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CENSURE, DESINFORMATION, PROPAGANDE

Publié le par Felli Bernard

Pierre Le Normand
Pierre Le Normand

CENSURE, DESINFORMATION, PROPAGANDE

La CDP (Censure-Désinformation-Propagande) est une trilogie particulièrement en vogue depuis que le numérique est devenu le remarquable instrument permettant de truquer tout et n’importe quoi.

Finis les disciples de Goebbels. Place à la redoutable efficacité des méthodes nouvelles qui, dans l’instant, écrivent l’histoire à la seconde près.

Et du coup, les trois composantes de la CDP se sont hissées à un niveau de discrétion qui n’a d’égal que leur efficacité.

Si les envolées lyriques des politiques se font de plus en plus rares, le discours concocté avec des ingrédients aussi subtils que les éléments de langage, l’utilisation de mots étrangers ainsi que la modification accélérée de la langue française devient d’un lénifiant sans pareil ou d’un hermétisme tel que bien malin qui comprenne.

Le direct n’a jamais été aussi indirect quand il évacue et coupe là où cela pourrait devenir de l’information.

Les retransmissions des conférences de presse des puissants de la planète et la séance des questions sont tronquées à tel point que l’on ne peut que se demander si l’on voulait nous cacher quelque chose, l’on ne s’y prendrait pas autrement.

De quel droit et obéissant à quelles directives ces as du direct nous servent-ils que ce qu’ils

Ont mis au menu, occultant tout ce qui conduirait à se poser des questions ?

Ces fanfarons de la déontologie qui a toujours bon dos la violent à qui mieux-mieux, n’hésitant pas à aller jusqu’à faire circuler en bandeau des nouvelles qui n’en sont pas.

C’est ainsi que l’on a pu apprendre que l’équipage russe était sain et sauf de source turque.

C’est ainsi que l’on fait pleurer les chaumières sur le drame de familles entières dès lors qu’elles sont françaises et que l’on ne dit rien de celles qui ont le tort d’avoir perdu l’un des leurs dès lors qu’elles sont russes ou libanaises ou maliennes, ou tunisiennes.

La décence, l’éthique : inconnues au bataillon.

Le tri sélectif inventé par les écologistes est tellement entré dans les mœurs qu’il s’applique aux hommes, femmes et enfants.

A quand les petits drapeaux cousus sur les cartables et les parkas de nos chères têtes blondes ?

Ecrire ce qui relevait du langage courant encore tout récemment devient du racisme, de l’antisémitisme, de l’islamophobie.

C’est ainsi que la CDP génère des censeurs qui constituent une des confréries la mieux payée du monde pour formater les têtes de millions de citoyens.

La CDP est l’outil privilégié du totalitarisme qui s’est substitué peu à peu, tout doucement, sans faire de bruit, à une démocratie toujours fragile et balbutiante.

C’est un totalitarisme à visage humain : convivial, intime, il nous sert les misères des familles, le désamour des couples, la violence de certains enfants despotes, nous fait entrer chez le voisin ou la voisine, nous pousse à la compassion et nous conduit à faire provision de petits lumignons pour la prochaine grosse catastrophe.

Des fleurs coupées aux bougies, des dessins aux peluches, on est passé aux chaussures. Demain, on sortira des parapluies, après demain on ira en place de Grève pour voir ceux qui seront cloués au pilori, ceux qui ne sont pas dans le coup, ceux qui rechignent, ceux qui posent des questions ou ne répondent pas à celles qui leur sont posées comme ils le devraient.

Foin de bonne éducation et de politesse: le journaliste de service coupe la chique d’un président, d’un ministre, de quelqu’un qui a répondu à son invitation en venant sur son plateau.

Le censeur encense celui ou celle qui a fait la bonne réponse, celui ou celle qui se fait le porte-parole de la bonne parole et castre les autres.

Rien de bien nouveau sous le soleil, direz-vous !

Que si ! Le soleil est éteint quand sont allumés les spots et les lasers, quand le passage en boucle des mêmes messages, dans tous les médias subjugue le public qui est invité d’office au plus grand spectacle universel -moyennant redevance, certes.

Ce carrousel fantastique tourne 24 heures sur24 et les badauds affalés dans leurs canapés en jouissent jusqu’à plus soif.

La planification des distractions et de l’endoctrinement et remarquable. Aucun Gosplan n’a réussi à atteindre sa perfection : des pauses -publicitaires- sont respectées permettant de vaquer à ses besoins naturels ou de réapprovisionner le plateau-télé. Plusieurs fois dans la semaine, des mesures d’hygiène vous permettent de destresser en regardant les autres faire l’amour dès fois que vous ne puissiez le faire vous-mêmes.

Les films sont tous à contenu idéologique : depuis les policiers américains qui vous vendent le drapeau et l’american way of life où le bien l’emporte toujours sur le mal jusqu’aux policiers nationaux qui vous présentent une police tellement à l’écoute et équipée que l’on ne peut que dormir sur ses deux oreilles.

Les documentaires, films historiques ou émissions de débats et d’échanges avec un panel de personnalités sans peur et sans reproche vous enveloppent dans le monde de la bien-pensance.

L’on se fait les chevaliers de cet ordre impeccable qui nous gouverne et si, par malheur, un contradicteur ou un sentiment que quelque chose ne colle pas vous étreint, l’on esquive bien vite, droit dans ses bottes, expression si juste, si valorisante que l’on repart pour une belle croisade.

Plus le pays va mal, plus l’extraordinaire machine de la CDP fonctionne à plein.

Plus l’extraordinaire machine de la CDP fonctionne à plein, plus le pays va mal.

Le bourrage de crâne des adultes est d’autant plus efficace que les cerveaux sont incultes.

L’Education nationale se charge du travail en amont. La vie active ou le chômage font le reste.

Les seuls qui échappent à ce concasseur de l’intelligence et du libre arbitre sont ceux qui contrôlent la machine.

A moins que tel soit pris qui croyait prendre.

Pierre Le Normand

http://ombre43.over-blog.com

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L’énormité des mensonges

Publié le par Felli Bernard

RIOUFOL Ivan
RIOUFOL Ivan

L’énormité des mensonges

L’historien autant que le psychiatre auront à se pencher sur ce monde somnambulique. Aux manettes depuis quarante ans, il a cru construire une "identité heureuse" en imposant à la France rétive une immigration de peuplement, présentée comme une "chance". La mixité obligatoire et la lutte contre les discriminations devaient être les aiguillons de cette société de "l’en commun", conçue par des idéologues déshumanisés, persuadés que des peuples se remplacent comme des meubles. Les Français, traumatisés par les faucheurs de vies qui se dissimulent dans la foule, commencent à prendre conscience des aberrations nées de l’aveuglement des "élites". Se découvre, ainsi, le noyautage islamiste, rendu possible par la crainte des employeurs d’être accusés de racisme ou d’islamophobie. La Régie des transports parisiens (RATP) est une des entreprises qui compte le plus d’employés fichés S, suspectés salafistes ; l’une des bombes humaines du Bataclan, Samy Amimour, avait été chauffeur de bus. Les recrutements de proximité à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle dévoilent ce que Philippe de Villiers avait dénoncé dès 2006 dans Les Mosquées de Roissy. Des témoignages se publient sur la manière dont la CGT s’est ouverte aux exigences des islamistes. Cet entrisme, camouflé par le déni, annonce vraisemblablement d’autres surprises.

Une chose est sûre : la vérité aura raison de la tyrannie des faussaires encore au pouvoir. L’énormité de leurs mensonges révèle leur univers orwellien. Mais ce monde ne tient plus qu’à un fil. D’ailleurs, les premiers aveux tombent tout seuls. Ainsi de Julien Dray (PS). Après avoir longtemps soutenu : "L’intégration marche en France", il a convenu, lundi : "On n’a pas assez pris en considération ce qui se passait dans les quartiers sensibles et notamment le fait que l’état d’esprit de la jeunesse a changé." Et pour cause : c’est un processus de désassimilation, décrit ici depuis des années, qui se généralise dans la jeunesse radicalisée. Ceux qui, il y a peu, criaient au fantasme quand d’autres mettaient en garde sur le risque d’infiltration terroriste dans les rangs des "migrants", applaudis par les pantins, ne peuvent que mesurer leur sotte naïveté : deux des tueurs de Paris et Saint-Denis étaient arrivés en octobre par la Grèce, dans le lot des "réfugiés". Les élections régionales seront l’occasion de faire entendre la rage d’une société trahie et gravement abîmée par ses clercs.
Paru dans Le Figaro, 27 novembre 2015

RIOUFOL Ivan

Né le 12 septembre 1952
Marié – 2 enfants


Journaliste


Université de Nantes
Diplôme d"études approfondies (DEA) de droit maritime et aérien

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Paul Craig Roberts : Si Poutine ne commence pas à jouer ses fortes cartes, la Russie sera vaincue .

Publié le par Felli Bernard

Paul Craig Roberts : Si Poutine ne commence pas à jouer ses fortes cartes, la Russie sera vaincue

26 Nov

Mise à jour (Paul Craig Roberts) : Un ami, George Abert, a suggéré une raison du pourquoi les Turcs ont descendu le bombardier russe au-dessus de la Syrie. Les Russes ont une technologie de pointe qu’ils ont récemment démontrée contre le plus moderne des croiseurs lance-missiles américains (NdT: l’incident en Mer Noire en 2014 du passage d’un avion russe près du croiseur USS Cook, équipé du système ultra-sophistiqué AEGIS et qui a été électroniquement anéanti en deux passages, forçant le navire à faire escale à Odessa en Ukraine et son commandant de bord à demander son transfert immédiat..) et contre les avions israéliens de fabrication américaine. Cette technologie éteint tous les sytèmes de communication des forces hostiles, les laissant totalement aveugles. Il se demande si l’appareil n’a pas été abattu pour forcer les Russes à utiliser cette technologie pour protéger leurs appareils à chaque fois qu’ils se trouvent proches de l’aviation de l’OTAN ou d’Israël, ce qui leur permettrait d’étudier le système soit pour le copier, soit pour le neutraliser. Il parie que les Etats-Unis ont tous les spécialistes Raven et ELINT à l‘écoute, prêts à étudier le phénomène.

L’agression non provoquée de la Turquie qui a abattu un avion militaire russe au-dessus de la Syrie pose des questions intéressantes. Il semble fort peu probable que le gouvernement turc commettrait un tel acte de guerre contre un voisin bien plus puissant que lui à moins que Washington ait donné le feu vert à cette attaque. Le gouvernement turc n’est pas très compétent, mais même les incompétents savent éviter de se mettre dans une position qui les verrait faire face à la Russie seuls.

Si l’attaque a reçu le feu vert de Washington, Obama a t’il alors été doublé par les néo-conservateurs en contrôle de son gouvernement ou Obama est-il lui-même complice de l’acte ? De manière évidente, les neo-cons sont perturbés par l’appel du président français pour une union derrière la Russie contre l’EIIL/Daesh et ils auraient très bien pu utiliser leurs connexions en Turquie pour mettre en scène un évènement que Washington pourrait utiliser pour empêcher une coopération avec la Russie

La complicité de Washington est certainement indiquée, mais il n’est pas complètement hors de question que les Turcs bien placés qui achètent le pétrole de l’EI ait pris leur revanche contre la Russie pour avoir détruit leurs flottes de camions-citernes et leur affaire très lucrative. (NdT:n’oublions pas que ce business est géré par le fils d’Erdogan avec quelques généraux de l’armée turque…) Mais si l’attaque a une origine privée ou semi-privée en connexions avec des gangsters et l’armée, le président turc aurait-il défendu cet abattage d’avion sur de telles bases foireuses de “défense nationale” ? (NdT: possible dans la mesure où son fils est le “parrain” du pétrole volé acheminé en Turquie…) Personne ne peut croire qu’un bombardier russe serait une menace à lui seul pour la sécurité de la Turquie.

N’attendez pas que la pressetituée regarde de près ces questions. La pressetituée occidentale comme la branche de la BBC à Moscou et sa correspondante Sarah Rainsford, est déjà en train de pirouetter l’affaire de la perte de l’avion russe et plus tôt, celle de l’avion de ligne au dessus du Sinaï , en disant que cela prouve que la politique de Poutine de raids aériens contre Daesh a complètement été retournée et que les Russes ne sont pas plus en sécurité pour autant.

Les réponses à l’attaque sont toutes aussi intéressantes. De ce que j’ai entendu de la conférence de presse d’Obama, sa définition de “rebelles syriens modérés” inclut tous les groupes djihadistes extrémistes comme Al Nosra et l’EIIL, qui sont les cibles des attaques russes. Seul Assad est un extrémiste. Obama, suivant la ligne néo-conservatrice, dit qu’Assad a trop de sang sur les mains pour pouvoir continuer à être le président de la Syrie (NdT: Obama lui par contre, il n’en a pas de sang sur les mains hein ?… Le premier prix Nobel de la Paix va t’en guerre… Qu’est-ce qu’il ne fait pas entendre nom de dieu !).

Obama n’est pas spécifique au sujet du “sang sur les mains d’Assad”, mais nous pouvons l’être. Le sang est celui des forces terroristes de l’EIIL/Daesh qui combattent l’armée syrienne. Obama ne réfère pas quant à lui au sang sur les mains de l’EI alors que même la pressetituée nous a montré les horreurs perpétrées par les psychopathes de l’EIIL et du sang qu’ils ont sur les mains ; ces gens avec lesquels Obama nous a allié.

Quand est-il du sang sur les mains d’Obama ? On parle d’une très grande quantité là, le sang de pays entiers, la Libye, l’Afghanistan, le Yémen, la Syrie et le sang que les marionnettes d’Obama à Kiev ont versé des Russes ethniques habitants en Ukraine, sans oublier bien sûr le sang palestinien versé par Israël utilisant des armes américaines.

Si le sang sur les mains d’Assad le disqualifie pour la présidence, alors la bien plus grande quantité de sang sur les mains d’Obama le disqualifie d’autant plus, ainsi que Cameron, Hollande, Merkel et Netanyahou.

Durant tous les conflits orchestrés par Washington au Moyen-Orient, en Afrique et en Ukraine, le gouvernement russe a parlé de manière plus que raisonnable et a répondu de manière diplomatique à biens des provocations. Le gouvernement russe s’est reposé sur les gouvernements européens réalisant que l’Europe ne tire aucun bénéfice des conflits générés par Washington et devant se séparer d’une politique qui est contre leurs intérêts. Mais l’Europe a prouvé n’être qu’une collection de vassaux américains et non pas des pays indépendants capables de mener des politiques étrangères indépendantes.

Dans sa campagne en Syrie contre l’EI/Daesh, le gouvernement russe s’est reposé sur l’accord établi avec les pays de l’OTAN évitant l’engagement dans les airs. Maintenant la Turquie a totalement violé cet accord.

Je serais très surpris si maintenant le gouvernement russe place quelque confiance que ce soit dans les mots de l’occident ainsi que d’un espoir dans la diplomatie avec ce même occident. Le gouvernement russe et son peuple ont dû maintenant comprendre que la doctrine Wolfowitz veut dire ce qu’elle énonce et qu’elle est déployée en force contre la Russie.

De l’attaque ukrainienne sur les sources d’énergie de la Crimée et les pannes de courant qui affectent toute celle-ci, le gouvernement russe a aussi appris que le gouvernement marionnette de Washington à Kiev a l’intention de faire monter la sauce du conflit avec la Russie.

Washington a été clair dès le départ qu’il focalisait sur le renversement d’Assad et non pas celui de l’EIIL/Daesh. Malgré l’attaque imputée à Daesh en France, le ministère des affaires étrangères US en la personne de son porte-parole l’amiral John Kirby, a dit que la Russie ne pouvait pas être membre de la coalition contre Daesh tant que la Russie continuerait à soutenir Assad.

Si on veut regarder le bon côté dans cette affaire de l’abattage d’un avion russe, l’incident a donc très sûrement évité au gouvernement russe de faire partie d’une coalition dans laquelle la Russie aurait perdu le contrôle de sa guerre contre l’EIIL et aurait dû accepter la défaite du renversement d’Assad.

A chaque étape de tous ces processus le gouvernement russe a gardé de bonnes cartes qu’il n’a pas jouées, faisant plutôt confiance à la diplomatie. Celle-ci est maintenant pour sûr une impasse.Si la Russie ne rejoint pas le véritable jeu et ne commence pas à jouer ses fortes cartes (NdT: les infos qu’elle conserve sur les attentats du 11 septembre 2001 à New York, sur l’attaque du vol d’Air Malaysia MH17 en Ukraine et sur son propre vol au-dessus du Sinaï…), la Russie sera vaincue.

http://www.paulcraigroberts.org/2015/11/24/turkey-has-destroyed-russias-delusion-of-western-cooperation-paul-craig-roberts/
~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

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4 Commentaires

Publié par Z le 26 novembre 2015 dans général, Guerre - 3e guerre mondiale, International, Politique

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La guerre ne nous rend pas plus forts, elle nous rend vulnérables, par Dominique de Villepin

Publié le par Felli Bernard

La guerre ne nous rend pas plus forts, elle nous rend vulnérables, par Dominique de Villepin

27

nov

2015

La guerre ne nous rend pas plus forts, elle nous rend vulnérables, par Dominique de Villepin

Source : Libération, 25-11-2015

Un Rafale sur une base militaire du Golfe, le 17 novembre. Photo Karim Sahib. AFP

Pour Dominique de Villepin, accepter la guerre, en France comme au Moyen-Orient, c’est accepter la fuite en avant. Alors que Daech cherche méthodiquement à créer les conditions d’un conflit généralisé, répondre par les armes équivaut à éteindre un incendie au lance-flammes.

Je refuse de vivre dans le monde que veulent nous imposer les terroristes. C’est pourquoi je veux que nous nous donnions les moyens de décider nous-mêmes de notre avenir, forts du courage et de l’exemple de tant de nos compatriotes à l’occasion des attentats de Paris et Saint-Denis.

La guerre ne nous rend pas plus forts, elle nous rend vulnérables. Quelle est, en effet, la stratégie de Daech ? Elle est double et il faut savoir la prendre au sérieux pour la combattre.

Premièrement, les hommes de Daech cherchent à susciter la guerre civile en France et en Europe, à monter les populations contre les musulmans, français, immigrés ou réfugiés. C’est ce qu’ils visaient en attaquant Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher. C’est ce qu’ils confirment par la violence aveugle et sauvage du 13 novembre. En nous lançant à corps perdu dans la restriction des libertés individuelles ou dans la suspicion généralisée envers l’islam à travers une laïcité de combat traquant barbes et voiles, nous leur donnerions le choix des armes.

Notre force, c’est notre Etat de droit et c’est la fidélité à nos principes, c’est l’équilibre et la mesure, en utilisant avec fermeté tous les moyens d’enquête et de poursuite de notre Etat, en mobilisant ses forces de sécurité et de défense. Qu’il faille des mesures exceptionnelles pour faire face à l’urgence, je le crois. Mais méfions-nous de l’état d’urgence permanent et de la surenchère sécuritaire qui, je le crains, va dominer notre vie politique pour plusieurs années. On voudra toujours plus de fermeté vis-à-vis des étrangers et on n’obtiendra que le ressentiment. On voudra, de façon préventive, une lutte de plus en plus dure contre la délinquance, notamment dans les banlieues, et on obtiendra la criminalisation d’une frange de la société et l’incitation à la radicalisation. On voudra le contrôle accru de l’expression des religions et on n’obtiendra que la radicalisation de l’islam des caves. Bref, nous serons un pas plus proche de la guerre civile. Et nous aurons renié les libertés mêmes que les terroristes ont voulu attaquer.

Deuxièmement, Daech cherche méthodiquement à créer les conditions de la guerre généralisée au Moyen Orient. Regardons les mois écoulés. L’organisation cessait de progresser en Irak et en Syrie. En quête d’un appel d’air, elle a multiplié les attentats hors de sa zone de contrôle. En Tunisie, pour fragiliser la transition démocratique, entraîner la répression et la récession, marginaliser un islam politique qui n’est pas son allié ; en Egypte, pour durcir la persécution de tous les opposants au régime et les pousser davantage vers le jihadisme et pour entraîner la Russie plus avant dans l’engagement au sol avec les forces de Bachar al-Assad ; au Liban, pour déstabiliser un pays fragilisé par plus d’un million de réfugiés syriens ; en France, enfin, pour susciter une alliance militaire tout-sauf-Daech qui unirait les forces du régime syrien, de l’Iran, des Occidentaux dans une lutte qui nourrirait le sentiment victimaire des populations sunnites. Dans quel but ? La chute des régimes politiquement fragilisés, comme l’Arabie Saoudite, avec en ligne de mire la conquête symbolique des lieux saints. Daech place ses pions méthodiquement et les meilleurs ne sont pas dans le territoire qu’il s’est taillé, ils se trouvent dans l’expansion du conflit vers l’Afrique sahélienne où l’organisation noue des liens avec les islamistes locaux, vers le Caucase et l’Asie centrale et vers l’Asie du Sud-Est, notamment au Bangladesh. Regardons aussi la stratégie de Daech au Proche-Orient, où il se prépare peu à peu à agir à Gaza et en Cisjordanie, pour usurper la cause palestinienne, l’un des plus puissants vecteurs de ressentiment parmi les populations musulmanes.

Dans ce contexte, répondre à l’attaque par la guerre, c’est éteindre un incendie au lance-flammes. Après vingt ans d’échec des opérations de paix des Nations unies, après dix ans d’interventions militaires occidentales désastreuses, la clé, c’est d’inventer une nouvelle forme d’intervention de paix, articulant d’une façon inédite outils militaires et instruments diplomatiques, au service d’objectifs précis avec des moyens de coordination efficaces. Rien de tout cela n’existe aujourd’hui.

Soyons lucides aussi sur la solitude de la France en dépit des protestations de solidarité. Les Européens ne s’engagent que du bout des lèvres de peur d’être ciblés à leur tour, les Américains ne rêvent que de désengagement ; la Russie a ses propres objectifs, parmi lesquels Daech n’est pas forcément la priorité ; la Turquie joue sur plusieurs tableaux, comme les Etats du Golfe et l’Iran. Sabre au clair et seuls sur le champ de bataille, quelles seront nos marges de manœuvre ?

Dire que la solution est politique, cela ne signifie pas que la lutte ne doive pas être sans merci. Cela veut dire qu’elle doit être efficace. Les militaires sont les premiers à le dire : une guerre sans stratégie politique, c’est au mieux un coup d’épée dans l’eau. Il faut au contraire une lutte chirurgicale, appuyée par des frappes aériennes ciblées et avant toute éventualité d’un engagement de troupes régionales au sol, pour couper les canaux alimentant les trois flux qui maintiennent en vie l’Etat islamique : l’argent, les idées et les hommes.

L’argent en s’attaquant en priorité aux transferts financiers par la coopération bancaire et fiscale, aux ressources propres en frappant les puits de pétrole à leurs mains et les intermédiaires qui vivent, dans la région, du trafic d’armes, d’antiquités, d’êtres humains. Pour tout cela, les frappes militaires peuvent être utiles, mais ne seront pas suffisantes.

Couper les canaux diffusant l’idéologie jihadiste, c’est agir sur la propagande en mettant tous les moyens nécessaires pour agir contre le cyberjihad, contre la circulation de vidéos qui donnent à certains jeunes en mal d’autorité, d’idéal et d’aventure l’image d’un héros certes négatif, mais total, à la fois bourreau et martyr, victime absolue et terreur de ceux qui l’avaient méprisé.

Couper l’alimentation en hommes, en sécurisant la frontière syrienne, pour étouffer les territoires de Daech notamment aux abords de la Turquie, où s’est créé un grand no man’s land, et y créer une zone humanitaire internationale permettrait à la fois de réguler les flux de réfugiés, d’y améliorer les conditions de vie et de surveiller entrées et sorties sérieusement. S’attaquer au recrutement, cela signifie, dans notre propre pays, prévenir la contagion en identifiant les parcours menant à la dérive islamiste, en luttant contre les prêcheurs de haine, mais aussi en assainissant le terreau de rejet, de discrimination et de pauvreté que constituent certaines de nos banlieues. Et cela passe par un grand travail de justice et d’unité nationale, recoudre ensemble les territoires et rapprocher les hommes, d’abord par l’école. Dans les prisons également, le travail de prévention, d’identification et de déradicalisation est immense.

Cela signifie également empêcher la contagion dans les opinions sunnites en ne donnant pas le spectacle d’une alliance antisunnite et en appuyant les Etats du Golfe quelles que soient nos réserves légitimes. Le vide du pouvoir y serait aujourd’hui pire que tout. Imaginons, avec les fortunes qui y sont accumulées, ce que serait une Arabie transformée en nouvelle Libye au nom du changement de régime.

Tout cela suppose une coordination des politiques de renseignement et judiciaires. Cela nécessite une diplomatie qui n’a pas pour but de négocier avec l’Etat islamique – qui le souhaiterait ? – mais de créer une légitimité internationale et une action collective. Aujourd’hui, les cinq membres du Conseil de sécurité des Nations unies sont des victimes directes du terrorisme islamiste. Souvenons-nous du 11 Septembre et de Londres, mais aussi de Beslan et de Kunming. Aujourd’hui, plus des deux tiers de l’humanité sont des cibles avérées du terrorisme islamiste, en Inde, en Amérique du Nord, en Asie, en Asie du Sud-Est. Pourtant, où est la stratégie mondiale ? Où est la communauté internationale ? Une résolution aux Nations unies ne suffira pas. Il faut parler à Moscou, mais aussi à Pékin. L’Occident seul n’aura pas les moyens de dire non au terrorisme.

Il faut forcer la main aux Etats de la région pour qu’ils dépassent rancœurs et arrière-pensées et qu’ils organisent un équilibre régional et une architecture de sécurité permanente, comme l’a fait la conférence d’Helsinki en 1975 dans l’Europe de la guerre froide. C’est vrai avant tout pour l’Iran et l’Arabie Saoudite, qui s’affrontent par satellites interposés dans toutes les guerres de la région, en Syrie comme au Yémen. C’est vrai aussi pour la Turquie, rétive à se ranger dans le même camp que les combattants kurdes.

Accepter la guerre, c’est accepter la fuite en avant. Il faut bien tirer les leçons de l’expérience. Le 11 septembre 2001, nous étions tous derrière une Amérique frappée au cœur. L’administration Bush a alors choisi dans les premières heures le mot d’ordre de la guerre au terrorisme parce qu’elle donnait l’illusion de la riposte. Ils se sont ainsi enlisés en Afghanistan puis jetés dans l’aventure de l’Irak en 2003. Ils ont largement affaibli Al-Qaeda, mais au prix de la naissance de Daech, qui unit d’anciens combattants d’Al-Qaeda à d’anciens officiers baasistes, sur fond d’humiliation des populations sunnites d’Irak. Ce n’est pas seulement une page d’histoire, mais aussi un avertissement pour la France. Ayons la force de ne pas commettre les erreurs qui élargiront encore davantage le cercle de l’horreur.

Dominique de Villepin Ancien ministre des Affaires étrangères et ex-Premier ministre

Source : Libération, 25-11-2015

3 réponses à La guerre ne nous rend pas plus forts, elle nous rend vulnérables, par Dominique de Villepin

  1. Afficher/Masquer Alerter

    Bobforrester Le 27 novembre 2015 à 04h25

    Bjr
    Ou il fait l idiot ou il l est
    J opte pour la 1ere hypothèse
    Il ne connaît pas la politique des neocons israeloyankee ?

    Répondre

    +4

  2. Afficher/Masquer Alerter

    JaySWD Le 27 novembre 2015 à 04h30

    Quel De Villepin parle ici?:
    -le Chevaleresque de l’ONU 2003?
    -Ou bien celui copain comme cochon avec les milliards des Quataris??!!

    Répondre

    +2

  3. Afficher/Masquer

    BEYER Michel Le 27 novembre 2015 à 06h12

    Ce qui est important, ce n’est pas que Villepin soit ceci ou cela. Je me moque des motivations cachées ou non. Ce qui est important c’est que tout ce qui peut renforcer le camp de la Paix est à prendre en compte. Je ne me souviens pas des vers d’Aragon: “Fou qui sous la grêle fait le difficile”.
    Ce ne sont peut-être pas les paroles, mais c’est le sens.

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Qu’est-ce que le salafisme ?

Publié le par Felli Bernard

Qu’est-ce que le salafisme ?

Qu’est-ce que le salafisme ?

Salafisme, sunna, hadiths, wahhabisme, vrai islam, faux islam, sunnisme, chiisme : des mots souvent prononcés à tort et à travers.

Gabriel Robin

Juriste

SG du Collectif Culture, Libertés et Création du RBM

Dès après les attentats de Paris, tous les commentateurs se sont improvisés spécialistes de l’islam. Salafisme, sunna, hadiths, wahhabisme, vrai islam, faux islam, sunnisme, chiisme : des mots souvent prononcés à tort et à travers. Aucun journaliste, « expert » ou homme politique n’a su définir pédagogiquement ce que représentent concrètement ces concepts. Il faut dire que la télévision française s’est transformée en cellule d’assistance psychologique alors qu’elle aurait dû, plus que jamais, faire œuvre de transmission des savoirs. Bref, passons.

Au commencement de l’islam était la loi. Plus précisément la loi d’Allah, c’est-à-dire celle de Dieu. Le Coran, livre saint des musulmans, représente le verbe incréé d’Allah transmis au monde sous forme de révélations faites au prophète Mahomet par l’archange Gabriel. Ce verbe incréé se traduit en règles, en interdits, pour faire court en une pratique religieuse. Tous les musulmans partagent le Coran, mais nombreuses sont les divisions quant à la « bonne » pratique, à l’interprétation des hadiths (témoignages oraux de Mahomet) ou à l’authenticité de ces hadiths.

L’islam sunnite nous intéresse au premier chef pour plusieurs raisons : il est le courant musulman majoritaire en France et dans le monde (90 % des pratiquants), les terroristes islamistes se revendiquent du sunnisme. Tous les sunnites partagent les mêmes croyances (Coran et Sunna), mais ils se divisent en quatre madhabs (écoles juridiques) ayant des interprétations juridiques (fiqh) différentes de ces sources communes : le malikisme (majoritaire en France et dans le Maghreb), l’hanbalisme (Arabie saoudite), l’hannafisme (Turquie et Asie) et le chaféisme (Afrique de l’Est). Toutes ces écoles prononcent des fatwas qui désignent, en français, des « avis religieux » ayant force de loi pour les musulmans. Des avis religieux qui dépassent le droit international et peuvent s’appliquer à tous les musulmans, où qu’ils se trouvent dans le monde.

Auquel de ces madhabs appartiennent les salafistes ? Aucun. En effet, ces derniers sont des réformistes. Ils entendent reconstruire l’islam des origines, à la manière des protestants pour le christianisme, et prétendent pouvoir dépasser les fatwas des quatre écoles juridiques susmentionnées. Bien que ne respectant pas les avis d’une école juridique, ils sont sunnites. Au sein du monde sunnite, leur présence suscite de vives oppositions. Par certains aspects, ils sont les héritiers du wahhabisme du XVIIIe siècle. Ces deux groupes veulent créer des théocraties.

Au sein du salafisme, il faut opérer une summa divisio entre les quiétistes, les Frères musulmans et les djihadistes. Les premiers refusent la politique active, les seconds n’y rechignent pas, les troisièmes s’engagent dans le combat armé sans attendre. Tous ont pour point commun de s’affranchir des règles des madhabs, mais tous ne sont pas terroristes. En revanche, tous ont le même projet : restaurer l’islam des origines et convertir le monde entier à leur foi. Ils sont expansionnistes. En ce sens, les djihadistes ne sont que des quiétistes impatients qui respectent la pensée politique de Sayyid Qutb (Frère musulman égyptien et penseur théologico-politique) : internationalisme avec Allah en réponse au socialisme nassériste, révolution, hégémonie culturelle. Notons, d’ailleurs, que la plupart des djihadistes se sont formés chez les salafistes « pacifistes ». La France doit donc refuser de céder du terrain tant à l’islam de combat qu’à l’islam politique. Peu importe les bonnes intentions de façade.

Nota bene : certains salafistes quiétistes prétendent que l’État islamique est kharidjiste. Cela est faux. Si la pratique rigoriste (est mécréant celui qui accomplit un acte de mécréance) les rapproche, le kharidjisme est une vieille école sectaire islamique principalement présente au sultanat d’Oman.

Gabriel Robin

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La France et Israël lancent une nouvelle guerre en Irak et en Syrie

Publié le par Felli Bernard

La France et Israël lancent une nouvelle guerre en Irak et en Syrie

La France et Israël lancent une nouvelle guerre en Irak et en Syrie

par Thierry Meyssan

D’une main, le gouvernement français mobilise tous ses médias pour focaliser sa population sur les attentats du 13 novembre, puis sur la Cop21. De l’autre, il profite de l’inattention générale pour lancer avec Israël une nouvelle guerre en Irak et en Syrie. Son objectif n’est plus de renverser le régime laïque syrien, ni de détruire son armée, mais désormais de créer un État colonial à cheval sur l’Irak et la Syrie, géré par des Kurdes, afin de prendre en tenailles les États arabes. Le rêve d’une puissance israélienne du Nil à l’Euphrate est de retour.

Réseau Voltaire | Skopje (Macédoine) | 23 novembre 2015

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Au G20, Moscou et Washington imposent de couper le financement de Daesh

Le sommet du G20 à Antalya (Turquie) s’est certes préoccupé d’économie, mais surtout de la situation au Proche-Orient. De nombreuses négociations bilatérales ont eu lieu au cours du sommet et nous ignorons les détails de ce qui a été évoqué et conclu durant ces apartés.

Cependant, le président russe, Vladimir Poutine, a dénoncé sans les nommer les États participant à la conférence qui sponsorisent Daesh. Il a montré à ses collègues des photographies satellites des convois de camions-citernes traversant la Turquie pour vendre le pétrole volé par l’organisation terroriste en Irak et en Syrie [1]. Publiquement mis en cause pour ses violations des résolutions du Conseil de sécurité et son financement de Daesh, le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, a accusé le coup. Selon l’opposition turque, Bilal Erdoğan (le fils du président) dirige personnellement ce trafic [2].

Les présidents Poutine et Obama se sont mis d’accord pour détruire les camions-citernes de la famille Erdoğan et mettre ainsi un terme au trafic pétrolier. Le jour même, l’US CentralCommand bombardait pour la première fois depuis un an et demi des camions-citernes en Irak, tandis que l’armée russe en détruisait plus de 500 en Syrie [3].

La Russie et les États-Unis ont contraint la France à se joindre à cette opération. Faisant mine de réagir aux attentats de Paris, le président Hollande annonça sans rougir qu’il donnait ordre à ses armées de bombarder des objectifs de Daesh en Syrie, tandis que le président Poutine donnait publiquement instruction aux armées russes de se coordonner avec la France et de la traiter « comme » un allié [4]. Le président français rencontrera prochainement ses homologues états-unien et russe.

Il semble que des dispositions effectives aient été prises pour isoler les 24 établissements bancaires que Daesh utilise depuis l’Irak pour transférer de l’argent ; des dispositions que le sous-secrétaire d’État US David S. Cohen tentait vainement d’imposer depuis des mois [5].

La France et les « faucons libéraux » organisent une nouvelle guerre

Prenant acte qu’il devrait retirer Daesh de Syrie, le groupe d’États, de multinationales et de personnalités US qui organise la guerre a alors décidé d’en lancer une troisième.

Le « Printemps arabe » (février 2011 à janvier 2013) avait été lancé par le département d’État US. Il s’agissait de renverser les régimes laïques arabes, qu’ils soient alliés ou résistant aux États-Unis, et de les remplacer par des dictatures des Frères musulmans. Après avoir renversé les présidents tunisien et égyptien lors des « révolutions » du Jasmin et du Lotus, la guerre fut déclarée à la Libye et à la Syrie (comme prévu par le Traité de Lancaster House de novembre 2010), mais les puissances coloniales ne parvinrent pas à attaquer l’Algérie (prise d’otages d’In Amenas).
La seconde guerre de Syrie (juillet 2012 à octobre 2015) avait été lancée par la France, les « faucons libéraux » US (Hillary Clinton, Jeffrey Feltman, David Petraeus, etc.) et Israël, financée par un groupe d’États (Turquie, Qatar, Arabie saoudite, etc.) et de multinationales (Exxon-Mobil, KKR, Academi, etc.). Il ne s’agissait plus tant de changer le régime, que de « faire saigner » le pays et de détruire son armée (plus de 100 000 soldats syriens sont déjà morts en luttant contre le terrorisme). Elle a pris fin avec l’intervention militaire de la Russie.
La troisième guerre de Syrie (depuis le 20 novembre 2015) est initiée par certains membres du même groupe, cette fois en vue de créer un nouvel État au Nord de la Syrie et de l’Irak, de manière à prendre en tenaille les peuples arabes résistant à l’expansionnisme israélien [6].

Les organisateurs de la guerre ayant pris conscience qu’il ne leur sera plus possible de continuer d’agir contre la Syrie sont convenus de reprendre et de continuer le programme qui a déjà conduit à la création du Soudan du Sud, en 2012. Ce projet correspond au plan d’Alain Juppé (mars 2011) et à celui publié par Robin Wright (septembre 2013) qui prévoyaient qu’après avoir utilisé Daesh pour créer un Sunnistan, il conviendrait de créer un Kurdistan [7].

Il ne s’agit plus ni d’une guerre prétendument idéologique (Printemps arabe), ni prétendument religieuse (Seconde Guerre de Syrie), mais prétendument ethnique.

Les opérations secrètes sur le terrain

Pour ce faire, ils sont parvenus à retourner le parti kurde syrien marxiste-léniniste YPG (désormais dénommé « Forces démocratiques de Syrie ») et à l’allier au clan Barzani d’Irak. Certes, les deux groupes sont kurdes, mais ne parlent pas la même langue, ils se sont entretués durant toute la Guerre froide, et se réclament d’idéologies diamétralement opposées [8].

Rappelons au passage que, désormais, le Gouvernement régional kurde d’Irak est une dictature. Son président Massoud Barzani, un agent du Mossad installé par le Royaume-Uni et les États-Unis, s’accroche au pouvoir depuis la fin de son mandat, en juin 2013 [9].

Ils ont poussé les « Forces démocratiques » (sic) à kurdiser de force les populations non-Kurdes du Nord de la Syrie (octobre 2015), provoquant le soulèvement des arabes et des chrétiens assyriens et la colère de Damas, mais aucune réaction internationale [10]. Il n’y en avait d’ailleurs pas eu lors de l’annexion des champs pétroliers de Kirkouk par le Gouvernement régional kurde d’Irak (été 2014), l’opinion publique internationale n’ayant d’yeux que pour le nettoyage ethnique pratiqué par Daesh. À l’époque, non seulement les grandes puissances n’avaient pas condamné la guerre de conquête du Gouvernement régional kurde d’Irak, mais avaient proposé de lui fournir directement des armes, sans passer par le Gouvernement central de Bagdad, prétendument pour lutter contre Daesh.

Les parties au conflit n’annonceront pas faire la guerre pour créer un État colonial israélien et prendre les États arabes résistants en tenaille, mais dès que cela sera nécessaire déclareront lutter pour un Kurdistan indépendant ; une position grotesque puisque le territoire concerné n’a jamais appartenu au Kurdistan historique et que les Kurdes y sont largement minoritaires (moins de 30 % de la population).

Le 5 novembre, la France annonçait l’envoi du porte-avions Charles-De-Gaulle sur zone, prétendument pour lutter contre Daesh, en réalité pour se positionner en vue de la 3ème guerre de Syrie [11]. Le bâtiment a quitté Toulon, son port d’attache, le 18 novembre.

Du 13 au 15 novembre, le Gouvernement régional du Kurdistan d’Irak, appuyé par les « Forces démocratiques de Syrie » ont repoussé Daesh du Mont Sinjar (Irak). En réalité, les soldats de Daesh s’étaient retirés ne laissant que 300 hommes face à une coalition de plusieurs dizaines de milliers de soldats. La zone libérée n’a pas été restituée au Gouvernement irakien, mais annexée par le Gouvernement régional kurde d’Irak.

Bien qu’elle fasse mine de ne pas soutenir cette opération et de la condamner, la Turquie l’a approuvée lors du Traité secret Juppé-Davoutoglu de 2011. Si le pseudo-Kurdistan était créé, elle ne manquerait pas d’y repousser les militants du PKK.

La résolution 2249 autorise de facto la nouvelle guerre

Le 20 novembre, la Russie tentait de faire passer une nouvelle fois la proposition de résolution qu’elle avait rédigée pour la séance du 30 septembre et qu’elle avait été contrainte de retirer [12]. Tout au plus modifiait-elle son texte en incluant des références aux attentats de Souse, du Sinaï, d’Ankara, de Beyrouth et de Paris, ainsi qu’en mentionnant l’article 51 de la Charte (droit à la légitime défense). Une seconde fois, elle devait renoncer à son texte et laisser passer une proposition française légalisant toute intervention militaire contre Daesh en Syrie et en Irak, ce que le Conseil approuvait à l’unanimité (résolution 2249) [13]. Bien qu’elle puisse être interprétée de plusieurs manières, la résolution piétine de facto la souveraineté nationale de l’Irak et de la Syrie. Elle autorise les grandes puissances à s’y ingérer pourvu qu’elles prétendent lutter contre Daesh [14]. Il s’agit évidemment de libérer le Nord de la Syrie de Daesh, non pas pour le restituer à la Syrie, mais pour y proclamer un État indépendant sous autorité kurde.

La Russie ne s’est pas opposée à cette résolution et l’a votée. Il semble qu’elle souhaite pour le moment profiter du plan franco-israélien pour repousser Daesh hors de Syrie sans pour autant accepter le principe d’un pseudo-Kurdistan. La création d’un tel État n’a aucune légitimité en droit international (les Kurdes de Syrie ne sont pas opprimés, mais jouissent des mêmes droits que les autres citoyens). Elle rouvre la question des droits des minorités déjà posée par la création du Kosovo par l’Otan. Elle autorise de facto tout groupe ethnique, quelle que soit sa situation politique, à revendiquer un État indépendant, ce qui implique par voie de conséquence la possible dissolution de la plupart des États au monde —y compris la France— et le triomphe de la « globalisation ».

À retenir :
Le Kremlin et la Maison-Blanche se sont entendus pour couper les financements de Daesh. Ils ont bombardé en Irak et en Syrie les camions-citernes de la société de Bilal Erdoğan et isolé les banques de Daesh.
Après l’annexion des champs pétroliers de Kirkouk en juin 2014, Israël et la France sont parvenus à poursuivre l’extension du territoire du Gouvernement régional kurde d’Irak (annexion des Monts Sinjar) et à lancer la conquête du territoire non-Kurde du Nord de la Syrie par le YPG désormais dénommé « Forces démocratiques de Syrie ». Ils entendent à terme faire fusionner les deux entités et proclamer l’indépendance d’un État prétendument kurde.
La création d’un pseudo-Kurdistan dans des territoires non-Kurdes n’a aucune légalité en droit international. Elle vise uniquement, avec celle du Sud Soudan, à prendre en tenaille les principaux États arabes (Égypte, Syrie et Irak) pour réaliser le rêve d’une puissance israélienne du Nil à l’Euphrate.

Thierry Meyssan

[1] “President Putin Responses to journalists’ questions following the G20 summit”, Kremlin, November 16, 2015.

[2] « Le rôle de la famille Erdoğan au sein de Daesh », Réseau Voltaire, 26 juillet 2015.

[3] « L’armée américaine a détruit 116 camions-citernes de l’EI », Robert Burns, Associated Press, 16 novembre 2015.

[4] « Syrie : Poutine ordonne d’établir un contact direct avec la France et de la traiter comme un allié », Russia Today, 17 novembre 2015.

[5] “Why Is Money Still Flowing to ISIS ?”, The Editorial Board, The New York Times Sunday Review, October 10, 2015.

[6] « Comment Israël veut relancer la guerre au Levant », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 11 mai 2015.

[7] “Imagining a Remapped Middle East”, Robin Wright, The New York Times Sunday Review, September 29, 2013.

[8] « Le Kurdistan et le Califat », « Le "Kurdistan", version israélienne », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie), Réseau Voltaire, 7 et 13 juillet 2014.

[9] « Les Kurdes d’Irak s’opposent à la reconduction de leur président », Réseau Voltaire, 20 août 2015.

[10] « Les États-Unis et Israël débutent la colonisation du Nord de la Syrie », Réseau Voltaire, 1er novembre 2015.

[11] « Le porte-avions « Charles-De-Gaulle » déployé contre le groupe État islamique », Le Monde avec AFP, 5 novembre 2015.

[12] “Russian draft resolution on Counterterrorism”, Voltaire Network, 1 October 2015.

[13] “Resolution 2249 on combating ISIS”, Voltaire Network, 20 November 2015.

[14] « Le Conseil de sécurité adopte une résolution appelant à la lutte contre Daech », Centre de Nouvelles de l’Onu, 20 novembre 2015.

En 1956, le likoudnik David Ben Gourion et le socialiste Guy Mollet se rencontraient secrètement à Sèvres pour conclure une alliance et s’emparer du Canal de Suez. Aujourd’hui leurs successeurs, le likoudnik Benjamin Netanyahu et le socialiste François Hollande, ont conclu un pacte pour s’emparer du Nord de l’Irak et de la Syrie. Jadis, les puissances coloniales pratiquaient la « politique de la canonnière », aujourd’hui, elles préfèrent utiliser le terrorisme.

En 1956, le likoudnik David Ben Gourion et le socialiste Guy Mollet se rencontraient secrètement à Sèvres pour conclure une alliance et s’emparer du Canal de Suez. Aujourd’hui leurs successeurs, le likoudnik Benjamin Netanyahu et le socialiste François Hollande, ont conclu un pacte pour s’emparer du Nord de l’Irak et de la Syrie. Jadis, les puissances coloniales pratiquaient la « politique de la canonnière », aujourd’hui, elles préfèrent utiliser le terrorisme.

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À quel jeu joue Israël avec l’État islamique ?

Publié le par Felli Bernard

À quel jeu joue Israël avec l’État islamique ?

Les spéculations sur une collusion secrète entre Israël et l’État islamique fleurissent sur Internet.

Selon une dépêche rapportée par le Times of Israel, datée du lundi 16 novembre et qui cite le ministre de la Défense de l’État hébreu Moshe Ya’alon, Israël n’est pas menacé de manière significative par les terroristes de l’État islamique. En revanche, l’implication de l’Iran dans le conflit syrien serait [aux yeux du ministre] beaucoup plus préoccupante.

Quelques jours après l’attentat contre un avion de ligne russe au-dessus du Sinaï, cette déclaration est assez surprenante. Encore plus surprenante depuis la publication, au lendemain des attentats de Paris, d’une vidéo dans laquelle un combattant armé se revendiquant de l’État islamique aurait déclaré en hébreu que « pas un seul juif ne restera à Jérusalem ».

Maintenant que Manuel Valls nous informe d’une possible menace à l’arme chimique et que, dans la foulée, plusieurs experts sortent du bois pour nous expliquer que Daech a déjà utilisé du gaz moutarde et qu’il travaille d’arrache-pied à la fabrication de gaz sarin, il semble très troublant que Tsahal puisse rester l’arme au pied. Troublant parce qu’Israël n’a jamais hésité à frapper un ennemi potentiel à titre préventif, en 1966 (guerre des Six Jours), en 1981 (réacteur d’Osirak), au Liban à plusieurs reprises (contre le FPLP puis le Hezbollah). Dans le même ordre d’idées, on peut mentionner l’invasion de l’Irak en 2003 – qui fut le résultat d’un forcing intense de la part du lobby israélien à Washington – et enfin qu’il aura fallu le bras ferme d’Obama pour empêcher Netanyahou de bombarder l’Iran.

Nul besoin d’être un géopoliticien averti pour noter que Daech combat à la fois Bachar el-Assad et le Hezbollah sur le front syrien et l’Iran sur le front irakien, ni plus ni moins que les pires ennemis d’Israël, alors que la Jordanie, en paix avec l’État hébreu, est totalement épargnée. On notera aussi – ça, les Français le savent moins – que Daech combat aussi les Palestiniens avec une rare férocité, un conflit illustré par les massacres perpétrés dans le camp palestinien de Yarmouk en avril 2015. Dernier petit détail : en janvier 2015, tandis que l’attentat contre Charlie Hebdo était revendiqué par Al-Qaïda dans la péninsule Arabique (AQPA), étrangement l’État islamique s’empressa de nier toute responsabilité dans l’attentat contre la supérette Hyper Cacher.

Alors, à quel jeu joue Israël avec l’État islamique ?

Ce n’est pas nouveau : les spéculations sur une collusion secrète entre Israël et l’État islamique fleurissent sur Internet. En juillet 2014, Edward Snowden avait révélé l’existence d’un plan secret au nom bucolique de « nid de frelons » réunissant les services secrets britanniques, américains et le Mossad. Ce plan visait à créer, au cœur du Proche-Orient, un État capable de catalyser l’ensemble des organisations terroristes de la région, un État dirigé par un homme de paille et contre laquelle l’Iran et la Syrie viendraient se casser les dents. Cet homme de paille serait donc Abu Bakr Al Baghdadi – le calife – qui, curieusement, avait fait un séjour dans la prison irakienne sous administration américaine de Camp Bucca. Notez bien qu’à ce jour, il n’y a pas moyen de savoir avec certitude s’il en est sorti en 2004, comme l’affirment les « démocrates », ou en 2009, comme l’affirment les « conservateurs ».

À tout le moins, si Snowden n’a jamais été capable de produire des preuves irréfutables de ses allégations, il est certain que la passivité d’Israël ne nous aide pas à nous convaincre du contraire.

Christophe Servan

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OPERATION « CHÂTIMENT »

Publié le par Felli Bernard

OPERATION « CHÂTIMENT »

Au lendemain des actions terroristes menées à Paris et immédiatement après que le chef du FSB ait présenté son rapport à Vladimir Poutine concernant l’attentat terroriste ayant conduit à la destruction de l’Airbus A 321 au-dessus du Sinaï, les forces armées de la Fédération de Russie étaient chargées de conduire l’opération « Châtiment ».

La référence à l’œuvre de Dostoïevsky « Crime et Châtiment » est claire. C’est une référence biblique. La sainte Russie va châtier les criminels comme elle châtia les Allemands.

Il ne reste plus qu’à agir sur le terrain et, dores et déjà, la proposition de la constitution d’un tribunal de Nuremberg 2 est sur la table.

Les forces navales et aériennes voient leur mission entrer dans une nouvelle phase. Les vidéos du Ministère de la Défense témoignent d’un déploiement sans précédent. Le recours à tous les modèles de missiles, de bombes qui constituent l’armement conventionnel de la Marine et de l’Aviation ainsi que de la défense spatiale est acté.

Les services de renseignement sont sur le pied de guerre.

La longue traque aux terroristes –où qu’ils se terrent- a commencé.

Il n’y aura pas de marche arrière. La roue dentelée à cliquet ne tourne que dans un sens.

La machine de guerre russe va fonctionner jusqu’à la victoire.

Et l’on peut lui faire confiance.

Lui faire confiance comme on fit confiance à l’Armée Rouge pour assurer l’écrasement de l’Allemagne nazie et de ses alliés, non sans le concours d’autres puissances, concours qui a été maintes fois sollicité ces derniers temps par le leader russe.

Bien entendu, la Russie ne l’emportera pas toute seule mais, dores et déjà, elle s’est impliquée en Syrie sans commune mesure avec ce qu’à fait jusqu’à maintenant la « coalition ».

L’aviation comme la flotte ont surpris ceux qui se moquent du retard des forces armées à l’étoile rouge.

La Russie utilise le matériel hérité de l’Union Soviétique, relativement ancien, modernisé, mais redoutablement efficace.

Elle redouble ses cadences de production et les essais des derniers types d’armements se poursuivent à marches forcées.

Il faut savoir que ce pays, face à l’adversité, à l’isolement, voir à l’encerclement que l’on cherche à lui imposer a la faculté de rebondir.

Pour ce faire, il n’hésitera pas à utiliser toutes sesressources, humaines, économiques, géographiques et climatiques comme autant d’atouts pour gagner.

L’attitude du dirigeant russe lors des rapports de ses maréchaux, amiraux et généraux ne peut que frapper par la concision de la parole et la concentration du geste.

Poutine est bel et bien le chef des Armées et elles lui obéissent avec le doigt sur la couture du pantalon.

Ce pays est invincible. Le châtiment de ses ennemis inéluctable.

Si les dirigeants occidentaux et arabes en doutaient encore, les interventions récentes et les préparatifs actuels doivent les faire réfléchir.

L’allié russe est incontournable.

Libérée de l’image de l’homme au couteau entre les dents, la Russie conforte celle d’un pays libre arqué sur les valeurs incontestables de notre civilisation.

Ainsi, la lutte finale à laquelle elle appelle le reste du monde contre le plus grand danger du XXIème siècle sera consacrée quand résonneront les hymnes nationaux de tous les pays et flotteront leurs bannières.

Quand la troisième guerre mondiale ne sera plus qu’un très mauvais souvenir.

Pierre Le Normand

http://ombre43.over-blog.com

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Premier bilan militaire et géopolitique de l’intervention russe en Syrie

Publié le par Felli Bernard

: Un croiseur russe équipé de missiles  Photo :  AFP/Vasiliy BATANOV
: Un croiseur russe équipé de missiles Photo : AFP/Vasiliy BATANOV

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Premier bilan militaire et géopolitique de l’intervention russe en Syrie

20 novembre 2015 | Polémia

Général (2S) Jean-Bernard Pinatel, Fondateur du Groupe Permanent d’Évaluations de Situations (GPES), puis directeur du Service d’Information et de Relations Publiques des Armées (SIRPA, devenu DICOD) et, après une reconversion dans l’industrie où il a occupé des postes de direction générale, il est actuellement consultant en géostratégie de l’innovation et des risques pour les directions de recherche et de développement.

♦ L’intervention de la Russie en Syrie est l’expression d’une stratégie cohérente qui s’appuie sur des composantes historiques, culturelles, religieuses et civilisationnelles. Elle a été rendue acceptable aux yeux de l’opinion internationale par l’émotion suscitée par la barbarie des exécutions perpétrées par Daesh et la destruction du patrimoine historique de Palmyre.

Elle vient à point nommé pour pallier l’inefficacité de la stratégie américaine qui n’a pas réussi à stopper la progression de Daech en Irak et en Syrie malgré 15 mois de frappes aériennes.

Vladimir Poutine a compris ce que François Hollande a été incapable de percevoir : si Damas devenait capitale islamique aux mains de l’Armée de la conquête (Al Nosra et consorts) ou de l’Etat Islamique, ou des deux, « l’islamisme aurait prouvé sa force. Et alors, rien ne pourrait arrêter la vague d’enthousiasme populaire mondiale qui s’ensuivra et aucune armée ne sera lancée à l’assaut de cette ville de deux millions d’habitants. Le monde basculera comme il a basculé symboliquement à la chute du Mur de Berlin » (1).

1/ Premier bilan militaire.

En un mois et demi les forces syriennes appuyées par les frappes russes ont repris presque complétement le contrôle de l’axe stratégique Damas – Hama -Alep et dégagé l’aéroport international situé à l’Est d’Alep. Cette offensive a été menée essentiellement contre les forces d’Al Nostra (Al Qaida) qui contrôlaient la région entre Alep et Lataquié après avoir pratiquement éliminé les rebelles dit modérés depuis 2014.

(Pour une meilleure lecture, cliquer sur l’image).

Cette efficacité tient à plusieurs facteurs

  • 1) l’armée d’Assad qui cédait du terrain a été remobilisée et renforcée par des détachements du Hezbollah et des forces spéciales iraniennes et rééquipée de matériel moderne russe;
  • 2) les Russes ont déployé toute une panoplie de moyens aériens, terrestres et navals à l’efficacité complémentaire (2). Situés à proximité immédiate du théâtre d’opération, les appareils russes peuvent effectuer plusieurs sorties par jour;
  • 3) Les Russes auraient également mis en place en Syrie tout un dispositif de contre-mesures électronique et de brouillage qui rend aveugle et les djihadistes et les forces américaines (3).

Aviation russe en Syrie (Pour une meilleure lecture, cliquer sur l’image)

2/. Facteurs géopolitiques sous-jacents à l’intervention Russe.

Rappel historique

La Russie au début du XXe jouxte l’empire Ottoman, la Perse et l’Afghanistan (carte ci-dessous).

(Pour une meilleure lecture, cliquer sur l’image)

L’influence Russe en Perse est reconnue par la signature de la convention anglo-russe du 31 août 1907. Elle divise l’Iran en 2 zones d’influence: les provinces du Nord deviennent une zone d’influence russe, celles du Sud une zone d’influence britannique, la région de Téhéran étant déclarée « neutre ».

Vladimir Poutine dès son accession au pouvoir a renforcé les liens avec l’Iran (4), ce qui s’est traduit en 2015 par une reprise de la coopération en matière de systèmes de Défense. Avec les autres pays riverains un accord de septembre 2014 (5) met fin à plusieurs différends sur le partage des ressources.

Au Moyen-Orient, durant la guerre froide, L’Union soviétique a soutenu les mouvements de libération. Cette coopération avec des partis politiques non-marxistes s’est concrétisée par l’appui au parti nassérien : l’Egypte de Nasser devient l’un des principaux alliés de Moscou jusqu’au revirement de Sadate en 1972. Avec la Syrie les relations ont été ouvertes à la même époque (1955) et se sont traduites par un échange d’ambassadeurs et la signature d’accords commerciaux. L’URSS n’est devenue un véritable allié de la Syrie qu’après l’attentat de Munich (1972). C’est à cette époque que Damas a concédé à l’URSS la base maritime de Tartous.

Aspects culturels, religieux et « civilisationnel »

Depuis le XIXe siècle, il existe dans les élites russes un courant de pensée orientaliste dont la concrétisation théorique la plus influente est l’eurasisme. Le premier mouvement eurasiste avait été fondé dans les années 1920 par des intellectuels russes de l’émigration (6). Pour ces intellectuels l’identité russe est née d’une fusion originale entre les éléments slave et turco-musulman. La Russie constitue un « troisième continent » situé entre l’Occident dénoncé comme matérialiste et décadent et l’Asie.

Après la chute de l’URSS et durant le chaos des années 90, Alexandre Guelievitch Douguine reprend ces idées et les intègre dans la théorie géopolitique de Mackinder qui oppose dans la lutte pour la suprématie mondiale « l’île mondiale » (l’Amérique) et « terre mondiale » (l’Eurasie). La civilisation anglo-saxonne, protestante, individualiste et dirigée par le profit et la finance, serait irréductiblement opposée à la civilisation continentale, russe-eurasienne, orthodoxe et musulmane, plus solidaire et dans laquelle les secteurs stratégiques seraient détenus par l’Etat. Le but déclaré du mouvement néo-eurasiste est de constituer un grand bloc continental eurasien pour lutter à armes égales contre la puissance maritime « atlantiste » qui entraîne le monde vers le chaos.

Ce courant de pensée intègre les musulmans dans une vision civilisationnelle commune et, à la différence de l’Occident, ne confond pas islam et islamisme.

La lutte contre le salafisme en Syrie est ainsi pour les Russes une guerre civilisationnelle alors que les salafistes sont pour les américains qu’un ennemi de plus qu’il faut contenir plutôt que détruire (7), mis presqu’au même rang que la Russie, dans le cadre de leur stratégie de domination mondiale.

3/. Vers une sortie de crise en Syrie : les atouts de la diplomatie Russe au Moyen-Orient.

La Russie, après une éclipse de 25 ans qui a suivi la chute de l’URSS, revient ainsi au centre du jeu diplomatique au Moyen-Orient et tient dans ses mains les clés d’un règlement négocié alors que la France, par la politique à courte vue de François Hollande (8) et de Laurent Fabius, s’en est exclu durablement.

La Russie est le seul pays qui peut parler à tous les pays musulmans quels que soient leur obédience, sunnite ou chiite.

Elle dispose d’une élite ainsi que de cadres diplomates et militaires parlant l’arabe dont Evgueni Primakov, décédé 25 juin 2015 à Moscou, était le représentant le plus éminent. Celui que l’on dénommait le « Laurence russe », avant sa carrière politique qui a débuté avec la fin de l’URSS, avait acquis une connaissance approfondie du Moyen-Orient (9) grâce à 35 ans de présence et d’études comme journaliste sur place puis comme universitaire.

Vladimir Poutine, grâce à ces diplomates, a réussi la performance, en octobre 2003, d’être le premier chef d’un État à majorité non musulmane à prendre la parole au sommet de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), qui regroupe cinquante-sept États musulmans. Faisant valoir que les 8 républiques autonomes (10) portent le nom de peuples musulmans, il a obtenu pour la Russie le statut de membre observateur de cette organisation internationale, appuyé dans cette demande par l’Arabie Saoudite, dépositaire des lieux saints et par l’Iran chiite.

La Russie a donc les mains libres en Syrie car la campagne des primaires pour les élections présidentielles de 2016 bat son plein aux Etats-Unis et se focalise comme d’habitude sur les questions de politique de sécurité intérieure, d’économie et de social.

Obama, poussé par le camp démocrate, fera tout pour finir son mandat avec un succès contre Daesh sans toutefois prendre le risque qu’un seul soldat américain soit fait prisonnier par l’EI. Il est donc obligé de laisser faire Poutine en espérant au final partager avec lui les marrons que le leader russe aura retiré du feu islamiste.

Général (2S) Jean-Bernard PINATEL
14/11/2015

Source : Analyse, Syrie

Notes :

(1) Général Jean-Claude Allard : Quatre remarques sur la stratégie française contre l’État Islamique

(2) A ce jour, différentes sources ouvertes font état : 1) d’un groupement naval avec deux croiseurs intervenant depuis la Méditerranée et une flottille de quatre navires opérant depuis la Caspienne qui ont frappé avec des missiles de croisière des cibles à Rakka, Idlib et Alep. 2) d’une trentaine d’avions de combats guidés au sol par des forces spéciales russes qui ont réalisé au 11/11 plus de 2000 frappes. 3) De 5 000 militaires, essentiellement issus de la 810ème brigade d’infanterie de marine de la Mer Noire, qui assurent la sécurité des infrastructures militaires russes à Tartous et Lattaquié, apportent un soutien logistique aux troupes du gouvernement central, tandis qu’un bataillon de chars (3 compagnies de 10 chars) et une vingtaine d’hélicoptères MI24 appuyent au plus près les forces syriennes.

(3) Les moyens de guerre électronique terrestres, navals et aériens que la Russie a déployés permettent de surveiller l’intégralité du spectre électromagnétique pour localiser les émetteurs de l’ennemi et les brouiller. La guerre électronique s’étend aujourd’hui au brouillage des communications, des radars et des surveillances électro-optiques. Les équipements modernes générateurs de contre-mesures, y compris dans le spectre visible, infrarouge ou laser, utilisent des moyens de surveillance électro-optiques aériens et spatiaux (IMINT) pour contrecarrer les Russes dans l’anéantissement de l’EI. Pour protéger le dispositif contre les moyens de recherche de l’OTAN, les Russes ont déployé en Syrie, plusieurs Krasukha-4. Les avions russe Su-24, Su-25, Su-34 sont équipés de conteneur de brouillage SAP-518/ SPS-171, et les hélicoptères Mi-8AMTSh avec des Richag-AV. A cela s’ajoute le navire Priazovye (de classe Vishnya), appartenant à la flotte russe de la mer Noire, qui a été déployé en mer Méditerranée, près de la côte syrienne. Ce navire est spécialisé dans le brouillage et la collecte des informations de type SIGINT et COMINT (interception de tous les réseaux de communications). Source : L’arme ultrasecrète qui permet à Poutine d’assoir sa suprématie dans la guerre radio électronique en Syrie ?

(4) En avril 2015, le président russe Vladimir Poutine a signé un décret permettant de reprendre les livraisons de systèmes missiles antiaériens S-300 en République islamique.

(5) Ce quatrième sommet de la Caspienne a rassemblé la Russie, l’Iran, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan et le Turkménistan. Ces pays ont trouvé un accord sur les questions de « « sécurité et de stabilité dans la région ».

(6) Tournant vers l’Orient, Petr Savitski, 1921

(7) Il n’est pas impossible qu’un Daesh affaibli serve mieux les intérêts stratégiques américains qu’un Daesh détruit complétement.

(8) Il s’est ridiculisé auprès de Poutine avec l’affaire des Mistrals. Les Russes méprisent les lâches et les vassaux. Il a été incapable de comprendre que sans troupes au sol, les frappes aériennes ne permettraient pas de vaincre Daesh. Il n’a pas pris la mesure du risque que si l’EI s’emparait de Damas, l’évènement soulèverait les foules arabes et ferait basculer des millions de musulmans dans le Djihad. Il n’a rien compris à la nature de la crise syrienne et aux risques en retour que sa politique faisait courir aux Français.

(9) 1956 à 1970, il a été journaliste pour la radio soviétique et correspondant au Moyen-Orient pour la Pravda. De 1970 à 1977, il est directeur adjoint de l’Institut d’économie et de relations internationales de l’Académie des sciences. Parlant couramment l’arabe, il est directeur de l’Institut d’études orientales de l’Académie des sciences de 1977 à 1985. Durant cette période, il a dirigé la rédaction de nombreuses thèses universitaires, dont celle de Mahmoud Abbas (Président de l’Autorité palestinienne depuis 2005). De 1985 à 1989, il retourne à l’Institut d’économie et de relations internationales en tant que directeur.

(10) Outre la Tchétchénie, ce sont l’Ingouchie, le Daghestan, les Adyghés, la Kabardino-Balkarie, la Karatchaevo-Tcherkessie, le Bachkortostan et le Tatarstan. Les plus importantes et les plus peuplées sont le Tatarstan et le Bachkortostan. Plus de la moitié des Tatars vivent à l’extérieur du Tatarstan ; à elle seule, la région de Moscou compterait un peu plus de musulmans que le Bachkortostan.

Correspondance Polémia – 20/11/2015

Image : Un croiseur russe équipé de missiles Photo : AFP/Vasiliy BATANOV

Pour voir les cartes , et photos :

Cliquez sur le lien :http://www.polemia.com/premier-bilan-militaire-et-geopolitique-de-lintervention-russe-en-syrie/?utm_source=La+Lettre+de+Pol%C3%A9mia&utm_campaign=6d1587ac5e-lettre_de_polemia&utm_medium=email&utm_term=0_e536e3990e-6d1587ac5e-75085173

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LA LIBERTE EST PASSEE A L’EST

Publié le par Felli Bernard

CONFUCIUS
CONFUCIUS

LA LIBERTE EST PASSEE A L’EST

A l’Ouest, rien de nouveau.

Si.

Le Monde Libre a changé de camp, avec armes et bagages, il est parti s’installer à l’Est.

Dans le même temps, les dissidents prolifèrent dans le monde occidental, même si tout est mis en œuvre pour les réduire au silence.

Le plus célèbre d’entre eux était russe. Il s’appelait Soljenitsyne.

Il découvrit que le pays qui l’accueillait était une imposture et il rentra chez lui.

Entre temps, ses anciens censeurs lui avaient rendu le plus grand des services : franchir le rideau de fer pour voir ce qui se tramait de l’autre côté.

Un grand esprit ne peut être dupe longtemps.

Sa réflexion sur les révolutions et leurs effets – les premières étant sacralisées et les seconds faisant l’objet d’une omerta généralisée- en fit un nouveau dissident bi-polaire, Est-Ouest.

En se faisant la Mémoire de l’histoire des peuples, l’écrivain-philosophe disait tout haut ce que l’on pensait dans les ranchs, dans les chaumières et dans les isbas : vivre ensemble, c’est témoigner d’une infinie tolérance, d’un immense respect pour son voisin avec lequel on n’est pas souvent d’accord et cela ne mérite nullement que l’on s’assassine mutuellement.

Interdit de parole chez lui, il devenait peu recommandable chez nous.

Il partage ce curieux ostracisme avec d’autres compatriotes comme Andréi Makine en littérature ou des peintres et artistes.

Sauf qu’aujourd’hui, ce qu’ils représentent peut non seulement être dit librement à l’Est, mais inspire le renouveau de la pensée humaniste des dirigeants russes.

Le siècle des Lumières les fascina. 1789 et1793 les inspira. La philosophie allemande les séduisit.

La philosophie slave l’emporta.

Il aura fallu quelques décennies pour que ces bouleversements interviennent et que quelque part au fin fond de la Sibérie, une synthèse rende à la dialectique ce qui lui est dû et à la logique formelle ce qui lui revient ; pour que le matérialisme et l’idéalisme ne se comportent plus en irréductibles, pour que la métaphysique et la science cohabitent.

Il aura fallu quelques décennies pour que les connaissances humaines soient perçues non comme des champs de bataille aux perpétuels affrontements, mais comme un patrimoine, un background, une Mémoire vitaux pour l’équilibre de l’individu lui permettant d’être cet homme libre sur lequel on a tant glosé.

Le marxisme-léninisme voulait créer un homme nouveau. Il a fait l’homme libre en se retirant de la domination politique.

Le libéralisme prétendait défendre l’homme libre. Il a créé l’homme aliéné en perpétuant sa domination politique.

Le vide intellectuel et spirituel du monde occidental devenu ultra-matérialiste et totalitaire- car le totalitarisme est son dernier recours, se traduit par une mondialisation dirigée par une caste sans drapeau officiel, sans structure étatique, inutile puisqu’elle supervise les Etats-Nations en les faisant adhérer de gré ou de force à des Unions dont l’européenne est une première mouture.

La mondialisation sera unipolaire ou ne sera pas car, paradoxalement, elle ne peut être viable que s’il existe un commandement unique avec ses décideurs cooptés.

Elle ruine les mouvements associatifs quand ils ne sont pas à sa botte. Elle ruine les réseaux quand ils entrent en dissidence. Elle ruine le national partout où il tente de survivre ou de s’affirmer.

A cette immense centrifugeuse ne peut s’opposer que des mouvements centripètes incarnant un monde multipolaire.

Ces mouvements sont forts : ils sont incarnés par des Etats, par des Religions, par des Cultures, par des Economies, par des Forces de sécurité et des Armées engagés dans ce qui n’est plus une croisade, mais une reconstruction de la civilisation à tous les niveaux.

Quand d’aucuns manipulent l’écologie, le sexe, le genre, la foi, la pensée et la réflexion, l’urgence était de faire table rase des clivages et dogmatismes, des guerres de religion et autres insanités pour préserver non seulement la planète, mais l’humanité qui y a sa résidence principale.

Cela implique une guerre jusqu’à la victoire contre ceux qui profitent du vide laissé par certains pour s’engouffrer dans la mégalomanie tendant à imposer une nouvelle civilisation, une nouvelle idéologie d’une nocivité sans précédent dans l’histoire car reposant sur une barbarie sans limites.

Certes, l’on objectera que ce n’est pas la première fois, que les Allemands ont forgé un système qui éliminait ou transformait en esclaves des peuples désignés pour le devenir.

Mais ces Allemands là appartenaient à notre civilisation, avaient nos références culturelles et furent vaincus en bon ordre de bataille.

L’adversaire aujourd’hui est devenu un partisan, il a ses caches non dans les forêts ou au cœur des cités et campagnes, mais dans des zones de non-droit, peuplés d’hommes, de femmes et d’enfants parmi lesquels il distille l’espérance du règne, de la puissance et de la gloire.

Il manipule la misère, l’incurie des dirigeants et responsables qui les ont conviés au grand banquet républicain où Marianne exhibe ses seins lourds quand ses femmes sont couvertes de la tête aux pieds.

Il a, lui, l’adversaire, un projet de société, une morale et une foi dont il affirme se réclamer quand nous avons amené notre pavillon tricolore et ne le ressortons que pour le mettre en berne.

Il a une haine pour l’Amérique, pour la France, pour la Russie, pour tous ces Blancs ou métèques qui ont un passeport et trouve finalement très confortable de jouir des avantages qui lui sont conférés.

Il nous prend à notre propre jeu d’autant plus facilement que tout a été fait, financièrement, militairement et politiquement, pour lui assurer des jours heureux.

Il est le scorpion que les apprentis sorciers tentent de saisir en évitant la piqûre mortelle.

Il est l’ennemi numéro 1 de la Liberté, celle qui est étouffé à l’Ouest et affirmée à l’Est.

« En écoutant cet homme d’Etat qui cherche à embrasser l’avenir du monde et qui parle sans détour, je comprends que nous assistons aujourd’hui à une formidable inversion historique : jusqu’à la chute du Mur, la Russie représentait le bloc soviétique, le bloc soumis et l’OTAN le monde libre. Désormais, la Russie libérée de toute idéologie révolutionnaire, assiste en pays libre à l’instrumentalisation de l’OTAN pour asservir le monde à l’Amérique ainsi qu’à son modèle de société. Le monde libre, indépendant, ne serait-il pas désormais à l’Est, le monde asservi-sous domination américaine- à l’Ouest ? » écrit Philippe De Villiers évoquant sa rencontre avec Vladmir Poutine, ajoutant :

« Si l’Europe et les nations européennes veulent sortir de la récession, voire d’une disparition pure et simple- puisqu’on nie aujourd’hui les valeurs chrétiennes qui ont forgé leur identité-, elles doivent se tourner vers le monde orthodoxe qui résiste envers et contre tous à une forme de décadence occidentale reposant sur l’individualisme absolu, le nihilisme transgressif et le consumérisme globalisé ».

La boucle est bouclée.

L’alliance sacrée à laquelle appelle la Russie aujourd’hui n’est pas négociable : elle est impérieuse.

Le flambeau de la Liberté s’est éteint à New-York. Il sera rallumé demain par la Russie, par la France et brûlera aussi à Pékin.

Le Vicomte De Villiers voit Chrétien : il a raison dans l’urgence et dans la durée. Mais nul ne peut oublier qu’en rejetant l’Est jusqu’à l’Asie, en tentant de l’exclure de cette Europe sans laquelle elle ne peut survivre, c’est cette Asie qui va peser dans l’ensemble du monde.

Pierre Le Normand

http://ombre43.over-blog.com

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