Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #opinion tag

Russia Today : allo Paris, ici Moscou

Publié le par Felli Bernard

Russia Today : allo Paris, ici Moscou

15

Avr

2016

Russia Today : allo Paris, ici Moscou – Par Dominique Albertini et Jérôme Lefilliâtre

Celui là, il est vraiment, vraiment magnifique ! D’anthologie.

Car bien évidemment, dans tous les pays, les médias servent en général toujours la propagande de leur gouvernement, à Moscou, Paris et New York…

Donc RT sert évidemment souvent la propagande russe (d’ailleurs avec moins de talent que nos médias, mais il faut leur pardonner, ça fait 70 ans que les nôtres la pratiquent), mais il est à mourir de rire de voir la malhonnêteté intellectuelle de Libé ici, tentant de répondre aux attaques sur sa propagande…

Source : Libération, 08-04-2016

Russia Today : allo Paris, ici Moscou Illustration Laurent Blachier

Par Dominique Albertini et Jérôme Lefilliâtre

Porte-voix du Kremlin à l’étranger et très proche de l’extrême droite, RT existe déjà dans l’Hexagone sous la forme d’un site internet. Le média projette de lancer une version française de la chaîne télé.

L’article, daté du 7 mars, est couronné d’un titre superbe : «L’art consommé de la propagande ou comment accuser Poutine de tous les maux de l’Europe».

Mais quel esprit non malade pourrait bien penser ça en effet !!!

Rebondissant sur une information d’un média allemand,

c’est juste le France 24 allemand, donc l’image de l’Allemagne à l’étranger… Mais ne précisons pas.

selon laquelle Berlin s’inquiète de la «propagande» orchestrée par Moscou, «l’analyse» n’est pas signée.

Je cite le France 24 allemand :

Mais elle ne fait pas dans la dentelle pour défendre le maître du Kremlin : «Ce ne serait pas surprenant si, dans quelques décennies, des documents d’Etat montraient qu’accuser Vladimir Poutine de tous les maux est en fait une politique officielle de notre époque. La Russie semble être devenue le bouc émissaire pour toutes les difficultés contemporaines rencontrées par l’Occident.» Suit un long plaidoyer censé démontrer l’acharnement de l’Union européenne contre la Russie.

Quels paranos ces Russes…

Ainsi va la vie journalistique sur le site d’information Français.rt.com, rameau hexagonal de la chaîne internationale Russia Today, propriété de l’État russe et équivalent de France 24 ou de la BBC – l’indépendance en moins. Lancé en 2015, RT compte à Paris une douzaine de salariés produisant des contenus originaux, en plus de ceux fournis et traduits par Moscou. Ce qui lui permet de publier chaque jour plusieurs dizaines d’articles, le plus souvent non signés,

En France, au moins, c’est signé. C’est presque toujours Madame AFP qui écrit dans Libé (et ailleurs).

dans le but de «donner la vision de la Russie». C’est par cette formule que le président de RT France, Irakly Gachechiladze, avait présenté son média en octobre au marché international de l’audiovisuel de Cannes (contacté à plusieurs reprises, RT n’a pas souhaité répondre à Libération).

On se demande pourquoi…

Le moins que l’on puisse dire est qu’il tient la ligne de la diplomatie russe, avec des papiers toujours défavorables aux Etats-Unis, à la Turquie et à l’Ukraine, mais vantant sans nuance les mérites des régimes syrien et iranien.

Au moins chez nous, on n’a jamais de papier défavorables à la Russie, à l’Iran et à la Syrie, hein… Et de vraies analyses critiques sur les États-Unis et l’Ukraine…

Monde apocalyptique.

Ce bourrage de crâne intensif ne fait même pas semblant de chercher l’équilibre des points de vue. Y compris lorsque l’on touche au pire : après la condamnation, le 24 mars, pour «génocide» de Radovan Karadzic, RT publie un article au titre éloquent : «Cela serait à hurler de rire si ce n’était pas si macabre.» L’auteur est un géopolitologue du nom de John Laughland, récemment apparu dans une conférence de presse aux côtés d’un eurodéputé FN.

Pratique, ça évite de discuter du fond du sujet !

Visiblement en phase avec l’alliance historique nouée par Moscou et Belgrade, il tente une improbable réhabilitation de l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie : «En voulant préserver à tout prix la condamnation sensationnaliste pour génocide, […] les juges n’ont […] prêté aucune attention aux centaines de témoins à décharge ni aux arguments de la défense prouvant que Karadzic avait essayé d’éviter le pire.» C’est bien connu, le célèbre «boucher des Balkans» a essayé d’éviter le pire.

Pratique, ça évite de discuter du fond du sujet !

C’est très intéressant. Personnellement, vu le traitement des médias en général, je me garde bien d’avoir des avis tranchés sur ce genre de sujets que je n’ai pas creusés. Je ne sais pas si Laughland est un clown sinistre ou un type sérieux. Mais je sais que dans l’article de RT, on apprend :

“Comme j’avais moi-même été le dernier journaliste occidental à rendre visite à Milosevic dans sa cellule, j’en savais quelques chose.”

“En réalité, le procès avait produit bien de surprises. De nombreux témoignages avaient disculpé l’ancien président, y compris de la part de témoins à charge dont certains ont accusé l’Accusation de torture. Les juges se sont déshonorés en faisant taire l’accusé à chaque fois qu’il démontrait les mensonges de ses accusateurs.”

“L’Accusation a même été contrainte d’abandonner, au milieu du procès, son affirmation centrale, à savoir que Milosevic aurait cherché à créer une Grande Serbie. Comme j’avais moi-même été le dernier journaliste occidental à rendre visite à Milosevic dans sa cellule, j’en savais quelques chose. J’étais tellement dégoûté par la légèreté et la malhonnêteté des reportages médiatiques que j’ai rédigé un livre sur le procès fleuve dont le titre résume bien l’argument: “La parodie””

ce qui donne un point de vue un peu différent, non ? Qui aurait mérité une vraie enquête journalistique.

Mais pas la peine, le journaliste de Libé il SAIT sans enquêter.

La «vision de la Russie» portée par RT ne se cantonne pas à la politique étrangère. Le site traite aussi de l’actualité française avec un biais politique à peine dissimulé.

AUCUN BIAIS politique chez nous – juste la Vérité

Obsédé par les sujets liés à l’islam et aux migrants,

Sérieusement ?

dont il se détourne seulement pour tancer le mariage gay et défendre un protectionnisme autant identitaire qu’économique (on caricature à peine),

Eux défendent le contraire. Mais n’est-ce pas le principe de la politique ?

le média fait la peinture d’un monde apocalyptique où règnent le désordre et la fureur.

Quel délire ! Alors que tout va bien à St Germain des Prés, hein…

Et donne la parole à la droite dure ou extrême, nouvelle fan et coqueluche de Moscou (voir ci-contre). Forcément, elle accourt. Sur RT, les responsables du FN sont interrogés à propos de tout et n’importe quoi, et les moindres faits et gestes de Marine Le Pen sont relatés.

Oser faire ça à propos du 1er parti français, quel scandale démocratique !

Entre décembre et mars, le souverainiste Philippe de Villiers a aussi eu le droit à trois entretiens, dans lesquels il a pu donner libre cours à sa haine de «la religion du sans-frontiérisme et du multiculturalisme» et d’un monde transformé «en un marché planétaire de masses où le citoyen devient un simple consommateur asexué, apatride, désinstitué, nomade, déraciné». De même, les parlementaires prorusses des Républicains (LR), comme Thierry Mariani, l’un des plus fervents soutiens de Moscou en France, sont accueillis à bras ouverts.

Dans un autre genre, pendant la COP 21, RT a donné un micro à Philippe Verdier, ex-Monsieur météo de France 2, viré de la chaîne après la publication d’un livre climatosceptique, pour commenter l’événement dans une série d’éditos. Le site a constitué une équipe de chroniqueurs nettement positionnés sur l’échiquier de la pensée : Bernard Lugan, un historien africaniste proche de l’Action française ; Michel Collon, un ancien militant communiste belge désormais aux commandes d’«Investig’Action», un site qui pourfend «les médiamensonges et les manipulations» ; Jacques Sapir, économiste souverainiste, pro-russe et anti-euro, ayant récemment souhaité la constitution d’un «front de libération nationale» comprenant notamment le FN avant de nuancer sa position ;

ce qui est hautement mensonger, mais on en a déjà parlé ici

ou encore Yves de Kerdrel, le directeur de Valeurs actuelles, l’hebdo ultra-droitier. «Ils ont dû voir dans mes papiers que j’étais plutôt prorusse, raconte ce dernier. Ils cherchent des gens qui prennent leur parti. Ils ont une vraie vision du monde, comme les Allemands au temps de Bismarck. Pour eux, seules survivront les civilisations qui ont une histoire.» Ici, le journalisme s’embarrasse moins de l’objectivité que du combat d’idées. Ainsi RT est-il devenu l’un des médias préférés de la «fachosphère».

Bref, des salauds qui sont pour la liberté d’expression en fait…

«Rumeurs».

«Je ne sais pas si on peut parler de propagande, mais c’est au moins du soft power», observe un ex-rédacteur du site qui n’a pas voulu renouveler son CDD à RT et souhaite rester anonyme. Comme lui, quatre journalistes embauchés l’an dernier ont quitté le navire depuis, effarés par la ligne éditoriale. «Ce n’était pas possible au niveau de l’éthique journalistique, raconte un autre. Pas seulement parce que c’est partial, mais aussi parce qu’ils reprennent des rumeurs, des fausses infos et font des articles à base de tweets. J’ai l’impression d’y avoir vécu le pire des journalismes.» Une déception. «Au départ, l’idée présentée était de donner la parole à des gens qu’on voyait peu dans les médias, y compris à gauche, poursuit le premier. Mais il y a eu une reprise en main au mois d’octobre, et à partir de là on a nous poussés à interviewer des gens d’extrême droite. Pour autant, la ligne pro-FN n’est pas revendiquée clairement en interne. C’est plus insidieux.»

Les partants ont été remplacés, et pour éviter les malentendus, les petits nouveaux ont été sélectionnés sur affinités. Un certain Jonathan Moadab, juif «altersioniste» revendiqué et ex-animateur du site complotiste le Cercle des volontaires, a été recruté.

T’ain, ces fourbes chez RT, ils embauchent même des juifs maintenant !!!

C’est moi ou ça pue un peu les années 30 ce genre de remarques ?

Sollicité, il a refusé de répondre à nos questions. A RT, il court les manifs, les conférences de presse et les faits divers pour filmer ce qui s’y passe. «La vidéo est la nouvelle politique de la maison, explique un ancien du site. Ils veulent des images chocs pour faire monter l’audience.» Depuis quelques semaines, on peut apercevoir les caméras de RT à tous les événements parisiens, qu’il s’agisse de la Nuit debout, des mouvements lycéens, d’un énième procès d’Alain Soral ou d’une conférence de presse de Jean-Marie Le Pen. Les images alimentent les comptes du média sur les réseaux sociaux, YouTube (23 000 abonnés) ou Periscope (35 000 abonnés). Au magazine Challenges, Irakly Gachechiladze vient de confier qu’il souhaitait mettre en ligne chaque jour «cinq ou dix» vidéos tournées par RT en France pour porter l’audience de 50 000 à 60 000 visiteurs uniques par jour à 150 000 d’ici à la fin de l’année.

Le budget de RT n’est pas énorme : un petit million d’euros seulement. Pas de quoi produire un média de réelle influence. Mais le groupe audiovisuel russe ne veut pas en rester là. Sa grande ambition, annoncée à l’automne, est de créer une vraie chaîne télévisée en France, comme il l’a fait déjà dans d’autres pays, au Royaume-Uni par exemple. Avec un budget de 20 millions d’euros pour 300 salariés, selon Challenges. Elle devait voir le jour en 2016, mais sa création a été repoussée «à cause de la chute du rouble, qui aurait fait s’envoler les coûts», indique une source proche.

«Comité d’éthique».

Le projet est très sérieux. RT a d’ailleurs signé en septembre une convention avec le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), préalable nécessaire à toute autorisation de diffusion. L’article 2-3-7 du texte lui impose «l’obligation déontologique» de «veiller à ce que les émissions d’information politique et générale soient réalisées dans des conditions qui garantissent l’indépendance de l’information, notamment à l’égard de ses actionnaires.»

Comme on le voit tous les jours à Canal Plus ou au Figaro…

A observer les prouesses journalistiques actuelles de RT, on voit mal comment le CSA pourrait laisser la chaîne russe se créer sans rien dire. Peut-être l’autorité préférera-t-elle s’en remettre au «comité d’éthique» interne que la convention impose de mettre en place. Le média s’est respectueusement acquitté de l’obligation avec l’instauration d’un comité d’une indépendance incontestable. Celui-ci est en effet composé de l’historienne et académicienne Hélène Carrère d’Encausse, plutôt bienveillante à l’égard de Poutine, mais aussi de deux figures bien connues de la maison : Jacques Sapir et Thierry Mariani. Marine Le Pen n’était pas disponible ?

1 article sur RT, 3 fois “Le Pen” cité, dont le dernier mot – mission accomplie !

Naon, je plaisante…

Dominique Albertini, Jérôme Lefilliâtre

Source : Libération, 08-04-2016

======================================================

Tiens, et au fait, ils disaient quoi les articles de RT – vu que Libé a omis de mettre un hyperlien vers les articles qu’ils commentaient… :

L’art consommé de la propagande ou comment accuser Poutine de tous les maux de l’Europe

Le gouvernement allemand a demandé à ses services de renseignement de déterminer si la Russie menait une campagne de propagande en Allemagne – une tentative de plus de présenter Poutine comme le croquemitaine de l’Europe. La rédaction de RT analyse.

Comme les informations quant à une prétendue désinformation menée par la Russie sont vagues et que Berlin n’indique pas leur provenance, on ne sait pas exactement ce qu’ils espèrent de découvrir. Le renseignement allemand aurait-il inventé un test décisif permettant de classer un point de vue discordant comme comme «propagande», ou va-t-il le faire au fur et à mesure de son enquête ?

Deutsche Welle, la chaîne d’information internationale allemande (financée avec de l’argent public, tout comme RT, afin de représenter le point de vue allemand, mais qui ne serait jamais qualifié de «propagande» par les médias occidentaux) affirme que les experts du gouvernement allemand s’inquiètent du fait que Moscou aurait préparé «une propagande systématique qui rappelle les méthodes du KGB de l’époque de la Guerre froide». L’ironie est que RT a été fondée comme un service d’information, précisément parce que la Russie, grâce à son passé soviétique, a très bien compris que la propagande n’était pas un bon moyen de faire entendre sa voix.

Qui veut se vautrer dans son canapé et regarder des informations, toutes passionnantes puissent-elles être, sur, sur la récolte de céréales à Stavropol ? Ou sur la polémique sur l’amitié entre la Russie et Cuba – sauf, peut-être, si le Buena Vista Social Club y figure ?

Et pourtant, cela n’empêche pas les services de sécurité allemands de tirer la sonnette d’alarme, vraisemblablement pour la simple raison que la radiodiffusion russe en langue étrangère existe.

Car, voyez-vous, comme le reconnaissent les médias allemands, les choses ne vont pas très bien en Allemagne et en Europe en général ces derniers temps et le coupable ne peut être plus évident à trouver : la Russie.

Ce ne serait pas surprenant si, dans quelques décennies, des documents d’Etat montraient qu’«accuser Vladimir Poutine de tout les maux» est en fait une politique officielle de notre époque.

La Russie semble être devenue le bouc émissaire pour toutes les difficultés contemporaines rencontrées par l’Occident. La seule chose qui les sauve est, qu’au moins, ils sont cohérents, ils ne pointent jamais du doigt quelqu’un d’autre. Surtout pas eux-mêmes.

Ainsi, qu’a encore fabriqué la Russie ?

Récemment, les médias allemands ont accusé Moscou de tenter de détruire l’Union européenne vial’afflux de réfugiés syriens. Apparemment, la Russie «utilise les migrants à des fins militaires» pour déstabiliser l’institution. Et cela malgré le fait que plus d’un million de migrants sont arrivés en Europe au cours de l’été dernier avant que la Russie n’intervienne militairement en Syrie. En fait, la Russie est arrivée tardivement dans le bourbier du Moyen-Orient.

Moscou n’est intervenu que l’automne dernier et à la demande du gouvernement de Damas. Alors que de leur côté, l’Amérique et un certain nombre de ses amis de l’OTAN se sont largement immiscés dans les affaires de la région depuis 2003.

En 2015, l’espace Schengen s’est fissuré et les gouvernements à travers l’Europe ont commencé à résister aux sollicitations de Berlin pour accueillir des migrants. Certes, la Hongrie et la Slovaquie, quirésistaient le plus aux appels d’Angela Merkel, ont d’assez bonnes relations avec Moscou. Mais seul l’eurocrate le plus bercé d’illusions pourrait imaginer que la Grande-Bretagne, la Pologne et la Lettonie, tous les trois fanatiquement hostiles au Kremlin, étaient d’une certaine façon influencée par Poutine dans leur refus d’obéir.

De peur que vous ne l’oubliiez, rappelons que la Russie est également accusée d’avoir mené une «guerre hybride» contre l’Allemagne, censée faire partie d’une grande stratégie visant à détruire l’UE. Car, naturellement, toute mésaventure se déroulant entre Lisbonne et Athènes est causée par l’ingérence russe.

Le vrai problème est à l’intérieur

En réalité, le maire de Londres, Boris Johnson, et le Premier ministre britannique, David Cameron, causent en ce moment plus de tort à l’UE que Poutine ne pourra jamais en faire. Moscou n’a pas influencé le deuxième membre le plus puissant de l’Union dans sa décision d’organiser un référendum sur le Brexit – un mouvement qui pourrait faire plus de dégâts à l’unité de l’Europe que, sans doute, aucun autre défi auquel pourrait faire face le continent. À moins que certains affabulateurs du camp «pro-Bruxelles» croient que Johnson et Cameron suivent les ordres du Kremlin ? Bien sûr, cela n’a pas empêché les lobbyistes pro-UE de d’agiter le spectre de Poutine dans leurs efforts destines voué à maintenir la Grande Bretagne dans l’union.

En outre, ils accusent Moscou de «propagande négative» envers l’UE. Mais la réalité est différente : la presse britannique fustige Bruxelles depuis des décennies. Les journaux de droite britanniques prennent de si ridicules positions sur l’Europe que les médias russes ne peuvent que les lire avec stupéfaction. Rupert Murdoch, propriétaire du Sun&The Times, a exercer des pressions sur les gouvernements du Royaume-Uni pendant quatre décennies, plaidant pour un retrait de l’Union Européenne, comme l’a affirmé l’ancien Premier ministre britannique, John Major.

Témoignant dans le cadre de l’enquête Leveson à Londres, John Major a révélé que juste avant l’élection générale de 1997, Ruppert Murdoch «a précisé qu’il n’appréciait pas mes politiques européennes, qu’il voulait que je les change». L’ex-Premier ministre britannique a poursuivi : «Dans le cas contraire, ses journaux ne soutiendraient pas le gouvernement conservateur. A ce que je me rappelle, il ne faisait aucune mention d’indépendance éditoriale, mais faisait référence à tous ses titres en disant «nous».

Alors que le Brexit et la crise des migrants sont en ce moment des dangers évidents pour Bruxelles, des défis économiques se profilent également. Il est vrai qu’en ce moment, en Russien tout n’est pas parfait non plus, mais les experts occidentaux ont fait en sorte que vous sachiez que «la Russie est tout à fait au bord de l’effondrement, nous le promettons !» D’une manière ou d’une autre, ils ne parviennent pas à remarquer que l’inflation reste en dessous d’1% [en Europe], les puissances européennes comme l’Italie et la France se forcent à retrouver une croissance qui continuer à leur échapper, tandis que les économies endommagées du Portugal et de la Grèce ne montrent aucun signe de reprise.

Paul Krugman, lauréat du prix Nobel d’économie, appelle cela une «stagnation séculaire». Paul Krugman n’est pas russe, d’ailleurs, et n’a jamais travaillé pour les médias russes.

Qui tire les ficelles ?

Une autre accusation fréquente contre la Russie est qu’elle essaie de semer le trouble au sein de l’UE en osant tenir des dialogues différents avec toutes sortes avec de pays différents. Il est difficilement choquant que Moscou puisse ne pas avoir pleine confiance en l’autonomie de la prise des décisions d’une organisation (UE) à laquelle le vice-président des Etats-Unis Joe Biden a reconnu avoir donné des ordres. «L’[Europe] ne voulait pas le faire» [imposer des sanctions à la Russie], jusqu’à ce que l’Amérique la pousse à faire des concessions, a-t-il fièrement déclaré en octobre 2014. Et donc, encore et encore, au lieu de faire face à leurs propres problèmes, certains acteurs de Berlin et Bruxelles préfèrent présenter ces derniers sous l’angle de malfaisants complots russes.

Ainsi, nous avons Stratcom Orient, qui reçoit des millions d’euros de financement de l’UE pour publier une feuille composée en grande partie de «dénonciations» d’activistes sur les réseaux sociaux qui ne fournissent que rarement, s’ils le font, des réfutations factuelles des informations diffusées par RT. Au lieu de cela, ils relatent simplement leur mécontentement sur les points de vue exprimés. Ô pluralisme ! RT, en passant, a une section (Facts vs. Fiction – les faits face à la fiction) pour contrer la désinformation flagrante dont elle est victime, lancée au moins six mois avant le projet Stratcom. Peut-être que pouvons-nous prendre ce projet comme une forme de flatterie très sincère ? Si ce n’est pas sur le fond, au moins sur la forme ?

L’obsession actuelle des médias allemands sur une éventuelle «guerre hybride» mentionnée ci-dessus est également très intéressante. Le terme représente un slogan de l’OTAN, destiné à attiser les craintes et à justifier la poursuite de l’existence de l’organisation militaire. Bien sûr, l’OTAN est avant tout un bras armé de la politique étrangère des Etats-Unis. Le rapprochement entre Berlin et Moscou pourrait bien être le pire cauchemar de Washington. Par conséquent, quelle meilleure façon de protéger les intérêts américains en Allemagne, si ce n’est en diabolisant la Russie et en semant la discorde entre les deux pays ?

Dans le passé, les échelons inférieurs du BND (Service secret allemand chargé de l’«enquête sur la propagande russe») étaient infiltrés par des espions de la CIA. En outre, les hauts responsables de la CIA et du BND coopèrent fréquemment. Il y a eu ensuite les révélations d’Udo Ulfkotte, un ancien journaliste de la Frankfurter Allgemeine Zeitung, qui prétend qu’en Allemagne, des journalistes reçoivent des pots-de-vin de la part de la CIA et du BND pour écrire des articles de propagande en faveur de l’OTAN. Enfin, l’establishment militaire américain considère depuis longtemps la Russie comme son premier adversaire au plan géopolitique et le président Poutine comme l’ennemi public numéro 1.

Lord Ismay, le premier secrétaire général de l’OTAN, est resté célèbre pour avoir déclaré que le rôle de l’Alliance était de «garder les Russes à l’extérieur, les Américains à l’intérieur et les Allemands sous tutelle». Tous les signes indiquent que la politique actuelle de l’OTAN se concentre sur la poursuite de cet objectif . Peut-on parier que l’establishment allemand accusera Poutine de cela aussi ?

======================================================

Procès Karadzic : ce serait à hurler de rire si ce n’était pas si macabre

25 mars 2016, RT

Une nouvelle condamnation du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie qui «ne s’attaque nullement aux vraies racines des problèmes ne pourra jamais contribuer à éviter de futures guerres», estime le chercheur John Laughland.

Quand l’ancien président yougoslave, Slobodan Milosevic, est décédé dans la prison du Tribunal pénal international à Scheveningen, près de La Haye, le 11 mars 2006, les médias se sont livrés à une véritable orgie de dénonciation du «bourreau de Balkans». Ils l’ont fait en ne tenant compte d’aucune séance du procès, qui avait pourtant duré quatre ans et qui était en cours quand Milosevic est mort à cause d’une maladie du coeur que les juges ont refusée de faire soigner. Le procès aurait pu ne pas avoir eu lieu, tellement ils ont voulu vite refermer sa parenthèse. Leur méthode consistait à ressortir du placard toutes les vieilles histoires qu’ils avaient apprises au début des années quatre-vingt-dix, quand les guerres yougoslaves ont éclaté, à l’instar de la politique occidentale dictée par les Allemands et les Américains qui se sont concurrencés pour dénoncer les Serbes et pour aider, y compris militairement, les sécessionistes d’abord croates et slovènes, ensuite islamo-bosniaques.

Aucune accusation pour génocide au Kosovo n’a jamais été engagée, alors que celui-ci était le prétexte pour le bombardement illégal de la Yougoslavie par l’Otan en 1999

En réalité, le procès avait produit bien de surprises. De nombreux témoignages avaient disculpé l’ancien président, y compris de la part de témoins à charge dont certains ont accusé l’Accusation de torture. Les juges se sont déshonorés en faisant taire l’accusé à chaque fois qu’il démontrait les mensonges de ses accusateurs. L’Accusation a même été contrainte d’abandonner, au milieu du procès, son affirmation centrale, à savoir que Milosevic aurait cherché à créer une Grande Serbie. Comme j’avais moi-même été le dernier journaliste occidental à rendre visite à Milosevic dans sa cellule, j’en savais quelques chose. J’étais tellement dégoûté par la légèreté et la malhonnêteté des reportages médiatiques que j’ai rédigé un livre sur le procès fleuve dont le titre résume bien l’argument: “La parodie” (Travesty, en anglais).

Depuis la mort de Milosevic, bien des événements juridiques ont eu lieu qui vont dans le sens d’une réévaluation des guerres yougoslaves. Aucune accusation pour genocide au Kosovo n’a jamais été engagée, alors que celui-ci était le prétexte pour le bombardement illégal de la Yougoslavie par l’Otan en 1999. En 2007, après quatorze ans de délibérations, la Cour internationale de justice (la plus haute instance juridique des Nations-Unies, et non pas un tribunal ad hoc concocté pour des raisons politiques par les Américains, comme le TPI) a rendu son jugement dans l’affaire qui opposait la Bosnie-Herzégovine à la Serbie depuis 1993. La Cour a trouvé que la Serbie n’avait joué aucun rôle décisif dans la guerre civile bosniaque et que la très grande majorité des accusations de génocide portées contre les Serbes de Bosnie étaient sans fondement. La Bosnie avait en effet affirmé, dès le début des combats, que les Serbes voulaient exterminer les Musulmans, et que Milosevic et les Serbes de Bosnie ne faisaient que répéter le travail entrepris contre les Juifs par Adolf Hitler. Cette thèse fut aussi avancée par un universitaire américain, Norman Cigar, dans un livre publié avant la prise de la ville de Srebrenica en juillet 1995.

Tous ces développements juridiques restent largement inconnus du grand public, et pour cause. Si hier la salle de presse du TPI était comble pour entendre le verdict des juges dans le procès Karadzic, c’était la première fois depuis le début du procès, en 2009. Tout comme pendant le procès de Milosevic, les journalistes ont fait preuve d’un dédain superbe quant au vrai déroulement de la procédure contre Karadzic. Ils n’ont assisté à aucune séance. Tous ceux qui se sont empressés de vous annoncer avec délectation que l’ancien président de la République serbe de Bosnie avait été jugé coupable de génocide sont parfaitement incapables de vous citer le nom d’un seul témoin parmi les 585 qui ont été entendus pendant les cinq dernières années.

Pire, les juges semblent avoir agi de la même manière. En écoutant la voix robotique du président coréen de la Chambre de première instance, O-Gon Kwon, qui lisait le résumé du jugement (celui-ci fait 2.600 pages) on aurait pu croire que le procès n’avait pas eu lieu. Pas un seul argument de la Défense n’a été cité ou retenu; pas le moindre rééquilibrage ou nuance des faits n’a pu être observé. Au contraire, le jugement ne consiste qu’en la répétition d’accusations vieilles de 25 ans et issues de la propagande occidentale depuis les tous premiers mois de la guerre.

Ce simplisme qui frôle la débilité est particulièrement criant dans le cas du plus grand tabou de tous, celui des massacres qui ont eu lieu à Srebrenica après trois ans de guerre atroce. Avec l’énorme mémorial construit près de la ville pour figer cet événement dans la pierre (en face duquel, d’ailleurs, des livres et DVD islamistes sont en vente dans un kiosque), Srebrenica constitue une référence négative presqu’aussi forte que celle de la Shoah, à laquelle les évènements de juillet 1995 sont censés ressembler. Mais que disent les juges dans l’affaire Karadzic sur Srebrenica? Ils racontent exactement les mêmes âneries que leurs prédécesseurs dans les autres procès devant le TPI.

Ils racontent en particulier, tout comme la Cour internationale de justice en 2007, que les Serbes de Bosnie n’avaient aucune intention de commettre un génocide contre les Musulmans de Bosnie en général. Karadzic a été acquitté hier pour génocide dans sept municipalités où pourtant l’Accusation avait affirmé sa culpabilité. Ils démentent ainsi l’affirmation centrale portée par la Bosnie dès 1992. En revanche, les juges nous invitent à croire que la volonté génocidaire des Serbes de Bosnie ne concernait pas tous les Musulmans de Bosnie, mais seulement leshommes musulmans de la ville de Srebrenica. Ils nous invitent à croire, en outre, qu’après trois ans de lourds combats le plan génocidaire a été conçu à 20h le 13 juillet 1995. Dans le jugement du 24 mars, Karadzic a été acquitté par ses juges de toute accusation de génocide antérieur à ce moment précis.

Cela serait à hurler de rire si ce n’était pas si macabre. Plusieurs massacres ont certainement eu lieu dans la ville suite à sa capture par les forces serbes de Bosnie, nul ne le conteste. La plupart des victimes étaient des combattants, ou des anciens combattants, qui ont formé une colonne de plusieurs milliers d’hommes essayant de fuire la ville pour rejoindre Tuzla, territoire bosniaque. Les Serbes leur ont tiré dessus et ils ont riposté. Mais les juges ne mentionnent aucune riposte, prétendant que dans la colonne il n’y avait que de civils non armés. Je le répète: qu’il y ait eu barbarie, personne ne le nie. Mais comment un génocide peut-il s’appliquer aux seuls habitants masculins d’une seule ville? Ce n’est pas le sens du mot génocide, qui veut dire “destruction de tout un peuple” ou “de toute une race”, c’est-à-dire des hommes et femmes d’une certaine race ou religion, partout où ils se trouvent.

En ignorant volontairement l’anthropologie de la guerre, les juges du TPI ont déformé la réalité de la guerre

En voulant préserver à tout prix la condamnation sensationnaliste pour génocide, qui constitue un grand succès institutionnel pour le TPI, les juges n’ont pas seulement prêté aucune attention aux centaines de témoins à décharge ni aux arguments de la Défense prouvant que Karadzic avait essayé d’éviter le pire. Ils ont surtout commis une grosse erreur d’analyse qui va vicier pour les décennies à venir la loi de la guerre qu’ils entendent renforcer. Ce qui s’est passé à Srebrenica, sous la chaleur intense de l’été 1995, est très clairement une série d’actes de vengeance, d’une fureur et d’une violence rares. Pendant trois ans, les Serbes autour de Srebrenica avaient été victimes d’attaques barbares par les islamistes sous le commandement de Nasir Oric, grand coupeur de têtes exonéré par le TPI en 2006, comme les très nombreux tombeaux dans les villages voisins l’attestent. Ils haïssaient ceux qui les avaient terrorisés et ils voulaient un règlement de comptes. Leurs actes étaient sans aucun doute condamnables – mais ils ne peuvent pas être qualifiés de génocidaires car le génocide est une opération planifiée et appliquée méthodiquement pour des raisons racistes. Ce n’est pas une explosion spontanée de violence.

En ignorant volontairement l’anthropologie de la guerre, et en particulier le phénomène girardien de la montée aux extrêmes de la spirale de violence – une violence que, ne l’oublions pas, les Musulmans avaient été les premiers à déclencher – les juges du TPI ont déformé la réalité de la guerre. Leur énième condemnation, basée sur une telle déformation et qui ne s’attaque nullement aux vraies racines des problèmes qu’elle entend résoudre, ne pourra jamais faire autorité. Elle ne pourra donc jamais contribuer à mitiger, et encore moins à éviter, des guerres futures.

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.15

40 réponses à Russia Today : allo Paris, ici Moscou – Par Dominique Albertini et Jérôme Lefilliâtre

Pour lire les 40 réponses ET VOIR LES PHOTOS, cliquez sur le lien.

Voir les commentaires

Dictature : Un “expert” européiste britannique réclame l’interdiction en Europe de tout référendum sur les questions européennes .

Publié le par Felli Bernard

Faser Cameron
Faser Cameron

Dictature : Un “expert” européiste britannique réclame l’interdiction en Europe de tout référendum sur les questions européennes

14 Avr


Le « point de vue » de Faser Cameron a été publié le 11 avril 2016 sur le site Euractiv

De nationalité britannique, Fraser Cameron est un ancien haut fonctionnaire de la Commission européenne. C’est désormais un analyste politique, largement médiatisé outre-Manche pour commenter les questions européennes et les affaires internationales. Il est directeur de « Eurofocus-Bruxelles » et professeur adjoint à la « Hertie School of Governance » à Berlin.

Suite au référendum qui a eu lieu le 6 avril 2016 aux Pays-Bas sur l’accord d’association entre l’UE et l’Ukraine – référendum qui s’est soldé par 61,1% de Non et une participation de 32% le rendant valide -, cet « expert » vient de publier un article sur le site Euractiv pour réclamer l’interdiction des référendums à travers toute l’Europe, dès lors qu’ils porteraient sur les politiques européennes.

Euractiv est une fondation de droit belge, composée d’un réseau de médias européens « indépendants » spécialisé dans la publication d’articles sur les questions européennes. Officiellement, la « tribune » ainsi offerte à Fraser Cameron n’engage pas la responsabilité d’Euractiv.

Il n’en demeure pas moins que ce genre de « point de vue » ressemble fort à ce que l’on appelle un « ballon d’essai », pour tester la façon dont l’opinion publique réagirait à une pareille mesure. En tout cas, ce genre d’articles témoigne de la très alarmante dérive des européistes, qui exigent désormais des mesures de plus en plus clairement dictatoriales.

Comme le lecteur pourra le mesurer, le « point de vue » de Fraser Cameron est bourré de sophismes et de mauvaise foi.

Le prétendu « expert » européiste affirme par exemple qu’il « est peu démocratique que 30% des électeurs dans un État membre puissent bloquer une politique approuvée par 27 États membres ». Mais il passe sous silence que les 27 autres peuples des 27 autres États membres n’ont justement pas été consultés sur l’accord d’association UE-Ukraine, et que tout porte à penser que, s’ils l’avaient été, une écrasante majorité d’entre eux auraient rejeté cet accord comme l’ont fait les Néerlandais.

Le même prétendu « expert » – qui n’est en fait qu’un propagandiste virulent -, reprend par ailleurs à son compte cet argument éculé des apprentis dictateurs européistes, selon lequel les peuples ne répondraient jamais aux questions posées par les référendums, mais à d’autres considérations. Et que, dès lors, c’est le « système de démocratie représentative en Europe qui doit être renforcé ». Il s’agit évidemment d’un raisonnement totalement fallacieux : car si l’on postule que les peuples ne répondent jamais à la question posée par un référendum, pour quelles raisons mirobolantes serait-on assuré que leur volonté serait mieux respectée par des députés qu’ils ont élus sans jamais évoquer ladite question ?

En réalité, et tout le monde le comprend bien, la volonté de supprimer les référendums et de laisser la « démocratie représentative » décider à la place des peuples revient tout simplement à considérer que les peuples sont comme des enfants à mettre sous tutelle. Les dictateurs en costume-cravate de l’euro-atlantisme estiment que les peuples n’ont, au fond, pas leur mot à dire sur la conduite des affaires publiques, et que celle-ci doit être confiée à des gouvernants ou des députés présélectionnés par le système médiatique et l’oligarchie qui le maîtrise.

L’article de Fraser Cameron est disponible en anglais ici.

Voir les commentaires

D’énormes livraisons d’armes à Al-Qaida sont révélées par un site internet officiel

Publié le par Felli Bernard

D’énormes livraisons d’armes à Al-Qaida sont révélées par un site internet officiel

D’énormes livraisons d’armes à Al-Qaida sont révélées par un site internet officiel

Par Aliya Pitalev – Le 9 avril 2016 – Source Sputnik News

Selon Jane’s, une agence d’information militaire britannique, deux appels d’offre ont repéré un site internet tenu par le gouvernement américain www.fbo.gov (Federal Business Opportunities), recherchant des sociétés de fret maritime pour transporter du matériel explosif à partir de Constanta en Roumanie pour le port d’Aqaba en Jordanie, au profit de la Navy’s Military Sealift Command, une unité de la marine étatsunienne.

«Les marchandises listées sur le document comprennent des fusils AK-47, des mitraillettes PKM, des mitrailleuses DShK, des lances missiles RPG-7 et des armes anti-tank guidées 9K111M», explique Jane’s.

L’appel d’offre a été lancé en novembre 2015. Un bateau chargé de presque une tonne d’armes [ZeroHedge parle 1000 tonnes, NdT] et de munitions a quitté le port roumain de Constanta en décembre. Il a navigué jusqu’à Agalar en Turquie, un port militaire, puis a rejoint Aqaba en Jordanie. Un autre bateau chargé de plus de deux tonnes d’armes et de munitions est parti fin mars, a suivi la même route et a été aperçu pour la dernière fois sur son chemin pour Aqaba le 4 avril dernier.

Selon Zero Hedge, une telle cargaison équivaut à des millions de fusils, de mitrailleuses et de lances-missiles et aussi à des milliers d’armes neuves et légères et des centaines de nouveaux missiles anti-tanks.

Ni la Turquie ni la Jordanie n’utilisent de telles armes, conçues du temps de l’URSS. Cela veut dire que ces armes sont destinées à la Syrie où, comme cela a déjà été rapporté pendant des années par de multiples sources indépendantes, la moitié atterrira directement dans les mains d’Al-Qaida, qui opère en Syrie sous le nom de Jabhat al-Nusra.

Voir les commentaires

Est ce que les Russes sont derrière les Panama Papers ?

Publié le par Felli Bernard

Est ce que les Russes sont derrière les Panama Papers ?

Est ce que les Russes sont derrière les Panama Papers ?

Par Clifford G. Gaddy – le 7 avril 2016 – Brookings Institute via chroniquesdugrandjeu.com

Note du Saker Francophone

Cet article vient de notre ami des chroniquesdugrandjeu.com qui en a traduit des extraits que nous reprenons en complétant les trous pour vous donner la totalité du texte. Le Brooking Institute est un think tank américain proche des milieux mondialistes, ce qui donne une certaine saveur à ce texte. On est dans le grand jeu, une passe d'arme de haut niveau. A vous de lire entre les lignes.

Les Panama Papers ! Quelqu’un d’autre est-il frappé par l’aspect louche de l’affaire ? Cela ressemble à un mauvais film d’espionnage.


Début 2015, John Doe a envoyé (venant de nulle part) un courriel au journal allemand Süddeutsche Zeitung (SZ), offrant 11.5 million de documents d’un cabinet d’avocat panaméen relatifs à des compagnies off-shore. SZ les a acceptés. Avec l’aide de l’ICIJ (International Consortium of Investigative Journalists), quelques 400 journalistes de 80 pays ont passé un an à balayer ces documents. Alors, de façon coordonnée, ils ont présenté leurs premières trouvailles: avec un discours uniforme dans tous les media (jusqu’à la station locale de télévision à Washington sur laquelle je suis tombé cette semaine), ils ont parlé de nouvelles révélations fracassantes de corruption, de blanchiment d’argent et de secrets financiers concernant plus de 140 dirigeants dans le monde.

La plupart des reportages placent le président russe Vladimir Poutine en tête d’affiche, mais cela pourrait en réalité cacher quelque chose de bien plus profond et tordu.

Le chien qui n’aboyait pas

Malgré les titres, il n’y a aucune preuve de l’implication de Poutine – ni dans une société concernée par les révélations et encore moins dans une activité criminelle, de vol ou d’évasion fiscale. Ce sont des documents qui montrent que certains de ses amis auraient transféré «jusqu’à deux milliards de dollars» dans des sociétés-écran panaméennes.

Mais rien dans les Panama Papers ne révèle quelque chose de nouveau sur Poutine. Et, en réalité, c’est bien moins que ce qui a été dit depuis longtemps. Depuis des années existent des suspicions sur son énorme fortune personnelle, que l’on a d’abord prétendue être de 20 milliards, puis de 40, 70 et même 100 milliards… Et maintenant, tout ce que l’on trouve, ce sont deux malheureux milliards appartenant peut-être à un ami.

Un peu de contexte (géo)politique est important ici. Ces dernières années, les médias sont devenus un élément clé de la guerre de communication impliquant la Russie et l’Occident pour tenter de discréditer l’adversaire. Tôt cette année, des cercles influents à l’Ouest ont pensé utiliser les médias pour répondre à ce qu’ils ont décrit comme une guerre hybride de la Russie, et tout spécialement une guerre de l’information, dans la foulée de l’annexion de la Crimée par la Russie et d’activités annexes. Ils ont identifié que la corruption était un problème sur lequel Vladimir Poutine était assez vulnérable. C’est dans ce contexte qu’il faut analyser les Panama Papers : les journalistes ont ciblé Vladimir Poutine hors de toute proportion avec les preuves avancées.

Dès que l’on creuse sous les titres, c‘est une non-révélation. Un ami de Poutine est lié à des compagnies qui transfèrent deux milliards via des sociétés off-shore. Vraiment ? Pour cacher leur propriétaire ? Mais cacher à qui ? Et vous n’avez pas besoin de société off-shore pour faire cela. Pour éviter les sanctions [occidentales après la crise ukrainienne, NdT] ? C’est une raison crédible mais cela ne ferait sens que si ces sociétés avaient été enregistrées après 2014 [date des sanctions, NdT]. Est-ce le cas ?

Tout cela ne va faire aucun mal à Poutine. Au contraire, cela lui donne une couverture. Par contre, cela risque de provoquer des scandales à répétition en Occident, sourcilleux sur la corruption. C’est un point dont je vais parler. En clair, les Russes gagnent.

Le principe du cui bono connecte les profits avec les motifs, en se demandant qui a à gagner d’une certaine action. Si ce sont les Russes qui gagnent, n’est-il pas
possible qu’ils soient en quelque sorte derrière au moins une partie de cette histoire?

Qui est John
D
oe?

L’ICIJ est l’élite auto-proclamée des journalistes d’investigation, mais qu’ont-ils découvert sur la source de tous ces documents? La seule information que nous avons sur John Doe vient de SZ, qui commence son histoire ainsi : «Il y a plus d’un an, une source anonyme a contacté le Süddeutsche Zeitung (SZ) et a présenté des documents internes chiffrés du cabinet d’avocats Mossack Fonseca.» Lorsque le personnel de SZ a questionné John Doe sur ses motivations, il aurait répondu dans un courriel: «Je veux rendre ces crimes publics.»

Mais comment les journalistes et le public peuvent ils être sûrs qu’il est digne de confiance et que ses documents sont réels, complets et intacts? On ne sait pas si John Doe est une personne seule d’abord, ni pourquoi il faudrait lui faire confiance alors qu’il révèle des documents sans se révéler lui-même. Il a eu également accès à un volume assez impressionnant de documents, ce qui suggère qu’une agence de renseignement aurait été impliquée.

En outre, la révélation implique des dommages collatéraux sur le monde légal des affaires et sur des personnes innocentes. N’est-ce pas un souci? À mon avis, aucune personne responsable avec une réelle préoccupation pour l’État de droit ne préconiserait que ce genre de documents si compromettants soit publié. Il pourrait y avoir de nombreuses conséquences imprévues; cela pourrait renverser des régimes, là encore avec des conséquences imprévues. C’est de l’anarchisme pur et naïf, si l’idée était (comme cela semble de l’extérieur) de créer un chaos maximum en espérant voir le système purgé de tous ses maux. En tout état de cause, la possibilité d’utiliser une telle fuite à des fins politiques est immense.

Le potentiel d’utilisation d’une telle fuite à des fins politiques est immense.

Si nous (les États-Unis et l’Occident en général) sommes derrière ces fuites, le motif serait apparemment de mettre Poutine dans l’embarras. Cela participe de la chimère que nous pouvons le vaincre dans une guerre de l’information. Si tel était le motif, alors le résultat est pathétique : aucun dommage réel n’est causé à Poutine alors qu’il y a des dommages collatéraux pour les alliés des États-Unis.

Si les Russes sont derrière tout cela, l’une des raisons serait de désamorcer la campagne occidentale sur la corruption de Poutine. Mais comme je l’ai expliqué, tout dommage à sa réputation ou à celle de la Russie du fait des Panama Papers est plutôt triviale. En échange de ce léger désagrément, les Russes auront :

  1. démasqué la corruption des politiciens dans les démocraties occidentales modèles,
  2. fomenté une véritable déstabilisation dans les pays occidentaux.

La question qui suit est donc : est-ce un coup monté ? Les Russes ont-ils jeté un hameçon que les États-Unis ont gobé ? Les histoires des Panama Papers ruissellent sur Poutine comme l’eau sur le dos d’un canard. Mais ils ont un impact négatif sur la stabilité de l’Ouest.

Les histoires des Panama Papers ruissellent sur Poutine comme l’eau sur le dos d’un canard. Mais ils ont un impact négatif sur la stabilité de l’Ouest.

Disons que le qui soit les Russes, et le pourquoi soit de détourner l’attention et montrer que «tout le monde le fait». Mais comment?

Compte tenu des capacités de piratage tant vantés de la Russie, une unité spéciale de cyberaction au Kremlin peut avoir été en mesure d’obtenir les documents. (Mossack Fonseca maintient que la fuite n’a pas été un travail de l’intérieur.) Mais il est fort probable qu’une telle opération soit montée par un organisme appelé le Service de surveillance financière russe (RFM). RFM est une unité personnelle de Poutine sur l’intelligence financière, qu’il a personnellement créée et qui ne répond qu’à lui. C’est tout à fait légitime et elle est largement reconnue comme la plus puissante agence de cette sorte dans le monde, avec un monopole sur l’information concernant le blanchiment d’argent, les centres offshore, et les questions connexes impliquant la Russie ou des ressortissants russes. Une opération comme celle des Panama Papers, qui ne concerne que l’intelligence financière, devrait être liée au RFM, pas au FSB, et pas non plus à un gang ad hoc au Kremlin. Bien qu’il ne puisse pas (légalement) avoir accès aux secrets détenus par une entreprise comme Mossack Fonseca, il est au courant de beaucoup d’informations financières internationales par le biais de l’organisme international dont il est un membre de premier plan, le Financial Action Task Force. En bref, les Russes sont mieux équipés que quiconque, plus capables et moins contraints pour pirater des fichiers secrets.

Quant à la façon de faire fuiter les documents, il serait en fait assez ingénieux d’incriminer la Russie d’une manière apparemment sérieuse (avec les manchettes des journaux) sans révéler effectivement des renseignements sensibles. C’est exactement ce que nous avons. Les Panama Papers ne révèlent aucun secret russe, ils n’ajoutent rien aux rumeurs circulant déjà sur la fortune personnelle de Poutine. Mais ils semblent l’accuser et la dernière chose que l’on soupçonnerait est que c’est une opération russe. De plus, ces révélations qui n’en sont pas ont été avancées par l’ICIJ [l’organisme journalistique financé par Soros et l’USAid, NdT]. Donc, la dernière chose que quiconque pourrait suspecter, c’est que les documents du Panama soient une opération russe.

Un motif russe plus sérieux?

Certes, ce serait une opération complexe uniquement pour désamorcer la campagne de l’Occident et tourner l’attention vers le kleptocrate Poutine. Mais peut-être y a-t-il un autre motif.

Comme beaucoup l’ont déjà souligné, il est curieux que les Panama Papers ne mentionnent pas les Américains. Mais il est possible qu’ils le font et que le ICIJ n’ait pas révélé cette information. Peut-être, parce que le ICIJ est financé par les Américains, ils ne vont pas mordre la main qui les nourrit. Mais supposons que l’ICIJ n’ait pas d’information sur les Américains. Cela remet en question les données d’origine qui, si elles étaient bien réelles et non censurées, devraient probablement inclure quelque chose sur des Américains. Il y a sans aucun doute beaucoup d’individus et d’entreprises américaines qui ont fait des affaires avec l’équipe de Mossack Fonseco, et il ne serait pas logique que sur une collection de 11,5 millions de documents portant sur les finances off-shore, les Américains y soient totalement absents. Peut-être alors quelqu’un a-t-il purgé ces références avant que les documents ne soient remis au journal allemand? Le quelqu’un serait, suivant mon hypothèse, les Russes, et l’absence d’informations compromettantes sur les Américains est un indice important de ce que je pense être le but réel de cette fuite.

Les Panama Papers contiennent des informations financières secrètes sur des sociétés, dont certaines, mais pas toutes, révèlent une activité criminelle. Dans les mains d’autorités légales, ces informations pourraient être utilisées pour poursuivre les entreprises et les particuliers; dans les mains d’un tiers, c’est une arme de chantage. Pour que ces informations puissent être efficaces comme arme de chantage, elles doivent être gardées secrètes. Une fois révélées, comme dans le cas de Panama Papers, leurs capacité de chantage est nulle. Leur valeur est détruite.

Par conséquent, je suggère que le but de l’opération Panama Papers peut être celui-ci : c’est un message adressé aux Américains et à d’autres dirigeants politiques occidentaux qui pourraient être mentionnés, mais ne le sont pas. Le message est: «Nous avons aussi des informations sur vos méfaits financiers. Vous savez ce que nous avons. Nous pouvons les garder secrets si vous travaillez avec nous.» En d’autres termes, les personnes mentionnées dans les documents ne sont pas les cibles. Ce sont celles qui ne sont pas mentionnés qui le sont.

Kontrol, la variante russe du contrôle

En somme, ma pensée est que cela aurait pu être une opération du renseignement russe, qui a orchestré une fuite à un haut niveau pour établir la crédibilité totale en impliquant (sans vraiment impliquer) la Russie et en gardant la source cachée. Certains documents seraient utilisés pour des campagnes anti-corruption dans quelques pays pour renverser certains régimes mineurs, détruire quelques carrières et quelques fortunes. D’ici là, en faisant chanter les véritables cibles aux États-Unis et ailleurs (individus non désignés actuellement par la fuite), les maîtres marionnettistes russes vont obtenir kontrol et influence.

Si les Russes sont derrière les Panama Papers, nous savons deux choses qui remontent à Poutine personnellement : d’abord, c’est une opération dirigée par le RFM, ce qui signifie qu’elle est dirigée par Poutine ; deuxièmement, c’est en fin de compte du chantage. Cela signifie que la véritable histoire réside dans l’information qui est cachée, pas révélée. Vous révélez des secrets afin de détruire; vous les cachez afin de contrôler. Poutine n’est pas un destructeur. C’est un contrôleur.

Clifford G. Gaddy

Clifford G. Gaddy, un économiste spécialisé sur la Russie, est le co-auteur de Piège à ours sur le chemin de la Russie à la modernisation (Routledge, 2013). Ses livres précédents incluent Économie virtuelle de la Russie (Brookings Institution Press, 2002) et La malédiction de la Sibérie (Brookings Institution Press, 2003). Son projet de livre actuel s’intitule Russie Addiction: L’économie politique de la dépendance des ressources, et était prêt à être publié en 2015. Gaddy est aussi le co-auteur de la deuxième édition et a récemment publié M. Poutine: Espion au Kremlin (Brookings Institution Press, 2015).

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

Note du Saker Francophone

En plus des chroniquesdugrandjeu.com, le texte a aussi été vu et repris dans une analyse de dedefensa.org. Cette affaire n'est sans doute pas terminée et va continuer à fragiliser les gouvernements occidentaux, ce qui pourrait être un autre objectif caché pour convaincre les Occidentaux de donner le pouvoir à une entité supra-nationale.
Mais il y a aussi cette autre vision possible du sujet qui, cette fois, montre que le cui bono vise plutôt les États-Unis : Les États-Unis ont phagocyté la place financiere suisse.

Il sera très intéressant de savoir qui va pousser pour avoir les détails et qui va tenter d'enterrer le sujet. Cela devrait nous en dire plus long sur les ressorts cachés de cette affaire.

Voir les commentaires

François Fillon promet le retour au plein-emploi : enfin un « grand dessein » ?

Publié le par Felli Bernard

François FILLON
François FILLON

François Fillon promet le retour au plein-emploi : enfin un « grand dessein » ?

Son souci de sérieux le pousse aussi, et c’est heureux, à avancer des pistes concrètes fondées sur sa crédibilité.

Pascal Célérier

Alors que Nicolas Sarkozy suscite scepticisme et incrédulité par son ticket avec François Baroin, son ancien second, François Fillon s’est rappelé à lui, et à nous, par une proposition économique forte : le retour au plein-emploi.

Incontestablement, la comparaison Fillon-Baroin est accablante pour Nicolas Sarkozy car, en 2007, son ticket avec François Fillon fut un véritable coup de maître : leurs caractères, leurs compétences, leurs sensibilités politiques se complétaient et cela permit de rassembler toutes les droites sur un projet de rupture novateur. Et l’on peut penser que l’échec du quinquennat Sarkozy fut précisément causé par l’incapacité du Président à laisser chacun des deux aller au bout de ses potentialités. François Fillon, gaulliste et homme de valeurs, fut bridé, autant que Nicolas Sarkozy se brida aussi dans ses projets de rupture.

Laissant à Nicolas Sarkozy sa recherche du second qui atténuerait ses faiblesses, François Fillon roule désormais pour lui et, espérons-le, pour la France. En pleine cure de désintoxication socialiste, le chanteur Renaud lui a même déclaré sa flamme. Mais il faudra plus que ce soutien pour convaincre l’électorat de droite, désabusé et orphelin, que l’ancien Premier ministre est l’homme de la situation.

François Fillon trace donc son sillon avec sérieux. Et il a raison de proposer aux Français une grande ambition pour la France, ce que d’aucuns appelaient naguère le « grand dessein ». Car c’est d’abord d’un manque de perspective claire que souffrent les Français, et d’un rejet des réformes décidées à la va-vite, sans vision d’ensemble, comme la loi El Khomri.

Donc, en matière économique, il a fixé le retour à un taux de chômage à 7 % à la fin de son quinquennat et le plein-emploi dans dix ans. Un tel objectif, s’il était atteint, effacerait nos quarante années de chômage de masse. En outre, il propose de faire de la France la « première puissance européenne en dix ans ».

Voilà un horizon, un cap. Et il est bien le seul à en fixer. Mais c’est peut-être parce qu’il est aussi le seul à pouvoir le faire. Imaginez MM. Hollande et Sarkozy nous lancer ce slogan : ils ne récolteraient que sarcasmes.

Son souci de sérieux le pousse aussi – et c’est heureux – à avancer des pistes concrètes fondées sur sa crédibilité : il explore la piste du développement de l’auto-entrepreneuriat, lancé par son gouvernement. En détaillant les réformes, les aménagements, les garde-fous, la réécriture du Code du travail, la suppression du RSI (le « régime spécial des indépendants », qualifié par M. Valls lui-même de « désastre »). Redonner confiance aux artisans, aux créateurs, aux indépendants est évidemment l’une des clefs du développement économique.

Bon début, M. Fillon. Mais nous attendons la suite, car la France manque aussi cruellement de grand dessein dans tous les autres domaines : éducation, politique étrangère, sécurité, immigration, etc. Nous voulons bien vous créditer des qualités de sérieux, de courage, de votre capacité à rassembler, en homme de valeurs et de convictions, toutes les droites et les Français. Mais – et vous le savez mieux que personne -, pour devenir Président, et plus encore dans la situation actuelle, la qualité et la crédibilité de votre ambition pour la France seront déterminantes. Et aussi le choix de votre second.

Voir les commentaires

Guerre de Cent ans Suite: les Anglais persistent à vouloir préempter l’anneau de Jeanne d’Arc

Publié le par Felli Bernard

L'anneau de JEANNE de d'ARC
L'anneau de JEANNE de d'ARC

Guerre de Cent ans Suite: les Anglais persistent à vouloir préempter l’anneau de Jeanne d’Arc

in Culture, Histoire / by Emilie Defresne / on 13 avril 2016 at 17 h 10 min /

image: http://www.patrimoine-histoire.fr/images/Patrimoine/Rouen/mTourJdArc/RoueTJArc09.JPG

Cela faisait 600 ans que les Anglais détenaient une bague qu’ils avaient volé directement ou indirectement à Jeanne d’Arc qu’ils étaient venus supplicier en France. Non contents de ne pas l’avoir rendue à la France depuis tout ce temps, ils ont en plus l’audace de vouloir la récupérer maintenant qu’enfin elle est de retour en France, après que l’association du Puy-du-Fou l’ait payée très cher aux enchères à Londres.

Nicolas de Villiers, « chargé de rapporter la sainte relique d’Angleterre » explique comment le Puy-du-Fou entend ne pas céder:

image: http://media.medias-presse.info/wp-content/uploads/2016/03/anneau-de-Jeanne-300x193.jpg

À presque de dix jours de l’échéance imposée par les Anglais, quel est votre état d’esprit?

Nous l’attendons de pied ferme, avec une grande sérénité. Cette aventure ubuesque ne nous fait pas peur. Je suis certain que nous gagnerons, mais je ne sais ni quand, ni comment. Cet anneau est tout ce qu’il nous reste de Jeanne d’Arc. Il est absolument hors de question de le céder. Les Anglais ont intérêt à affûter leurs armes parce que nous affûtons les nôtres et sommes prêts à monter au créneau.

Comment expliquer cet acharnement des Anglais?

Les Anglais savaient très bien ce qu’ils avaient dans les mains. Leurs archives sont abondantes à ce sujet. Leur erreur a été de sous-estimer non pas la valeur de l’anneau, mais la probabilité que des Français se présentent aux enchères. Probabilité d’ailleurs très faible, puisque nous-mêmes avons eu vent très tard de ces enchères et nous ne nous sommes inscrits que 24h avant. À cause de ce manque de vigilance, ils ont vu l’anneau quitter leur territoire sans avoir eu le temps de le préempter comme trésor national. S’ils tiennent tant à le faire revenir sur leur territoire, c’est pour rectifier cet oubli. Cette obstination est délirante quand on sait que cet anneau était celui d’une héroïne française brûlée par les Anglais. J’ai de nombreux contacts en Grande-Bretagne depuis que nous y préparons un spectacle sur leur Histoire. Et d’après ces échos, les Britanniques eux-mêmes voient mal comment le gouvernement anglais pourrait aller plus loin dans cette requête sans se ridiculiser. C’est amusant de voir qu’il est fort probable que nous ramenions les Anglais à la raison, eux qui sont d’habitude si raisonnables. (…)

Cette affaire a déchaîné en France un engouement surprenant. Vous y attendiez-vous?

Très honnêtement, nous avons été les premiers surpris par l’engouement extraordinaire suscité par la récupération de cet anneau. Depuis le début de l’affaire, les manifestations de joie, les réactions vives et passionnées, souvent touchantes, nous submergent par courrier, par mail, par oral. Hier encore, dans le train, une femme s’est adressée à moi d’un ton suppliant: «S’il vous plaît, ne rendez pas l’anneau aux Anglais.» Cela nous a surpris mais c’est aisément compréhensible. Cette affaire remonte à six siècles, mais elle est chargée de symboles qui donnent une image de la grandeur nationale. Je pense que les Français ont été heureux de voir que leur pays est encore capable de panache. (…)

(Source: Le Figaro)

Lire aussi à ce sujet: Le Royaume-Uni prétend récupérer l’anneau de Jeanne d’Arc présenté en grande pompe au Puy du Fou ce dimanche – Vidéos

Emilie Defresne

Voir les commentaires

Quand Daesh nous oblige à relire l’histoire coloniale de la France…

Publié le par Felli Bernard

Carte des accords Sykes-Picot, selon Wikipédia
Carte des accords Sykes-Picot, selon Wikipédia

Quand Daesh nous oblige à relire l’histoire coloniale de la France…

Par Michel J. Cuny – Le 3 avril 2016 – Source Une France A refaire

Dans un article publié ici même le 2 avril 2016, Ibrahim Tabet s’interrogeait : «La destruction, par le califat autoproclamé, du mur de sable séparant la Syrie et l’Irak symbolisant les accords Sykes-Picot préfigure-t-elle la fin du système hérité de l’ère coloniale ?»

Rappelons-le aussitôt : du point de vue des impérialismes occidentaux, la Première Guerre mondiale avait eu l’extrême mérite de faire imploser l’Empire ottoman qui, semble-t-il, n’était plus bon à autre chose… de leur point de vue, toujours.

Or, à leur façon, les accords Sykes-Picot auront été un élément essentiel du partage des dépouilles apparues à la suite d’un conflit qui avait ajouté les millions de morts aux millions de morts. Lus aujourd’hui, ces accords permettent surtout de prendre conscience de ce qu’étaient certains des buts de guerre de la Grande-Bretagne et de la France à cette époque. Et le prix qu’il a fallu payer pour en venir à
bout.

Il est bon, parfois, de mettre des noms de personnes sur des situations, sur des événements, sur des décisions qui dépassent évidemment les responsabilités individuelles… Ce n’est toujours qu’un début de piste. Mais enfin, la foudre qui s’abat par instants sur les sociétés humaines n’est pas toujours due qu’à des hasards malencontreux.

Dans le duo constitué de MM. Sykes et Picot, où le premier était un Britannique, saisissons-nous du second, le Français : c’est François Georges-Picot (1870-1951). Sans trop nous éloigner de lui, constatons qu’il avait une sœur un peu plus jeune que lui : Geneviève Henriette Georges-Picot (1876-1949). Pour sa part, elle devait épouser un certain Jacques Bardoux (1874-1959). Voici donc les grands parents maternels de Valéry Giscard d’Estaing…

Or ‒ comme je l’ai montré ailleurs ‒, Jacques Bardoux est l’un des pères fondateurs de cette Cinquième République dont son petit-fils (V.G.E.) devait devenir président en 1974. C’est déjà un signe… Surtout parce que, en raison de la façon dont, en matière de guerre, la Constitution française de 1958 offre le plein exercice de la souveraineté au président de la république, nous avons ce résultat qu’aujourd’hui la Libye a été détruite des suites d’une décision plus ou moins folle d’un Sarkozy…

Une décision qui ne paraît folle qu’aux yeux de qui ne sait pas ce qu’était vraiment la Libye du temps de Mouammar Kadhafi. La France fait donc des guerres sans savoir pourquoi… Voire…

Un siècle plus tard, nous ne savons toujours à peu près rien des raisons qui ont présidé au déclenchement de la Première Guerre mondiale. Or, en ce qui concerne les accords Sykes-Picot des 9 et 16 mai 1916, il paraît que nous avons tort de ne pas les connaître depuis bien longtemps. Certes, au départ, ils étaient secrets. Mais cela n’a eu qu’un temps, et si court.

En effet, grâce à la Révolution bolchevique de 1917, le mystère a été aussitôt éventé… Parce que Lénine, terriblement soucieux des ravages ordinaires de l’impérialisme, s’est donné les moyens de montrer au monde entier ce qu’est la réalité sournoise de la liberté d’entreprendre quand elle s’étend à l’échelle de la planète. Il a révélé les documents secrets détenus par les bureaux du tsar de toutes les Russies…

Nous savons donc… C’est-à-dire que, depuis 1917, nous devrions savoir.

Mais la guerre de 1914-1918 ne nous a surtout pas été enseignée sous cet angle-là. Donc, nous ne savons toujours pas.

Serait-ce à Daesh de venir nous le dire ? Peut-être bien.

Il y a nos promesses… Sous l’angle de la souveraineté de notre pays, cela s’appelle la France. Il y a donc les promesses de la France…

Mais, dans le contexte impérialiste, la France n’aura toujours été qu’un sous-fifre. Aujourd’hui encore, il est bien connu que nous devons compter ‒ bien plus que ne le dira aucun responsable politique ‒ avec Sa Majesté la reine d’Angleterre.

Ce strapontin plus ou moins permanent qui nous a été octroyé par la Couronne d’Angleterre ‒ et grâce, entre autres, aux manœuvres plus ou moins douteuses et aventurées d’un Voltaire ‒, nous le retrouvons en 1916, dans toute sa splendeur, à l’occasion des accords Sykes-Picot… qui ont tendu à escroquer… les Arabes, en les appelant à la révolte contre l’Empire ottoman, pour prix d’un État… unitaire arabe (islamique ?)… qui n’a jamais existé. Et pour cause.

Carte des accords Sykes-Picot, selon Wikipédia

C’est cet État, disent les accords Sykes-Picot, qui ‒ selon la forme que leur donne la lettre adressée le 9 mai 1916 par l’ambassadeur de France à Londres, Paul Cambon, au secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères, Sir Edward Grey ‒ organisent le partage du gâteau… comme ceci :

«1. La France et la Grande-Bretagne sont disposées à reconnaître et à soutenir un État arabe indépendant ou une confédération d’États arabes dans les zones (A) et (B) indiquées sur la carte ci- jointe, sous la suzeraineté d’un chef arabe.»

Ni un État arabe indépendant, ni une confédération d’États arabes… Rien que deux parts de gâteau… Avec, au sein de la part française, un découpage placé sous la doctrine : diviser pour régner… Ce qui aide beaucoup, dans le chaos actuel en Syrie…

Mais lisons la suite, pour bien comprendre l’inanité des éventuels États arabes au lendemain de la Première Guerre Mondiale :

«Dans la zone (A), la France, et, dans la zone (B), la Grande-Bretagne, auront un droit de priorité sur les entreprises et les emprunts locaux. Dans la zone (A), la France et dans la zone (B) la Grande-Bretagne, seront seules à fournir des conseillers ou des fonctionnaires étrangers à la demande de l’État arabe ou de la Confédération d’États arabes.»

Comme dans la suite, je souligne les mots qui marquent bien l’impact de l’impérialisme occidental. Au titre de l’économie de marché et du morceau réservé à l’Angleterre… il convient de retenir le cinquième paragraphe que voici:

«5. Alexandrette sera un port franc en ce qui concerne l’Empire britannique et il ne sera pas établi de droits de ports, ni d’avantages particuliers refusés à la Marine et aux marchandises anglaises ; il y aura libre transit pour les marchandises anglaises par Alexandrette et par chemin de fer à travers la zone bleue, que ces marchandises soient destinées à la zone rouge, la zone (B), la zone (A) ou en proviennent ; et aucune différence ne sera établie (directement ou indirectement) aux dépens des marchandises anglaises sur quelque chemin de fer que ce soit, comme aux dépens de marchandises ou de navires anglais dans tout port desservant les zones mentionnées.»

Pour le morceau français, c’est ici :

«Caifa sera un port franc en ce qui concerne le commerce de la France, de ses colonies et de ses protectorats et il n’y aura ni différence de traitement, ni avantage dans les droits de port, qui puissent être refusés à la Marine ou aux marchandises françaises. Il y aura libre transit pour les marchandises françaises par Caifa et par le chemin de fer anglais à travers la zone brune que ces marchandises soient en provenance ou à destination de la zone bleue, de la zone (a) ou de la zone (b) et il n’y aura aucune différence de traitement directe ou indirecte aux dépens des marchandises françaises, sur quelque chemin de fer que ce soit, comme aux dépens des marchandises ou des navires français dans quelque port que ce soit desservant les zones mentionnées.»

Et puis, il y aura eu les années subséquentes… Les nationalisations (du pétrole)… Les printemps (arabes ?)… Peut-être pas autant que ça…

D’où l’intérêt de regarder avec attention les accords Sykes-Picot…

Michel J. Cuny

Avec sa compagne Françoise Petitdemange, écrivaine professionnelle et indépendante depuis 1981, Michel J. Cuny, écrivain professionnel indépendant depuis 1976, développe un travail de recherche, à caractère historique, qui s’étend de la fin du Moyen Âge pour atteindre l’époque contemporaine, et dont les résultats apparaissent peu à peu sur leur site : http://unefrancearefaire.com

Note de l’auteur :

La rapide évocation des buts de guerre de la France dans l’affaire libyenne renvoie à l’ouvrage de Françoise Petitdemange, ma compagne : La Libye révolutionnaire dans le monde (1969-2011) – Editions Paroles Vives 2014.

Voici un lien qui y conduit : http://www.francoisepetitdemange.sitew.fr

Voir les commentaires

Calme plat sur le front eurasien

Publié le par Felli Bernard

Le cœur de l’Eurasie
Le cœur de l’Eurasie

Calme plat sur le front eurasien

Alors maintenant, l’Iran est de nouveau diabolisé par l’Occident comme «provocateur» et «déstabilisant». Comment est-ce possible ? L’accord nucléaire n’était-il pas censé avoir ramené l’Iran dans le «concert des nations» fruit des entrailles de l’Occident ?

Par Pepe Escobar – Le 7 avril 2016 – Source Russia Insider

L’Iran sera de nouveau sur la sellette au Conseil de sécurité des Nations Unies. La raison : les récents essais de missiles balistiques qui, selon l’Occident, sont «capables de transporter des armes nucléaires» – une prétendue violation de la résolution 2231 de 2015 du Conseil de sécurité des Nation
s Unies.

C’est faux. Téhéran a fait des essais de lancement de missiles balistiques début mars. Le Guide suprême, l’ayatollah Khamenei, a souligné que les missiles étaient essentiels pour la défense future de l’Iran. Les missiles balistiques n’ont rien à voir avec le programme nucléaire de l’Iran ; et pourtant Washington continue de mettre ça sur le tapis avec une crise nucléaire fabriquée.

La Russie le sait, bien sûr. Le chef du département du ministère russe des Affaires étrangères chargé de la non-prolifération et du contrôle des armes nucléaires, Mikhaïl Oulianov, a dû, encore une fois, revenir sur le dossier pour affirmer que les tests de missiles balistiques n’ont pas violé la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU.

Quoi de neuf ? Rien. Washington va maintenir la pression sur Téhéran pour une raison fondamentale : les États-Unis n’ont pas obtenu les engagements en matière de gaz naturel qu’ils attendaient après l’accord nucléaire. L’Iran privilégie la vente de son gaz naturel à ses clients d’Asie et d’Europe. L’intégration eurasienne est la justification clé.

Une mer US du Sud, à votre avis ?

La pression fonctionne également sans relâche sur la Chine à propos de la mer de Chine du Sud. Pékin n’est pas vraiment inquiet. Au fur et à mesure que Washington et Tokyo font monter la mayonnaise, Beijing augmente sa présence dans les îles Paracel et les Spratley. Le nœud de la question est bien plus au sud.

Pour la Chine, la clé est un commerce non-stop et tranquille des flux d’énergie, au moyen d’une route maritime qui se trouve passer par des points d’étranglement cruciaux. Ces points d’étranglement – surtout le détroit de Malacca – sont supervisés par l’Indonésie, la Malaisie et Singapour.

Il n’y a absolument aucun intérêt pour l’Indonésie à affronter la Chine. Et Pékin pour sa part, considère Jakarta comme une puissance qui œuvre pour la paix. Ce qui compte en fait pour Jakarta, est le renforcement de ses liens commerciaux maritimes avec Pékin. Idem pour Kuala Lumpur – même si la Malaisie et la Chine ont leurs querelles, pas exactement apocalyptiques, en mer de Chine méridionale.

Le modèle (rhétorique) de Washington est conforme à son ordinaire – un torrent de paroles, bien sûr. Mais que va faire l’Empire du Chaos ? Une prise de contrôle naval de la mer de Chine méridionale ? Imposer à l’Indonésie et à la Malaisie de ne pas améliorer davantage leurs propres – et mutuellement bénéfiques – liens économiques avec Pékin ?

Élargissons le panorama

Ensuite, il y a l’OTAN. Beaucoup d’acteurs importants à Washington ont absolument marre du turbulent allié de l’OTAN, le Sultan Erdogan. Pourtant, l’impression est créée – par les Maîtres de l’Univers, trônant sur l’administration du canard boîteux Obama – qu’ils se tournent vers la Turquie pour renforcer une OTAN déjà anti-russe, l’ensemble du processus étant couvert par la rhétorique terroriste. Le fait que Ankara est à toutes fins utiles en train de faire du chantage à l’UE, est rejeté comme non pertinent. Ceci est une politique erronée classique.

Pourtant, il est encore difficile de savoir si la Turquie, alliée de l’OTAN, continuera à agir en Syrie, estimant que Washington et Moscou peuvent – et le mot important est «peuvent» – avoir conclu un grand marché.

Cela ne signifie pas que la pression sur la Russie sera assouplie de si tôt. Le Pentagone a annoncé qu’il dépensera $3,4 milliards pour le déploiement du matériel et des centaines de rotations des troupes américaines en Europe orientale pour contrer – quoi d’autre ? – l’agression russe, évidemment. Ceci après que le Pentagone a annoncé qu’il va quadrupler les fonds de la soi-disant Initiative européenne de réassurance pour l’exercice 2017, en attendant l’approbation du Congrès, qui est presque inévitable.

Moscou n’est pas vraiment inquiet non plus. La brigade américaine aura environ 4 500 soldats. Ensuite, il y aura quelques véhicules de combat Bradley, des Humvee, des obusiers Paladin auto-propulsés et peut-être, d’ici 2017, une brigade de Stryker. Aucune force aérienne. Peut-être l’improbable aéronef Warthog. Ceci est essentiellement un décor pour apaiser les vassaux baltes hystériques.

Maintenant, en chœur, la chanson des pressions

Pression sur l’Iran. Pression sur la Chine. Pression sur la Russie, qui incluait un complot – raté – pour détruire l’économie russe à l’aide de la production de pétrole par le gang des pétrodollars des Pays du Golfe, même si cela signifiait aussi la destruction de l’industrie pétrolière américaine, contre les intérêts nationaux des États-Unis.

La Syrie a démontré, sur le terrain, les capacités militaires russes aux véritables dirigeants de l’Empire du Chaos – ce qui les a laissés hébétés et confus. Jusqu’à la campagne russe en Syrie, l’essentiel de l’accent a été mis sur la Chine, en particulier sur les missiles chinois qui pourraient frapper les systèmes de guidage par satellites pour les ICBM [missiles balistiques intercontinentaux] et les missiles de croisière, ainsi que la capacité chinoise à abattre un ennemi entrant à une vitesse supérieure à celle d’un ICBM. Un sous-marin chinois silencieux non détecté à portée des porte-avions américains a aggravé le choc.

Maintenant que les Maîtres de l’Univers ont réalisé que le Pentagone est encore plus incapable par rapport à la Russie, celle-ci, et non la Chine, est désormais la menace existentielle majeure.

Certes, si la Pologne, la Hongrie, la Bulgarie, la Turquie, sans parler de la France et du Royaume-Uni, savaient à quel point les États-Unis sont vraiment loin derrière les Russes, alors l’OTAN pourrait s’effondrer pour de bon, et l’ensemble de l’Occident finirait par se débarrasser de l’hégémonie de l’Empire du Chaos. Et si cela n’était pas assez dramatique, l’animateur de télé-réalité Donald Trump émet l’opinion que les États-Unis devraient se séparer de l’OTAN – imaginez cette dernière se dissolvant sous la présidence de Trump, parallèlement à l’implosion/désintégration de l’Union européenne.

Il peut être instructif de revenir à ce qui est arrivé il y a neuf ans, lors de la conférence de sécurité de Munich. Vladimir Poutine avait déjà tout vu venir, sinon dans le détail, au moins sur le plan conceptuel. L’expansion géo-économique inévitable de la Chine via les Routes de la soie – Une Ceinture, Une Route (OBOR) – qui sont appelées à unifier l’Eurasie. Le progrès constant de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), évoluant d’une sorte de communauté économique et commerciale asiatique vers une espèce d’OTAN de l’Asie. Le succès de la coalition 4 + 1 en Syrie doit être vu comme un précurseur du rôle international accru de l’OCS.

Ce qui reste à l’Empire du Chaos sur le front eurasien, est le vœu pieux de tenter d’encercler la Russie et la Chine, alors que les deux pays continuent effectivement leur expansion partout dans le cœur de l’Eurasie, bazardant le dollar US pour acheter de l’or, signant une flopée de contrats en yuan et vendant du pétrole et du gaz à tout un chacun. Vous avez dit sous pression ? Eh bien, appelez plutôt ça une chanson de Queen et David Bowie : C’est la terreur de savoir / De quoi ce monde est fait / Regarder quelques bons amis / Criant, Laissez-moi sortir !

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan: How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues: a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009),Empire of Chaos (Nimble Books) et le petit dernier, 2030, traduit en français.


Article original paru chez Sputnik

Traduit et édité par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

Voir les commentaires

Un consortium occidental opaque derrière les révélations des Panama papers

Publié le par Felli Bernard

Un consortium occidental opaque derrière les révélations des Panama papers

Un consortium occidental opaque derrière les révélations des Panama papers

Un consortium occidental opaque derrière les révélations des Panama papers

8 avril 2016 | Polémia

Depuis quelques jours, l’affaire dite des « Panama papers » occupe tout l’espace médiatique. Elle correspond à la révélation de données concernant la création de sociétés dans des paradis fiscaux. Ces données auraient été obtenues par piratage du cabinet d’avocats spécialisés Mossack Fonseca, sis à Panama.

L’accès à cette immense quantité d’informations a été autorisé à 108 rédactions dans 76 pays, dont le journal Le Monde en France et des journalistes de France 2. Tout cela s’est fait sous l’égide du Consortium international des journalistes d’investigation, existant depuis 1997. Il s’agit d’un collectif de journalistes réunis en un groupement qui dépend lui‑même d’une autre institution, le Center for Public Integrity, fondée par le journaliste américain Charles Lewis, en 1989.

Son but est de « dévoiler les abus de pouvoir, la corruption et les manquements au devoir des institutions publiques ou privées. »

Côté financement, ce sont des fondations caritatives et des mécènes privés qui permettent le bon fonctionnement de la structure. On trouve par exemple le milliardaire George Soros, connu également pour son soutien aux Femen et son rôle dans les révolutions de couleur en Europe orientale.

« Nous connaissons bien cette prétendue communauté journalistique. Il y a parmi eux de nombreux journalistes dont le journalisme n’est pas l’activité principale. Beaucoup sont d’anciens employés du Département d’Etat, de la CIA, d’autres services secrets ». Dmitri Peskov a dénoncé une enquête pleine d’« inventions » et de « falsifications ».

Aucune personnalité publique américaine n’apparaît dans ces révélations, alors que le Panama est un quasi-protectorat américain… Les données publiées ont manifestement été filtrées.

(Informations extraites du Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie du 7/04/2016.)

Polémia a reçu d’une fidèle lectrice une analyse assez complète et apparemment dénuée de parti pris de ce qui a été appelé le « Bidonnage des ”Panama leaks“ » Nous en donnons une transcription partielle et ce sera la première partie de ce dossier.

En seconde partie, on trouvera une lettre circulaire émise par Madame Marine Le Pen, présidente du Front national vivement attaquée, elle et son parti, adressée sous forme de courriel à Monsieur Jean-Yves Le Gallou, président de notre Fondation Polémia.

I

Première partie

Un « scandale » mondial et grossier qui arrange l’Empire

Comme par hasard ?

Ce scandale orchestré tombe à pic en période de pré-élections pour écœurer les gogos qui continueront à élire les mêmes engeances afin que, surtout, rien ne change.

Dès le 3 avril, on apprenait qu’un scandale financier mondial, les « Panama papers », secouait la planète.

De quoi s’agissait-il ? Un listing de 11 millions de noms, personnalités ou sociétés, qui auraient utilisé des comptes offshore pour se livrer à des opérations financières en toute légalité et qui seraient d’un rendement hors pair, par le truchement d’un cabinet d’avocats spécialisés situé à Panama.

Or la question se pose de savoir « comment 11,5 millions de documents ont pu sortir du cabinet Mossack Fonseca et se retrouver auscultés pendant des mois par une centaine de rédactions du monde entier. A ce jour, tant la source que la méthode restent inconnues. Mais l’hypothèse d’un piratage informatique a circulé très vite, initiée par la société panaméenne elle-même.» (Libération du 8/04/2016). En tout état de cause, la seule chose sur laquelle tout le monde est d’accord, c’est que « chez Mossack Fonseca les données sont bien mal protégées ».

A vrai dire et à notre stade, cette question de la dispersion des documents nous intéresse assez peu. Seules les personnalités ou les sociétés qui sont à découvert peuvent s’inquiéter et redouter le pire, s’il y a réellement eu de l’argent mal acquis et des évasions fiscales. On voit par exemple le premier ministre britannique Cameron et le président argentin empêtrés dans le scandale, tandis que le premier ministre islandais s’est empressé de démissionner. N’y aurait-il pas quelques élites françaises embarrassées ?

En revanche, ces documents étant entre les mains de la presse – on parle d’un Consortium de 108 rédactions (comprenant notamment la Open Society Foundation de George Soros) de grands médias dans 76 pays – on peut imaginer les manipulations, les pressions, les dénonciations fondées ou non lancées contre telle ou telle personnalité gênante. On apprend que Michel Platini, déjà en délicatesse avec la FIFA, aurait utilisé ces circuits opaques. Il en serait de même de Patrick Drahi qui, récent acheteur de journaux français, deviendrait peut-être un concurrent direct du groupe Le Monde, etc.

Les périodes pré-électorales sont particulièrement propices à ce genre de manœuvre. Il est étonnant de voir avec quelle hargne le même journal Le Monde, sans le moindre élément probant, attaque Marine Le Pen, la candidate la plus dangereuse pour la prochaine présidentielle, tant pour la gauche que pour la droite.

En deuxième partie, nous reproduisons la lettre ouverte que Madame Marine Le Pen vient de mettre en circulation.

Deuxième partie

II

Lettre circulaire émise par Madame Marine Le Pen, présidente du Front national, adressée sous forme de courriel à Monsieur Jean-Yves Le Gallou, président de la Fondation Polémia

Expéditeur: “Marine Le Pen”
Date: 7 avril 2016 11:33:46 UTC+2
Destinataire: jylg
Objet: « Le Monde », cette imposture

Il fallait probablement attendre que la déflagration de la bombe sale du Monde soit passée, que la presse française à de rares exceptions près se soit repue de ses propres mensonges, pour analyser calmement la séquence odieuse à laquelle nous venons d’assister.

Odieuse et en même temps tellement révélatrice d’un fonctionnement dont la démocratie et l’Etat de droit sortent totalement essorés.

Le journal censé être le plus sérieux de la presse française (c’est dire…) mais connu pour son combat acharné contre le Front national (voir l’éditorial de son directeur Jérôme Fenogilo, à deux jours du premier tour des régionales et intitulé « Le FN cette imposture »), a donc sous le titre racoleur « Panama papers : comment des proches de Marine Le Pen ont sorti de l’argent de France », lancé une gigantesque offensive médiatique contre le Front national et moi-même sur la base de prétendues « révélations » qui ne révèlent… rien, nada, zéro, le vide sidéral.

Et pourtant… Comme ces foules prises d’hystérie collective, les médias français se sont jetés à corps perdu dans un lynchage en règle du premier parti de France.

« Détournement », « système opaque d’évasion fiscale », « fraude fiscale », « dissimulation », « société offshore » plein de mots qui salissent, jetés en vrac dans plein d’oreilles qui n’en demandaient pas tant. Télés, radio, journaux, réseaux sociaux… En quelques heures tout ce que la France compte de relais d’information étaient saturés d’un flot ininterrompu de supputations, d’amalgames, d’insinuations ou, pour les plus zélés, de bonnes grosses accusations diffamatoires exprimées sans aucune prudence, sans aucune retenue, au mépris de toute déontologie et évidemment sans la moindre vérification.

A la fin de la journée, les médias s’étaient tellement intoxiqués les uns les autres (les uns par incompétence et/ou suivisme, les autres portés par leur mauvaise foi militante traditionnelle) que chacun était sûr de son fait : « le Front national avait caché de l’argent au Panama et Marine le Pen était (de près ou de loin) coupable » De quoi ? Ils ne savaient pas trop mais c’était et reste pour eux totalement insignifiant.

Cette séquence est un cas d’école de pure désinformation qui pourra être étudié dans les instituts de formation de journalisme sous le titre « Comment manipuler les foules ».

Car si elle n’intéresse pas nos journalistes militants, je suis convaincue qu’elle intéresse les Français.

La vérité est que ni moi ni le Front national n’avons à nous reprocher quoi que ce soit dans cette affaire « Panama Papers. ».

Ni moi ni le Front national n’avons jamais envoyé d’argent ou quoi que ce soit.

Ni moi ni le Front national n’avons de compte en banque ni au Panama ni dans aucun autre endroit au monde.

Ni moi ni le Front national n’avons dissimulé/détourné/optimisé/fraudé… etc. un centime.

Tous les médias le savent, alors pour tenter de nous impliquer ils usent de la bonne vieille méthode totalitaire « Si ce n’est toi c’est donc ton frère prestataire ».

C’est ainsi que l’on nous demande de nous justifier d’un investissement à Hong-Kong (qui n’est pas un paradis fiscal) effectué par un de nos prestataires !! A ce rythme on vous demandera demain de justifier de l’utilisation faite par votre garage de l’argent que vous lui avez versé pour faire réparer votre voiture ! A-t-il payé ses impôts ? Versé sa pension alimentaire ? Je pense que même en URSS ils n’allaient pas aussi loin dans la violation des principes de notr…Etat de droit.

Même si notre prestataire est un ami, je ne vois pas bien quelle responsabilité l’on peut avoir dans les stratégies commerciales qu’il met en œuvre !

De ce que nous savons, il a ouvert une filiale à Hong-Kong (et pas au Panama…) pour conquérir, je suppose, de nouveaux marchés ; qu’il a, semble-t-il, pour ce faire investi une partie de ses bénéfices après impôts dans une filiale, opération validée par le fisc français. Et figurez-vous que nous le savons, car cette opération commerciale a fait l’objet depuis 18 mois d’investigations de la part du juge Van Ruynbeke qui n’a, à ma connaissance, rien découvert qui puisse de près ou de loin révéler une fraude, une dissimulation fiscale de sa part et encore moins une implication quelconque (même de loin) du FN dans cette opération financière.

Des tonnes de papiers, des heures d’accusations plus graves les unes que les autres, des calomnies déversées à la pelle contre mon mouvement sans le début de commencement d’un fait délictueux ni même d’un comportement inapproprié.

Pendant qu’on invite l’opinion publique à regarder le Front national, on détourne son regard des politiques qui ont donné les clés à la finance sale, entre Big bang financier et abaissement des souverainetés nationales.

Alors, oui, ça en dit long sur l’état de l’information en France, sur le niveau et le militantisme des médias français, sur le respect des fondements de notre Etat de droit, sur le fonctionnement moribond de notre démocratie.

Mais ça en dit long surtout sur la panique qui saisit nos élites autoproclamées à l’approche d’une élection présidentielle qui demain pourrait tout changer, rétablir nos droits individuels et nos droits collectifs de peuple libre.

Contre le Front national et ses candidats il n’y aura aucune limite, aucune retenue, tout sera permis. Nous le savions, vous deviez aussi le savoir et vous y préparer.

Nous continuerons quant à nous à faire émerger la vérité, partout et en toute circonstance, quel qu’en soit le prix. C’est plus que notre droit, c’est notre devoir.

Amitiés sincères

Marine Le Pen
7/04/2016

Correspondance Polémia – 8/04/2016

Image : Mossack – Fonseca

Voir les commentaires

La déchéance de François Hollande

Publié le par Felli Bernard

La déchéance de François Hollande

Accueil / Articles / La déchéance de François Hollande

La déchéance de François Hollande

10 avril 2016 | Polémia

Jacques Sapir, économiste

♦ François Hollande, à la suite des tragiques attentats de novembre 2015 avait réuni le Congrès (ce qui en France désigne l’union de l’Assemblée Nationale et du Sénat) pour annoncer qu’il avait décidé de faire entrer dans la Constitution la « déchéance de nationalité » et l’état d’urgence.

Il vient de déclarer, le mercredi 30 mars, qu’il abandonne ce projet. C’est un coup très dur porté à sa crédibilité et à sa légitimité. Bien sûr, on dira, et lui le premier, que par ce renoncement il n’a fait que prendre acte des désaccords existants que ce soit au sein de sa propre majorité que dans les rangs de l’opposition. Mais, ces désaccords étaient connus à l’avance. Il ne pouvait les ignorer au moment même où il fit sa déclaration initiale devant le Congrès. En réalité, ce que traduit cette reculade, car il faut bien l’appeler par son nom, c’est son incapacité à trouver un consensus au sein de la classe politique ou à convaincre les français de faire pression sur cette même classe politique pour qu’elle se mette d’accord.

Par cette déclaration il révèle son incapacité en fait à gérer la situation issue des attentats du 13 novembre 2015. Par cette déclaration il reconnaît ce que nous savions déjà depuis plusieurs mois: il n’est plus qu’un cadavre politique.
La question de la déchéance de nationalité

La déchéance de nationalité, faut-il encore le répéter, existe dans le droit français. Elle est présente dans notre code, et elle a été appliquée un certain nombre de fois ces dernières années. Il n’y avait donc nul besoin de « constitutionnaliser » cette mesure, comme je l’ai écrit sur le blog RussEurope. Mais, il était tout aussi stupide de pousser de grands cris d’orfraie à son égard et de parler d’une possible « stigmatisation » d’une partie de la population.

Le projet de texte présenté par le gouvernement avec l’appui du Président était liberticide, non en raison d’atteintes aux « grands principes » mais parce qu’il constituait avant tout un texte de circonstances, n’ajoutant rien au droit français. De même, la « constitutionnalisation » de l’état d’urgence ne s’imposait ni ne se justifiait d’aucunes manières. Un état d’urgence est conçu par le législateur pour faire face à une situation exceptionnelle qui empêche les institutions de fonctionner ou qui à tout le moins rend leur fonctionnement problématique. Il se justifiait, à l’évidence, dans la nuit tragique du 13 au 14 novembre. Mais il devait alors s’accompagner de mesures rapides et exceptionnelles, visant à ramener la France dans une situation normale. Or, ce à quoi on assiste aujourd’hui c’est à une éternalisation de cet état d’urgence, à l’impulsion du premier ministre, M. Manuel Valls, qui se confond alors avec un « état de guerre ». Mais, si nous sommes en guerre, alors souvenons-nous de ces mots que Georges Clémenceau prononça à la Chambre des Députés le 8 mars 1918 et qui sont restés dans les annales. L’état de guerre n’implique pas de céder sur le principe de la Démocratie. Bien au contraire, l’union nationale exige que soit maintenue la liberté des débats et des controverses. Or, nous avons un premier ministre qui conçoit en réalité l’état d’urgence comme une situation permanente, et qui, de ce fait, nous entraîne tous les jours un peu plus sur les voies de la Tyrannie, ou plus précisément de ce que j’ai appelé la Démocrannie.

Une échec politique

Cet échec du Président, car c’en est un, et il n’en faut pas douter même si certains vont chercher à le déguiser en habileté, ne fait que révéler l’amateurisme complet mais satisfait de lui, qui caractérise son action, et cela depuis de nombreux mois. Après les attentats de janvier 2015, le gouvernement et le Président ont été incapables de prendre les mesures qui s’imposaient. Aujourd’hui, ils parlent forts mais agissent bien peu. Il est ainsi dérisoire et scandaleux qu’ils cherchent à tirer à eux la couverture des échecs actuels rencontrés par l’organisation qui se fait appeler « Etat Islamique », quand on sait le nombre de missions effectuées par notre aviation et qu’on compare ce nombre aux sorties de l’aviation russe ou américaine.

Au-delà, cet échec signe la fin du projet politique de « social-libéralisme ». Déconsidéré par la reculade à laquelle il a dû consentir sur l’état d’urgence et la déchéance de constitutionnalité, affaibli par la mobilisation contre la loi « El Khomri », François Hollande apparaît bien être aujourd’hui dans une impasse. Il ne peut espérer unir les électeurs de gauche pour la présidentielle. Au contraire, son éventuelle candidature, et en généralisant toute candidature venant du « camp » politique qu’il représente à l’intérieur du P « S », ne ferait qu’œuvre de division. Le seul qui puisse, tant politiquement que moralement, porter aujourd’hui les couleurs de la gauche est Jean-Luc Mélenchon. C’est en cela que François Hollande est désormais mort politiquement.

Cet échec, donc, révèle à la face du monde l’incapacité pathologique du Président à se hisser à la hauteur de sa fonction. Il traduit l’incompréhension profonde de la fonction et de ce qu’elle exige. Si jamais François Hollande avait la velléité de se prendre pour Clémenceau, rassurons-le immédiatement; tel n’est pas son modèle. Il n’y ressemble en rien. Non, son modèle est bien plutôt Viviani, président du Conseil de juillet 1914 à octobre 1915 et socialiste modéré comme lui, et dont les contemporains purent dire, à juste raison, qu’il parlait comme un homme et agissait tout différemment.

Jacques Sapir
1/04/2016

Source : Sputniknews.com

Correspondance Polémia – 10/04/2016

Image : François Hollande aux Invalides

Voir les commentaires