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Le « XXVIe Congrès du parti de l’OTAN » à Varsovie (un point de vue)

Publié le par Felli Bernard

Le Saker
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Le « XXVIe Congrès du parti de l’OTAN » à Varsovie (un point de vue)

Par The Saker – Le 10 juillet 2016 – Source thesaker.is

Le sommet de l’OTAN annoncé en grande pompe a finalement eu lieu à Varsovie. Ce fut un succès retentissant, du moins si le critère était que les résultats répondent aux attentes.

  • Porochenko et Nadia Savtchenko ont été conviés et traités comme d’illustres invités ;
  • la Russie a été condamnée pour ses agressions en Géorgie, en Crimée et en Ukraine ;
  • les Polonais ont tapissé Varsovie d’affiches scandant « ACHTUNG RUϟϟIA » ;
  • les pays baltes ont eu chacun droit à un bataillon de l’OTAN pour dissuader l’ours russe ;
  • la Russie a été condamnée pour ne pas avoir respecté l’accord Minsk 2 ;
  • la quantité de paroles en l’air était telle, que le réchauffement climatique pourrait avoir augmenté d’au moins dix degrés.

Franchement, je n’ai pas tellement le goût de commenter pareilles inepties. D’autant plus que toutes ces pseudo décisions ne constituaient même pas le véritable objectif de ce sommet. Le sommet poursuivait un objectif totalement différent, qui a été pleinement atteint lui aussi.

L’objet réel du sommet était d’amener chaque chef politique occidental à choisir entre la réalité et l’idéologie. Tous ont fait évidemment le bon choix. Ils ont catégoriquement rejeté la réalité et accueilli avec enthousiasme l’idéologie.

Voilà pourquoi on a accusé la Russie de ne pas se conformer à un accord qui ne la concerne même pas.

Voilà pourquoi on a accusé la Russie d’agression contre la Géorgie, même si l’UE a conclu que c’est la Géorgie qui avait déclenché la guerre.

Voilà pourquoi on a dénoncé une menace russe inexistante.

Voilà pourquoi on a déclaré que quelques bataillons de l’OTAN avaient un effet dissuasif sur les forces armées russes.

Voilà pourquoi on a dénoncé l’invasion du Donbass par la Russie.

Voilà pourquoi on a fait fi des résultats d’un référendum cent pour cent légitime en Crimée.

La détermination unanime de tous les chefs d’État occidentaux d’ignorer la réalité et de proclamer haut et fort, publiquement, que cette absurdité idéologique constitue la vérité était, en réalité, l’objectif attendu du sommet.

Les Anglo-sionistes adorent envoyer des messages et ils en ont exprimés plusieurs de façon claire et nette :

Message à la Russie – Vous avez osé vous opposer à nous, en pensant que vous étiez dans votre bon droit. Nous avons une petite nouvelle pour vous : nous n’en avons rien à foutre de la Russie et de la réalité ! Soit vous êtes avec nous (c.-à-d. sous notre domination), soit vous serez traités en parias.

Message à la population européenne – Si quiconque songe à nous défier, vous avez affaire à un front uni. Le front uni de la superstructure parasitaire qui dirige l’UE au nom du 1 % formant les élites locales qui ont dépouillé la Russie et au nom de l’empire anglo-sioniste. Ne songez même pas à l’indépendance, à la liberté et à d’autres non-sens du genre. Nous dirigeons la planète et vous obéissez.

Message au reste de la planète – Gare à vous, si vous songez à joindre la Russie ou même à la soutenir, car si vous passez aux actes, nous vous écraserons comme un insecte. Nous dirigeons la planète et nous soutenons et détruisons qui nous voulons.

Dernier message, mais pas le moindre :

Message à eux-mêmes – Nous exerçons le contrôle, nous l’emporterons, les Russes devront fléchir, nous sommes invulnérables.

Je dirais que ce dernier message est le plus important d’entre tous. Parce qu’il est évident que les dirigeants anglo-sionistes ont peur. Ils ont surtout peur de la Russie bien sûr, mais craignent encore plus ce que la Russie représente. Ils ont peur d’un dollar que rien ne soutient, pas même le pétrole et les porte-avions de l’US Navy. Ils ont peur parce qu’ils ont une conscience grandissante que de moins en moins de gens les craignent. Ils ont peur que des pays comme la Russie, l’Iran ou la Chine déclarent ouvertement qu’il adopteront un autre système économique et modèle de civilisation. Mais ce qui les terrorise plus que tout, c’est de se rendre compte que leurs propres citoyens (en théorie du moins) les haïssent et les méprisent.

Ce qui est le plus pathétique dans tout cela, c’est la façon dont les Anglo-sionistes interprètent mal les Russes. Du point de vue de la culture russe, tout ce que l’Occident et l’OTAN font, est perçu comme un signe de faiblesse. Pourquoi une alliance forte perd-elle son temps à proférer des menaces qui n’ont aucun sens (présence de bataillons de l’OTAN ou de boucliers antimissiles) ? Pourquoi une alliance forte cherche-t-elle refuge dans la force du nombre ? Pourquoi une alliance forte agit-elle comme si la réalité n’existait pas ? Du point de vue des Russes, toutes ces démonstrations de force et de démagogie constituent un immense aveu de faiblesse, qui ne les impressionne pas du tout. Ils ne craignent pas non plus d’exprimer leur mépris envers ce qu’ils considèrent comme un étalage pathétique d’incompétence par des dirigeants occidentaux complètement paumés.

Ce qui ne veut pas dire que les Russes ne sont pas inquiets. Ils le sont. Énormément. Parce qu’ils comprennent aussi que, malgré leur manque de vision politique pathétique et même de professionnalisme élémentaire, les Anglo-sionistes sont encore très dangereux. Il n’est pas nécessaire d’être très intelligent pour déclencher une guerre nucléaire. Les Russes ont beau considérer maintenant ouvertement l’Empire avec mépris, ils savent fort bien que c’est cette absence de compétence même, en Occident, qui nécessitera une dose immense de prudence et de patience de la part des dirigeants russes, pour que l’Empire atterrisse en douceur sans déclencher une guerre nucléaire à l’échelle planétaire.

On pourrait dire que la Russie craint beaucoup plus la faiblesse des USA, de l’OTAN et de l’UE, que la force des USA, de l’OTAN et de l’UE.

Enfin, bien des Russes réalisent que la civilisation occidentale est tout autant discréditée, moralement défaillante et pratiquement morte, que la civilisation soviétique à la fin des années 1980. Il n’y a plus de valeurs occidentales comme telles, qui ne font pas l’objet de blagues ou de sarcasmes méprisants. Personne n’y croit plus, mais tous font comme si. Tous ces grands fondements conceptuels formés de notions comme la démocratie, les droits de la personne, la liberté et la justice se sont effondrés de manière irréparable. La bonne nouvelle, c’est que cette chute n’est pas définitive. À l’instar de la Russie qui s’est redéfinie après 2000, l’Occident fera de même, tant aux USA qu’en Europe. Je n’ai aucune peine à m’imaginer l’Occident revenir à ses racines historiques, mais d’une façon toute moderne. Tout comme la Russie de 2000 à 2016 n’est pas la Russie d’avant 1917, le nouvel Occident se renouvellera, mais en ayant des racines toujours ancrées dans un lointain passé. Pour en arriver là, l’Occident devra passer par un processus de désintégration douloureux et extrêmement dangereux, semblable à ce qui s’est produit en Union soviétique entre 1980 et 2000.

Dmitry Orlov a parfaitement raison. La chute de l’Occident est inévitable et l’étude de la chute de l’Union soviétique nous permet de tirer bien des leçons intéressantes.

Mais pour le moment, nous sommes coincés dans la réalité actuelle. Le monde est divisé en deux. D’un côté, un Empire faible, déconnecté, mourant. De l’autre, pratiquement tout le reste de l’humanité. À l’intérieur de ce monde mourant et instable, le sommet de l’OTAN à Varsovie a joué le même rôle que le XXVIe Congrès du Parti communiste de l’Union soviétique en 1981 : une démonstration d’unité touchante, face à une chute inévitable.

En nous remémorant ce qui s’est passé en URSS et en Russie au cours des deux décennies qui ont suivi, une conclusion s’impose : nous sommes sur le point d’entrer dans une des périodes les plus difficiles et dangereuses de l’Histoire.

The Saker

Traduit par Daniel, relu par Catherine pour le Saker Francophone

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Une riposte sans pitié

Publié le par Felli Bernard

'ALEXIS BRÉZET
'ALEXIS BRÉZET

Une riposte sans pitié

  • Par Alexis Brézet
  • Mis à jour le 15/07/2016 à 21:37
  • Publié le 15/07/2016 à 20:45

L'ÉDITORIAL D'ALEXIS BRÉZET

Merah, Charlie, le Bataclan, Magnanville, et maintenant Nice… Combien de temps avant que nos yeux se dessillent? Combien d'attentats sauvages, de massacres aveugles avant que nos dirigeants se résignent à admettre que le fanatisme islamiste a engagé une lutte à mort contre notre pays et notre civilisation? Combien de victimes innocentes - hommes, femmes et enfants - avant que nos gouvernants se décident enfin à prendre contre ces fous d'Allah les mesures sans pitié qu'appelle leur barbarie?

Merah, Charlie, le Bataclan, Magnanville, et maintenant Nice… Plus de deux cents noms gravés dans la mémoire de notre pays, et toujours les mêmes coups de menton, les mêmes déclarations solennelles, les mêmes trémolos dans la voix. Et ensuite? Quelques soldats supplémentaires dans les rues, quelques rustines législatives, quelques bombardements lointains, et puis, plus rien…

«Nous sommes en guerre!» Désormais, c'est dit. Après bien des atermoiements, l'expression est désormais sur toutes les lèvres. Mais, au fond, qui le croit vraiment? «Aux armes, citoyens!», crions-nous à pleins poumons, mais nos armes sont celles de la paix: des bougies, des hashtags, des cortèges et les subtilités de notre Code de procédure pénale.

Drôle de guerre, en vérité! Nous laissons nos frontières (nos lignes, diraient les soldats) ouvertes à nos ennemis. Les agents recruteurs du djihad prêchent impunément leur idéologie de haine dans des mosquées financées par l'ennemi. Les «traîtres» partis combattre en Syrie sont soumis à un simple stage de «déradicalisation». Quant aux «fichés S», susceptibles de se constituer en «cinquième colonne», ils gambadent dans la nature au motif qu'ils «n'ont encore commis aucun crime»…

La guerre, quelle guerre? Mais nous vivons comme si nous étions en paix! L'état d'urgence n'empêche ni les manifestations syndicales ni les rassemblements festifs, dont certains prétendent sans rire qu'ils sont «la meilleure réponse à l'État islamique»… Le président de la République lui-même semble ne pas y croire: il a tranquillement annoncé, le 14 Juillet, la fin de l'état d'urgence et l'allégement du dispositif «Sentinelle», avant de faire machine arrière toute dans la nuit, quand la tragique réalité l'a rattrapé…

Car les soldats du califat, eux, ne font pas la guerre à moitié. Ils viennent jusque dans nos bras «égorger nos fils et nos compagnes», et nous offrons la protection de nos lois à ceux-là mêmes qui veulent nous détruire! Jamais dans l'Histoire un ennemi n'a bénéficié d'autant de complaisance de la part de celui qu'il combat.

Cet aveuglement volontaire n'a que trop duré. Pour gagner la guerre, il faut la mener sans demi-mesure ni pusillanimité. Et pour donner à ceux dont c'est la mission quelque chance de l'emporter, il nous faut réarmer. Réarmement militaire et policier, bien sûr. Réarmement législatif, partout où cela est nécessaire. Réarmement moral, surtout, pour surmonter collectivement ce syllogisme pervers drapé dans les oripeaux du «vivre ensemble» qui prétend disqualifier, en France, toute action un peu énergique contre les racines de l'islamisme radical au motif que «ce serait faire le jeu des terroristes». Comme si nous les combattions mieux en tendant notre cou à leur couteau! Comme si le plus sûr chemin vers des affrontements intercommunautaires n'était pas précisément la démission de l'État, seul détenteur de la force légitime, et seul garant de la paix civile…

Évidemment, pour venir à bout de l'hydre islamiste il n'existe aucune arme miracle. Nous n'écarterons jamais tout risque d'attentat. Est-ce une raison pour ne pas tout tenter? Bien sûr, cette guerre qui nous a été déclarée sera longue et difficile. Nous essuierons sans doute d'autres défaites. Raison de plus pour ne pas perdre davantage de temps. Merah, Charlie, le Bataclan, Magnanville, Nice… C'est maintenant qu'il faut agir si nous voulons un jour interrompre la sinistre litanie.

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Sultan va la cruche à l'eau...

Publié le par Felli Bernard

Sultan va la cruche à l'eau...

Sultan va la cruche à l'eau...

16 Juillet 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

... qu'à la fin elle ne se brise pas.

Le fidèle lecteur du blog ne sera pas surpris par la tentative de coup d'Etat en Turquie, nous en avions prévu l'éventualité fin mars, avant tout le monde. Ainsi, hier soir, une partie de l'armée s'est soulevée, mais une partie seulement. 265 morts plus tard, le putsch a fait pschitt et le pouvoir d'Erdogan en sort renforcé.

Le coup, teinté d'amateurisme, était désorganisé en diable, peu soutenu, à la fois par la population mais aussi par l'armée elle-même, patiemment noyautée par le sultan durant des années : seules la gendarmerie et une partie de la force aérienne ont pris part au soulèvement. La coordination des différents groupes putschistes laissait franchement à désirer - certains bataillons se rendaient déjà tandis que d'autres, au même moment, bombardaient le palais présidentiel.

C'était perdu d'avance... Ce qui explique peut-être la prise de distance assez rapide, à la fois des partis politiques turcs qui ont tous condamné la tentative (y compris le HDP kurde, némésis d'Erdogan) et des leaders des grandes puissances (même si Kerry a paru un instant hésiter). A ce propos, notons que tous, parfois avec réticence, parfois avec vigueur, ont blâmé le putsch - Israël comme Hamas, Russie comme USA, Arabie Saoudite comme Iran... C'est assez rare pour être souligné. Il n'y a guère qu'à Damas que des tirs de joie ont été entendus.

Des scènes assez insoutenables ont eu lieu par la suite : certains soldats ont été lynchés et, encore plus dérangeant, des partisans islamistes d'Erdogan ont décapité des prisonniers au cri d'Allahu Akbar, fait documenté par Les Crises. Ne vous attendez bien sûr pas à en lire un mot dans la presse grand public. Ah ce délicieux "retour aux institutions démocratiques" chanté à Bruxelles...

Et maintenant, qui est derrière ?

Il semble à peu près exclu que Washington ou Moscou aient quelque chose à voir là-dedans. Aux premières heures, quand on ne connaissait pas encore l'étendue de la conspiration, l'on pouvait peut-être se dire que l'un des deux grands pouvait être derrière - voire les deux ensemble ! (Kerry était à ce moment à Moscou avec Poutine et Lavrov) C'était quand même un peu tiré par les cheveux car le timing posait problème : il y a quelques mois, d'accord, mais maintenant... Après le Brexit, Washington n'a sans doute pas envie de voir une autre composante de l'empire, l'OTAN, battre de l'aile. Quant à Moscou, Erdogan venait de s'excuser platement et semblait même avoir diminué son soutien aux djihadistes "modérés", ce que paraît confirmer l'actuelle offensive syrienne près de la frontière turque grâce aux intenses bombardements russes. L'amateurisme de la tentative de putsch finit par nous convaincre que ni Russes ni Américains n'y sont pour quelque chose.

La piste interne alors. Sans doute... Erdogan a mené son pays à l'abîme ces dernières années, l'isolant de presque tous ses voisins, important la guerre civile syrienne sur son propre territoire, fermant médias, emprisonnant pour crime de lèse-majesté. Que le coup ait échoué ne change rien : adulé par les uns, il est franchement détesté par l'autre moitié de la population parmi laquelle se trouve ce qui reste d'officiers kémalistes. L'armée, fidèle ou non, est excédée des divers retournements sultanesques, de son aventurisme djihado-syrien, de ses déroutes stratégiques. Quant à la fameuse piste Gulen, du nom de ce religieux soufi devenu la bête noire du sultan, elle reste à prouver.

Mais il y a encore une dernière possibilité : Erdogan lui-même. Car qui, au final, profite du chaos d'hier ? Lui ! La manip est un jeu d'enfants : un général fidèle au sultan assure les rebelles du soutien de l'armée, les laisse débuter l'opération puis retourne sa veste : les putschistes se retrouvent le bec dans l'eau, sans l'appui escompté. Il semble d'ailleurs que les simples soldats n'aient pas très bien compris dans quoi ils s'engageaient.

Rien de tel en tout cas pour isoler les derniers bastions de l'opposition et purger l'armée de ses poches kémalistes. D'ailleurs, Erdogollum ne l'a-t-il pas déclaré lui-même ? "Ce coup d'Etat est un cadeau de Dieu car il va nous permettre de nettoyer l'armée", CQFD. La chasse aux sorcières a déjà commencé : 2 745 (!) juges ont été démis de leurs fonctions. Le rapport avec le putsch militaire ? Aucun. Pas grave, les Occidentaux resteront silencieux...

Le sultan surfe sur la vague afin de conforter son pouvoir autocratique et toutes les barrières s'abattent devant lui. Hier encore, il était dans une impasse, avait perdu la face vis-à-vis des Russes, ne savait plus quoi dire ni quoi faire en Syrie. Il est aujourd'hui plébiscité par la rue (la minorité agissante en tout cas) et conforté par les messages de soutien (nominal) de toutes les chancelleries. De quoi faire passer, auprès de l'opinion turque, la pilule amère de la réconciliation avec Israël et de l'abandon plus ou moins prévisible de la rébellion syrienne.

Oui, ce putsch était décidément un cadeau de Dieu...

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La guerre de l’Occident en Syrie repose sur al-Qaïda – L’assaillant de Nice a suivi ses recommandations

Publié le par Felli Bernard

Moon of Alabama
Moon of Alabama

La guerre de l’Occident en Syrie repose sur al-Qaïda – L’assaillant de Nice a suivi ses recommandations

Par Moon of Alabama – Le 15 juillet 2016 – Source : Moon of Alabama

L’assaillant de Nice qui, jeudi soir, a tué plus de 80 personnes en fonçant dans une foule avec son camion, pourrait bien avoir été inspiré par al-Qaïda. Inspire, le magazine qu’al-Qaïda distribue sur Internet, avait déjà préconisé ce genre d’attaque au camion dans son édition numéro 2 (pdf).

À la page 54, on peut lire ceci :

Prenez soin de bien choisir le lieu et le moment. Privilégiez les endroits les plus fréquentés. Les espaces plus étroits sont encore mieux, car les gens ont moins de chances de se sauver. Évitez les lieux où d’autres véhicules pourraient vous intercepter.

Pour faire le plus grand carnage, vous devez prendre le maximum de vitesse en gardant une bonne maîtrise de votre véhicule, de façon à avoir un maximum d’inertie permettant de frapper le plus de gens possible d’un même élan. (…)

Le lieu idéal est celui où l’on trouve le plus grand nombre de piétons et le moins grand nombre de véhicules. En fait, si vous pouvez vous rendre dans les « zones réservées aux piétons » se trouvant dans certains centres ville, ce serait merveilleux. Il existe certains endroits fermés à la circulation automobile à certaines heures en raison des nuées de personnes qui s’y trouvent.

La Promenade des Anglais, ce boulevard en bord de mer à Nice où l’attaque a eu lieu jeudi soir, a été fermée à la circulation habituelle afin de permettre à une foule de piétons de regarder les feux d’artifice du 14 juillet. L’endroit et l’occasion répondaient tout à fait aux recommandations d’acte terroriste d’al-Qaïda.

Oussama Ben Laden avait émis des réserves à propos des attaques sans discernement, ce qui n’a pas empêché al-Qaïda d’y avoir recours à d’autres occasions. En ce moment même, la partie occidentale de la ville d’Alep tenue par le gouvernement, peuplée en grande partie de réfugiés sunnites, subit quotidiennement les tirs aveugles de l’artillerie improvisée d’al-Qaïda et des rebelles modérés qui contrôlent certaines parties de l’est d’Alep.

Lorsque des citoyens français se sont rendus en Syrie pour renverser par la force le gouvernement légitime de la Syrie, le gouvernement français a regardé ailleurs ou a peut‑être même vu la chose d’un œil favorable :

« Les combattants en Syrie ne combattent pas la France ou l’Europe ; ils se battent contre le régime Assad », disait alors le ministre de l’Intérieur français Manuel Valls.

Aujourd’hui, ces combattants et leur idéologie reviennent hanter la France.

Le président syrien Assad nous avait pourtant prévenus que le terrorisme frappant la Syrie finirait par se retourner contre l’Occident :

« L’Occident utilise tous les éléments, même s’ils se retournent contre lui ailleurs, a expliqué Assad. Ils combattent al-Qaïda au Mali et le soutiennent en Syrie et en Libye. Mais l’Occident ne sait pas – ou peut-être qu’il le sait sans en être encore conscient – que ce terrorisme va se retourner contre lui et qu’il en paiera le prix plus tard en Europe et aux États-Unis. »

Le président français Hollande a maintenant annoncé qu’il maintiendra l’état d’urgence et qu’il ordonnera à l’armée de patrouiller dans les rues. Sauf que les deux mesures étaient déjà en place ces derniers mois sans pour autant empêcher l’attaque de jeudi. Hollande a aussi promis d’intensifier les attaques contre le groupe armé État islamique. C’est pourtant le soutien que la France et ses alliés accordent aux rebelles modérés en Syrie qui maintient en vie al-Qaïda et le groupe armé État islamique.

Les États-Unis, tout comme la France, ne combattent pas al-Qaïda en Syrie. Les armes qu’ils fournissent aux rebelles modérés sont utilisées pour coordonner des attaques avec al-Qaïda contre le gouvernement syrien. Dans les faits, leur guerre par procuration visant un changement de régime en Syrie repose sur les unités de choc d’al-Qaïda :

Jusqu’à maintenant, les États-Unis ont mené des frappes occasionnelles contre ce qu’on a décrit comme des hauts responsables d’al-Qaïda en Syrie. Mais ils se sont abstenus de mener des attaques systématiques contre le Front al-Nosra [al-Qaïda en Syrie], qui compte dans ses rangs de nombreux Syriens, y compris tous ceux qui ont quitté des groupes rebelles moins extrémistes parce que le Front al-Nosra est mieux armé et financé. Faysal Itani, agrégé supérieur à l’Atlantic Council, s’est montré aussi critique à l’égard de la coordination militaire proposée aux Russes. Il a dit que les attaques conjointes contre le Front al-Nosra sonneraient le glas de l’opposition syrienne, consoliderait le pouvoir de M. Assad et mettrait en colère la majorité des Syriens.

Aussi longtemps que la France, les États-Unis et leurs alliés au Moyen-Orient soutiendront les rebelles en Syrie dans le but de faire tomber le gouvernement par la force, les actes de terrorisme commis en Syrie par al-Qaïda, par ses groupes affiliés comme Ahrar al-Sham ou par le groupe armé État islamique seront aussi perpétrés sur leur sol même.

Nous devons nous attendre à encore plus d’attaques semblables à ce qui s’est passé à Paris, Bruxelles, Orlando et Nice, tant et aussi longtemps qu’un peu de bon sens n’arrivera pas à se refaire une petite place dans le cerveau collectif des gouvernements occidentaux.

Traduit par Daniel, relu par Catherine pour le Saker Francophone

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Rififi entre le Seoud et le sultan

Publié le par Felli Bernard

Rififi entre le Seoud et le sultan

Rififi entre le Seoud et le sultan

14 Juillet 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

Ô l'implacable ironie... Les ouvertures du Premier ministre Yildirim envers la Syrie ont surpris tout le monde. Les explications données - condition posée par Moscou au dégel des relations, prise de conscience du danger djihadiste, effrayant isolement de la Turquie qui s'est mise tout le monde à dos ces dernières années - ont toutes une part de vrai.

Ce virage à 180° de la position turque a littéralement terrifié les grassouillets cheikhs saoudiens et l'ambassadeur turc à Riyad a même été convoqué pour donner des explications ! Et dire qu'il y a encore quelques semaines, le sultan et le Seoud dansaient bras dessus bras dessous...

Conséquence de la fureur saoudienne ? Le Premier ministre turc vient à nouveau de manger son chapeau et de virer à 180° (du moins dans les mots) en déclarant sans rire qu'en fait non, aucune solution ne sera trouvée en Syrie avant le départ d'Assad. A force de vouloir plaire à son ancien-allié-devenu-ennemi-puis-peut-être-à-nouveau-allié (Russie) et de son allié-duquel-il-s'est-écarté-avant-de-peut-être-s'en-rapprocher-à-nouveau (Arabie saoudite), le derviche tourneur d'Ankara va finir par avoir le tournis. Et nous avec...

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Reuters collabore avec les terroristes en les qualifiant de « rebelles »

Publié le par Felli Bernard

Moon of ALABAMA
Moon of ALABAMA

Reuters collabore avec les terroristes en les qualifiant de « rebelles »

Le 10 juillet 2016 – Source Moon of Alabama

L’agence de presse britannique Reuters semble avoir des difficultés à distinguer entre les diverses formes de militantisme.

Ainsi, il qualifie des terroristes avérés de rebelles.

1er juillet 2016: Les rebelles syriens reprennent une ville clé dans la province côtière occidentale selon un groupe de suivi et les rebelles

Des insurgés ont pris une ville stratégique aux forces gouvernementales syriennes et à leurs alliés dans la province côtière occidentale de Latakia vendredi, selon un groupe de suivi et les rebelles, dans une avancée rare pour eux dans la région.

[…]

Le Front Nusra a annoncé dans un communiqué en ligne qu’une alliance de groupes rebelles islamistes, dont lui-même, avait capturé Kansaba et un certain nombre d’autres villages, et saisi plusieurs chars et des canons d’artillerie.

Le Front Nusra est l’organisation d’al-Qaïda en Syrie. Deux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU appellent tous les membres de l’ONU à éradiquer les repaires de l’organisation terroriste.

10 juillet 2016: L’Iran affirme que la présence d’un prince à une réunion des rebelles signifie que les Saoudiens soutiennent le terrorisme

(Reuters) – L’Iran a accusé dimanche l’Arabie saoudite de soutenir le terrorisme après qu’un prince saoudien haut placé, un ancien chef des renseignements, se soit rendu à un rassemblement organisé à Paris par des rebelles iraniens en exil et leur ai dit qu’il voulait que le gouvernement iranien tombe.

[]

Le rassemblement auquel le prince Turki al-Faisal a assisté samedi a été organisé par l’aile politique de l’Organisation des moudjahidines du peuple iranien en exil (OMPI), qui a pour objectif de renverser le gouvernement théocratique d‘Iran mis en place par la révolution islamique de 1979.

Grâce au soutien de l’argent saoudien et à la distribution intensive de pots de vin à Washington, les moudjahidines du peuple iraniens (OMPI ou MEK) ont réussi à sortir de la liste américaine des terroristes. Mais cela n’a changé ni leurs objectifs, ni leurs méthodes terroristes et ils continuent clairement de mériter cette qualification.

En qualifiant des groupes terroristes avérés et bien implantés de rebelles, non pas une fois mais deux fois dans un court laps de temps, Reuters trahit sa connivence avec ces groupes. Cela prouve qu’on ne peut pas faire confiance à Reuters pour fournir une information objective.

Traduction : Dominique Muselet

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Quand la Russie se débarrassera-t-elle de son talon d’Achille : la cinquième colonne ?

Publié le par Felli Bernard

Par F. William Engdahl
Par F. William Engdahl

Quand la Russie se débarrassera-t-elle de son talon d’Achille : la cinquième colonne ?

La Russie, sous Poutine, a montré qu’elle ne craint personne… Alors pourquoi cette déférence envers les banksters qui tiennent la Banque centrale de la Russie sous leur l’emprise ?

«...Ce qui est clairement ressorti cette fois, de mes entretiens à Saint-Pétersbourg, c'est que les événements se rapprochent d'un tournant décisif Marche ou crève, suite auquel soit la politique économique est officiellement mise entre les mains des cercles compétents de l'économie nationale telles que celui de Boris Titov, Andrey Klepach et Sergey Glazyev, soit elle succombera au poison insidieux du Consensus de Washington et au mythe libéral du marché libre.» F.William Engdhal

Par F. William Engdahl – Le 4 juillet 2016 – Source Russia Insider

Pendant trois jours, en juin, du 16 au 18, j’ai eu l’occasion de participer en tant que panéliste au Forum économique international annuel de Saint-Pétersbourg, en Russie.

Je suis allé en Russie à plusieurs reprises depuis le coup d’État de février 2014 en Ukraine, organisé par les États-Unis, et les escalades délibérées des militaires de l’OTAN entraînant des tensions économiques et des sanctions contre la Fédération de Russie. Le forum de cette année, mon deuxième en tant que participant, m’a donné une occasion rare de parler avec les principaux représentants de tous les secteurs de l’économie – depuis les PDG du secteur russe de l’énergie, des chemins de fer Russia Railways, du fournisseur national d’électricité Russia Grid, jusqu’au nombreuses petites et moyennes entreprises, pour finir avec un large éventail d’économistes. Cela a aiguisé ma perception de la précarité de la situation de la Russie aujourd’hui.

Ce qui est devenu plus clair pour moi, au cours des trois jours de discussions à Saint-Pétersbourg, est précisément la vulnérabilité de la Russie. Son talon d’Achille est l’idéologie dominante qui contrôle tous les postes clé de l’économie du gouvernement de la Fédération de Russie, sous le premier ministre Dmitri Medvedev. Aux termes de la Constitution russe adoptée dans le chaos des années Eltsine et énormément influencée, sinon littéralement rédigée, par des conseillers du FMI étrangers à la Russie, la politique économique est sous la responsabilité du Premier ministre et de ses divers ministres de l’Économie, des Finances et ainsi de suite. Le président russe, Vladimir Poutine aujourd’hui, est responsable de la défense et de la politique étrangère.

C’est la Banque centrale de Russie qui rend pratiquement impossible la fourniture du flux de crédit pour investir véritablement de toute urgence dans les infrastructures nécessaires sur la vaste étendue du territoire de la Russie. La Banque centrale de Russie a reçu deux tâches, constitutionnellement mandatées quand elle a été créée comme entité indépendante du gouvernement russe dans les premiers mois de la Fédération de Russie, suite à l’éclatement de l’Union soviétique. Elle doit contrôler l’inflation intérieure russe et la stabilité du rouble par rapport aux principales monnaies étrangères. Comme les banques centrales occidentales, son rôle est presque purement monétaire, et non économique.

En juin 2015, lorsque j’ai participé pour la première fois au forum de Saint-Pétersbourg, le taux de base de la Banque centrale russe était de 11%. Au summum de la soi-disant crise du rouble en janvier 2015, il avait atteint 17%. L’été dernier, on s’attendait à ce que Elvira Nabiullina, la gouverneure de la Banque centrale depuis 2013, commence à ramener, assez rapidement, les taux centraux à des niveaux gérables, surtout à un moment où les taux de base des banques centrales comme la Banque centrale européenne, la Réserve fédérale américaine et la Banque du Japon étaient les plus faibles depuis 500 ans, à zéro ou même négatifs. En outre, depuis janvier 2016, le prix du pétrole, un facteur important dans la force de rouble car la Russie est le plus grand exportateur de pétrole au monde, a augmenté de plus de 60% par rapport au creux de $30 le baril qu’il connaissait alors, il est proche de $50 six mois plus tard.

Cette baisse des taux par la Banque centrale russe n’a pas eu lieu. Au contraire, cela tue lentement l’économie. Après un an d’attente, au début de juin 2016, la Banque centrale de Russie sous le gouvernorat de Nabiullina a effectué sa première baisse des taux… le ramenant au niveau toujours mortel de 10,5%. Peut-être devrait-on noter que la monétariste Nabiullina a été nommée, par le magazine londonien Euromoney, meilleur gouverneur de Banque centrale de l’année 2015. Cela devrait être considéré comme un mauvais présage pour la Russie. Tout aussi inquiétant était la louange adressée par la direction du FMI à Washington pour la gestion monétariste de Nabiullina lors de la crise du rouble du début 2015.

Opération réussie… le patient est mort

Ce que j’ai vécu dans mes discussions, lors de la conférence cette année – qui a connu une participation record de plus de 12 000 hommes d’affaires et autres à travers le monde – c’est le sentiment que coexistent deux gouvernements russes opposés. Tous les postes économiques et financiers importants sont fermement occupés actuellement par des économistes libéraux monétaristes, accros au libre-marché, qui pourraient être dénommés Le Jardin d’enfants de Gaïdar. Egor Gaïdar a été l’architecte, avec Jeffrey Sachs – un économiste de Harvard soutenu par Soros – du choc radical thérapeutique à l’origine des difficultés économiques qui ont frappé le pays dans les années 1990, plongeant la population dans une pauvreté massive et le pays dans l’hyperinflation.

Aujourd’hui, Le Jardin d’enfants de Gaïdar abrite l’ancien ministre des Finances, Alexeï Koudrine, un autre favori du magazine Euromoney, qui lui a attribué le titre de ministre des finances internationales de l’année 2010. Il abrite aussi le ministre de l’Économie, Alexey Ulyukaev, et le vice-Premier ministre de Medvedev, Arkady Dvorkovic.

Dvorkovic, diplômé de l’Université Duke en Caroline du Nord, est un protégé qui a directement servi au cours de ses premières années sous Egor Gaïdar. Puis, en 2010, sous le président russe Medvedev, Dvorkovic a proposé un schéma fou pour faire de Moscou un centre financier mondial, avec l’aide de Goldman Sachs et des grandes banques de Wall Street pour s’occuper de tout. On pourrait appeler ça inviter le renard dans le poulailler. Le credo économique de Dvorkovic est «Moins d’État !». Il était le lobbyiste en chef de la campagne d’adhésion à l’OMC de la Russie, et a essayé de faire adopter la privatisation rapide des actifs qui restaient encore la propriété de l’État.

C’est aujourd’hui le groupe de base autour du Premier ministre Dmitri Medvedev qui étrangle toute véritable reprise économique russe. Ils suivent le script occidental écrit à Washington par le Fonds monétaire international et le Trésor américain. Qu’ils le fassent, à ce stade, avec l’honnête conviction que c’est le mieux pour leur nation ou, à contrario, par haine psychologique profonde pour leur pays, je ne suis pas en mesure de dire. Les effets de leurs politiques, comme je l’ai appris dans mes nombreuses discussions ce mois-ci à Saint-Pétersbourg, sont dévastatrices. En effet, ils imposent eux-mêmes des sanctions économiques à la Russie, bien pires que celles des États-Unis ou de l’UE. Si le parti Russie unie de Vladimir Poutine perd les élections du 18 septembre, ce ne sera pas dû à ses initiatives de politique étrangère, pour lesquelles il jouit encore de sondages de popularité supérieurs à 80%. Ce sera parce que la Russie n’a pas nettoyé les écuries d’Augias du Jardin d’enfants de Gaïdar.

Obéir au Consensus de Washington

Suite à diverses discussions, j’ai été choqué d’apprendre que la politique officielle de l’équipe économique de Medvedev et de la Banque centrale est aujourd’hui de suivre les politiques d’austérité budgétaire standards du Consensus de Washington, mises en œuvre par le FMI. Et ceci en dépit du fait que la Russie, il y a des années, a remboursé les prêts du FMI et n’est plus sous ses conditionnalités, comme c’était le cas pendant la crise du rouble en 1998.

Non seulement cela, la Russie a un des plus faibles ratios de dette d’État par rapport au PIB de tous les grands pays dans le monde, seulement 17%, tandis que les États-Unis bénéficient d’un ratio de 104%, et les pays de la zone euro d’un niveau d’endettement moyen de plus de 90% du PIB, loin des 60% exigés par le Traité de Maastricht. Au Japon, ce ratio atteint la valeur astronomique de 229%.

La politique économique officielle de la Banque centrale de Russie aujourd’hui, avec ses taux absurdement élevés, est de ramener le taux d’inflation actuel, de seulement 8%, à son objectif de 4%, par une politique explicite d’austérité budgétaire et de réduction de la consommation. Au cours de l’histoire, aucune économie n’a réussi une politique économique par une réduction forcée de la consommation, et certainement pas la Grèce ni aucune nation africaine. Pourtant, la Banque centrale de Russie, en pilotage automatique, chante religieusement les chants de la mort grégoriens du FMI, comme s’ils étaient une formule magique. Si la Russie continue sa politique dans cette voie monétariste, il se pourrait bien que l’expression cynique «L’opération a été un succès, mais le patient est mort» s’accomplisse.

Le Club Stolypine

Il y a, autour de Medvedev, une opposition cohérente, expérimentée et de plus en plus importante contre cette cabale libérale occidentale. Ils sont actuellement représentés par ce qu’on appelle le Club Stolypine, créé par un groupe d’économistes nationaux russes en 2012, afin d’élaborer des stratégies alternatives globales pour réduire la dépendance de la Russie au dollar et stimuler la croissance de l’économie réelle.

J’ai eu l’honneur de me trouver dans un groupe rassemblant plusieurs membres et fondateurs de ce groupe. Il comprenait un co-fondateur du Club Stolypine, Boris Titov, un homme d’affaires russe et ouvertement adversaire idéologique de Koudrine, qui est président de l’organisation russe Business Russia. Il insiste sur la nécessité d’augmenter la production nationale de biens, de stimuler la demande, d’attirer des investissements, de réduire les impôts et les taux de refinancement de la Banque centrale. Titov est aujourd’hui une figure centrale des dernières initiatives de la Russie en Chine. Il a servi en tant que président de la partie russe du Conseil d’affaires russo-chinois, et il est membre du Présidium du Conseil national pour la gouvernance d’entreprise.

Mon groupe comprenait également des membres éminents du Club Stolypine : Sergeï Glaziev, conseiller du président de la Fédération de Russie, et Andrey Klepach, vice-président de la Banque VEB pour le développement. Klepach, un co-fondateur du Club Stolypine, était auparavant sous-ministre de l’Économie de la Russie et directeur du département de prévision macroéconomique du ministère du Développement économique et du Commerce. Mon impression est que ce sont des gens sérieux et dévoués, qui comprennent que le cœur de la vraie politique économique nationale est le capital humain et le bien-être de la population, pas l’inflation ou d’autres données économétriques.

Les obligations Stolypine

À ce stade, pour étendre mes remarques à l’audience de Saint-Pétersbourg, je voudrais vous faire part d’une proposition pour mettre la vaste et riche économie de la Russie et de sa population sur une trajectoire de croissance positive, malgré les sanctions et les taux d’intérêt élevés de la Banque centrale.

Tous les éléments nécessaires sont là. Le pays a la plus grande étendue de terres de toutes les nations du monde. Il a sans doute les plus riches ressources minérales inexploitées et de métaux précieux. Il a quelques-uns des meilleurs esprits scientifiques et ingénieurs dans le monde, une main-d’œuvre qualifiée, des gens agréables et très intelligents.

Ce qui manque est la coordination de tous ces instruments pour faire une symphonie économique nationale harmonique. Bien sûr, il y a une crainte d’être accusé de retourner au Gosplan soviétique, la planification centrale par trop de gens dans des positions de gouvernement. Les cicatrices du traumatisme national soviétique ne sont que partiellement guéries par les années de règne de Poutine, qui ont permis aux Russes de se sentir à nouveau respectés dans le monde.

Les cicatrices ne sont pas seulement les conséquences des vicissitudes du communisme. Elles viennent aussi de la manière dont les États-Unis, sous le président George H.W. Bush, au début des années 1990 et ensuite sous chaque président américain depuis, ont humilié et méprisé la Russie et tout ce qui est russe. Malheureusement, ces cicatrices, consciemment ou inconsciemment, entravent encore beaucoup de titulaires des postes de responsabilité à travers le pays.

Du côté positif, il y a beaucoup de modèles réussis de développement économique sans dette. L’un d’entre eux est l’Allemagne après la Seconde Guerre mondiale, menée dans les années 1950 par l’autorité de crédit spéciale de l’État – Kreditanstalt für Wiederaufbau – qui a restauré l’Allemagne à partir des cendres de la guerre avec des taux d’intérêt subventionnés. Il a également été utilisé pour reconstruire l’ancienne République démocratique allemande après la réunification en 1990.

Il y a le modèle de réussite dans les années 1960 sous le président français Charles de Gaulle, appelé Planification, où chaque région, avec des représentants de tous les grands groupes sociaux, paysans, petites et moyennes entreprises, syndicats, grandes entreprises, a discuté des priorités régionales et a envoyé la conclusion des débats à un organisme central pour rédiger le plan quinquennal. Cinq ans, non pas à cause de l’imitation soviétique, mais parce que les grandes infrastructures exigent un minimum de cinq ans et que la correction possible des plans inefficaces ou obsolètes a besoin d’une période courte de cinq ans.

Je proposerais l’établissement d’une autorité unique de l’État pour le développement national des infrastructures, indépendant de la Banque centrale de Russie et du ministère des Finances. Idéalement, il y aurait un Conseil impartial de supervision, composé des ressortissants russes les plus respectés et expérimentés en matière économique de chaque région. Il serait peut-être judicieux de placer ce Conseil directement sous la responsabilité du Président. Il pourrait adopter les meilleures pratiques des deux modèles décrits ci-dessus, ainsi que d’autres succès au cours des dernières années, comme la Corée du Sud après les années 1950.

Le modèle développé par Piotr Arkadievitch Stolypine, du club éponyme d’économistes nationaux d’aujourd’hui, est approprié. En tant que président du Conseil des ministres, désigné par le tsar Nicolas II, Stolypine a servi à la fois comme Premier ministre et ministre de l’Intérieur de 1906 à 1911. Il a introduit des réformes agraires réussies pour créer une classe de propriétaires terriens de métairies axées sur le marché, et la construction d’une seconde partie du monumental Transsibérien de Sergeï Witte, le long du fleuve Amour, frontière avec la Chine. Il a commencé à transformer l’économie de la Russie de façon spectaculaire.

Je proposerais que cette autorité de l’État, suggérée pour le développement national des infrastructures, soit aussi habilitée à émettre des Obligations Stolypine spéciales pour financer une grande variété des projets d’infrastructure nationaux convenus, qui permettraient d’accélérer l’intégration économique eurasienne et la création de vastes nouveaux marchés avec la Chine, le Kazakhstan, le Belarus, jusqu’à l’Inde et l’Iran.

Les Obligations Stolypine seraient délivrées aux seuls ressortissants russes, fourniraient un taux d’intérêt attrayant et équitable, et ne seraient pas transférables aux détenteurs d’obligations étrangères. En raison de ce financement interne, elles ne seraient pas vulnérables aux guerres financières hybrides occidentales. La dette contractée ne serait pas un problème, en raison de la qualité de l’investissement et en raison du niveau actuel extraordinairement bas de l’endettement de l’État russe. L’urgence des situations exige des solutions extraordinaires.

La vente des obligations spéciales serait effectuée directement par la nouvelle autorité d’État ainsi constituée, et non par l’intermédiaire des banques, augmentant ainsi la possibilité de taux d’intérêt attractifs pour la population russe. Les obligations pourraient être distribuées au public par l’intermédiaire du réseau national de bureaux de poste, ce qui réduit les coûts de distribution. Comme l’ont fait l’Allemagne et d’autres pays déjà avec beaucoup de succès, les obligations pourraient être garanties par quelque chose que la Russie possède en quantité, ses terres.

Parce que les obligations iront exclusivement aux projets d’infrastructure jugés priorité nationale, ils seraient anti-inflationnistes. Ceci est dû à la potion magique des investissements d’infrastructure du gouvernement. En permettant une circulation plus efficace des personnes et des marchandises à travers toute la Russie, l’économie nationale pourra atteindre des zones où, par manque d’infrastructures modernes, rien n’existe aujourd’hui. De nouveaux marchés s’ouvriront et les coûts de transport seront nettement plus bas.

Les nouvelles entreprises et emplois créés par la construction des infrastructures fourniront au budget de l’État des recettes fiscales élevées issues d’une économie prospère. C’est l’opposé du modèle courant anti-inflation de la Banque centrale – réduction de la consommation –, qui a échoué. Ces investissements en expansion saperont à leur tour la puissance actuelle de la Banque centrale sur l’économie nationale, jusqu’à ce que les membres de la Douma – le Parlement russe – se rendent compte qu’il est temps de se débarrasser de la loi de 1991 régissant la Banque centrale et de rétablir l’État dans son rôle souverain sur la monnaie, ce qui est l’un des attributs essentiels de la souveraineté.

Objectivement aujourd’hui, la Russie possède tout ce dont elle a besoin pour devenir un géant économique mondial prospère et un leader technologique, en plus de la décision déjà prise de devenir chef de file mondial de l’exportation de produits agricoles naturels sans OGM.

Ce qui est clairement ressorti cette fois de mes entretiens à Saint-Pétersbourg, c’est que les événements se rapprochent d’un tournant décisif Marche ou crève, suite auquel soit la politique économique est officiellement mise entre les mains des cercles compétents de l’économie nationales telles que celui de Boris Titov, Andrey Klepach et Sergeï Glazyev, soit elle va succomber au poison insidieux du Consensus de Washington et au mythe libéral du marché libre. Après mes entretiens privés récents, je suis dans une perspective optimiste pour ce qui concerne un changement positif.

F. William Engdhal

Article Original paru dans New Eastern Outlook

Traduit par jj, relu par nadine pour le Saker francophone

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Changements atmosphériques sur la Syrie

Publié le par Felli Bernard

Changements atmosphériques sur la Syrie

Avec le départ de Cameron en tant que Premier ministre britannique, un autre politicien de haut rang qui disait qu’«Assad doit partir », quitte la scène politique. Le président syrien Assad est toujours en place et rien n’indique qu’il partira dans le proche avenir. Il semble que les faits réels ont, encore de nos jours, plus de poids que les lieux communs de la propagande de «changement de régime ».

Les faits restent si têtus qu’on commence à sentir à nouveau quelques variations dans l’atmosphère politique.

L’armée syrienne et ses alliés sont en train de fermer la seule route qui mène vers Alep-est. Pour cela ils doivent conduire une intense guérilla urbaine (vidéo) contre les terroristes djihadistes.

Selon un porte-parole du Pentagone cette partie d’Alep est détenue par al-Qaïda:
[C]’est principalement al-Nusra qui occupe Alep, et bien sûr, al-Nusra ne fait pas partie des groupes qui ont signé l’accord de cessation des hostilités.

Toutes les attaques contre la partie Est d’Alep sont par conséquent tout à fait légitimes et respectueuses du cessez-le-feu.

Malgré cela, une nouvelle campagne médiatique « d’indignation » va, sans nul doute, être menée pour condamner le « siège d’Alep » soi-disant créé par que ce blocage. Ces articles de propagande « indignés » comme celui d’aujourd’hui dans le Los Angeles Times, ne font même pas état du fait que l’ouest d’Alep, avec ses près de deux millions d’habitants, est du côté du gouvernement. Quand Ils parlent de « Alep » ils parlent seulement de la partie orientale. Ils exagèrent également le nombre de civils qu’il reste dans Alep-est, en disant qu’il y en a plusieurs centaines de milliers.

Le journaliste du Guardian, Martin Chulov, est allé à Alep-est plusieurs fois au cours des dernières années. Il y a un an, il y en avait beaucoup moins, selon lui:

"Il reste dans l’est d’Alep environ 40 000 personnes sur une population estimée avant la guerre à environ un million …"

Il est douteux que le nombre de personnes dans Alep-est ait augmenté depuis. Les combattants d’Alep-est et leurs familles ont aussi eu assez de temps pour se préparer à un siège.

Comme même l’article du LA Times l’admet :

"Anticipant un siège, les autorités locales ont stocké de la nourriture pour trois mois et des fournitures médicales pour trois à six mois, selon Sahloul".

Un article de Reuters le confirme:
"Les zones rebelles d’Alep ont stocké suffisamment d’approvisionnement pour survivre à plusieurs mois de siège …

Les articles alarmistes sur une famine imminente dans Alep-est qui ne manqueront pas d’être diffusés, sont d’ores et déjà démystifiés.

Le changement d’atmosphère politique porte sur le fait que « l’Occident et la Russie se sont mis d’accord sur qui sont les groupes terroristes en Syrie qui doivent donc être combattus. C’est la conséquence d’un changement de l’opinion publique.

Amnesty international vient d’affirmer, avec six ans de retard, que plusieurs groupes de « rebelles modérés » soutenus par les États-Unis avaient torturé et enlevé des civils, et régulièrement commis des crimes de guerre. "Les rebelles modérés", qui ont récemment tenté une nouvelle offensive à Lattaquié s’annoncent ouvertement comme des djihadistes étrangers. Ahrar al Sham, qui, il n’y a pas longtemps écrivait des articles d’opinion pour des journaux «occidentaux », et qui prétendait être « modéré », menace maintenant des «modérés » soutenus par les Etasuniens dans le sud la Syrie parce qu’ils en ont assez du cessez-le-feu.

Le président français Hollande vient enfin de reconnaître qu’al-Qaïda est un ennemi clé en Syrie et qu’il faut le combattre:
« Nous devons nous coordonner pour poursuivre les actions contre Daesh mais aussi … prendre des mesures efficaces contre Al-Nusra, » a dit Hollande, en en appelant à la Russie et aux États-Unis.

En 2012, le gouvernement français saluait le rôle d’Al-Qaïda. Fabius, le ministre des Affaires étrangères, avait déclaré : « Nusra fait du bon boulot. »

Kerry, le Secrétaire d’Etat des États-Unis, non seulement reconnait le rôle d’Al-Qaïda, mais il élargit maintenant la qualification de terroriste à Ahrar al-Sham et à d’autres groupes salafistes:
« Il y a deux sous-groupes qui se sont créés à partir de Daesh et Jabhat al-Nusra, à savoir Jaysh al-Islam, Ahrar al-Sham – qui se battent parfois aux côtés des deux premiers pour lutter contre le régime Assad, » a-t-il dit, se référant à deux groupes rebelles que les États-Unis n’avaient pas désignés comme des groupes terroristes jusqu’à présent.

C’est une concession très importante à la position de la Russie qui a pendant des mois a plaidé pour que ces groupes soient ajoutés à la liste terroriste des Nations Unies.

Il faut aussi noter que l’opposition syrienne de salon, parrainée par le duo Arabie saoudite/ Etats-Unis, est à nouveau prête à négocier avec le gouvernement syrien. Ce groupe avait rompu les négociations au cours du dernier round. Quelqu’un leur a maintenant ordonné de revenir dans le jeu.

Les Russes ont à nouveau démontré leur engagement envers la Syrie. Ils soutiennent non seulement l’armée syrienne dans le siège d’Alep-est, mais ils ont repris les frappes aériennes avec des bombardiers à longue portée qui décollent de Russie. C’est un signe certain que la Russie est plus que jamais prête à intensifier la lutte.

C’est probablement en Turquie que le plus grand changement a lieu. Après avoir mené une politique étrangère catastrophique, le Président Erdogan, à cause du choc causé par les récentes attaques terroristes sur le sol turc ajouté à une forte pression économique, a décidé de changer de cap. Il s’est séparé de son fidèle acolyte Davutoglu, et a tissé de meilleures relations avec la Russie et d’autres pays. Après qu’il a présenté ses excuses pour avoir abattu l’avion de chasse russe, la Russie a accepté de reprendre les relations et de lever quelques sanctions économiques contre la Turquie. Mais il faudra en faire plus avant que la Turquie ne retrouve une bonne réputation internationale. La Turquie a adouci son langage mais sa position réelle sur la Syrie n’a pas encore changé :

« La normalisation de la Syrie est possible, mais tout le monde doit faire des sacrifices pour y arriver. Nos partenaires stratégiques et les partenaires de la coalition doivent guérir les blessures en Syrie et prendre plus de responsabilités. Nous, en Turquie, nous faisons ce qu’il faut pour ouvrir les portes de la paix et de la sécurité », a déclaré Yildirim.

Mais Yıldırım a dit qu’il n’y aurait pas de rencontre avec la Syrie dans l’immédiat. « Il faut d’abord mettre fin à l’oppression et à la dictature. Quel accord peut-on conclure avec un régime qui a tué plus d’un demi-million de ses habitants sans sourciller? Tout le monde est d’accord avec ça », a-t-il dit.

C’est toujours « Assad doit partir », mais il y a un léger changement de ton. La nouvelle position des Etats-Unis et de la France sur Al-Qaïda et Ahrar al-Sham, tant choyés par la Turquie, augmente la pression sur Ankara pour qu’il assouplisse sa position. Erdogan finira peut-être aussi par se rendre compte que, tout comme Cameron, il sera obligé de quitter la scène avant que le Dr Assad ne pense même à quitter son poste.

Tous les éléments ci-dessus ne sont en eux-mêmes que de légers changements de positions mais pris tous ensemble ils révèlent un changement significatif dans le climat politique qui règne sur la Syrie.

Par Moon of Alabama

Traduit par Arrêt sur Info

Source: Sites web

14-07-2016 - 15:41 Dernière mise à jour 14-07-2016 - 15:41

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Les mondialistes exigent maintenant ouvertement la centralisation du Nouvel Ordre Mondial

Publié le par Felli Bernard

Les mondialistes exigent maintenant ouvertement la centralisation du Nouvel Ordre Mondial

Les mondialistes exigent maintenant ouvertement la centralisation du Nouvel Ordre Mondial

Par Brandon Smith – Le 6 juillet 2016 – Source alt-market.com


Je l’ai dit à plusieurs reprises par le passé, lorsque les criminels élitistes commencent à admettre ouvertement leurs plans, cela signifie qu’ils sont prêts à lâcher le système actuel. Ils ne se soucient plus du tout que l’on connaisse leurs plans, parce qu’ils pensent que la victoire est inévitabl
e.

C’est plus subtil et moins en évidence que les appels à un Nouvel Ordre Mondial publiés par le passé, c’est sûr. Cependant, à aucun autre moment je n’ai vu les financiers internationaux et leurs marionnettes, les portes-parole politiques, aussi assurés à propos de leurs appels à la centralisation mondiale, que dans le sillage de la réussite du référendum sur le Brexit. C’est comme si le Brexit avait inversé un commutateur dans le récit existant et mis en avant un flot de nouvelle propagande, le tout visant à convaincre le grand public que les banques centrales doivent unir leurs forces et agir comme une seule institution, afin de lutter contre une crise économique qui n’est même pas encore visible pour les non-croyants.

Bien que j’ai prédit l’activation de cette campagne de propagande dans mon article Brexit: Global Trigger Event, Fake Out Or Something Else ?, publié avant le vote du référendum, la vitesse à laquelle elle se développe est vraiment étonnante.

Maintenant, dans les circonstances actuelles du rallye post-Brexit de la semaine précédente (entraîné par l’espoir d’une intervention de la Banque centrale et un volume de transactions extrêmement faible), on pourrait penser que les appels globalistes pour la centralisation totale de la gestion de la politique financière ne font pas beaucoup de sens. Où est cette crise, contre laquelle les banquiers continuent de nous mettre en garde?

Comme je l’ai souligné en détail dans les articles récents, je crois que le Brexit est un événement déclencheur partiel d’une catastrophe future sur les marchés, qui a été conçue depuis de nombreuses années. Autrement dit, une calamité financière mondiale a été délibérément mise en scène par avance, et le Brexit est destiné à agir comme un bouc émissaire pour cela. Les fondamentaux de l’économie mondiale sont de plus en plus négatifs depuis des années, et seul l’indicateur du marché des actions pouvait apparaître comme positif.

Il y a beaucoup de gens qui supposent que les actions ont échappé au pire, après le référendum au Royaume-Uni, en raison du rallye du 4 juillet. Cependant, je dirais qu’ils ne devraient pas être trop à l’aise, vu le faible pic de volume d’actions échangées jusqu’à maintenant.

Ces types de rallye ne devraient pas être une surprise. Ils étaient fréquents au cours du crash sur les dérivés de crédit qui a frappé en 2008, à la suite des faillites de Bear Sterns et Lehman Brothers. En fin de compte, le marché action est un mauvais indicateur et les fondamentaux vont toujours gagner à la fin.

Comme le note Forbes dans une analyse étonnamment honnête, le moment Lehman de 2008 n’a pas été vraiment un moment du tout. Le crash des produits dérivés a été alimenté par de nombreuses faiblesses dans la structure de la bulle de la dette ; Lehman n’était qu’un élément avec un profil plus risqué, dans un désordre déjà chaotique. Lorsque la faillite de Lehman est devenue publique, les actions ont beaucoup plongé, à une vitesse assez semblable à celle qui a été enregistrée juste après le référendum sur le Brexit. Mais, une semaine plus tard, les actions étaient remontées et de retour près des mêmes sommets, très peu de temps avant que Lehman ne tombe.

La psychologie des investisseurs sur les marchés est toujours d’aller d’abord vers ce qu’ils connaissent et c’est ce qu’ils ont été conditionnés à faire, tout comme les chiens de Pavlov. Les investisseurs aujourd’hui, comme alors, ont été conditionnés à acheter après un repli, peu importe quoi. Bien sûr, une fois la réalité et les principes fondamentaux de retour, les actions sont reparties à la baisse seulement deux semaines plus tard.

Le Brexit ne va pas disparaître et les effets négatifs qu’il annonce sont encore à peine visibles à la population. Ce processus va peser activement sur les marchés dans les mois à venir, au fur et à mesure que les investisseurs vont continuer à perdre leur foi aveugle dans le système. Nous n’avons même pas encore commencé la partie et tout cela en supposant qu’il n’y aura pas d’autres moments catalysateurs au coin de la rue.

Au-delà de la mécanique de l’économie, les élites elles-mêmes sont souvent un bon test décisif, pour prédire ce qui est sur le point d’advenir dans le casino des marchés et en dehors.

Le fait que les médias financiers grand public soient maintenant inondés par des appels à des mesures extrêmes, en coordination avec la banque centrale et de nombreuses élites avertissant d’une plus grande crise, devrait être le sujet de préoccupation pour le public. Tout comme la Banque des règlements internationaux (BRI) et le Fonds monétaire international (FMI) ont averti d’un accident en 2007 et au début de 2008 qui s’est révélé exact, ils ont également mis en garde contre un accident en 2016. Post-Brexit, le chœur des avertissements des élites a chanté à l’unisson. Ils se sont rarement trompés sur une crise économique, justement parce que ce sont ces gens qui créent les conditions de cette crise en premier lieu.

George Soros continue de prétendre que le Brexit a « accéléré une crise financière sur les marchés », même après le dernier rallye boursier.

Bloomberg, à l’appui du président de la Banque centrale européenne Mario Draghi, a publié un article intitulé Draghi souhaite un New World Order que les populistes vont aimer haïr. Bloomberg plus tard a retiré le mot New dans le titre.

L’article répète un appel grandissant des banquiers centraux au monde entier, pour cesser de se préoccuper des politiques et des problèmes domestiques pour commencer à se coordonner au niveau mondial afin de faire face aux problèmes mondiaux. La BRI contrôle déjà la politique pour prendre des décisions pour toutes les autres banques centrales, comme c’est admis dans les infâmes Harpers exposant sur la BRI, dans un article intitulé Le règne sur le monde de l’argent. Mais ce n’est jamais mentionné par Draghi ou Bloomberg.

Fait intéressant, la BRI fait maintenant la promotion non seulement d’une coordination mondiale des politiques, mais aussi de règles mondiales pour toutes les banques centrales. Si la BRI contrôle déjà les décisions politiques de la Réserve fédérale, la BCE, et de tous les autres banques centrales, alors pourquoi veulent-ils que des règles globales soient mises en place pour ces mêmes banques centrales?

Ils font cela parce que le but, la fin du jeu, est de le faire accepter aux masses et même qu’elles exigent une banque centrale mondiale, que ce soit sous la forme de la BRI ou du FMI, ou peut-être toutes les deux combinées en une seule entité. Encore une fois, les élites utilisent la stratégie hégélienne problème-réaction-solution pour manipuler le public selon les volontés du contrôle globaliste.

La BRI a été mise en place il y a longtemps pour ce moment-là. En mai, par exemple, le chef économiste de la BRI Claudio Borio a fait valoir qu’un nouvel ordre monétaire mondial était nécessaire pour remplacer le système dollar. Ce nouveau système permettrait d’éviter la crise, en règlementant toutes les banques centrales nationales en vertu de règles qui les forceraient à agir de manière coordonnées, apparemment sous l’administration de la BRI elle-même. Maintenant, il semblerait que les banquiers centraux ont les débuts de leur crise, qu’ils envisagent clairement de mettre à profit.

Dans un autre article récent, Bloomberg appelle les banques centrales à « dire au revoir à leur parti pris domestique » ; faisant valoir que les économies nationales sont maintenant si entrelacées que les banques centrales ont toutes besoin de travailler selon un seul jeu de lignes directrices, en appui de l’économie mondiale plutôt qu’en appui de chaque économie nationale individuelle.

Le jour après le vote du Brexit, la Chine a déclaré sa volonté de faire travailler en étroite collaboration la Banque d’infrastructure asiatique d’investissement (AIIB) et la Banque mondiale. Pendant des années, j’ai souligné que les Chinois n’avaient jamais eu l’intention de faire de l’AIIB un système de lutte contre le FMI ou la Banque mondiale et que les Chinois travaillaient avec les globalistes, pas contre eux. Maintenant, nous en avons la confirmation ouverte.

Le Premier ministre chinois a également mis en garde contre un effet papillon conduisant à une crise après la Brexit, et a appelé à « une meilleure coordination » entre toutes les économies du monde.

Les fonctionnaires de l’Union européenne vont tout faire pour suggérer la formation d’un super-État européen, dans le sillage du référendum au Royaume-Uni. Ce système servirait essentiellement à effacer les frontières politiques et les frontières souveraines, pour faire de l’UE une entité unique pour tout englober, y compris une seule armée européenne.

Les appels amplifiés pour la centralisation totale et un Nouvel Ordre Mondial se font plus pressants et je crois qu’ils sont une alerte rouge que quelque chose de très laid est sur le point de se produire.

Considérez ceci : les banques centrales ne pourront jamais gagner le soutien du public pour une politique centralisée à l’échelle mondiale ou une autorité économique mondiale, à moins de prouver leurs talents si un accident devait effectivement avoir lieu. L’accident n’a pas nécessairement besoin d’être immédiat et total, comme certains activistes du mouvement de la liberté le supposent. Il est plus susceptible d’être progressif et micro-géré, bien qu’aboutissant encore à un niveau de souffrance dans certaines régions, que l’on n’a pas vu depuis la Grande Dépression.

Une plus grande coordination bancaire nécessite plus de chaos et des exemples de politiques contradictoires, ce qui va probablement prendre la forme d’une guerre des monnaies entre certaines nations. Les élites doivent évoquer un théâtre, où certaines banques centrales travaillent à contre-emploi et gâchent toute reprise potentielle. Ils pourront alors faire valoir au public qu’une autorité internationalement reconnue et qui obéit à un système bancaire mondial unique est nécessaire pour éviter que ce genre de chose ne se reproduise jamais [Un modèle déjà éprouvé lors de la création de la Fed aux USA, où certaines crises avaient été artificiellement crées par pénurie de monnaie juste avant, pour rendre plus naturel ce projet de banque centrale, NdT].

Le concept des banques centrales travaillant à l’échelle mondiale plutôt que pour leur pays ne pourrait être vendu aux masses que si une catastrophe financière était déclenchée à l’échelle mondiale, qui surpasse les capacités de tout État-nation seul. Chaque initiative de banquier central suggérée après le Brexit nécessite une implosion financière afin de se justifier.

Dans mon prochain article, j’énumérerai les nombreuses raisons pour lesquelles je crois que le plan globaliste de centralisation et de Nouvel Ordre Mondial est voué à l’échec. Cela ne signifie pas, cependant, que de vastes efforts et des sacrifices ne seront pas nécessaires dans un avenir proche de notre part. Pour le moment, la vigilance est notre meilleure défense. Les élites nous disent exactement ce qui va se passer à travers leur comportement et leurs déclarations. Il est temps, pour ceux qui sont au courant du dessein plus global, de commencer à écouter si on n’y est pas déjà et se préparer en conséquence.

Brandon Smith

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Emmanuel Macron se pose en europhile assumé

Publié le par Felli Bernard

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Emmanuel Macron se pose en europhile assumé

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Par : Aline Robert | EurActiv.fr

9:48

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Avec son mouvement En Marche, le ministre de l’Economie laisse planer le doute sur ses intentions électorales. Il est le seul candidat potentiel pour 2017 à placer l’Europe au coeur de ses priorités.

Le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, a réuni ses sympathisants pour un meeting en forme de campagne électorale, mardi 13 juillet à Paris. Pas encore candidat, mais visiblement sur le point de l’être, le jeune énarque et ancien banquier fait beaucoup grincer des dents, notamment à Matignon.

« Ce mouvement, parce que c’est le mouvement de l’espoir et que notre pays en a besoin, nous le porterons ensemble jusqu’en 2017 et jusqu’à la victoire » a-t-il indiqué mardi soir.

Le mouvement En Marche veut faire de la politique d’une autre façon, en prenant une certaine distance avec les partis, la droite, la gauche, et les pratiques politiques françaises traditionnelles. En Marche s’est ainsi lancé dans une campagne de terrain, avec le porte-à-porte comme arme de poing, à l’instar de la première campagne électorale d’Obama. Il utilise aussi largement les techniques du big data comme élément de marketing électoral, comme l’expliquait Guillaume Liegey à EurActiv en juin.

Le recours au “big data” permet d’affiner les pratiques de campagnes politiques, en analysant et en ciblant les électeurs. Encore faut-il savoir se servir des données, prévient Guillaume Liegey.

EurActiv.fr

C’est aussi un des seuls profils des candidats potentiels à la présidentielle de 2017 à mettre le sujet européen au cœur du débat.

L’Europe est en effet une des trois priorités de Macron, comme il l’a détaillé mardi soir.

Les autres grands thèmes de son projet sont plus théoriques : ils consistent à « réconcilier les concepts d’égalité et de liberté », un sujet plus philosophique que politique, ou encore assurer que la notion de solidarité reste cruciale. Des concepts qui se retrouvent un peu partout sur l’échiquier politique, même si le ministre soutient être de gauche, puisque c’est son histoire.

En revanche, sa position sur les questions européennes est nettement plus claire, le candidat de gauche se rangeant d’emblée parmi les plus europhiles, alors que gauche et droite se tâtent et évitent à entrer sur ce terrain, si ce n’est en critiquant Bruxelles, dans le sillage du Front National.

Tout en prétendant adhérer au projet européen, le parti dirigé par Nicolas Sarkozy multiplie les attaques en règle contre la Commission européenne, accusée de « faire sortir le Royaume-Uni et rentrer la Turquie».

EurActiv.fr

Emmanuel Macron soutient mordicus une réforme de l’Union économique et monétaire qui permette plus de transferts entre les pays.

Dans une interview au Suddeutsche Zeitung, Emmanuel Macron n’avait pas hésité à l’automne dernier à préciser que plus le budget de la zone euro sera important, et plus il sera crédible. Il a aussi estimé qu’il fallait plus de transferts d’un pays à l’autre, afin que le gouvernement de la zone puisse « veiller aux transferts financiers nécessaires lorsqu’un pays est affecté par une crise ou promouvoir les réformes souhaitables pour éviter les divergences entre (les) économies »

Le ministre avait aussi précisé qu’il fallait transférer des ressources fiscales à ce budget européen.

Lors de son meeting, le ministre a aussi souligné qu’il soutenait la réforme du marché du travail incarné par la loi El Khomri, tout en prenant ses distances avec cette approche.

« La loi Travail, c’est une bataille importante, c’est une réforme importante, à laquelle je crois, que je défends, mais ça n’est déjà (…) plus le combat d’aujourd’hui, parce que le travail a radicalement changé » a-t-il précisé. Le ministre défend une position plus libérale que le reste du gouvernement notamment dans l’attitude à adopter face aux nouvelles formes de travail proposées par Uber et autres Airbnb.

Le commissaire en charge de l’euro et du dialogue social se félicite de la loi travail en France, qui répond directement à l’analyse de Bruxelles sur les rigidités de l’économie française.

EurActiv.fr

Le candidat est très critiqué à la fois par la gauche et la droite. Pour Bruno Le Maire associe son discours à de la soupe », tandis qu’au Front de Gauche, André Chassaigne compare le ministre à « une tractopelle qui démolit beaucoup de choses ».

Mais c’est encore le Premier ministre, Manuel Valls, tenant d’une approche autoritaire et plus traditionnelle du pouvoir, et peu concerné par l’Europe, qui est le plus sévère avec lui. Selon certaines sources, il devrait d’ailleurs faire sortir du gouvernement ce ministre de l’Économie un peu trop électron libre, qui reste malgré tout protégé de Hollande dont il était le conseiller jusqu’en 2014.

Par : Aline Robert | EurActiv.fr

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