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“On va vers une guerre de cent ans”

Publié le par Felli Bernard

 “On va vers une guerre de cent ans”

2

Juin

2016

[2011] Robert Baer : “On va vers une guerre de cent ans”

Une interview de 2011 – qui n’a pas pris une ride – de Robert Baer, l’ancien responsable Moyen-Orient à la CIA…

Source : La Libre, Christophe Lamfalussy2, 24-12-2011

INTERNATIONAL

Le “Printemps arabe” pourrait accoucher au Moyen Orient d’une sorte de califat, où les Frères musulmans joueraient dans un premier temps un rôle central, suivis par des salafistes, “plus cohérents et plus engagés”. C’est l’une des prédictions que fait l’Américain Robert Baer dans cette interview accordée à “La Libre Belgique”, par téléphone, depuis New York.

Robert Baer, vous avez été agent de la CIA pendant vingt et un ans, principalement au Moyen-Orient. Que pensez-vous de ce qui se passe en Syrie ?

J’ai vécu à Damas pendant les années quatre-vingts et y suis revenu par la suite. Je comprends la famille al Assad et les alaouites jusqu’à un certain point. Ils vivent retranchés dans une forteresse et ne peuvent pas se rendre. Il y aura inévitablement une sorte de guerre civile. Il n’y a pas de porte de sortie, plus moyen de revenir en arrière avec ce niveau de violence. Si les alaouites devaient battre en retraite avec leurs armes et leur argent, il y aurait d’énormes déplacements de population de Homs et de Damas. Ce serait vraiment une situation révolutionnaire s’ils étaient forcés de partir. C’est un conflit sectaire.

Sectaire ?

Sunnites, chrétiens et alaouites… ces divisions alimentent le conflit. Le vrai problème est que les sunnites des grandes villes voient les alaouites comme des intrus. Un peu comme les sunnites de Bagdad ont vu les chiites comme des intrus. La plupart des Syriens sunnites voient les alaouites comme des apostats qui ne respectent pas le vrai islam, et ils ne peuvent le tolérer. Ensuite, il y a cette corruption rampante en Syrie qui est devenue pire avec Bachar. Quand je vivais en Syrie, c’était un Etat totalitaire ; vous ne pouviez pas comme étranger donner un pot-de-vin. La dernière fois que j’y suis allé, les gens du ministère de l’Information sollicitaient les pots-de-vin. Ce fut un choc pour moi.

A Damas, les gens se plaignent d’être les otages d’un conflit beaucoup plus large, qui implique l’Arabie saoudite, la Turquie et le Qatar. Ont-ils raison ?

Non. Ces divisions remontent à bien plus loin. Il est évident que la télévision Al Jazeera, du Qatar, a mis de l’huile sur le feu, mais les ingrédients étaient déjà là. Quant à la Turquie, elle ne comprend pas ce qui se passe en Syrie. S’il y a une influence étrangère, elle vient de Tripoli (NdlR : la grande ville du Nord Liban, le fief sunnite de Saad Hariri). La Turquie pourrait bénéficier économiquement de la chute du régime Al Assad et de l’influence décroissante de l’Iran, mais ne peut pas alimenter à elle seule l’insurrection. Et pas plus le Qatar. Le pays n’a même pas un service de renseignement. Le sheikh Karadawi se trouve au Qatar et alimente la révolte arabe. Mais les divisions syriennes existent depuis longtemps.

Pour l’Iran, la Syrie est un chaînon vital ?

Oui, c’est vital parce qu’ils croient que la révolution iranienne est le moteur du monde arabe et qu’ils ne peuvent pas perdre. Mais l’Iran ne peut pas influencer réellement la Syrie. Ils peuvent donner de l’équipement via l’Irak et de l’aide économique. Mais ce n’est pas décisif. Le Hezbollah (NdlR, pro-iranien) soutient le régime d’Assad mais ne veut pas être impliqué dans une guerre civile au Liban. La situation est imprévisible.

Etes-vous favorable à une intervention militaire occidentale en Syrie ?

Non, car chaque fois que l’Ouest s’implique dans une guerre, il multiplie les dommages. L’invasion de l’Irak en 2003 est une des catastrophes majeures du XXIe siècle. Ils ont détrôné un tyran. Et ils ont rouvert les divisions ethniques. Une intervention militaire en Syrie affecterait toute la région, y compris la Jordanie et le Liban. Il y aura une division plus profonde entre la Turquie et l’Iran. La situation deviendra hors contrôle, et l’on verra une guerre régionale. Vous ne pouvez pas voir dans cette région des guerres civiles locales se multiplier sans déboucher sur une guerre régionale.

On s’inquiète en Europe de voir que le printemps arabe a débouché sur l’arrivée au pouvoir des islamistes. Faut-il s’en inquiéter ?

C’était totalement prévisible ! On a parlé de révolution “Twitter” ou “Facebook”, mais il y a une totale incompréhension de cette partie du monde de la part des Etats-Unis.

Nous sommes en train de voir l’émergence d’une sorte de califat. La force dominante dans ces pays sont les Frères musulmans. Ils sont organisés. Ils promettent de combattre la corruption, une promesse qui n’a pas encore été testée.

Les Frères musulmans sont comme Alexandre Kerensky, lors de la révolution russe. Ils disent tout ce qu’il faut dire. L’étape suivante risque de voir émerger les salafistes, les plus cohérents et les plus engagés (NdlR, Kerensky fut l’un des avocats de la lutte contre le régime tsariste, mais fut balayé ensuite par les bolcheviques).

Pour en revenir à la Syrie, est-ce que les Russes peuvent trouver un dénouement diplomatique ?

Non. Tout ce qu’ils peuvent faire, c’est postposer une décision des Nations unies. Mais il n’y a rien que puisse faire l’Onu. C’est comme en Libye. On a pu précipiter la chute de Kadhafi, mais je ne vois pas d’autre solution en Libye que les Frères musulmans. Et même avec eux au pouvoir, il y aura des divisions entre Tripoli et Benghazi. Vous pouvez détruire un pouvoir centralisé, mais au bout du compte, vous vous retrouverez avec les mêmes divisions ethniques qui existaient auparavant. Ce sera la même chose en Syrie.

L’Egypte reste-t-elle un pays central dans le monde arabe ?

Oui, ce qui s’y passe est important. L’Egypte pourrait être un modèle. Les militaires vont tenter de se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible, mais finalement, ils devront céder. Par ailleurs, je ne vois pas comment la monarchie jordanienne pourra se maintenir si nous avons une vraie révolution dans une Egypte dirigée par les Frères musulmans, en Syrie et avec un Irak divisé.

Sommes-nous en train d’assister à une révolution ?

Oui. Il suffit que l’un de ces pays réussisse. Mais, pour le moment, c’est plus vers une guerre civile régionale que l’on tend, comme la guerre de cent ans. Les frontières de la région ont été fixées arbitrairement. Et au milieu de tout cela, vous avez cette chose étrange qu’est Israël. On l’ignore pour le moment. Mais si j’étais israélien, je serais terrifié.

Source : La Libre, Christophe Lamfalussy, 24-12-2011

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Opération Barbarossa 2 : Le gambit de la Baltique

Publié le par Felli Bernard

Opération Barbarossa 2 : Le gambit de la Baltique

Opération Barbarossa 2 : Le gambit de la Baltique

Par Christopher Black – Le 29 février 2016 – Source journal-neo.org

Vendredi 26 février, un jour avant que la trêve limitée en Syrie ne prenne effet, le Conseil de l’Atlantique, l’éminent think tank de l’OTAN, a publié un rapport sur l’état de préparation de l’OTAN pour combattre et gagner une guerre contre la Russie. Le rapport se concentre sur les États baltes.

Le rapport, intitulé Alliance en péril, indique en sous-titre Renforcer la défense européenne à l’ère des turbulences et de la concurrence. Les couches de distorsions, les demi-vérités, les mensonges et les fantasmes obscurcissent bien sûr le fait que ce sont les pays de l’OTAN qui ont causé des turbulences, du Moyen-Orient à l’Ukraine. L’OTAN n’est responsable de rien dans ce rapport, à part de protéger la paix. La Russie est l’État agresseur suprême, avec l’intention de porter atteinte à la sécurité de l’Europe, et même l’intention de l’attaquer, une «menace existentielle» que l’OTAN doit se préparer à repousser.

Une image intéressante, qui apparaît juste en dessous de la page de titre, est le logo du groupe Airbus, en lettres aussi grandes que le titre, et une déclaration que la publication est un produit du Centre Brent Scowcroft sur la sécurité internationale, en partenariat avec Airbus. Puis vous avez le logo de la grande entreprise, entrelacé avec la machine militaire américaine. Dépeignant ainsi une des principales caractéristiques du fascisme à l’Ouest : l’interdépendance et le partage du pouvoir du complexe militaire et des corporations occidentales.

Le Centre Scowcroft est nommé ainsi d’après le nom du général Brent Scowcroft de l’armée américaine, qui, entre autres, a été conseiller national à la sécurité pour les présidents Ford et Bush, et dernièrement conseiller du président Obama, et est un vieil associé de Henry Kissinger. Le Général Scowcroft est intéressant pour une autre raison. Le 11 septembre 2001, Scowcroft était à bord d’un avion de l’US Air Force E-4B, connu sous le nom de National Airborne Operations Command Center.

Le E-4B est une version militarisée du Boeing 747. Son but est de fournir au président américain, au vice-président et aux chefs d’état-major un centre de commandement aéroporté, qui pourrait être utilisé pour exécuter des plans de guerre et coordonner les activités du gouvernement au cours d’une urgence nationale.

L’avion était posé sur le tarmac de la base d’Andrews de l’US Air Force, à la lisière de Washington, attendant de décoller pour Offutt, une base aérienne dans le Nebraska, le siège de la Strategic Air Command, lorsque le premier avion a frappé le World Trade Center à New York.

Censément, l’E-4B devait prendre part à un exercice militaire déjà prévu appelé Global Guardian impliquant une guerre nucléaire simulée. Quelques minutes seulement après le décollage, cependant, le Pentagone a été frappé par un certain type d’engin aérien et l’E-4B a immédiatement été retiré du prétendu exercice, devenant alors le centre de commandement et de contrôle du gouvernement américain actuel. Il a ensuite continué vers Offutt Air Base dans le Nebraska, où il a livré Scowcroft et son personnel au Centre de commandement national, leur destination d’origine, et où il a été rejoint plus tard ce jour-là par le président Bush et son personnel.

Scowcroft était alors chef du Foreign Intelligence Advisory Board et conseiller et ami du président Bush. Il ne faisait pas partie des forces armées, ayant pris sa retraite. C’était un civil. C’est Scowcroft qui plus tard a déconseillé aux États-Unis d’attaquer seuls l’Irak et qui a appelé à la construction d’une coalition pour envahir la place, afin de donner une couverture aux États-Unis, ce qui a finalement transpiré. Ni sa présence à bord de l’E-4B ce jour-là, ni pourquoi cet avion était prêt à être mis en action juste avant l’attaque du World Trade Center pour un exercice militaire présumé [Encore un ? Décidément… Ndt] impliquant une éventuelle guerre nucléaire, n’a jamais été expliqué de manière adéquate.

Je digresse, mais je suis sûr que vous ne pouvez pas me blâmer, car mon argumentaire ci-dessous va développer l’idée selon laquelle l’OTAN mettra en scène une série d’actions dans les pays baltes en utilisant des méthodes de guerre hybride, ou simplement en fabriquant des images qui seront utilisées pour créer un nouveau mythe destiné à justifier la guerre, le mythe que la Russie tente de s’emparer de la région baltique.

Le rapport vise essentiellement à fournir de la propagande aux gouvernements européens concernés, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne et la Norvège, propagande dont ils peuvent abreuver les gens par le canal des médias – qu’ils contrôlent pour la plupart – pour justifier l’augmentation des dépenses militaire et des forces militaires pour faire face à une menace de la Russie.

Il déclare à la page 6 que

L’invasion russe de Crimée, son soutien aux séparatistes et son invasion de l’est de l’Ukraine, ont effectivement déchiré le règlement post-guerre froide de l’Europe. Le président Vladimir Poutine a brisé toutes les conceptions d’un partenariat stratégique avec l’OTAN; à la place, la Russie est maintenant un adversaire stratégique de facto. Plus dangereusement encore, la menace est potentiellement existentielle, parce que Poutine a construit une dynamique internationale qui pourrait mettre la Russie sur une trajectoire de collision avec l’OTAN. Au centre de cette collision, il y aurait les populations russophones importantes dans les États baltes, dont les intérêts sont utilisés par le Kremlin pour justifier des actions agressives de la Russie dans la région. Aux termes de l’article 5 du Traité de Washington de l’OTAN, tout mouvement militaire de Poutine sur les États baltes déclencherait la guerre, potentiellement à l’échelle nucléaire, parce que les Russes intègrent des armes nucléaires dans tous les aspects de leur pensée militaire.

Cela conforte les avertissements lancés toute l’année dernière, d’un mouvement par l’OTAN dans les pays baltes, qui serait justifié par les opérations de guerre hybrides sous faux drapeau menées par l’OTAN, comme je l’ai dit à plusieurs reprises dans d’autres articles. C’est souligné par la recommandation figurant dans le rapport que «pour dissuader tout empiétement russe dans les pays baltes, l’OTAN devrait établir une présence permanente dans la région […] afin d’empêcher un coup d’État russe […]»

Tout au long du rapport, l’ennemi imaginaire est la Russie. Chaque segment écrit par un expert en analyse militaire de chacun des pays concernés dans le rapport, contient la propagande standard sur la Russie, et sur le fait que l’Europe est vulnérable et sur le point de tomber aux mains des hordes russes.

Le niveau d’intelligence qu’ils attendent du public doit être très faible, s’ils pensent vraiment qu’un document aussi fantaisiste pourrait être pris au sérieux comme une description de la réalité ou que leurs intentions pourraient ne pas être comprises pour ce qu’elles sont, c’est-à-dire criminelles. Toute personne intelligente recevant un tel document le jetterait automatiquement à la poubelle. Dans ce cas, il faudrait immédiatement le récupérer pour y jeter un second coup d’œil, parce qu’ils nous disent ce qu’ils vont faire, ce qu’ils préparent. J’ai écrit dans mon dernier article que l’augmentation de l’accumulation de forces de l’OTAN, en Europe de l’Est en particulier, présente une certaine similitude avec celle des nazis lors de l’invasion de la Russie en 1941, l’opération Barbarossa. Cela en fait donc une opération Barbarossa 2.

Ce nouveau rapport ajoute du crédit à l’attente d’actions dangereuses dans les États baltes pour lesquelles la Russie sera blâmée. Ce n’est sans doute pas une coïncidence si le rapport a été publié au moment où le cessez-le-feu syrien devait entrer en vigueur. Les États-Unis, clairement bernés, mis hors jeu et hors combat par les Syriens, les Russes, les Iraniens et leurs alliés en Syrie, ont été forcés d’adhérer à un cessez-le-feu russe proposé récemment. Mais déjà, les Américains ont parlé de leur Plan B, le découpage de la Syrie, leur intention depuis le début. Nous pouvons nous attendre à ce qu’ils fassent tout leur possible pour le miner, s’engager dans une stratégie de lutte et de palabre, en gardant la Russie occupée en Syrie, avec une tension constante dans le Donbass, harcelant ses alliés que sont la Chine et l’Iran. Et maintenant nous pouvons nous attendre à ce qu’un nouveau front puisse être ouvert dans les États baltes. Quel gambit l’Otan va-t-elle utiliser pour créer ce front et une confrontation directe avec la Russie ? Qui peut le dire? Mais il y en aura un – le gambit de la Baltique.

Bien sûr, il va sans dire, mais je vais le dire encore une fois, que tout cela est illégal en vertu du droit international, en vertu de la Charte des Nations Unies, qui prescrit les seuls moyens acceptables de régler les différends internationaux. Selon le Statut de Rome, le document pourrait être utilisé comme preuve contre les personnes qui l’ont écrit et fonder un procès sur la base d’une accusation de complot en vue de commettre des crimes de guerre. Mais je doute que le procureur de la Cour pénale internationale demandera à en lire une copie pour rédiger un acte d’accusation. Le procureur de la Cour ne fera absolument rien du tout pour que le rapport arrive sur son bureau, surtout si cela implique des pays sur lesquels elle a des compétences.

L’aspect inquiétant du document au final est qu’il appelle à la modernisation nucléaire. Ce qui signifie un réarmement et l’augmentation de la construction d’armes nucléaires et de systèmes de lanceurs, un appel pour plus d’armes nucléaires en provenance des mêmes pays qui pendant des mois ont attaqué la Corée du Nord pour avoir ce même genre d’armes. Vous devez le leur accorder : ils ont beaucoup de nerf. Le problème est qu’ils en ont trop et il semble vraiment qu’ils soient fous.

Alors, que peut faire la Russie? Eh bien, les Russes ont démontré le bluff américain en Syrie, alors pourquoi ne pas le faire à nouveau? Ce monde ne peut pas avoir la paix, sauf si la paix est la seule façon dont les choses peuvent être faites. La seule façon pour cela, est d’éliminer les armes nucléaires de sorte qu’aucune nation ne puisse plus menacer l’existence d’aucune autre. La section française du rapport signale avec joie que les groupes de désarmement nucléaire en France ne se donnent même plus la peine de mentionner la question. Aussi, seules de très faibles résistances peuvent être attendues ce trimestre. Cela vaut pour le monde entier. Mais si la Russie devait jeter le gant et appeler au désarmement mutuel, un rejet par les Américains soulignerait pour le moins l’importance pour l’humanité du désarmement nucléaire et ferait clairement savoir au monde qui est l’État agresseur. Sinon, ce sera le gambit des Balkans et tout ce qui va suivre.

Christopher Black est un avocat pénal international basé à Toronto, il est membre du Barreau du Haut-Canada et il est connu pour un certain nombre de cas très médiatisés, impliquant des droits humains et des crimes de guerre, en particulier pour le magazine en ligne New Eastern Outlook.

Traduit par Hervé, relu par nadine pour le Saker Francophone

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Russie, Chine, Iran : boum ! boum ! et boum !

Publié le par Felli Bernard

Russie, Chine, Iran : boum ! boum ! et boum !

Russie, Chine, Iran : boum ! boum ! et boum !

Par Pepe Escobar – Le 28 mai 2015 – Source strategic-culture

Pas un jour ne passe sans que les crânes d’œuf du Think-Tankland washingtonien ne fassent ce qu’ils font de mieux ; promouvoir toutes sortes de scénarios pour la guerre avec la Russie, froide et chaude, ainsi que des myriades de confrontations avec la Chine et l’Iran.

Cela correspond aux cinq menaces existentielles contre les États-Unis, débusquées par le Pentagone, où la Russie et la Chine trônent tout en haut et où l’Iran traîne à la quatrième place – tous avant la variété du terrorisme version Califat bidon de Daesh.

J’ai exposé ici quelques faits de realpolitik concis pour contrer l’hystérie, soulignant la façon dont l’avantage russe dans les missiles hypersoniques rend inutile toute la construction de rhétorique et de fanfaronnade paranoïaque de l’OTAN.

Le système américain de défense Aegis a été transféré des navires sur la terre. Le système de défense antimissile Patriot est sans valeur. Aegis est environ 30% plus efficace que le système THAAD ; il peut être plus efficace, mais sa portée est également limitée.

Aegis n’est pas du tout une menace pour la Russie – pour l’instant. Pourtant, lorsque le système sera mis à niveau – et cela peut prendre des années – il pourra causer à la Russie une inquiétude sérieuse, car l’Exceptionalistan le pousse de plus en plus vers l’est, près des frontières de la Russie.

Quoi qu’il en soit, la Russie reste à des années-lumière d’avance dans les missiles hypersoniques. Le Pentagone sait que contre le système S-500, le F-22, le F-35 horriblement coûteux [et qui ne vole pas encore, NdT] et les avions furtifs B-2, grandes vedettes d’un programme d’avions de chasse multimilliardaire en dollars, sont totalement obsolètes.

Donc, le vieux gène culturel est de retour : «l’agression russe», sans laquelle le Pentagone ne peut absolument pas se battre pour son droit divin à être inondé de fonds sans limites.

Washington avait 20 000 planificateurs au travail à la fin de la Seconde Guerre mondiale, axés sur la reconstruction de l’Allemagne. Il n’en restait plus que six pour reconstruire l’Irak, après sa destruction lors de l’opération Shock and Awe en 2003.

Ce n’était pas de l’incompétence ; c’était le Plan A depuis l’origine. L’ex-URSS a été considérée comme une menace puissante à la fin de la Seconde Guerre mondiale – donc l’Allemagne devait être reconstruite. L’Irak était une guerre choisie pour faire main basse sur les champs de pétrole – en tandem avec la mise en œuvre d’un capitalisme de catastrophe pur et dur [style théorie du chaos]. Personne à Washington ne s’est jamais soucié de reconstruire, encore moins de le faire.

L’agression russe ne marche pas pour l’Irak ; tout concerne l’Europe de l’Est. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a clairement déclaré, et ce, de toutes les façons, que le déploiement de l’Aegis sera contrecarré de manière appropriée – au même moment où les médias du Big Business américain commencent à admettre que l’économie russe se remet des effets de la guerre des prix du pétrole.

Jetez un œil à mon trésor en cash

Dans cet article, mon but était de montrer que la Chine n’est pas House of Cards. Quelle que soit la dette réelle chinoise par rapport au PIB – les chiffres varient entre 23% et 220% – ce n’est rien pour une économie de la taille de la Chine, en particulier parce qu’elle est entièrement contrôlée en interne.

La Chine conserve plus de $3 000 milliards en dollars américains et autres monnaies occidentales dans ses réserves, alors qu’elle éloigne progressivement son économie de la vraie House of Cards : l’économie du dollar américain.

Donc, dans ces circonstances, que signifie la dette extérieure ? Pas grand chose. La Chine pourrait – même si elle ne le fait pas encore – produire plus de yuans et racheter sa dette, exactement comme ce qu’ont fait les États-Unis avec l’assouplissement quantitatif (QE) et la Banque centrale européenne (BCE) avec sa demande à certains pays favoris – les partisans acharnés de l’OTAN – de fournir plus que leur part.

Et pourtant, Pékin n’a pas vraiment besoin de le faire. La Chine, la Russie, l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et ce qui reste des BRICS – le Brésil est sur le banc de touche jusqu’à au moins 2018 – sont lentement mais sûrement en train de forger leur propre monnaie interne et leur système de transfert de devises – en Chine et en Russie, cela fonctionne déjà en interne – en marginalisant SWIFT et la Banque des règlements internationaux (BRI).

Quand ils seront prêts à proposer au reste du monde de se joindre à eux, alors la dette extérieure libellée en dollars US sera insignifiante.

Le Think-Tankland US, comme d’habitude, reste sans voix. Comme l’explique une de mes sources chinoises : «Chaque fois qu’une grande gueule occidentale mentionne le problème de la dette chinoise, elle cite un chiffre qui semble sortir d’un chapeau, incluant toutes les dettes, du gouvernement central, des provinces, de toutes les entreprises, les prêts des banques étrangères. Puis elle compare ce chiffre total en Chine avec la seule dette centrale publique des pays occidentaux et du Japon.»

La source ajoute : «La Chine a un bilan équivalent à $60 000 milliards. Les prêts provenant de sources externes sont de l’ordre de $11 000 milliards, tandis que la trésorerie et équivalent, est comprise entre $3600 et 4 000 milliards. Tout cet argent – ou ces actifs très liquides – est la plus grande force discrétionnaire entre les mains des dirigeants de la Chine, alors qu’il ne vaut pas la peine de mentionner ce dont dispose tout autre gouvernement occidental.»

Sans oublier que, globalement, Pékin parie sur ce que le Forum économique mondial appelle la quatrième révolution industrielle. La Chine est déjà la plate-forme centrale mondiale pour la production, l’approvisionnement, la logistique et la chaîne de valeur. Ce qui nous ramène aux Routes de la soie : One Belt, One Road (OBOR). Tous les chemins mènent à ces nouveaux axes qui relieront, de plus en plus profondément, l’économie chinoise aux infrastructures dans toute l’Eurasie. Ces routes permettront, simultanément, de développer la puissance globale de la Chine, de contrecarrer géopolitiquement le pivot vers l’Asie des US, jusqu’à ce jour sans effet – incluant les provocations du Pentagone dans la mer de Chine méridionale – et d’améliorer la sécurité énergétique de la Chine.

Les sanctions, comme les diamants, sont éternelles

Un autre grand morceau de bravoure du récit de l’Exceptionalistan, est que les États-Unis sont inquiets à propos de l’incapacité des banques européennes à faire des affaires en Iran. C’est n’importe quoi. En fait, c’est le département du Trésor des États-Unis qui menace des flammes de l’enfer toute banque européenne qui oserait faire des affaires avec Téhéran.

L’Inde et l’Iran ont conclu un contrat, qui fait date, de $500 millions pour développer le port iranien de Chabahar – un nœud clé dans ce qui pourrait être surnommé la Nouvelle Route de la soie Indo-Iranienne, reliant l’Inde à l’Asie centrale, via l’Iran et l’Afghanistan.

Immédiatement après, le département d’État américain a le culot d’annoncer que l’accord sera examiné, car les sénateurs américains – dont l’allégeance à Israël est proverbiale – demandent si l’accord viole les sanctions persistantes contre l’Iran qui refusent de disparaître. Cela se produit en parallèle avec le récit officiel, en cours de montage, concernant des troubles qui contamineraient les anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale – en particulier le Kazakhstan et le Tadjikistan. Les pirates à la solde de la CIA devraient bien connaître ces troubles – que la CIA fomente elle-même.

L’Inde faisant des affaires avec l’Iran est suspectée. Mais, par ailleurs, elle est plus qu’autorisée à formaliser un accord de coopération militaire historique avec les États-Unis, vaguement surnommé Accord de soutien logistique (LSA) – selon lequel les deux armées peuvent utiliser leurs bases aériennes et navales pour le réapprovisionnement, la réparation et des opérations vaguement définies.

Il ne manque donc plus un bouton de guêtre dans l’arsenal de l’Exceptionalistan pour contrer la Russie, la Chine et empêcher toute normalisation réelle avec l’Iran. Ces offensives localisées – pratiques et rhétoriques – sur tous les fronts signifient une seule et unique chose ; le fractionnement et la fracturation, par tous les moyens nécessaires, de l’intégration des Routes de la soie eurasiennes. On peut simplement parier que Moscou, Pékin et Téhéran ne seront pas dupes.

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan: How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues: a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009), Empire of Chaos (Nimble Books) et le petit dernier, 2030, traduit en français.

Traduit et édité par jj, relu par nadine pour le Saker Francophone

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Le terrorisme comme outil de l’État profond : La politique intérieure [1/5]

Publié le par Felli Bernard

Le terrorisme comme outil de l’État profond : La politique intérieure [1/5]

Le terrorisme comme outil de l’État profond : La politique intérieure [1/5]

Par Franck Pengam − Mai 2016

L’objectif de cette étude est de traiter du phénomène terroriste dans sa dimension spectaculaire, autrement dit celle qui mobilise intensément les médias et par conséquent les consciences collectives. Nous allons tenter une analyse globale pour montrer que cette forme précise de terrorisme peut être un instrument étatique utilisé ou récupéré, pour effectuer des modifications de paradigme dans la société… au bénéfice du pouvoir. Si «expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser» le terrorisme, selon le charismatique Premier ministre Manuel Valls, nous allons lui démontrer qu’en l’expliquant, nous voulons plutôt lui nuire.


Rappel historique

Mettons directement les pieds dans le plat : d’un point de vue historique, le phénomène terroriste a été majoritairement organisé par des instances étatiques dans un objectif de subversion précis. Les origines philosophiques du terrorisme contemporain peuvent remonter à la naissance du monde moderne, où la Terreur de la Révolution française de 1789 a été le moyen légitime pour un changement radical de paradigme, justifiant massacres et autres totalitarismes
qui suivront. Au XIXe siècle déjà, le terrorisme anarchiste d’extrême-gauche était supervisé en sous-main par l’État (le préfet de police Louis Andrieux et ses agents de police agitateurs infiltrés) pour contenir la contestation sociale et légitimer les lois scélérates de 1893.

Plus tard, dans les années 1950, ce sont des milieux d’extrême-droite qui ont été massivement récupérés par l’OTAN, avec la coordination des services de renseignement anglo-américains (CIA et MI6), pour lutter contre l’influence du communisme en Europe de l’Ouest par le biais d’attentats sous faux-drapeau. À partir des années 1970, ces réseaux d’armées secrètes de l’OTAN appelés Stay-behind, et notamment la section italienne Gladio, ont également commencé à manipuler des milieux d’extrême-gauche. Les Brigades rouges italiennes ont par exemple été instrumentalisées par la CIA, dans le cadre de la stratégie de la tension pour maintenir l’Europe dans le giron militaire de l’OTAN. En octobre 1990, le Premier ministre italien Guilio Andreotti a révélé que l’organisation Gladio, à travers la loge maçonnique italienne P2, organisait les opérations des Brigades rouges. Alberto Franceschini, un des fondateurs des Brigades rouges, l’a également expliqué dans ses mémoires publiées en 2005 1.

Il est démontré aujourd’hui que l’OTAN, la CIA et le MI6 ont tué des civils européens dans le cadre des opérations des cellules Stay-behind (exemple : l’attentat de la gare de Bologne en Italie en août 1980, 85 morts, 200 blessés) pour maintenir le Rimland européen sous contrôle anglo-saxon. Ces armées secrètes inféodées à l’OTAN étaient présentes dans la quasi-totalité des pays européens. De nombreuses études et livres documentés traitent de ces affaires 2, des reportages ont été réalisés et des enquêtes parlementaires suisse, italienne, belge, néerlandaise, autrichienne et luxembourgeoise ont éclairé le phénomène dans leur pays respectif, à partir des années 1990.

Dans les années 1980, ce sont les milieux wahhabites et takfiristes issus principalement d’Arabie saoudite, qui seront utilisés par les instances étatiques et para-étatiques anglo-américaines, principalement pour contrer la menace soviétique en Afghanistan. Des organisations telles que les Frères musulmans et la Ligue islamique mondiale, largement soutenues par la CIA, ont joué un rôle essentiel dans ce djihad US anti-soviétique. Ces éléments wahhabites deviendront centraux dans le changement de paradigme après la chute du mur de Berlin et seront utilisés massivement par la suite. L’ancien secrétaire d’État étasunien James Baker dira logiquement à ce sujet en 1996 : «Nous ne devons combattre les intégristes, que dans la mesure exacte où nos intérêts nationaux l’exigent.» Cette collaboration entre les États-Unis et les fondamentalistes musulmans n’est pas nouvelle. Elle commence au moins dès 1953, quand la CIA recrute des mollahs plutôt extrémistes (mais pro-étasuniens) pour renverser le président iranien Mohamed Mossadegh et quand les Frères musulmans s’intègrent aux objectifs
géostratégiques étasuniens durant la guerre froide.

La France du président François Mitterrand sera également de la partie. Les services de renseignements extérieurs français (DGSE) s’engageront à partir de 1982 dans la première guerre d’Afghanistan (1979-1989) avec leurs homologues des services secrets étasuniens (CIA), anglais (MI6), pakistanais (ISI) et saoudiens (GID). La confrérie religieuse des Frères musulmans recrute alors, depuis son centre pakistanais, des milliers de combattants des pays arabes pour aller faire le djihad anti-soviétique en Afghanistan. La DGSE armera et entraînera également des combattants pour ce conflit, y compris en France. Ces mêmes groupes seront mobilisés après les années 1990 en Bosnie, au Kosovo, dans le Caucase, en Irak, en Libye, en Syrie, etc., dans des objectifs peu avouables. Jusqu’à aujourd’hui, de nombreuses personnalités, notamment des Frères musulmans (et ses succursales l’Union des organisations islamiques en Europe, l’Assemblée mondiale de la jeunesse islamique, le Conseil mondial des mosquées et la Fondation internationale islamique de charité), recherchées par Interpol ont bénéficié et bénéficient encore de haute protection politique en France, alors même que des groupes algériens en relation avec eux (comme le Groupe islamique armé ou le Front islamique du salut) ont organisé des attentats en France et en Algérie à plusieurs reprise en 1994, 1995 et 1996 3. Les réseaux wahhabo-takfiristes franco-belges à l’œuvre actuellement se sont en effet constitués depuis les années 1990, selon le juge d’instruction au Tribunal de grande instance de Paris au pôle antiterroriste, Marc Trévidic.

Les services occidentaux n’ont pas le monopole du terrorisme étatique ; l’action terroriste sous fausse bannière a indéniablement été utilisée par de nombreux États pour faire avancer des intérêts divers. Voici une liste non exhaustive de 42 exemples plus ou moins admis officiellement, démontrant que le terrorisme étatique a été massivement utilisé dans de nombreux pays comme un outil de subversion précis. Nous pouvons d’ores et déjà souligner que le terrorisme a souvent été organisé par les plus grandes démocraties du monde libre, dans des objectifs géostratégiques transnationaux. Ceci invite à la vigilance légitime et au principe de précaution, quant aux affirmations tranchées sur l’actualité du phénomène terroriste contemporain.

Selon l’ancien diplomate et universitaire canadien Peter Dale Scott, il y a dans ces grands événements ce qu’on appelle l’Histoire officielle, qui ignore, déforme ou marginalise des événements profonds (et majeurs), et un second niveau d’analyse qui les incorpore, qu’il appelle l’Histoire profonde. L’écrivain français Honoré de Balzac l’avait également dit plus radicalement: «Il y a deux histoires : l’histoire officielle, menteuse, puis l’histoire secrète, où sont les véritables causes des événements.» Nous allons maintenant entrer au cœur du sujet et tenter de mettre en lumière différents niveaux de l’histoire profonde dans de récents événements survenus en France.

La quasi-totalité des terroristes ayant frappé l’Occident depuis le 11 septembre 2001 à New York était connue de nombreux services de renseignements. Amusons-nous un peu : nous allons vous présenter des profils ayant commis les derniers attentats spectaculaires en France et vous devrez établir s’il s’agit de laxisme, de collusions ou/et de failles venant de services étatiques et para-étatiques. C’est parti.

  • Abdelhamid Abaaoud, coordinateur présumé des attentats, a dès 2002 des démêlés avec la justice belge. Il multiplie les séjours en prison entre 2006 et 2012. Une fiche de synthèse des services de renseignement belges (Sûreté de l’État) précise que son père, Omar Abaaoud, a été auditionné en février 2014 et a déclaré que la radicalisation de son fils a commencé dès sa sortie de l’établissement pénitentiaire de Forest (en Belgique) en septembre 2012. Décrit comme «un bon vivant» par ceux qui le connaissaient, «il arrivait de le retrouver raide saoul, au petit matin, sur la place communale», Abdelhamid Abaaoud, le cerveau présumé des futurs attentats, commencera à être surveillé par les services compétents à partir de février 2013, date où il est repéré pour des voyages en Syrie. Selon BFMTV, le jeune homme était devenu membre de la police secrète de l’État islamique (EI), équivalent d’un service de renseignements, dans le fief de Raqqa en Syrie. Il a été en contact avec Mehdi Nemmouche en janvier 2014, quatre mois avant le quadruple assassinat du Musée juif à Bruxelles et ils ont d’ailleurs tous les deux fait partie du même groupe de combattants en Syrie. Il a également été en lien avec Ayoub el-Khazzani, l’auteur de l’attaque échouée du 21 août 2015 dans le Thalys Amsterdam-Paris. La police belge a démantelé à Verviers, le 15 janvier 2015, une cellule terroriste mise en place par Abdelhamid Abaaoud. Son nom avait aussi été évoqué par les services de renseignement étasuniens(CIA) dans un rapport de mai 2015, qui mettait en garde contre une possible attaque structurée de l’EI en Europe et par la possible présence en France d’Abdelhamid Abaaoud, considéré comme la tête d’affiche du contingent jihadiste francophone de l’EI. Le document émettait l’hypothèse qu’Abaaoud avait tenté de faire croire à sa mort à la fin de l’année 2014 sur le front syrien selon la radio La voix de l’Amérique (19.11.2015). David Thomson, journaliste à RFI et auteur du livre Les Français djihadistes (Les Arènes, 2014), dira également que «c’est le visage le plus connu du djihad francophone». En 2013 et 2014, il postait sur Facebook, sous sa vraie identité, des vidéos de lui sur le front syrien, lance-roquette à la main, appelant les gens à le rejoindre. Selon Le Parisien, un espion de l’EI tel que lui toucherait environ 50 000€ de rétribution personnelle pour une attaque fomentée en Europe. Reda H., arrêté en août 2015, a avoué qu’il avait été missionné par Abdelhamid Abaaoud pour commettre un attentat dans une salle de concert en France. Il a également prévenu de l’imminence d’attentats en France ou en Europe. Une écoute de la Sûreté de l’État du 2 janvier 2015 révèle qu’Abaaoud s’est plaint d’avoir été refoulé à un aéroport où «ses faux papiers ont probablement été détectés». Il n’a pas été dérangé plus que cela semble-t-il. Pour résumer, Abdelhamid Abaaoud a donc été mis en examen pour association de malfaiteurs terroristes, placé sous contrôle judiciaire, placé sur écoute, fait l’objet d’un mandat d’arrêt international, de nombreuses fiches des services de renseignements et a quand même pu faire des allers-retours en Syrie, revenir en Belgique et en France sans problème (il se vantait de pouvoir franchir les frontières européennes très facilement), pour finalement coordonner 9 personnes dans les attentats du 13 novembre 2015 à Paris. La libre circulation des hommes entre la Turquie (point de passage récurent des zislamistes au Proche-Orient) et Bruxelles ne sera pas remise en question pour autant.
  • Salah Abdeslam est connu des services de police pour ses petites activités criminelles. En 2011, il est condamné aux côtés de son ami d’enfance Abdelhamid Abaaoud dans des affaires de vol. Il fera un mois de détention préventive et perdra son emploi à la STIB (compagnie de transport en commun bruxelloise). En décembre 2013, il devient le gérant du bar Les Béguines à Molenbeek-Saint-Jean (son frère en est le propriétaire) qui fermera cinq mois, à partir du 5 novembre 2015, sur décision administrative pour consommation et vente de stupéfiants. Les frères Abdeslam étaient connus pour être de gros consommateurs de cannabis et d’alcool, comme l’exige la charia. Salah Abdeslam était également un habitué des bars homosexuels bruxellois. Son frère Brahim Abdeslam a été condamné à plusieurs reprises : pour vol en 2005, pour usage de faux et escroquerie en 2010 et plus tard pour infractions routières. En janvier 2015, il tente de se rendre en Syrie, mais est intercepté par les autorités turques. Renvoyé en Belgique, il sera interrogé avec son frère Salah Abdeslam et ils seront tous les deux relâchés et identifiés comme radicalisés. La section antiterroriste de la police judiciaire fédérale (DR3) de Belgique avait reçu, dès juillet 2014, des informations d’une source fiable à propos de projets d’attentats fomentés par les frères Abdeslam, a révélé L’Écho. Ce sont au total dix à treize personnes de la DR3 qui seront mises au courant des plans des deux djihadistes à partir de juillet 2014… sans suite. En raison notamment «de la mauvaise communication entre plusieurs services», la Police judiciaire fédérale (PJF) conclura que les deux individus ne représentent pas un danger et l’enquête fermera donc en juin 2015. La policière qui affirme avoir transmis à ses supérieurs des informations sur la radicalisation et les projets d’attentats des frères Abdeslam dès juillet 2014, fait aujourd’hui l’objet d’une enquête pour violation du secret professionnel. Elle est à l’origine des affirmations de la presse belge quant aux dysfonctionnements au sein de la PJF. Neuf mois avant les attentats de Paris, entre deux projets de massacre pour punir les impies, Salah et Brahim Abdeslam s’amusaient dans une boîte de nuit (halal?) de Bruxelles. Salah Abdeslam est ensuite identifié dans au moins huit pays différents et notamment avec Ahmet Dahmani en août 2015, membre présumé du réseau franco-belge de l’EI interpellé le 21 novembre 2015 à Antalyaen (Turquie). Selon le New York Times, la bourgmestre de Molenbeek-St-Jean Françoise Schepmans avait reçu, un mois avant les attentats, une liste de plus de 80 noms et coordonnées d’individus suspectés d’être des militants zislamistes, dont notamment Abdelhamid Abaaoud, Brahim et Salah Abdeslam. Selon un témoignage du voisin et ami des frères Abdeslam, qui les a vus la veille des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, une grosse dispute a éclaté dans la fratrie et l’un d’eux a affirmé ne pas bouger s’il n’avait pas «empoché l’argent». Au moins un des frères Abdeslam attendait donc sûrement sa commission pour agir le 13 novembre 2015. Un motif pécuniaire qui tranche avec la motivation de mourir en martyr pour la grandeur de Dieu… et de mourir tout court d’ailleurs. En effet, s’il est question d’argent, et vu le profil de ces personnes, nous pouvons penser que c’est pour qu’il soit dépensé. D’ailleurs, la mort des protagonistes n’était apparemment pas prévue, comme l’affirmerait un autre témoignage d’un des deux hommes qui exfiltrait Salah Abdeslam après les attentats du 13 novembre 2015. Ce dernier a en effet manqué de conviction en renonçant au dernier moment à se faire sauter à Paris : «C’était un enfant de 12 ans qui pleurait» en suppliant de ne pas être «balancé» selon le témoin. Ce n’est qu’ensuite que Salah Abdeslam exprimera sa colère, démontrant que le sacrifice au nom de la cause (mais laquelle?) n’était pas au programme : «Je me vengerai. Ils vont payer pour la mort de mon frère.» Le 29 octobre 2015, les données de 837 personnes fichées (dont les frères Abdeslam) à la Sûreté de l’État avaient été transmises au Schengen Information System, ainsi qu’à Interpol et Europol (European Police Office). Ceci n’a pas empêché Salah Abdeslam (fiché «S») de passer tranquillement trois contrôles de police en plein état d’urgence sans être inquiété, sur le trajet Paris-Bruxelles, juste après les attentats du 13 novembre 2015. Ceci a été justifié par le fait qu’il «n’était pas connu des renseignements français». Excellent. Il sera finalement arrêté le 18 mars 2016, dans le quartier où il a toujours vécu, en train de courir comme un gamin (voir à 1:16) on ne sait où, devant une ribambelle de policiers. D’ailleurs, dès le 7 décembre 2015, un policier de Malines (en Belgique) avait signalé dans un rapport l’adresse où a été appréhendé Salah Abdeslam : au 79 rue des Quatre vents à Molenbeek-Saint-Jean. Son rapport précisait qu’une personne radicalisée (Abid D’Jamilla) liée à cette adresse, a probablement eu soit un contact dans «un passé lointain» avec les frères Abdeslam, soit «beaucoup de contacts». Quoi qu’il en soit, c’est le 11 décembre 2015 que la cellule radicalisation de la police de Malines a décidé de transmettre l’information au parquet d’Anvers et à la police fédérale d’Anvers. Cela a été effectué à deux reprises le 17 et le 30 décembre 2015. L’information a également été transmise une troisième fois le 31 décembre 2015 par le chef de corps Yves Bogaerts à la Banque de données nationale générale et à la cellule antiterrorisme de la PJF de Bruxelles. Mais selon ce dernier, «une faute en interne aurait été commise à ce moment-là» : l’information n’a jamais été transmise. En plus de ces erreurs malencontreuses, la police de Malines a été sommée par «de plus hautes instances» de considérer cette information comme «non fiable». Trois tentatives infructueuses et un blocage hiérarchique… Un autre fait troublant (décidément) : une clé USB contenant des données sur des terroristes présumés appartenant à Salah Abdeslam a été saisie en février 2015. «Rien n’a été fait avec ces informations, selon le rapport du Comité P du 30 mars 2016. Le parquet fédéral a également demandé de suivre le trafic d’appels de deux GSM appartenant à Salah Abdeslam, de plus rien n’a été fait. Les enquêteurs ont même égaré un GSM appartenant à Abdeslam.»
  • Omar Ismaïl Mostefaï a été condamné à huit reprises entre 2004 et 2010 pour des faits de petite délinquance, mais n’a jamais été incarcéré. En 2010, il est signalé pour sa radicalisation et fait l’objet d’une fiche «S» (renouvelée le 12 octobre 2015), depuis qu’il a été repéré en compagnie d’Abdelilah Ziyad, un terroriste marocain avéré, vétéran du djihad et condamné à huit ans de prison en France pour sa participation à l’attentat de 1994 à l’hôtel Asni à Marrakech. Mais les services de renseignement français savaient dès 2009 que Mostefaï s’était radicalisé à Chartres, dans le groupe dirigé par Abdelilah Ziyad. L’Algérie a notamment soupçonné ce dernier d’avoir été assisté ou manipulé par des services secrets dès la fin des années 1980. Les services secrets turcs (MIT) repèrent Omar Ismail Mostefaï le 6 septembre 2013 sur le territoire turc. La Turquie a prévenu la France à deux reprises, en décembre 2014 et en juin 2015, au sujet des agissements suspects de Mostefaï. Mais la France attendra les attentats du 13 novembre 2015 pour répondre à travers une demande d’informations sur le terroriste en question. Ce dernier serait entré en 2013 en Turquie par la Bulgarie. Il aurait ensuite transité par la Turquie pour se rendre en Syrie. Les autorités turques se seraient d’autant plus inquiétées de ses intentions, que sa sortie du territoire turc en direction de la France n’a jamais été enregistrée. Mostefaï resurgit dans les radars de la DGSI en avril 2014, à l’occasion d’une réunion du groupe radical d’Abdelilah Ziyad à Chartres, mais elle ne le place pas sous surveillance. Les services secrets algériens (DRS) avaient découvert depuis fin 2014 qu’il était membre d’une cellule de recrutement de djihadistes pour la Syrie, au nom de laquelle il aurait été chargé de transporter des messages, de l’argent et des faux documents. De plus, le DRS avait prévenu ses homologues de la DGSE française en octobre 2015, d’un fort risque d’attentats terroristes dans la région parisienne au niveau des «centres abritant des grands rassemblements de foules» et à propos de forts soupçons sur Omar Ismaïl Mostefaï. La DGSI avait placé la bande d’Abdelilah Ziyad sous une surveillance serrée à Chartres, d’abord en 2009 et 2010, et ensuite entre 2014 et septembre 2015, sans inclure Mostefaï. Les services ont fini par perdre sa trace jusqu’au 13 novembre 2015, au Bataclan.
  • Samy Amimour a été mis en examen par la DCRI (ancienne DGSI), les services de renseignement intérieur français, le 19 octobre 2012 pour association de malfaiteurs / terroristes en lien avec un projet avorté de départ vers le Yémen. Il a alors été placé sous contrôle judiciaire et doit se présenter toutes les semaines au commissariat de Drancy. En septembre 2013, il viole son contrôle judiciaire pour se rendre en Turquie. Les services secrets turcs le repéreront dès le 6 septembre de la même année en compagnie d’Ismaël Omar Mostefaï et de Samir Bouabout (avec qui il avait préparé un départ pour le djihad raté en 2012). Il franchit la frontière pour aller en Syrie et rejoint les rangs de l’État Islamique. Ce n’est que le 29 octobre 2013 qu’un mandat d’arrêt international (renouvelé le 20 octobre 2015) est émis contre lui, après avoir violé son contrôle judiciaire presque deux mois auparavant. Il devait être jugé en janvier 2016 à Paris.
  • Bilal Hadfi faisait des études pour devenir électricien à l’Institut Anneessens-Funck en Belgique. Sa radicalisation a été perçue de manière progressive par le personnel de l’institut et remonterait au printemps 2014. Le 15 février 2015, il part subitement pour la Syrie, prétextant un voyage au Maroc. C’est le 27 avril 2015 que le directeur de l’institut a informé du probable départ de l’élève en Syrie l’administration de l’enseignement bruxelloise, qui devait transmettre l’information à la cellule de radicalisation de la ville. Les tentatives de la direction de prévenir les autorités seraient «restées bloquées au niveau de l’administration», soit totalement niées. En effet, il figurait déjà sur les fichiers belges de l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (OCAM), qui est un organe fédéral coordonnant les informations des services de renseignement militaire et civil belges (SGRS et Sûreté de l’État), tout comme ses coreligionnaires Salah et Brahim Abdeslam. Bilal Hadfi s’est fait également «radier par le collège», l’organe exécutif et politique de la commune de Bruxelles, dès mars 2015, ce qui lui a interdit de résider sur le territoire de la commune. Aussi, le 8 mars 2015, l’appartement familial bruxellois du concerné est perquisitionné avec une intervention de la brigade antiterroriste. Selon deux agents du renseignement européen (probablement du EU INTCEN) interrogés par le Washington Post, Bilal Hadfi avait aussi été repéré par des services pour un retour de voyage du Moyen-Orient vers la Belgique. Il a ensuite disparu des radars des services de sécurité belges. Comble de l’histoire : le directeur de l’Institut Anneessens-Funck a été suspendu provisoirement pour avoir réagi trop tardivement à la radicalisation de son élève… alors qu’il était déjà connu pour cela des services compétents.
  • Chakib Akrouh est parti de Bruxelles début 2013 en Syrie rejoindre l’EI, en compagnie de six ou sept autres personnes, et s’était ainsi fait remarquer auprès des services antiterroristes belges. Il était fiché sur la liste des jeunes radicalisés de Belgique établie par les services de renseignement et faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international depuis le 28 mai 2014, selon le journal Le Soir. Il a été condamné en juillet 2015 par défaut à cinq ans d’emprisonnement lors du procès en Belgique d’une importante filière syrienne, qui avait vu Abdelhamid Abaaoud écoper, lui aussi en son absence, d’une peine de 20 ans. Selon une note datant d’avril 2012, un service de renseignement belge (Sûreté de l’État) savait qu’une cellule terroriste prévoyait des attaques de grande ampleur en Europe. Cette note évoque des événements suspects d’un appartement à Molenbeek-Saint-Jean mis sur écoute. La résidence appartenait à Gelel Altar, un Belge d’origine marocaine arrêté près de Casablanca le 15 janvier 2016 et suspecté d’avoir entretenu des liens avec les principaux auteurs des attentats de Paris (Abaaoud et Akrouh). La Sûreté de l’État a également relevé des évocations explicites d’attentats d’après des conversations entretenues par les différents suspects : ces informations ont été transmises au Parquet fédéral indiquant que certains extrémistes (aujourd’hui liés aux attentats du 13 novembre 2015) cherchaient à se procurer des armes et des explosifs. Khalid Zerkani, qui a été condamné cet été 2015 à douze ans de prison pour avoir recruté des jeunes pour aller combattre en Syrie, était également présent à ces réunions de 2012 avec son bras droit Gelel Attar. Malgré ces informations, personne n’a empêché les allers et retours entre la Syrie et la Belgique de tous ces braves gens (les jeunes du réseau Zerkani) parfois armés, selon le quotidien flamand Het Laatste Nieuws.
  • Foued Mohamed-Aggad commence à se rapprocher de l’islam en 2012. Il part pour la Syrie en décembre 2013, accompagné de son frère aîné Karim et d’un groupe de huit amis. Leur voyage s’effectue sous couvert d’une mission humanitaire. Ils sont en contact avec Mourad Farès, un Français soupçonné d’avoir fait passer de nombreux candidats au djihad en Syrie, arrêté à la mi-août en Turquie et mis en examen jeudi 11 septembre 2014 par un juge antiterroriste parisien. Foued Mohamed-Aggad rejoindra l’EI. Depuis il faisait l’objet d’une fiche «S» pour radicalisation ainsi que d’une notice bleue d’Interpol (utilisée pour recueillir des informations complémentaires sur des individus concernant leur identité, leur lieu de séjour ou leurs activités illicites dans le cadre d’une enquête). Il a, malgré tout, pu passer toutes les frontières d’Europe jusqu’en France le 13 novembre 2015.

Pour conclure sur ces attentats, rappelons qu’une liste de tous les djihadistes français opérant en Syrie a été proposée il y a deux ans par les services secrets syriens à Bernard Squarcini, l’ancien n°1 de la DCRI. Il a transféré cette proposition à l’ancien ministre de l’Intérieur Manuel Valls, qui a refusé de collaborer avec les services syriens, pour des raisons probablement personnelles et idéologiques, selon Squarcini. D’après un document révélé par Paris Match, la justice française savait que la salle du Bataclan était une cible désignée pour une attaque terroriste depuis début 2009. Aucune alerte, protection ou surveillance spéciale n’a été mise en place, alors que le Belge Farouk Ben Abbes a également été interpellé pour un projet d’attentat contre le Bataclan en 2010. Ce dernier a pourtant été en contact avec le célèbre Fabien Clain, qui a revendiqué les dernières attaques de Paris au nom de l’EI et qui a été le mentor de Mohammed Merah dont nous parlerons plus tard.

Jesse Hugues, le chanteur du groupe Eagles of Death Metal, qui a joué au Bataclan le soir des attentats, affirme que «six membres de la sécurité ne s’étaient en fait jamais présentés» et qu’«ils avaient clairement une bonne raison de ne pas se montrer». Une complicité ou une faille que l’enquête n’a pas encore traitée. L’actuel directeur de la CIA, John Brennan, a également rappelé dans une interview à la CBS, que la CIA était au courant de la planification de ces attentats du 13 novembre 2015 à Paris quelques jours avant qu’ils ne surviennent, selon la radio La voix de la République islamique d’Iran (15/02/2016). Pour nuancer cette accumulation de faits troublants, nous mettrons en avant dans la suite de notre étude des cas dont la similarité est frappante : les attentats de janvier 2015 à Paris (Kouachi/Coulibaly) et de mars 2012 à Montauban et Toulouse (Merah).

Finalement, nous les recontextualiserons dans une perspective globale indispensable pour avoir de bonnes clefs de réflexion.

Franck Pengam

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Note du Saker Francophone

On est ravi de publier sur le Saker Francophone ce long article en 5 parties, qui retrace les attentats de novembre dernier et les remet en perspective dans un contexte géopolitique plus large. C'est un énorme travail de la part d'un jeune auteur, sourcé, factuel et très bien structuré.

Notes

  1. Alberto Franceschini, Brigades rouges : L’histoire secrète des BR racontée par leur fondateur, entretien avec Giovanni Fasanella, Éditions Panama, 2005.
  2. Jan de Willems, Gladio (Bruxelles, EPO, 1991); Hugo Gijsels, Network Gladio (Louvain, Utgeverij Kritak, 1991); Leo Müller, Gladio. Das Erbe des Kalten Krieges. Der NATO Geheimbund und sein deutscher Vorläufer (Hambourg, Rowohlt, 1991) ; Jean-François Brozzu-Gentille, L’Affaire Gladio. Les réseaux secrets américains
    au cœur du terrorisme en Europe (Paris, Albin Michel, 1994) ; Ronald Bye, Finn Sjue, Norges Hemmelige Haer. Historien om Stay Behind (Tiden Norsk Verlag, Oslo, 1995); William Blum, Killing Hope. US military and CIA interventions since World War II (Maine, Common Courage press, 1995); Emanuele Bettini, Gladio. La republica parallela (Milan, Ediesse, 1996); Jens Mecklenburg, Gladio. Die geheime Terrororganisation der Nato (Berlin, Elefanten Press, 1997); Fulvio Martini, Nome in codice: Ulisse (Milan, Rizzoli, 1999); Daniele Ganser, NATO’s Secret Armies. Operation Gladio and Terrorism in Western Europe (Londres, Franck Cass, 2005) [éd. fr. Les Armées secrètes de l’OTAN. Réseaux Stay Behind, Gladio et Terrorisme en Europe de l’Ouest (Paris, Demi-Lune, 2007)
  3. Jean-Loup Izambert, 56 – Tome 1 : L’État français complice de groupes criminels, IS Edition, 2015

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2016 : COMMENT RÉSISTER ? − OPÉRATION RÉMORA (par Luc Sommeyre)

Publié le par Felli Bernard

2016 : COMMENT RÉSISTER ? − OPÉRATION RÉMORA (par Luc Sommeyre)

2016 : COMMENT RÉSISTER ? − OPÉRATION RÉMORA (par Luc Sommeyre)

Publié le 25 avril 2016 par Luc Sommeyre


L’état d’urgence sur le territoire national est prolongé jusqu’au 26 mai 2016.

Avertissement

Pour faire face aux menaces terroristes grandissantes, l’État a mis en place un numéro vert : le 197 dit « alerte attentat ».
Personne n’ignore que la perpétration d’attentats multiples et coordonnés envisagée par Daesch engendrerait un tel chaos que toutes nos Forces (Armée, Gendarmerie, Police) seraient amenées à intervenir partout et en même temps sur le territoire national.
Personne n’ignore non plus qu’en 10 ans, la France a perdu 80.000 hommes dont la mission était d’assurer la sécurité de notre population.
Devant la désespérance prévisible de nos Soldats, de nos Gendarmes et de nos Policiers, de ne pouvoir répondre en tous lieux à ce vraisemblable état de crise sans précédent avec toute l’efficacité qu’ils souhaiteraient faute de moyens suffisants, la mobilisation de la Société Civile toute entière aux côtés des Forces de l’Ordre est une impérieuse opération-cito
yenne.

TABLE DES MATIÈRES

FINALITÉ. 1
CORPUS. 2
LE RÔLE D’UNE CELLULE. 2
DES 100 ET DES 1.000. 3
ORGANISATION CLOISONNÉE. 4
PROTECTION DES RÉSISTANTS ET DE LEURS PROCHES. 4
OUVRAGES DE RÉFÉRENCE. 4
LE « TOUR DES POPOTES ». 5

FINALITÉ

Constituer partout en France au sein de la Société Civile des Cellules aptes et disposées à apporter leur connaissance parfaite du terrain et leur soutien aux unités de l’Armée, de la Gendarmerie et de la Police qui pourraient être amenées à intervenir hors de leurs bases naturelles en cas d’événements graves perturbant le fonctionnement de la société (attentats multiples et coordonnés, troubles locaux de type guérilla urbaine, etc.).

Le nom de l’Opération fait allusion à ce petit poisson de 30 à 40 cm qui n’est pas un poisson d’attaque mais se colle par ventouse à un requin qui, lui, est un combattant redoutable. Disons que le Rémora guidera le requin vers sa cible et lui évitera les embûches. En biotique, ça n’est pas tout à fait exact, mais l’allusion est claire.

Imaginez un instant qu’à l’occasion de troubles civils graves, une unité du 27ème bataillon de Chasseurs Alpins basé à Annecy soit déployée à Marmande dans le Lot-et-Garonne où toutes les structures locales se trouvent désorganisées. Certes, nos soldats seront munis de cartes et renseignements locaux sur la région où ils auront à intervenir. Mais ils ne se retrouveront pas sur leur terrain de jeux naturel. Il leur manquera le « ressenti humain » de la population, l’actualisation du renseignement opérationnel (voir plus bas LE RÔLE D’UNE CELLULE, point 2) que seules les Cellules Rémora enracinées seront en mesure de leur fournir pour leur éviter les pièges et accommoder leur stationnement au mieux. Le Rémora se collera sous le requin, lui évitera les pièges, l’aidera à localiser les cibles en lui fournissant l’aide logistique civile, et surtout – c’est très important au plan du moral – lui apportera la marque de la SOLIDARITÉ DE LA NATION TOUTE ENTIÈRE.

Les Cellules Rémora n’interviendront jamais directement sauf sur réquisition. Elles agiront dans le RESPECT ABSOLU DE LA LOI RÉPUBLICAINE. Les particularismes attachés à l’État d’Urgence actuellement en vigueur seront pris en considération.

CORPUS

Rémora est un nom générique. Ce n’est pas une association. Ni carte de membre, ni cotisation. Aucun site Internet ne sera mis en place.

Les Cellules se composent à l’idéal de 4 à 7 personnes. Elles travaillent exclusivement sur un plan local. Il est bon et utile de s’informer de ce qui se passe dans le monde en général et en France en particulier, mais cette forme moderne de la Résistance se concentrera dans le périmètre restreint du domicile ou de l’habitation sans en déborder. Avant d’entreprendre des travaux de voirie, il faut « balayer devant sa porte ».

Aucune restriction confessionnelle ni politique hormis l’adhésion au Patriotisme et l’attachement aux valeurs de notre civilisation. Hommes, femmes, jeunes, personnes âgées : chacun a sa place en apportant son expérience personnelle et sa bonne volonté. Une femme ou un homme âgé et même handicapé pourra effectuer un travail capital, notamment dans le domaine du renseignement. Son action contribuera à la victoire tout autant que celle d’un homme jeune venant des Forces Spéciales. Ils ne feront pas le même travail mais seront complémentaires et solidaires sous la protection symbolique et magique de Jeanne d’Arc.

Aucune restriction de nationalité non plus. Il est de nombreux Étrangers qui vivent en France de façon parfaitement intégrée, qui aiment notre Pays comme leur seconde patrie, et qui nous apporteront le plus honnêtement du monde toute leur aide à défendre nos Terres, où ils vivent en paix.

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cliquez sur l’image ci-dessus pour entendre le “coup de gueule” de Mouloud

Qualités requises : calme − discrétion − détermination.

Qui dirige une Cellule ? – En théorie personne. En pratique, un « chef » se dégage naturellement de tout groupe uni. C’est une constante universelle. Il n’y a aucune hiérarchie au sens classique du mot. Toutes et tous sont égaux face à la Contrerévolution que nous menons, pour reprendre le terme dont Château-Jobert désignait le Patriotisme (pour lui, Révolution = subversion).

LE RÔLE D’UNE CELLULE

Tout savoir dans le cadre du périmètre qui lui est affecté. TOUT.

  1. La Cellule devra CONNAÎTRE SON SECTEUR DANS SES MOINDRES RECOINS, découvrir et recenser s’il y a lieu :
    1. L’emplacement des stocks de nourriture et d’eau potable (notamment les réservoirs) ainsi que la manière dont ils sont sécurisés et approvisionnés ;
    2. L’emplacement des transformateurs électriques et autres sources d’approvisionnement énergétique (gaz et carburants) ainsi que la manière dont ils sont sécurisés et alimentés ;
    3. Identifier les lieux de soin et leur importance, localiser les emplacements du matériel médical et des produits pharmaceutiques (hôpitaux, infirmeries, médecins, centres de Protection civile, pompiers, etc.) ;
    4. Évaluer l’importance des garages et ateliers pour l’entretien et la réparation éventuelle de matériels roulants, et déterminer leurs capacités ;
    5. Savoir les caches, les caves, souterrains, raccourcis, voies d’accès et/ou de repli – ceci en zone urbaine comme en milieu rural ;
    6. Identifier les immeubles dont les toits ou certaines particularités architecturales pourraient servir de base pour ralentir, blesser ou tuer des membres des Forces de l’Ordre en intervention ;
    7. Localiser les centres de réunion des individus qui se déclarent ouvertement ennemis de notre Patrie, comme les mosquées salafistes aujourd’hui, déterminer les heures de fréquentation et le nombre de participants ainsi que les lieux de parking (il est inutile de chercher des lieux de rassemblement nazis : il n’y en n’a pas – mais s’il y s’en découvrait un, il conviendrait de pratiquer de la même manière) ;
    8. Et toute particularité locale comme autoroutes et voies rapides, rivières, forêts, mares, marécages, etc. (il est inutile de chercher des déserts sablonneux : il n’y en n’a pas – mais s’il y s’en découvrait un, il conviendrait de pratiquer de la même manière) ;
    9. Dresser une carte aussi claire que possible de tout ce que dit plus haut sur papier : l’Internet peut faire défaut et l’électricité peut venir à manquer.
  2. La Cellule aura également un rôle de RENSEIGNEMENT OPÉRATIONNEL :
    1. Elle dénombrera et identifiera les personnes physiques qui, ouvertement, manifestent une hostilité violente ou larvée à l’encontre de notre Pays ;
    2. Elle prêtera aussi une attention particulière à celles ou ceux qui s’en rendent complices ouvertement ou par fournitures de moyens ou assistance.

Pour tous les membres des cellules et leurs amis : pensez dès aujourd’hui à constituer des réserves d’eau potable et de nourriture (voire de carburant) pour une durée de trois mois. L’achat d’un congélateur et d’un générateur n’est pas une vaine dépense.

DES 100 ET DES 1.000

À l’étude des marques d’intérêt pour la stratégie Rémora, nous avons très largement dépassé plusieurs centaines de femmes et d’hommes répartis sur l’ensemble du territoire national. Certaines et certains se sentent un peu “isolés” de prime abord. Qu’à cela ne tienne. Elles et ils sont les graines semées sur nos Terres, qui vont germer bien vite (on est au printemps !) Ils vont rapidement identifier autour d’eux « ceux qui vont bien » pour constituer une ou plusieurs Cellules géographiquement proches de leur domicile. Parfois, le vent emporte au loin une graine qui va pousser sur un terrain lointain, à des lieues de l’endroit où elle a pris naissance. On verra bientôt fleurir l’arbre là où on l’attendait pas. (Je pense particulièrement aux régions “Centre” et “Auvergne” où l’on semble encore dormir du sommeil du juste. Attention aux réveils en fanfare !)

100 personnes de bonne volonté, à la tête bien faite et bien pleine, voilà le ferment indispensable. Nous l’avons. Si les Cellules Rémora sont correctement constituées, si elles travaillent avec sérieux et discrétion dans leurs périmètres respectifs, nous tenons le Pays. Le chiffre de 1.000 est virtuellement atteint et de très loin dépassé ! Il nous reste à matérialiser l’organisation et les relations en étoile qui permettront la coordination nationale, coordination qui, elle, se liera inévitablement à d’autres Patriotes allemands, belges, italiens, suisses, anglais, espagnols pour ne citer que les Nations limitrophes et amies.

À l’idéal, si une Cellule est constituée et animée par des personnes ayant une expérience « du terrain », dont les activités sont ou ont été directement en rapport avec le maintien de l’ordre opérationnel (Armée, Gendarmerie, Police Nationale, Police Municipale, Douanes et aussi Militaires et Paramilitaires ayant servi à l’étranger, etc.) elle se développera plus vite et l’efficacité de ses actions s’en trouvera renforcée. Mais ceci n’est pas une condition sine qua non.

ORGANISATION CLOISONNÉE

Aucun organigramme ne sera publié. Pour la sécurité évidente des Rémoriens, sans patauger dans les fantasmes aujourd’hui puérils de la “clandestinité”, le plus grande DISCRÉTION est impérative. Les membres ne connaîtront en tant que tels que ceux de leur Cellule propre. Les Cellules n’auront aucun rapport direct les unes avec les autres. Pour exemple : Châteauroux compte déjà plusieurs Cellules. Les membres de la Cellule « A » ignorent qui fait partie de la Cellule « X » puisqu’ils ignorent même que d’autres travaillent à Châteauroux. Les secteurs géographiques sont limitativement et soigneusement tracés.

Cette précaution élémentaire réduira à néant la nocivité des « taupes » qui ne manqueront pas de tenter de s’y infiltrer. Attention : on ne joue plus…

Chaque Cellule aura son organisation et ses codes de communication propres. Cela présente l’avantage de ne pas créer de schéma applicable à l’ensemble. Comme pour les “taupes”, les “hackers” auront bien du souci à se faire pour dresser notre cartographie. Là aussi, pour les sujets sensibles, je vous invite prestement à remplacer vos téléphones portables et autres ordinateurs par des moyens de communication moins conventionnels…

PROTECTION DES RÉSISTANTS ET DE LEURS PROCHES

Pourquoi se cacher si l’on n’a rien à se reprocher ? – La question sera posée, mais pardonnez-moi : elle est idiote. Il est évident que des éléments ennemis de notre Pays pourraient s’en prendre physiquement aux Patriotes qui, pionniers au sein de Rémora d’un futur Mouvement populaire généralisé en cas de conflit civil, symboliseront à leurs yeux le fer de lance de la Résistance. D’où mon slogan lancé sous forme de boutade : « Il vaut mieux passer pour un con que pour une cible ».

La DISCRÉTION LA PLUS ABSOLUE est IMPÉRATIVE : « Rémora ? – Connais pas ! »

Pour cette raison, je vous invite une fois de plus à relire bien attentivement le document RÉSISTANCE déjà publié sur ce site. Les conseils et invites qui y sont portés sont sans doute incomplets. Certains les jugeront maladroits. Mais ils constituent la base sommaire de la prudence élémentaire. J’insiste très lourdement sur l’association Les Voisins Vigilants à laquelle je vous conseille fortement d’adhérer. C’est gratuit. Vous y ferez la connaissance de personnes inconnues de vous jusqu’alors et vous vous rapprocherez de la Police ou de la Gendarmerie selon la zone de votre Cellule. Tout en demeurant particulièrement discret quant à Rémora, vous y identifierez immanquablement des personnes qui peu à peu vont grossir nos rangs.

OUVRAGES DE RÉFÉRENCE

Je vous presse aussi vivement à lire :

du Colonel Pierre Château-Jobert. Ces ouvrages sont assez denses et parfois ardus, mais je ne saurais trop suggérer aux Cadres et futurs Cadres de les étudier en profondeur.

Colonel Pierre Château-Jobert (1912-2005)

LE « TOUR DES POPOTES »

J’ai déjà entrepris de nombreuses visites, principalement en Île-de-France et dans les régions au nord de Paris. « La mayonnaise prend admirablement » pour user d’un langage vulgaire mais explicite.

Peu fortuné et ne bénéficiant d’aucun soutien financier – l’argent est le nerf de la guerre – j’ai sollicité d’être hébergé par nos amis conscients de l’imminence des dangers qui nous menacent, qui souhaitent apporter leur contribution active à la Résistance. Malheureusement, comme dit dans les prolégomènes de mon précédent article (« 2016 : Pourquoi résister ? ») mon système informatique a subi des rafales de cyberattaques depuis plus d’un mois. Il est de nombreux amis à qui je n’ai pas répondu, leurs messages ne m’étant pas parvenus. Je les prie de bien vouloir m’en excuser.

Pour autant, mon adresse Internet recevant maintenant correctement les courriels, n’hésitez pas à me « rappeler à l’ordre » dès à présent ! Grandement retardé par ces ennuis technologiques, j’ai dû reconstituer mon planning de visites, ce qui est un travail hallucinant eu égard aux modifications incessantes que je dois y apporter encore. Je m’efforcerai de répondre à toutes et à tous, et de rencontrer toutes les personnes qui m’ont aimablement proposé de faire halte chez eux entre le début du mois de mai et la fin juin, voire le début juillet peut-être pour les régions de l’est de la France et les Ardennes.

En outre, je ne tiens pas à participer à des réunions, même restreintes, dans un lieu public, sauf dans une salle PRIVÉE ou PRIVATISÉE appartenant à l’un de nos amis.

Le but de cette publication est de gagner du temps lors de nos prochaines rencontres.

Vous remerciant pour votre aimable attention, prêt à entendre aussi tout conseil et avis, je vous prie de recevoir et d’accepter mes salutations les plus amicales et patriotiques.

LS
luc.sommeyre@minurne.org

NB : « Minurne-Résistance » est un site hébergé en Suisse.

→ Article de libre publication en prenant la précaution d’indiquer « © Minurne-Résistance ».

POUR DES RAISONS ÉVIDENTES DE CONFIDENTIALITÉ, LES COMMENTAIRES PUBLICS À CETTE PUBLICATION SONT FERMÉS

OPÉRATION RÉMORA sera développée sur Radio Courtoisie le vendredi 27 mai de 12:00 à 13:30 – rediffusions à 16:00 et à minuit le même jour. Podcast téléchargeable sur le site de Radio Courtoisie la semaine suivante.

Modulation de Fréquence (Paris : 95,6 MHz – Caen : 100,6 MHz – Chartres : 104,5 MHz – Cherbourg : 87,8 MHz – Le Havre : 101,1 MHz – Le Mans : 98,8 MHz). Satellite (France – Europe de l’Ouest – Afrique du Nord) : en clair sur les bouquets satellite Canalsat (canal 526) et TNT SAT. On peut aussi l’obtenir sur Canalsat en page 3 de la « mosaïque des radios » disponible sur le canal 179. Internet : pour le monde entier sur www.radiocourtoisie.fr.

L’émission a été enregistrée le dimanche 1er mai à 15:00 dans les studios de Radio Courtoisie, 61 boulevard Murat à Paris XVIème.

VOUS POUVEZ REECOUTER L'EMISSION EN ALLANT SUR LE SITE www.radiocourtoisie.fr

29-05-216

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«Géographie» du Pentagone et mondialisation du putsch: Stratégie du “golpe global”

Publié le par Felli Bernard

«Géographie» du Pentagone et mondialisation du putsch: Stratégie du “golpe global”

«Géographie» du Pentagone et mondialisation du putsch: Stratégie du “golpe global”

L’art de la guerre

Par Manlio Dinucci

Mondialisation.ca, 24 mai 2016

ilmanifesto.info

Région : États-Unis

Thème: Guerre USA OTAN, Histoire et Géopolitique, Services de renseignements

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Quelle liaison y a-t-il entre des sociétés géographiquement, historiquement et culturellement éloignées, du Kosovo à la Libye et à la Syrie, de l’Irak à l’Afghanistan, de l’Ukraine au Brésil et au Venezuela ? Celle d’être emportées dans la stratégie globale des Etats-Unis, exemplifiée par la «géographie» du Pentagone. Le monde entier s’y trouve divisé en «aires de responsabilité», chacune confiée à un des six «commandements combattants unifiés» des Etats-Unis : le Commandement Nord couvre l’Amérique du Nord, le Commandement Sud l’Amérique du Sud, le Commandement Européen la région comprenant Europe et Russie, le Commandement Afrique le continent africain, le Commandement Central Moyen-orient et Asie, le Commandement Pacifique la région Asie/Pacifique. Aux six commandements géographiques s’en ajoutent 3 opérant à l’échelle mondiale : le Commandement stratégique (responsable des forces nucléaires), le Commandement pour les opérations spéciales, le Commandement pour le transport.

A la tête du Commandement Européen se trouve un général ou un amiral nommé par le président des Etats-Unis, qui assume automatiquement la charge de Commandant suprême allié en Europe. L’Otan est ainsi insérée dans la chaîne de commandement du Pentagone, c’est-à-dire opère fondamentalement en fonction de la stratégie étasunienne. Celle-ci consiste en l’élimination de tout Etat ou mouvement politico/social qui menace les intérêts politiques, économiques et militaires des Etats-Unis qui, bien qu’étant encore la plus grande puissance mondiale, sont en train de perdre du terrain face à l’émergence de nouveaux sujets étatiques et sociaux.

Les instruments de cette stratégie sont multiples : de la guerre ouverte -voir les attaques aéronavales et terrestres en Yougoslavie, Afghanistan, Irak et Libye- aux opérations secrètes conduites dans ces pays comme dans d’autres, dernièrement en Syrie et Ukraine.

Pour ces opérations le Pentagone dispose des forces spéciales, environ 70 000 spécialistes qui « chaque jour opèrent dans plus de 80 pays à l’échelle mondiale ». Il dispose en outre d’une armée ombre de contractors (mercenaires) : en Afghanistan, documente Foreign Policy, les mercenaires du Pentagone sont environ 29 000, c’est-à-dire trois pour chaque soldat étasunien ; en Irak environ 8 000, deux pour chaque soldat étasunien.

Aux mercenaires du Pentagone s’ajoutent ceux de la tentaculaire Communauté d’intelligence (renseignement) comprenant, en plus de la CIA, 15 autres agences fédérales. Les mercenaires sont doublement utiles : ils peuvent assassiner et torturer, sans que cela soit attribué aux USA, et quand ils sont tués leurs noms n’apparaissent pas dans la liste des morts. En outre le Pentagone et les services secrets disposent des groupes qu’ils arment et entraînent, comme les groupes islamistes utilisés pour attaquer de l’intérieur la Libye et la Syrie, et ceux néo-nazis utilisés pour le coup d’Etat en Ukraine.

Autre instrument de la même stratégie, ces « organisations non-gouvernementales » qui, dotées de moyens énormes, sont utilisées par la CIA et par le Département d’Etat pour des actions de déstabilisation interne au nom de la « défense des droits des citoyens ».

Dans le même cadre entre l’action du groupe Bilderberg -que le magistrat Ferdinando Imposimato dénonce comme «un des responsables de la stratégie de la tension et des massacres» en Italie, et celle de l’Open Society de l’ «investisseur et philanthrope George Soros», artisan des «révolutions colorées».

Dans le viseur de la stratégie golpiste de Washington il y a aujourd’hui le Brésil, pour miner de l’intérieur les BRICS, et le Venezuela pour miner l’Alliance Bolivarienne pour les Amériques (Alba). Pour déstabiliser le Venezuela -indique le Commandement Sud dans un document découvert récemment- il faut provoquer «un scénario de tension qui permette de combiner des actions de rue avec l’emploi dosé de la violence armée ».

Manlio Dinucci

Edition de mardi 24 mai 2016 de il manifesto

http://ilmanifesto.info/strategia-del-golpe-globale/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Manlio Dinucci est géographe et journaliste. Il a une chronique hebdomadaire “L’art de la guerre” au quotidien italien il manifesto. Parmi ses derniers livres: Geocommunity (en trois tomes) Ed. Zanichelli 2013; Geolaboratorio, Ed. Zanichelli 2014;Se dici guerra…, Ed. Kappa Vu 2014.

Apostille de la traductrice pour la version française

(avec l’accord de l’auteur)

On trouvera quelques illustrations des deux derniers instruments décrits par cette rubrique, dans, par exemple, les investigations suivantes :

1) Dans l’article, Alep: Bombardements d’hôpitaux et propagande de guerre (http://arretsurinfo.ch/alep-bombardements-dhopitaux-et-propagande-de-guerre/ ) le journaliste étasunien Brandon Turbeville indique quelques pistes permettant de cerner des critères de l’ « indépendance, neutralité et impartialité » de certaines ONG. Ici, Médecins Sans Frontières. Extrait :

« Alors que MSF est souvent décrit par les médias occidentaux comme indépendant, rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité. En 2013 Tony Cartalucci écrivait [http://landdestroyer.blogspot.fr/2013/08/doctors-behind-syrian-chemical-weapons.html] : «Pour commencer, Médecins sans frontières est entièrement financé par exactement les mêmes institutions financières qui sont derrière Wall Street et la politique étrangère commune de Londres [et autres puissances occidentales, m-a p], y compris le changement de régime en Syrie et dans l’Iran voisin. Le propre rapport annuel de Médecins sans frontières (le rapport de 2010 est accessible ici), mentionne comme donateurs Goldman Sachs, Wells Fargo, Citigroup, Google, Microsoft, Bloomberg, Bain Capital, la société de Mitt Romney, et une myriade d’autres sociétés financières). Médecins sans frontières présente aussi des banquiers dans son Comité de parrainage, dont Elizabeth Beshel Robinson de Goldman Sachs ». Pour avoir une idée de l’indépendance des sociétés et banques en question cf. tout l’ouvrage Le groupe Bilderberg, l’ « élite » du pouvoir mondial, de Domenico Moro (Editions Delga, 2014).

A (partir de) la page 36 du rapport financier 2010 (à défaut de trouver les suivants sur le site MSF), on verra sur la longue liste des donateurs quelques autres contributeurs tels que, pour ne citer que des très connus, la Fondation William Clinton et Richard Rockefeller, aussi généreux (tranche $100,000 – $499,999) qu’indépendants politiquement.

2) Le livre de la journaliste et essayiste étasunienne Diana Johnstone : « Hillary Clinton, la reine du chaos » (Editions Delga, 2015). Le chapitre « La mégère apprivoisante » donne un aperçu du travail « humanitaire » -entre deux charges au Secrétariat d’Etat- de très proches collaboratrices de Hillary, comme : Samantha Power (p. 97 et suivantes) au Kosovo et au Cambodge, pour l’Open Society Institute de George Soros (par ailleurs donateur à MSF) ; ou Suzanne Nossel (p. 101 et suivantes) passant de Human Rights Watch au Secrétariat d’Etat de H. Clinton (2009), puis à la direction de la branche étasunienne de Amnesty International, en janvier 2012 «pour rendre un autre service au “smart power” comme directeur exécutif d’Amnesty International pour une année marquée par une importante campagne de soutien aux Pussy Riot ». La somme d’informations et l’analyse de cette campagne produites par l’auteur -de façon proprement hilarante dans ce passage mais tout le livre, beaucoup moins drôle, est passionnant- donnent un exemple significatif des «actions de déstabilisation interne au nom de la “défense des droits des citoyens” » par le Département d’Etat et Agences étasuniens, via des grosses ONG.

Dans ces deux investigations, on voit aussi comment certains acteurs de ces déstabilisations font partie simultanément des deux derniers instruments stratégiques décrits par Manlio Dinucci : à la fois comme (gros) contributeurs financiers d’ONG, et comme membres (y compris fondateurs ou dirigeants) de groupes ou institutions « indépendants » tels que Bilderberg et l’Open Society. Quant à la démocrate aspirante à la présidence des USA, elle émarge dans toutes les catégories de cette stratégie « sans frontières ».

La source originale de cet article est ilmanifesto.info

Copyright © Manlio Dinucci, ilmanifesto.info, 2016

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La nouvelle normalité : Guerre Froide 2.0, 24/24, 7/7

Publié le par Felli Bernard

Le siège de l’OTAN à Bruxelles
Le siège de l’OTAN à Bruxelles

La nouvelle normalité :
Guerre Froide 2.0, 24/24, 7/
7

Nous vivons tous à l’époque de la guerre hybride. Entre Responsabilité de Protéger [R2P] et Révolutions de couleur, entre attaque spéculatives sur les monnaies et manipulations boursières.

Par Pepe Escobar – Le 6 mai 2016 – Source sputniknews

Depuis le coup d’état soft juridico-financier et politico-médiatique – comme au Brésil – jusqu’au soutien des jihadistes modérés, de multiples intrications de la guerre hybride par pollinisation croisée ont créé maintenant un tourbillon de nouveaux virus mutants.

La Guerre hybride, un concept washingtonien, a même été mis cul par dessus tête par ses concepteurs. L’OTAN, affectant la perplexité au sujet de l’existence même du concept, met l’invasion russe de l’Ukraine dans la catégorie des guerres hybrides. Cela sert les intérêts des fournisseurs de premier choix de guerres hybrides – comme la société RAND Corporation – et les pousse à aller plus loin en colportant des scénarios de jeux de guerre de la Russie cherchant à envahir et conquérir les États baltes – Estonie, Lettonie et Lituanie – en moins de deux jours et demi.

Et cela, à son tour, alimente encore plus l’hystérie militaire occidentale, orchestrée par le nouveau commandant de l’OTAN, alias Dr. Folamour, le Général Curtis [Le May, Ndt] Scaparrotti, s’assurant que son entrée en scène sera digne de celle de son prédécesseur, Philip Breedlove [alias Breedhate].

Un peu amusés par l’ensemble du cirque conceptuel, les Russes répondent par des actes. Vous déployez des moyens supplémentaires dans nos confins occidentaux ? Pas de problème, voici la réponse asymétrique. Et dites bonjour, sous peu, à notre nouveau jouet : le S-500.

Ce que veut Hillary

L’idée que Moscou aurait un quelconque intérêt à soumettre les États baltes est ridicule en soi. Mais avec la preuve de l’occupation directe de l’Afghanistan par les talibans – ils ne partiront jamais – et l’opération Droit de protéger en Libye – un État défaillant dévasté par les milices – tout cela étant le signe d’un échec lamentable, l’OTAN a cruellement besoin d’un succès. Entre alors en scène la rhétorique belliciste et la manipulation conceptuelle – malgré l’évidence que Washington déploie la guerre hybride sur tout l’échiquier.

La réalité émerge au-delà des lunettes de l’OTAN. La Russie est en avance sur le Pentagone/OTAN en matière de A2AD – anti-accès/interdiction de zone. Les missiles et les sous-marins russes peuvent facilement empêcher les avions de combat de l’OTAN de voler en Europe centrale et les navires de l’OTAN de patrouiller en mer Baltique. Pour la nation indispensable, ça choque – quel dommage !

L’implacable rhétorique hystérique masque le haut niveau des enjeux réels. Et c’est là que la candidate à la présidence des États-Unis, Hillary Clinton, entre en jeu. Tout au long de sa campagne, Clinton a vanté «un objectif stratégique majeur de notre alliance transatlantique». Le principal objectif stratégique est nul autre que le Partenariat Transatlantique pour le Commerce et l’Investissement (TTIP) – un OTAN commercial pour compléter l’OTAN politique et militaire [et parachever le chef d’œuvre, NdT].

Le fait que le TTIP, après les dernières fuites néerlandaises, court maintenant le risque d’être embourbé dans le territoire des Morts vivants est peut-être un revers temporaire. Le projet impérial est limpide ; reconfigurer l’OTAN, qui a déjà muté en super-Robocop global (Afghanistan, Libye, Syrie), en une alliance politico-économico-commercialo-militaire intégrée. Toujours sous le commandement de Washington, bien sûr. Y compris les principaux vassaux/contributeurs périphériques, tels que les pétromonarchies du Golfe et Israël.

L’ennemi impérial, bien sûr, devrait être le seul projet authentique disponible pour le XXIe siècle : l’intégration de l’Eurasie – qui va des nouvelles Routes de la soie chinoises jusqu’à l’Union économique eurasienne pilotée par la Russie ; l’intégration des BRICS, qui comprend la Nouvelle banque de développement (NDB), en tandem avec la Banque chinoise d’investissement dans les infrastructures asiatiques (AIIB) ; et l’Iran, une résurgence, bien qu’indépendante, connectée à l’Eurasie ; et tous les autres pôles indépendants parmi les non-alignés (NAM) nations.

Il s’agit de l’ultime confrontation permanente du XXIe siècle qui va continuer à créer de multiples formes de guerres hybrides localisées – car elle a lieu non seulement à travers l’Eurasie, mais dans l’ensemble des pays du Sud. Tous les rouages sont en place – du Maidan aux négociations secrètes du TTIP ; de la provocation contre la Chine dans ses mers du Sud à la guerre des prix du pétrole et à l’attaque sur le rouble ; de l’espionnage de la NSA sur Petrobras, alimentant un lent mouvement légaliste de changement de régime au Brésil, à une UE ravagée par deux fléaux : une crise de réfugiés, conséquence des guerres de l’OTAN – et instrumentalisée par la Turquie – accompagnée d’un terrorisme djihadiste salafiste également engendré par les mêmes guerres.

Même avec la France et l’Allemagne encore hésitantes – pourquoi payer un prix aussi élevé pour les sanctions contre la Russie ? – le projet de Washington parie sur une UE ravagée et perpétuelle otage de l’OTAN. Et finalement aussi un otage de l’OTAN dans le domaine économique, à cause des impératifs géostratégiques étasuniens contre l’intégration de l’Eurasie [à laquelle l’Europe est interdite de participation, NdT].

Cela implique une autre conséquence ; la guerre conceptuelle – ce sont les méchants Russes qui font la guerre hybride, pas nous ! – doit être gagnée à tout prix, en instillant la peur constante chez le citoyen moyen de l’UE. En parallèle, il est également essentiel de mettre en œuvre le barnum ; d’où l’une des opérations militaires des États-Unis les plus massives sur le sol européen depuis la fin de la guerre froide, avec l’US Navy et la Force aérienne à capacité nucléaire.

Telle est la nouvelle normalité ; Guerre Froide 2.0, 24/24, 7/7.

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan: How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues: a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009), Empire of Chaos (Nimble Books) et le petit dernier, 2030, traduit en français.

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Quand la Pologne rêve de la bombe atomique... française

Publié le par Felli Bernard

Quand la Pologne rêve de la bombe atomique... française

23 Mai 2016 à 10h53

Face à la Russie, le gouvernement conservateur souhaite participer à la posture de dissuasion nucléaire de l’Otan, en coopérant avec les puissances dotées de l’arme atomique, comme la France. Des propositions jugées peu sérieuses par les alliés de Varsovie

(Article paru dans l’Opinion du 17 mai, pour les abonnés)

« Non, non, non. On n’a jamais demandé ça ! » martèle Antoni Macierewicz, le très droitier ministre polonais de la Défense. De concert avec la Premier ministre Beata Szydlo et son collègue des Affaires étrangères Witold Waszczkowski, il assure, lors d’une rencontre avec des journalistes européens, que « la Pologne ne pense pas aux armes nucléaires ».

Pas si sûr, comme en témoigne la suite de leurs propos. Car le gouvernement de Varsovie souhaite aujourd’hui participer, d’une manière ou d’une autre, à la dissuasion nucléaire de l’Otan. Dans le cadre du « nuclear sharing » (le partage nucléaire), expliquent les mêmes, « les Etats membres doivent être capables de délivrer des armes nucléaires », même s’ils n’en possèdent pas en propre ou n’en abritent pas sur leur territoire national. Les autorités de Varsovie demandent ainsi des « possibilités techniques de coopération » avec les « trois puissances nucléaires » de l’Alliance atlantique : les États-Unis, le Royaume-Uni et donc la France. Du jamais vu.

Ces déclarations étonnantes ne sont pas à proprement parler officielles même si elles restent le fait des principaux dirigeants du pays lors d’entretiens avec la presse. Selon un responsable occidental, elles traduisent la « surenchère » du gouvernement polonais face à la menace russe, alors que Varsovie doit accueillir le sommet de l’Otan en juillet.

En décembre dernier, le vice-ministre de la Défense Thomasz Szatkowski s’était déjà exprimé dans ce sens, avant de s’attirer un démenti assez mou de son ministre, sur le thème : « Il n’y a pas actuellement de travaux en cours » concernant le déploiement d’armes nucléaires américaines sur le sol polonais. De déploiement, non, mais cela n’empêcherait pas une participation polonaise à la posture nucléaire de l’Otan…

L’idée n’est manifestement pas abandonnée par le nouveau gouvernement conservateur. Cette revendication suscite beaucoup de gêne chez les alliés – dont la France – et pourrait constituer un véritablecasus belli pour le Kremlin. Signataire du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), la Pologne ne peut pas se doter d’armes atomiques, au regard du droit international.

Pour mieux comprendre l’enjeu, il faut se souvenir que l’Otan maintient en Europe des armes nucléaires américaines de type B61, dont le Pentagone a décidé la modernisation l’an dernier. Ces bombes, larguées d’avion, sont au nombre de 180 environ, réparties sur six bases dans cinq pays (Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Italie et Turquie). Placées sous bonne garde de l’US Air Force, elles pourraient être « délivrées » par des appareils appartenant aux nations hôtes, après le feu vert des Etats-Unis. On pourrait ainsi voir des Tornado allemands ou des F16 belges larguer des bombes atomiques américaines. C’est à un tel dispositif que la Pologne semble vouloir participer avec son armée de l’air, même si, dans un accès de réalisme, elle ne demande pas que les bombes B61 soient préalablement stockées chez elle.

Mais le gouvernement polonais va désormais au-delà de la question des bombes américaines B61 quand il évoque « des possibilités techniques de coopération » avec les « trois puissances nucléaires » de l’Alliance atlantique. La France est, à cet égard, directement interpellée. En effet, depuis 1998, les Britanniques n’ont plus de composante aéroportée de leur dissuasion et on voit mal comment la marine polonaise pourrait « coopérer » à la mise en œuvre des sous-marins nucléaires lance-engins équipés de missiles américains Trident II. Outre les Etats-Unis, reste donc la France.

Or, malgré son retour dans le commandement intégré de l’Otan en 2009, la France ne participe toujours pas au Groupe des plans nucléaires de l’Alliance, qui est responsable de la planification des frappes et du partage des tâches entre pays membres. La dissuasion française reste purement nationale. Dans ce cadre, que signifie la demande polonaise de « coopération » ? A Paris, un proche du dossier y voit « beaucoup d’ignorance » de la part de l’équipe au pouvoir à Varsovie, alors qu’un autre parle plutôt de « paranoïa ». « Les Polonais demandent beaucoup pour obtenir un peu », ajoute-t-il.

Reste que dans les milieux dirigeants de la stratégie française, on reconnaît volontiers que la Pologne est le seul pays européen qui accepte de parler « dissuasion nucléaire » avec Paris, en dehors du Royaume-Uni. Cela se fait discrètement, prudemment et depuis plusieurs années. Un « dialogue stratégique » existe, mais il se situe bien en deçà des propositions tonitruantes des conservateurs polonais, revenus au pouvoir en octobre 2015.

Pour l’essentiel, les Français rappellent à leurs alliés polonais que « l’existence d’une dissuasion nucléaire française apporte une contribution forte et essentielle à l’Europe », comme l’a dit le président Hollande, en février 2015 à Istres (Bouches-du-Rhône). Là où les Allemands, par exemple, ne veulent même pas aborder le sujet dans les discussions bilatérales, les Polonais écoutent avec intérêt.

Un responsable militaire français de premier plan évoque même l’existence de réflexions sur la possibilité d’utiliser la composante aéroportée dans ce cadre. Il s’agirait d’envoyer des Rafale – susceptibles de tirer le missile ASMPA à charge nucléaire – faire un tour sur une base polonaise, par exemple, pour délivrer un message assez direct à la Russie en cas de crise grave.

Aller plus loin ? Personne, en France, n’y songe. Si ce n’est sur le ton de la plaisanterie, comme cet officier général : « Si les Polonais veulent des ASMPA, qu’ils commencent par acheter des Rafale pour pouvoir les tirer ! »

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CHRONIQUE DE MAI 2016 (par Marc Le Stahler)

Publié le par Felli Bernard

CHRONIQUE DE MAI 2016 (par Marc Le Stahler)

Publié le 18 mai 2016 par Marc Le Stahler

Economie…

Tout va mieux, tout va bien…
La croissance repart, les déficits se résorbent. Même la courbe du chômage qui ne devrait pas tarder à s’inverser ! Voilà qui tombe à pic, à un an des présidentielles ! Renseignements pris, pour étayer ces propos rassurants, Hollande n’hésite pas à comparer les chiffres du chômage du quinquennat Sarkozy (catégorie A, B et C confondues) à ceux de ses 4 années (mais en les limitant à la catégorie A) !
Tricherie ou incompétence ? Tricherie, bien sûr, avec en prime un gros mépris pour les Sans-Dents supposés n’y voir que du feu.

Pour faire bonne mesure, après avoir écrasé comme prévu les classes moyennes pendant 4 ans, Hollande fait miroiter une baisse d’impôts… en 2017 !
Le calcul n’est pas si stupide : ou bien il est réélu et cette mesure (sur laquelle il reviendra immédiatement « pour tenir compte de la conjoncture ») aura contribué à sa réélection, ou bien il est viré quand même (ce qui est le plus vraisemblable) et son successeur se dépatouillera avec la baisse des recettes fiscales.
Du grand Mitterrand !

Commerce extérieur….

L’Inde n’achètera plus 126 Rafale mais 36.
Le « contrat du siècle » tant vanté par les médias est dans le Gange. Mais la presse couchée qui avait fait ses gros titres avec la promesse initiale se cantonne aujourd’hui dans un silence assourdissant.
Heureusement, il y a les blogs de « ré-information », et même, disons-le, d’information tout court.

Politique…

Après avoir fait la « une de Match » avec sa femme l’hystérique Filippetti (voir la vidéo n° 12 de la vidéothèque) à l’occasion du « baptême républicain » de sa fille Jeanne (en hommage à la Pucelle ?), Montebourg fait l’ascension du mont Beuvray, le Solutré du pauvre.
Ce Mitterrand au petit pied en profite pour proposer un « grand projet alternatif pour la France » !
Ah, l’alternance… A gauche comme à droite, ca commence à sentir un peu le trop-plein, côté candidatures…

Commémorations…

Un rappeur de 32 ans homophobe et raciste veut « baiser la France et ses kouffar » à l’occasion du centenaire de Verdun (300 000 morts) le 29 mai prochain. Son grand père tirailleur sénégalais « aurait fait 14/18 » précise-t-il, la main sur le coeur. Renseignements pris, c’est un gros mensonge : ce grand artiste est malien et un peu jeune pour avoir eu un grand-père dans les tranchées, mais bon…
Face à la mobilisation générale des réseaux sociaux, et après une tentative désespérée pour défendre ce projet d’un goût douteux, le maire de Verdun Samuel Hazard recule. Hollande (qui n’en rate plus une – la dernière année de son quinquennat nous promet de grands moments -) propose alors de « mettre les moyens » pour maintenir ce machin dément.
On risque une nouvelle guerre des tranchées.
Soutien plutôt inattendu de Benoist Apparu, qui fait à l’occasion son outing de traître à la mémoire de la Nation : « il ne fallait pas annuler ce concert, on ne cède pas aux pressions de l’extrême droite ». Allons bon, encore un coup des fascistes ! Un point Godwin pour le pote de Juppé.
L’immonde Askolovitch vient bizarrement au secours du rappeur antisémite et en profite pour déverser sur la toile et les ondes un bonne dose de ce venin anti-français qu’il fabrique chaque nuit en quantités industrielles.
Pour le Secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants, un certain Jean Marc Todeshini, sorti de l’ombre pour l’occasion, « c’est un premier pas vers le fascisme »…
Diantre. Un second point Godwin pour les Remplacistes !
Une idée en passant : à quand un concert de Bertrand Cantat pour célébrer la Journée de la Femme ?

Ségolèneries…

A RMC, chez Bourdin, Ségolène annonce qu’elle veut « élargir à la France ce qu’elle a fait pour la région Poitou Charentes » ! Charmante perspective en vérité : contribuables préparez vos chèques et vos mouchoirs !
Cette pauvre fille ne se rend même plus compte de son humour involontaire. Au Brésil, sa copine Dilma Youssef est virée de la présidence sans un mot de soutien de sa part : c’est pas beau de lâcher ses copines dans l’adversité. C’est un peu comme refuser le label « PS » sur ses affiches électorales quand ça ne faisait pas chic, hein Bécassine ?

Russie…

Pendant ce temps, à Samara en Russie, une mosquée salafiste truffée d’explosifs est investie par les forces spéciales. 53 barbus sont arrêtés, dont certains connus pour avoir fait de la retape pour le Jihad sur internet.
Plutôt que désamorcer les explosifs (une opération éminemment dangereuse), les flics décident de les faire sauter sur place, dans l’enceinte même de la mosquée.
Coup double ! Pragmatique, l’Ours russe ! Nous, on aime bien les feux d’artifice de ce genre…

Histoire de France…

Il y a 80 ans, mai 1936. C’était le Front Populaire, les congés payés, les « trains de plaisir ».
En Allemagne, on construisait des blindés et des avions à la chaîne qu’on testait sur le front espagnol.
Les temps changent, pas la France, toujours en retard d’une guerre.

Harcèlement…

Le couple Baupin-Cosse se tait et lèche ses plaies médiatiques.
Après le rouge aux lèvres, la honte au front.

Grande Bretagne (Londonistan)…

Le Royaume Uni ne votera peut-être pas le « Brexit » dont on nous rebat tant les oreilles, mais Londres est d’ores et déjà bel et bien tombée à l’ennemi.
« Sadiq Khan montre l’exemple » proclame Hidalgo.

Si Juppé devient président (ce qu’à Dieu ne plaise), Tariq Ramadan sera-t-il le maire de Bordeaux ? Tout est possible maintenant…

Il reste une petite année avant la prochaine présidentielle – si elle a lieu.
Le Grand Remplacement est en marche.
Les villes s’enflamment, les forces de l’ordre vont à l’abattoir comme il y a un siècle les poilus de Verdun.
Les petits malfrats des banlieues ont simplement remplacé les allemands. Et ils sont sur
place.
Les hommes chargés de nous défendre ont reçu l’ordre de subir..
Le gouvernement ne gouverne plus, il s’affole, il s’efface, il disparait.
Devant tant d’échecs accumulés, il ne lui reste plus que l’incantation. Avant le « sauve-qui-peut » général.
La France millénaire, la France qu’on aime, celle de Clovis, celle de Jeanne d’Arc, celle dont le Général s’était toujours fait une « certaine idée », disparait doucement dans le gouffre de la médiocrité, de la trahison et de l’abandon de ses prétendues é
lites.

C’était la chronique de la France « apaisée et rassemblée » du président sortant.

18 mai de l’An de grâce 2016.

Marc Le Stahler

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Le combat anti-impérialiste de l’Etat-nation et du peuple syriens est celui de l’ensemble des peuples du monde

Publié le par Felli Bernard

Bachar Al Assad
Bachar Al Assad

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Le combat anti-impérialiste de l’Etat-nation et du peuple syriens est celui de l’ensemble des peuples du monde
Claude Beaulieu, Geneviève Blache*

Comité Valmy

samedi 14 mai 2016, par Comité Valmy

Le combat anti-impérialiste de l’Etat-nation et du peuple syriens est celui de l’ensemble des peuples du monde
La situation en Syrie résulte
pour l’essentiel d’une agression extérieure

.

La Syrie est en état de guerre latent avec Israël et les USA depuis des décennies.
La crise paroxystique actuelle, imposée par les dirigeants étatsuniens, atteint un niveau de cynisme dans la barbarie et le viol de la légalité internationale rarement égalé dans la longue suite d’ingérences, d’agressions et de guerres qu’ils mènent sans interruption, notamment depuis la fin de seconde guerre mondiale.

Cet irrespect continu de la légalité internationale et de la Charte des Nations Unies a conduit les dirigeants étasuniens à ne plus tenir compte, de plus en plus souvent, des usages et des règles diplomatiques dans les relations entre Etats souverains, que la civilisation a historiquement construits au cours des siècles. Ce choix de la loi de la jungle en matière géopolitique est totalement approuvé et reproduit par leurs vassaux occidentaux, parmi lesquels les Sarkozy, Fabius, Hollande et Juppé sont aujourd’hui les plus zélés.
Cette réalité concrète qui s’aggrave au fil des ans et que nul anti-impérialiste ne peut ignorer, a imposé à la Syrie souveraine de se doter d’un pouvoir d’État particulièrement solide, certes imparfait et non dépourvu de défauts, mais qui lui a permis de se maintenir et de rester aujourd’hui le seul pays arabe laïque véritablement indépendant du Moyen-Orient, capable de résister au vandalisme euro-atlantique, sioniste et occidentaliste, qui assassine en symbiose avec l’islamisme radical le plus rétrograde.

Refusant la vassalisation ou le démantèlement de leur pays, le gouvernement anti-impérialiste de la République arabe syrienne et le peuple qui, majoritairement, le soutient activement, mènent aujourd’hui une lutte acharnée dans laquelle ils résistent opiniâtrement à une guerre d’agression extérieure. Celle-ci, prévue et préparée de longue date par les différentes administrations américaines, est menée par une alliance qui associe les forces conjuguées des barbaries occidentaliste et sioniste avec celle des mercenaires djihadistes wahhabites, salafistes et takfiristes.
Dans cette agression, le poids spécifique des collabos de l’armée syrienne « libre » est secondaire par rapport à celui des bandes terroristes venues de l’étranger. Ils apparaissent comme une force d’appoint dont le rôle est de faire illusion, de donner une couleur locale et à servir d’alibi syrien à une intervention extérieure.

Malgré la gravité de l’ingérence euro-atlantique et l’inhumanité de cette guerre d’agression financée par les milliards du Qatar et de l’Arabie Saoudite, malgré les trahisons rémunérées ou l’occupation partielle du territoire national par Israël qui prétend annexer le plateau du Golan, les Syriens, sous la conduite de leur gouvernement légitime, se sont tout de même engagés dans un processus difficile de démocratisation de leur société, conjugué avec le développement de la résistance pour l’indépendance, la souveraineté, la laïcité et le refus de la guerre civile interconfessionnelle.

Depuis près de deux ans, nous assistons à la recherche d’un renforcement méthodique de la souveraineté populaire en Syrie, à l’inverse de ce qui se passe en France comme dans les autres pays vassalisés de l’Euro dictature, dans lesquels les oligarchies financières détruisent les Etats-nations, la démocratie et la souveraineté des peuples, tout en imposant à ceux-ci une régression sociale qu’elles aggravent en permanence.

Dans son discours du 30 mars 2011 devant l’Assemblée du Peuple, le président Bachar Al Assad a manifesté une volonté réformatrice que depuis, il n’a cessé de mettre en pratique par étapes, en dépit des obstacles que le contexte de guerre multiplie inévitablement dans le domaine particulièrement complexe du développement des libertés démocratiques.

Une résistance patriotique accompagnée
d’un processus de réformes démocratiques.

Soulignons-en notamment les étapes suivantes :
En juillet 2011, le parlement syrien a établi le pluralisme politique, et rendue légale l’existence de partis d’opposition, dirigés par des responsables dont certains ont été emprisonnés à une autre époque.

Le 26 février 2012, une nouvelle Constitution syrienne a été adoptée par référendum avec 89,4% de oui et la participation de 57,4 % du corps électoral, malgré la situation marquée par les massacres, les attentats et les menaces terroristes. Cette constitution, en abolissant la suprématie autoritaire du parti Baas au pouvoir depuis un demi-siècle, a été voulue par Assad qui a manifestement entrepris de faire évoluer un système politique dont il tend à se différencier au profit de la promotion d’un vaste rassemblement patriotique, permettant de mettre fin à la guerre et de conduire et d’approfondir la réforme annoncée.

Le 7 mai 2012, des élections législatives ont été organisées. Elles ont connu une participation de 51,36%, chiffre important compte tenu du contexte difficile. Si le bloc « Unité nationale » soutenant le président Bachar al-Assad a remporté ces élections, il convient de noter que des membres de l’opposition démocratique ont été élus, ce qui représente une avancée significative dont on peut prévoir qu’elle aura des suites.

Le 23 juin 2012, un nouveau gouvernement a été constitué en Syrie, dans lequel ont été intégrés deux membres de l’opposition fidèles à la nation :
Qadri Jamil et Ali Heidar, qui président le Front populaire pour le Changement et la Libération, créé en juillet 2011 (ce mouvement, rassemblant des communistes et des patriotes progressistes, a participé aux élections législatives du mois de mai ; il agit pour des réformes tout en condamnant la violence et en s’opposant à toute intervention ou ingérence étrangère).

Qadri Jamil, élu de l’opposition démocratique à l’Assemblée du Peuple (élections législatives du 7 mai), provenant de la mouvance communiste, a été nommé vice-premier ministre pour les Affaires économiques, ministre du Commerce intérieur et de la protection des consommateurs, tandis qu’Ali Haïdar est devenu ministre d’Etat pour les Affaires de la Réconciliation nationale, charge à partir de laquelle il apporte depuis une contribution particulièrement utile au rassemblement populaire.

Les 22 et 23 septembre 2012, le congrès d’une coordination de l’opposition regroupant 20 partis et des cadres politiques de l’opposition a pu se tenir à Damas, en présence notamment des ambassadeurs de Russie et de Chine.

A différentes reprises le Président syrien a préconisé un dialogue national avec l’opposition démocratique, afin de rechercher une possible solution politique consensuelle à la crise…
C’est bien, il faut le souligner, cette opposition récemment reçue à Moscou qui continue à refuser jusqu’ici des pourparlers patriotiques. Elle est stimulée dans ce refus du débat souverain, par les ingérences et les manipulations des provocateurs occidentaux du type Juppé - Fabius, ce dernier allant jusqu’à appeler au meurtre du chef de l’Etat syrien.

Le général libanais Michel Aoun, président du courant patriotique libre libanais, a pu récemment affirmer avec pertinence que la Syrie est « plus proche de la démocratie que n’importe quel pays arabe ». Il a mis d’ailleurs en garde contre un renversement du régime d’Assad qui constituerait « un prélude à une guerre mondiale ».

Un patriote laïque et réformateur, un combattant
anti-impérialiste de stature internationale

Homme d’Etat charismatique, courageux et opiniâtre, le Président de la République arabe syrienne apparaît dans le monde aux esprits libres, émancipés de la pensée unique, comme un dirigeant anti-impérialiste conséquent, de la stature des dirigeants qui ont marqué la lutte anti colonialiste du 20ème siècle.

Il conduit, dans des conditions différentes, un combat manifestement solidaire avec celui d’Hugo Chavez et du peuple du Venezuela, pour ne prendre qu’un exemple. Les anti-impérialistes qui, dans le monde, n’ont pas accepté la diabolisation par les médias occidentaux prostitués de Fidel Castro ou de Chavez, ne doivent pas davantage endosser la fausse image d’un Bachar Al Assad autocrate sanguinaire que tend à imposer la guerre idéologique.

Manifestement, Bachar Al Assad est soutenu par la majorité des Syriens ; il apparaît comme le plus apte à construire la victoire militaire et politique sur les agresseurs impérialistes et leurs collabos et mercenaires. Il est aussi le plus déterminé à rassembler le peuple-nation agressé autour d’une politique réformatrice de défense de la souveraineté et de l’indépendance nationales, d’essor des libertés démocratiques et de progrès.

Ne faut-il pas considérer en outre, que le combat imposé à la Syrie, son gouvernement et à son peuple patriote, place objectivement cet Etat nation à l’avant-garde de la défense de la cause des peuples du monde ?
La Syrie souveraine est en réalité un avant-poste stratégique de la lutte contre l’asservissement des nations et pour la liberté de l’ensemble des peuples du monde. Ceux-ci sont aujourd’hui tous vassalisés, opprimés ou sous le coup de la menace étasunienne d’agression et de guerre, relayée par le bloc euro-atlantique et occidentaliste et ses divers agents.

Si, ce que nous ne croyons pas, la Syrie anti-impérialiste et laïque venait à tomber, cela représenterait manifestement une défaite de l’Iran, de la Russie et de la Chine. La Syrie résistante est un verrou qui, d’une certaine façon, protège ces pays dont elle retarde l’agression programmée. Ces trois pays sont en effet aujourd’hui encerclés par de multiples bases militaires, et visés par des dispositifs bellicistes divers aux mains des dirigeants étasuniens qui installent aussi, nous le savons, des systèmes antimissiles avec la prétention de se rendre invulnérables.

La Syrie et son peuple triompheront, nous en sommes convaincus, de la sauvagerie américaine. Mais dans le cas contraire, il s’agirait aussi de notre propre défaite, celle de tous citoyens pacifiques du monde, celle de l’ensemble des peuples et des nations opprimés et vassalisés. Comme l’a souligné avec d’autres le général Aoun, cela ouvrirait le chemin vers une nouvelle guerre mondiale.

C’est le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes qui se joue en Syrie et pas seulement celui du peuple de ce pays.
L’avenir de l’Etat syrien, le choix de ses dirigeants qui relèvent exclusivement de la souveraineté populaire et de l’indépendance nationale, doit être décidé en Syrie et, nulle part ailleurs, ni à Washington à Tel Aviv, Paris ou dans toute autre capitale.

La question sociale et
la question nationale sont inséparables

Les communistes et les progressistes syriens ont dénoncé des privatisations et à travers elles, l’influence envahissante ces dernières années, du FMI et du néolibéralisme sur la politique économique du pays, en même temps que leurs conséquences antisociales, qui ont provoqué un mécontentement populaire naturellement exploité par l’opposition – légitimement ou de manière démagogique.

L’actuelle recherche, dans le peuple syrien, d’une démarche de de rassemblement autour de la préservation de l’Etat-nation laïque permettant de triompher de la guerre d’agression, sera peut-être l’occasion pour les patriotes de conjuguer l’intérêt national, la souveraineté populaire, le développement des libertés démocratiques avec une politique de reconstruction économique incluant le progrès social.

Cette situation particulière n’est pas sans rappeler le cheminement héroïque qui a conduit pendant la seconde guerre mondiale, à la constitution en France du Conseil National de la Résistance et à l’élaboration de son programme.

Par Claude Beaulieu et Geneviève Blache
de la direction du Comité Valmy*
13 décembre 2012

* Le Comité Valmy est une organisation pluraliste :
Claude Beaulieu y appartient à la sensibilité communiste,
Geneviève Blache est gaulliste, elle anime aussi le collectif Résistance et Renouveau Gaullien.

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