouvoir alors que la Turquie était déjà en train de négocier son entrée dans l'Union européenne, Erdoğan a laissé le processus se poursuivre cahin-caha pour ne contrarier ni l'armée ni la bourgeoisie d'affaires d'Istanbul. Il n'a rien fait non plus pour hâter les choses et, aujourd'hui, a tout lieu de s'en féliciter.

Beaucoup de Turcs, il y a dix ans, fondaient leurs espoirs sur la générosité de l'Union européenne. Ils attendaient d'en profiter comme, avant eux, la Grèce, l'Espagne, le Portugal et l'Irlande. Submergés par l'argent « gratuit » de Bruxelles, ces pays sont aujourd'hui au bord de la faillite et sous tutelle de la Commission et du FMI. L'Union est elle-même à la dérive après avoir désarmé les États-Nations qui faisaient sa force.

Revenus de leurs illusions devant le désastre grec, les Turcs ne rêvent plus d'une intégration dans l'Union européenne mais se gardent de le dire à haute voix à leurs homologues européens. Ces derniers supportent sans protester les piques turques, y compris l'organisation d'une filière d'immigration clandestine via la frontière gréco-turque (voir ci-dessous) et le soutien feutré aux djihadistes de Syrie et d'Irak.

Plaque tournante de l'immigration vers l'Europe

Le gouvernement Erdogan a sciemment transformé la Turquie en plaque tournante de l'immigration clandestine vers l'Union européenne. Année après année, quelques centaines de milliers d'Africains et d'Orientaux traversent le pays avec la complaisance des autorités qui les poussent vers la frontière grecque. Les migrants accédent ainsi à la zone Schengen de libre circulation sur tout le territoire européen.

Tétanisés par la crainte de déplaire à un gouvernement qu'ils persistent à voir comme un allié et même un futur membre de l'Union européenne, les dirigeants du Vieux Continent n'osent d'abord réagir.

En mars 2016, débordée par une vague massive de réfugiés venus de Syrie et d'ailleurs, la chancelière allemande Angela Merkel négocie de son propre chef avec les Turcs un accord par lequel ces derniers s'engagent à retenir les migrants sur leurs côtes en échange d'un colossal tribut (3 milliards d'euros) et de la promesse de visas pour les Turcs ! L'accord, jamais appliqué, demeure comme une épée de Damoclès au-dessus des Européens, menacés par la reprise des flux de migrants à tout moment. Erdogan qui, lui, ne mâche pas ses mots quand l'identité turque ou islamique est en cause, a tout lieu de se féliciter de ce jeu de dupes qui affaiblit l'Union.

Recep Tayip Erdogan reçoit le président palestinien Mahmoud Abbas dans son palais néo-ottoman d'Ankara, le 12 juin 2015 (DR)

Usure du pouvoir ou apothéose ?

Les Turcs ont découvert de nouveaux motifs de satisfaction dans les offensives diplomatiques de leur Premier ministre qui en ont fait, au moins pour Herodote.netla personnalité de l'année 2010  (rapprochement avec l'Iran ou encore le Brésil, tentative de briser le blocus de Gaza, soutien au Syrien Assad etc). 

Ensuite sont venues les déconvenues et notamment un brutal ralentissement de la croissance économique. On a pu croire - nous les premiers - que Recep Tayyip Erdogan allait être ébranlé par les manifestations des citadins de la place Taksim, à Istamboul, en 2013 (comme de Gaulle par les événements de Mai 68). Il a toutefois montré une étonnante capacité de rebond grâce au soutien du « pays réel » jusqu'à se faire élire au suffrage universel dès le premier tour à la présidence de la République le 10 août 2014.

Les électeurs lui sont gré d'avoir amélioré leur sort pendant la décennie écoulée et surtout d'avoir ramené leur pays au premier plan de la scène euro-méditerranéenne. Membre rebelle de l'OTAN, candidat improbable à l'Union européenne, interlocuteur incontournable dans les conflits moyen-orientaux, la Turquie est crainte et donc respectée, y compris des Occidentaux qui ne peuvent se passer d'elle.

Erdoğan rêve alors de devenir le nouveau « sultan » d'une Turquie régénérée. Le 15 juillet 2016, une étrange tentative de coup d'État lui permet de lancer une brutale répression contre ses opposants réels ou supposés, dans l'armée, l'administration, la magistrature et les médias. À la suite de quoi, il organise le 16 avril 2017 un référendum qui renforce considérablement ses pouvoirs (c'est un processus bien connu dans l'Histoire : l'attentat de Cadoudal permet à Bonaparte de se faire couronner empereur et celui du Petit-Clamart à de Gaulle d'organiser l'élection du président au suffrage universel).

En 2018, à 64 ans, Erdoğan pourra se flatter d'avoir dirigé la Turquie plus longtemps que Kémal Atatürk lui-même et de l'avoir autant transformée. Mais nous ne sommes pas à l'abri de nouvelles surprises...   

André Larané

Publié ou mis à jour le : 2017-04-17 18:11:55

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Et cette fois encore, le piège du vote utile ?

Publié le par Felli Bernard

21
Avr
2017

Source : Le Monde diplomatique, Serge Halimi, avril 2017

Le premier tour de l’élection présidentielle, le 23 avril, opposera onze candidats aux opinions très diverses. Ce pluralisme a été en partie éclipsé par les affaires judiciaires et par la place que les médias ont consacrée au bal incessant des sondages. Néanmoins, la perception de la nature profondément antidémocratique des institutions françaises et européennes gagne les esprits. Mais la traduction en termes électoraux de cette conscience nouvelle risque d’être dévoyée par le piège d’un « vote utile » qui choisirait comme opposant à l’extrême droite un adorateur de la mondialisation.

Théo Haggaï – de la série « Cailloux »
http://theo-haggai.tumblr.com/

Nous entrons dans une ère politique où bien des phrases qui commencent par « Ce serait la première fois que… » semblent annoncer la réalisation d’une éventualité jusqu’alors inconcevable. En ce printemps 2017, l’élection présidentielle française marque ainsi la première fois que l’on ne s’interroge plus sur la présence du Front national (FN) au second tour : on pose l’hypothèse, encore très improbable, de sa victoire. La première fois que nul ne défend le bilan d’un quinquennat alors même que deux anciens ministres du président sortant, MM. Benoît Hamon (Parti socialiste, PS) et Emmanuel Macron (En marche !), participent au scrutin. La première fois aussi que les candidats du PS et de la droite, qui ont gouverné la France sans discontinuer depuis le début de la Ve République, pourraient être conjointement éliminés dès le premier tour.

On chercherait également en vain des précédents à une campagne aussi parasitée par l’information continue, les affaires judiciaires, l’incapacité générale à fixer son attention plus de vingt-quatre heures sur une question essentielle. Et on ne trouve assurément aucun cas antérieur d’un postulant important à la magistrature suprême poursuivi pour détournement de fonds publics alors qu’il proclame depuis dix ans que la France est en faillite.

Le renoncement du président sortant à briguer un second mandat risque de dissimuler le point de départ de tous ces dérèglements. Le quinquennat qui s’achève a vu M. François Hollande devenir le chef d’État le plus impopulaire de la Ve République, et ce juste après que son prédécesseur, M. Nicolas Sarkozy, eut déjà été répudié. Or, le président socialiste l’a admis lui-même, il a « vécu cinq ans de pouvoir relativement absolu (1)  ». En juin 2012, pour la première fois de son histoire, le PS contrôlait en effet la présidence de la République, le gouvernement, l’Assemblée nationale, le Sénat, 21 des 22 régions métropolitaines, 56 des 96 départements et 27 des 39 villes de plus de 100 000 habitants.

De ce pouvoir M. Hollande a fait un usage discrétionnaire autant que solitaire. C’est lui qui a décidé l’état d’urgence, engagé la France dans plusieurs conflits extérieurs, autorisé l’assassinat de simples suspects par voie de drone. Lui, aussi, qui a fait modifier le code du travail, contraignant sa majorité parlementaire à une réforme qu’elle refusait d’endosser (recours à l’article 49-3 de la Constitution) et pour laquelle ni elle ni lui n’avaient reçu mandat du peuple. Sans oublier la refonte de la carte des régions françaises, que le chef de l’État a redessinée de son bureau de l’Élysée.

Voilà qui pose avec acuité la question des institutions de la Ve République, que M. Hamon et M. Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) se sont engagés à remettre en cause, mais dont M. François Fillon (Les Républicains) et M. Macron s’accommodent, tout comme Mme Marine Le Pen. Aucune autre démocratie occidentale ne connaît une telle concentration du pouvoir entre les mains d’un seul. Au-delà du danger, bien réel, de voir un jour en disposer un chef de l’État moins débonnaire que celui qui achève son mandat, les proclamations ronflantes sur la démocratie française, la République, butent sur un constat que la présidence de M. Hollande a rendu aveuglant : l’exercice solitaire du pouvoir conforte la faculté illimitée de piétiner les engagements d’une campagne qui pourtant devrait fonder le mandat du peuple souverain.

M. Hollande s’engageait à défendre la sidérurgie française, il a entériné la fermeture du site de Florange ; il devait renégocier le pacte de stabilité européen, il y a renoncé dès le premier jour de son mandat ; il promettait d’« inverser la courbe du chômage » avant la fin de l’année 2013, elle a poursuivi son envol trois ans de plus. Toutefois, si un sentiment de trahison s’est ancré aussitôt dans les esprits, c’est sans doute en raison d’une phrase qui a marqué sa campagne de 2012 et que chacun a réentendue cent fois depuis : « Mon seul adversaire, c’est le monde de la finance. » Or M. Hollande a pris sitôt élu un ancien banquier de Rothschild pour conseiller à l’Élysée, avant de lui confier les clés du ministère de l’économie.

L’actuelle faveur dont semble bénéficier M. Macron dans l’opinion est d’autant plus déconcertante qu’elle risque de propulser vers le pouvoir suprême le digne héritier, fût-il parricide, de ce président sortant à l’impopularité inégalée. « Emmanuel Macron, c’est moi, a lâché un jour M. Hollande, il sait ce qu’il me doit. » Assurément, M. Macron n’est pas socialiste, mais M. Hollande non plus. L’un le proclame, l’autre biaise. Les propos du premier tournent le dos à une tradition de gauche qui pourfendait « l’argent » ou « la finance », mais cela correspond aux convictions que le second exprimait dès 1985 dans un ouvrage, La gauche bouge, qui avait également pour auteurs l’actuel ministre de la défense et le secrétaire général de l’Élysée (2).

Dans ce livre, on trouvait déjà l’idée chère à M. Macron, même si elle est chez lui ensevelie sous des amas de mots cotonneux et creux, d’une nouvelle alliance sociale entre les classes moyennes cultivées et le patronat libéral, soudés par la volonté conjointe de se déployer dans un marché mondial. « Entrepreneuriat » plutôt qu’« assistanat », profit plutôt que rente, réformistes et modernistes contre extrémistes et passéistes, refus de la nostalgie « des chameliers et des porteurs d’eau » : entendre M. Macron, c’est réécouter ce que proclamaient M. William Clinton dès 1990, MM. Anthony Blair et Gerhard Schröder quelques années plus tard (3). Et le suivre reviendrait à s’engager plus hardiment encore que M. Hollande dans la « troisième voie » du progressisme néolibéral. Celle qui a enjôlé le Parti démocrate américain et la social-démocratie européenne, les laissant dans le ravin où ils gisent en ce moment.

« Le projet d’Emmanuel Macron, c’est le marchepied du Front national »

« Mondialistes » et « parti de Bruxelles » contre « patriotes » : Mme Le Pen se réjouirait que l’affrontement politique se résume à cette dialectique. Député PS et pilier de la campagne de M. Macron, M. Richard Ferrand semble devancer ses désirs : « Il y a, estime-t-il, d’une part, les néonationalistes réactionnaires et identitaires ; et, de l’autre, les progressistes qui pensent que l’Europe est nécessaire (4).  » Une telle structuration du débat idéologique n’est pas innocente. Il s’agit, de part et d’autre, de submerger la question des intérêts de classe en alimentant pour les uns des terreurs « identitaires », en vitupérant pour les autres des pulsions « réactionnaires ».

Mais, n’en déplaise à tous les progressistes de marché, ceux « qui pensent que l’Europe est nécessaire » sont situés socialement. Les « travailleurs détachés » qu’une directive bruxelloise de 1996 a enfantés, et dont le nombre a décuplé ces dix dernières années, sont plus souvent ouvriers du bâtiment ou salariés agricoles que chirurgiens ou antiquaires. Or ce que « pensent » les victimes de ce dispositif est aussi et d’abord le produit de ce qu’ils appréhendent, c’est-à-dire un dumping salarial qui menace leurs conditions d’existence. Pour eux, l’Europe ne se résume pas au programme Erasmus et à l’Ode à la joie.

Stratège politique de M. Donald Trump, M. Stephen Bannon a compris le parti que la droite nationaliste pouvait tirer du déclassement social qui accompagne presque toujours les célébrations du village global. « Le cœur de ce que nous croyons,explique-t-il, c’est que nous sommes une nation avec une économie, et pas une économie dans je ne sais quel marché mondial aux frontières ouvertes. Les travailleurs du monde en ont assez d’être soumis au parti de Davos. Des New-Yorkais se sentent désormais plus proches des habitants de Londres ou de Berlin que de ceux du Kansas ou du Colorado, et ils partagent avec les premiers la mentalité d’une élite qui entend dicter à tous la façon dont le monde sera gouverné (5).  »Quand, dans ses réunions publiques constellées de drapeaux européens, M. Macron exalte la mobilité, réclame la « relance par les marges des entreprises » et s’engage à supprimer les indemnités de chômage après le deuxième refus d’une « offre d’emploi décente (6)  », comment distinguer ses propositions des intérêts des oligarques de l’argent et du savoir qui composent le « parti de Davos » ? On imagine les dégâts démocratiques qui découleraient d’un éventuel face-à-face entre lui et Mme Le Pen, celui-là même que les médias s’emploient à installer.

Depuis plus de vingt ans, prôner le « vote utile » revient à présenter les deux partis dominants en remparts contre une extrême droite dont leurs choix successifs et concordants ont favorisé l’envol. « Aujourd’hui, estime M. Hamon, le projet d’Emmanuel Macron, c’est le marchepied du Front national (7).  » Mais, réciproquement, la puissance du FN a affermi le monopole du pouvoir de ses adversaires, socialistes compris (8). Dès 1981, François Mitterrand calculait qu’une extrême droite puissante obligerait la droite à faire alliance avec elle, au risque de devenir ainsi inéligible (9). La manœuvre s’est renversée en avril 2002, quand M. Jean-Marie Le Pen a affronté M. Jacques Chirac lors du second tour de l’élection présidentielle. Depuis, la droite n’a plus qu’à devancer le PS dans n’importe quel scrutin, national ou local, pour devenir aussitôt aux yeux de presque toute la gauche l’archange de la démocratie, de la culture, de la République.

Des institutions monarchiques qui permettent toutes les roueries, tous les reniements ; une vie politique verrouillée par la peur du pire ; des médias qui s’accommodent des unes tout en se repaissant de l’autre ; et puis, il y a… l’Europe. La plupart des politiques économiques et financières de la France y sont étroitement subordonnées, ce qui n’empêche pas l’essentiel de la campagne de s’être déroulée comme si le prochain président allait pouvoir agir en toute liberté.

Une victoire de Mme Le Pen pourrait signer la fin de l’Union européenne — elle a prévenu : « Je ne serai pas la vice-chancelière de Mme Merkel. » Dans l’hypothèse où l’un des favoris du scrutin — et de Mme Angela Merkel —, c’est-à-dire M. Fillon ou M. Macron, s’installait à l’élysée, la continuité avec les présidents qu’ils ont servis respectivement serait en revanche assurée, la cohérence avec les orientations de la Commission européenne préservée et l’hégémonie allemande et l’ordolibéralisme confirmés, l’une faisant office de gardienne sourcilleuse de l’autre. La question se poserait différemment pour M. Hamon ou pour M. Mélenchon. Mis à part les tentations fédéralistes du premier et son appui à l’idée d’une défense européenne, leurs objectifs peuvent paraître proches. Mais leurs moyens de les atteindre diffèrent du tout au tout, au point que leurs deux candidatures se concurrencent et font courir à chacun le risque de l’élimination.

Avec M. Hamon, difficile d’échapper à un sentiment de déjà-vu. Cherchant à concilier son attachement à l’Union européenne et son désir de la voir rompre avec l’austérité pour conduire une politique plus favorable à l’emploi et à l’environnement et moins impitoyable envers des États comme la Grèce que leur endettement accable, le candidat socialiste doit se persuader que la réorientation à laquelle il aspire est possible, y compris dans le cadre des institutions actuelles ; qu’il est concevable d’« atteindre des résultats tangibles sans se mettre à dos toute l’Europe ». Et il fonde son espérance sur un regain d’influence de la gauche européenne, allemande en particulier.

Or c’est presque exactement l’hypothèse qu’avait laissée miroiter M. Hollande il y a cinq ans. Le 12 mars 2012, s’engageant « solennellement » devant ses camarades européens réunis à Paris à « renégocier le traité budgétaire » qu’avaient conclu Mme Merkel et M. Sarkozy, il précisait : « Je ne suis pas seul parce qu’il y a le mouvement progressiste en Europe. Je ne serai pas seul parce qu’il y aura le vote du peuple français qui me donnera mandat » (lire « L’engagement trahi »).

Mme Cécile Duflot, qui devint sa ministre du logement, nous rappelle la suite : « Tout le monde attendait que [M. Hollande] engage le bras de fer avec Angela Merkel. (…) Nous allions enfin tourner le dos au Merkozy. (…) Tout libéral et rigide qu’il est, l’Italien Mario Monti comptait sur la France pour inverser la tendance. Le très conservateur Mariano Rajoy voyait dans l’élection de François Hollande la possibilité de desserrer l’étau qui étreignait l’Espagne. Quant à la Grèce et au Portugal, ils étaient prêts à suivre n’importe quel sauveur pour éviter la ruine (10).  » On sait ce qu’il advint.

Une Union européenne fébrile à chaque scrutin national

Rien d’autre au fond que ce qui s’était déjà produit quinze ans plus tôt (11). À l’époque, M. Hollande dirigeait le PS et M. Lionel Jospin le gouvernement. En guise de prélude à la monnaie unique, un « pacte de stabilité et de croissance » venait d’être négocié qui prévoyait un ensemble de disciplines budgétaires, dont des amendes en cas de déficits excessifs. Chef de l’opposition, M. Jospin n’avait pas manqué de dénoncer dans le pacte un « super-Maastricht », « absurdement concédé aux Allemands ». Devenu premier ministre en juin 1997, il en accepta néanmoins tous les termes au Conseil européen d’Amsterdam, quelques jours plus tard. Pour prix de son consentement, prétendit M. Pierre Moscovici, alors ministre des affaires européennes, il aurait arraché « la première résolution d’un Conseil européen consacrée à la croissance et à l’emploi ». Une résolution à l’impact foudroyant, comme chacun a pu en témoigner depuis.

MM. Hamon et Mélenchon entendent à leur tour renégocier les traités européens. Cette fois, s’en donnent-ils les moyens ? M. Hamon ne remet pas en question l’indépendance de la Banque centrale européenne, mais il espère « faire évoluer ses statuts ». Il consent à la règle des 3 % de déficit public, mais « souhaite des politiques de relance » compatibles avec ses ambitions écologistes. Il propose « la constitution d’une assemblée démocratique de la zone euro », mais il précise aussitôt : « J’accepterai qu’on en discute, évidemment. Je n’irai pas à Berlin ou ailleurs en disant : “C’est cela ou rien”, ça n’a pas de sens. »

Certaines de ces réformes exigent l’accord unanime des membres de l’Union et aucune d’elles ne peut aujourd’hui se prévaloir de l’aval de Berlin. M. Hamon espère par conséquent modifier la donne grâce à un « arc d’alliance des gauches européennes ». Et il récuse le précédent peu encourageant de 2012 : « Je crois que les Allemands sont plus ouverts aujourd’hui qu’ils ne l’étaient quand M. Hollande est arrivé au pouvoir. » La crainte d’une dislocation de l’Union européenne d’une part, la perspective d’une alternance politique en Allemagne de l’autre auraient rebattu les cartes à son profit. « Je suis du parti de l’espérance », admet-il néanmoins.

L’espérance de M. Mélenchon, elle, a changé depuis 2012. Puisque « aucune politique progressiste n’est possible » dans l’Union telle qu’elle existe, à défaut d’une « sortie concertée des traités européens » ou de leur refonte (plan A) il n’exclut plus une « sortie unilatérale » (plan B). Comme il ne croit pas trop à une poussée prochaine et simultanée des forces de gauche, lesquelles auraient plutôt tendance à refluer ces dernières années, la France, deuxième puissance de l’Union, devient à ses yeux le « levier de la bataille européenne ». Codirecteur de la rédaction de son programme présidentiel, Jacques Généreux résume ainsi l’équation : « La sortie contrainte de la France signifierait la fin de l’euro et la fin de l’Union européenne, tout simplement. Personne n’a intérêt à prendre ce risque. Surtout pas l’Allemagne. » Par conséquent, tout en refusant de se plier aux règles européennes qui contraignent ses priorités économiques, « la France peut sans crainte, et si elle le souhaite, rester dans l’euro aussi longtemps qu’elle veut (12)  ».

L’Union européenne était devenue indifférente aux choix démocratiques de ses peuples, assurée que les orientations fondamentales des États membres étaient verrouillées par des traités. Depuis le vote du « Brexit » et la victoire de M. Trump, la politique prend sa revanche. Une Union désormais fébrile observe chaque scrutin national comme si elle y jouait sa peau. Même la victoire d’un des candidats français qu’elle a adoubés ne la rassurerait pas longtemps.

Serge Halimi

Notes :

(1) Gérard Davet et Fabrice Lhomme, « Un président ne devrait pas dire ça… ». Les secrets d’un quinquennat, Stock, Paris, 2016.

(2) Un collectif masqué sous le pseudonyme de Jean-François Trans. Lire Pierre Rimbert, « Toupie ou tout droit ? », Le Monde diplomatique, septembre 2014.

(3) Cf. Le Grand Bond en arrière. Comment l’ordre libéral s’est imposé au monde, Agone, Marseille, 2012.

(4) Le Journal du dimanche, Paris, 12 mars 2017.

(5) Cité par William Galston, « Steve Bannon and the “Global Tea Party” », The Wall Street Journal, New York, 1er mars 2017.

(6) C’est-à-dire pour un salaire qui ne serait « pas inférieur de plus de 20 %-25 % » à celui de l’ancien poste.

(7) France 2, 9 mars 2017.

(8) Lire « Le Front national verrouille l’ordre social », Le Monde diplomatique,janvier 2016.

(9) Cf. Emmanuel Faux, Thomas Legrand et Gilles Perez, La Main droite de Dieu. Enquête sur François Mitterrand et l’extrême droite, Seuil, Paris, 1994.

(10) Cécile Duflot, De l’intérieur. Voyage au pays de la désillusion, Fayard, Paris, 2014.

(11) Lire « Quand la gauche renonçait au nom de l’Europe » et « L’audace ou l’enlisement », Le Monde diplomatique, respectivement juin 2005 et avril 2012.

(12) Jacques Généreux, Les Bonnes Raisons de voter Mélenchon, Les Liens qui libèrent, Paris, 2017.

Source : Le Monde diplomatique, Serge Halimi, avril 2017

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États-Unis : l'arrestion d'Assange est une "priorité" pour Washington

Publié le par Felli Bernard

États-Unis : l'arrestion d'Assange est une "priorité" pour Washington

L'arrestation du fondateur de WikiLeaks Julian Assange est une « priorité » pour l'administration Trump, qui tente de lutter contre la divulgation d'informations sensibles, a assuré jeudi le ministre américain de la Justice Jeff Sessions.

Les médias locaux, citant des responsables américains, font état de rapports indiquant que Washington serait en train d'établir des chefs d'inculpation en vue d'une arrestation de M. Assange.

« Nous allons intensifier nos efforts et nous avons redoublé d'efforts en ce qui concerne les fuites », a déclaré M. Sessions en conférence de presse. « C'est une affaire qui dépasse tout ce que je connais », a dit le ministre de la Justice, parlant du nombre élevé de fuites. « Nous avons des professionnels qui sont dans la sécurité aux Etats-Unis depuis des années et qui sont choqués par le nombre de fuites, dont certaines très sérieuses », a-t-il ajouté. « Nous allons chercher à mettre certaines personnes en prison », a-t-il dit.

Selon le Washington Post, des procureurs ont rédigé ces dernières semaines une note sur les accusations contre M. Assange et contre des membres de Wikileaks, qui pourraient inclure le complot, le vol de biens de l'État et la violation de la loi fédérale de l'Espionage Act.

WikiLeaks, « service de renseignement hostile »

Julian Assange, 45 ans, est réfugié à l'ambassade équatorienne à Londres depuis 2012, dans l'espoir d'échapper à un mandat d'arrêt européen pour un viol présumé en Suède qu'il nie. Assange craint d'être extradé aux États-Unis, où il risque de lourdes peines pour la publication en 2010 de documents confidentiels militaires et diplomatiques, notamment sur les guerres en Irak et en Afghanistan. L'Australien a été interrogé à l'ambassade les 14 et 15 novembre sur cette affaire de viol présumé qui remonte à août 2010.

Son cas est revenu sous le coup des projecteurs avec les accusations des agences américaines de renseignement contre la Russie, selon lesquelles Moscou aurait interféré dans la présidentielle américaine au profit de Donald Trump en diffusant notamment sur le site WikiLeaks des documents discréditant la candidate démocrate Hillary Clinton. La Russie nie catégoriquement toute ingérence dans la campagne électorale américaine.

La semaine dernière, pour sa première intervention publique depuis sa nomination par Donald Trump, le nouveau directeur de la CIA Mike Pompeo s'est livré à une violente charge contre WikiLeaks qu'il a qualifié de « service de renseignement hostile », estimant que l'organisation représente une menace pour les démocraties et fait le jeu des dictateurs.

La veille de cette attaque, M. Assange avait publié une tribune dans le Washington Post assurant que son organisation agissait avec la même mission que les journaux les plus respectés, « offrir au public un contenu ayant un intérêt médiatique ».

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Commedia dell'arte

Publié le par Felli Bernard

Commedia dell'arte

20 Avril 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Etats-Unis, #Russie, #Pétrole, #Moyen-Orient, #Ukraine

Si les temps que nous vivons sont exaltants et dangereux, ils comprennent aussi leur lot d'invraisemblables pitreries et de retournements saugrenus.

A tout seigneur (saigneur ?) tout honneur, Trump semble véritablement avoir appris l'art de la pirouette chez le sultan. Plutôt que d'enquêter sur de supposées relations avec le Kremlin, il faudrait vérifier si le Donald n'a pas fait un petit séjour du côté d'Ankara avant son élection... Quel tournis, mes aïeux ! Dans la continuité de ses déjà nombreuses trahisons de promesses électorales, le blond occupant de la Maison blanche nous a sorti deux as, pour le meilleur et pour le pire d'ailleurs.

Rappelez-vous, il s'était lâché pendant des mois contre l'Iran diabolique et le "désastreux" accord sur le nucléaire ("le plus mauvais jamais signé"). Et hop, je retourne ma veste. Dans une note au Congrès, la nouvelle administration a précisé que Téhéran respectait les clauses de l'accord et qu'un nouvel allègement des sanctions avait été décidé. C'est Bibi qui doit l'avoir mauvaise...

Moins encourageant, un ponte Républicain (Ryan pour ne pas le nommer) a déclaré que le TTIP, l'accord de libre-échange trans-atlantique, était "bon pour l'ordre mondial". On imagine l'intense pression de la libéralo-démente Frau Milka et de la clique otanienne. Certes, Donaldinho n'a encore rien dit mais l'histoire récente de ses volte-faces ne plaide pas en sa faveur.

L'administration Trump semble être complètement à la rue, se berçant d'illusions puériles sur un fantasmé refroidissement sino-russe en Syrie - y croient-ils seulement ? Pire, la fameuse flotte aéronavale se dirigeant à toute vapeur vers la Corée du Nord n'est en réalité jamais partie :

L'"armada" américaine promise il y a dix jours en réponse à la menace de Pyongyang n'a pas commencé à naviguer vers la péninsule coréenne, elle est même partie dans la direction opposée, a reconnu mardi 19 avril un responsable américain de la Défense.

Selon ce responsable, les bateaux se trouvent toujours au large de la côte nord-ouest de l'Australie. Le groupe aéronaval comprend le porte-avions Carl Vinson, de la classe des porte-avions Nimitz, son escadron aérien, deux destroyers lanceurs de missiles et un croiseur lanceur de missiles. Une photo de la marine américaine prise ce week-end montre le porte-avions au large de l'île de Java.

Le 8 avril, un porte-parole du commandement américain dans le Pacifique avait pourtant annoncé que le porte-avions et sa flotte faisaient route vers la péninsule coréenne, par "mesure de précaution". Donald Trump avait ensuite déclaré le 12 avril sur la chaîne Fox Business : "Nous sommes en train d'envoyer une armada. Très puissante".

Plusieurs médias avaient alors affirmé qu'il faisait route vers la Corée du Nord depuis Singapour, alors qu'en fait il avançait dans la direction opposée. La flotte américaine a de fait participé ces derniers jours à des exercices militaires avec la marine australienne, selon le responsable américain.

Avec le Donald, la croisière s'amuse et fait bien rire les observateurs. Grillé, le Pentagone se croit maintenant obligé d'envoyer, vraiment cette fois, la flotte mouiller en mer du Japon. Fake news, fausse armada, palinodies, bombardements factices, poudre aux yeux, grotesque opérations de com'... les Etats-Unis seraient-ils en train de devenir un fake country ?

Ce n'est certes pas la CIA qui contredira la chose, elle qui crie régulièrement au piratage russo-chinois avec des trémolos dans la voix. Quand on veut noyer son chien, on l'accuse de la rage, c'est bien connu. En réalité, les récentes révélations sur la NSA montrent que les agences US ont allègrement piraté des sites russes et iraniens, notamment le site de la présidence à Téhéran ou celui du ministère russe de l'Energie atomique. Comment dit-on l'hôpital qui se fout de la charité en Langley ?

Une qui, par contre, ne sourit point est Exxon, désespérée de faire lever les sanctions contre la Russie ou, du moins, de bénéficier d'une exemption. Nous avions déjà vu que les sanctions lui avaient coûté 1 milliards de $ en 2015. Aujourd'hui, elle risque de perdre au profit de l'italienne ENI tous ses droits d'exploration en mer Noire si elle ne commence pas des forages avant la fin de l'année.

L'ironie de l'histoire est que son ancien PDG est maintenant secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et qu'il s'est lancé dans de curieuses diatribes anti-russes depuis quelques semaines. Trahison vis-à-vis du lobby pétrolier américain ou, au contraire, volonté de donner des gages à l'Etat profond pour mieux adoucir les sanctions par la suite et aider Exxon ? Comédie et théâtre d'ombres, encore une fois...

La Russie, elle, regarde tout cela d'un oeil goguenard. Ce que nous prédisions il y a deux ans se réalise : les sanctions lui ont permis de diversifier son économie et ses sources de revenu. Ainsi, les hydrocarbures qui représentaient 50% des recettes de l'Etat sont tombés à 36%. Certes, la baisse des cours du pétrole et du gaz ont eu une influence mais pas seulement.

Et puisque l'on parle d'or noir, depuis quelques mois, la grande sitcom s'appelle Citgo. Cette compagnie pétrolière possédant oléoducs et raffineries aux Etats-Unis pourrait tomber dans l'escarcelle de... Rosneft ! Pour résumer l'imbroglio, Citgo est détenue par Petroleos de Venezuela qui devait rembourser un emprunt à Rosneft. Vu la situation au pays de Maduro, c'est pour le moins compromis et le géant russe a maintenant le droit légal de mettre la main sur la filiale américaine.

Inutile de dire que les sénateurs US sont paniqués, Rubio en tête : " Nous sommes extrêmement inquiets du contrôle de Citgo par Rosneft qui pourrait représenter une grave menace pour la sécurité énergétique américaine et rendre vulnérables des infrastructures critiques de notre pays."

Le flamby élyséen, lui, est plutôt adepte des Précieuses ridicules. On se rappelle son coup de double menton dans le jabot à propos des Mistrals, annulant la livraison à la Russie et les redirigeant vers l'Egypte. Seul petit problème : Le Caire et Moscou discutent maintenant l'achat par les Russes des systèmes de contrôle et de communication des navires. Toumou Ier roulé une fois de plus...

Le grand cirque ne serait point complet sans ces autres fameux valets du système impérial que sont Porochenko et les inénarrables rebelles "modérés". A Londres, le premier a affirmé sans rire que l'héroïque armée ukrainienne avait sauvé l'Europe d'une invasion de tanks russes. Question à un kopeck : y a-t-il encore quelqu'un dans la salle pour prendre au sérieux Poroclown ?

En Syrie, une nouvelle formation rebelle est apparue... sur le net. Elle déclare, tenez-vous bien, vouloir reprendre Hassaké, Raqqa, Deir ez-Zoor et Qamishli. C'est-à-dire mener la guerre à la fois contre les Kurdes, Daech et l'armée syrienne, rien que ça. Aux dernières nouvelles, les "rebelles" sont une vingtaine et représentent un énième aboiement du sultan pour sauver la face.

Commedia dell'arte

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Trump : deux pas en avant, un pas en arrière

Publié le par Felli Bernard

Trump : deux pas en avant, un pas en arrière

Alors que la presse internationale décrit le grand retournement de Donald Trump, Thierry Meyssan montre qu’il n’en est rien : loin d’avoir abandonné son idéal de paix, le président des États-Unis hurle et bombarde, tout en faisant attention à ne rien commettre d’irréversible.

| Damas (Syrie)
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Le changement radical de rhétorique du président Trump sur l’ensemble de sa politique extérieure s’est accompagné du bombardement de la base syrienne de Cheyrat et de celui d’une montagne afghane.

Le monde a tremblé devant ce déploiement de force : 59 missiles Tomahawks en Syrie et une méga-bombe GBU-4/B3 en Afghanistan. Pourtant, la base de Cheyrat était à nouveau opérationnelle dès le lendemain, tandis que « la mère de toutes bombes » a certes provoqué l’effondrement de trois sorties d’un tunnel naturel, mais n’a pas détruit les kilomètres de passages souterrains creusés avec le temps par les rivières dans la montagne. Bref, beaucoup de bruit pour rien.

Ces deux opérations étaient manifestement destinées à convaincre l’État profond US que la Maison-Blanche soutenait à nouveau la politique impériale. Elles ont eu l’effet escompté sur l’Allemagne et la France. La chancelière Angela Merkel et le président François Hollande ont applaudi leur suzerain et appelé à en finir avec la Syrie. La surprise est venue d’ailleurs.

Le Royaume-Uni ne s’est pas contenté de suivre le mouvement. Son ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, a proposé de prendre des sanctions contre la Russie, complice selon lui des « crimes » syriens, et responsable d’une manière ou d’une autre de la résistance afghane et de bien d’autres choses.

Lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7, Johnson a annoncé l’annulation de son déplacement à Moscou et a invité tous ses partenaires à rompre leurs relations politiques et commerciales avec la Russie. Ces derniers, tout en approuvant l’initiative britannique, se sont prudemment tenus en retrait. Rex Tillerson, le secrétaire d’État états-unien, a quant à lui, clairement écarté cette folle proposition et a maintenu son voyage à Moscou. Avec aplomb, Johnson a alors déclaré que les Européens auraient mandaté Tillerson pour faire entendre raison aux Russes.

Alors que le protocole international prévoit la réception d’un ministre par son homologue et non par le chef d’État local, la presse atlantiste présentait l’accueil de Tillerson par Lavrov comme un refroidissement des relations américano-russes. Avant qu’il ait eu le temps de saluer son hôte, Sergey Lavrov fut interrompu par une journaliste de Washington qui le prit à partie. La rappelant à la politesse, le ministre russe refusa de lui répondre et écourta les présentations.

L’entretien, à huis clos, dura plus de quatre heures, ce qui paraît bien long pour des gens qui n’auraient rien à se dire. En définitive, les deux hommes demandèrent audience au président Poutine qui les reçut deux heures supplémentaires.

À l’issue de ces rencontres, les ministres délivrèrent une conférence de presse. Ils assurèrent sans rire avoir exclusivement pris note de leurs divergences. Sergey Lavrov mit en garde les journalistes devant le danger que cette rupture faisait courir au monde.

Cependant le lendemain, le même Lavrov, s’adressant à la presse russe, indiquait avoir conclu un accord avec son hôte. Washington se serait engagé à ne plus attaquer l’armée arabe syrienne et la coordination militaire entre le Pentagone et l’armée russe pour la circulation aérienne dans le ciel syrien aurait été rétablie.

En apparence, l’administration Trump hurle sa puissance et bombarde, mais en réalité, elle veille à ne rien commettre d’irréparable. Le pire et le meilleur sont donc possibles.

Source
Al-Watan (Syrie)

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François Fillon: «la Crimée est un territoire russe»

Publié le par Felli Bernard

François Fillon: «la Crimée est un territoire russe»

© REUTERS/ Pierre Constant
France
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La Crimée est à tous les points de vue un territoire russe, a déclaré le candidat au poste présidentiel français François Fillon.

Le candidat de la droite française au poste présidentiel François Fillon a déclaré dans une interview accordée au Figaro qu'il « ne sert à rien de s'entêter à dire que la Russie doit quitter la Crimée, ça n'arrivera jamais ».

Selon l'ancien premier ministre français, « personne ne peut nier que la Crimée est un territoire historiquement, culturellement, linguistiquement russe. »

L'homme politique français a également souligné qu'il fallait « respecter deux principes fondamentaux et contradictoires: le respect des frontières et du droit international et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. »

Selon le candidat, la seule façon de sortir de cette crise est d'organiser une conférence sur l'avenir de la Crimée pilotée par les Nations unies afin de trouver une solution.

Par ailleurs, François Fillon a estimé que les pays occidentaux ne devaient pas refuser de coopérer avec la Russie dans la lutte contre le terrorisme.

« On ne peut pas non plus combattre le totalitarisme islamique en Syrie sans ses forces et sans son régime (du président Assad, ndlr). Considérer que la présence de Bachar el-Assad nous empêche de travailler avec la Russie et l'Iran à l'éradication du totalitarisme islamique est une impasse », a-t-il souligné.

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