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Justice : Un président ne devrait pas faire ça, par Régis de Castelnau

Publié le par Felli Bernard

2
Avr
2017

Source : Vu du droit, Régis de Castelnau27/03/2017

Genèse d’une bombe à fragmentation involontaire

Les journalistes d’investigation se considèrent comme une sorte d’aristocratie de la profession. Ils ont tendance à toiser leurs confrères rubricards, comme les conducteurs de l’Eurostar le font avec leurs collègues du TGV Sud-Est. Ce n’est pourtant pas un métier bien compliqué, il suffit d’avoir le numéro de portable de quelques policiers, voire d’obtenir celui d’un magistrat pour devenir « enquêteur » comme le Monde qualifie ses prestigieux Plic & Ploc. Le fait d’écrire avec ses pieds et l’analphabétisme juridique ne sont pas des handicaps, au contraire. Tous ces gens publient force livres, vite faits, vite lus, vite oubliés qui témoignent de la culture qui leur est commune : une fascination pour les képis. « Bienvenue place Beauvau » sous-titré « Police : les secrets inavouables d’un quinquennat » n’échappe pas à la règle avec la description minutieuse des agissements de « l’État profond » dans ses pratiques barbouzardes accompagné d’un name-dropping considérable. Tout ceci n’aurait rien eu de spécialement original si ce n’est l’existence de trois facteurs qui font de cette publication, une bombe à fragmentation. Tout d’abord si ce que l’on nous raconte est vrai, François Hollande qui nous avait bassinés avec sa normalité, apparaît comme un manipulateur sans morale, sans scrupule et sans aucun principe. Ensuite, les auteurs, probablement involontairement, nous font la démonstration de l’instrumentalisation de la justice à des fins bassement politiciennes. Enfin, la publication survient en pleine campagne présidentielle au moment du déferlement politico-médiatico-judiciaire contre François Fillon. Donnant complètement corps à l’accusation d’une opération téléguidée visant à favoriser l’accès de Macron héritier de François Hollande, à la Présidence de la République. À la lumière de ces trois éléments, la lecture en devient saisissante.

Dès la préface les auteurs démarrent fort et nous préviennent : « comme leurs prédécesseurs, mais avec moins de talent et de rouerie, Hollande, Valls, Cazeneuve et les autres ont joué avec l’appareil judiciaire à des fins souvent électorales. » Il faut quand même se foutre du monde pour prétendre que cette attitude aurait été absente dans la conduite politique et judiciaire de l’affaire Fillon. Tout d’un coup, les trois manipulateurs précités auraient été touchés par la grâce ? Et pourtant, mesurant tardivement l’impact politique meurtrier de tout ce qu’ils racontent les journalistes n’ont pas hésité à des rétro-pédalages pathétiques sur tous les plateaux. En fait, on peut penser qu’habitués aux manipulations policières du pouvoir d’État, et dépourvus d’une véritable culture juridique et judiciaire, ils n’avaient pas mesuré le caractère dévastateur de ce qu’ils écrivaient.

Cabinet noir or not ?

Et d’ailleurs après la préface ça continue. Le premier chapitre décrit avec force détails comment Hollande a travaillé à récupérer la police considérée comme toujours dans la main de Nicolas Sarkozy. Il nous apprend que l’existence d’un « cabinet noir » est  probable : « il n’est pas possible d’en apporter la preuve formelle. Comme il n’est pas possible de prouver le contraire ! Mais l’addition d’indices troublants, de témoignages étonnants interroge. Plusieurs observateurs bien placés dans l’appareil policier nous ont ainsi décrit par le menu l’existence d’une structure clandestine, aux ramifications complexes, et dont le rayon d’action ne serait pas cantonné aux seuls renseignements territoriaux ».

On ne saurait être plus clair, surtout que la description continue avec l’endroit : « pour orchestrer les affaires judiciaires il existe une mécanique complexe aussi efficace que redoutable. Hollande a su en tirer profit….. la plupart des affaires judiciaires qui ont empoisonné Sarko et les siens ont trouvé leurs racines ici dans cet immeuble ultra sécurisé du neuvième arrondissement de Paris ». La recette maintenant, comment instrumentaliser la justice : « afin d’allumer la mèche d’une affaire politique ou financière, il suffit que Tracfin pêche au bon endroit, remonte dans ses filets une infraction, et la transmette officiellement la justice. Ou officieusement un service enquêteur qui se chargera de mener « une enquête d’initiatives » avant qu’un magistrat ne la reprenne à son compte. »

 Donc, si l’on comprend bien les fonctionnaires d’État mâchent le boulot, et quand la soupe est prête on va donner le dossier au parquet pour qu’il saisisse un juge d’instruction. Mais qui sont les magistrats saisis ? Il faut savoir que les juges d’instruction sont des juges du siège qui doivent instruire à charge et à décharge et donc leur impartialité doit être insoupçonnable. Et il existe un principe fondamental dans le fonctionnement de la justice, celui « qu’on ne choisit pas son juge ». Mais avec Hollande et sa fine équipe, si si, nos enquêteurs nous disent qu’ils les choisissent :

« chaque fois, ce sont les mêmes juges d’instructions qui sont désignés pour les affaires qui intéressent le Château ils sont moins de cinq, dont on retrouve le nom dans tous les dossiers qui concernent Sarkozy… six magistrats qui additionnent les affaires sur le clan Sarkozy sont eux-mêmes alimentés et épaulés par une poignée d’officiers de police judiciaire .» Dont on comprend qu’ils sont toujours les mêmes aussi.  Bigre, amis journalistes– enquêteurs, il est difficile d’être plus clair, mesurez-vous le caractère déshonorant pour le président normal que cette description ? Personnellement, j’éprouve une certaine satisfaction en me rappelant comment j’ai prêché dans le désert en relevant l’acharnement judiciaire manipulatoire contre Nicolas Sarkozy dans ces colonnes. Et, pourquoi le cacher une certaine jubilation pour avoir décrit à l’avance ce qui allait arriver à François Fillon, ce qui m’a valu force qualifications de « complotiste », nouveau point Godwin du camp du bien.

 Les amis qu’on ménage

La lecture du livre met également en lumière la pratique de la mansuétude ciblée, qui consiste à épargner à certains des poursuites judiciaires, en pensant à l’avenir. Certains ralliements à Emmanuel Macron sont de ce point de vue savoureux. « Le Château est passé maître dans l’art de pousser ou ralentir le feu sous les casseroles judiciaires. Pour enterrer sans classer, il suffit de donner consigne de continuer à creuser en préliminaire ad vitam aeternam. Dans ce cas le dossier reste sous contrôle direct de la chancellerie ». On cite Jean-Louis Borloo, ou Dominique de Villepin dont on annonce le ralliement imminent à Emmanuel Macron, qui aurait paraît-il bénéficié de certaines complaisance : « les enquêteurs n’ont pas cru bon d’entendre ce bibliophile avisé qui, ces dernières années a empoché 5 millions d’euros pour la seule vente de ses livres. De même qu’aucune des procédures dans lesquelles Villepin apparaît à l’étranger ne semble susciter la curiosité des magistrats français. » Tout le livre n’est qu’un long florilège des outils et de l’exécution de ces basses œuvres. On en ressort édifié, sur l’imposture Hollandienne en matière de respect des principes et des libertés publiques.

Croyant lui trouver des excuses les auteurs enfoncent François Hollande un peu plus : « l’impréparation, la méconnaissance de l’appareil policier et judiciaire ainsi que les circonstances ont très vite amené François Hollande à renier ses principes et à adopter des méthodes qui n’ont rien à envier à celle de ses prédécesseurs. » La nullité, comme excuse des turpitudes, il fallait oser. Le problème, est que cette fois-ci, ces méthodes sont utilisées pour fausser sans vergogne l’élection principale de la Ve République. Privant désormais, son résultat de toute légitimité démocratique. Ceux qui ont pris cette responsabilité devront en répondre.

Il faudra répondre de tout cela

En répondre parce que nous prenons connaissance dans ce livre, non seulement d’affirmations mais d’accusations très graves dirigées contre l’institution judiciaire. Il n’y a pas beaucoup d’illusions à se faire sur l’attitude des organisations syndicales de magistrats dont on est à peu près sûr, qu’elles vont rester muettes.

Et parce que des élus LR auraient fait au PNF et au parquet de Paris, à propos du livre ce qu’on appelle un « signalement article 40 » par référence à l’article du code de procédure pénale qui fait obligation aux agents publics de signaler au procureur tous faits dont ils ont eu connaissance et susceptibles de recevoir une qualification pénale. L’épisode va être intéressant, car si les auteurs ont dit vrai, c’est en nombre que se comptent les infractions pénales établies. La présentation dans un tableau des extraits du livre au regard des incriminations possibles donne la mesure de la gravité du scandale. Et on ne voit pas comment autre chose qu’une procédure judiciaire pourra séparer le vrai du faux et dégager une vérité opératoire.

Pour avoir lu l’ouvrage, je sais qu’il y a beaucoup d’autres infractions. Le PNF s’est saisi en une heure de l’affaire Fillon sur la base d’un article du Canard enchaîné, pour lancer une enquête TGV multipliant les actes qui se sont bien sûrs immédiatement retrouvés dans la presse. Pour l’instant, huit jours après l’ouverture de l’enquête sur Bruno Le Roux, a priori il ne s’est strictement rien passé. Normal, Le Roux n’est candidat à rien. Le même PNF reste obstinément muet concernant Emmanuel Macron malgré une collection de faits éminemment suspects. Pas beaucoup d’illusions, il y a encore de la honte à boire.

Espérons simplement que le parquet de Paris sauvera l’honneur et fera son devoir.

Source : Vu du droit, Régis de Castelnau27/03/2017

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Plus de huit cents survivants ou proches des victimes du 11-Septembre portent plainte contre l’Arabie saoudite, par Xavier Ridel

Publié le par Felli Bernard

1
Avr
2017

Source : Slate, Xavier Ridel, 21-03-2017

Crédits : Wikimedia 

Plus de 800 proches de disparus ou survivants du 11 septembre 2001 ont porté plainte contre l’Arabie saoudite. Un droit qu’ils ont très récemment obtenu grâce à une loi passée en fin d’année dernière, comme le révèle Buzzfeed.

Cette loi, appelée Justice Against Sponsors of Terrorism Act (Jasta), donne aux victimes ou aux proches le droit de porter plainte contre un État accusé d’avoir aidé des terroristes. Elle avait été abrogée par Obama grâce à son droit de veto. Le président avait affirmé que le décret en question n’améliorait «pas la sécurité des Américains face à des attaques terroristes», mais aussi qu’elle amoindrissait «les intérêts essentiels des Etats Unis». Le Congrès avait néanmoins décidé d’outrepasser ce droit de veto.

Ainsi, les 800 signataires ont fait paraître un document où sont notés les noms de tous leurs proches et de tous les survivants qui portent également plainte contre le pays de la péninsule arabe. Ce dernier est accusé d’avoir su qu’au moins trois des terroristes ayant pris part au 11-Septembre faisaient partie d’al-Qaida, d’avoir gardé cette information secrète, d’avoir financé l’organisation terroriste en question et, enfin, d’avoir eu une relation privilégiée avec Ben Laden.

Double visage

Lire la suite ici  : Slate, Xavier Ridel, 21-03-2017

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Quand arrive la peur, par Chris Hedges

Publié le par Felli Bernard

1
Avr
2017

Source : Truthdig, le 08/01/2017

Posté le 8 janvier 2017

De Chris Hedges

Mr. Fish / Truthdig

Alexandre Soljenitsyne dans “l’Archipel du Goulag”, une profonde méditation sur la nature de l’oppression et de la résistance dans les goulags soviétiques, raconte l’histoire d’un homme qui était parmi des prisonniers qu’on déplaçait au printemps 1947. L’ancien soldat du front, dont le nom n’est pas mentionné dans l’histoire, désarma et tua soudainement les deux gardes. Il annonça à ses co-détenus qu’ils étaient libres.

“Mais les prisonniers furent envahis par la terreur, personne ne le suivit, et ils s’assirent tous là et attendirent un nouveau convoi,” écrit Soljenitsyne. Le prisonnier essaya en vain de leur faire honte. “Et puis il ramassa les fusils (trente-deux cartouches, ‘trente-et-une pour eux !’) et partit seul. Il tua et blessa plusieurs poursuivants et avec sa trente-deuxième cartouche il se donna la mort. L’Archipel tout entier aurait bien pu s’effondrer si tous les anciens combattants de première ligne s’étaient comportés comme lui.”

Plus un régime devient despotique, plus il crée un climat de peur qui se transforme en terreur. En même temps, il investit une quantité énorme d’énergie et de ressources dans la censure et la propagande pour maintenir la fiction d’un État juste et libre.

Les gens pauvres de couleur savent intimement comment ces mécanismes jumeaux de peur et de faux espoir fonctionnent comme des formes de contrôle social dans les colonies internes des États-Unis. Ils ont également saisi, comme le reste d’entre nous le fera bientôt, la fiction de la démocratie américaine.

Ceux qui défient résolument l’État seront décapités un par un si on doit en croire l’histoire. Un vain espoir que l’État nous ignorera si nous obtempérons handicapera beaucoup de ceux qui ont déjà été condamnés. “L’innocence universelle,” écrit Soljenitsyne, “entraîna également le manque d’action universel. Peut-être ne vous prendront-ils pas ? Peut-être que tout cela s’évanouira de lui-même.”

“La majorité reste tranquille et ose espérer,” écrit-il. “Puisque vous n’êtes pas coupables, comment donc peuvent-ils vous arrêter ? C’est une erreur !

“L’espoir donne-t-il de la force ou affaiblit-il un homme ?” demande Soljenitsyne. “Si les condamnés de chaque cellule s’y étaient mis à plusieurs contre les bourreaux comme ils arrivaient et les avaient étranglés, est-ce que cela n’aurait pas mis fin aux exécutions plus rapidement que des appels au Comité Central Exécutif de Russie ? Quand on est déjà au bord de la tombe, pourquoi ne pas résister ?”

“Mais est-ce que tout n’avait pas été joué d’avance de toute façon, dès le moment de l’arrestation ?” demande-t-il. “Pourtant tous ceux qui avaient été arrêtés rampaient sur leurs genoux le long du sentier de l’espoir, comme si on leur avait amputé les jambes.”

La résistance au despotisme est souvent un acte solitaire. Elle est effectuée par ceux qui sont dotés de ce que le théologien Reinhold Niebuhr nomme “la folie sublime”. Les rebelles seront persécutés, emprisonnés ou forcés à devenir des proscrits pourchassés, comme Chelsea Manning, Julian Assange et Edward Snowden le sont maintenant. On fera un exemple public de quiconque défie l’État. La punition de ceux qui ont été choisis pour l’attaque sera utilisée pour envoyer un avertissement à tous ceux qui sont tentés par la contestation.

“Avant que les sociétés ne s’effondrent, une telle couche de gens avisés et de penseurs émerge, des gens qui sont cela et rien du plus,” écrit Soljenitsyne à propos de ceux qui voient ce qui se prépare. “Et comme on riait d’eux ! Et comme on se moquait ! Comme s’ils restaient en travers de la gorge des gens dont les faits et gestes étaient bornés et étroits. Et le seul surnom dont on les baptisait était “pourriture”. Parce que ces gens étaient une fleur qui fleurissait trop vite et avait un parfum trop délicat. Et donc on les fauchait.”

“Ces gens,” continue-t-il, “étaient particulièrement désarmés dans leur vie personnelle ; ils ne pouvaient ni se courber sous le vent, ni faire semblant, ni se débrouiller : chaque mot déclarait une opinion, une passion, une protestation. Et c’était juste de telles personnes que la faucheuse coupait, juste de tels gens que la hacheuse déchiquetait.”

Quand je suis retourné dans la salle de presse au New York Times après avoir été renvoyé en 2003 pour avoir dénoncé l’invasion de l’Irak, les reporters et les rédacteurs baissaient la tête ou se détournaient quand j’étais dans les parages. Ils ne voulaient pas être touchés par la même contagion propre à tuer une carrière. Ils voulaient protéger leur statut dans l’institution. Se retirer dans des trous à lapins est la tentative la plus courante pour se protéger.

Les émissions câblées de droite me lynchaient presque à longueur de temps. Bientôt je reçus une réprimande écrite et des remontrances publiques par le journal. J’étais un lépreux.

La machinerie de la sécurité et de la surveillance d’État, l’usage de lois spéciales sur le terrorisme et la suppression des libertés civiles deviennent omniprésents. La noble rhétorique sur la liberté et la réalité des chaînes préparées pour le public créent un réalisme magique. La réalité est bientôt aux antipodes du langage décrivant la réalité. La pseudo-démocratie est peuplée de pseudo-législateurs, de pseudo-tribunaux, de pseudo-journalistes, de pseudo-intellectuels et de pseudo-citoyens. Rien n’est tel que présenté.

Les démagogues, nous rappelle Soljenitsyne, sont des personnes  diminuées et creuses. “Un pouvoir illimité entre les mains de gens limités conduit à la cruauté,” écrit-il.

“La vie générale de la société se résume au fait que les traitres ont été promus et que les médiocres ont triomphé, tandis que tout ce qui était le meilleur et le plus honnête a été piétiné,” observe-t-il. Des ersatz d’intellectuels, des remplaçants “de ceux qui avaient été détruits ou dispersés,” ont pris la place des vrais intellectuels.

“Après tout,” écrit Soljenitsyne, “nous nous sommes habitués à considérer comme courage seulement le courage guerrier (ou le genre de courage qu’il faut pour voler dans l’espace), celui qui fait retentir les médailles. Nous avons oublié un autre concept de courage – le courage civique. Et c’est tout ce dont notre société a besoin, seulement cela, seulement cela, seulement cela !”

Cette sorte de bravoure, il le savait en tant que vétéran de guerre, demande un courage moral qui est plus difficile que le courage physique rencontré sur le champ de bataille.

“Cette désobéissance tranquille, unanime, à un pouvoir qui ne pardonnait jamais, cette insubordination obstinée, douloureusement prolongée, était d’une certaine manière plus effrayante que le fait de courir et hurler sous les balles,” dit-il.

Les arrestations à venir signifient qu’un large éventail d’américains va connaître les violations que les gens de couleur pauvres ont subies pendant longtemps. L’intérêt personnel à lui seul aurait dû générer des protestations considérables, aurait dû rendre la nation plus consciente dans son ensemble. Nous aurions dû comprendre : une fois que les droits deviennent des privilèges que l’État peut annuler, ils seront un jour ou l’autre retirés à tout le monde. Maintenant ceux qui avaient été épargnés vont goûter ce que la complicité avec l’oppression signifie.

“L’image traditionnelle de l’arrestation est aussi ce qui se passe après, quand la malheureuse victime a été emmenée,” écrit Soljenitsyne. “C’est une force étrangère, brutale et écrasante qui domine l’appartement pendant des heures, une force qui brise, déchire, arrache des murs, vide sur le sol des objets des penderies et des bureaux, qui secoue, déverse et met en pièces – entassant des montagnes de détritus sur le sol – et le craquement d’objets piétinés sous les bottes. Et rien n’est sacré dans une fouille ! Pendant l’arrestation du conducteur de train Inoshin, un minuscule cercueil contenant son fils récemment mort reposait dans sa chambre. Les “juristes” renversèrent le corps de l’enfant du cercueil et le fouillèrent. Ils font sortir de leur lit les malades en les secouant, et ils défont les bandages pour fouiller en dessous.

“La résistance,” écrit-il, “devrait avoir commencé juste là, au moment de l’arrestation. Mais elle n’a pas commencé.” Et donc les arrestations de masse étaient faciles.

Et qu’est-ce qui constitue une victoire à partir de ce moment ?

“A partir du moment où vous allez en prison vous devez laisser votre passé confortable fermement derrière vous,” écrit-il. “Sur le seuil même, vous devez vous dire : “Ma vie est terminée, un peu tôt c’est sûr, mais il n’y a rien à y faire. Je ne retournerai jamais à la liberté. Je suis condamné à mourir – maintenant ou un peu plus tard. Mais plus tard, en vérité, ce sera encore plus dur, et donc le plus tôt sera le mieux. Je n’ai plus aucune sorte de propriété. Pour moi ceux que j’aime sont morts, et pour eux je suis mort. A partir de ce jour, mon corps est inutile et m’est étranger. Seuls mon esprit et ma conscience restent précieux et importants pour moi.”

“Face à un tel prisonnier, les interrogateurs trembleront,” écrit Soljenitsyne. “Seul l’homme qui a renoncé à tout peut remporter cette victoire.”

Le dernier volume de la trilogie de Soljenitsyne fait la chronique des soulèvements et des révoltes dans les camps. Ces révoltes étaient impossibles à prévoir.

“Tant d’historiens profonds ont écrit tant de livres intelligents et pourtant ils n’ont pas appris comment prédire ces mystérieuses conflagration de l’esprit humain, comment détecter les sources mystérieuses d’une explosion sociale, pas même comment les expliquer après coup,” écrit Soljenitsyne. “Parfois vous pouvez fourrer fagot après fagot de filasse enflammée sous les buches, et elles ne prendront pas feu. Cependant, au-dessus, une petite étincelle solitaire s’échappe de la cheminée et tout le village est réduit en cendres.”

Comment nous préparer ? Soljenitsyne, après huit ans dans le goulag, répond aussi à cela.

“Ne recherchez pas ce qui est illusoire – la propriété et le statut social ; tout cela est obtenu aux dépends de vos nerfs décennie après décennie, et est confisqué en une seule nuit. Vivez avec une supériorité constante sur la vie – ne craignez pas la malchance, n’aspirez pas au bonheur ; après tout, c’est tout pareil : ce qui est amère ne dure pas pour toujours, et ce qui est agréable ne déborde jamais de la coupe. Cela suffit si vous ne gelez pas dans le froid et si la soif et la faim ne vous tenaille pas les entrailles. Si votre dos n’est pas cassé, si vos pieds peuvent marcher, si vos deux bras peuvent se plier, si vos deux yeux peuvent voir, et si vos deux oreilles peuvent entendre, alors qui devriez-vous envier ? Et pourquoi ? Notre jalousie des autres nous dévore par-dessus tout. Frottez-vous les yeux et purifiez votre cœur – et appréciez par-dessus tout ce qui existe ceux qui vous aiment et vous veulent du bien. Ne les blessez pas ou ne les réprimandez pas et ne vous séparez jamais d’eux dans la colère ; après tout, vous ne savez tout simplement pas : cela pourrait être votre dernière action avant votre arrestation, et c’est comme cela que vous serez imprimé dans leur souvenir !”

Source : Truthdig, le 08/01/2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Que penser contre le Système ?

Publié le par Felli Bernard

Que penser contre le Système ?


Par Emmanuel Leroy – Mars 2017

Résultats de recherche d'images pour « images yin yang »Depuis l’effondrement, programmé, de l’Union soviétique en 1991, le monde qui apparemment s’ordonnançait jusqu’alors entre deux pôles antagonistes, Washington contre Moscou, le libéralisme contre le marxisme, la « liberté contre l’oppression », etc., se trouva tout à coup univoque, unipolaire et pour tout dire sorti de l’Histoire comme avait pu le penser Fukuyama.

Le principe de vie détestant l’unipolarité – relisons Hegel – repose toujours sur une dualité, une dialectique, ainsi que serait la vie sans la mort, le bien sans le mal, le plus sans le moins, le Yin sans le Yang, etc.

 

J’avoue avoir cherché et attendu depuis cet effondrement géopolitique majeur la résurgence d’une pensée alternative à l’idéologie du Système, et le moins que l’on puisse dire est que l’encéphalogramme semble désespérément plat. Bien évidemment, les penseurs du Système sont parfaitement conscients de cet état de fait et ils savent aussi qu’ils ont besoin d’une altérité – on ne se pose qu’en s’opposant – et c’est pourquoi le Système s’est façonné un ennemi, le terrorisme islamique, figure commode, à la fois virtuelle et réelle, qui autorise et légitime toutes les guerres de conquête et de déstabilisation sur les territoires où sont présentes des communautés musulmanes, de la Chine à l’Europe, en passant par la Russie, la Birmanie, l’Indonésie, l’Iran, le proche et le Moyen-Orient, l’Afrique…

En créant ce Golem, les néo-conservateurs étasuniens, fidèles à la pensée de Carl Schmitt, désignent l’ennemi pour orienter les peuples sous leur domination idéologique vers une confrontation programmée entre les peuples « occidentaux » – c’est-à-dire adhérant à l’idéologie occidentale et les peuples vivant leur foi dans l’islam, quelle que soit sa forme, chiite, sunnite ou autre.

Avant de partir à la recherche de ce que pourrait-être une alternative au Système, essayons déjà de définir ce qu’il est.

Qu’est-ce que le Système ?

Il s’agit d’une oligarchie marchande née à Londres au tournant du XVIe siècle et qui sous l’inspiration de l’un de ses promoteurs, Walter Raleigh, auteur du célèbre aphorisme « Qui tient la mer tient le commerce du monde ; qui tient le commerce tient la richesse ; qui tient la richesse du monde tient le monde lui-même », inventa l’idée de la soumission des peuples, non plus seulement par la guerre, mais par tous les moyens possibles, y compris le commerce. Le parangon de cette politique fut la mise en place de la diplomatie de la canonnière qui existe toujours aujourd’hui mais sous des formes plus subtiles ainsi que l’a parfaitement analysé Hervé Juvin dans son remarquable petit opuscule que je vous recommande, La guerre du droit pénal aura-t-elle lieu ?

Cette oligarchie a prospéré au fil des siècles et, forte de la puissance financière qu’elle s’est donnée, se sert des États qu’elle a subjugués ou conquis pour faire avancer ses pions et progresser vers le but ultime qui est la création de ce gouvernement mondial qu’ils tentent par tous les moyens d’imposer.

La meilleure façon de dissimuler quelque chose consistant à l’étaler sous vos yeux, l’oligarchie anglo-saxonne a choisi une idée simple pour faire avancer son projet en appliquant le principe de la conspiration ouverte (open conspiracy) tel que l’a théorisé l’auteur de science-fiction britannique H.G Wells. Cette excellente méthode permet de stigmatiser les adeptes du complotisme en sciant l’argument premier du secret et de la dissimulation qui définit le complot. Il n’y a pas de complot puisque les sectateurs de la gouvernance mondiale ne se cachent pas et même revendiquent fièrement leur volonté de « gouvernance mondiale ».

Enfin, pour achever de manière négative la définition du Système, que l’on pourrait appeler plus justement l’idéologie anglo-saxonne, je réfute les arguments de ceux qui pensent que le Système serait animé par une idéologie juive. D’abord parce que le monde juif est infiniment plus complexe et fragile que ne le pensent généralement les antisémites primaires et ensuite parce que la simple observation de cette conspiration ouverte montre que si des juifs sont présents parmi celle-ci, elle comprend également des catholiques, des orthodoxes, des protestants, des musulmans, des shintoïstes, des bouddhistes, des animistes, des athées, des gnostiques, des libres penseurs…

Bref, ce qui définit les adeptes du Système ce n’est pas l’appartenance à une religion ou une spiritualité quelconque, c’est l’adhésion totale à une caste et à son principe existentiel : la mise en esclavage de l’humanité sous leur férule, et avec un moyen simple comme l’œuf de Colomb : la servitude par la dette. Dette des États, dettes des entreprises ou des collectivités, dettes des individus, l’accumulation abyssale de ces trilliards d’euros ou de dollars dus à des entités largement anonymes est le principal vecteur du Système pour nous enchaîner de manière irrémédiable. Le suffixe « diable » étant le mot ad hoc.

Ayant défini sommairement le Système et son but, quelle pourrait, devrait être l’alternative à celui-ci ?

Quelle alternative contre le Système ?

Les deux armes principales du Système sont la séduction et l’anathème. Elles sont utilisées aussi bien à l’échelle individuelle qu’au niveau des organisations ou des États souverains (États dits voyous). Et elle peut bien sûr mener jusqu’à l’écrasement d’un chef d’État et de son peuple, l’Irak et la Libye en étant des illustrations récentes. Pour les individus, la mort sociale dans un premier temps par l’ostracisme, voire la disparition pure et simple quand cela ne suffit pas.

La séduction se fait par la promesse d’abondance et de consommation sans frein et d’une pseudo liberté individuelle (« chacun fait, fait, fait, ce qui lui plaît, plaît, plaît »). Au niveau étatique, la séduction se pratique par la promesse d’une vie sociale hors normes et des avantages qui en découlent pour la nomenklatura qui dirige et la menace d’en être exclu ou puni en cas de refus d’obéissance.

L’anathème est jeté sur toutes les personnes ou les organisations qui représentent un danger ou un frein à la réussite de la fragmentation des sociétés et des peuples, condition sine qua non pour parvenir à la domination totale de l’humanité.

Ces deux armes sont redoutables et remarquablement efficaces. La promesse d’abondance maintient les classes moyennes occidentales, qui en bénéficient encore un peu, dans la conviction qu’il ne faut surtout pas changer pour des idées alternatives qui risqueraient de faire perdre le peu qui reste, mais elle agit aussi comme un aimant phénoménal pour les populations déshéritées du quart-monde à qui les tenants du mondialisme promettent le paradis sur terre après avoir organisé leur déstabilisation par la guerre ou la prédation économique et en favorisant leur émigration vers un Occident mythifié dans lequel elles seront transformées en esclaves du capital et dont la force de travail vendue à bas coût permettra de mieux paupériser les sociétés autochtones.

L’anathème quant à lui procède de la mise en place de mythes incapacitants consistant à revêtir d’une tunique de Nessus l’adversaire idéologique afin de le vouer aux gémonies et à l’opprobre public. Pour cela, le Système crée une chaine de causalité entre les valeurs traditionnelles et inverse leur sens en les polarisant de manière négative. Ainsi, l’Église catholique qui est en faveur de la famille traditionnelle subit-elle des attaques sur la pédophilie, réelle ou supposée, de certains de ses membres afin de mieux promouvoir la théorie du genre. De même, cette chaîne de causalité sera utilisée aussi contre les mouvements populistes, classés à gauche ou à droite, et ils seront stigmatisés pour leur volonté de défendre les peuples contre l’oligarchie. On leur jettera alors la tunique de Nessus du nationalisme, c’est-à-dire du nazisme, donc de la Shoah etc. (Reductio ad hitlerum).

L’alternative doit donc s’opérer en retournant les armes du Système contre lui et en se réappropriant l’art de la séduction et la pratique de l’anathème pour diaboliser l’ennemi.

Concernant la séduction, celle-ci s’exerce par l’exemplarité, l’attractivité et le faire-savoir, ou la propagande si vous préférez. En la matière, il faut avoir l’honnêteté de reconnaître aux Anglo-Saxons un savoir-faire indéniable. Que ce soit à Londres depuis le XIXe siècle où les bourgeoisies compradores du monde entier envoient leurs rejetons pour se former, voire se conformer à l’idéologie marchande, ou à New-York qui a partiellement remplacé la matrice londonienne dans le mythe de la nouvelle Rome éclairant les nations, les Anglo-Saxons ont su créer une ambiance attractive (mode, dynamisme, originalité, tendances, futurisme, créativité, innovation…) pour drainer une bonne partie des élites mondiales et les asservir à leur cause.

Objectivement, et sauf méconnaissance de ma part, je ne connais pas un pays dans le monde qui incarnerait aujourd’hui une altérité attractive au monde anglo-saxon et susceptible de subjuguer les masses occidentales lobotomisées.
Si l’on prend les trois grands pôles qui seraient susceptibles de jouer le rôle de cette altérité, l’Inde, la Chine et la Russie, je ne crois pas que l’un d’entre eux puisse prétendre aujourd’hui, en qualité de modèle à suivre, jouer le rôle d’alternative au Système. Que ce soit par le niveau de vie de la majorité de leurs populations, qui reste encore largement inférieur au niveau de vie occidental, ou par le fossé culturel qui sépare la Chine et l’Inde du mode de vie occidental actuel, aucun de ces grands pays ne peut prétendre incarner une alternative radicale au Système. Et concernant la Chine et l’Inde, je doute que ces deux pays en aient la prétention.

Reste la Russie qui culturellement et géographiquement est plus proche de l’Europe occidentale sous la férule atlantiste que les deux autres pays asiatiques. Toute la question est de savoir si la Russie entend jouer ce rôle d’antagonisme radical au Système, c’est-à-dire accepter d’opposer et de promouvoir une vue du monde traditionnelle en rupture avec l’idéologie marchande et délétère du monde occidental.

Objectivement, Moscou est déjà dans l’altérité, ne fût-ce que par son refus de se plier aux injonctions de l’Occident. Elle l’est aussi par le choix que semble avoir fait Vladimir Poutine en juillet dernier en donnant sa faveur au club Stolypine contre les libéraux de son propre gouvernement. Elle l’est encore dans la guerre qu’elle mène en Syrie contre le terrorisme instrumentalisé par l’Occident.

Mais être dans la situation du dernier grand peuple libre du continent eurasiatique, ennemi absolu de l’Occident sous domination anglo-saxonne, ne suffit pas à se poser en pôle alternatif du Système. Et c’est là que la Russie a un rôle historique à jouer, en renouant avec ses racines chrétiennes et en se posant en adversaire idéologique résolu de la vision marchande du monde. Pour ce faire, elle va bénéficier d’une occasion inespérée d’apparaître comme un pôle de stabilité en regard d’une Europe qui ne peut que sombrer à court terme dans le chaos que provoqueront les guerres ethniques et la faillite de son modèle économique.

Mais au-delà d’une conception du monde conservatrice et chrétienne, seule alternative crédible au Système, et sachant que les peuples asservis et malades de l’Occident ne réfléchissent plus qu’à l’aune du remplissage de leur Caddie de supermarché,  comment définir alors une économie alternative, saine, organique et enracinée ?

C’est avant tout une économie au service du peuple et non pour le bénéfice exclusif d’une oligarchie. De ce fait, elle est automatiquement subordonnée au pouvoir politique qui l’oriente mais ne la dirige pas, sauf dans certains secteurs cruciaux ou à certains moments historiques. Elle suit les orientations (incitations fiscales, exemptions ou réductions d’impôts, zones franches, interdictions, limites, restrictions) que lui pose l’État. De ce fait, elle agit librement dans un cadre donné en fonction de deux impératifs :

1. Assurer le bien-être de la population ;
2. Assurer les exigences stratégiques de l’État.

Tant que l’économie n’est pas en crise et que ces deux impératifs sont satisfaits, L’État n’intervient pas. Dès lors qu’un dysfonctionnement intervient, extérieur ou intérieur (prix du baril de pétrole, pénuries alimentaires, hausse du prix des matières premières ou stratégiques etc.), l’État use de son pouvoir régalien pour imposer les mesures qu’il juge nécessaires (baisse ou hausse des prix ou des salaires, inflation ou déflation, augmentation des droits de douanes, contrôle des changes, etc.). En conséquence, et contrairement aux exigences du Système global, il est vital pour un État qui désire conserver son indépendance et sa liberté d’agir, de se désendetter et de pouvoir disposer d’une banque centrale sous son contrôle direct afin de pouvoir jouer à sa guise sur la circulation monétaire dans le pays.

Une économie orientée – et non dirigée – doit reposer sur le principe de la libre concurrence mais en respectant les valeurs et les traditions des peuples où elle est appliquée. Contrairement à ce que pensent les libéraux, tout n’est pas à vendre ou à acheter. En conséquence l’État doit réglementer les secteurs où il souhaite détenir le monopole (transports publics, énergie, défense, télécommunications, médias). Il est même souhaitable que ces secteurs restent sous le contrôle étroit et exclusif de l’État, notamment les télécommunications et les médias, du fait de leur utilisation potentielle comme armes stratégiques de désinformation, comme l’ont montré les révolutions de couleur avec l’utilisation massive des réseaux sociaux et les écoutes systématiques pratiquées par les Five Eyes anglo-saxons.

Afin d’éviter un assoupissement du système inhérent à toute fonction publique et à toute administration centralisée dépourvue de concurrence, il est souhaitable d’instaurer dans ces administrations un système de rémunération au mérite (comportant des limites), géré par une commission mixte de fonctionnaires de tous grades et d’experts indépendants extérieurs à l’administration.

Pour protéger cette économie de tout choc intérieur ou extérieur, il convient de fixer un certain nombre de principes simples :

1. Tout ce que peut fabriquer ou produire le pays, sans coûts excessifs, et qui fournit de l’emploi à des salariés ou est considéré comme d’intérêt stratégique par l’État, doit être protégé par des droits de douane, variables selon la nature de la menace, ou être nationalisé.

2. La monnaie nationale n’est pas une marchandise et il faut restaurer le système qui la place hors du champ des spéculateurs internationaux.

3. L’État doit s’arroger le droit d’interdire toute société ou organisation étrangère (Soros connexion) dont l’activité peut être néfaste (sur les plans politique, économique ou culturel) pour le pays.

4. L’impôt doit être juste et équitable et toucher proportionnellement toutes les classes sociales en évitant de frapper trop fort les hauts revenus ce qui risquerait de faire fuir les élites.

5. L’État doit se donner les moyens, même à prix exorbitant et donc non compétitif, de fabriquer ce qu’il estime nécessaire pour son indépendance et dont la perte de savoir-faire lui serait extrêmement préjudiciable. (cf. industrie spatiale, armement, numérique…).

6. Une économie organique doit favoriser le principe de fonctionnement des cercles concentriques : il faut qu’une région consomme prioritairement ce qu’elle produit (circuits courts, localisme). Si un produit n’est pas disponible dans la région concernée, c’est à la région la plus voisine de l’approvisionner. Si aucune région du pays ne produit le bien recherché, il sera importé, de préférence d’un pays avec lequel existe des accords bilatéraux d’échanges.

7. Une économie continentale ouverte sur les deux océans doit mettre en place le principe de l’autarcie des grands espaces. Le continent eurasien, de Brest à Vladivostok, possède largement en son sein de quoi satisfaire tous ses besoins essentiels. Pour les rares denrées (café, chocolat…) ou matières premières qu’elle ne posséderait pas, ou alors en quantité insuffisante, des accords de commerce internationaux avec les pays producteurs permettront de pallier la pénurie.

Ces principes d’économie organique ne sont que de simples mesures de bon sens et ils étaient pratiqués naturellement par tous les États du monde avant que la maladie libérale et sa dérive libérale-totalitaire ne se répandent sur la surface de la terre. Ils pourraient être remis en place dans un débat comme alternative positive au système marchand mis en place par ceux qui visent à travers lui à s’assurer le contrôle de la planète.

Objectivement, mais lentement, la Russie semble mettre en place ces principes de bon aloi qui sont radicalement contraires à l’idéologie libérale que promeut le Système. Aura-t-elle le temps de bâtir une société exemplaire avant que le monde ne bascule dans le chaos ? C’est tout l’enjeu des temps qui viennent. Il est minuit Docteur Schweitzer

Emmanuel Leroy

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En arrêtant son co-fondateur, Israël prouve qu’il considère le BDS comme une menace stratégique

Publié le par Felli Bernard

En arrêtant son co-fondateur, Israël prouve qu’il considère le BDS comme une menace stratégique


Par Dr Daoud Abdullah – Le 27 mars 2017 – Source Middle East Monitor

Omar Barghouti, le co-fondateur palestinien du mouvement BDS a été frappé d’une interdiction de facto de sortie du territoire. Dimanche, un autre ministre israélien a annoncé qu’un groupe de travail serait créé pour « cibler » les militants du BDS de nationalité étrangère et les expulser du pays.

Cela fait maintenant une semaine que les autorités israéliennes ont arrêté Omar Barghouti, co-fondateur du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) en Palestine. Son arrestation fait suite à des années d’intimidation et de menaces, de la part de divers organismes publics. Si le but était d’isoler et de faire taire Barghouti, son arrestation s’avère, au mieux, à courte vue et contreproductive. Le BDS est devenu un mouvement global d’inspiration palestinienne, qu’il sera impossible d’arrêter.

En mai 2015, Reuven Rivlin, le président israélien, a qualifié le mouvement BDS de « menace stratégique ». Pourtant, lorsqu’il a été lancé en juillet 2005, il avait été balayé d’un revers de main par les officiels, qui le considéraient comme un piètre plagiat du mouvement de boycott international qui avait joué un rôle central dans le démantèlement du régime d’apartheid criminel d’Afrique du Sud. Aujourd’hui plus personne ne sous-estime le BDS. Le seul fait qu’Israël dépense des millions de dollars mensuels à collecter des données pour contrer le BDS, à l’intérieur comme à l’étranger, prouve que les Israéliens le prennent maintenant très au sérieux.

En recourant à des tactiques arbitraires de répression et d’intimidation, Israël se rend un très mauvais service. Sans s’en rendre compte, ce pays a, par de telles mesures, créé les conditions idéales pour que le BDS se développe et attire des sympathisants du monde entier, car il est facile de convaincre les gens ouverts de la nécessité du BDS.

Les conduites politiques qui violent les libertés fondamentales et les droits de l’homme répugnent instinctivement aux êtres humains équilibrés qui ont le sens de la justice.

Aujourd’hui, ceux qui soutiennent le BDS sont motivés par leur attachement aux valeurs d’égalité et d’équité, ainsi que par la conscience que nous sommes tous des êtres humains. C’est pourquoi ils trouvent honteux de refuser la pleine égalité aux citoyens palestiniens d’Israël; c’est pourquoi ils exigent qu’il soit mis fin à l’occupation militaire des territoires palestiniens capturés en 1967; et c’est pourquoi ils veulent savoir pourquoi les Palestiniens expulsés par les milices juives en 1948, ne sont pas autorisés à exercer leur droit de retour. Cette revendication n’a rien de conspirationniste ni d’extrémiste. C’est un droit internationalement reconnu.

C’est principalement le déni constant de tous les droits palestiniens par Israël, qui a nourri le mouvement BDS. Sur chaque continent, les communautés minoritaires et défavorisées, les communautés religieuses, les syndicats et les organisations de défense des droits de l’homme soutiennent cette campagne non violente, parce qu’ils sont convaincus qu’il y va de leur propre survie.

Le temps n’est plus où les artistes et les sportifs les plus célèbres accordaient un soutien sans réserve à Israël. Aujourd’hui, leur soutien est conditionnel; ils ne l’accorderont que lorsque Israël respectera la dignité du peuple palestinien. On ne voit plus actuellement de stars soutenir ou légitimer ouvertement la discrimination, quelle qu’en soit l’auteur. Il n’y a tout simplement aucune justification morale ou légale à la discrimination quelle qu’elle soit, et encore moins lorsqu’elle est le fait d’un État, comme c’est le cas en Israël.

Aussi cruel que cela puisse paraître, l’arrestation d’Omar Barghouti était inévitable; non pas parce qu’il aurait commis quelque crime, mais parce que cela faisait trop longtemps que la menace pesait sur lui. L’année dernière, Amnesty International a exprimé des inquiétudes sur sa sécurité et sa liberté, après que plusieurs ministres israéliens ont proféré des menaces voilées contre Barghouti, au cours d’une conférence anti-BDS à Jérusalem le 28 mars.

Le ministre des Transports, du Renseignement et de l’Énergie atomique, Yisrael Katz, avait proféré une menace particulièrement grotesque, en appelant Israël à procéder à l’ « élimination civile ciblée » des dirigeants du BDS, avec l’aide de ses agences de renseignement assassines. Amnesty a indiqué que le terme s’inspirait de l’expression « assassinats ciblés », utilisée pour décrire la politique israélienne de ciblage des membres des groupes armés palestiniens.

Le Comité national palestinien du BDS (le BNC) n’a aucun doute sur le motif de l’arrestation de son co-fondateur ; il s’agit de répression. Le BNC a affirmé que l’ouverture de cette enquête, qui inclut une interdiction de sortie du territoire, n’est pas une coïncidence, car, quelques semaines plus tard, Barghouti devait se rendre aux États-Unis pour recevoir le Gandhi Peace Award, conjointement avec Ralph Nader, lors d’une cérémonie à l’Université de Yale.

Le mouvement BDS s’effondrerait-il, si Omar Barghouti était emprisonné ou assassiné? Bien sûr que non. Les similitudes juridiques, politiques et de violations des droits de l’homme, qui existent entre la réalité palestinienne et celle qui régnait dans l’Afrique du Sud de l’apartheid, sont tellement flagrantes qu’elles sautent aux yeux de tout le monde civilisé.

À ce jour, aucune des mesures prises par Israël pour combattre le BDS n’a été couronnée de succès. Que ce soit l’interdiction faite aux militants d’entrer en Palestine, la création d’unités spéciales dont la mission est de remuer la merde pour tenter de discréditer les militants ou l’emprisonnement, toutes ces méthodes ont été utilisées en Afrique du Sud où elles se sont avérées totalement inadéquates et impuissantes. Au contraire même, tout ce qu’elles ont réussi à faire, c’est d’attirer de plus en plus l’attention sur la nature injuste et criminelle du système d’apartheid.

Soyez certains que les résultats seront les mêmes en Palestine, avec ou sans la présence physique et l’activité incessante d’Omar Barghouti. En faisant si grand cas de lui, Israël reconnaît, en fait, que la campagne de boycott, de désinvestissement et de sanctions représente bien une menace stratégique pour ce pays.

Dr Daoud Abdullah

Traduction : JM

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Macron recycle les ringards, les brebis galeuses et les chercheurs de "gamelle"

Publié le par Felli Bernard

Macron recycle les ringards, les brebis galeuses et les chercheurs de "gamelle"

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Macron recycle les ringards, les brebis galeuses et les chercheurs de "gamelle"

Avec le savonnage de la planche à Benoît Hamon par le PS, Macron avec son programme de droite d’inspiration néolibérale, voit se multiplier les ralliements de vieux ringards de la politique et parmi eux les habitués de la "gamelle" pour continuer de vivre de la politique.

Il est jeune, beau et riche au point qu’il plait aux belles-mères des jeunes "bobos" en recherche d’un bon placement pour leur progéniture. Mais comme on dit « l’habit ne fait pas le moine » ou « grattez le vernis et la réalité réapparaîtra vite », preuve nous est donnée par ces ralliements qui font que le mouvement "En marche" et son contenu sentent chaque jour un peu plus la naphtaline. Nous sommes bien loin de l’image de renouvellement, d’alternance et de renouveau démocratique, cultivée par le jeune banquier.

Avec la déconfiture attendue de Fillon, Macron apparaît certes comme le moins pire face à Marine Le Pen pour nombre d’électeurs notamment de gauche. Ce piège est terrible! La CGT toujours pertinente, vient d’attirer l’attention « elle appelle à voter pour le progrès social et à choisir le meilleur plutôt que le moins pire ! »

En effet, quand nous grattons le vernis du jeune banquier que découvrons nous ? D’abord un programme libéral de droite qui fait rougir de gêne le patronat tant il est la copie conforme du leur avec le retrait de l’Etat soumis à la dictature de la finance et des grandes multinationales dont le jeune candidat est le représentant ! Dans son "livre publicité" intitulé « Révolution », Macron omet par calcul politicien de préciser de quelle révolution, il s’agit de « la Révolution conservatrice », cette précision est très utile pour ne pas être le couillon de la première heure.

C'est aussi la révolution de Fillon avec le même sens et les mêmes finalités. Il fallait bien le cacher. Ce jeune homme qui est loin d’avoir la stature d’un chef d’Etat est déjà rompu aux vieilles ficelles politiciennes, il sait très bien qu’on n’attire pas les mouches avec du vinaigre !

Sans expérience d’élu, sans aucune connaissance de la vie des collectivités territoriales alors qu’elles sont à proximité des citoyens, sans aucune expérience de parti politique et donc d’exercice de la démocratie politique comme cela a pu être vérifié sur les bancs de l’Assemblée, où il ne fut jamais élu par le peuple mais où il n’eut de cesse de provoquer les élus du peuple qu'ils soient de droite ou de gauche !

Face à une telle inexpérience et à un manque de stature avéré, nombre de vieux leaders politiques ont décidé de le rejoindre individuellement ou à sa demande pour venir l’aider si par malheur il était élu chef d'Etat ! La liste est impressionnante !

Il y a d’abord Gérard Collomb usé par le pouvoir. Ce cumulard des postes politiques illustre un PS qui a fait le choix définitif du néolibéralisme contre le social et la démocratie. Le vieux sénateur qui ne met jamais les pieds au Sénat, n’est pas synonyme du renouveau politique loin s’en faut, mais il sait être influent vis-à-vis de toutes celles et tous ceux qui sont à la recherche d’une "gamelle" et prêt à obéir au « chef », le petit doigt sur la couture du pantalon !

L’ancienne Présidente du Medef, Mme Parisot qui dès qu’elle le peut, renouvelle sa marque de confiance au jeune banquier. Il y a de quoi rassurer les patrons et la finance avec un tel vieux joyau dans sa chaussure !

Suit dans la foulée Jacques Attali le penseur des révolutions conservatrices, Alain Minc l’économiste vermoulu et Elie Cohen usé par les plateaux libéraux des télés. Ils sont tous accros à la vieille économie ultralibérale des années 80 et 90 coupée du réel et qui a conduit le pays dans la crise qu'on connait.

Vint le tour de Jean Pisani-Ferry, économiste, commissaire général de France Stratégies et Président du comité de suivi du crédit pour la compétitivité et l'emploi. Il est membre de plusieurs clubs européens, dont Bruegel, Notre Europe et En Temps Réel. Ce penseur néolibéral devint le directeur du «pôle programmes et idées». Il anima les travaux pour le programme de Macron, c’est tout dire !

Comme on ne gagne pas une présidentielle sans maîtriser les sondages, après le soutien de Mme Parisot viendra celui de Denis Delmas, grand spécialiste, ancien président de l'institut de sondage TNS Sofres, il conseille Macron sur l’état de l'opinion avec certainement quelques bricolages à la clé !.

Bayrou ne rata pas le train. Le vieux roublard centriste très lié à la droite n’a pas hésité à trahir Fillon quitte à ternir un peu l’image du jeune Macron, mais la "soupe" devrait être bonne pour lui ! Sylvie Goulard euro députée du Modem devait penser la même chose et a rejoint le clan tout comme Jean-Marie Cavada le Président du mouvement génération citoyens et ancien du Nouveau Centre.

Estimant que Macron était la synthèse entre le social libéralisme, la finance et la politique, Daniel Cohn Bendit l'ancien soixante-huitard a vite oublié les pavés du quartier latin et son expression gauchiste « élections pièges à cons ». Il a rejoint le clan pour apporter ses conseils anticommunistes et anti-jeunes.

Il manquait quelques ténors de droite, le trou fut bouché avec les ralliements d'anciens ministres de Chirac et Sarkozy, tous en recherche de postes avec la prévisible défaite de la droite : Alain Madelin et Jean Artuis vieux routiers du libéralisme, Jean-Paul Delevoye, ancien ministre chiraquien de la Fonction publique, Corinne Le Page, ancienne ministre de l’Environnement d’Alain Juppé, Anne-Marie Idrac ancienne ministre de Chirac, ex-secrétaire d’État aux Transports avec Alain Juppé (1995-1997 et secrétaire d’État en charge du Commerce extérieur sous Nicolas Sarkozy (2008-2010), Serge Lepeltier de l'UDI, ancien maire de Bourges et ancien ministre de l’Écologie, et Renaud Dutreil ancien ministre de Chirac.

Embarrassé par cette droitisation visible et cette ringardisation de son proche entourage, Macron appela alors à la rescousse les chevaux de course du PS pour redonner un semblant de gauche rosie à son mouvement et un petit coup de jeune. Hélas, seuls les vieux chevaux de course rappliquèrent, sans doute confortés par François Hollande, comme Delanoé l’ancien maire PS de Paris qui apporte avec lui quelques vieilles badernes socialistes et écologistes comme Jean-Michel Baylet, Christophe Masse député dans les Bouches du Rhône, le député tendance droite du PS christophe Caresche, l’ex-ministre et sénatrice Nicole Bricq ou Jean-Paul Huchon, ex président du conseil régional d’Île-de-France, tous habitués aux trahisons et à la bonne "gamelle" car ils savent fermer leur gueule et savent ce qu’est être un ministre ou un député godillot !

Kouchner, fit aussi preuve d’allégeance comme il l’avait fait quelques années plus tôt avec Sarkozy en devenant un des ses ministres. Kouchner a-t-il changé ? Bien sur que non, c’est Macron qui finalement n’est pas très loin du programme de Sarkozy, ce qui rassura Kouchner et lui permit de franchir à nouveau le Rubicon.

Au milieu de ce rassemblement hétéroclite soudé par le néolibéralisme et la finance, il y a bien toujours une ou deux brebis galeuses comme le député de Corse Paul Giacobbi qui vient d’être condamné à 3 ans de prison ferme pour détournement de fonds publics ou Robert Hue qui après avoir trahi les communistes, trahit aujourd’hui les socialistes, Patrick Braouzec l’ancien maire de Saint-Denis fera de même, comme les TIbéri le fameux clan des "siciliens" parisiens ! Macron ira même draguer Philippe de Villiers mais le ralliement ne fut pas officialisé, le souverainiste étant suffisamment malin pour rallier certains déçus par le FN sans avoir à s'afficher membre du clan..

Quand on prend connaissance d’un tel rassemblement, ceux qui croyaient qu’avec Macron il y aurait un rajeunissement de la vie politique ne peuvent être que désappointés, heurtés, choqués et déçus tant le discours du jeune banquier sonne de plus en plus faux et est en total décalage avec tous ces soutiens, c'est-à-dire ceux qui vont influencer sa vision politique. Macron serait-il le roi de l'arnaque ?

Et ce d’autant que parmi ces proches soutiens, figurent des personnalités très fortunées qui finissent de clarifier l’individu Macron. Excusez du peu, on trouve le milliardaire Xavier Niel, PDG de Free, copropriétaire du groupe Le Monde, Jacques-Antoine Granjon, PDG de Vente Privée, Marc Simoncini, PDG de Meetic, Christian Dargnat, ancien haut dirigeant de BNP-Paribas, Mathieu Laine, fondateur de la société de conseil en stratégie Altermind, Catherine Barbaroux, ex dirigeante de l’Adie, association de microcrédit, Françoise Holder, les Boulangeries PAUL, Bernard Mourad, ancien banquier conseil de Patrick Drahi, Pierre Bergé, homme d’affaires et soutien financier du Parti socialiste. En 2010, il prend le contrôle du quotidien Le Monde avec Xavier Niel et Matthieu Pigasse qui soutient aussi le jeune banquier.

A ceux-là s’ajoutent des personnalités du monde des médias comme Emmanuel Chain, producteur de l’émission Capital, Laurence Haïm, ex I-Télé mais aussi le juge Halphen et cerise sur le gâteau, Geneviève de Fontenay et Valéry Giscard d’Estaing, un couple formidable !

Face au peu de sérieux des ralliements de ces derniers jours, Macron se devait de redonner un coup de fraîcheur, c’est ainsi que rappliquèrent Jean Yves Le Drian le ministre socialiste de la défense, l’homme qui fait la guerre aux pauvres du monde, et Stéphane Le Foll le ministre en exercice dans le gouvernement Cazeneuve.

Mesurant que Hamon courrait à sa tombe dès le 1er tour, Manuel Valls l’ambitieux qui ne veut pas rester dans l’ombre, a fait savoir qu’il ralliait l’équipage. Macron n’a pas apprécié cette précipitation, car elle effarouche ceux de droite comme ceux du PS qui ont viré l’ancien premier ministre à la primaire socialiste, et qui déjà cherche à monnayer son ralliement.

Macron aura-t-il suffisamment de places pour satisfaire tout ce vieux monde qui constitue le système politique actuel de la France et qui nous a conduit dans la crise actuel et le rejet de la politique. Des ralliements souvent très embarrassants pour celui qui se présente comme l’un des candidats « anti-système ».

Pour diriger un tel rassemblement de politiciens vermoulus, de vieux ringards, d’ambitieux de la "gamelle", Macron n’a assurément pas ni la stature ni l’expérience ni la capacité de commandement et court à une déconfiture. Il n’est que le furoncle médiatique du système politique français. Et avec lui président, ce système sera au stade avancé de la nécrose.

Déchiré entre tous ses soutiens et peut être certaines promesses, Macron en est conduit à ne citer aucun nom de premier ministrable. On imagine les noms des poids lourds d’un éventuel gouvernement. En réalité, le fondateur d’En Marche n’a pas intérêt à entrer dans les détails. Contrairement à ce qu'il affirme, il n'est pas le seul « maître des horloges ».

S'il gagne la présidentielle, il aura réussi le casse du siècle. Mais il devra encore faire le pari de sa capacité à gagner les législatives avec ceux que François Fillon appelle ses « députés internet ». En cas de majorité relative, il devra ensuite trouver des accords sur les textes importants avec des députés autres que ceux labellisés En Marche !

Il y a vraiment quelque chose de pourri dans cette 5ème République puisque nous risquons ainsi de voir des députés et des personnalités socialistes former avec les députés macronistes la nouvelle majorité "rose" nécessaire à Macron. On reproduirait à l'identique ces cinq dernières années comme si rien ne s'était passé. Seul le chef aura changé, Macron remplaçant Hollande mais pour faire la même politique aggravée! N'est ce pas cela que ces messieurs qualifient d'alternance ! 

Ces compromis sont en marche, les vieux routiers de la droite et sociaux libéraux appuyés par les financiers sont là pour rappeler Macron à l’ordre et pour lui montrer leur cap ! Avec Macron rien n’aura donc changé !

Et s'il perd la présidentielle, son grand rêve de recomposition politique depuis l’Élysée partira en fumée. En quelques secondes.

 

 



 

 

 

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Atlantisme et Eurasisme – Encerclement et Contre-encerclement

Publié le par Felli Bernard

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Atlantisme Et Eurasisme

Atlantisme et Eurasisme – Encerclement et Contre-encerclement

 
 
 

Jean-Claude Empereur. Haut fonctionnaire honoraire. Cofondateur de la Convention pour l’Indépendance de l’Europe

♦ Encerclement et Contre-encerclement du Monde au XXe siècle

♦ Les récents événements politiques, tant aux Etats-Unis qu’en Europe : élection de Donald Trump, Brexit, montée des mouvements antisystèmes sur le Vieux continent marquent la fin d’un monde. On ne peut s’empêcher de penser à Gramsci : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres ».


Parmi ces événements, sans doute le plus important est l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis. La violence des attaques qui le visent provenant de l’establishment médiatique et politique, de la communauté du renseignement, comme du « deep state », traduit l’inquiétude des milieux qui ont fait d’une conception idéologique et hégémonique de la mondialisation l’alpha et l’oméga de leur philosophie politique.

L’élection de Donald Trump est le reflet de la sourde révolte des « quiet people » ces « électeurs cachés », ces Américains oubliés dont le président Obama lui-même a reconnu qu’il les avait « négligés », de tous ceux qui « n’en pouvaient plus », devant l’impuissance de nos gouvernants, face à une crise américaine, à l’origine immobilière et financière devenue au fil des ans sociale, économique, politique et enfin géopolitique.

Ce que nos médias ont qualifié de séisme politique n’est autre que la traduction, dans la politique intérieure des Etats-Unis, de cette dimension géopolitique de la crise qui a conduit une partie des électeurs américains à voter pour celui qui leur a promis de mettre fin aux conséquences d’une mondialisation ravageuse pour leurs emplois et leur genre de vie.

Au cœur de cette perception : le rôle grandissant de la Chine et de l’expansion illimitée, conquérante et assumée comme telle, de son économie. C’est la raison pour laquelle Donald Trump bénéficie aussi du soutien d’une partie de l’élite dirigeante hostile à la mondialisation effrénée de l’économie américaine. On voit resurgir, ironie du sort, s’agissant de la Chine, l’opposition traditionnelle entre « bourgeoisie nationale » et « bourgeoisie compradore ».

On ne peut rien comprendre à l’attitude de Donald Trump, tant au cours de sa campagne que depuis son élection, si l’on ne prend pas en compte cette situation. Ce qui a été reproché aux élites dirigeantes en place depuis de longues années est, par entêtement néo-libéral et mondialiste, refusant toute alternative (le  « there is no alternative » de Thatcher et Reagan), de s’être laissé surprendre par la réémergence d’une Chine en passe de devenir la première économie mondiale, et dont la stratégie, dénommée « Le Marathon du siècle »(1), a été définie par la direction du Parti communiste chinois en 1972 au lendemain de la relance des relations diplomatiques avec les Etats-Unis par Nixon et Kissinger.

L’objectif affiché de ce plan était d’effacer les humiliations passées en organisant un nouvel ordre mondial favorable à la Chine, remettant définitivement en cause les principes de la domination économique américaine fixés lors de la conférence de San Francisco ainsi que par les Accords de Bretton Woods.

Cette stratégie hégémonique renforcée en août 1971 par l’abandon de la convertibilité du dollar et la politique d’irresponsabilité financière qui s’en est suivie a conduit les Etats-Unis à afficher aujourd’hui une dette de 20.000 milliards de dollars détenue pour un tiers par la Chine, les plaçant ainsi, dans une situation de relative dépendance.

Ce dollar post-1971, non convertible en or, émis sans mesure, a permis aux Américains de se procurer en abondance des produits fabriqués à l’étranger. Les étrangers l’ont utilisé pour bâtir leurs économies et concurrencer les entreprises américaines sur leur propre terrain en vue de fournir des produits meilleur marché à des consommateurs américains gorgés de crédits en compensation de la stagnation de leurs revenus. La Chine fut, de loin, le premier bénéficiaire de cette situation.

Le déficit des Etats-Unis avec la Chine s’élève désormais à un milliard de dollars par jour.

Depuis 1980, période à laquelle le commerce avec l’Empire du Milieu a vraiment pris son essor, les Etats-Unis ont accumulé un déficit cumulé d’environ 10.000 milliards de dollars.

Cet argent a créé une dette mondiale colossale de 152.000 milliards de dollars qui représente 225% du PIB mondial (Rapport du FMI du 4 janvier 2017) et a déstructuré et corrodé l’ensemble du système financier mondial.

Les élections américaines n’ont surpris que ceux qui refusaient de voir que derrière cette illusion d’une dollarisation sans frein de l’économie mondiale se profilait la remise en cause de grands équilibres géopolitiques mondiaux qui reposaient jusqu’alors, grâce au privilège exorbitant du dollar, sur le déni de fragilité de l’hyperpuissance états-unienne. On se souvient des propos de John Connally, secrétaire au Trésor du président Nixon : « Le dollar est notre monnaie mais c’est votre problème ».

Il est clair que les signaux adressés par Donald Trump à l’Empire du milieu, dès son élection, sans même attendre sa prise de fonction du 20 janvier 2017, n’avaient d’autre but que de signifier à XI Jinping qu’arrivé à mi-parcours de ce Marathon titanesque il était plus que temps de revoir la règle du jeu.

Mais ne nous y trompons pas, « make no mistake »  comme disait, en d’autres temps, G.W. Bush, ce qui s’annonce est une remise en cause de l’ensemble de l’architecture géopolitique mondiale qui, depuis la nuit des temps, repose sur l’affrontement des puissances de la mer avec celles de la terre, affrontement masqué jusqu’alors par l’effacement séculaire de la Chine.

L’affrontement Chine/Etats-Unis est inéluctable; il est parfaitement symbolisé par l’image du piège de Thucydide, le seul problème étant de savoir si les deux antagonistes auront la sagesse d’éviter ce piège. Compte tenu de l’énormité des enjeux et de la puissance des acteurs, le sort de la planète est en cause. On ose à peine imaginer ce que représenterait, en ce XXIe siècle nucléarisé et peuplé de plus de sept milliards d’habitants, un « remake » du conflit entre Sparte et Athènes et surtout de son issue…

En la schématisant beaucoup, la vision géopolitique américaine d’hégémonie telle qu’elle fut pratiquée et développée progressivement, sans partage, au cours du dernier siècle se fonde sur la notion de « containement », voire de « roll back », c’est-à-dire d’endiguement ou de refoulement. Cette notion théorisée depuis le début de la guerre froide s’est appliquée, pour l’essentiel, à l’Union soviétique. Elle est restée au cœur de la conception américaine des relations internationales : le maintien en activité de l’OTAN, malgré la disparition de l’URSS et du Pacte de Varsovie, en est l’un des témoignages les plus marquants.

Bien des signes laissent à penser que dans l’esprit des stratèges américains, malgré les interdépendances économiques, cet endiguement s’étend maintenant à l’ensemble sino-russe, c’est-à-dire à l’Eurasie.

Ce conflit, qui s’annonce, entre Atlantisme et Eurasisme tend à prendre les traits, d’une guerre de siège. C’est pourquoi on préférera pour le décrire les termes d’encerclement, désencerclement et contre-encerclement.

Encerclement – Le cauchemar de Mackinder

Dans un article de douze pages qui reprenait le texte de la conférence prononcée à Londres devant la Royal Society of Geography, le 25 janvier 1904, intitulé « Le pivot géographique de l’histoire » le géographe et géopolitologue anglais John Halford Mackinder a fixé les principes d’une vision géopolitique opposant les puissances de la mer, le monde anglo-saxon, aux puissances de la terre, l’Eurasie.

Plus schématiquement comme l’avait déjà prédit, dès 1840, Tocqueville dans la « Démocratie en Amérique », les Etats-Unis à la Russie.

Il devait résumer ces principes en un adage en forme de ritournelle : «  Qui contrôle le cœur du monde (the heartland) commande à l’île du monde (the world island), qui contrôle l’île du monde commande au monde ».

Les événements qui se déroulèrent au cours du siècle qui suivit sa formulation donnent a posteriori à celle-ci le caractère d’une prédiction autoréalisatrice.

Nicholas Spykman, journaliste et professeur à Yale, complétera plus tard en 1943, de manière décisive, cette vision du monde dans une étude que lui avait commandée, dans un but pédagogique, le président Roosevelt. Cette étude avait pour objet d’expliquer au public américain à quoi ressemblait le Vieux Monde.

Introduisant la notion de « rimland », Spykman complète la vision essentiellement géographique de Mackinder en lui donnant une dimension géopolitique. Le « rimland » est constitué des Etats qui tout au long de la guerre froide participeront à la stratégie d’endiguement (containment) de l’Union soviétique imaginée par George Kennan et appliquée par Foster Dulles, poursuivie sans relâche tout au long de la période et amplifiée depuis lors de manière à englober la Chine. Le « rimland » s’étend dorénavant du nord des Iles britanniques au Japon en passant par le Moyen-Orient.

L’adage de Mackinder se décline dès lors ainsi : « Qui contrôle le rimland maîtrise l’Eurasie, qui maîtrise l’Eurasie contrôle les destinées du monde ».

Il n’est pas exagéré de dire que cet adage inlassablement ressassé pendant des décennies est au cœur de la géopolitique américaine. Il inspire toujours la plupart des géopolitologues états-uniens ainsi que leurs présidents successifs sans exception, au moins jusqu’à maintenant.

Il correspond à une vision exclusive des relations internationales qui consiste à désigner frontalement l’ennemi et, par la stratégie du bélier, à chercher à le disloquer. C’est dans cette perspective que Zbigniew Brzezinski ou George Friedman soutiennent que le contrôle de l’Ukraine est le moyen de disloquer la Russie.

L’état du monde actuel met en évidence que l’application de cette stratégie est toujours en cours.

Mais du temps de l’URSS, le « rimland » endiguait un « heartland » conçu comme puissamment nucléarisé mais économiquement faible et non structuré. Les murs étaient solides mais la forteresse vide; son cœur était l’empire des steppes.

Avec la réémergence de la Chine et le rapprochement sino-russe cet espace devient une puissance économique considérable organisée et en plein essor. Le rêve hégémonique de Mackinder se transforme en cauchemar.

Désencerclement – La route et la ceinture

Le paysage dans lequel va se déployer le  « Marathon » commence à se dessiner : en fait il s’agit d’aménager le territoire de l’Eurasie, de rompre le « rimland », de le fragiliser en de multiples endroits par des accords internationaux ou de le percer par des corridors de transport au moyen d’une politique de désencerclement et de contre-encerclement planétaire, en associant la Russie et la plupart des nations d’Asie.

Autant la politique américaine d’encerclement synthétisée par Z. Brzezinski dans le « Grand Echiquier » s’inspire précisément du jeu d’échecs : enfermer, agir en force et frapper soudainement, autant la politique chinoise de désencerclement et de contre-encerclement s’inspire du jeu de go : accumuler discrètement et progressivement ses forces, s’infiltrer, se répandre, occuper progressivement l’espace ; « faire comme l’eau », selon les préceptes de Lao Tseu. «Rien n’est plus souple et plus faible que l’eau, mais pour enlever le dur et le fort, rien ne la surpasse ».

La géopolitique eurasienne en découle tout naturellement : il s’agit de traverser et contourner le « rimland » en créant les institutions, les infrastructures et les financements.

Institutions.

L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) assure la couverture institutionnelle de l’ensemble. Peu connue, cette organisation souple et efficace regroupe la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan ; et, en 2001, par les présidents de ces six pays, l’OCS a décidé d’admettre l’Inde et le Pakistan comme membres à part entière. Il est probable que l’Iran la rejoindra ultérieurement. L’organisation s’étend sur plus de 60% du territoire de l’Eurasie et regroupe 43% de la population de la planète, soit 37,5 millions de km² au total.

C’est une alliance politique économique et militaire qui regroupe quatre puissances nucléaires dont deux, l’Inde et le Pakistan, sont pourtant en très mauvais termes.

Du côté russe, le partenariat de l’OCS avec l’Union économique eurasienne qui regroupe Russie, Biélorussie, Kazakhstan, Arménie et Kirghizstan se met en place.

Infrastructures.

Les infrastructures ont pour objectif de constituer l’armature physique de l’ensemble, voies ferrées (50.000 km de TGV en projet dont 12.000 déjà réalisées), oléoducs et gazoducs (ex : Force de Sibérie, gazoduc d’environ 4.000 kilomètres, s’étendant du gisement de Tchaïanda en Iakoutie jusqu’à l’extrême nord-est de la Chine), etc.

L’axe majeur est le gigantesque programme dénommé « One Belt One Road », « La route et la ceinture », lancé en 2013 par le président Xi Jinping dont l’objectif est de couvrir l’ensemble du territoire eurasiatique et d’atteindre l’Europe. Ce projet allie voie maritime et voies terrestres. Il prend en tenaille le « rimland » ; en doublant la voie maritime de la soie par une voie terrestre, il s’affranchit du syndrome de Malacca en évitant le détroit éponyme, point de passage obligé mais étroitement surveillé, pour les navires chinois désireux de se rendre en Inde, au Moyen-Orient ou en Europe.

Il comporte sept axes:

  1. The Twenty-First-Century Maritime Silk Road (MSR)
  2. The China-Mongolia-Russia Economic Corridor (CMREC)
  3. The China-Pakistan Economic Corridor (CPEC)
  4. The Bangladesh-China-India-Myanmar Economic Corridor (BCIMEC)
  5. The China-Indochina Peninsula Economic Corridor (CICPEC)
  6. The China-Central and West Asia Economic Corridor (CCWAEC)
  7. The New Eurasian Land Bridge (NELB)

Financements.

Cette énumération met en lumière l’ampleur d’un programme de dimension continentale dont les financements sont à la hauteur des ambitions. Deux instruments ont été mis en place : la Banque asiatique d’investissement dans lesiInfrastructures (Asian Infrastructure Investment Bank, ou AIIB) est une banque d’investissement proposée par la République populaire de Chine pour répondre au besoin croissant d’infrastructures en Asie du Sud-Est et en Asie Centrale. Cette banque se présente comme le support financier de la stratégie de la nouvelle route de la soie. Elle regroupe 57 pays dont plusieurs européens ; on trouve parmi eux, à la surprise générale, la France et la Grande-Bretagne, ce qui a marqué pour la Chine un grand succès diplomatique au grand dam des Etats-Unis. Cette participation ne serait-elle pas en effet l’un des premiers « signaux faibles » du pivot européen vers l’Eurasie ? Son capital initial est de 100 milliards de dollars.

Le Silk Road Fund, de son côté, est un fonds d’Etat du gouvernement chinois doté de 40 milliards de dollars de capital destiné à intervenir en appoint de la banque.

Contre-encerclement – Les Brics

Pour l’assiégé, en l’occurrence l’Eurasie, le principe de la guerre de siège est, non seulement de percer le front des assiégeants, mais aussi de les assiéger, à leur tour, en les prenant à revers.

Si l’on se place sous un angle géopolitique, c’est le rôle imparti aux BRICS (Brésil, Russie, Inde, Afrique du Sud).

Ironie du sort : cet acronyme, inventé par un Jim O’Neill, dirigeant de Goldman Sachs dans une perspective de marketing de produits financiers innovants orienté vers des pays émergents, désigne maintenant une organisation dont le noyau dur est identique à celui de l’Organisation de coopération de Shanghai, Chine, Inde et Russie auquel se rajoute un pays africain dont la situation géographique est un point clef de la géopolitique mondiale avec le plus grand pays d’Amérique latine. Le ralliement de ce dernier met fortement en cause la doctrine de Monroe, expression jusqu’ici non négociable de l’hégémonie américaine sur l’hémisphère occidental. Il n’est certainement pas étranger aux récentes tensions entre les Etats-Unis et le gouvernement brésilien.

OCS et BRICS, par leur très forte consanguinité, parachèvent, par cette double organisation, leur désenclavement et leur libération de la pression des stratégies « mackindériennes » et prennent ainsi en tenaille les acteurs traditionnels de l’économie occidentale.

Ces deux organisations se confortent l’une l’autre puisque, sur le plan financier, la Banque de développement des BRICS dotée, elle aussi, d’un capital de 100 milliards de dollars, prend le relais de l’AIIB en permettant, notamment, le développement d’infrastructures tant en Afrique qu’en Amérique latine dans le même esprit d’aménagement planétaire du territoire que celles du programme de la Route de la Soie.

Enfin le contre-encerclement ne serait pas complet sans la référence au livre blanc sur la politique spatiale chinoise pour la période 2017/2022 dont l’objectif est, selon ce document, « de faire de la Chine une puissance spatiale dans tous les domaines, en particulier de favoriser un puissant développement économique et social grâce à ses retombées et de permettre la réalisation du rêve chinois de renaissance de la nation chinoise ». Il ne fait guère de doute que les bases de ce programme sont scientifiques, économiques et sécuritaires. A long terme, l’utilisation des ressources lunaires est une des grandes priorités de la Chine. En particulier la Lune abrite un gaz rare sur Terre, l’hélium-3, qui peut être utilisé pour la production d’énergie par fusion.

En guise de conclusion

Cette double stratégie de désencerclement et de contre-encerclement initiée par la Chine avec la participation de plus en plus affirmée de la Russie sous de multiples formes est le vecteur d’une politique tournée vers le reste du monde et tout particulièrement d’une Europe perçue comme l’extrême pointe de l’Eurasie, ce fameux « petit cap de l’Asie », objet mythique de toutes les conquêtes.

Compte tenu de la faiblesse économique du Vieux Continent et de l’absence de stratégie globale et à long terme de l’Union européenne, cette vision géopolitique inclusive se traduit par des prises de position dans l’industrie européenne de plus en plus significatives et problématiques, la Chine se comportant beaucoup plus en conquérant qu’en partenaire. C’est ainsi que l’on constate qu’au cours de l’année 2016 les investissements directs chinois qui se sont élevés sur la période à 200 milliards de dollars ont bondi de 77% en Europe alors qu’ils n’ont crû que de 40% dans le reste du monde. L’Europe affaiblie et sans défense est devenue une cible.

A l’Europe irénique des normes et des grands principes, priorité au marché, concurrence libre et non faussée, s’oppose l’Eurasie volontariste des grands récits, des grands projets et des grands espaces.

De leur côté les Etats-Unis ont vu surgir au cours des derniers mois les capitaux chinois dans un domaine où on ne les attendait pas : l’industrie cinématographique. Or cette industrie est au cœur du « soft power » américain, élément capital de l’hégémonie états-unienne.

Ce dernier point très symbolique prouve que les stratégies d’endiguement prennent l’eau de toute part, tant du côté russe que du côté chinois, qu’il s’agisse de la « géopolitique des tubes » ou de la grande politique russe d’accès aux mers chaudes. De ce point de vue, la mise en place de l’axe Moscou-Ankara-Téhéran, résultat des succès de Vladimir Poutine en Syrie, et, a contrario, la consternante attitude des Occidentaux dans ce conflit est très révélatrice.

Il est vraisemblable que l’élection de Donald Trump ouvre une nouvelle ère des relations entre les trois protagonistes du triangle stratégique Etats-Unis/Chine/Russie. Jusqu’ici la Russie était considérée par la diplomatie américaine comme l’ennemi héréditaire et la Chine un partenaire indispensable bien qu’ambigu. Désormais la tendance semble s’inverser. De récentes études du CFR reprises par la revue officieuse des milieux proches du Département d’Etat, Foreign Affairs, attestent de cette évolution (2). Les Etats-Unis ne peuvent plus s’offrir le luxe d’affronter simultanément deux adversaires.

De leur côté, les Russes sont aussi pour les Chinois un partenaire incertain. La confiance n’est pas totale car ils se méfient des visées chinoises sur la Sibérie et ses multiples richesses. Le contrepoids occidental apparaîtra, avec le temps, comme une nécessité impérieuse pour Moscou.

Les Européens ont un rôle à jouer. Le voudront-ils et le pourront-ils ? La tâche est ardue : il leur faut rompre, en effet, avec les visions formulées par deux de leurs brillants esprits, Alexis de Tocqueville et John Halford Mackinder, l’un et l’autre prophétisant, à plus d’un siècle de distance, le caractère irréconciliable des perceptions russes et américaines du monde, fruit d’une sorte de fatalité géographique.

Jean-Claude Empereur
Haut fonctionnaire honoraire
Cofondateur de la Convention pour l’Indépendance de l’Europe
25/03/2017

Notes :

(1) M. Pillsbury, The Hundred-Year Marathon: China’s Secret Strategy to Replace America as the Global Superpower, 2015, Kindle Edition.
(2) The Case for Offshore Balancing. A Superior U.S. Grand Strategy. John and Stephen M. Walt, Foreign Affairs, juillet-août 2016.

The End of Globalism. Where China and the United States Go From Here. Eric X. Li,  Foreign Affairs, décembre 2016.

Source : La Revue Politique et Parlementaire (mars 2017)

Reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur.

Correspondance Polémia – 27/03/2017

Image : Atlantisme et Eurasisme – Encerclement /contre-encerclement

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Les Kagan sont de retour, des guerres vont suivre

Publié le par Felli Bernard

Les Kagan sont de retour, des guerres vont suivre


Par Robert Parry – Le 19 mars 2017 – Source Strategic Culture

Victoria Nuland, l’ancienne secrétaire d’Etat adjointe pour les affaires européennes qui a poussé au coup d’Etat en Ukraine et aidé à choisir les dirigeants post-coup d’Etat. (Elle est la femme du théoricien néocon Robert Kagan.)

La famille Kagan, l’aristocratie néoconservatrice de l’Amérique, a resurgi après avoir surmonté la déception de n’avoir pas regagné l’influence qu’elle attendait de l’élection de Hillary Clinton et la perte de son pouvoir officiel au début de la présidence de Trump.

Pontifiant sur d’éminentes pages d’opinion, la famille Kagan pousse maintenant à une invasion américaine intensifiée de la Syrie et attaque les Républicains pour ne pas se joindre avec plus d’enthousiasme à la chasse aux sorcières anti-russe à propos de la prétendue aide de Moscou à l’élection de Donald Trump.

Dans une tribune libre parue le 7 mars dernier dans le Washington Post, Robert Kagan, cofondateur du Project for the New American Century (Projet pour le nouveau siècle américain) et architecte majeur de la guerre d’Irak, a attaqué les Républicains pour servir de « complices après coup de la Russie » en n’enquêtant pas plus agressivement.

Ensuite, Frederick Kagan, directeur du Critical Threats Project (Projet pour les menaces critiques) à l’Institut de l’entreprise américaine (néocon), et son épouse, Kimberly Kagan, présidente de son propre think tank, l’Institut pour l’étude de la guerre, a vendu l’idée d’une invasion américaine plus importante de la Syrie dans une tribune libre parue le 15 mars dernier dans le Wall Street Journal.

Pourtant, même si les Kagan gardent leur position dans le monde des think tanks du Washington officiel et dans la publication de tribunes libres, ils restent pour l’essentiel extérieurs aux nouveaux centres de pouvoir de l’ère Trump, bien qu’ils semblent avoir détecté une porte ouverte de force.

Il y a un an, leurs perspectives semblaient beaucoup plus brillantes. Ils pouvaient choisir parmi un grand nombre de candidats républicains d’orientation néocon à la présidence ou – comme Robert Kagan – ils pouvaient soutenir la candidate démocrate de l’establishment, Hillary Clinton, dont l’« interventionnisme libéral » correspondait exactement au néoconservatisme, n’en différant que légèrement dans les rationalisations utilisées pour justifier guerres et encore plus de guerres.

L’ancienne secrétaire d’Etat adjointe aux Affaires européennes, Victoria Nuland, a plaidé pour le coup d’État ukrainien et a aidé à choisir les dirigeants de l’après-coup. (Elle est l’épouse du théoricien du néocentre Robert Kagan.)

Il y avait aussi l’espoir qu’une présidence Hillary Clinton reconnaîtrait combien sympathiques étaient les faucons libéraux et les néocons en faisant passer l’épouse néocon de Robert Kagan, Victoria Nuland, de secrétaire d’État adjointe aux affaires européennes à secrétaire d’État.

Ensuite, il y aurait un puissant élan pour accroître l’intervention militaire américaine en Syrie et faire mousser la Nouvelle Guerre froide avec la Russie, remettant à l’ordre du jour un « regime change »  pour ces deux pays. Ainsi, au début de l’année dernière, les possibilités semblaient infinies pour la famille Kagan de bander leurs muscles et de se faire un tas d’argent.

Une entreprise familiale

Comme je l’ai noté il y a deux ans dans un article intitulé A Family Business of Perpetual War (Le business-modèle familial de la guerre éternelle), « L’expert néoconservateur Robert Kagan et sa femme, la secrétaire d’État ajointe Victoria Nuland, dirigent une entreprise familiale remarquable : elle a provoqué une guerre chaude en Ukraine et aidé à déclencher la Nouvelle Guerre froide avec la Russie et lui intervient pour demander que le Congrès augmente les dépenses militaires afin que l’Amérique puisse faire face aux nouvelles menaces à sa sécurité. »

L’éminent intellectuel néocon Robert Kagan (Crédit photo Mariusz Kubik – http://www.mariuszkubik.pl)

 « Cet extraordinaire duo mari et femme fait quasiment d’une pierre deux coups pour le complexe militaro-industriel, une équipe interne-externe qui crée le besoin de plus de dépenses militaires, exerce des pressions politiques pour assurer des crédits plus élevés et s’assure que les fabricants d’armes reconnaissants prodiguent des subventions généreuses aux groupes de réflexion bellicistes partageant la même opinion qu’eux à Washington.

Non seulement la communauté plus large des néoconservateurs en bénéficie, mais d’autres membres du clan Kagan aussi, y compris le frère de Robert, Frederick, qui émarge à l’American Enterprise Institute, et sa femme Kimberly, qui dirige sa propre affaire, l’Institute for the Study of War. »

Mais les choses ne se sont pas tout à fait passées comme les Kagan l’avaient prévu. Les Républicains néocons ont trébuché sur les primaires du GOP [le « grand vieux parti », le Parti républicain, NdT], perdant en faveur de Donald Trump, et ensuite – après que Hillary Clinton eut jeté dehors le sénateur Bernie Sanders pour revendiquer l’investiture démocrate – elle a perdu l’élection générale devant Trump.

Après sa victoire surprise, Trump – malgré tous ses nombreux défauts – a reconnu que les néocons n’étaient pas ses amis et surtout, il les a laissés dehors dans le froid. Nuland a non seulement perdu son poste politique de secrétaire d’État adjointe, mais a aussi démissionné du Service des Affaires Étrangères.

Avec Trump à la Maison Blanche, le milieu de la politique étrangère dominé par les néocons du Washington officiel en a pris un coup, mais il est loin d’être éliminé. Les néocons se sont fait lancer une bouée de sauvetage par les Démocrates et les libéraux, qui détestent tellement Trump qu’ils ont été heureux de relever l’étendard tombé à terre de Nuland et de la Nouvelle Guerre froide avec la Russie. Dans le cadre d’un plan douteux pour chasser Trump, les Démocrates et les libéraux ont exagéré les accusations sans preuve que la Russie avait comploté avec l’équipe de Trump pour truquer les élections américaines.

Le chroniqueur du New York Times Thomas L. Friedman a parlé pour une bonne partie de ce groupe lorsqu’il a comparé la prétendue « intrusion » de la Russie au bombardement japonais de Pearl Harbor et aux attentats terroristes du 9/11 par al-Qaïda.

Dans l’émission Morning Joe de MSNBC, Friedman a demandé que les allégations de hacking de la Russie soient traitées comme un casus belli : « C’est un événement de la dimension du 9/11. Ils ont attaqué le cœur de notre démocratie. C’était un événement à l’échelle de Pearl Harbour. » Tant Pearl Harbour que le 9/11 ont conduit à des guerres.

Ainsi, avec de nombreux libéraux aveuglés par leur haine de Trump, la voie était ouverte aux néocons pour se réaffirmer.

Provoquer les Républicains

Robert Kagan a pris la très réputée page de libre opinion du Washington Post pour provoquer des Républicains importants tels que Devin Nunes, président de la Commission du renseignement, qui était en photo au dessus de l’article et du titre du journal, L’ingérence de la Russie.

Le général Petraeus posant devant le Capitole avec Kimberley Kagan, fondatrice et présidente de l’Institut pour l’étude de la guerre. (Photo: ISW’s 2011 Annual Report)

Kagan écrit : « Il aurait été impossible d’imaginer, il y a un an, que les dirigeants du Parti républicain serviraient de fait de facilitateurs à l’ingérence russe dans le système politique de ce pays. Pourtant, étonnamment, c’est le rôle que joue le Parti républicain. »

Kagan reprend ensuite l’opinion commune du Washington officiel, qui a accepté sans scepticisme les affirmations des chefs du renseignement sortants de la présidence Obama, selon lesquelles la Russie avait « hacké » des e-mails démocrates et les avait diffusés via WikiLeaks pour nuire à la campagne de Clinton.

Bien que les responsables du renseignement d’Obama n’aient apporté aucune preuve vérifiable pour étayer leurs affirmations – et que WikiLeaks nie avoir obtenu les deux séries d’e-mails des Russes – celles-ci sont largement acceptées par le Washington officiel, comme raisons pour discréditer Trump et éventuellement chercher à le faire renoncer à son mandat.

Ignorant le conflit d’intérêt des personnes nommées par Obama, Kagan a jugé qu’« étant donné la signification de cette découverte particulière [sur l’ingérence russe], la preuve doit être convaincante » et a justifié « une enquête sérieuse, large et ouverte ».

Mais Kagan a aussi dû reconnaître le potentiel pour les néocons de se frayer un chemin vers le pouvoir derrière l’écran de fumée d’une Nouvelle Guerre froide avec la Russie.

Il a déclaré :

« La question la plus importante concerne la capacité de la Russie à manipuler les élections américaines. Ce n’est pas un problème politique. C’est un problème de sécurité nationale. Si le gouvernement russe a interféré dans le processus électoral aux États-Unis l’an dernier, il a la capacité de le faire dans toutes les élections à venir. C’est une arme puissante et dangereuse, plus dangereuse que des navires de guerre, des chars ou des bombardiers.

Ni la Russie ni aucun adversaire potentiel n’a le pouvoir de porter atteinte au système politique américain avec des armes de guerre. Mais en créant des doutes sur la validité, l’intégrité et la fiabilité des élections américaines, il peut ébranler ce système jusque dans ses fondations. »

Une réalité différente

Si alarmiste qu’ait été la tribune libre de Kagan, la réalité est très différente. Même si les Russes avaient hacké les e-mails démocrates et passé d’une manière ou d’une autre l’information à WikiLeaks – un argument non fondé et contesté – ces deux vagues de divulgation d’e-mails n’ont pas été si importantes pour le résultat de l’élection.

L’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton et le sénateur Bernie Sanders. (NBC photo)

Hillary Clinton a accusé le directeur du FBI James Comey de sa défaite surprise, pour avoir brièvement réouvert l’enquête sur son utilisation d’un serveur privé pour ses e-mails, alors qu’elle était secrétaire d’État.

En outre, de toute évidence, les e-mails diffusés par WikiLeaks étaient réels et révélaient des actes répréhensibles commis par des Démocrates de premier plan comme le Comité national démocrate, infléchissant les primaires contre le sénateur Bernie Sanders en faveur de Clinton. Les e-mails du directeur de campagne de Clinton, John Podesta, ont révélé le contenu des conférences payées de Clinton à Wall Street, qu’elle essayait de cacher aux électeurs, ainsi que certains dispositifs de pay-to-play (payer pour jouer) de la Fondation Clinton.

En d’autres termes, les communiqués de WikiLeaks ont aidé à informer les électeurs américains sur les abus commis dans le processus démocratique étasunien. Les e-mails n’étaient pas de la « désinformation » ou des « fausses nouvelles ». C’était de vraies informations.

Une révélation semblable s’est produite avant l’élection et cette semaine, lorsque quelqu’un a fait fuiter des détails sur les déclarations d’impôt de Trump, qui sont protégées par la loi. Cependant, à part dans le camp Trump, presque personne n’a pensé que cet acte, publier les déclarations d’impôts d’un citoyen, était en quelque sorte une menace pour la démocratie américaine.

Le sentiment général était que les Américains ont le droit de connaître ce genre de détails sur quelqu’un cherchant à entrer à la Maison Blanche. Je suis d’accord, mais cela ne signifie-t-il pas également que nous avions le droit d’être au courant des abus de pouvoir du DNC qui a huilé les rouages pour la nomination de Clinton, du contenu des discours de Clinton aux banquiers de Wall Street et sur les gouvernements étrangers recherchant de l’influence en contribuant à la Fondation Clinton ?

Pourtant, parce que les représentants politiques nommés par Obama dans la communauté américaine du renseignement « estiment » que la Russie était la source des e-mails de WikiLeaks, l’attaque contre la démocratie étasunienne est une raison pour déclencher la Troisième Guerre mondiale.

Encore plus de propos grossiers

Mais Kagan n’était pas satisfait des accusations non étayées sur la Russie sapant la démocratie américaine. Il a affirmé, comme un « fait » – bien que sans présenter de preuve, de nouveau –, que la Russie « interfère dans les élections à venir en France et en Allemagne, et elle s’est déjà immiscée dans le récent référendum en Italie et dans de nombreuses autres élections dans toute l’Europe. La Russie déploie ses armes contre le plus de démocraties possibles, pour saper la confiance du public dans les institutions démocratiques. »

Le secrétaire d’État américain John Kerry, flanqué de la secrétaire d’État adjointe pour les affaires européennes et eurasiennes Victoria « Toria » Nuland, s’adresse au président russe Vladimir Poutine lors d’une rencontre au Kremlin à Moscou, en Russie, le 14 juillet 2016. (State Department Photo)

Il y a eu beaucoup de contorsions dans le Washington officiel et les médias dominants à propos de l’ère de la « post-vérité », mais ces prétendus avatars de la vérité sont aussi coupables que n’importe qui, agissant comme si répéter constamment une affirmation sans relation avec un fait était la même chose que de prouver celui-ci.

Mais ce que Kagan et d’autres néocons ont en tête est clair, une escalade des hostilités avec la Russie et une augmentation substantielle des dépenses américaines en matériel militaire et de la propagande occidentale pour « contrer » ce qui est considéré comme de la « propagande russe ».

Kagan reconnaît qu’il a déjà beaucoup de Démocrates et de libéraux importants de son côté. Donc il se tourne vers les Républicains pour les forcer à rejoindre le dénigrement retentissant de la Russie. Il écrit :

« Mais ce sont les Républicains qui couvrent l’affaire. L’actuel dirigeant du parti, le président, met en question les découvertes, les motifs et l’intégrité de la communauté du renseignement. Les chefs républicains au Congrès se sont opposés à toute création d’une commission d’enquête spéciale, interne ou externe au Congrès. Ils ont insisté pour que les enquêtes soient menées par les deux commissions du renseignement.

Pourtant le président républicain de la commission de la Chambre a indiqué qu’il ne voit pas d’urgence à l’enquête et a même mis en question le sérieux et la validité des accusations. Le président républicain de la commission du Congrès a abordé la tâche à contrecœur.

Le résultat est que les enquêtes semblent destinées à avancer lentement, produisent peu d’information et en fournissent encore moins au public. Il est difficile de ne pas en conclure que c’est précisément l’intention de la direction du Parti républicain, tant à la Maison Blanche qu’au Congrès. […]

Lorsque des Républicains s’opposent à des enquêtes approfondies, ouvertes et immédiates, ils deviennent les complices de la Russie après coup. »

Mentir avec les néocons

Beaucoup de Démocrates et de libéraux peuvent trouver encourageant qu’un néocon important, qui a contribué à ouvrir la voie à la guerre en Irak, soit maintenant de leur côté, en coulant les Républicains pour ne pas se joindre avec enthousiasme à la dernière chasse aux sorcières russes. Mais ils pourraient aussi faire une pause pour se demander comment ils ont laissé leur haine pour Trump les mener à une alliance avec les néocons.

Le président russe Vladimir Poutine après son discours à l’Assemblée générale de l’ONU le 28 septembre 2015. (UN photo)

Mercredi [15 mars], dans le Wall Street Journal, Frederick, le frère de Robert Kagan, et son épouse ont fait tomber un domino supplémentaire, exposant le vieux rêve néocon d’une invasion américaine totale de la Syrie, un projet mis en suspens en 2004 à cause des revers subis par les États-Unis en Irak.

Mais les néocons désiraient depuis longtemps un « changement de régime » en Syrie et n’était pas satisfaits de l’armement des rebelles anti-gouvernementaux par Obama et de l’infiltration limitée des Forces spéciales US au nord de la Syrie pour aider la reprise de Raqqa, la « capitale » de l’État islamique.

Dans leur tribune du Wall Street Journal, Frederick et Kimberly Kagan appellent à ouvrir un nouveau front militaire dans le sud-est de la Syrie :

« Les forces armées américaines seront nécessaires. Mais les États-Unis peuvent recruter de nouveaux partenaires sunnites arabes en combattant à leurs côtés sur leurs terres. L’objectif, au début, doit être ISIS, parce qu’il contrôle les dernières zones en Syrie où les États-Unis peuvent raisonnablement espérer des alliés sunnites pas encore sous l’influence d’al-Qaïda. Mais l’objectif, après avoir évincé ISIS, doit être de lever une armée arabe sunnite qui puisse finalement vaincre al-Qaïda et aider à négocier un règlement de la guerre.

« Les États-Unis devront faire pression sur le régime d’Assad, l’Iran et la Russie pour mettre fin au conflit dans des termes que les Arabes sunnites accepteront. Ce sera plus facile à faire avec l’indépendance et le levier offert par une base sûre en Syrie. […] Le président Trump pourrait rompre avec la logique bancale et la mauvaise planification qu’il a hérité de son prédécesseur. Il peut transformer cette bataille, mais seulement en transformant l’approche de l’Amérique à son endroit. »

Un nouveau projet pour la Syrie

Autrement dit, les néocons sont revenus à leurs jeux de mots intelligents et à leurs manœuvres stratégiques pour attirer l’armée américaine dans un projet de « changement de régime » en Syrie.

Les néocons ont pensé qu’ils avaient presque atteint ce but, en collant au gouvernement syrien une mystérieuse attaque au gaz sarin près de Damas, le 21 août 2013, et en forçant Obama à lancer une attaque aérienne importante sur l’armée syrienne.

Mais le président russe Vladimir Poutine s’est interposé pour faire en sorte que le président syrien Bachar al-Assad abandonne toutes ses armes chimiques, même s’il continuait à nier toute implication dans l’attaque au gaz sarin.

L’interférence de Poutine contrecarrant le rêve des néocons d’une guerre de « changement de régime » en Syrie a fait passer Poutine tout en haut de la liste de leurs ennemis. Déjà, des néocons importants, comme le président du National Endowment for Democracy, Carl Gershman, visaient l’Ukraine, que Gershman estimait être « le plus grand trophée » et un tremplin pour finalement évincer Poutine à Moscou.

Il a appartenu à la secrétaire d’État adjointe Victoria « Toria » Nuland de superviser le « changement de régime » en Ukraine. Elle a été attrapée sur une ligne téléphonique non sécurisée, à la fin de janvier ou au début de février 2014, en train de discuter avec l’ambassadeur américain en Ukraine, Geoffrey Pyatt, de comment « coller » ou « faire accoucher » le changement du gouvernement ukrainien élu du président Victor Ianoukovitch.

Quelques semaines plus tard, des combattants néo-nazis et ultranationalistes ont mené une violente attaque sur les bâtiments du gouvernement, forçant Ianoukovitch et d’autres personnages officiels à fuir pour sauver leur vie, tandis que le gouvernement américain qualifiait rapidement de « légitime » le régime issu du coup d’État.

Mais le putsch en Ukraine a mené à la sécession de la Crimée et à une guerre civile sanglante avec des Russes ethniques dans l’est de l’Ukraine, des événements que le Département d’État et les médias occidentaux dominants ont qualifiés d’« agression russe » ou d’« invasion russe ».

Ainsi, pendant les dernières années de l’administration Obama, la scène était prête pour que les néocons et la famille Kagan dirigent l’étape suivante de la stratégie, consistant à coincer la Russie et à instaurer un « changement de régime » en Syrie.

Tout ce qu’il leur fallait était que Hillary Clinton soit élue à la présidence. Mais ces plans bien conçus se sont envolés. Malgré son inaptitude totale à la présidence, Trump a battu Clinton, une déception amère pour les néocons et leurs collègues interventionnistes libéraux.

Pourtant, la soi-disant « #Resistance » à la présidence de Trump et l’utilisation sans précédent par le président Obama de ses agences de renseignement pour dépeindre Trump comme un « candidat mandchou » russe, ont donné de nouveaux espoirs aux néocons et à leur programme.

Il leur a fallu quelques mois pour se réorganiser et se regrouper, mais maintenant ils ont l’espoir de faire tellement pression sur Trump à propos de la Russie, qu’il n’aura pas d’autre choix que d’entrer dans leurs plans bellicistes.

Comme c’est souvent le cas, la famille Kagan a tracé le plan d’action – battre les Républicains pour qu’ils se joignent au dénigrement général de la Russie, puis convaincre un Trump adouci de lancer une invasion à large échelle en Syrie. Dans cette entreprise, les Kagan ont les Démocrates et les libéraux comme fantassins.

Robert Parry

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par M pour le Saker francophone

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La Christianophobie, "c'est réel et ça passe complètement inaperçu en France"

Publié le par Felli Bernard

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Eglise de Saint-Etienne-du-Rouvray

La Christianophobie, "c'est réel et ça passe complètement inaperçu en France"

© REUTERS/ Pascal Rossignol
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"Tout sera fait pour protéger nos églises", a déclaré François Hollande après l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray. La France a-t-elle réellement les moyens de protéger toutes ses paroisses, alors que le territoire français compte plus de 50.000 lieux de culte?

On compte en France quelques 45.000 églises catholiques et 3.000 temples protestants. 700 écoles juives et synagogues et plus de 1.000 des 2.500 mosquées de l'Hexagone font déjà l'objet de mesures de protection dans le cadre de l'opération Sentinelle. 1.200 églises bénéficient aussi d'une protection. Pour autant, il apparaît impossible de protéger toutes les paroisses.

Pour Samir Amghar, de l'European Foundation for Democracy de Bruxelles, auteur de l'ouvrage "Le Salafisme d'aujourd'hui", ce n'est qu'une déclaration pour rassurer la population.

"Les forces de l'ordre et de sécurité en France ne sont pas extensibles à l'infini. Non seulement ces forces doivent protéger les lieux stratégiques dans la capitale: aéroports, gares, etc., où il peut y avoir des attentats, mais ils doivent également protéger les lieux de culte dont le nombre s'élève à 50.000 sur le territoire français. Vous ne pouvez pas mettre un gendarme ou un soldat à tous les lieux de culte", a indiqué à Sputnik M.Amghar.

En 2015, selon le ministère de l'Intérieur, on dénombre 810 atteintes ou profanations de lieux de culte et cimetières chrétiens, un chiffre en progression de 20 %. C'est un peu plus que les agressions antisémites (806, en baisse de 5 %) et nettement plus que les actes antimusulmans (429), même s'il est vrai que ces derniers ont triplé en un an.

Selon Samir Amghar, il y a une mobilisation très forte de la classe politique lorsque les lieux de culte juifs sont touchés, dans une moindre mesure lorsque les mosquées sont touchées, il y a une quasi absence de mobilisation lorsque les lieux de culte chrétiens sont touchés.

"La christianophobie, qui existe, qui est réelle, passe complètement inaperçue, comme si on avait affaire à un phénomène banal. Cela ne surprend plus, une église taguée. Cela ne surprend plus de voir un crucifix brisé. Pourquoi? Parce que vous êtes dans une société hyper-sécularisée qui a fondé une partie de son existence politique sur une forme d'anticléricalisme", a-t-il fait valoir.

Charles De Meyer, président de l'Association "SOS Chrétiens d'Orient", partage le même point de vue sur le phénomène de christianophobie qui existe dans l'Hexagone.

"En France, la conjonctions des facteurs, c'est depuis longtemps une discrimination, une véritable christianophobie d'Etat", a souligné M.De Meyer.

Selon lui, la réaffirmation du rôle de l'Eglise et du christianisme est la seule solution pour combattre la barbarie islamiste.

On se rappelle que le Pape François a proposé à chaque paroisse d'"adopter une famille de migrants", François Hollande a pour sa part promis au Pape de protéger les chrétiens. Mais qui doit-on protéger, et contre qui?

Charles De Meyer note qu'en France, la migration officielle est très importante, les chiffres s'élèvent facilement à 300.000 personnes arrivant dans l'Hexagone chaque année, ce qui empêche de conserver l'identité française. Cependant, il ne faut pas oublier les gens qui vraiment dans le besoin, qui sont forcés de quitter leur territoire.

"Les Français doivent d'abord défendre les gens ici, les paroisses — leurs familles. Pour ce qui est des réfugiés, il faut arrêter de mentir, aujourd'hui la France ne peut pas les accueillir, elle ne sait plus le faire, elle n'a plus les éléments pour le faire, elle doit laisser à d'autres pays la charge de le faire, et surtout elle doit tout faire pour cesser les guerres au Proche-Orient qui déracinent ces gens, qui seraient bien plus heureux chez eux", a expliqué M.De Meyer.

En guise de conclusion, Samir Amghar a fait remarquer qu'il faut éviter d'inscrire cette guerre contre la barbarie islamiste dans une sorte de guerre religieuse et de répondre d'une façon symétrique à ce que fait Daech. L'Etat islamique, en commettant un attentat dans une église, veut inscrire son combat dans le combat religieux. Lorsque l'acte est porté dans un lieu de culte, lorsque les attentats sont commis dans un lieu de rassemblement très symbolique, le 14 juillet, ils signifient la volonté d'en découdre avec les valeurs européennes.

"Il faut s'opposer aux idées de Daech, mais de façon à éviter que les sociétés occidentales se fractionnent. Le Président de la République dit: +Je suis là pour protéger tous les chrétiens+ Oui. Mais, avant tout, il doit protéger l'ensemble des citoyens quelle que ça soit leur confession et les athées", a conclu M.Amgha

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« La très inquiétante débâcle du nucléaire mondial. Faillite de Westinghouse ? » L’édito de Charles SANNAT

Publié le par Felli Bernard

« La très inquiétante débâcle du nucléaire mondial. Faillite de Westinghouse ? » L’édito de Charles SANNAT

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Je voulais revenir sur une information qui peut sembler sans trop grande importance, noyée dans le flot ininterrompu de nouvelles, pourtant c’est une information majeure qu’il faut sortir du brouhaha ambiant.

Westinghouse (rachetée il y a quelques années par le géant japonais Toshiba) se place en faillite avec 9,8 milliards de dollars de dette cumulée.

Si cela vous fait penser aux difficultés du groupe Areva c’est normal, car c’est à peu de chose près exactement la même histoire, et nous allons détailler tout cela un peu plus tard !

Petit historique rapide

Westinghouse Electric Company est une bien vieille dame âgée de largement plus d’un siècle. C’est une entreprise américaine, fondée par George Westinghouse en 1886 sous le nom de Westinghouse Electric Company. Elle a été rachetée en 2006 par la firme japonaise Toshiba et s’est spécialisée dans le nucléaire.

Westinghouse fut l’un des plus gros constructeurs de centrales nucléaires au monde en général et aux États-Unis en particulier. Les USA ont réussi à développer un important parc de nucléaire de 99 réacteurs mais un coup d’arrêt définitif a été donné à cette énergie après l’accident de Three Mile Island en Pennsylvanie en 1979. À la suite d’une chaîne d’événements accidentels, le cœur d’un des réacteurs avait en partie fondu. Une faible quantité de radioactivité avait alors été relâchée dans l’environnement. Depuis cet incident, aucune centrale n’a été raccordée au réseau. Désormais, quatre réacteurs doivent entrer en service dans les prochaines années.

Westinghouse doit achever deux d’entre eux, l’un en Caroline du sud et l’autre dans l’État voisin de Géorgie.

Le problème c’est que, comme pour Areva, Westinghouse n’a pas construit de centrale nucléaire depuis plus de 40 ans et que quand pendant 40 ans on ne pratique pas une spécialité, eh bien le savoir-faire, tout simplement, disparaît !

Il faut donc, pour Areva comme pour Westinghouse, tout réapprendre de zéro dans un contexte de prix tirés, d’où les dépassements incessants des prévisions budgétaires. Des dépassements qui sont même sans fin.

À tel point que Westinghouse se retrouve aujourd’hui en faillite comme Areva d’ailleurs qui ne doit sa survie qu’à l’intervention de l’État.

« Construire une centrale nucléaire est une entreprise très complexe et, historiquement, ce genre de projets a subi des changements en cours de réalisation, y compris des dépôts de bilan », souligne Maria Korsnick, la présidente du Nuclear Energy Institute, le lobby nucléaire aux États-Unis.

Les réacteurs français sont en réalité construits sous licence Westinghouse

Là également où cela vous concerne beaucoup plus directement que ce que vous pouvez penser au premier abord, c’est que Westinghouse a cédé en 1974 sa licence concernant les réacteurs nucléaires à eau pressurisée à Framatome (devenue entre-temps Areva), ce qui a permis de construire le parc nucléaire français actuel…

Votre énergie nucléaire, notre parc de centrales repose sur des brevets d’une entreprise en faillite (Westinghouse), exploités par une autre entreprise en faillite (Areva), pour le compte d’un énergéticien (EDF) qui n’a pas provisionné la « queue d’un rond » nécessaire à la réparation de nos centrales et encore moins au démantèlement des anciennes qu’il faudra remplacer par des nouvelles que nous sommes incapables techniquement de construire puisque plus personne ne sait le faire !

On vous vante la France pays riche, pays moderne. Voilà pour le discours rassurant et lénifiant qu’il est rassurant d’entendre.

La triste réalité c’est que notre pays se tiers-mondise à grande vitesse et que nous sommes incapables en 2017 de faire ce que nous avons su faire dans les années 60 !

Nous avons construit une usine marée-motrice sur la Rance… Incapable de le faire maintenant !

Nous avons construit le Concorde, la fusée Ariane, ou les centrales nucléaires françaises. Nous ne savons plus rien faire de tout cela.

Nous ne savons plus le faire, mais les Américains sont dans la même situation.

Et vous savez pourquoi ?

Parce qu’un « éco-système » scientifique, technique, industriel c’est bien un « éco-système ».

Nous nous sommes désindustrialisés.

Nous avons donc perdu des pans entiers de savoir-faire. De nos soudeurs à nos tourneurs, de nos ingénieurs à nos chefs de projets, nous ne savons plus rien faire.

Le seul pays qui désormais dispose d’un véritable « éco-système » industriel c’est la Chine, et ne me parlez pas l’Europe qui serait censée nous aider à faire ensemble ce que nous ne savons plus faire seul…

28 manches à balai ne feront jamais une équipe de champions du monde.

Et la sécurité dans tout cela ?

À l’image de tout le reste.

Vous découvrirez, un jour, effarés, que nous ne sommes pas plus capables de construire une nouvelle centrale que d’entretenir celles qui nous restent, encore moins de les démanteler, et enfin, pour finir, que la sécurité de nos centrales est tout simplement déplorable !

Lamentable.

Ce pays, notre pays, part à vau-l’eau et aucune vision ne nous est proposée pour construire un avenir enthousiasmant.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
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 « À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

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