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C’est du gâteau : la nouvelle norme de la politique étrangère de Trump

Publié le par Felli Bernard

C’est du gâteau : la nouvelle norme de la politique étrangère de Trump


 

Par Pepe Escobar – Le 13 avril 2017 – Source Sputnik News via entelekheia.fr

Et voici la déclaration suivante du Commandant-en-chef de l’École de Politique Étrangère de la Belle Part de Gâteau au Chocolat sur la question de sa prochaine action contre la Corée du Nord.

« Nous envoyons une armada. Très puissante. Nous avons des sous-marins. Très puissants. Beaucoup plus puissants que des porte-avions. Ça, je peux vous le dire. »

 

NdT : Dans cette vidéo d’une interview de Trump par Fox News, il expose qu’au cours du dîner offert à Xi Jinping à Mar-a-Lago, alors que le président chinois était en train de manger « la plus belle part de gâteau au chocolat que vous ayez jamais vue », il lui a annoncé « avoir lancé une attaque de 59 missiles contre l’Irak  – Vous voulez dire contre la Syrie ?  le reprend la présentatrice. Oui, contre la Syrie. »

Comme si bombarder la Corée du Nord, qui possède des armes nucléaires, c’était autant de gâteau que lancer des missiles sur une base militaire semi-déserte en Syrie. Mais, ça, c’est la beauté d’une politique étrangère en forme de boîte de chocolats ; vous ne savez pas ce que vous allez y trouver.

L’OTAN était « obsolète ». Ensuite, elle « n’était plus obsolète ». La Chine manipulait les monnaies. Puis elle ne manipulait plus les monnaies. Il n’allait plus y avoir d’aventurisme militaire au Moyen-Orient. Puis, retour aux politiques d’Hillary et bombardement de la Syrie. La Russie était censée devenir un partenair – à la base pour des accords gaziers et pétroliers, pendant qu’un remix de la devise « diviser pour régner » signé Kissinger se chargerait de tenter de séparer la Russie de sa partenaire stratégique, la Chine. Aujourd’hui, la Russie est mauvaise parce qu’elle soutient « l’animal » Assad (sic).

D’autres choses ne changent jamais. L’Iran continuera à être diabolisé. Le combo OTAN-Conseil de coopération du Golfe continuera d’être soutenu. La Maison des Saoud, qui terrorise le Yémen, restera une proche alliée dans la Guerre Globale contre la Terreur.

C’est comme si toute la machine dysfonctionnelle de l’administration Trump était devenue prisonnière de la nécessité de justifier les retournements de veste et les mensonges flagrants de son Commandant-en-chef des parts de gâteau au chocolat assaisonnées aux Tomahawks, alors qu’avant, Trump tirait sa force de ses dénonciations de l’hypocrisie et des mensonges inhérents aux élites américaines et à l’État profond.

Xi est au téléphone

Les services de renseignement russes ont probablement – et correctement – conclu que le but principal de la visite à Moscou du Secrétaire d’État « T-Rex » Tillerson était de calmer le jeu autant que possible, alors que Trump se tourne vers une confrontation avec Pyongyang. Washington ne peut tout simplement pas gérer des crises multiples, simultanées, en Syrie, en Ukraine, en Corée du Nord, en Mer de Chine méridionale et en Afghanistan. La date-butoir est le 9 mai ; les élections présidentielles en Corée du Sud pourraient bloquer toute possibilité d’attaque des USA contre la Corée du Nord.

Les médias sud-coréens et japonais ont rapporté, sur le ton de l’hystérie, que la République populaire de Chine a déployé 150 000 soldats des 16e, 23e, 39e et 40e divisions à la frontière de la Chine et de la Corée du Nord. Ces forces ne sont pas agressives ; elles sont plutôt là pour coordonner les efforts de soulagement d’une crise éventuelle de réfugiés dans le cas – consternant – d’une seconde guerre de Corée.

Le ministère chinois de la Défense a publié un déni de non-déni sur le déploiement. Mais l’élément crucial a été l’appel subséquent de Xi Jinping à Trump. Sa première priorité était de réfuter les rumeurs grandissantes des médias américains selon lesquelles Pékin approuverait des frappes américaines contre la Corée du Nord (au contraire, Pékin est sérieusement inquiet). Les médias chinois ont souligné que selon les propos de Xi à l’impulsif Trump, la seule sortie possible de cette crise est de travailler à une dénucléarisation pacifique de la péninsule coréenne.

Sa deuxième priorité était de réfuter les rumeurs de type « fake news » selon lesquelles Xi, en mangeant son gâteau au chocolat assaisonné de Tomahawks à Mar-a-Lago, aurait approuvé les frappes américaines en Syrie. Dans son appel téléphonique, Xi a réaffirmé sa position : la seule solution pour la Syrie réside dans la diplomatie.

Avec l’École de Politique Étrangère de la Belle Part de Gâteau au Chocolat comme nouvelle norme, personne n’a plus la moindre idée de la politique de Washington en Syrie, ou de qui en tient les commandes (c’était l’information-clé que Lavrov tentait de soutirer à Tillerson.)

La politique précédente était claire ; une balkanisation light, avec une enclave kurde dans le désert de l’est vouée à être dirigée par des pantins des USA tels que le Parti de l’union démocratique kurde ; l’absorption d’une autre zone du plateau du Golan par Israël ; une zone au nord pour la Turquie ; et assez de territoire immobilier pour les sunnites et tout un assortiment de djihadistes.

Même avant le spectacle des Tomahawks, les officiels des services de renseignements militaires des USA émettaient de sérieux doutes sur ce qui allait devenir la narrative officielle de la Maison-Blanche sur l’attaque chimique d’Idlib. Des experts à la retraite, y compris Ray McGovern (ex-analyste de la CIA), Phil Giraldi et Bill Binney, ont écrit un mémo à Trump pour demander une enquête honnête, indépendante – Lavrov a fait la même demande au cours de sa conférence de presse avec Tillerson. La narrative officielle a également été dénoncée par un professeur du MIT comme « totalement fausse ».

Indépendamment du fait de savoir si Trump a vu la lumière via une vidéo postée par les Casques blancs sur Youtube ou si l’axe néocon/libéralcon l’a poussé dans la voie des Tomahawks, les faits de terrain restent les mêmes.

Moscou ne va tout simplement pas céder sa sphère d’influence en Syrie à Donald Trump ou à l’État profond. La Russie a quasiment gagné la Guerre de Syrie en empêchant la formation d’un Émirat du Takfiristan, et en désamorçant la possibilité d’un regroupement de djihadistes russes/tchétchènes/ouzbèkes alliés au Front al-Nosra et/ou Daech revenant semer la pagaille dans le Caucase. Sans oublier que plus de 75% de la population syrienne est désormais regroupée dans les zones du pays contrôlées par Damas.

Dans le doute, semez le chaos

Le Parti de la Guerre/complexe militaro-industriel-renseignements-médias veut des guerres, n’importe quelles guerres ; c’est bon pour le business et les cotations. Les néocons veulent une guerre pour contenir l’Iran. Le professeur Stephen Cohen est alarmé, à juste titre. Personne ne sait si Trump n’est pas aujourd’hui un simple otage de James «  Mad Dog » Mattis, de HR McMaster et compagnie qui croit naïvement tenir les commandes, ou s’il a perfectionné une prise de jiu-jitsu géopolitique de génie impossible à décrire sur Twitter.

Un analyste américain dissident des renseignements, basé au Moyen-Orient, dépeint un tableau beaucoup plus sombre : « Les USA ne vont pas tolérer qu’une alliance Russie-Chine fasse basculer l’équilibre des forces en leur faveur. La Corée du Nord et la Syrie ne sont que des pions dans ce combat, qui n’a presque aucune signification pour eux. Les Russes pensent que les USA veulent leur faire la guerre, même s’ils ne sont pas sûrs des performances réelles des boucliers antimissiles russes S-500. Les Russes disent qu’il faut s’attendre à d’autres attentats sous faux drapeau en Syrie, alors que dans le même temps, les Chinois révisent les engagements des USA à leur égard en se fondant sur ce qu’ils ont vu en Syrie. »

Le président Poutine a presque carrément dit, face aux caméras, que Moscou ne peut pas faire confiance à Washington. La Russie a patiemment bâti sa capacité de défense antimissiles – à tel point que son espace aérien pourrait bien être impénétrable avant la fin de la décennie.

Dans le passé, Lavrov a fait de multiples allusions au « chaos maîtrisé » – une méthode de « renforcement de l’influence américaine » qui exhibe des « projets » destinés à être « lancés loin des USA, dans des régions cruciales pour le développement économique et financier mondialiste. » L’École de Politique Étrangère de la Belle Part de Gâteau au Chocolat peut avoir forcé tout le monde à se perdre dans une mascarade. Mais Moscou et Pékin semblent la voir pour ce qu’elle est ; encore une autre facette du chaos impossible à maîtriser.

Pepe Escobar

Traduction Entelekheia

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Le « rapport des services de renseignement » n’en est pas un

Publié le par Felli Bernard

Le « rapport des services de renseignement » n’en est pas un


Il laisse surtout entrevoir un soutien à al-Qaïda.


Par Moon of Alabama – Le 12 avril 2017.

Moon of Alabama

La Maison Blanche de Trump a publié trois pages et demie d’accusations contre les gouvernements syrien et russe. Ce sont de simples pages sans en-tête ou bas de page, pas de date, pas de traces de classement ni de déclassification, ni agence émettrice, ni signature. Impossible de savoir qui les a écrits.

Les médias américains étasuniens appellent cela un rapport déclassifié américain concernant l’attaque aux armes chimiques. Mais ce n’en est pas un.

 

Il commence en disant que « Les États-Unis sont convaincus que le gouvernement syrien a mené une attaque à l’arme chimique […] »

Les États-Unis (qui est-ce exactement ?) « sont convaincus », ils ne « savent » pas, il n’ont pas de « preuve » – ils sont juste « convaincus ».

L’ensemble du document ne contient que sept paragraphes qui sont censés être un « résumé de l’évaluation de la communauté du renseignement des États-Unis » sur la question. Les sept paragraphes sont suivis de huit (!) paragraphes qui tentent de réfuter les déclarations russes et syriennes sur la question. Un peu de remplissage politique constitue ce qui reste.

Le titre de ce chapitre « évaluation de la communauté du renseignement » est probablement déjà une fausse déclaration. Une évaluation du renseignement nationale, même préliminaire et rapide, pour laquelle les dix-sept agences de renseignement américaines doivent être entendues, prend au moins deux à trois semaines à réaliser. Une évaluation complète peut prendre deux mois ou plus. Ce sont des documents officiels, émis par le directeur du renseignement national. L’évaluation sommaire publiée par la Maison Blanche n’a pas suivi cette procédure. Il est probable qu’elle ait été fabriquée et écrite vite fait bien fait par le National Security Council.

Cette prétendue évaluation commence par une affirmation définitivement fausse : « Nous pensons que Damas a lancé cette attaque chimique en réponse à une offensive de l’opposition dans la province de Hama, offensive qui menaçait une infrastructure clé. »

L’attaque de Hama avait échoué il y a déjà deux semaines de cela. Depuis lors, l’armée syrienne a regagné tout le terrain que l’« opposition » al-Qaïda avait capturé au cours des premiers jours. Aucune infrastructure clé n’a jamais été sérieusement menacée. Plus de 2 000 combattants d’al-Qaïda ont été tués dans la lutte.

Peto Lucem, une source médiatique bien connue et fiable pour ses cartes précises de la guerre en Syrie, a publié, le 31 mars, quatre jours avant l’accident chimique :

Peto Lucem @PetoLucem

NOUVELLE CARTE : La ligne de front « Rebelle » à #Hama s’effondre, #SAA [L’armée syrienne, NdT] reprend la plupart des avancées d’#AlQaïda réalisées dans les premiers jours de leur offensive ratée. #Syrie

L’attaque de Hama avait déjà échoué quelques jours avant l’accident chimique de Khan Shaykhun. Khan Shaykhun n’est pas en première ligne. Cet accident et l’échec de la tentative d’al-Qaïda dans Hama ne peuvent être liés. Il n’est pas logique de lancer un incident militairement inutile dans un endroit lointain « en réponse » à une défaite de l’ennemi ailleurs – en plus à un moment où la situation politique et militaire mondiale s’avère favorable au gouvernement syrien. (L’Agence de renseignement du Pentagone n’a certainement jamais soutenue une telle revendication illogique.)

Les paragraphes suivants du document publié révèlent que l’évaluation repose en grande partie sur un « un nombre important » de « rapports open source » qui « indique » ceci ou cela. Cela signifie que la Maison-Blanche s’appuie sur des images et des vidéos postées par des personnes autorisées à opérer librement dans la capitale Khan Shaykhun, alors qu’elle est tenue par al-Qaïda. Sous la direction de qui et dans quelles conditions les images et les vidéos ont-elles été prises et publiées ? (Khan Shaikhun était entre les mains d’un groupe islamique associé, Liwa al-Aqsa, jusqu’à la mi-février. Le groupe s’est déplacé après avoir combattu al-Qaïda et avoir abattu quelque 150 de ses combattants.  Depuis, al-Qaida est entré dans la ville et la dirige.)

Plusieurs des vidéos publiées ont été présentées et commentées par le « Dr. Shajul Islam » qui a été évincé du registre médical britannique et inculpé au Royaume-Uni pour son rôle dans l’enlèvement de journalistes « occidentaux » en Syrie. Il s’était enfui en Syrie. Les vidéos qu’il a distribuées du « sauvetage » des victimes des différents accidents chimiques n’étaient pas des situations d’urgence réelles mais des mises en scène. L’un des journalistes kidnappés avec l’aide du Dr Shajul Islam, James Foley, a ensuite été assassiné, devant une caméra, par État islamique.

Les autres vidéos et photos ont été réalisées par les « sauveteurs » appelés Casques blancs, un support de propagande financé par les États-Unis et le Royaume-Uni, qui est tellement « neutre » qu’ils travaillent avec EI (vidéo) et al-Qaïda, mais jamais dans les régions gouvernementales où se trouve la population syrienne.

L’offensive contre Hama menée par l’« opposition » a été personnellement planifiée et dirigée par le chef d’al-Qaïda en Syrie, Al-Joliani. Les photos des séances de planification de la campagne ont été publiées par des agences d’« opposition » et largement diffusées.

Le document de la Maison Blanche parle seulement de l’« opposition ». Comment peut-il y avoir une « évaluation du renseignement » (et en plus en parler publiquement) qui ne note pas que l’incident en question a eu lieu dans une zone qu’AL-QAIDA dirige et que l’offensive prétendument liée a l’attaque chimique (mais qui a échoué) a été lancée par AL-QAIDA. AL-QAIDA est-il maintenant officiellement devenu l’opposition syrienne pour les États-Unis ? L’ancien général néoconservateur Petraeus fait pression pour une alliance américaine avec al-Qaïda depuis 2015. Le nouveau conseiller en sécurité nationale de Trump, le général McMaster, est un protégé de Petraeus. Lui et Petraeus ont explosé l’Irak. La doctrine Petraeus est-elle maintenant en place ?

La prochaine étape serait alors que les États-Unis s’unissent de manière informelle avec État islamique. Le chroniqueur Thomas Friedman, du New York Times, préconise déjà cela :

 « Nous pourrions simplement arrêter de lutter contre EI en Syrie et en faire un problème pour l’Iran, la Russie, le Hezbollah et Assad. Après tout, ce sont eux qui sont trop impliqués en Syrie, pas nous. Faisons en sorte qu’ils combattent une guerre sur deux fronts – les rebelles modérés d’un côté et EI de l’autre. Si nous vainquons EI en Syrie maintenant, nous ne ferons que réduire la pression sur Assad, l’Iran, la Russie et le Hezbollah et cela leur permettra de consacrer toutes leurs ressources à écraser les derniers rebelles modérés dans Idlib, sans partager leur pouvoir avec eux. »

Les États-Unis, dit clairement Friedman, devraient laisser EI fonctionner librement afin qu’il puisse aider al-Qaïda qui règne sur Idlib. Friedman parle des « rebelles modérés d’Idlib », mais ils sont comme les licornes. Ils n’existent pas. Il y a al-Qaïda et il y a un plus petit groupe nommé Ahrar al Sham qui se compare aux talibans. Tous les autres combattants de l’opposition d’Idlib ont rejoint l’un de ces deux groupes ou sont morts.

Mais pourquoi ne pas utiliser ces bandes de meurtriers de masse sectaires contre le gouvernement syrien et d’autres ? Hé, c’est exactement ce qu’Israël veut que nous fassions. Et pourquoi ne pas leur distribuer des missiles anti-aériens, comme le demande Friedman, et leur fournir un soutien aérien. Tout en même temps. Sur que cela marcherait bien.

Donc, en Syrie, Trump devrait laisser EI devenir le mal de tête d’Assad, de l’Iran, du Hezbollah et de la Russie – de la même manière que nous avons encouragé les combattants moudjahidines à saigner la Russie en Afghanistan.

Eh bien, vous savez que le truc des moudjahidines a si bien marché que près de quarante ans plus tard, les États-Unis réfléchissent encore à envoyer des troupes supplémentaires en Afghanistan pour les vaincre. Est-ce que nous voulons vraiment répéter cela aux frontières de l’Europe ?

La Maison Blanche est vraiment en plein délire, mais encore plus les médias américains. Comment la santé mentale peut-elle être ramenée à la maison ?

Mise à jour :

Le professeur émérite au MIT, Theodor Postol, ancien conseiller scientifique de la marine militaire américaine, expert sur les missiles, a analysé la « preuve » que la Maison Blanche a présenté. Le court rapport préliminaire est disponible ici. (J’ai vérifié et c’est bien l’original.) [Traduction française du rapport faite par Les Crises.fr, NdT].

Postol n’a rien trouvé dans l’évaluation de la Maison Blanche qui lui permette de croire que l’accident chimique provient d’une attaque aérienne. Il trouve plutôt des signes que l’explosion a été lancée depuis le sol, en faisant intentionnellement exploser des munitions de 122 mm avec d’autres explosifs.

Il trouve que l’évaluation de la Maison Blanche est du travail d’amateur et n’a pas été correctement vérifié par des analystes des renseignements compétents qui, selon Postol, ne l’auraient pas signé dans sa forme actuelle (comme je l’ai dit plus haut).

Postol présume que l’accident était du au Sarin. Il n’analyse pas cette revendication de la Maison Blanche (ce n’est pas son domaine). Je ne suis pas d’accord avec l’histoire du Sarin. Beaucoup d’autres substances organo-phosphatés (pesticides) seraient « compatibles avec » les symptômes affichés ou joués dans les vidéos et les images. Certains symptômes attendus avec le sarin, par exemple de fortes  convulsions, une défécation spontanée, ne sont visibles dans aucune des vidéos ou des images.

Je ne suis pas non plus d’accord avec Postol concernant la photo du prétendu cratère d’impact de l’attaque. J’ai vu plusieurs « versions » du cratère d’impact sur les réseaux sociaux avec différentes pièces métalliques, ou aucune, répandues à l’intérieur. Postol semble n’avoir vu qu’une seule version. Ses conclusions sur cette version semblent correctes. Mais la « preuve » du cratère est faible et il n’est pas facile d’en tirer des conclusions générales. Je suis d’accord cependant pour dire que le cratère ne provient pas d’un impact aérien mais d’un événement au sol. Je ne suis toutefois pas sûr du fait qu’il soit lié à l’accident.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par M pour le Saker Francophone

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Face aux politiques néo-conservatrices et de trahison nationale : construire un front républicain, patriotique et de progrès social ! - Comité Valmy

Publié le par Felli Bernard

– Présidentielle 2017 - Appel du Comite Valmy

Face aux politiques néo-conservatrices et de trahison nationale : construire un front républicain, patriotique et de progrès social ! - Comité Valmy

dimanche 16 avril 2017, par Comité Valmy

 

– Présidentielle 2017 : Appel du Comite Valmy

Face aux politiques néo-conservatrices
et de trahison nationale :

 

construire un front républicain,
patriotique et de progrès social !

La préparation de la prochaine élection présidentielle est caractérisée par une accentuation du caractère anti-démocratique, dictatorial et dangereux du régime de trahison nationale qui, au fil des décennies post-gaulliennes, a transformé notre nation en un pays vassalisé à l’atlantisme étasunien.

Cette servitude volontaire de la France officielle a été organisée méthodiquement par les maffias de l’UMPS et par ses satellites. Partisans de l’Europe supranationale, germano-américaine et atlantiste, ces organisateurs du renoncement national sont nos adversaires politiques fondamentaux.

Du point de vue du Comité Valmy, tous les candidats européistes à cette élection représentent, à des degrés divers, un danger mortel pour la France, et nous incluons Mélenchon et Fillon dans la liste des candidats auxquels les Français devraient éviter d’accorder leur confiance.

Lors du premier tour de l’élection, nous estimons que nos compatriotes auront le choix entre l’abstention et le vote pour un candidat patriote et républicain : François Asselineau, avec lequel nous recherchons une alliance et qui est, nous le soulignons, le plus proche des thèses du Comité Valmy.

Il existe des sensibilités diverses dans le Comité Valmy, mais la plupart d’entre nous estiment qu’il faut définitivement cesser de voter pour des candidats qui entendent poursuivre la politique de capitulation nationale, au nom d’une catastrophique construction européenne non réformable.

Parmi eux, cette année le choix prioritaire de l’oligarchie et de la finance est manifestement Emmanuel Macron, que nous considérons comme l’adversaire principal. Pour favoriser celui-ci, et comme nous l’avons constaté, un coup d’État médiatico-judiciaire a été organisé. Contre Fillon principalement, mais aussi contre Marine Le Pen.

L’acharnement politico-médiatique et celui d’une « justice » aux ordres contre Fillon semble indiquer que, parmi les candidats pro-Europe, il n’est pas le pire. De plus, la multitude de drapeaux tricolores lors de la manifestation du Trocadéro était sympathique et positive. Mais Fillon se veut le candidat de la droite et non celui du peuple de France ; cela souligne qu’il ne peut aucunement se réclamer du gaullisme. Il en va de même de son programme antisocial euro-compatible

Un petit nombre d’entre nous est tenté par Mélenchon. Ces amis sont troublés par ses talents d’orateur et par l’efficacité de son entrisme républicain pseudo-souverainiste. Lui se présente au nom de la "gauche" alors que selon nous, l’union du peuple de France est aujourd’hui une nécessité historique, pour sortir dans les meilleures conditions du carcan euro-atlantique.

En outre nous demeurons convaincus que Mélenchon demeure, malgré sa démagogie relativement habile, un trotskyste partisan du nihilisme national, d’une "nation" et d’une République européennes" ainsi que d’une "souveraineté populaire à l’échelle de l’Europe", comme il le clamait lorsqu’il n’estimait pas nécessaire d’avancer masqué. Le fait qu’il ait toujours refusé le dialogue que nous lui avons à plusieurs reprises proposé nous semble significatif, de même que la permanence de son refus de se prononcer clairement pour le retrait de la France de l’Union européenne et le retour à la monnaie nationale.

A ce sujet, nous devons attirer l’attention sur une réalité que les médias domestiqués ignorent méthodiquement, et qui est selon nous en contradiction avec l’intérêt de notre peuple-nation, celui-ci devant prioritairement rétablir sa souveraineté et la liberté de la France. Sur onze candidats à l’élection présidentielle, les quatre qui se réclament de la « gauche » sont des militants trotskystes « anciens » ou actuels. Un cinquième est inspiré par un ancien trotskyste étasunien.

Cette année Macron apparaît bien comme "le premier couteau de l’oligarchie". On peut affirmer sans se tromper qu’il représente le principal danger pour le peuple de France, notamment en envisageant de participer à la relance actuelle de l’agression occidentaliste contre la Syrie souveraine.

Nous estimons qu’il est souhaitable de cesser d’accepter la logique délétère qui consiste, lors de chaque présidentielle, à chercher un candidat supposé être le « moins pire » au nom de la diabolisation de Marine Le Pen.

Le Front National qui, faut-il le préciser, n’est pas notre ami, est utilisé cette année avec encore plus de force comme repoussoir diabolique pour le maintien en place des candidats européistes. Au nom de cette diabolisation du FN et de sa candidate (dont nous avons déjà dit que nous ne la considérions pas comme l’ennemi principal) concocté par le pouvoir en place, nous déclarons encore plus dangereux l’Union européenne, la plupart de ses élu(e)s, l’ensemble de ses chargés de mission et lobbyistes divers.

Notre démarche d’union du peuple de France, d’Arc Républicain de Progrès reste plus pertinente que jamais. La construction d’un compromis historique alliant au-delà du clivage gauche-droite, autour de la réactualisation du programme progressiste du CNR, les patriotes républicains des deux rives, est susceptible de rassembler l’essentiel de notre peuple victime de la déconstruction nationale européenne.

Depuis de longues années, le Comité Valmy s’est prononcé pour la construction d’un front républicain patriotique et progressiste. Face à la double menace néoconservatrice et trotskyste que représente l’actuelle élection présidentielle, ce rassemblement autour de la souveraineté du peuple nation et du progrès social qu’elle conditionne, est manifestement à l’ordre du jour.

Paris le 10 avril 2017
Comité Valmy

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« Plus rien à faire, plus rien à foutre »

Publié le par Felli Bernard

 

 

Prix Du Livre Politique 2017

« Plus rien à faire, plus rien à foutre » – La vraie crise de la démocratie » de Brice Teinturier

 
 
 

Brice Teinturier, directeur de l’institut de sondage IPSOS, interviewé par Antoine Lagadec, journaliste à la Revue des Deux Mondes

♦ Dans Plus rien à faire, plus rien à foutre (éd. Robert Laffont), le directeur de l’institut de sondage IPSOS, Brice Teinturier évoque la rupture d’un nombre croissant de Français avec la politique. Interview.


Revue des Deux Mondes – Votre livre tente de cerner une « quatrième force », bousculant la tripartition des forces politiques en France : celle des « plus rien à faire, plus rien à foutre » ou « PRAF ». Comment définissez-vous les « prafistes » ?

Brice Teinturier Quand on observe le système politique actuel, on se préoccupe surtout de la répartition entre le Front National, la gauche, la droite, et l’émergence désormais d’Emmanuel Macron. Mais on occulte un mouvement tout aussi profond : celui d’un désengagement d’une partie de l’électorat français. Les « prafistes » sont moins une force politique qu’une attitude, une posture de

Prix du livre politique 2017

Prix du livre politique 2017

désengagement à l’égard de la politique. Elle se caractérise par de la lassitude, de l’indifférence ou du dégoût.

Il faut à ce stade opérer une distinction claire : être dans un processus de distanciation, ou de dégoût, n’est pas la même chose qu’être dans un processus où l’on n’a jamais été intéressé par la politique. L’attitude du « PRAF » rassemble des citoyens qui, à l’origine, s’intéressaient à la politique, puis sont allés au delà même de la déception. À ce titre, 28% de Français nous disent qu’ils étaient intéressés par la politique, et qu’ils ne le sont plus.

« Il s’agit d’une attitude construite en réaction à des évolutions de la société dans lesquelles le prafiste ne se retrouve pas. »

Suivant l’intensité et la fréquence de cette attitude, on distingue les « plus rien à faire » et les « plus rien à foutre ». Le second profil est plus intense dans le rejet et le dégoût que le premier, qui, lui, peut montrer une forme de réengagement dans le politique.

Il n’y a pas de figure tutélaire du « Praf » ou du « prafisme ». Il s’agit d’une attitude construite en réaction à des évolutions de la société dans lesquelles celui-ci ne se retrouve pas : une évolution de la scène politique d’abord, mais aussi de la scène médiatique, associée au développement des réseaux sociaux et à l’effondrement de la morale publique.

Revue des Deux Mondes – Peut-on expliciter la différence entre des prafistes intermittents et des prafistes plus radicaux, dans la rupture ?

Brice Teinturier – Les « plus rien à foutre » sont dans une rupture quasi définitive. Ils seront impossibles à reséduire dans le cadre d’une campagne présidentielle. Ces personnes affirment ne plus s’intéresser ni à l’élection qui se joue, ni à la politique en général. Ils sont dans un processus d’éloignement tel que les formes classiques de la politique ne les attirent plus, y compris le fait de voter.

Par ce désengagement à l’égard de la scène collective, les « plus rien à foutre » assurent ne plus se retrouver dans la manière de fonctionner de la démocratie représentative. Pour eux, le personnel politique est pourri, corrompu, ne se préoccupe que de lui-même.

« Les “plus rien à foutre” sont perdus pour les grands moments électoraux. Le défi majeur est de parvenir à les faire revenir à quelque chose de plus collectif en leur donnant le sentiment d’être pris en compte. »

On observe chez eux une forme de repli. Celui-ci s’effectue soit au profit de la sphère privée (relationnelle, familiale, amicale…) soit, s’il y a du réinvestissement politique, au profit du niveau local, c’est-à-dire entre autres associatif. Ce réinvestissement touche par exemple les « civic tech », qui peuvent donner à ces personnes le sentiment d’être davantage prises en compte et utiles.

Reste qu’elles ont rompu les amarres avec une famille politique dans laquelle elles ne se retrouvent absolument plus, que ce soit en terme d’offre de candidature ou de programme. Les « plus rien à foutre » sont perdus pour les grands moments électoraux. Le défi majeur est de parvenir à les faire revenir à quelque chose de plus collectif en leur donnant le sentiment d’être pris en compte. Sinon ils resteront dans des modes d’action très privatisés.

Les « plus rien à faire », eux, sont marqués par une forme de lassitude, le sentiment d’un « déjà vu » et le constat d’un effondrement de l’exemplarité des hommes politiques, tout comme de la sphère entrepreneuriale et privée. Ils n’en sont pourtant pas à un point de rupture. Ces « prafistes » peuvent donc revenir dans le jeu « classique » de la démocratie représentative.

Revue des Deux Mondes – Quelle est l’origine historique de cette attitude ?

Brice Teinturier – Jusque dans les années 1980, nous sommes face à des croyants dans la politique. L’alternance de 1981 suscite énormément d’espérance. Malheureusement, les cohabitations, avec Jacques Chirac, Édouard Balladur et Lionel Jospin, diluent les responsabilités et génèrent de nombreux déçus.

En 2007, c’est l’extraordinaire réactivation de l’espérance. Nicolas Sarkozy parvient à réembarquer ces déçus. Mais au cours des 10 années suivantes se produit quelque chose d’inédit dans la Ve République : une alternance pure (5 années où la droite a tous les pouvoirs, puis 5 années où c’est au tour de la gauche). Ces 10 années d’alternance parfaite sont pour les Français synonymes d’échec. La décennie Sarkozy-Hollande a créé un ébranlement profond. Un ébranlement tel qu’il apparaît aujourd’hui beaucoup plus difficile pour les responsables politiques de séduire de nouveau ces citoyens.

L’autre ébranlement notable, dans cette même période, est l’essor des technologies de l’information qui transforme notre rapport à la démocratie et à la politique. Ces évolutions techniques donnent aux Français le sentiment de pouvoir trouver des solutions, car ils les expérimentent tous les jours à travers leur smartphone. Ils font l’apprentissage de solutions collaboratives, du court-circuitage d’un certain nombre d’intermédiaires… La société peut élaborer des solutions par elle-même, indépendamment du schéma classique « top – down ». Cela change le rapport à la démocratie et autorise beaucoup plus de prise de distance.

Dans ces mêmes 10 dernières années, on peut également mentionner l’explosion des médias d’information en continu et en concurrence, qui génèrent un type nouveau d’information et conduisent à fragmenter les audiences, à construire des référentiels différents. Or la démocratie fonctionne lorsque nous avons des référentiels communs.

Enfin, cette décennie marque l’effondrement de la morale : dans les sphères sportive, entrepreneuriale, politique… de nombreux acteurs se sont révélés bien en-dessous du niveau d’exemplarité que l’on pouvait exiger. Les effets sont ravageurs chez un certain nombre de Français qui se sentent orphelins de modèles d’identification.

Revue des Deux Mondes – Quelles conséquences cette attitude peut-elle avoir sur notre démocratie ? Est-ce une remise en question totale du modèle démocratique ou une relativisation ?

Brice Teinturier – Pour les « prafistes », la façon dont la démocratie fonctionne aujourd’hui ne permet pas de prendre correctement en compte l’avis et les solutions prônées par les citoyens. Il s’agit donc d’un désengagement et d’une relativisation, bien plus qu’une contestation au profit d’un régime autoritaire.

« Les “prafistes” ne sont pas des frontistes ».

En 2014, 24% des Français déclaraient que d’autres systèmes politiques pouvaient être aussi bons que la démocratie. Ils étaient 26% en 2015, 30% en 2016 et 32% aujourd’hui. Mais cet indicateur n’est pas le signe d’une tentation autoritaire. Ceux qui contestent véritablement la démocratie en France, en tant que forme de régime politique, représentent environ 8%. Il y a dans la société française une demande d’autorité, c’est incontestable. Mais ceux qui sont sur cette relativisation de la démocratie ne souhaitent pas, prioritairement, un régime autoritaire, mais beaucoup plus un régime participatif.

Les « prafistes » ne sont pas des frontistes, qui croient en un mode d’action politique relativement classique en pensant que les solutions du Front National peuvent améliorer la situation. La problématique du FN n’est pas de transformer la politique mais de transformer ceux qui exercent le pouvoir. Les prafistes sont revenus de tout cela ! Ils ne considèrent pas que le FN et la sortie de l’Euro amélioreront la situation. Ils cherchent d’autres formes d’action collective et politique. Ils prennent leurs distances par rapport à une forme de démocratie trop rigide qui ne fait appel aux citoyens qu’une fois tous les cinq ans.

Revue des Deux Mondes – Ce constat ouvre une grande période d’incertitudes pour le futur.

Brice Teinturier – Le problème ne concerne pas uniquement 2017 mais pose la question de notre capacité, dans les années à venir, à fabriquer suffisamment de points d’accord entre nous. Tout l’enjeu est de regénérer la démocratie pour qu’elle réengage davantage de Français. Si nous ne changeons pas la façon de faire de la politique aujourd’hui, nous irons vers des formes de désengagement de plus en plus profond. Il est impératif de ne pas se contenter de faire de la démocratie représentative « à la papa », beaucoup trop sclérosée, mais de mieux articuler démocratie représentative et démocratie participative.

Dans une première hypothèse, plutôt optimiste, nous aurons une forme démocratique un peu différente de ce que l’on trouve aujourd’hui, mais qui continue de fonctionner pour l’immense majorité des Français. Dans une hypothèse plus pessimiste, où le système n’évolue pas, nous continuerons de fonctionner avec une société politique qui évolue peu et ne tient pas compte des demandes des citoyens.

« L’élection américaine était un gigantesque PRAF. »

Ce dernier cas de figure risque de provoquer, d’une part, une prise de distance beaucoup plus forte à l’égard de la scène politique (et donc des élections avec des taux d’abstention en hausse) et, d’autre part, des phénomènes de contestation permanente, voire de violence bien plus revuedesdeuxmondesforte. En effet, la démocratie cherche constamment à fabriquer de la légitimité et du respect de la loi. Si un nombre insuffisant de Français admet ce jeu, le risque est de voir se développer des discours contestataires de la loi, comme on en voit actuellement à propos de l’article 49.3 de la Constitution ou de Notre-Dame-des-Landes. Rentrer dans un mécanisme où l’on conteste une loi, plus considérée comme légitime, conduit à s’exposer à des phénomènes de violence potentielle.

Revue des Deux Mondes – Votre constat pourrait tout à fait s’appliquer à d’autres pays européens. Quel parallèle faites-vous entre le « PRAF » français et celui de nos voisins ?

Brice Teinturier – L’observation vaut en effet pour l’Europe. Nous nous sommes beaucoup intéressés à la montée du populisme, en ignorant trop souvent un autre mouvement qui ne bascule pas dans le populisme mais est tout aussi important : celui du désengagement, qui touche à différents degrés l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne dans une moindre mesure.

On retrouve ce même mouvement aux États-Unis. Dans le cadre des élections américaines, tout l’attention a été portée sur la victoire de Donald Trump, tout comme on se concentre d’ailleurs en France sur la montée en puissance de Marine Le Pen. Or 40% des Américains ne sont pas allés voter ! On a donc observé un gigantesque « PRAF » américain à l’occasion d’une élection où, pourtant, tout avait été mis en place pour mobiliser massivement…

Brice Teinturier et Antoine Lagadec
24/03/2017

Source : Revue des Deux Mondes.fr

Correspondance Polémia – 12/04/2017

Image : 1re de couverture

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Les banderistes ukrainiens et l’université française : une histoire plus vieille qu’il ne semble

Publié le par Felli Bernard

Les banderistes ukrainiens et l’université française : une histoire plus vieille qu’il ne semble


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Annie Lacroix-Riz

Par Annie Lacroix-Riz – Avril 2017 – Source Presse nouvelle magazine No 435

« L’indépendance de l’Ukraine » ‑ en bon français, la séparation d’avec la Russie en vue du contrôle de cette caverne d’Ali Baba européenne par une ou plusieurs grandes puissances non russes ‑ constitue un objectif remontant aux débuts mêmes de l’ère impérialiste.

Parmi les candidats à la relève, deux alliés et rivaux se sont imposés : 1° l’Allemagne qui, en quête d’espace vital, a soutenu dès avant 1914 « l’autonomisme ukrainien », avec l’appui jamais démenti du Vatican, muni de l’efficace machine de guerre uniate ; 2° les États-Unis, qui l’ont, depuis les années 1930, régulièrement accompagnée. Ancienne mais toujours inconnue en France, cette ambitieuse entreprise s’est intensifiée aux États-Unis depuis l’ère Reagan 1, et plus encore après la chute de l’URSS, avec la phase des « révolutions oranges » : l’épisode Maïdan de 2014 et ses suites, décrits, au grand dam des médias dominants français, par le journaliste Paul Moreira ont promu les forces banderistes-nazies, que Washington avait sauvé en 1945 puis utilisé sans répit les chefs, Stepan Bandera et Mikola Lebed, et leurs successeurs, en vue d’une désintégration de l’URSS 2.

Cette offensive politique a généré une énorme opération de propagande internationale sous l’égide des États-Unis et de l’Union européenne, sur le thème de la « famine génocidaire en Ukraine » de 1933, dite « Holodomor » (ne manquez pas la recherche Internet, entamée actuellement par « Holodomor 7 millions de chrétiens exterminés par les juifs »). L’offensive ne s’est pas borné au terrain de masse de la presse écrite et audiovisuelle. Des groupes « ukrainiens », dont l’association « Ukraine 33 », dont la fondation est hébergée  par l’archevêché de Lyon, et avec Mgr Decourtray pour président d’honneur, s’agitèrent en France dès le début des années 2000. Du côté séduisant, « Ukraine 33 » s’efforçait de conquérir les associations juives et « humanitaires » pour célébrer en commun, via des colloques, les « génocides des Juifs et des Ukrainiens ». Parce que j’avais envoyé en 2004 via Internet, dans le cadre d’un cours de concours, un dossier d’archives diplomatiques démontrant l’absurdité de la thèse « génocidaire », Ukraine 33 déploya d’intenses efforts médiatiques et politiques (jusqu’auprès du président de la République Jacques Chirac) pour me faire exclure de l’université comme « négationniste ».

Du côté moins séduisant, le groupe toujours officiellement voué à la commémoration de l’« Holodomor » est très lié au Congrès ukrainien mondial, sis à Washington et présidé jusqu’en 2008 par Askold Lozynskyj, toujours actif, dont le New-York Times avait publié ce courrier du 18 juillet 2002 : « quand les Soviets furent contraints à la retraite devant l’invasion des nazis en juin 1941, ils massacrèrent leurs prisonniers […] d’Ukraine occidentale arrêtés et internés par dizaines de milliers en 1939 […]. Ce fut accompli avec l’aide des communistes locaux, surtout ethniquement juifs. Ce massacre ne constituait malheureusement pas une aberration des œuvres soviétiques en Ukraine. En 1932-33 en Ukraine orientale, les Soviets avaient déjà assassiné environ 7 millions d’hommes, de femmes et d’enfants ukrainiens au moyen d’un génocide stratégiquement planifié de famine artificielle. L’homme choisi par Joseph Staline pour perpétrer ce crime était un juif, Lazare Kaganovitch. Le célèbre historien britannique Norman Davies a conclu qu’aucune nation n’avait eu autant de morts que l’Ukraine. Ce qui fut dans une large mesure le résultat des œuvres à la fois des communistes et des nazis. Les Russes et les Allemands étaient des barbares. Mais les juifs étaient les pires. Ils trahirent leurs voisins et le firent avec tant de zèle ! ».

Les succès remportés par l’opération conjointe de séduction et de châtiment poussèrent les banderistes à l’imprudence : fin mai 2006, à l’Arc de Triomphe, ils rendirent hommage officiel à Petlioura sous la protection des forces de police. La LICRA, qui se rappelait que l’exécution du pogromiste Petlioura par le juif ukraino-bessarabien Schwartzbard, en 1926, était à l’origine de sa création, protesta vivement bien que son président appartînt au même parti que les gouvernants français, dont le ministre de l’intérieur Sarkozy.

L’offensive sembla bloquée, mais la conjoncture « ukrainienne » l’a relancée considérablement. Sa puissance vient de se manifester par l’organisation du 8 au 11 mars d’un colloque à couverture universitaire : « La Shoah en Ukraine. Nouvelles perspectives sur les malheurs du XXe siècle », sous l’égide des publicistes, notoires pour leurs écrits russophobes, Philippe de Lara et Galia Ackerman. Ces solides défenseurs de l’Ukraine de Maïdan ont entraîné dans l’opération l’Inalco, Paris 2 et la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, associée à son financement. L’opération, promue par Libération, quotidien auquel la russophobie tient lieu de ligne de politique extérieure, a été tuteurée par l’ambassade d’Ukraine. Celle-ci a fourni, outre la masse de l’assistance fort excitée, les intervenants ukrainiens, dont Volodymyr Vyatrovych, singulier « historien » banderiste connu de longue date. Celui-ci, au cours d’une intervention dont une vidéo va sans doute être mise en circulation, y a notamment déclaré, entre autres énormités, et sans que les chercheurs français prennent l’initiative de quitter la salle : « nous, Ukrainiens et juifs, nous avons de quoi avoir honte pour nos ancêtres », les uns et les autres ayant également procédé à des massacres.

Les mises en garde d’universitaires étrangers n’avaient pas manqué contre de tels partenaires, ce dont témoignent les articles des 10 et 13 mars du site lescrises.fr

http://www.les-crises.fr/une-histoire-faussee-ne-cree-pas-damis-par-andreas-umland/

http://www.les-crises.fr/un-revisionniste-ukrainien-a-la-sorbonne-ce-week-end-action/

http://www.les-crises.fr/volodymyr-viatrovich-l-historien-qui-blanchit-le-passe-historique-de-l-ukraine-par-josh-cohen/ ;

Une des participantes de la session, Delphine Bechtel, germaniste civilisationniste de Paris 4, attirée dans ce piège, avait cru pouvoir « contrer » cette prévisible tempête banderiste. Elle a admis, au terme d’un colloque sur lequel on attend une information complète, que « tout cela [était] très grave et entach[ait] notre université et nos institutions ». Accablée, elle a projeté d’écrire « texte commun » de protestation des universitaires français associés à ce désastre, texte qui n’a, à ma connaissance, pas été rédigé. Le serait-il qu’il ne réglerait pas l’essentiel : une fraction de « l’université française » spécialiste de la « destruction des juifs d’Europe » a été associée à cette opération banderiste, aux côtés de pro-banderistes français notoires ; et elle n’a, à cette date, ni admis s’y être fourvoyée, ni mis en garde contre les périls imminents. Elle redoute plus que tout une protestation officielle qui mettrait les Ukrainiens invités et leur relais politiques et de presse en mesure « de dire que [les universitaires français participants sont] un ramassis de bolcheviques. »

J’ignore comment les participants français pourront justifier en termes académiques leur présence à une telle session, effarante, tant par son contenu que par sa conclusion : « après le dernier dîner » dudit colloque, qui avait eu lieu « dans un restaurant de la rue Racine, choisi précisément pour son emplacement, les participants ont été invités à se réunir à l’endroit où Petlioura avait été tué par Schwartzbard en 1926 ». Il n’a pas été précisé si des Français étaient présents à cette ultime étape des festivités.

La situation est d’autant plus grave qu’une nouvelle étape du mensonge historique assorti du badigeonnage des banderistes se prépare, plus grave encore car sous la seule bannière universitaire : le Mémorial de Caen vient d’annoncer qu’il organisera, les 22-24 novembre 2017, un colloque sur la « mémoire des génocides », d’où « l’histoire » avérée des génocides sera strictement bannie, et où « [les] famines programmées et [les] grandes purges de la Russie soviétique des années 1930 » voisineront, entre autres, avec l’« extermination des Juifs et des Tziganes par l’Allemagne nazie et [la] guerre d’anéantissement à l’Est durant la Seconde Guerre mondiale ». J’en reparlerai.

Annie Lacroix-Riz est professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université Paris 7.

Notes

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De la Fondation Saint-Simon à Emmanuel Macron

Publié le par Felli Bernard

Comment faire du neuf avec du vieux

De la Fondation Saint-Simon à Emmanuel Macron

La subite apparition d’un nouveau parti politique, En Marche !, sur la scène électorale française, et la candidature de son président, Emmanuel Macron, à la présidence de la République ne doivent rien au hasard. Les partisans de l’alliance entre la classe dirigeante française et les États-Unis n’en sont pas à leur coup d’essai.

| Damas (Syrie)
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Henry Hermand, l’un des principaux créateurs de la Fondation Saint-Simon, a parrainé la carrière d’Emmanuel Macron. Il fut son témoin, lors de son mariage en 2007. Il le fit entrer en 2012 à l’Élysée et créa son parti politique à l’Institut Montaigne, en 2016.

Il est impossible de comprendre la soudaine apparition sur la scène politique partisane d’Emmanuel Macron sans connaître les tentatives qui l’a précédée, celles de Jacques Delors et de Dominique Strauss-Kahn. Mais pour comprendre qui se tient dans les coulisses, un retour en arrière est nécessaire.

1982 : la Fondation Saint-Simon

Des universitaires et des directeurs de grandes entreprises françaises décidèrent, en 1982, de créer une association afin de favoriser « la rencontre entre les chercheurs en sciences sociales et les acteurs de la vie économique et sociale, [et] de diffuser auprès du public les connaissances produites par les sciences humaines et sociales ». Ce fut la Fondation Saint-Simon [1].

Durant près de vingt ans, cet organisme imposa le point de vue de Washington en France, créant ce que ses détracteurs appelèrent « la pensée unique ». La Fondation décida de se dissoudre, en 1999, après les grèves de 1995 et l’échec de la réforme du système de retraite.

La Fondation organisa 70 séminaires annuels auxquels participèrent chaque fois une quarantaine de personnes. Elle publia 110 Notes mensuelles et une quarantaine de livre. Enfin, plus discrètement, elle organisa un dîner mensuel réunissant des universitaires, des chefs d’entreprises du CAC40, et les principaux patrons de presse du pays.

Durant ces dîners, non seulement les points de vue se rapprochèrent, mais les patrons de presse décidèrent des sujets qu’ils aborderaient et la manière dont ils les traiteraient. Progressivement, le pluralisme de la presse s’effaça devant le « devoir d’informer », puis devant le « pouvoir de former » les esprits.

La Fondation avait été créée par d’un côté l’historien François Furet et le sociologue Pierre Rosanvallon, de l’autre le lobbyiste Alain Minc, l’industriel Roger Fauroux, le banquier Jean Peyrelevade, et enfin l’éditeur Yves Sabouret et l’intellectuel Jean-Claude Casanova. Son financement avait été imaginé par Henry Hermand, une éminence grise de la gauche non-communiste.

Toutes ces personnalités étaient alors connues pour leurs liens avec un puissant groupuscule états-unien : les néo-conservateurs. Ces intellectuels trotskistes venaient de rejoindre le président républicain Ronald Reagan. Dépassant les concepts de « droite » et de « gauche », ils affirmaient combattre le stalinisme et vouloir « démocratiser » le monde par tous les moyens. Ils ne cachaient pas leur admiration pour le philosophe Leo Strauss, théoricien d’une dictature globale éclairée. Certains d’entre eux, créèrent la National Endowment for Democracy (NED) et le United States Institute of Peace. Malgré les apparences, ces deux fondations ont été conçues comme des instruments au service des « Cinq yeux », c’est-à-dire de l’accord entre les services secrets de l’Australie, du Canada, des États-Unis, de la Nouvelle-Zélande et du Royaume-Uni.

Au départ, la Fondation Saint-Simon bénéficia de subventions de la John M. Olin Foundation, qui avait invité François Furet à enseigner à Chicago. Cet organisme états-unien, marqué très à droite, avait déjà financé les trotskistes néo-conservateurs. Rapidement, la Fondation Saint-Simon adhéra à The Hague Club (le Club de La Haye), une supra-structure de la Fondation Rockefeller chargée de financer une trentaine d’associations européennes atlantistes avec des Fonds de la CIA, puis de la NED.

C’est donc avec l’argent des services secrets états-uniens que furent organisés les dîners mensuels rassemblant des universitaires de renom et les patrons du CAC40 autour des directeurs d’Études, d’Esprit, d’Europe 1, de L’Expansion, de L’Express, du Figaro, de Libération, du Matin de Paris, du Monde, de M6, du Nouvel Observateur, de RTL et des journalistes stars d’Antenne2 et de TF1.

Dans les années 90, lorsque le sociologue britannique Anthony Giddens lança la « Troisième voie » pour adapter la rhétorique socialiste à l’économie de marché, la Fondation Saint-Simon célèbra avec enthousiasme ce tour de passe-passe porté par Bill Clinton et de Tony Blair.

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Anne Sinclair, journaliste vedette de TF1 et membre de la Fondation Saint-Simon, et son ami Jacques Delors, candidat officiel de la Fondation à la présidence de la République.

1993 : l’opération Jacques Delors & Martine Aubry

En 1993, les membres de la Fondation Saint-Simon décidèrent de lancer leur propre candidat à la présidence de la République : le président de la Commission européenne, Jacques Delors. Simultanément, ils préparèrent la montée en puissance de la fille de leur candidat, la ministre du Travail Martine Aubry, destinée à devenir sa Première ministre.

Jacques Delors, alors socialiste, avait débuté sa carrière politique à droite, au cabinet de Jacques Chaban-Delmas. Martine Aubry, alors socialiste, avait débuté comme responsable des relations publiques du groupe Pechiney, dont le directeur Jean Gandois deviendra « le patron des patrons ».

Tandis que les organes de presse dont les directeurs étaient membres de la Fondation commençaient à tresser les louanges de Jacques Delors et de sa fille, le trésorier de la Fondation, Alain Minc, créa dans les locaux de la Fondation deux organisations distinctes :
- l’Association nationale des entreprises pour l’insertion (ANEI), afin d’impliquer de grandes entreprises dans la campagne électorale de Delors.
- l’Association des amis de la Fondation Agir contre l’exclusion (FACE), pour financer l’ascension d’Aubry.

Après l’échec de François Bayrou au congrès des Démocrates sociaux (CDS), Jacques Delors prit acte de l’impossibilité de créer une nouvelle majorité rassemblant les socialistes et les centristes. Il renonça donc à se présenter à l’élection présidentielle. L’ANEI fut dissoute et ses actifs furent transférés à la FACE.

Le programme politique de la Fondation Saint-Simon et des Delors père et fille était de faire de la France le pilier de l’Union européenne. Il prévoyait de faire de la France le « hub » européen en y développant les transports routiers transversaux et de fonder l’économie sur un accroissement de la main d’œuvre. Il convenait donc de maintenir les femmes au travail et d’augmenter l’immigration. Dans la période transitoire, afin de contenir le chômage, il faudrait diminuer le temps de travail.

Ce programme a été partiellement appliqué, par la suite, avec le gouvernement Jospin, bien qu’alors la conjoncture internationale eut changée. En 1998 et 2000, la France adopta les 35 heures, cette fois contre l’avis du patronat qui les soutenait en 1993-95, et augmenta l’immigration du travail. Le résultat fut inverse à celui imaginé en 1993 : le chômage crût inexorablement. Le maintien des femmes au travail posa de nouveaux problèmes en termes de crèches, de temps de travail des enfants à l’école, et finalement de baisse du niveau des élèves. Dans ce contexte, la présence massive d’immigrés déstabilisa l’ensemble du système social.

1995 : l’opération Juppé-Notat de réforme des retraites

Le projet de loi du Premier ministre Alain Juppé (droite) sur la réforme des retraites fut soutenu par la revue Esprit et le syndicat CFDT (gauche) ; le tout coordonné par la Fondation.

C’est durant cette campagne que le sociologue Alain Touraine émergea comme porte-parole des Saint-Simoniens.

Cependant, face aux gigantesques grèves de décembre 95, le projet de loi dû être retiré. Victime de son échec, la Fondation Saint-Simon ne tarda pas à se dissoudre.

2000 : l’Institut Montaigne

En 2000, le groupe d’assurances AXA créé un nouveau think-tank, l’Institut Montaigne. Bientôt, il publie un ouvrage collectif d’universitaires et de chefs d’entreprise, Le Courage de réformer. Puis il prend le journaliste Philippe Manière comme directeur. Celui-ci a été formé par la Fondation Rockefeller au Centre Bellagio qui abrite The Hague Club.

L’Institut Montaigne milite pour des réformes économiques et sociales en tous points identiques à celles que la Fondation Saint-Simon entendait réaliser. En 2004, il rédige la Charte de la diversité en entreprise, immédiatement soutenue par la FACE et aujourd’hui adoptée par de nombreux groupes. En 2012, il publie un second livre collectif, Réformer par temps de crise. Après le retrait de Claude Bébéar de la direction d’AXA, son successeur à la tête de l’entreprise, Henri de Castries, en devient président.

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Anne Sinclair toujours, mais cette fois avec époux, Dominique Strauss-Kahn, candidat officieux de Terra Nova à la présidence de la République.

2008 : Terra Nova

En 2008, un collaborateur de Dominique Strauss-Kahn, Olivier Ferrand, créé l’association Terra Nova, dans des locaux prêtés par Henry Hermand. Ce nouveau think tank vise à faire entrer la modernité états-unienne dans la vie économique, sociale et politique de la France. Il fonctionne sur le modèle du Progressive Policy Institute créé par Bill Clinton et le sénateur pro-israélien Joseph I. Lieberman.

Comme la Fondation Saint-Simon avec le Crédit Lyonnais, Terra Nova entretient d’étroites relations avec des banques, principalement avec Rothschild & Cie.

En 2011, Terra Nova organisa la première primaire du Parti socialiste avec l’aide de la National Endowment for Democracy qui envoya pour cela à Paris son spécialiste, Tom McMahon. L’idée était de faire adopter par d’autres partis que les socialistes un candidat unique, Dominique Strauss-Kahn, de sorte qu’il soit en mesure de passer le premier tour de l’élection présidentielle et de l’emporter. Directeur du Fonds monétaire international, « DSK » devait faire entrer les Français dans la globalisation.

Malheureusement, il fut arrêté aux États-Unis peu avant la primaire dans laquelle il fut remplacé par Martine Aubry. La fille de Jacques Delors passa le premier tour, mais fut éliminée au second par François Hollande.

À la mort d’Olivier Ferrand, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, lui succéda à la présidence de Terra Nova.

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Mieux que Bill Clinton et Tony Blair : Emmanuel Macron, le gendre idéal.

2016 : l’opération Emmanuel Macron

Ce long préambule permet de comprendre le lancement de l’opération Emmanuel Macron.

À sa sortie de l’ENA, Emmanuel Macron a débuté, en 2004, au sein du cabinet de Jean-Pierre Jouyet. Ce dernier est un ancien collaborateur de Roger Fauroux (le président de la Fondation Saint-Simon) et de Jacques Delors (le candidat présidentiel de la Fondation). Par la suite Jouyet est devenu ministre de Nicolas Sarkozy (droite) puis secrétaire général de l’Élysée de François Hollande (gauche).

Emmanuel Macron fait alors un détour par la banque Rothschild & Cie. Puis entre à l’Élysée comme adjoint de Jean-Pierre Jouyet. À cette fonction, il remplace un autre associé-gérant de Rothschild & Cie, François Pérol.

En 2006, Emmanuel Macron rejoint le Parti socialiste et la Fondation Jean-Jaurès, dont une partie du financement est assurée par les trotskistes néo-conservateurs de la National Endowment for Democracy (NED). En 2007, il rejoint Les Gracques, un groupe d’anciens patrons et de hauts fonctionnaires, dont Jean-Pierre Jouyet est l’animateur. Cette association tente d’organiser une alliance entre le Parti socialiste et les centristes.

En 2012, Emmanuel Macron devient Young leader de la French-American Foundation [2], dont Philippe Manière (le directeur de l’Institut Montaigne) et Alain Minc (le trésorier de la Fondation Saint-Simon) sont administrateurs. C’est sur recommandation du même Alain Minc, qu’Emmanuel Macron devient Research Fellow à la London School of Economics, lorsqu’il quitte l’Élysée, en 2014.

En mai-juin 2014, Emmanuel Macron est invité à la réunion annuelle du Groupe de Bilderberg. L’ordre du jour prévoyait aussi bien la question de l’échange interétatique de Renseignement que l’architecture du Moyen-Orient post-Printemps arabes. Cette institution a été crée en marge de l’Otan qui en assure directement la sécurité, quel que soit le pays où elle se réunit. Son président actuel est le Français Henri de Castries, Pdg d’AXA et président de l’Institut Montaigne.

En 2016, dans les locaux de l’Institut Montaigne, Emmanuel Macron créé son propre parti, En Marche !, avec l’aide d’Henry Hermand (un des principaux mécènes de la Fondation Saint-Simon, puis de Terra Nova) [3]. Après s’être largement expliqué sur les plateaux de télévision, l’homme décéde en novembre 2016, à 92 ans. L’originalité de ce parti est que, durant ses huit premiers mois, il n’aura pas ni programme, ni proposition, juste un candidat à la présidentielle. Cela ne l’empêchera pas d’être rejoint par toutes sortes de personnalités politiques qui n’eurent pas besoin qu’on leur précise ce qu’elles savaient déjà : le programme de Macron, c’est celui de Delors et de Strauss-Kahn.

Si la candidature de Jacques Delors visait à faire de la France le pilier de l’Union européenne, celle d’Emmanuel Macron comme celle de Dominique Strauss-Kahn entend faire entrer les électeurs (on n’ose plus dire les « Français ») dans la globalisation. Le soutien apporté par les médias est beaucoup plus facile que deux décennies auparavant car ils se sont concentrés et que les six principaux patrons de presse sont favorables à la globalisation.

Macron étant candidat à la présidentielle, Aubry renonce cette fois à se présenter à la primaire socialiste. En février 2017, François Bayrou, qui n’avait pu emmener les Démocrates-sociaux à soutenir Jacques Delors, apporte son soutien à Emmanuel Macron.

C’est ainsi que l’on fait du neuf avec du vieux. Chaque année les Français célèbrent dans la fête le « beaujolais nouveau », puis ils retournent à leurs occupations. Car, à la différence de la « France éternelle » de De Gaulle, cette aimable piquette ne se conserve pas.

Durant une dizaine d’années, l’auteur a participé à de nombreux séminaires de la Fondation Saint-Simon.

[1] « La face cachée de la Fondation Saint-Simon », par Denis Boneau, Réseau Voltaire, 10 février 2004.

[2] « Un relais des États-Unis en France : la French American Foundation », par Pierre Hillard, Réseau Voltaire, 19 avril 2007.

[3] « Henry Hermand : "Mon soutien à Macron ne doit pas faire plaisir à Hollande" », Mathilde Siraud, Le Figaro, 18 septembre 2016.

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Pyongyang rate un essai de missile après un défilé militaire géant

Publié le par Felli Bernard

Pyongyang rate un essai de missile après un défilé militaire géant

Parade militaire à Pyongyang, le 15 avril 2017, à l'occasion du 105e anniversaire de Kim Il-Sung, fondateur de la République populaire démocratique de Corée / © AFP / ED JONES

Pyongyang a essuyé un échec dimanche lors d'un essai de missile, a annoncé l'armée américaine, au lendemain d'une démonstration de force du régime nord-coréen avec une gigantesque parade militaire.

Ce tir de missile raté est un revers pour la Corée du Nord, au moment où les tensions sur la péninsule sont attisées par des déclarations belliqueuses de Pyongyang et Washington.

Le président américain Donald Trump, qui a dépêché dans la zone un groupe aéronaval, avait affirmé jeudi sa volonté de "traiter" le "problème" des programmes balistique et nucléaire nord-coréen interdits. La Corée du Nord a répondu samedi en se déclarant prête à riposter par la force nucléaire à toute attaque atomique.

Les Etats-Unis ont confirmé dimanche que le régime nord-coréen avait procédé dans la matinée à un essai de missile, comme venait de l'annoncer Séoul: "Le missile a presque immédiatement explosé", a déclaré Dave Benham, porte-parole du Pentagone.

Ni Séoul ni Washington n'ont été en mesure de déterminer dans l'immédiat la nature du missile en question, mais le timing de ce tir semble avoir été soigneusement choisi.
 

Le leader nord-coréen Kim Jong-Un (c) assiste, le 15 avril 2017 à Pyongyang, à une grande parade militaire à l'occasion du 105e anniversaire de Kim Il-Sung, fondateur de la République populaire démocratique de Corée / © AFP / ED JONES

Il est en effet intervenu au lendemain du défilé militaire géant organisé par le régime de Pyongyang pour le 105e anniversaire de la naissance du fondateur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), Kim Il-Sung.

Une parade au cours de laquelle ont été exhibés une soixantaine de missiles et notamment ce qui semblait être un nouveau type de missile balistique intercontinental.

Ce tir a en outre été effectué quelques heures seulement avant l'arrivée en Corée du Sud du vice-président américain Mike Pence pour des discussions qui se concentreront sur la menace nord-coréenne.

- Message à l'ennemi américain -
 

Parade militaire à Pyongyang, le 15 avril 2017, à l'occasion du 105e anniversaire de Kim Il-Sung, fondateur de la République populaire démocratique de Corée / © AFP / ED JONES

Pyongyang a considérablement accéléré ses programmes balistiques et nucléaires, pourtant interdits par la communauté internationale. Depuis le début 2016, le régime nord-coréen, l'un des plus isolés au monde, a ainsi réalisé deux essais nucléaires -les quatrième et cinquième de son histoire- et des dizaines de tirs de missiles.

La Corée du Nord a pour habitude de marquer les grandes dates du régime par des tirs de projectiles, dont certains se sont récemment abîmés dangereusement près du Japon. Ces essais sont aussi souvent des messages adressés à l'ennemi américain.

Certains redoutaient cependant que Kim Jong-Un ne prenne prétexte de l'anniversaire de samedi pour réaliser un sixième essai nucléaire.

Selon les analystes de "38 North", un site internet qui fait autorité sur le régime communiste et qui s'appuie sur plusieurs images satellites récentes, le site d'essais nucléaires de Punggye-ri est ainsi "amorcé et prêt" à servir.
 

Le site d'essais nucléaires nord-coréen / © AFP / Laurence CHU, John SAEKI

Le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, a indiqué que M. Trump et son équipe de conseillers militaires étaient "au courant" de ce tir, mais n'avaient "pas plus de commentaire à faire".

Selon le Pentagone et les Sud-Coréens, ce tir raté a été effectué depuis le site de Sinpo, sur la côte est.

"Il est probable que ce tir était un essai d'un nouveau type de missile, ou d'un missile amélioré, ce qui fait qu'il est fort possible qu'il y ait prochainement une nouvelle provocation", a déclaré Kim Dong-Yub, expert à l'Institut des études d'extrême-Orient de l'Université Kyungnam de Séoul.

Guerre totale
 

Pyongyang : Kim Jong-Un préside un défilé militaire / © KCNA/AFP / -, Farid Addala

C'est au large de Sinpo que se trouvait en août le sous-marin nord-coréen auteur du tir d'un missile balistique qui avait parcouru 500 km en direction du Japon.

A l'époque, Kim Jong-Un avait parlé du "plus grand succès" du régime dans l'optique de placer le territoire américain à portée des missiles nord-coréens.

Pyongyang, qui affirme que ses programmes nucléaire et balistique sont une réponse à la menace américaine, ne cache pas que leur objectif est justement d'être en mesure de porter le feu nucléaire sur le sol américain.

Signe de l'aggravation des tensions, les Etats-Unis ont décidé d'envoyer vers la péninsule coréenne le porte-avions Carl Vinson et son groupe aéronaval.

Et reprenant la rhétorique bien connue de Pyongyang, le numéro 2 du régime nord-coréen Choe Ryong-Hae a promis samedi que son pays était "prêt à répondre à une guerre totale par une guerre totale".

Certains experts estiment que Pyongyang est à deux ans d'être en mesure d'avoir une véritable capacité de missiles intercontinentaux.

Une véritable force de frappe balistique depuis ses sous-marins renforcerait nettement la dissuasion nucléaire nord-coréenne.


(©AFP / 16 avril 2017 07h12)

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« Trump a donné 1000 raisons à Daech de lancer des attaques chimiques »

Publié le par Felli Bernard

« Trump a donné 1000 raisons à Daech de lancer des attaques chimiques »


Une interview de Peter Ford, ancien ambassadeur britannique en Syrie – Le 7 avril 20127 – You Tube

Journaliste : – L’ancien ambassadeur britannique en Syrie Peter Ford est maintenant avec moi. Bonjour à vous !

Peter Ford : – Bonjour.

Journaliste : – Puis-je d’abord seulement attirer votre attention. Voici le début de ce discours du Président Trump : « Mes chers concitoyens. Mardi, le dictateur syrien Bachar al-Assad a lancé une horrible attaque chimique contre des civils innocents. » C’est un fait (n’est-ce pas) ?

 

Peter Ford : – C’est une déclaration… Une fausse déclaration sur un fait non avéré. Nous ne savons pas. Ce qui est nécessaire, c’est une enquête, car il y a deux possibilités pour ce qui s’est passé. L’une est la version américaine, qu’Assad a lancé des armes chimiques sur cette ville. L’autre version est qu’une bombe ordinaire a été lâchée et qu’elle a frappé un dépôt de munitions où les djihadistes entreposaient des armes chimiques. Nous ne savons pas laquelle de ces deux possibilités est la bonne.

Souvenez-vous des événements qui ont précédé (la guerre en) Irak : les experts, les services de renseignement, les politiciens étaient convaincus que Saddam avait des armes de destruction massive.

Ils ont présenté des tombereaux de preuves : des photographies, des diagrammes, etc. Tout était faux.

Tout était faux. Il est possible qu’ils se trompent (encore) cette fois-ci également, mais ils ne recherchent qu’un prétexte pour attaquer la Syrie.

Et ne nous racontons pas d’histoires. Ce qui s’est passé rend l’usage des armes chimiques plus probable, et non pas moins.

– Eh bien, l’impression que vous évoquez se rapproche surtout, parmi la réaction internationale aux attaques chimiques, de la position de la Russie. Vous vous accordez largement avec eux. Nous avons entendu Michael Fallon, le Secrétaire d’État à la Défense [britannique], qu’il est convaincu par les preuves et soutient les frappes. Pourquoi êtes-vous donc, en quelque sorte, une voix assez isolée ?

– Je ne laisse pas mon cerveau à la porte lorsque j’examine une situation de manière analytique. J’essaie d’être objectif et je me base sur les expériences précédentes, notamment l’Irak. Nous voyons que nous ne pouvons pas prendre pour argent comptant ce que les soi-disant « experts du renseignement » nous disent, [surtout] pas lorsqu’ils ont un agenda.

Mais je reviens au point principal : ça ne va pas s’arrêter ici, et nous sommes probablement destinés à y être entraînés, car Trump vient de donner aux djihadistes 1000 raisons d’organiser des opérations sous faux drapeau, voyant à quel point il est efficace et facile, avec des médias crédules, de pousser l’Occident à des réactions outrancières. En toute probabilité, ils vont mettre en scène une opération semblable à celle qu’ils ont montée, et cela a été prouvé par l’ONU en août dernier ; ils ont monté une attaque au gaz de chlorine contre des civils et ont essayé de faire en sorte qu’elle ait l’air d’une opération du régime.

Souvenez-vous bien de ce que je vous dis ici, car cela se produira (infailliblement), et on aura tous les va-t-en guerre qui viendront nous dire qu’Assad nous défie et que nous devons intervenir encore plus lourdement en Syrie. Ce sera des attaques sous faux drapeau.

– Si je peux juste vous demander d’après votre expertise, vous êtes l’ancien ambassadeur britannique en Syrie, avec votre connaissance de Bachar al-Assad et de son régime, de ce pays, comment pensez-vous qu’il réagira à cela ?

Il est peut-être cruel et brutal, mais il n’est pas fou. La perspective qu’il s’expose à une confrontation directe [par une riposte contre les USA] sans objectif militaire dépasse l’entendement. Le site qui a été frappé n’avait pas d’importance militaire [majeure]. Cette frappe n’avait absolument aucun sens [d’un point de vue militaire]. Et il aurait fâché les Russes [en ripostant]. Sans aucune raison, c’est tout simplement invraisemblable. Mais en quoi son attitude va-t-elle changer ? Maintenant, il sait que Trump est prêt à lancer des attaques avec des missiles de croisière. Mais il est probablement innocent [de l’attaque chimique] de toute façon. Ça ne peut donc pas changer son attitude s’il n’a pas commis [cette attaque chimique] avant les frappes. Mais nous en paierons tous les conséquences.

La situation [le prix à payer] va se corser. En toute probabilité, il y aura plus de recours, et non pas moins, aux armes chimiques en conséquence. Et, ce qui est également important, les Russes et les Syriens vont moins coopérer [avec les USA] dans la lutte contre Daech.

– Ok. Peter Ford, merci beaucoup d’être venu pour nous ce matin.

Merci à vous.

Transcrit et traduit par Sayed Hasan.

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Poudre aux yeux, fermeté, trahisons, surprises...

Publié le par Felli Bernard

Poudre aux yeux, fermeté, trahisons, surprises...

14 Avril 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient, #Russie, #Etats-Unis, #Europe, #Chine, #Asie centrale, #Extrême-Orient

Aujourd'hui, petit florilège de nouvelles internationales qui se rattachent de près ou de loin au Grand jeu et à ses composantes.

  • Syrie

Si les Américains comptaient jouer les gros bras après leur démonstration de force (ou de faiblesse, c'est selon) tomahawkienne, c'est raté. Tillerson n'a rien retiré de son voyage à Moscou et a même dû baisser d'un ton. Il est vrai qu'il y allait les mains vides, s'étant fait désavouer quelques heures auparavant par le G7 qui refusait toute nouvelle sanction contre la Russie voulue par la bande anglo-américaine.

Pire pour l'empire, Moscou est resté très ferme, Lavrov moquant littéralement les "demandes absurdes" de l'administration US, et semble avoir obtenu l'assurance qu'il n'y aurait plus d'autre frappe. Contrepartie : la reprise de l'accord sur la prévention des incidents dans le ciel syrien. C'est intéressant car sa suspension par Poutine, ouvrant la voie à une possible confrontation américano-russe en Syrie, a apparemment beaucoup troublé le Pentagone. Cela pourrait indiquer que les Américains ne se sentent absolument pas en position de force et que les systèmes anti-aérien et électroniques (brouillage des 36 missiles ?) de l'ours ont fait leur petit effet.

Moscou a reçu le soutien des BRICS (dont le Brésil de Temer, tiens tiens) qui condamnent toute intervention militaire illégale en Syrie en dehors du cadre de l'ONU. La réunion tripartite irano-syro-russe de ce jour, quant à elle, a mis les points sur les i de manière très sèche : le bombardement US était "un acte d'agression contraire à la charte de l'ONU" visant "à miner le processus de paix et pousser un changement de régime. Les tentatives de bloquer la proposition russe et iranienne d'établir une commission d'enquête indépendante et impartiale montrent que certains n'ont pas la conscience tranquille".

C'est le moins qu'on puisse dire, puisque le "rapport du renseignement" publié par la Maison blanche sur l'attaque chimique a été grossièrement caviardé et contredit par des experts et des pontes du renseignement. La CIA s'en est apparemment désolidarisée au vu de l'absence de son directeur, Mike Pompeo, lors de la retransmission tomahawkienne (notez que dans cet article, Robert Parry, se basant sur une source, évoque une nouvelle hypothèse : un drone israélien ou saoudien ayant décollé de Jordanie).

  • Etats-Unis

Selon la bonne vieille politique de l'autruche, le Pompée de la CIA, sans doute un peu honteux, préfère regarder ailleurs : l'ennemi est... Wikileaks, qualifié de "service de renseignement hostile" ! Ah d'accord. Pourtant, lui-même citait Wikileaks l'année dernière tandis que son commandant en chef adorait le lanceur d'alertes il y a six mois encore :

Enième retournement de veste de celui qui, hier, a trahi pas moins de cinq (!) promesses de campagne en 24 heures ? Quelque chose ne tourne clairement plus rond sous la tignasse blonde du Donald et son imprévisibilité inquiète ses adversaires mais aussi ses alliés. D'ailleurs, bien malin qui pourrait dire aujourd'hui qui sont les uns et les autres... Plus grand monde ne sait sur quel pied danser, y compris les Démocrates pleurnichards qui commencent peut-être à regretter leur intense campagne de dénigrement sur les liens Trump-Poutine.

Trump dit qu'il n'enverra pas de troupes américaines en Syrie, mais peut-être que si finalement ; Trump dit que les relations américano-russes sont à un plus bas historique mais, quelques heures après, déclare que tout devrait se régler pour le bien de tous et qu'il faut avoir confiance ; Trump dit que l'OTAN est "obsolète" mais qu'elle ne l'est plus. La toupie Erdogan a trouvé son maître...

Ce flot de contradictions et de retournements laisse sans voix sa base, qui garde néanmoins une dernière flammèche d'espérance. Au moment où le président américain se lâche en imprécations contre le "boucher de Damas", notons la retranscription très honnête, favorable même, de l'interview d'Assad donnée à l'AFP par Breitbart, le site de la droite dure qui a été le principal soutien du Donald durant sa campagne. Intelligemment, Bachar (et Bannon derrière) affirme que la frappe US a été décidée par le Deep State et non Trump. Relevez également les nombreux commentaires extrêmement favorables au "Président Assad".

L'océan d'incohérences trumpiennes se voit dans l'auberge espagnole que constitue son administration, où les pro-Israël côtoient les anti-sionistes, les pro-Iran (oui, oui, il y en a) discutent le bout de gras avec les anti-Téhéran, et où l'islamic-lover McMaster, pillier des néocons, a remplacé l'islamosceptique Michael Flynn qui faisait pourtant du lobbying en faveur de la Turquie.

Dans ce panier de crabes, un pôle de stabilité tout de même : la nomination en mars de Fiona Hill au poste stratégique d'assistante du Président pour les affaires européennes et russes. D'abord, c'est une spécialiste de la Russie, y ayant étudié et vécu, et non une illuminée idéaliste et fanatique capable de réduire la terre en cendres pour sauver les "droits de l'homme". Si elle est généralement (très) critique envers Poutine, s'attirant par là les compliments de l'establishment impérial, elle est néanmoins suffisamment honnête pour reconnaître ses qualités, le comparant même à Roosevelt ou De Gaulle.

  • Turquie

Nous avons mentionné Erdogan plus haut. Le sultan est tout émoustillé à la perspective de son référendum du 16 avril, visant à élargir les pouvoirs présidentiels. C'est pour ce vote qu'il est parti dans son délire sur les "nazis" européens et s'est sans doute définitivement mis à dos les euronouilles bien malgré eux. Malgré la mainmise sultanesque sur les médias, les moyens du gouvernement et l'intimidation de l'opposition, le "oui" et le "non" sont au coude à coude dans les sondages. Un "non" constituerait une gifle retentissante pour Erdogollum et personne ne s'est demandé ce qu'il ferait en cas de défaite. Les Turcs semblent lassés de ses crises rhétoriques dont il a d'ailleurs à peu près épuisé la portée.

Son saut de cabri après Al Chayrat fut sans lendemain. S'il croyait à une croisade américano-turco-saoudo-israélienne contre Assad, il s'est une nouvelle fois fourvoyé :

Un autre qui doit se demander pourquoi il s'est tiré une balle dans le pied est le sultan. Euphorique après le bombardement à 100 millions de $ qui a détruit trois canettes et deux poubelles, il se voyait déjà partageant un cheval avec le Donald, entrant résolument dans l'Idlibistan et menant la charge sunnite sur Damas. Depuis, on l'entend moins, lendemain de gueule de bois sans doute. Aux dernières nouvelles, il en est réduit à couper les routes avec la zone kurde de Manbij pour éviter la contrebande. De la haute stratégie, assurément...

Comme nous l'avions averti, la trahison sultanesque n'est pas passée inaperçue à Moscou et un premier tir de semonce vient d'être envoyé : les compagnies aériennes russes ont reçu un avis sur une possible suspension des vols charter à destination de la Turquie. En décrypté : le Kremlin menace au minimum d'assécher à nouveau le flux de touristes russes dont est accro l'économie turque. Et plus si affinité. A suivre...

Ankara est soudain - et pour la 3 427ème fois - tout miel et cherche, selon son ministre des Affaires étrangères, "à coopérer avec la Russie et les Etats-Unis pour regarder vers le futur et trouver une solution au problème syrien". Audiard n'aurait pas mieux dit : les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît...

A Moscou, on s'en amuse presque. Interrogée sur les "échantillons de sarin" qui seraient (conditionnel au carré) collectés par les Turcs à Khan Cheikhoun, la belle Maria a répondu qu'ils feraient mieux d'étudier la toxicité de la nourriture qui empoisonne les touristes en Turquie !

  • Vieux continent

Une semaine après le référendum ottoman, les Français sont appelés aux urnes dans un vote crucial pour le futur du système impérial. La possibilité d'une victoire de Le Pen affole la finance comme en son temps, la crise grecque, le Brexit ou l'élection du Donald :

Et depuis que Mélenchon s'invite dans la partie et qu'un second tour Marine-Jean-Luc n'est plus une vue de l'esprit, c'est la peur panique... Est-ce un hasard si, soudain, fleurissent dans la presstituée les soupçons judiciaires assez bancals sur l'une, les articles hystériques sur l'autre ?

                                                                            ***

Merci dans les commentaires de réduire au maximum les échanges politiques. Comme vous le savez, ce blog est apolitique et je ne mentionne les élections françaises que dans l'optique de leurs conséquences internationales.

                                                                            ***

Ailleurs en Europe, le delirium tremens de la grande lutte contre le "populisme" atteint des niveaux record. Le 5 avril, le conseil des ministres allemand a approuvé un projet de loi introduisant des amendes pouvant aller jusqu'à 50 millions d'euros pour les réseaux sociaux refusant de supprimer les « publications haineuses » et « les fausses informations délictueuses ».

Comme on ne sait pas ce qu'est exactement un "message haineux" ou une "fake news", le Ministère de la Vérité pourra sans doute faire son choix. Une chose est sûre : la volaille médiatique, elle, ne sera pas concernée et pourra continuer à débiter ses craques en toute impunité.

D'aucuns diront que Berlin a peut-être mieux à faire en ce moment, notamment avec le scandale de l'espionnage turc sur des opposants en Allemagne, mais Frau Milka ne l'a-t-elle pas asséné elle-même à plusieurs reprises :

Nous voulons des marchés libres et ouverts, l'ouverture des frontières, les valeurs démocratiques, nous ne voulons construire aucune barrière. C'est ça le libre-échange.

On a du mal à voir le rapport entre la démocratie, les frontières ouvertes et le marché, m'enfin... Quiconque ne sera pas d'accord avec le mantra officiel sera-t-il considéré comme un suppôt de la "haine", un produit malsain des "fausses informations". Subira-t-il la foudre d'Angela Soros ?

En Suède, on n'en est plus là. Pour lutter contre le terrorisme après l'attaque au camion-bélier de la semaine dernière, le plus grand journal du pays propose sans rire de... bannir les voitures ! Oh les historiens du futur se pencheront avec effarement sur ces sociétés européennes kafkaïennes, incapables de désigner leur bourreau de peur d'être taxées de "racistes" et prêtes à toutes les circonvolutions pour ne pas avoir à le faire...

Mais rassurons-nous, le gouvernement suédois va éduquer les petites têtes blondes à partir de l'année prochaine : dès l'école primaire, les enfants apprendront à reconnaître les "fake news" et à repérer les sources douteuses.

Gageons que nos Chroniques seront mises sur la liste rouge de Stockholm, ce qui attristera profondément votre serviteur...

  • Irak

Laissons l'Europe à ses mots/maux et retournons au Moyen-Orient où Moqtada Sadr fait encore des siennes. Nous avions parlé de ce personnage sulfureux :

En Irak, le fameux Moqtada Sadr, influent prêcheur chiite, a appelé à attaquer les troupes US. Quand on sait que les brigades "sadristes" comptent plusieurs dizaines de milliers de combattants et qu'elles ne jettent pas leur part au chien dans la guerre contre Daech, cela complique quelque peu la situation. Cette déclaration incendiaire est sans doute à relier aux grandes manoeuvres préparant l'après-guerre. (...)

Pour qui roule Moqtada ? Sans doute pour personne. On aurait tort de le considérer comme l'homme des Iraniens ; depuis treize ans, plusieurs points de tension ont éclaté entre Téhéran et cet électron libre. Le gouvernement irakien, chiite comme lui, en a une peur bleue : on se souvient de l'invasion du parlement en avril, en pleine zone verte, pour réclamer la fin du népotisme, de la corruption et mettre en place un "gouvernement de technocrates" sans affiliation politique ou religieuse (nouvelle preuve de la complexité du personnage, religieux à la politique laïque).

Nos pressentiments ne pouvaient pas être mieux illustrés, car l'ami Motqada vient encore de mettre les pieds dans le plat en appelant Assad à démissionner :

«Il serait juste que le président Bachar al-Assad démissionne (…) et évite au cher peuple de Syrie le fléau de la guerre et l’oppression des terroristes», a-t-il déclaré, dans un communiqué rendu public le samedi 8 avril 2017.
 
Trois jours plus tard, depuis la ville sainte de Najaf où il est basé, à 200 km au sud de Bagdad, il persiste et signe. «J’ai exhorté Assad à partir pour préserver l’axe de la résistance et afin de lui éviter le sort de Kadhafi», a-t-il prédit dans un nouveau communiqué.
 
Même s’il prend ses précautions en défendant «l’axe de la résistance» contre Israël, qui comprend l’Iran, la Syrie et le Hezbollah libanais, Moqtada al-Sadr est le premier haut responsable chiite à contester ainsi la légitimité du président syrien.
 
Une surprenante offensive frontale contre un des piliers de la stratégie iranienne d’exportation de la révolution islamique. Bien que formé en Iran, Moqtada al-Sadr, dont les miliciens ont combattu les forces américaines en Irak, joue en effet de plus en plus la carte nationaliste.

Il en a même profité pour condamner les représailles américaines contre Bachar al-Assad et exhorter les Etats-Unis et la Russie à se retirer du théâtre syrien.
 
Engagé à la tête d’un vaste mouvement populaire contre la corruption et en faveur de réformes dans le pays, il organise régulièrement des manifestations dans la Zone verte ultra-sécurisée de Bagdad, siège du pouvoir et du parlement irakien dominés par Téhéran.
 
Moqtada al-Sadr mobilise également ses partisans contre les milices chiites du Hachd al-Chaabi (les Forces populaires de mobilisation), alliées de l’Iran. Il s’en démarque tant en raison de leur engagement auprès d’Assad en Syrie que pour leurs exactions contre les populations sunnites en Irak, sous couvert de lutte contre les djihadistes de l’Etat islamique.
 
Selon le site libanais AlKalima Online, de jeunes Irakiens ont même repris à l’université Al-Diwaniya dans le sud du pays le slogan "Iran, dehors, dehors !" contre Kaïs al-Khazaali, le chef de Aasaeb ahl al-Hak (la ligue des vertueux), venu mobiliser en faveur des milices pro-iraniennes. Un slogan que les partisans de Moqtada scandaient lors des occupations de la Zone verte.

Il ne peut pas ignorer qu'Assad n'est très certainement pour rien dans l'événement de Khan Cheikhoun. Aussi, l'explication est ailleurs et corrobore ce que nous disions de lui l'année dernière. Sa sortie a tout à voir avec des considérations intérieures :

Moqtada al-Sadr cherche à se démarquer du gouvernement irakien et des autres partis chiites au pouvoir depuis 2003. Il  est engagé depuis plus de deux ans dans une campagne anti-corruption et pro-réforme. A coup de déclarations tonitruantes ou de manifestations monstres, il critique la politique irakienne, très alignée sur Téhéran. Le chef chiite se veut Irakien. Et avec cette déclaration, il veut montrer que l'Irak peut être allié de Téhéran mais ne doit pas être son vassal. Un discours nationaliste, son fond de commerce.

Si on compare, le gouvernement irakien a appelé à une enquête internationale sur les évènements de Khan Cheikhoun... sans critiquer Bachar el-Assad. Al-Sadr va même plus loin, il cherche à incarner la voix de la réconciliation chiite-sunnite en osant critiquer un allié de l'Iran, un dirigeant soutenu par Bagdad. C'est un leitmotiv chez lui ces dernières années.

Le mois dernier, il osait déclarer que les milices sectaires n'ont pas leur place en Irak. Du miel aux oreilles des sunnites et une provocation pour les milices chiites qui participent à la lutte contre l'organisation de l'EI mais qui ont été accusées de crimes de guerre, comme des kidnappings, des exécutions sommaires et des tortures.

Moqtada al-Sadr ajoutait même qu'il craignait des tensions entre communautés après que l'organisation de l'EI a été vaincue. Car le problème politique irakien reste entier. Il y a un fossé entre les communautés. Moqtada al-Sadr suggère qu'il pourrait faire partie de la solution.

Ainsi, s'il venait à arriver au pouvoir, l'ennemi historique des Américains pourrait paradoxalement compliquer sérieusement l'après-conflit syrien et la reconstitution de l'arc chiite. Quand nous vous disons et répétons que les facétieux Dieux de la géopolitique s'amusent...

  • Afghanistan

Pendant que Vladimirovitch est au Kirghizstan et se félicite des avancées de l'Union Economique Eurasienne (que la Moldavie désormais pro-russe rejoint en tant que membre observateur), Washington a, sous les caméras et flash du monde entier, largué sa "mère de toutes les bombes" sur quelques types en pyjama dans les montagnes afghanes. De manière amusante, ont été vraisemblablement détruit les tunnels construits par ces mêmes Américains dans les années 80 pour aider leurs alliés moudjahidin contre l'URSS. On n'est jamais mieux servi que par soi-même...

Est-ce que cet exercice de com' changera quoi que ce soit au conflit ? Strictement rien. Tonton Sam a perdu la guerre depuis longtemps au royaume de l'insolence où les Talibans occupent peu ou prou la moitié du pays :

D'ailleurs, chose intéressante, cette bombe était destinée, non aux Talibans, mais à l'EI. Les observateurs n'ont évidemment pas manqué d'y voir un avertissement caché à Kim III.

  • Corée

Ca chauffe au Pays du matin calme, même s'il faut se méfier de plusieurs fausses informations qui ont fleuri ces derniers jours (par exemple celle où la Chine menaçait de bombarder des sites nord-coréens).

Ce qui est sûr, c'est que la guerre des mots entre Donald et Kim inquiète Pékin et Moscou qui voient un possible dérapage incontrôlable et sermonnent les deux garnements pour qu'ils retrouvent leur calme. Devant la détérioration de la situation, Air China suspend ses vols en direction de Pyongyang tandis que Kim menace les Etats-Unis d'une "réponse sans merci" en cas de frappe préventive des navires de guerre US stationnés en mer du Japon. A Séoul et Tokyo, on ne doit pas en mener bien large...

Dans l'absolu, la disparition du régime nord-coréen serait une bénédiction pour la Chine et la Russie car cela ôterait le prétexte dont use et abuse l'empire pour conserver ses bases dans la zone. Il y a deux ans, nous expliquions :

Nous sommes évidemment en plein Grand jeu, qui voit la tentative de containment du Heartland eurasien par la puissance maritime américaine. Les disputes territoriales autour des Spratleys, des Paracels ou des Senkaku/Dyaoshu ne concernent pas une quelconque volonté de mettre la main sur d'éventuelles ressources énergétiques ou routes stratégiques, ou alors seulement en deuxième instance. Il s'agit avant tout pour le Heartland, la Chine en l'occurrence, de briser l'encerclement US et de s'ouvrir des routes vers le Rimland et vers l'océan, exactement comme la Russie le fait sur la partie ouest de l'échiquier avec ses pipelines et ses alliances de revers.

La présence américaine en Extrême-Orient est l'héritage de l'immédiat après-guerre (tiens, tiens, justement la période des père fondateurs de la pensée stratégique états-unienne, MacKinder et Spykman). Japon (1945), Taïwan (1949), Corée (1950) : la boucle était bouclée et l'Eurasie cernée à l'est, comme elle l'était à l'ouest par l'OTAN, au Moyen-Orient par le CENTO et en Asie du sud et sud-est par l'OTASE. La guerre froide entre les deux Corées ou entre Pékin et Taïwan sont évidemment du pain béni pour Washington, prétexte au maintien des bases américaines dans la région.

Le double plan de la puissance maritime - diviser le continent-monde à l'intérieur, l'encercler à l'extérieur - a atteint son acmé avec la rupture sino-soviétique de 1960. Un demi-siècle plus tard, que d'eau a coulé sous les ponts... Même s'il reste bien entendu de nombreuses pierres d'achoppement, l'Eurasie n'a jamais été aussi unie (symbiose russo-chinoise, Organisation de Coopération de Shanghai...), rendant caduque la première partie du plan. Quant au deuxième axiome, il fuit de partout.

Pour les Etats-Unis, le sud du Rimland semble définitivement perdu (entrée de l'Inde et du Pakistan dans l'OCS, fiasco afghan), le Moyen-Orient tangue sérieusement (Syrie, Iran, Irak maintenant, voire Yémen). Restent les deux extrémités occidentale (Europe) et orientale (mers de Chine) de l'échiquier où l'empire maritime s'arc-boute afin de ne pas lâcher. La bataille pour l'Europe (noyautage des institutions européennes, putsch ukrainien, manigances balkaniques vs pipelines russes, routes de la Soie chinoises, soutien moscovite à l'anti-système) est en cours. A des milliers de kilomètres de là, en Orient, un conflit jumeau s'annonce dont nous assistons actuellement aux prémices...

Washington utilise donc habilement un conflit ancien et réel (crise coréenne : 1er niveau) pour placer ses pions sur l'échiquier (Grand jeu : 2nd niveau). Contrairement à ce que serinent souvent les bisounours de l'info, il ne s'agit évidemment pas pour les Américains de faire pression sur la Chine pour qu'elle ramène à la raison son encombrant allié nord-coréen ; il s'agit au contraire d'utiliser la déraison nord-coréenne pour contenir la Chine, donc l'Eurasie.

Le but de l'empire est de maintenir un conflit de basse intensité en Asie orientale, suffisamment sérieux toutefois pour conserver les bases US. Mais par son impulsivité, le Donald pourrait bien mettre à mal cette fine stratégie. Qu'un conflit à grande échelle éclate, que le régime nord-coréen tombe et il entraînera dans sa chute le prétexte à la présence militaire américaine qui endigue l'est du Heartland.

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Corée du Nord – la Chine craint qu’un conflit n’éclate « à tout moment » : Une guerre thermonucléaire « pourrait éclater à tout moment »

Publié le par Felli Bernard

Corée du Nord – la Chine craint qu’un conflit n’éclate « à tout moment » : Une guerre thermonucléaire « pourrait éclater à tout moment »

Un soldat nord-coréen utilise ses jumelles pour observer de l'autre côté de la rivière Yalu, près de Sinuiju, en face de la ville frontalière chinoise de Dandong.

Le ministre des affaires étrangères chinois a prévenu les Etats-Unis, vendredi, des conséquences d’une guerre avec son allié coréen. La Russie, « très inquiète » du regain de tensions, appelle à la « retenue ».

 Konstantin Kosachev, le chef de la commission des affaires étrangères à la Chambre haute du parlement russe, a annoncé vendredi « la chose la plus alarmante au sujet de l’actuelle administration américaine est que vous ne pouvez pas savoir avec certitude si elle est en train de bluffer ou si elle va vraiment mettre en œuvre ses menaces. « 

« L’ Amérique pose objectivement une plus grande menace pour la paix que la Corée du Nord … le monde entier a peur et ne sais pas si elle va frapper ou non ...« 

Comme Bloomberg le rapporte, la Chine a averti qu’une guerre sur la péninsule coréenne aurait des conséquences dévastatrices : « on a le sentiment qu’une guerre pourrait éclater à tout moment. »

Corée du Nord – la Chine craint qu’un conflit n’éclate « à tout moment » : Une guerre thermonucléaire « pourrait éclater à tout moment »

L’armée de Pyongyang a durci le ton vendredi face à Washington, promettant une « réponse sans pitié » à toute provocation, alors qu’un porte-avions américain faisait route vers la péninsule coréenne.

Dans une déclaration publiée par KCNA, l’agence de presse officielle de la Corée du Nord, soupçonnée de vouloir mener ce week-end un essai nucléaire, l’armée assure que les bases américaines en Corée du Sud, « tout comme les quartiers généraux du Mal » tels que la présidence sud-coréenne à Séoul seraient « pulvérisés en quelques minutes » en cas de guerre.

Le vice-président américain Mike Pence doit justement se rendre ce week-end en visite officielle en Corée du Sud.

La Chine a averti de son côté qu’un « conflit peut éclater à tout moment ». « Le dialogue est la seule issue », a martelé le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi lors d’un point de presse à Pékin en compagnie de son homologue français Jean-Marc Ayrault.

Se disant « très inquiète », la Russie a appelé toutes les parties à la « retenue » et mis en garde contre « toute action qui pourrait être interprétée comme une provocation ».

Donald Trump a promis jeudi que le « problème » nord-coréen serait « traité ». Il avait annoncé auparavant l’envoi vers la péninsule coréenne du porte-avions Carl Vinson, escorté par trois navires lance-missiles, puis évoqué une « armada » comprenant des sous-marins.

Un tel porte-avions transporte en général 70 à 80 avions ou hélicoptères, dont une cinquantaine d’avions de combat.

La Corée du Nord a promis de répondre à l’envoi « insensé » de ce groupe aéronaval, se disant prête pour la « guerre ».

Selon de nombreux observateurs, la Corée du Nord pourrait, à l’occasion du 105e anniversaire de la naissance de Kim Il-Sung, premier dirigeant du pays, procéder samedi à un nouveau tir de missile balistique ou même à son sixième essai nucléaire, tous deux interdits par la communauté internationale.

« Pas de vainqueur »

Une semaine après avoir frappé la Syrie, les États-Unis ont utilisé jeudi en Afghanistan la plus puissante bombe américaine non-nucléaire jamais larguée. Cet engin, d’une puissance comparable à 11 tonnes de TNT, a tué au moins 36 membres du groupe djihadiste État islamique (EI), selon le gouvernement afghan.

Le largage de cette bombe, qui intervient au moment où les tensions sont exacerbées avec Pyongyang, est largement interprété comme un signal adressé à la Corée du Nord.

Malgré les menaces, le régime stalinien reste déterminé à ne pas abandonner son programme nucléaire.

Une guerre thermonucléaire « pourrait éclater à tout moment » et « menacer la paix et la sécurité mondiales », avait averti jeudi un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères, cité par l’agence de presse officielle KCNA.

« Le vainqueur ne sera pas celui qui tient les propos les plus durs ou qui montre le plus ses muscles », a réagi vendredi Wang Yi, sans citer explicitement les initiatives américaines. « Si une guerre a lieu, le résultat sera une situation dont personne ne sortira vainqueur ».

La Chine est considérée comme le plus proche allié de la Corée du Nord, mais s’oppose fermement au programme nucléaire à visée militaire du régime de Kim Jong-Un. Elle plaide pour une solution négociée et appelle régulièrement les États-Unis à la retenue dans ce dossier.

Quelle solution ?

« Les options militaires sont déjà en train d’être étudiées » sur la Corée du Nord, a cependant déclaré vendredi un conseiller en politique étrangère de la Maison-Blanche, sous couvert d’anonymat, ajoutant s’attendre à ce que Pyongyang procède à un nouveau test, soit de missile balistique soit nucléaire.

« Avec ce régime, la question n’est pas de savoir si [cela va arriver] mais juste de savoir quand », a-t-il ajouté.

En cas d’essai ou de tir, « Pékin réagira fermement », a averti cette semaine le journal chinois Global Times, réputé proche du pouvoir. Le quotidien estime que la Chine pourrait soutenir de nouvelles sanctions de l’ONU allant jusqu’à des restrictions aux importations pétrolières de Pyongyang.

Pékin plaide depuis plusieurs semaines pour une solution dite « suspension contre suspension » : Pyongyang doit interrompre ses activités nucléaires et balistiques, et Washington ses exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud, des manœuvres annuelles considérées par le Nord comme une provocation.

Les États-Unis rejettent le plan chinois. Mais la Chine juge qu’il s’agit de « la seule option réalisable » et met Washington au défi d’avancer « une meilleure proposition ».

Un éditorial du Global Times a laissé entrevoir jeudi une solution inédite, en appelant Pyongyang à « abandonner son programme nucléaire » en échange de la protection de Pékin.

« La Chine a la capacité de lui apporter une garantie sécuritaire » si elle renonçait à ses armes atomiques, assure le quotidien. Une suggestion faite aussi par une source diplomatique française.

Quoi qu’il en soit, les vols de la compagnie aérienne publique Air China entre Pékin et Pyongyang seront suspendus à partir de lundi, a annoncé vendredi la chaîne d’État chinoise CCTV.

 

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