Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #opinion tag

C’est George Soros qui a financé les « Panama Papers » !

Publié le par Felli Bernard

Hildegard von Hessen am Rhein
Hildegard von Hessen am Rhein

C’est George Soros qui a financé les « Panama Papers » !

Hildegard von Hessen am Rhein

D’abord, je n’y prête qu’une oreille distraite. Lorsque j’entends que l’affaire commence par un « lanceur anonyme d’alertes », ma première réflexion est : « Que c’est bizarre. Généralement, les lanceurs d’alertes ne cachent jamais leurs noms. » Puis, cris et chuchotements, indignations globalisées, les cris d’orfraies sont de sortie ! C’est à la Süddeutsche Zeitung que « l’anonyme » s’est adressé. Je souligne que ce quotidien fait partie d’un mastodonte médiatique allemand, Süddeutscher Verlag, dont les tentacules s’étendent à la Suisse, en passant par l’Autriche, pour se déployer dans toute l’Europe centrale et de l’Est… Il n’y a pas de hasard.

Les documents dévoilés sont en provenance d’une firme panaméenne, Mossack Fonseca, et dénoncent un grand nombre de personnalités célèbres comme fraudeurs fiscaux. On nous raconte que des centaines de journalistes de tous les pays auraient collaboré à l’étude de ces documents, tout cela sous l’égide d’une association américaine « bien propre sur elle », la ICIJ – The International Consortium of Investigative Journalists. Et pour nous faire gober l’importance de l’histoire, on nous chante qu’il faudrait trente ans pour « éplucher » tous ces documents…

Ce qui m’a fait dresser l’oreille sont les « unes » de ces journaux. Vous l’aurez remarqué comme moi, le portrait du président Poutine est partout. Une aubaine pour tous les poutinophobes mondialisés ! Il est dans le coup ! On vous l’avait bien dit que ce mec est infréquentable ! Pensez : grâce à lui, l’armée de Bachar a pu reprendre Palmyre. La goutte qui fait déborder le vase de Washington ! Le doute commence à m’envahir. Animée par ma bienveillance connue pour le président des Russes, je me pose la question : mais qui est donc derrière toute cette affaire ?

Pour moi, cela ressemble à une « false flag attack », comme disent les Américains pour désigner une attaque sous fausse bannière. Des coups montés par des gouvernements pour couvrir des actions peu avouables, mais pour lesquelles une « couverture » est indispensable pour persuader l’opinion publique. Souvenez-vous de la fiole de Colin Powell à l’ONU, destinée à convaincre la communauté internationale à accepter l’entrée en guerre en Irak.

Les « Panama Papers » ont pour moi la même odeur nauséabonde ; sinon, pourquoi cette abondance de « unes » avec le portrait de Poutine ? Par la même occasion, d’autres personnalités seront jetées en pâture, pour dissimuler la vraie cible…

Trois Russes sont nommés comme étant proches du président Poutine : les frères Arkady et Boris Rotenberg, des amis d’enfance, et Serguey Rodulgin, désigné comme proche. Vladimir Poutine a bon goût. Serguey Rodulgin est violoncelliste. Les poutinophobes font vite le rapprochement. Certains imprudents haineux déclarent que Poutine est corrompu, d’autres procèdent par insinuations. Pourquoi ne pas impliquer Hollande, aussi ? Après tout, son ministre « chouchou » d’autrefois, Cahuzac, est aussi désigné ! Hollande a bien côtoyé Platini, non ? Ne serait-ce que dans un stade ! L’on dira qu’il a moins de goût que son homologue russe… Mais non, c’est Poutine qu’il faut abattre médiatiquement pour influer sur les prochaines élections en Russie.

Alors, qui finance tout ce bazar ? Grand prince, l’association déclare que son travail est gratuit… Je scrute le site de l’association qui regroupe tout ce monde de « journalistes d’investigation » et je ne tarde pas à trouver sous la rubrique « Our Supporters » l’un de leurs bienfaiteurs et non des moindres… Il s’agit du OCCRP, soit « The Organized Crime and Corruption Reporting Project », qui se veut un réseau de journalistes d’investigation à travers l’Europe de l’Est et l’Asie centrale. D’où le rapprochement avec la Süddeutsche Zeitung. Et c’est l’OCCRP qui finance le ICIJ, qui fédère tous ces journalistes à travers le monde.

Et qui finance cette « false flag attack » appelée « Panama Papers » ? La Open Society Foundation du bienfaiteur de l’humanité, grand promoteur du NOM (Nouvel ordre mondial), monsieur George Soros.

Soros hait Poutine qui annonce un monde multipolaire, tout autant qu’il hait Trump, le nationaliste populiste. Tous deux sont les empêcheurs de tourner en rond dans la réalisation des ambitions Soros à mettre en place son NOM.

Cerise sur le gâteau qu’avait déjà divulguée Bloomberg en janvier 2016, le pays offshore financier le plus important au monde est les États-Unis d’Amérique…

En septembre 2015, le directeur général de la « law firm » Rothschild & Co., Andrew Penney, raconte pour Bloomberg comment les riches peuvent éviter de payer des impôts. Son message est clair : « Vous pouvez aider vos clients à transférer leur fortune aux États-Unis en toute sécurité, “tax free” et à l’abri de leurs gouvernements. Certains nous appellent déjà la “nouvelle Suisse”. »

La boucle de la corruption globalisée est bouclée. Qu’est-ce que le Panama face à l’empire « intouchable » ? D’où l’absence de noms américains dans l’affaire du « Panama Papers ». Mais qu’attendent les journalistes du Monde pour nous expliquer tout cela ?

Voir les commentaires

Vu de Russie : Qui peut aider la Belgique à arrêter les barbares ?

Publié le par Felli Bernard

Vu de Russie : Qui peut aider la Belgique à arrêter les barbares ?

Vu de Russie : Qui peut aider la Belgique à arrêter les barbares ?

Combien de temps encore l’Europe pourra-t-elle préserver sa culture de la porte ouverte ?

,Traduit par : Julia BREENpublié mercredi 6 avril 2016

share 16

Le chercheur russe Boris Knorre, spécialiste des religions et maître de conférence à l’École des hautes études en sciences économiques de Moscou, fait en ce moment un stage à Bruxelles, en Belgique. Dans un billet pour Lenta.ru, il partage ses impressions sur la capitale européenne au lendemain des attentats du 22 mars.

Trois jours avant les attentats, les forces de l’ordre ont annoncé des risques accrus à Bruxelles. Les organisateurs présumés du massacre de Paris ont été arrêtés, le quartier de Molenbeek encerclé et ses habitants sommés de ne pas quitter leurs domiciles. Mais cette opération antiterroriste n’a semblé effrayer personne. Après la capture de Salah Abdeslam, les policiers ont renforcé les patrouilles de rue, accompagnés de militaires armés ; ce qui n’a pas le moins du monde vidé Bruxelles de ses foules de promeneurs, citadins et touristes.

Il paraît vraiment difficile d’inculquer ici un sentiment de danger, surtout quand on voit des policiers parader sur des monocycles… Les gardiens de la paix deviennent ici un élément de décoration urbaine et de carnaval. On s’habitue à ne pas avoir ses papiers sur soi, parce que l’on sait que personne ne vous demandera de les présenter. Dans les commissariats – si par hasard vous vous y retrouvez, par exemple pour régler une affaire de déclaration de séjour –, on vous offre immanquablement un thé.

Nulle part ailleurs qu’en Belgique on ne ressent de façon si aiguë la fameuse ouverture proprement européenne, jusqu’aux fenêtres qui n’ont pas de rideau, même au rez-de-chaussée. On ne croise de gardien à l’entrée de pratiquement aucun lieu public, ce qui frappe particulièrement les citoyens russes.

La célèbre tolérance maison ne s’exprime pas seulement dans la cordialité avec laquelle sont traités les ressortissants d’Asie et d’Afrique. À l’université où je fais mon stage, il y a quelques jours, j’ai vu une souris. Un étudiant l’a attrapée à l’aide d’une pelle et d’un balai, puis précautionneusement emportée dehors pour la libérer… Évidemment, la souris est revenue très rapidement.

On ne peut pas dire, pourtant, que les Belges soient si peu conflictuels qu’ils aient oublié ce qu’est la guerre. En se promenant dans les rues de Bruxelles, on croise à tout bout de champ la formule Morts pour la Patrie. Certes, cette politique de mémoire incite plutôt à ne pas laisser advenir d’autres souffrances qu’elle n’inspire à la société le désir d’accomplir de nouveaux exploits guerriers, mais c’est une autre question.

On est contraint de se demander si les Européens auront assez de force et de sagesse pour se défendre face à la nouvelle barbarie sans renoncer pour autant à une liberté et une ouverture si difficilement acquises. Combien de temps encore l’Europe pourra-t-elle préserver sa culture de la porte ouverte ? Beaucoup de Bruxellois cherchent déjà à passer de moins en moins de temps au travail, voire à ne même pas sortir de chez eux. Dans les petites villes, les chauffeurs de bus regardent les passagers qui entrent avec crainte et méfiance. Et le pays ne manque pas de forces prêtes à ériger cette méfiance en bouclier.

Jeudi dernier, quand la police a attrapé Abdeslam et ses compagnons, des hélicoptères patrouillaient le ciel belge ; ce que, de ma vie, il ne m’avait jamais été donné de voir. Mais ces mesures de précaution, en réalité, n’étaient absolument pas motivées par l’opération policière antiterroriste. Ce jour-là, le mouvement politique flamand d’extrême-droite Nationalistische Studentenvereniging organisait une action, à laquelle devaient participer le nationaliste hongrois Laszlo Toroczkai ainsi que des membres du mouvement italien Blocco Studentesco, qui se baptisent eux-mêmes les « fascistes du Troisième millénaire ». Plus les attentats terroristes se multiplient en Europe, plus souvent la droite y descend dans la rue. Et la confrontation avec les partisans du maintien de la politique du multiculturalisme est lourde de menaces de violence. Les autorités des villes doivent donc prendre des mesures de précaution qui ne sont pas moins importantes que celles prévues en cas de menace terroriste accrue ou lors de matchs de football à forte résonance.

Pourtant, la montée du nationalisme en Belgique est fortement freinée par l’Église catholique. À la différence de quelques-unes de ses « sœurs » ou de certaines autres confessions, cette dernière ne véhicule en aucune façon des idées radicales. Le Vatican, prenant le parti de l’universalisme, constitue une force de soutien extrêmement sérieuse au multiculturalisme. On trouve parmi les prêtres catholiques de nombreux Africains, Indiens, Philippins, Marocains et ressortissants du Proche-Orient. Les Européens n’y sont nullement majoritaires. Le catholicisme demeure fidèle à ses positions universalistes, continuant de rassembler, par le biais de l’Église, les différentes nations. Ce n’est pas un hasard si l’actuel président du Conseil européen, tout comme son prédécesseur, sont de confession catholique. Et peut-être sera-t-il difficile, aujourd’hui comme il y a mille ans, de trouver une autre force capable de défendre l’Ancien Monde de la barbarie contemporaine, quelle que soit sa forme.

Voir les commentaires

Les #Panama Papers sont un moyen de chantage idéal

Publié le par Felli Bernard

Les #Panama Papers sont un moyen de chantage idéal

Les #Panama Papers sont un moyen de chantage idéal

Le 3 mars 2016 – Source Moon of Alabama

Une vraie fuite de données d’un cabinet d’avocats au Panama serait très intéressante. Beaucoup de gens riches et/ou des politiciens cachent de l’argent dans les sociétés fictives que ces firmes panaméennes fournissent. Mais les fuites actuelles de données, diffusées, à grand renfort de publicité, par plusieurs empires de presse qui soutiennent l’OTAN et par une organisation non gouvernementale financée par le gouvernement américain, ont simplement pour but inavouable de salir des personnalités que l’empire américain n’aime pas. Elles offrent aussi une belle occasion d’en faire chanter d’autres en promettant de ne pas publier des informations en échange d’une faveur ou d’une autre.

Il y a déjà 16 mois, Ken Silverstein a publié un reportage sur Vice à propos de Mossak Fonseca, un gros fournisseur véreux de sociétés fictives du Panama. (L’Intercept de Pierre Omidyar, pour lequel Silverstein travaillait alors, avait refusé de publier le reportage.) Yves Smith a publié plusieurs longs articles sur le business du blanchiment d’argent de Mossak Fonseca. Silverstein a également redit une chose bien connue, à savoir que Rami Makhlouf, un riche cousin du président syrien Assad, avait de l’argent caché dans des sociétés fictives de Mossak Fonseca. Il a écrit:

Pour pouvoir fonctionner, les sociétés fictives comme Drex ont besoin d’un agent agréé, parfois un homme de loi, qui dépose les documents d’enregistrement nécessaires et dont le bureau sert habituellement d’adresse à la société fictive. Cela crée un intermédiaire entre la société fictive et son propriétaire, surtout si l’entreprise fictive est enregistrée dans un paradis fiscal où l’information sur la propriété est protégée par un mur impénétrable de lois et de règlements. Dans le cas de Makhlouf – et, comme je l’ai découvert, dans le cas aussi d’hommes d’affaires véreux et de gangsters du monde entier – l’organisation internationale qui a permis d’enregistrer sa compagnie fictive et de la protéger contre la surveillance internationale était un cabinet d’avocats appelé Mossack Fonseca, qui a fait office d’agent agréé de Drex du 4 juillet 2000 à la fin de 2011.

L’année dernière, quelqu’un a fourni des tonnes de données de Mossak Fonseca à un journal allemand, le Süddeutsche Zeitung. Le quotidien munichois est politiquement au centre droit et résolument pro-OTAN. Il coopère avec le Guardian, la BBC, Le Monde, le Consortium international des journalistes d’investigation et d’autres organes de presse qui sont tous des partisans avérés de l’Establishment.

Le Süddeutsche affirme que les données fuitées concernent quelques 214 000 sociétés fictives et 14 000 clients de Mossak Fonseca. Il y a sûrement beaucoup de boue cachée là-dedans. Combien de sénateurs des États-Unis sont impliqués dans ces sociétés ? Quels politiciens de l’Union européenne ? Quelles sont les grandes banques de Wall Street et les fonds spéculatifs qui se cachent au Panama ? Oh pardon. Le Süddeutsche et ses partenaires ne répondront pas à ces questions. Voici comment ils analysent les données:

Les journalistes ont réuni des listes des politiciens importants, de criminels internationaux, d’athlètes professionnels bien connus, etc. Le traitement numérique a permis de rechercher ensuite si des noms de ces listes figuraient dans les fuites. La liste «scandale des dons au parti» contenait 130 noms, et la liste des sanctions de l’ONU plus de 600. En quelques minutes, le puissant algorithme de recherche a comparé les listes avec les 11,5 millions de documents.

Pour chaque nom trouvé, un processus de recherche détaillé a été lancé au moyen des questions suivantes: quel est le rôle de cette personne dans le réseau des entreprises ? D’où vient l’argent ? Où va-t-il ? La structure est-elle légale ?

En d’autres termes, le Süddeutsche a pris des listes de criminels célèbres, de personnalités et d’organisations connues que les Étasuniens n’aiment pas et a vérifié s’ils étaient dans les données fuitées. Les résultats obtenus ont ensuite été évalués. Comme résultat, il y a l’éternel retour annuel de la campagne de diffamation contre le président russe Vladimir Poutine, qui n’est pas même mentionné dans les données de Mossak Fonseca, des accusations contre diverses personnes de la fédération de football de la FIFA, fort détestée des États-Unis, et la mention de quelques autres mécréants de moindre importance.

Il n’y a rien sur aucun Étasunien, rien du tout, ni sur aucun politicien important de l’OTAN. La victime la plus politique est bizarrement, à ce jour, le Premier ministre de l’Islande, Sigmundur David Gunnlaugsson, qui possédait, avec sa femme, une des sociétés fictives. Il n’y a aucune preuve que la propriété ou que l’argent détenu par cette société soient illégaux.

Alors, que faut-il déduire de tout ceci ?

Comme l’écrit l’ancien ambassadeur britannique, Craig Murray, pour comprendre le sens (s’il y en a un) de tout ça, il faut se pencher sur ce qui est caché par les organisations qui gèrent la fuite:

Le filtrage des informations de Mossack Fonseca par les médias est le reflet direct de l’agenda gouvernemental occidental. Bien qu’ils soient leurs principaux clients. aucune grande société occidentale, aucun milliardaire occidental n’est mentionné parmi ceux qui ont utilisé les services de Mossack Fonseca, Et le Guardian se dépêche de les rassurer en disant que «la plus grande partie des informations fuitées ne sera pas divulguée».

A quoi vous attendiez-vous ? La fuite est gérée par un organisme qui porte le nom grandiose, mais qui prête à rire quand on connaît l’oiseau, de Consortium international des journalistes d’investigation. Il est entièrement financé et géré par le Centre des États-Unis pour l’intégrité publique. Leurs bailleurs de fonds comprennent :

La fondation Ford

La fondation Carnegie

La fondation de la famille Rockefeller

La Fondation W K Kellogg

La Fondation pour une société ouverte (Soros)

Le Consortium International des journalistes d’investigation (ICIJ) fait partie du Projet de rapport sur le crime organisé et la corruption (OCCRP) qui est financé par le gouvernement américain à travers l’USAID.

La fuite consiste en un ensemble de données sélectionnées par des organisations amies des États-Unis à partir d’une base de données, probablement obtenue par les services secrets américains, qui contient sans aucun doute beaucoup d’informations fort compromettantes sur des personnes et des organisations occidentales.

La publication d’informations triées sur le volet à partir des données fuitées a deux objectifs:

  • Elle salit divers ennemis de l’empire, même si c’est seulement par personne interposée comme les présidents Poutine et Assad.
  • Elle prévient d’autres personnalités, celles qui figurent dans la base de données, mais dont les noms n’ont pas encore été révélés, que les États-Unis ou leurs partenaires médiatiques peuvent, à tout moment, exposer leur linge sale en public. C’est donc un moyen de chantage idéal.

La fuite des Panama Papers a été orchestrée par une petite coterie pour incriminer quelques personnes et quelques organisations qui ne plaisent pas aux États-Unis. Cela permet aussi de montrer les instruments de torture dont ils disposent aux personnes qui ont fait affaires avec Mossak Fonseca, mais dont les noms n’ont pas (encore) été publiés. Ces personnalités sont maintenant entre les mains de ceux qui contrôlent la base de données. Elles devront faire ce qu’on leur dit, sinon…

Traduction : Dominique Muselet

777

Voir les commentaires

France et Allemagne tergiversent sur l’avenir de la zone euro

Publié le par Felli Bernard

France et Allemagne tergiversent sur l’avenir de la zone euro

France et Allemagne tergiversent sur l’avenir de la zone euro

Par : Cécile Barbière | EurActiv.fr

9:39 (mis à jour: 10:21)

Angela Merkel et François Hollande vont se retrouver le 7 avril à Metz pour un nouveau conseil franco-allemand, mais sans proposition sur l'avenir de la zone euro.

[Reuters]

France et Allemagne espèrent présenter une position commune sur l’approfondissement de la zone euro d’ici fin 2016. Mais le dossier peine à avancer, à la veille du conseil franco-allemand du 7 avril.

Les multiples crises qui ont secoué l’UE en 2015 et le spectre du Brexit ont relégué le projet franco-allemand sur la zone euro à plus tard.

Les dirigeants des deux pays doivent se retrouver à Metz le 7 avril pour un 18ème conseil des ministres franco-allemand, accompagnés d’une quinzaine de ministres des deux pays.

Un rendez-vous annuel au cours duquel on attendait la présentation des propositions communes des deux pays en matière d’approfondissement de la zone euro. Un chantier sur lequel Angela Merkel et François Hollande ont promis une position commune d’ici la fin de l’année 2016.

>>Lire : Le budget de la zone euro, une bonne idée qui stagne

« La zone euro doit continuer à être approfondie. Il y a aujourd’hui une volonté de la France et de l’Allemagne de porter de nouvelles propositions institutionnelles pour permettre un approfondissement. Mais ce travail viendra un peu plus tard » explique une source proche de l’Élysée.

Pour l’heure, les deux chefs d’État ont soumis une proposition commune visant à renforcer la zone euro, mais à traités constants en mai dernier.

Dans cette contribution commune , les deux principales économies de la zone euro avaient notamment proposé de mettre en place une véritable gouvernance de la zone euro via l’organisation de sommets dédiés, ainsi que la mise en place d’instrument de convergences des politiques fiscales et sociales, etc.

>>Lire : France et Allemagne poussent pour plus d’intégration économique en UE

La délicate question d’un changement de traité permettant un renforcement plus important de la zone euro avait été renvoyé à 2016. Mais peine à avancer, malgré le consensus des deux pays sur le besoin sur la nécessité d’approfondir l’Union économique et monétaire.

Le frein du Royaume-Uni

Une des raisons de la lenteur des débats relève du Royaume-Uni. Le référendum sur le Brexit qui doit se tenir au mois de juin devrait libérer la voix de la France et de l’Allemagne pour formuler des propositions qui intègreront la nouvelle situation du Royaume-Uni.

« Le choix que fera le peuple britannique aura un impact évident sur l’avenir de l’UE et de la zone euro, même s’il décide de rester » explique un proche de l’Élysée.

>>Lire : Approfondir la zone euro, le débat qui fait pshitt

Le renforcement de la zone euro fait en effet parti des bêtes noires de Londres, qui craint qu’un intégration renforcée de la gouvernance de l’UE ne l’exclût un peu plus du centre de décision de l’UE.

Au-delà de l’impact économique d’une sortie du Royaume-Uni de l’UE, un Brexit signerait aussi la disparition de la principale opposition au renforcement de la zone euro.

« La zone euro n’a pas achevé son intégration complète, elle a vocation à devenir le cœur de l’Union européenne » explique une source.

Multiplication des crises

Autre frein, la multiplication des crises au sein de l’UE a laissé peu de temps en 2015 à Angela Merkel et François Hollande pour se pencher sur les sujets de fonds.

Le Conseil franco-allemand doit d’ailleurs lui aussi se pencher sur une ribambelle de sujets dont l’urgence est évidente.

La question de la crise des réfugiés va occuper une partie des décisions, mais aussi la question de la lutte contre le terrorisme et de la sécurité. La situation économique de l’UE, notamment sur les fronts de la croissance et l’emploi doit aussi s’inviter à la table des débats.

>>Lire : Hollande et Merkel planchent sur une proposition pour la zone euro

Les révélations du nouveau scandale d’évasion fiscale, les Panama Papers, doivent aussi faire l’objet de discussion entre les ministres des Finances des deux pays.

« Il y a eu beaucoup de dossiers urgents dans l’actualité des derniers mois qui ont occupé Angela Merkel et François Hollande » reconnait une source.

Divergences

Pour autant t, la position franco-allemande n’est pas seulement victime d’un manque de temps, mais aussi de divergences de fonds sur lesquelles les deux pays vont avoir des difficultés à s’accorder.

La question de la création d’un budget spécifique à la zone euro fait encore débat entre les deux pays. « Les propositions ne sont pas encore prêtes, il leur faut un temps de maturation » explique une source.

>>Lire : Emmanuel Macron et Sigmar Gabriel veulent réparer les défauts de l’euro

De son côté François Hollande a régulièrement plaidé pour la création d’un véritable budget de la zone euro, adossé à un Parlement de la zone euro, tandis qu’Angela Merkel demeure plus prudente sur le sujet.

Parmi les quelques sujets à faire consensus, la question de la représentation extérieure de la zone par le président de l’Eurogroupe, proposée par la Commission, fait l’unanimité contre elle. En grande partie, car France et Allemagne sont les deux seuls pays de la zone euro à posséder un siège à part entière au sein du FMI.

La réflexion autour d’un budget propre à la zone euro, qui permettrait d’amortir les chocs cycliques, progresse rapidement ces derniers mois. Le Parlement européen peaufine ses propositions, et deux conseils européens se pencheront sur le sujet d’ici la fin de l’année.

Eurodéputée, Pervenche Berès est à la tête de la délégation socialiste française et membre de la délégation …

EurActiv.fr

Lors du sommet de l'euro du 24 octobre 2014, le président de la Commission européenne, le président du sommet de l'euro, le président de l'Eurogroupe et le président de la Banque centrale européenne ont été invité à collaborer pour « préparer les prochaines étapes d'une meilleure gouvernance économique de la zone euro ».

Le Conseil européen du 18 décembre 2014 a confirmé le mandat donné aux quatre présidents. La première étape de cette collaboration a été la rédaction d'une note d'analyse servant de base à une discussion lors du Conseil européen informel du 12 février 2015.

La poursuite de la discussion sur l'avenir de la zone euro est maintenant suspendue à la position des Etats membres sur le sujet, en particulier de la France et de l'Allemagne qui ont prmis de présenter une position commune sur le sujet avant la fin de l'année 2016.

  • 7 avril 2016: Conseil franco-allemand - Metz (France)

Par : Cécile Barbière | EurActiv.fr

Voir les commentaires

L’Histoire vue par le Commandement central US : «2014 – Le groupe terroriste syrien ISIS envahit l’Irak»

Publié le par Felli Bernard

L’Histoire vue par le Commandement central US : «2014 – Le groupe terroriste syrien ISIS envahit l’Irak»

L’Histoire vue par le Commandement central US : «2014 – Le groupe terroriste syrien ISIS envahit l’Irak»

Le 2 avril 2016 – Source Moon of Alabama

Une grande partie de l’armée, des services secrets et des politiciens des États-Unis veulent se dédouaner de la création d’État islamique en Irak et en Syrie. Et pour cela ils ont recours à une falsification sans précédent des faits historiques. Ils inventent des récits fantaisistes qui gomment complètement leurs propres erreurs.

Le Commandement central (CentCom) des États-Unis a mis en place une coalition militaire de plusieurs pays pour se battre contre ISIS. L’opération est connue sous le nom de Résolution inhérente. CentCom a créé un site web pour promouvoir l’opération. Sur la page À propos de ce site, nous trouvons les renseignements historiques suivants sur ISIS:

Pour agrandir l’image

HISTOIRE

À l’été 2014, un nouveau groupe terroriste, né à la faveur du chaos engendré par la guerre civile en Syrie, a traversé la frontière syro-irakienne et s’est emparé de grandes pans du territoire irakien dans la vallée de l’Euphrate et au nord de l’Irak. Plusieurs villes irakiennes sont tombées aux mains des envahisseurs qui avaient pris le nom d’État islamique. A la fin de l’été, Bagdad lui-même paraissait menacé par EI.

Ceci n’est pas seulement très éloigné de la vérité, mais c’est un ramassis d’inventions scandaleuses dont le but est de nier et de déformer ce qui est réellement arrivé. ISIS n’a pas été créé en Syrie, mais en Irak ; le groupe existait bien avant 2014 et son existence n’a rien à voir avec la guerre contre la Syrie. Dire qu’ISIS est venu de Syrie, en 2014, et a envahi l’Irak est comme affirmer qu’Hitler a envahi l’Allemagne en 1944.

ISIS s’est créé en Irak à cause de la guerre des États-Unis contre ce pays. Les membres dirigeants d’ISIS, des anciens combattants d’al-Qaïda en Irak, se sont retrouvés, en 2006, dans le Camp Bucca, un camp américain de prisonniers en Irak, et y ont planifié la création du Califat d’ISIS.

Selon une enquête de CBS News, au moins 12 des principaux dirigeants d’ISIS sont passés par le Camp Bucca, y compris l’homme qui allait devenir le leader du groupe, Abou Bakr al Baghdadi. CBS News a des photos de 10 d’entre eux vêtus des combinaisons de prison jaunes de Bucca.

[…]

«Je pense qu’il est indéniable que l’une des principales causes de la croissance explosive d’ISIS après 2010 a été Bucca. C’est là qu’ils se sont rencontrés et c’est là qu’ils ont tout planifié», a affirmé Patrick Skinner.

Skinner fait partie du groupe Soufan et est un ancien agent de la CIA qui a passé pas mal de temps en Irak.

Il est indéniable qu’ISIS est né en Irak des années avant la guerre contre la Syrie:

Octobre 2006 – Le leader d’AQI, Abu Ayyub al-Masri , annonce la création d’État islamique d’Irak (ISI), et nomme Abou Omar al-Bagdadi comme leader.

Avril 2010 – Abu Bakr al-Bagdadi devient leader d’ISI après Abou Omar al-Bagdadi et Abou Ayyoub al-Masri tués dans une opération conjointe des États-Unis et de l’Irak.

Avril 2013 – ISI annonce avoir absorbé un groupe syrien soutenu par al-Qaïda, Jabhat al-Nusra, aussi connu sous le nom de Front al-Nusra. Al-Baghdadi dit que son groupe se fera désormais appeler État islamique en Irak et au Levant (ISIS). Le leader du Front al-Nusra, Abu Mohammed al-Jawlani, s’oppose aux efforts d’ISIS pour fusionner avec son groupe.

Là, CNN saute 2011 dans sa chronologie, l’année où le chef d’al-Nusra, Abu Mohammed al-Jawlani, a été envoyé par al-Baghdadi en Syrie, depuis l’Irak, pour réorganiser les cellules d’al-Qaïda qui avaient été secrètement créées en Syrie bien avant que les premières manifestations y aient lieu. Al-Jawlani, qui avait également été emprisonné dans le Camp Bucca, est arrivé en Syrie en mars 2011 au moment où les premières manifestations contre le gouvernement syrien venaient de commencer:

Selon un leader du mouvement jordanien salafiste et ultra-orthodoxe interdit, al-Bagdadi a envoyé al-Golani et Abu Jleibeen, un haut responsable d’al-Qaïda lié par son mariage à al-Zarqawi, se battre en Syrie …

Comme pour Ahrar al-Shams, les cellules de Jabhat Al-Nusra ont été secrètement créées avant même que la révolution en Syrie ne commence:

Le groupe Ahrar a commencé à former des brigades «après la révolution égyptienne», a affirmé Abu Zayd, bien avant le 15 mars 2011, date à laquelle la révolution syrienne a débuté avec les manifestations de la ville agricole du sud de Daraa.

Prétendre qu’État islamique est né en Syrie, comme CentCom le fait, c’est dire exactement le contraire de ce qui est vraiment arrivé. État islamique sous Baghdadi a envoyé des combattants et des dirigeants en Syrie pour déclencher et intensifier la révolution contre l’État syrien. Les racines religieuses et philosophiques d’ISIS sont ancrées dans le wahhabisme et sont d’origine saoudienne, et non syrienne ou irakienne.

Voilà, ci-dessous, un autre récit mensonger élaboré par les éléments de la CIA et les politiciens américains qui ont lancé la guerre contre la Syrie sous forme de révolution de couleur. Voyez ce grand titre de CBS, tellement faux qu’on en reste coi : Obama a rejeté le plan de la CIA qui aurait pu stopper ISIS : Officiels

La CIA, en 2012, a présenté un plan détaillé d’une opération secrète visant à éliminer le président syrien Bachar al-Assad du pouvoir, mais le président Obama a refusé de l’approuver, ont confié à NBC News des officiels américains dont certains sont encore en fonction.

[…]

Petraeus [le chef de la CIA], et d’autres responsables qui soutenaient le plan pensent qu’il aurait pu empêcher la montée d’ISIS, l’utilisation d’armes chimiques par Assad, la crise européenne des réfugiés et les dizaines de milliers de morts civils qui ont eu lieu depuis, selon d’anciens officiels.

Renverser le gouvernement syrien aurait créé plus de chaos en Syrie, ce que État islamique, déjà établi en Syrie à l’époque sous la forme de Jabhat al-Nusra, aurait très probablement utilisé pour se saisir Damas et prendre le pouvoir en Syrie. Tout le reste n’est qu’une vue de l’esprit qui ne tient aucun compte de la supériorité militaire que des groupes takfiri comme Ahrar, Nusra et ISIS ont toujours eu par rapport aux rebelles modérés djihadistes qui ont le soutien direct des États-Unis. L’article de CBS parle aussi de l’ancien agent de la CIA qui fut à l’original du plan d’action secrète. Il semble être en désaccord avec ce que le grand titre de CBS affirme:

Doug Laux dit que rétrospectivement, il ne croit plus que son plan secret, ni n’importe quel autre plan, aurait pu arrêter la progression d’ISIS ni mettre fin à la sanglante guerre civile en Syrie. Selon lui, «il n’y avait pas de modérés».

C’est effrayant de penser que le Commandement central, qui est censé combattre État islamique, puisse croire à sa propre propagande, à savoir qu’ISIS est venu de Syrie. On ne peut pas lutter avec succès contre ISIS si on ne connaît pas son origine réelle : la guerre des États-Unis en Irak et la performance insignifiante, pour ne pas dire carrément nulle, de CentCom au cours de cette guerre.

Traduction : Dominique Muselet

201

Voir les commentaires

Aucun chevalier blanc occidental ne viendra au secours de l’Ukraine

Publié le par Felli Bernard

Aucun chevalier blanc occidental ne viendra au secours de l’Ukraine

Aucun chevalier blanc occidental ne viendra au secours de l’Ukraine

Un article paru dans Forbes reconnaît que les dirigeants occidentaux ne courront pas au secours de l’Ukraine dans un conflit où la Russie a toutes les cartes en main

Par Alexander Mercouris – Le 28 mars 2016 – Source Russia Insider

Tandis que la crise politique continue à Kiev, Forbes vient de publier une des analyses les plus franchement brutales et réalistes du conflit ukrainien, à paraître dans les médias occidentaux.

(Voir ci-dessous, en fin d’article, la traduction de l’analyse de Forbes)

Qu’un tel article apparaisse dans un magazine américain, qui s’adresse surtout aux hommes d’affaires, n’est pas une surprise. Le degré d’alignement idéologique en Europe aujourd’hui est tel, qu’il est toutefois difficile d’imaginer un papier de ce genre dans l’un des journaux majeurs d’Allemagne, de France ou de Grande-Bretagne.

Cet article au fond, ne fait que reprendre l’analyse que nous avons toujours faite : dans le cas d’un affrontement géopolitique en Ukraine, entre Occident et Russie, ce sera toujours la Russie qui l’emportera en dernier ressort, car c’est la Russie qui conserve toutes les cartes majeures en main.

Tout simplement parce que de profonds liens géographiques, économiques, culturels, religieux, linguistiques et historiques, font que l’Ukraine compte bien davantage pour la Russie que pour les Occidentaux, et que la Russie peut agir et agira effectivement pour défendre ses intérêts de telle manière qu’aucun État occidental – pas même les États-Unis – ne le fera jamais.

Ceci a désormais été admis par le Président Obama lui-même. Voici comment le périodique The Atlantic rapporte ce point de vue : «La théorie d’Obama est simple : l’Ukraine est un enjeu vital pour la Russie mais pas pour les USA ; par conséquent la Russie dominera toujours l’affrontement et sa montée en puissance.»

Et d’ajouter : «Le fait est que l’Ukraine, qui n’est pas un pays membre de l’Otan, sera toujours vulnérable à une domination militaire russe, quoi que nous fassions.»

Ceci recoupe et confirme l’analyse de Forbes. C’est aussi celle que nous avons faite nous-même. Non seulement un Donald Trump dit la même chose – sans en souffrir politiquement – mais comme Forbes le dit justement : le conflit ukrainien a à peine effleuré les débats de la campagne présidentielle, montrant ainsi le peu d’intérêt porté par le public américain à ce sujet.

Bien qu’aucun dirigeant européen n’ait souhaité dire la même chose ouvertement, les points de vue énoncés par l’article de Forbes rencontrent discrètement un consensus croissant en Europe, dont les dirigeants se trouvent de plus en plus exaspérés par l’intransigeance ukrainienne (voir notre discussion ici et le même débat dans un autre article dans Forbes).

En effet, il est clair depuis quelques temps que c’est uniquement l’implication personnelle d’Angela Merkel dans la politique des sanctions, qui a permis à celles-ci de durer. Les craintes croissantes des milieux néoconservateurs et anti-russes face à la montée des pressions politiques exercées sur Merkel – illustrées par l’allégation que Poutine inonderait l’Europe de réfugiés afin de miner Merkel – montrent combien la politique des sanctions dépend d’elle.

En ce qui concerne l’Ukraine elle-même, le fait qu’aucun chevalier blanc ne viendra à son secours – comme l’énonce l’article de Forbes – aurait dû apparaître évident quand les Occidentaux ont refusé d’intervenir pour empêcher l’échec militaire de l’été 2014. Le comportement de Merkel durant les négociations de Minsk 2 en février 2015, aurait dû dissiper le moindre doute à cet égard.

Malheureusement – suivant le chemin tracé depuis l’indépendance ukrainienne – le réalisme n’a jamais été la caractéristique des politiques ukrainiennes. Pire, il y a une tendance certaine et croissante à fuir les réalités.

La révolte s’est enracinée dans le Donbass – provoquée par les politiques menées depuis Kiev – tandis que le désastre économique consécutif à la coupure des liens avec la Russie répand ses calamités, assez bien détaillées par Nicolai Petro, et chiffrées par Andréi Fomine dans Oriental Review.

Par contraste, un autre article de Jon Hellevig met en évidence le boom économique en cours en Crimée depuis la restauration des liens et des échanges avec la Russie.

Le fait est que les synergies économiques et culturelles construites entre l’Ukraine et la Russie durant 400 ans sont simplement trop puissantes pour ne pas causer de dommages massifs et irréparables en Ukraine si elles sont brutalement interrompues.

C’est la réalité que les dirigeants ukrainiens refusent de voir, alors que leur pays approche l’année zéro et qu’ils attendent un hypothétique chevalier blanc qui ne viendra jamais.

Alexander Mercouris

Voir les commentaires

« Debout et avec vous, je me bats pour des convictions en regardant l’horizon »

Publié le par Felli Bernard

« Debout et avec vous, je me bats pour des convictions en regardant l’horizon »

Accueil » Actu » « Debout et avec vous, je me bats pour des convictions en regardant l’horizon » – Discours de François Fillon du 2 avril #Fillon2017

« Debout et avec vous, je me bats pour des convictions en regardant l’horizon » – Discours de François Fillon du 2 avril #Fillon2017

2 avril 2016

Mes amis,

Vous venez de toute la France : parlementaires, élus locaux, citoyens, vous avez décidé de vous engager à mes côtés. Merci de tout cœur, merci pour cette confiance qui redouble ma force de vaincre.

Il sera dit que vous étiez les premiers compagnons d’une aventure qui mobilisera 100% de notre énergie ; les premiers à avoir relevé le défi de la victoire. Une victoire qu’il faudra tracer à travers les doutes, les vents contraires, les attaques.

Notre route ne fait que commencer : n’ayez pas peur.

Je vous entraine dans une bataille franche, sans artifice, une bataille d’intérêt national, mais c’est la bataille gagnante de celles et ceux qui sont fiers de pouvoir dire « je suis Français ». Ces mots, je veux que nous et nos enfants puissions toujours les dire aux oreilles du monde. Oui, nous sommes Français, héritiers d’une nation qui est montée sur les barricades pour la justice et qui est sortie des tranchées pour sa souveraineté.

Nous sommes Français, avec nos villes et nos paysages, avec notre langue belle et riche de ses accents circonflexes…

Désolé madame le ministre, mais notre âme (accent circonflexe !), n’est pas faite de plâtre (accent circonflexe !).

Nous sommes Français, les pieds dans cette terre mais l’esprit toujours tendu vers les plus surprenantes inventions industrielles, technologiques, artistiques.

Nous entrons dans un siècle où les racines de la tradition et les fulgurances du progrès devront être mariées, alors qu’avons-nous à craindre d’être millénaires et futuristes à la fois ? Oui, Français, parfois querelleurs et râleurs, mais du moins cet esprit rebelle nous épargnera-t-il d’être traités comme les algorithmes d’un monde anonyme et mécanique.

Querelleurs certes, mais généreux et fraternels lorsque l’essentiel est en jeu car notre individualisme s’arrête là où l’on touche à notre Nation, là où l’injustice nous blesse. Français, Européens et Universels nous le sommes aussi, puisque nos idéaux résonnent au- delà de nos frontières, là où des femmes et des hommes sont martyrisés, là où les chrétiens d’Orient sont chassés, là où les fanatiques plantent leur drapeau noir.

Nous ne capitulerons jamais !

Ni contre les fanatiques, ni contre ces immenses forces économiques et démographiques qui nous défient.
Nous ne représentons qu’1% de la planète, mais je veux que la France reste l’un des points ardents du monde.

« La politique la plus coûteuse, la plus ruineuse, c’est d’être petit ». Petit, n’est pas Français ! Est-ce de l’orgueil ? Est-ce de la folie ? Non, c’est notre manuel de survie.
Mais la grandeur a ses exigences et le bonheur aussi. Ils ont pour noms, courage, travail, inventivité, fraternité, fierté nationale.

Ils ont pour devise : Liberté, liberté chérie, liberté de réussir par ses mérites, liberté d’entreprendre, de prendre sa vie en mains, liberté d’aller au bout de ses rêves.

Qu’est-ce que la condition humaine, si ce n’est cette éternelle bagarre entre la liberté et la fatalité ?

La grandeur a son prix mais elle a aussi ses adversaires: conservateurs, populistes, illusionnistes. Je les vois venir avec leurs promesses en bandoulière, leurs coups de menton, leurs accusations : « Fillon -disent-ils- c’est le sang et les larmes ».

Mais le sang et les larmes, c’est maintenant !

Le sang, c’est le Bataclan et c’est Bruxelles, ce n’est pas de travailler quelques heures de plus par semaine.

Les larmes, ce n’est pas réduire nos déficits, non, les larmes, c’est pour nos enfants qui devront rembourser nos dettes si nous ne réagissons pas.

Les larmes, ce n’est pas d’assouplir le marché de l’emploi, non, les larmes c’est maintenant, pour les 6 millions de chômeurs qui pointent à Pôle emploi, faute d’avoir réformé de fond en comble notre marché du travail.

J’entends dire que l’Allemagne et le Royaume Uni, qui connaissent le plein emploi, ont créé des « jobs précaires » … Nous, on a la précarité et pas les jobs et, pire que cela, lorsqu’il y a du travail il n‘y a pas toujours preneur.

Alors, cessons de voir la paille dans l’œil du voisin pour ne pas voir la poutre qui est dans le nôtre, et arrêtons d’apeurer et d’emmerder les Français qui sont prêts à se retrousser les manches.

Ceux qui disent qu’on peut leur redonner de l’espérance avec des tisanes sont des bonimenteurs. Notre modèle économique et social est usé jusqu’à la corde et s’il tient encore, c’est parce que la Banque Centrale Européenne fait tourner la planche à billets.

A la moindre défaillance tout peut basculer, et la France se retrouver au banc des nations défaites, sommée d’accepter la potion amère que d’autres entreprendront de lui faire avaler sous la contrainte de Francfort et de Wall Street.

Le jour où la BCE arrêtera d’inonder les marchés, nos taux d’intérêts remonteront et le peuple se souviendra alors du mot « faillite » que j’avais prononcé sous les lazzis de mes propres amis.

Celui qui dit la vérité doit-il, comme le prétend la chanson, « être exécuté » ? Non, je n’ai pas l’intention de plier ! Debout et avec vous, je me bats pour des convictions en regardant l’horizon. Jeune député, seul contre beaucoup, j’ai défendu le passage à l’armée de métier et lorsque je vois nos forces engagées dans les conflits du Moyen-Orient ou d’Afrique, j’avais raison.

Ministre des télécommunications, j’ai enclenché la libéralisation du marché des communications qui a favorisé notre révolution numérique.

Devant la poussée des technologies, qui était dans l’avenir ? Moi ou les cerbères du passé qui pensaient qu’internet n’était qu’une mode et France Télécom un monopole intouchable ?

Je crois à la recherche, à la science, aux progrès qu’elles peuvent apporter dans la résolution du défi de l’environnement, du défi alimentaire, du défi du développement partagé : avec 10 milliards d’habitants en 2050, notre planète doit miser sur l’intelligence si elle veut éviter le pire.

Qui est dans l’avenir et assurera la solidarité sociale ? Moi qui ai réformé les retraites, qui propose maintenant d’aller vers les 65 ans et d’aligner tous les régimes spéciaux, ou ceux qui tergiversent et tremblent à l’idée de dire aux Français ce qui doit être impérativement fait pour assurer la solidarité intergénérationnelle ?

Solidarité ! Que d’erreurs a-t-on commis en ton nom en t’opposant à la productivité et à la création de richesses sans lesquelles il n’y a que des miettes à partager.

Qui est dans l’avenir et qui le construira ? Moi qui affirme qu’il faut travailler davantage, autrement, en négociant le temps de travail entreprise par entreprise ou ceux qui pensent encore que tout doit être codifié comme si les individus n’étaient que des pions sur l’échiquier de leurs vieilles idéologies ?

Je dénonce ceux qui sanglotent devant la fermeture de nos usines alors qu’ils les ont privés des armes de la compétitivité.

Le projet de loi de monsieur Valls sur le marché du travail n’est qu’une soupe tiède que je n’ai pas l’intention de boire.

Ceux qui manifestent contre cette loi sont moins contre elle que contre un pouvoir qui les a trompés en 2012. Bonne leçon pour la gauche ; utile enseignement pour ceux qui dans l’opposition seraient tentés une nouvelle fois de ruser avec les français …

Qui est dans l’avenir et le construira ? Moi, qui veux un capitalisme français pour investir en France ou ceux qui haïssent le capital et l’ont taxé à 75% mais qui se roulent par terre devant le Qatar et les fonds de pension américains ?

Oui, je signe et persiste : je veux que la France soit la terre des investisseurs, des capitaux et des capitaines d’industrie ; oui je supprimerai le stupide ISF, j’allégerai les charges qui pèsent sur nos entreprises ; oui je ferai tout pour que ceux qui s’enrichissent enrichissent la France, ses entreprises, ses start-up, et ce faisant je ferai tout cela pour gagner la bataille du plein emploi.
Qui est dans l’avenir européen et saura le construire ? Moi qui ai voté contre le traité de Maastricht parce que l’Europe est une civilisation et pas une bureaucratie, ou ceux qui aujourd’hui, accusent lâchement Bruxelles de tous nos maux pour ne pas avoir à les traiter comme toute nation digne de ses propres responsabilités ?

Croissance molle, chômage de masse, dette abyssale, impôts en cascade : il faut rendre à François Hollande ce qui est Hollande, car chez nos principaux voisins tout va mieux…

Ceux qui pensent que l’Union européenne est notre bouée de sauvetage sont aussi lâches que ceux en font un bouc émissaire et qui veulent revenir au franc.

Dans la mondialisation, la seule option, c’est l’Europe mais l’Europe avec la France en tête.

Je n’ai rien oublié de mes combats avec Philippe Séguin.

Je veux la souveraineté française au service de l’indépendance européenne et pour ce faire, je milite pour une Europe qui se concentre sur des priorités stratégiques, une Europe qui défend ses intérêts économiques, ses emplois, son art de vivre, sa sécurité.

Qui est dans l’avenir des réalités géopolitiques : moi qui affirme depuis trois ans que pour abattre l’Etat islamique il faut une coalition internationale, intégrant la Russie, ou tous ces stratèges en chambre qui pensent que l’Histoire s’écrit à l’encre des bons sentiments.

On m’a accusé de dire qu’il fallait discuter avec Poutine. De Gaulle discutait bien avec Staline.

Mais non, la main sur le cœur la diplomatie française est allée dans le mur. Et maintenant que les Russes agissent et que la ville de Palmyre est libérée, on se demande à mi-voix : « Fillon avait-il raison ? ».
J’aurais aimé que mon pays ait raison avant moi !

Qui est dans l’avenir et insensible aux intimidations des terroristes : moi, qui depuis trois mois, affirme que la Constitution française n’est pas un outil de communication, ou ceux qui font du tintouin sur l’état d’urgence et la déchéance de nationalité qui existent déjà dans notre droit. Depuis le début, je dis que cette réforme constitutionnelle voulue par François Hollande n’est qu’une parodie d’autorité. Depuis le début, j’invite mes amis à ne pas le suivre dans cette impasse.

« Que diront les Français si l’opposition s’oppose à cette réforme ? », me rétorquait-on… A force de suivre ce qu’ils croient être les Français, certains politiques perdent le cap.

Être un homme d’Etat, ce n’est pas subir l’opinion du jour, c’est la guider avec sang-froid et convictions.
Maintenant qu’on en a fini avec ces bavardages constitutionnels, attaquons-nous au fond du problème : la destruction de l’Etat islamique avec une vraie coalition internationale ; la traque des réseaux terroristes ; la modernisation de l’Islam de France et la défense de la laïcité ; la sécurité et l’immigration contrôlée pour assurer la cohésion nationale.

C’est aux étrangers qu’il revient de faire l’effort d’intégrer la France, avec ses lois, sa langue et ses mœurs, et non à la France de se plier à des coutumes qui violent son pacte républicain.

Moi, je n’ai pas attendu d’entendre parler de Molenbeeck, pour dire que notre patrie doit être soudée et protégée. Des Molenbeek sur notre territoire ? C’est-à-dire des concentrés explosifs de trafiquants, de replis identitaires, d’entrisme salafiste, de chômage : oui, cela existe chez nous, et il est temps d’assumer fermement la République partout et pour tous. Dans bien des cités, les familles n’en peuvent plus: elles demandent de l’ordre, de l’éducation, du travail pour les enfants. Ces familles, je parlerai pour elles et je réformerai pour elles.

Comme je parlerai pour ces deux millions de jeunes qui ne sont ni à l’école, ni en formation, ni en emploi.
J’agirai pour ces jeunes et ces chômeurs qui se cassent les dents sur notre marché du travail ; ce marché barricadé que vénèrent ceux qui défendent les syndiqués plutôt que les sans emploi, les sans voix, les perdus du code du travail.

Pour eux, je veux faire tomber toutes ces bastilles qui verrouillent le risque, le mérite, la liberté d’oser.
Cette liberté que je réclame et ces réformes que je propose se confondent avec l’égalité des chances, avec la justice, la vraie justice : celle qui récompense les cœurs courageux.

Non, je n’ai pas l’intention de faire campagne en racontant des fables !

Je vaincrai les mensonges, je vaincrai François Hollande qui prétendait ré enchanter la France à coups de pipos, je débusquerai mes concurrents qui veulent continuer la chanson moderato.

On prétend que la démocratie est l’art d’endormir les électeurs, et il se dit qu’aux Etats Unis il suffit de faire du catch pour les impressionner…

Faisons ensemble le pari que la vérité, la raison, le courage du sursaut, seront plus forts que les tarasconnades habituelles.

Mon projet a été longuement muri, avec la participation d’élus, de professionnels, de citoyens engagés, avec les témoignages de tous les Français que j’ai rencontrés.

Mon programme est très précis. C’est un contrat de vérité et d’action avec les Français. Il est est radical parce que la situation est radicalement bloquée depuis des décennies.

Ma méthode d’action est claire: j’agirai très vite et très fort pour enclencher la transformation de notre pays, y compris par référendum.

Les principaux projets de loi seront préparés avant l’élection présidentielle : le jour de l’action, pas une minute ne sera perdue.

Je m’entourerai d’un gouvernement commando, avec des ministres compétents, immédiatement opérationnels, avec des personnalités extérieures qui, dans leurs secteurs, auront prouvé leurs talents.

Pour notre redressement national, je réunirai une équipe de France professionnelle et combattive.

La franchise de mon projet et de ma méthode est au cœur du contrat démocratique que je veux nouer avec mes concitoyens.

Je sais que la fin des 35 heures, les 39 heures dans la fonction publique, la réduction des dépenses publiques, la dégressivité des allocations chômage, la retraite à 65 ans constituent un effort pour nous tous.

Mais tout cela est réaliste, tout cela est dans nos cordes, tout cela nous permettra de relancer notre pays : en deux ans, on peut atteindre les 2% de croissance, en trois ans on peut revenir à l’équilibre de nos comptes publics, en quatre ans on doit pouvoir viser les 7% de chômeurs contre 10% aujourd’hui, en cinq ans, on peut vraiment redresser le pays et dans moins de dix ans, figurer parmi les leaders européens.

Voilà mes objectifs !

Ceux qui pensent que notre peuple est à bout de course ont tort ; c’est notre système qui est à bout de souffle, or, un système ça se change.

En 1958, la France l’a fait ; le Royaume Uni l’a fait dans les années 80 ; le Canada et la Suède l’ont fait dans les années 1990 ; l’Allemagne l’a fait à partir de 2002. A nous maintenant de mettre le pied sur l’accélérateur !

Les Français ne sont plus dupes.

Ils sont en attente d’un projet puissant, crédible, ils sont aussi en quête d’honnêteté, de dignité politique car le pouvoir doit avoir sa noblesse.

Je ne suis pas une star, je refuse les plateaux de télévision où l’on se moque de tout…

Je n’ai pas été éduqué ainsi, je n’ai pas été élu pour cela, je représente des femmes et des hommes qui sont à la peine, je suis un Français, né dans la Sarthe, d’une famille où le mot « valeurs » a du sens.

Je suis candidat à l’élection présidentielle par devoir et pour faire, pas pour mon image, pas pour les honneurs.

L’actualité politique peut tourbillonner, les candidats et leurs sondeurs s’agiter pour trouver la martingale qui séduira les électeurs, moi, je n’ai pas changé et je ne changerai pas !

Je dis et répète que la situation est grave et qu’on s’en sortira par une transformation de notre modèle économique et social. Tout le reste n’est que ficelles, dérobade et démission. Sur le terrain, lorsqu’on vous demandera « qu’est-ce qui distingue Fillon » ? Vous répondrez : le goût de la vérité et la volonté absolue de faire ce qu’il est nécessaire de faire sans plus tarder.

A l’automne, les primaires vont bousculer les scénarios que l’on croit écrits d’avance. Les sondages actuels ne doivent pas vous impressionner : on interroge au débotté des Français qui n’ont pas encore la tête dans la présidentielle, qui ne savent pas qui seront les candidats, quels seront leurs programmes, et qui ne savent le plus souvent même pas s’ils iront voter aux primaires.

Tout va se cristalliser à l’automne.

Des millions d’électeurs vont alors se presser vers ce rendez-vous démocratique : ils ne voudront pas rééditer le match de 2012 et il faudra davantage que des postures tranquilles pour les convaincre.

Moi, je ne suis pas le candidat de la revanche, je ne suis pas celui du consensus. Je viens sérieusement casser la baraque pour la reconstruire autrement.

Dans cette entreprise, j’ai besoin de vous tous.

Vous devez occuper le terrain !

Dans vos départements, vos villes, vous devez multiplier les initiatives, les contacts, les réunions. N’attendez pas le feu vert d’en haut, agissez comme si j’étais avec vous.

La priorité des priorités est d’aller expliquer aux Français l’importance des primaires et de les inviter à y participer massivement et personnellement, car il n’y aura ni procuration, ni vote électronique.

Et le jour du scrutin, je compte sur vous pour être mes assesseurs dans les 10.000 bureaux de vote.

Nombreux sont nos concitoyens qui ne savent pas encore que cette élection leur est ouverte et qu’ils auront le pouvoir de désigner, pour la 1ère fois, le candidat de la droite et du centre. Leur choix sera crucial pour préparer l’alternance car le vainqueur des primaires a toutes les chances de pouvoir être le vainqueur des présidentielles, car, à mon sens, le peuple ne voudra ni Hollande, ni Le Pen.

Parmi vos familles, vos amis, vos collègues de bureaux, votre mission est de relayer notre projet. Et sur les réseaux sociaux, j’attends que vous soyez partout où la bataille des arguments se joue.

Là où les internautes doutent de la France, défendez-là avec passion ! Là où ils nous critiquent, répondez! Là où ils m’assaillent, ripostez! Là où ils cherchent des solutions, puisez dans mon programme nos propositions !

Vous êtes mille dans cette salle : dans trois mois, chacune et chacun de vous doit pouvoir s’appuyer sur 100 autres relais crédibles et motivés.

Votre rôle est de fédérer les forces de notre pays.

Allez vers la jeunesse qui se détourne de la politique, mais qui ne demande qu’à y croire. Mêlez vous à ces entrepreneurs qui ne sont pas écoutés.

Redonnez confiance aux agriculteurs qui ne sont pas les derniers vestiges de la France.

Allez convaincre les ouvriers si souvent trompés.

Réveillez l’espoir déçu de ces fonctionnaires qui servent l’Etat.

Soyez aux côtés des familles qui veulent un pouvoir sérieux et audacieux : je leur garantis les deux.

Allez vers les abstentionnistes qui sont le premier parti de France. Dites leurs que mon projet est suffisamment précis pour ne pas être hypocrite.

Allez vers les électeurs du Front national qui pensent que la France est fichue, et dites-leur qu’on peut réagir sans leur mentir.

Allez aussi vers ces électeurs socialistes qui se mordent les doigts, et dites-leur que le redressement économique et social n’a pas d’étiquette partisane : on est efficace ou on ne l’est pas !

Ecoutez, convainquez, rassemblez car il faut que la vague du redressement vienne des Français eux-mêmes, et c’est votre rôle d’en être les aiguillons.

Il n’y a pas de sauveur suprême, pas de baguette magique, au « moi président », j’oppose le « nous, peuple français ». Ce peuple, je suis prêt à le présider mais je refuse de l’infantiliser. Le retour de notre croissance et l’objectif du plein emploi ne se jouent pas en Chine, aux Etats-Unis ou à Bruxelles mais en nous tous !

Les Français auront le destin pour lequel ils sont prêts à se mobiliser ensemble. Et cet élan collectif est d’autant plus nécessaire que mon projet heurte des conservatismes.

J’ai contre moi tous ceux qui prétendent qu’on peut continuer comme avant, tous ceux qui espèrent amadouer les électeurs plutôt que les alerter.

J’ai contre moi les ricaneurs, les prestidigitateurs.

J’ai contre moi les cyniques qui ne croient pas un mot de ce qu’ils vous disent parce qu’ils ne pensent qu’à leur carrière.

Je m’attaque à un vieux mur, et il ne pourra vraiment tomber que si mon projet dépasse ma personne.

Lorsque le peuple s’engage pour la vérité, la vérité s’impose.

Lorsqu’il exige des vraies réformes, on arrête les réformettes.

Voilà pourquoi, votre mission est de mobiliser un corps de volontaires, qui de volontaire en volontaire, feront une armée pour transformer la France à mes côtés.

Alors bien sûr, pour cette primaire, je vois les candidatures fleurir et les clichés aussi.

Il y a les expérimentés ! Il me semble que j’en suis…
Il y a les jeunes ! Enfin, les jeunes … façon de parler.
Il y a les femmes. Là j’avoue, je m’incline, mais il y en a suffisamment dans mon équipe pour accorder le féminin au masculin.

Et puis restent tous les autres qui cherchent l’œil de la caméra.

Stop, couper la scène ! Cette primaire n’est pas un jeu, pas un tour de chauffe pour s’assurer une place ministérielle.

Cette primaire, c’est la première étape de l’élection présidentielle, une élection pour désigner celui ou celle qui présidera la 6ème puissance du monde, avec en toile de fond une crise économique et identitaire, une extrême droite qui grimpe, des menaces terroristes, une Europe qui s’effrite dans un monde en surchauffe.

Les temps sont à la gravité pas au critérium politique.

Mes amis,

Je parcours la France et j’y ai vu des gens admirables de cran et d’optimisme à toute épreuve. Mais j’ai aussi rencontré tant de Français qui m’ont confié leurs galères, leur scepticisme, leurs espoirs trahis…

Sous leurs regards, il m’arrive d’avoir la gorge nouée. J’ai mal pour mon pays, je pense à l’avenir de mes enfants, je pense à ma responsabilité, et tout cela forme une révolte en moi. Nos concitoyens traversent des heures difficiles, ils sont furieux, dégoutés, mais, paradoxalement, je sais qu’ils peuvent se révéler d’une très grande audace.

Alors, sans trembler, je vous demande une mobilisation sans faille, je vous demande de tendre vos forces, je vous demande d’être aux avant-postes pour dire que notre pays peut se relever.

Vous serez ainsi au service d’un idéal qui dépasse chacun d’entre nous. Cet idéal s’appelle tout simplement, la France !

Vive la France et vive notre République.

Partager cette page

Voir les commentaires

Laïcité et démocratie

Publié le par Felli Bernard

Jacques Sapir
Jacques Sapir

Laïcité et démocratie

par Jacques Sapir · 2 avril 2016

Le débat lancé par la proposition d’Elizabeth Badinter de boycotter les firmes de prêt-à-porter qui se plient à la supposée « loi islamique », les revendications du personnel féminin d’Air-France qui refusent de porter le voile sur les vols Paris-Téhéran, enfin, le problème posé par l’introduction des pratiques religieuses dans la loi « El Khomri », montrent que la question de la laïcité est réellement aujourd’hui fondamentale. La laïcité ne peut avoir qu’un sens, celui du renvoi des croyances non testables à la sphère du privé, s’avère tout autant nécessaire pour la construction du Bien Commun, ce « Res Publica » dont le mot République est issu[1]. C’est pourquoi l’introduction de la question religieuse dans le débat publique a toujours abouti à la division, et doit donc être proscrite.

Laïcité et République

En effet, il ne peut y avoir de peuple, c’est à dire de base à construction politique de la souveraineté populaire, que par la laïcité qui renvoie à la sphère privée des divergences sur lesquelles in ne peut y avoir de discussions. La prise en compte de l’hétérogénéité radicale des individus implique, si l’on veut pouvoir construire une forme d’unité, qui soit reconnue comme séparée et distincte la sphère privée. En cela, la distinction entre sphère privée et sphère publique est fondamentale à l’exercice de la démocratie. Ce principe fondamental est inclut d’ailleurs dans notre Constitution : la République ne reconnaît nulle religion et nulle race.

Tel est le sens de l’article premier du préambule de notre Constitution, repris du préambule de la Constitution de 1946, et écrit au sortir de la guerre contre le nazisme[2]. La laïcité n’est donc pas un supplément d’âme à la République : elle en est en réalité le ciment[3]. Il n’est pas anodin que l’un des grand penseur de la souveraineté, Jean Bodin, qui écrivit au XVIème siècle dans l’horreur des guerres de religion, ait écrit à la fois un traité sur la souveraineté[4] et un traité sur la laïcité[5].

Les attaques actuelles contre la laïcité doivent être identifiées pour ce qu’elles sont réellement : des attaques contre la démocratie. En défendant la laïcité, c’est un principe fondamental d’organisation politique que l’on défend en réalité.

Le piège des fanatiques

Il convient donc d’éviter le piège que nous tendent les fanatiques de toutes obédiences. En voulant nous obliger à nous définir selon des croyances religieuses, ou des signes d’appartenances, ils aboutissent en réalité à briser le « peuple ». Et c’est cela qu’ils veulent. C’est donc très précisément le piège que nous tendent les terroristes qui veulent nous ramener au temps des communautés religieuses se combattant et s’entre-tuant. Or, si nous cédons sur ce point nous nous engageons vers un chemin conduisant à la pire des barbaries. La confusion dans laquelle se complet une grande partie de l’élite politique française, est ici tragique et lourde de conséquences. Les attaques contre les musulmans (comme celles contre les juifs, les chrétiens, les bouddhistes, etc…) sont inqualifiables et insupportables. Mais, on a le droit de critiquer, de rire, de tourner en dérision, et même de détester TOUTES les religions. Et si l’on est choqué par des caricatures, on n’achète pas le journal dans lesquelles elles sont publiées, un point c’est tout.

La notion de laïcité ne doit pas être conçue non comme une « guerre aux religions », ce qui est l’un des contre-sens actuels, mais comme tout à la fois reconnaissance de la distinction entre sphère publique et sphère privée et reconnaissance de l’obligation de chacun et de tous à considérer que la religion fasse partie uniquement de la sphère privée. La laïcité est en fait nécessaire pour comprendre les racines de l’ordre politique. Mais on doit impérativement éviter de transformer cette laïcité en une nouvelle religion. Or, c’est une tendance d’autant plus forte que l’on vit dans le mythe d’une grande communauté humaine dépourvue de conflits. En réalités, le conflit est permanent et l’un des taches du politique consiste justement à en utiliser les éléments positifs tout en évitant qu’il détruise la société humaine. De ce point de vue, le contraire de la « guerre de tous contre tous » n’est pas l’harmonie naturelle, qui est un mythe dangereux mais une forme organisation qui permette la gestion de ces conflits. C’est d’ailleurs la raison de l’importance de la Souveraineté. Si le peuple était homogène, la souveraineté ne serait pas nécessaire. Il est tragique que des intellectuels comme Michel Wieviorka fassent ainsi l’erreur d’assimiler la souveraineté à l’homogénéité alors que la lecture de Bodin, pour ne pas citer d’autres auteurs, démontre que c’est au contraire l’hétérogénéité du peuple qui impose la notion de souveraineté.

Il nous faut alors considérer la Souveraineté dans son articulation avec la Nation, et cette dernière comme un forme d’organisation politique du peuple. Encore faut-il retirer de l’espace publique ce qui ne peut être tranché par la raison. Et l’on revient inévitablement à la question de la laïcité. Dès lors qu’une population, quelle qu’elle soit, désire faire en commun quelque chose, il y a de la souveraineté. Mais, du moment où cette population est hétérogène, il convient de retirer de l’espace public certaines questions. C’est pourquoi, depuis plusieurs siècles, souveraineté et laïcité ont passé un pacte de nécessaire alliance.

Les racines de la laïcité

Les racines de la laïcité sont donc bien plus profondes que le débat actuel, ou elle est interprétée comme un obstacle à une religion particulière, ou même que la question de la séparation entre l’Eglise et l’Etat, qui constitua l’un des débats importants de la IIIème République. Il est donc faux de faire remonter la laïcité aux affrontements de 1904-1905, et à la séparation de l’Eglise et de l’État, même si cette dernière est un moment incontestablement important de notre histoire politique.

En fait, dans le principe de laïcité se cachent deux notions qui sont l’une et l’autre absolument essentielle. La première est celle de la séparation entre sphère privée et sphère publique. Cette distinction est fondatrice en réalité de l’existence même d’une démocratie, car il ne peut y avoir de démocratie sans conflit, mais aussi sans compromis éteignant pour un temps, ce dit conflit[6]. Sans cette distinction, la démocratie n’est qu’une coquille vide. Mais, et c’est là toute la force du travail de Bodin, cette distinction ne prend réellement sens que parce que des individus aux fois différentes acceptent de travailler ensemble. Cela pose la laïcité non pas simplement comme un principe de tolérance, et de ce point de vue la tolérance est une forme inférieure à la laïcité[7], mais comme une forme d’organisation où la conviction personnelle se plie à l’existence de Res Publica, de choses communes qui nécessitent et impliquent un travail en commun.

Mais il faut comprendre qu’elle impose à tous un devoir de réserve, qu’elle interdit le prosélytisme outrancier, et en particulier les tenues vestimentaires qui constituent des formes de prosélytismes, et qu’elle impose de distinguer les valeurs dans lesquelles on croit, qui ne peuvent être que personnelles et relèvent alors de la sphère privée, des principes qui sont des règles qui régissent l’action publique. Telle est la ligne rouge de la laïcité.

[1] Voir Sapir J., Souveraineté, Démocratie, Laïcité, Paris, Michalon, 2016.

[2] Le texte est le suivant : « Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. Il réaffirme solennellement les droits et libertés de l’homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des droits de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République ». http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-du-4-octobre-1958/preambule-de-la-constitution-du-27-octobre-1946.5077.html

[3] Poulat E. Notre Laïcité, ou les religions dans l’espace public, Bruxelles, Desclées de Bouwer, 2014.

[4] Bodin J., Les Six Livres de la République, (1575), Librairie générale française, Paris, Le livre de poche, LP17, n° 4619. Classiques de la philosophie, 1993.

[5] Bodin J., Colloque entre sept sçavants qui sont de différents sentiments des secrets cachés des choses relevées, traduction anonyme du Colloquium Heptaplomeres de Jean Bodin, texte présenté et établi par François Berriot, avec la collaboration de K. Davies, J. Larmat et J. Roger, Genève, Droz, 1984, LXVIII-591, désormais Heptaplomeres.

[6] A. Przeworski, « Democracy as a contingent outcome of conflicts », in J. Elster & R. Slagstad, (eds.), Constitutionalism and Democracy, Cambridge University Press, Cambridge, 1993, pp. 59-80.

[7] On trouvera un commentaire éclairant de sa contribution aux idées de tolérance et de laïcité dans: J. Lecler, Histoire de la Tolérance au siècle de la réforme, Aubier Montaigne, Paris, 1955, 2 vol; vol. 2; pp. 153-159.

Mots-clés : démocratieLaïcitéRépubliquesouveraineté

Jacques Sapir

Ses travaux de chercheur se sont orientés dans trois dimensions, l’étude de l’économie russe et de la transition, l’analyse des crises financières et des recherches théoriques sur les institutions économiques et les interactions entre les comportements individuels. Il a poursuivi ses recherches à partir de 2000 sur les interactions entre les régimes de change, la structuration des systèmes financiers et les instabilités macroéconomiques. Depuis 2007 il s'est impliqué dans l’analyse de la crise financière actuelle, et en particulier dans la crise de la zone Euro.

Voir les commentaires

Notes sur une note d’Hillary Clinton

Publié le par Felli Bernard

Notes sur une note d’Hillary Clinton

Tout le monde ne fréquentant pas De Defensa à cause de ses nombreuses reprises de textes en anglais, nous avons pensé important de les traduire parce qu’ils révèlent effectivement beaucoup sur Clinton et sa future politique étrangère en cas d’élection, et afin que vous puissiez vous régaler de cette passionnante analyse psychologique du dirigeant-système par Philippe Grasset.

Par Philippe Grasset – Le 24 mars 2016 – Source De Defensa.

Si l’on veut tenir une stricte comptabilité, il n’y a pas un mais plusieurs emailgate accrochés à Hillary Clinton comme autant de casseroles bruyantes. Nous voulons dire par là: 1) qu’il y a plusieurs scandales possibles dans l’emailgate, et 2) qu’il y a plusieurs facettes dans chacune de ces affaires. D’une façon générale, moins polémique et plus minutieuse, emailgate pourrait figurer comme le matériel d’une puissante étude psychologique d’un dirigeant-Système type.

La production de messages courriel d’Hillary-Secrétaire d’État a été tout simplement prodigieuse puisqu’elle se chiffre en dizaines de milliers de messages dont certains sont extrêmement longs. On se demande où elle trouva le temps, en plus de ses discours, entretiens et profondes supputations sur la politique extérieure des USA, pour pondre toute cette correspondance. (Sans oublier l’extraordinaire légèreté qui la fit passer très souvent par son serveur personnel plutôt que d’utiliser ceux qui sont attribués à sa fonction, et qui sont puissamment cryptés.)

Ce qui justifie ce texte, c’est la diffusion sur internet d’une partie du fonds considérable d’e-mails clintoniens écrits durant la période du département d’État d’Hillary, de 2009 à 2013. (Le chiffre de 30 322 est cité dans cette occurrence, mais dans d’autres cas certains ont été jusqu’à 50 000 : on se trouve là devant une abondance diluvienne qui rend très difficile de justifier de décomptes précis.) Les messages en question semblent avoir été mis en accès au public selon la législation du Freedom Information Act, par le département d’État et sans doute selon les procédures du FBI qui enquête sur l’ensemble de l’affaire emailgate. Il s’agit de messages à divers titres officiels et professionnels de la secrétaire d’État, mais distribués fautivement par le serveur privé d’Hillary Clinton, comme on l’a signalé plus haut. Il faut rappeler que c’est là le cœur de l’emailgate puisque cet usage représente une brèche considérable des procédures de sécurité dans sa fonction, et la cause des enquêtes ouvertes par le FBI contre elle ; en théorie, une telle faute peut être assimilée, dans la logique et la règle procédurières du gouvernement US, à un acte de trahison. C’est essentiellement l’action de Wikileaks, à partir de l’obtention des messages selon la procédure du Freedom Information Act, qui en assure la distribution.

Franchise et conviction

Nous nous attachons à cette affaire pour des raisons évidentes de communication, mais aussi et surtout, comme nous l’avons suggéré plus haut, pour des raisons de psychologie. Cette correspondance nous en dit beaucoup, aussi bien sur Hillary Clinton (la Clinton du passé au département d’État, et la Clinton de l’avenir si elle devenait présidente des USA), que sur la politique des USA, que sur la psychologie des dirigeants et dirigeantes-Système, notamment sur leur attitude vis-à-vis des narrative qui présentent cette politique US.

Nous voulons parler ici de la question de leur franchise et de leur conviction. Dans ce cas, en plus, il s’agit d’une personne exceptionnellement corrompue et dont nous estimons que la première de ses corruptions est sa psychologie et concerne le travers terrible de l’affectivisme. (C’est le comportement de Clinton durant la crise syrienne qui nous a conduits à ce concept.)

Il ne s’agit bien sûr pas d’un travail systématique dont nous n’avons pas les moyens ni la capacité. Nous nous arrêtons à un seul message, très long et très détaillé, sur la politique américaniste vis-à-vis de la Syrie telle que la conçoit, ou la concevait, Clinton en 2012. Le message, qui n’est pas daté pour ce qui est de sa diffusion sinon la mention bureaucratique “2000-12-31 22:00”, peut être déterminé comme de la période de la fin du printemps 2012 puisqu’il contient la précision par l’auteur(e) elle-même : «La rébellion en Syrie dure déjà depuis plus d’un an.» (Effectivement diffusé par WikiLeaks, le message est désigné selon la date du 30 novembre 2015, qui semble évidemment être la date de sa déclassification pour la mise à disposition du public : “UNCLASSIFIED U.S. Department of State Case No. F-2014-20439 Doc No. C05794498 Date: 11/30/2015.”)

Une diplomatie au marteau

Le document expose ce qui serait la “grande stratégie” des USA en Syrie, selon la secrétaire d’État, vis-à-vis de la crise syrienne. Toute l’attention est portée aux intérêts d’Israël par rapport à la puissance de l’Iran, qui peuvent être décisivement renforcés par la chute d’Assad et une opération de regime change. L’on y retrouve les diverses manœuvres, tromperies, montages, etc., de la part des USA, qui étaient à l’époque, lorsqu’elles étaient suggérées, dénoncées comme des théories “complotistes” ou des analyses malveillantes de dissidents et d’antiSystème concernant les intentions des USA. L’intérêt que Clinton montre pour ceux (les intérêts) d’Israël est certainement beaucoup plus important que celui d’Obama à cet égard ; en ce sens, l’on pourrait très certainement parler d’une “diplomatie personnelle” de Clinton, construite à grands coups de marteau, dont il n’est nullement assuré que le président l’eût approuvée si elle avait été sur la voie de la réussite, – ce qui ne fut jamais le cas… Outre Israël, les alliés principaux qui sont cités sont l’Arabie, le Qatar et la Turquie. Pas un mot des Européens, – même pas, ô ingratitude des dieux, de notre pétillant Laurent Fabius.

Le but est donc d’éliminer Assad, s’il le faut sur l’air du “We Came, We Saw, He Dies” [Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort], en le liquidant avec sa famille ; de changer le régime pour faire de la Syrie un vassal des USA aligné sur les “alliés” sur place, avec Israël en tête de peloton ; d’isoler complètement l’Iran et d’aller vers un étouffement du Hezbollah par rupture forcée de ses liens avec l’Iran. Dans toute cette description, la Russie est quasi-totalement ignorée, sinon pour observer avec un mépris à peine voilé que ce pays sera impuissant à faire quoi que ce soit. La seule “nuisance” de la Russie se trouve dans le fait que son veto obligera d’agir hors du cadre de l’ONU… Du point de vue opérationnel, le message détaille le plan qui apparaît dans l’esprit de Clinton comme bien plus qu’une simple hypothèse, mais bien comme une attaque US contre la Syrie.

La Secrétaire d’État planificatrice de la guerre

La première partie du message expose la situation stratégique, et notamment entre Israël et l’Iran. Il apparaît pour la première fois d’une façon aussi explicite dans un message d’un officiel de ce niveau que le but d’Israël n’est pas tant d’empêcher l’Iran de disposer d’une bombe nucléaire que de conserver le monopole nucléaire dans la région. A aucun moment, cette idée n’est mise en cause, bien au contraire, alors que les USA ont toujours admis, d’une façon officielle, que la dénucléarisation de la zone moyenne-orientale était un objectif, sinon vertueux dans tous les cas acceptable et conforme à leur doctrine de non-prolifération. Voici ce message :

(N.B. : dans les deux parties du message, nous indiquons en italique gras les passages qui nous paraissent importants et sur lesquels nous avons déjà fait des commentaires ou sur lesquels nous reviendrons plus loin pour des commentaires à leur sujet.).

«Le meilleur moyen d’aider Israël à s’arranger de la capacité nucléaire de l’Iran est d’aider le peuple syrien à renverser le régime de Bachar El Assad.

Des négociations pour limiter le programme nucléaire iranien ne résoudront pas le dilemme sécuritaire israélien. Elles n’empêcheront pas non plus l’Iran d’améliorer des parties cruciales au développement de son programme d’armes nucléaires, c’est-à-dire la capacité à enrichir l’uranium. Au mieux, les discussions entre les principales puissances mondiales et l’Iran, qui ont commencé en avril et continueront en mai, à Bagdad, ne feront que pousser Israël à retarder de quelques mois une décision d’attaquer l’Iran, décision qui pourrait provoquer une guerre moyen-orientale majeure.

Le programme nucléaire iranien et la guerre civile syrienne ne semblent pas connectés, ils le sont pourtant. Pour les dirigeants israéliens, la réelle menace venant d’un Iran possédant l’arme nucléaire ne tient pas au fait de voir un dirigeant iranien ayant perdu la raison et lançant une attaque nucléaire contre Israël sans avoir été provoqué, ce qui aboutirait a l’annihilation des deux pays. Ce qui inquiète vraiment les dirigeants militaires israéliens, mais dont ils ne peuvent pas vraiment parler, est de perdre leur monopole nucléaire. Une arme nucléaire iranienne mettrait non seulement fin à ce monopole mais pousserait aussi ses autres adversaires, comme l’Arabie saoudite et l’Égypte, à devenir aussi des puissances nucléaires. Cela aboutirait à un équilibre nucléaire précaire dans lequel Israël ne pourrait plus répondre à des provocations par des frappes militaires conventionnelles sur la Syrie ou le Liban, comme il peut se le permettre aujourd’hui. Si l’Iran devait franchir la limite et devenir un État nucléaire, Téhéran n’hésiterait plus à pousser ses alliés, la Syrie et le Hezbollah, à frapper Israël, sachant que ses armes nucléaires empêcheraient Israël de s’en prendre à l’Iran.

Mais revenons à la Syrie. C’est la relation stratégique entre l’Iran et la Syrie de Bachar El Assad qui permet à l’Iran de mettre en danger la sécurité israélienne, non pas par une attaque directe, ce qui n’est jamais arrivé en trente ans d’hostilité entre l’Iran et Israël, mais grâce à ses alliés du Liban, comme le Hezbollah, qui sont soutenus, armés et entraînés par l’Iran, via la Syrie. La fin du régime d’Assad entraînerait la fin de cette dangereuse alliance. Les dirigeants israéliens comprennent très bien pourquoi la défaite d’Assad est dans leur intérêt. Au cours d’une interview sur CNN, la semaine dernière, le ministre de la Défense [israélien] Ehud Barak a déclaré que le renversement d’Assad serait un coup important porté à l’axe radical, un coup important porté à l’Iran […] C’est le seul avant-poste de l’influence iranienne dans le monde arabe […] et cela va affaiblir considérablement à la fois le Hezbollah au Liban et le Hamas et le Djihad islamique à Gaza. »

Renverser Assad ne serait pas seulement une bénédiction pour la sécurité israélienne, cela diminuerait aussi la peur compréhensible qu’a Israël de perdre son monopole sur le nucléaire. Alors, Israël et les États-Unis devraient pouvoir développer le même point de vue pour déterminer quand le programme iranien devient si dangereux qu’une action militaire deviendrait nécessaire. Pour l’instant, c’est la combinaison entre l’alliance stratégique entre l’Iran et la Syrie, et les progrès constants du programme d’enrichissement nucléaire de l’Iran qui a poussé les dirigeants israéliens à envisager une attaque surprise, malgré les objections de Washington si nécessaire. Une fois Assad parti et l’Iran devenant incapable de menacer Israël par l’intermédiaire de ses alliés, il devient possible pour les États-Unis et Israël de s’entendre sur des lignes rouges que le programme iranien ne devrait pas franchir. En résumé, la Maison Blanche peut alléger les tensions qui sont apparues dans notre relation avec Israël, à propos de l’Iran, en faisant ce qu’il faut faire en Syrie.

La rébellion en Syrie dure maintenant depuis plus d’un an. L’opposition est toujours là et le régime n’acceptera pas de solution diplomatique venant de l’extérieur. Avec sa vie et celle de sa famille en jeu, seule la menace ou l’utilisation de la force fera changer l’état d’esprit du dictateur syrien Bachar Al Assad… »

La Secrétaire d’État chef de guerre

La deuxième partie du message aborde les aspects opérationnels d’une opération militaire contre la Syrie, qui verrait l’implication au niveau de l’offensive aérienne des forces armées US.

«De manière bien compréhensible, s’engager dans des opérations aériennes en Syrie, comme cela avait été fait en Libye, inquiétait l’administration Obama, pour trois raisons essentielles. À la différence des forces d’opposition libyennes, les rebelles syriens n’était pas unifiés et n’avaient pas de territoire. La Ligue arabe n’avait pas demandé d’intervention militaire extérieure comme elle l’avait fait en Libye. Et les Russes s’y opposaient. La Libye était un cas plus simple. Mais en plus du louable objectif de sauver des civils libyens d’attaque prévisible de la part du régime de Kadhafi, l’opération libyenne n’a pas eu de conséquences sur le long terme pour la région. Pour la Syrie, c’est plus compliqué. Mais un succès en Syrie serait un événement transformateur pour le Moyen-Orient. Non seulement un autre dictateur brutal succomberait à des manifestations de rue de l’opposition, mais la région changerait pour le meilleur, et l’Iran n’aurait plus de pied-à-terre au Moyen-Orient, d’où elle peut menacer Israël et déstabiliser la région.

A la différence de la Libye, une intervention réussie en Syrie demandera un leadership substantiel de la part des États-Unis. Washington devrait commencer par exprimer sa détermination à travailler avec ses alliés de la région, comme la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar pour organiser, entraîner et armer les forces rebelles syriennes. Rien que l’annonce d’une telle décision devrait entraîner des désertions importantes dans l’armée syrienne. Alors, en utilisant le territoire turc et, si possible, jordanien, les diplomates états-uniens et les officiels du Pentagone pourront commencer à renforcer l’opposition. Cela prendra du temps. Mais la rébellion est bien partie pour durer longtemps, avec ou sans l’intervention états-unienne.

La deuxième étape sera de développer le soutien international pour une intervention aérienne de la coalition. La Russie ne soutiendra jamais une telle intervention, il ne sert donc à rien de passer par le conseil de sécurité de l’ONU. Quelques uns prétendent que l’intervention états-unienne risque d’entraîner une guerre plus large contre la Russie. Mais l’exemple du Kosovo montre le contraire. Dans ce cas, la Russie avait des liens ethniques et politique avec les Serbes, liens qui n’existent pas entre la Russie et la Syrie, et même alors la Russie ne fit rien d’autre que de protester. Les officiels russes ont déjà reconnu qu’ils ne se mettraient pas en travers du chemin en cas d’intervention.

Armer les rebelles syriens et utiliser la puissance aérienne occidentale pour empêcher les hélicoptères et avions syriens de décoller est une approche bon marché mais à grand bénéfice. Tant que les dirigeants politiques de Washington restent fermes sur le fait qu’aucune troupe américaine ne sera déployée, comme ils l’ont fait pour le Kosovo et la Libye, les coûts pour les États-Unis resteront limités. La victoire ne sera pas rapide ni facile, mais elle arrivera. Et les bénéfices en seront substantiels. L’Iran sera stratégiquement isolé, incapable d’exercer son influence sur le Moyen Orient. Le nouveau régime syrien verra les États-Unis comme un ami et pas un ennemi. Washington gagnera une reconnaissance forte pour son combat pour le peuple, et non des régimes corrompus, dans le monde arabe. Pour Israël, la logique d’une attaque soudaine contre les installations nucléaires iraniennes devrait perdre de son sens. Et un nouveau régime syrien pourrait bien être ouvert à de nouvelles négociations de paix avec Israël. Le Hezbollah libanais devrait être séparé de son sponsor iranien puisque la Syrie ne sera plus une zone de transit pour l’entraînement, l’assistance et la livraison de missiles iraniens. Tous ces avantages stratégiques ainsi que la perspective de sauver des milliers de civils d’un assassinat par le régime d’Assad (10 000 ont déjà été tués au cours de la première année de guerre civile).

Avec ce voile de peur ne pesant plus sur le peuple syrien, ils semblent déterminés à se battre pour leur liberté. L’Amérique peut et doit les aider et, en agissant ainsi, cela aidera Israël et aidera à réduire les risques d’une plus grande guerre.»

Inculpabilité et indéfectibilité

Outre l’intérêt documentaire du message sur les méthodes et les machinations américanistes, l’intérêt historique de confirmation des hypothèses courantes de l’anti-Système face à la narrative du Système durant la période, il y a d’autres aspects qui méritent encore plus notre attention. En effet, nous voulons parler ici de ce qu’ils nous disent de la psychologie de Clinton (et, en général d’une manière conforme, des élites américanistes), et d’une façon indirecte, de sa culture politique, de sa perception de la communication et du niveau de son information ; d’une façon générale si l’on veut, ce qu’ils nous disent autant de son caractère que de son intelligence.

Les deux caractères fondamentaux de la psychologie américaniste, l’inculpabilité et l’indéfectibilité, sont parfaitement manifestés, aussi bien dans le chef d’Israël qui est quasiment incorporé comme une partie intégrante des USA pour la défense de ses intérêts, que pour les USA eux-mêmes. A aucun moment n’est mise en question la valeur morale et politique de la prétention israélienne au monopole nucléaire dans la région («…cela diminuera la peur bien compréhensible d’Israël de perdre son monopole nucléaire»). A aucun moment n’est discuté le fondement de l’intervention américaniste, sinon pour la trouver complètement justifiée au nom d’une morale supérieure («…c’est pour aider le peuple syrien à renverser le régime de Bachar al Assad…», «En résumé, la Maison Blanche peut réduire les tensions avec Israël en faisant ce qu’il faut faire en Syrie», «… de sauver des milliers de civils d’un assassinat par le régime d’Assad…»).

Cette intervention ne peut être que victorieuse, et d’autant plus victorieuse qu’elle sera appréciée comme une chose bonne, magnanime, généreuse et libératrice par les peuples concernés. Elle consacre la vertu fondamentale de l’américanisme : la force et l’usage de la force au nom du Droit et de la Morale : «Le nouveau régime syrien verra les États-Unis comme un ami et pas un ennemi. Washington gagnera une reconnaissance forte pour son combat pour le peuple, et non des régimes corrompus, dans le monde arabe»… «Avec ce voile de peur ne pesant plus sur le peuple syrien, ils semblent déterminés à se battre pour leur liberté. L’Amérique peut et doit les aider et, en agissant ainsi cela aidera Israël et aidera à réduire les risques d’une plus grande guerre ».

La menteuse qui ne mentait pas.

Nous ne croyons pas une seconde que ces passages soient de pure forme et de pure conformité. Au contraire, ils constituent l’essence même de la politique américaniste, telle qu’elle est présentée par celle qui la conçoit et telle qu’elle doit être perçue par ceux qui la mettent en œuvre. Il s’ensuit nécessairement que ce que nous nommons “narrative”, qui est le nécessaire anéantissement de la réalité au profit d’une fabulation construite avec la puissance de la communication dans le sens évoqué ici, est perçue comme la réalité elle-même, quand elle est, en plus, une Vérité Morale et la Vérité du Droit.

Cela signifie que cette Clinton, sans aucun doute la plus corrompue et la plus menteuse de tous les hommes et femmes politiques de pouvoir à Washington, n’est en rien une menteuse selon son point de vue, qu’elle est complètement sincère et qu’elle ne ment jamais à proprement parler. Simplement, elle est certainement hystérique et éventuellement schizophrénique, et produit sa perception de la réalité à partir du matériel qui lui est fourni, comme s’il s’agissait de la Vérité pure et simple. Sa psychologie profondément affaiblie est ouverte à toutes les influences, évidemment prioritairement les plus déstructurantes et les plus dissolvantes, et elle n’est donc mauvaise que par proximité du Mal et nullement par essence. (Voir Plotin : «… Mais les autres, ceux qui participeraient de lui [du Mal] et s’y assimileraient, deviennent mauvais, n’étant pas mauvais en soi.»)

Machiavel caricaturé par les pseudo-siens

Il s’ensuit encore, dans le même ordre de la situation générale où elle évolue, que Clinton est totalement sous-informée ou més-informée, sinon inculte dans le sens de l’impuissance à cultiver son expérience et sa connaissance. Affirmer comme elle le fait, à peu près un an après l’affaire, et sans doute à quelques mois de l’assassinat de l’ambassadeur US à Benghazi, que la crise libyenne n’a pas de conséquences à long terme pour la région, relève d’une totale culture de l’incompétence comme avers de son impuissance à cultiver expérience et connaissance. («Mais en plus du louable objectif de sauver des civils libyens d’attaque prévisible de la part du régime de Kadhafi, l’opération libyenne n’a pas eu de conséquences sur le long terme pour la région.») Lorsqu’elle ajoute : «Pour la Syrie, c’est plus compliqué», on a l’impression qu’elle pourrait aussi bien dire, d’une façon plus simple et plus compréhensible : “La connerie sera plus dure à faire en Syrie…”

Il nous est bien difficile de croire qu’il y a du machiavélisme dans tout cela, comme on en prête souvent de bonnes doses aux actions de la politique américaniste, car ce serait tout de même faire injure à l’intelligence de Niccolo di Bernardo [Machiavel]. Il s’agit d’un travail de somnambule, où les opérations illégales et extrêmement complexes, maniant les cultures et les mentalités de peuples dont on ne connaît ni les cultures ni les mentalités, ne donnent comme effet qu’une déstructuration et une dissolution aveugles, dont on peut alors conjecturer, puisqu’elles sont accomplies, qu’elles répondent au dessein d’événements supérieurs dont les dirigeants-Système eux-mêmes s’avèrent les premières victimes après en avoir été les exécutants inconscients et dociles.

Hillary vit encore le Kosovo de 1999

Le sommet de l’inculture satisfaite est atteint avec l’évaluation de la position russe, pleine de mépris et d’une complète més-information pour la Russie, en prenant comme référence opérationnelle et politique de l’attitude russe en Syrie, en 2012, le Kosovo de 1999 ! (Hillary ne s’est jamais vraiment relevée de l’ivresse d’avoir, par l’intermédiaire du très-impressionnable Bill qu’elle a influencé tout du long du conflit, pratiquement dirigé la première guerre d’agression postmoderne du bloc-BAO.) Comme si, entre-temps, rien ne s’était passé, y compris l’invasion de la moitié de la Géorgie par la Russie en août 2008, sans que les USA ne lèvent le petit doigt ni ne fassent passer un seul de leurs destroyers de la Méditerranée vers la mer Noire…

«La deuxième étape sera de développer le soutien international pour une intervention aérienne de la coalition. La Russie ne soutiendra jamais une telle intervention, il ne sert donc à rien de passer par le Conseil de sécurité de l’ONU. Quelques-uns prétendent que l’intervention états-unienne risque d’entraîner une guerre plus large contre la Russie. Mais l’exemple du Kosovo montre le contraire. Dans ce cas, la Russie avait des liens ethniques et politique avec les Serbes, liens qui n’existent pas entre la Russie et la Syrie, et même alors, la Russie ne fit rien d’autre que de protester. Les officiels russes ont déjà reconnu qu’ils ne se mettraient pas en travers du chemin en cas d’intervention.… »

Il faut dire qu’en 2012, c’est à peu près ce que les militaires du bloc-BAO et leurs armées d’experts pensaient de la “puissance” russe. C’est évidemment avec cette évaluation à l’esprit que toute la “stratégie hollywoodienne” des USA en Syrie a été déployée. Récemment, les militaires US ont commencé à envisager qu’il s’est passé quelque chose du côté de la puissance militaire russe.

Les derniers exercices de l’OTAN, vers les pays de l’OTAN frontaliers de l’URSS, notamment les pays baltes qui ne cessent de menacer Moscou en dénonçant les menaces russes contre eux, ont mis en évidence l’extraordinaire impuissance de l’OTAN vis-à-vis de la possibilité d’une action russe. Non seulement il faudrait au moins trois semaines pour que les premiers renforts sérieux puissent être mis en place dans les pays de première ligne, mais en plus les militaires de l’OTAN reconnaissent que les Russes ont créé d’immenses zones dite AA/AD (Anti-Access/Area Denial), c’est-à-dire des “bulles” de contrôle électronique et de communication qui interdisent quasiment à l’adversaire l’accès d’un espace aérien, sinon d’un théâtre d’opération complet. De telles zones, maîtrisées par les Russes et aveuglant complètement les moyens d’intervention de l’OTAN, existent en Pologne et dans la Mer Baltique en cas de conflit. Instruits des résultats des manœuvres, les dirigeants des pays baltes ont commencé à mesurer le confort qu’il y a à s’appuyer sur le soutien de l’OTAN pour mieux défier la Russie.

Hillary et l’AA/RD

Encore Hillary-2012 est-elle bien loin d’Hillary-2016, dans le domaine de l’AA/AD devenue pour son cas AA/RD (Anti-Access/Reality Denial). Nous voulons dire par là que la trajectoire de la candidate à la présidence n’a cessé de s’éloigner des vérités-de-situation, dont elle était déjà si lointaine en 2012. Dans le dernier CrossTalk de Peter Lavelle, sur RT, Daniel McAdams, de l’Institut Ron Paul, a qualifié l’attitude de Clinton concernant Israël et l’Iran, dans la perspective de sa possible élection : «Clinton est férocement pro-Israël et pourrait attaquer l’Iran.» (McAdams qui, comme Ron Paul et contrairement à d’autres libertariens comme Justin Raimondo, n’aime guère Donald Trump, juge qu’avec Clinton, «il y a 97% de [malchance] pour qu’il y ait une guerre, contre 75% avec Donald Trump».)

Il y a peu d’illustration aussi exceptionnelle de l’effroyable chute que subissent les esprits des dirigeants-Système dans cette phase catastrophique, que celle d’Hillary Clinton. Le document qu’on a pu lire mesure effectivement l’emportement de folie furieuse que serait sa politique, en imaginant ce qui se serait passé s’il n’y avait pas eu une autorité au-dessus d’elle, fameuse pour son indécision et son refus de prendre des risques. Clinton représente sans doute une sorte de terminal de la dégradation du caractère, et cette vision ne cesse de se préciser à mesure qu’on se rapproche de l’élection qu’elle pourrait emporter. Si l’on veut une image symbolique de cette situation, on dira qu’avec elle, son caractère AA/RD se trouve confronté à la procédure AA/AD symbolique de l’avancement des capacités militaires des Russes, qui fait si peur aux chefs militaires US dans les possibilités de conflits qu’on évoque aujourd’hui, – AA/RD ou déni de réalité, contre AA/AD ou déni de puissance…

Hors de toutes les supputations de conjecture à propos de la candidature Trump et tout ce qui l’accompagne, il est très difficile d’envisager, dans les circonstances présentes, une présidence d’Hillary Clinton qui ne serait pas promise, non à se terminer en catastrophe mais à commencer en catastrophe ; si ce n’est l’emailgate qui se constituerait en Watergate postmoderne, ce serait une aventure militaire qui constituerait une telle folie qu’elle verrait se lever contre elle une insurrection des chefs militaires, – et ainsi, à chacun son insurrection. On ne peut qu’abonder dans le sens d’Eric Margoulis lorsqu’il dit à propos de Trump, le 18 mars sur LewRockwell.com, ceci, qui vaudrait aussi bien pour Trump-Clinton : «C’est le pire des candidats, – à part que les autres sont pires que lui…»

Philippe Grasset

Parties du texte en anglais traduites par Wayan, relues par Diane pour le Saker Francophone.

582

Voir les commentaires

Non, antisionisme et antisémitisme ne sont pas synonymes .

Publié le par Felli Bernard

Rony Brauman est un ancien président de Médecins sans frontières, professeur associé à l’Institut d’études politiques de Paris.
Rony Brauman est un ancien président de Médecins sans frontières, professeur associé à l’Institut d’études politiques de Paris.

Non, antisionisme et antisémitisme ne sont pas synonymes

Publié par Gilles Munier sur 30 Mars 2016, 07:59am

Catégories : #Sionisme

Voir les commentaires