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Qui manipule l’organisation de l’État islamique ?

Publié le par Felli Bernard

30

nov

2015

Qui manipule l’organisation de l’État islamique ?

Source : Alexis Varende, pour Orient XXI, le 29 janvier 2015.

L’Organisation de l’État islamique (OEI) n’est pas le produit d’une génération spontanée. Dans son arbre généalogique on trouve Al-Qaida en Irak et, un peu plus haut, Ansar Al-Islam. Dans cette filiation, on décèle l’ADN du royaume saoudien dont l’obsession est de contrecarrer l’influence iranienne, notamment en Irak. La Turquie a également participé à l’émergence de l’OEI, une mouvance qui risque de se retourner contre ses inspirateurs.

Dans une vidéo posthume, Amedy Coulibaly[1] donne les raisons pour lesquelles il s’est engagé dans deux opérations terroristes, l’une en assassinant une policière municipale à Montrouge, l’autre contre un commerce cacher de la porte de Vincennes : « Vous attaquez le califat, vous attaquez l’État islamique, on vous attaque. Vous ne pouvez pas attaquer et ne rien avoir en retour. » Dans cette logique, il annonçait avoir fait allégeance au« calife des musulmans Abou Bakr Al-Baghdadi, calife Ibrahim » dès l’annonce de la création du « califat ». Quant à sa compagne, elle serait désormais en Syrie, pays sur une partie duquel l’Organisation de l’État islamique (OEI) a établi son emprise.

Il est peu vraisemblable que l’auteur du double attentat de la porte de Vincennes et de Montrouge[2] — comme ceux qui l’ont aidé dans son entreprise meurtrière — ait perçu combien l’OEI est un instrument aux mains d’États arabes et occidentaux. L’aurait-il su qu’il aurait peut-être admis que les manœuvres diplomatiques internationales sont sans commune mesure avec la vision qu’il avait de son rôle dans le djihadisme anti-occidental.

MANIPULATION SAOUDIENNE DES PASSIONS COLLECTIVES

Lorsque la Syrie connaît ses premiers soulèvements en 2011, les Qataris d’abord, suivis quelques mois plus tard par les Saoudiens, montent, chacun de leur côté, des initiatives pour accélérer la chute du régime de Bachar Al-Assad.

À l’été 2013, alors que la Syrie s’enfonce dans la guerre civile, le prince Bandar ben Sultan, chef des services saoudiens, rencontre le président Vladimir Poutine[3]. Il met une offre sur la table qui peut se résumer ainsi : collaborons à la chute d’Assad. En échange, le royaume saoudien vous offre une entente sur le prix du pétrole et l’assurance que les groupes djihadistes tchétchènes ne s’en prendront pas aux jeux de Sotchi. Au-delà d’un projet d’entente cynique mais somme toute classique dans les relations entre États, c’est la reconnaissance par le royaume saoudien de sa manipulation des djihadistes tchétchènes qu’il faut retenir. Bien avant les attentats du 11-Septembre, le même prince Bandar, alors ambassadeur à Washington, annonçait que le moment n’était pas si loin où les chiites n’auraient plus qu’à prier pour espérer survivre.

Le royaume est coutumier de ces manœuvres. Dès le XVIIIe siècle, Mohammed ibn Saoud percevait combien il était utile d’enflammer les passions collectives pour asseoir son pouvoir. Pour y parvenir il s’était appuyé sur une doctrine religieuse et un pacte d’alliance passé alors avec un théologien, Mohammed Ibn Abdel Wahhab. Parce qu’il avait su mettre en avant, avec succès, les notions de djihad et d’apostasie, il avait conquis l’Arabie en éliminant l’islam syncrétique que Constantinople avait laissé prospérer sur les vastes provinces arabes de son empire.

Les recettes d’aujourd’hui sont les mêmes que celles d’hier. Ceux qui, comme l’Arabie saoudite (mais on pourrait en dire autant des États-Unis et de ceux qui ont lié leur diplomatie à celle de Washington) ont manipulé l’islamisme radical et favorisé l’émergence d’Al-Qaida[4] puis de l’OEI en Irak et en Syrie, savent qu’ils touchent une corde sensible au sein de la communauté sunnite[5]. Leur objectif est de capitaliser sur l’animosité ressentie par cette communauté qui s’estime marginalisée, mal traitée et qui considère que le pouvoir alaouite, en place à Damas[6] et chiite à Bagdad[7] a usurpé un droit à gouverner. Ce que recherchent les concepteurs de cette politique destructrice c’est à instituer aux frontières iraniennes et du chiisme un contrefort de ressentiment sunnite. Et c’est en toute connaissance de cause que Riyad combine l’aide au djihadisme extérieur qui s’est donné pour objectif de faire pression sur les chiites, et la lutte contre le djihadisme intérieur qui menace la maison des Saoud. C’est d’ailleurs une position schizophrène lorsqu’on considère que l’espace doctrinal qui va du wahhabisme officiel saoudien au salafisme revendiqué par le djihadisme se réduit à presque rien. Presque sans surprise, on constate que le royaume saoudien et l’OEI ont la même conception des fautes commises par les membres de leur communauté et le même arsenal répressif (mort par lapidation en cas d’adultère, amputation en cas de vol…)[8].

L’OEI n’est pas le produit d’une génération spontanée. Dans son arbre généalogique on trouve Al-Qaida en Irak et, un peu plus haut, Ansar al-Islam. Dans cette filiation, on décèle sans difficulté l’ADN du royaume saoudien dont l’obsession est de contrecarrerl’influence des chiites sur le pouvoir irakien, de restreindre les relations entre Bagdad et Téhéran et d’éteindre les velléités démocratiques qui s’expriment — toutes évolutions que le royaume estime dangereuses pour la survie et la pérennité de sa dynastie. En revanche, il finance ceux des djihadistes qui développent leurs activités à l’extérieur du royaume. Sauf que ce djihadisme « extérieur » constitue désormais une menace contre le régime des Saoud.

LES AMBITIONS RÉGIONALES D’ERDOGAN

Depuis la nomination de Recep Tayyip Erdogan comme premier ministre en 2003 (puis comme président en 2014) le pouvoir turc est entré dans une phase « d’ottomanisme » aigu que chaque campagne électorale exacerbe encore plus[9]. Le président n’a de cesse de démontrer que la Turquie peut récupérer l’emprise sur le Proche-Orient et sur le monde musulman que l’empire ottoman a perdu à la chute du califat. Convoquer les symboles nationalistes d’un passé glorieux[10], conforter l’économie de marché, faire le lit d’un islam conforme à ses vues, proches de celui des Frères musulmans et acceptable par les pays occidentaux, lui est apparu comme le moyen d’imposer le modèle turc au Proche-Orient tout en préservant ses liens avec les Américains et les Européens. Il espère du même coup supplanter l’Arabie saoudite dans sa relation privilégiée avec les pays occidentaux et servir d’inspiration, voire de modèle, à un Proche-Orient qui serait ainsi rénové. Les révoltes arabes de 2010-2011 lui ont donné un temps le sentiment qu’il pouvait réussir dans son entreprise. L’idée selon laquelle certains États seraient susceptibles de s’en remettre aux Frères musulmans n’était pas alors sans fondement. Erdogan imaginait probablement convaincre le président syrien d’accepter cette évolution. La victoire des islamistes égyptiens aux législatives de novembre 2011 (la moitié des sièges est gagnée par les seuls Frères musulmans) puis la réussite de Mohamed Morsi à l’élection présidentielle de juin 2012 ont conforté ses vues (il avait obtenu plus de la moitié des votes). Erdogan a pu envisager d’exercer son influence sur le Proche-Orient arabe et de tenir la baguette face à l’État islamique qui s’affirme.

Mais ce cercle vertueux se défait lorsqu’il devient évident qu’Assad ne quittera pas le pouvoir, quel que soit le prix à payer pour la population syrienne. Dès juin 2011, Erdogan prend fait et cause pour la rébellion syrienne. Il contribue à la formation de l’Armée syrienne libre (ASL) en mettant son territoire à sa disposition. Il parraine l’opposition politique influencée alors par les Frères musulmans. Pire pour ses ambitions, Morsi et les Frères musulmans sont chassés du pouvoir par l’armée égyptienne au terme d’un coup d’État (3 juillet 2013) largement « approuvé » par l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et encensé par le Koweït.

Erdogan perd la carte des Frères musulmans, désormais désignés comme terroristes par Riyad. Il doit réviser sa stratégie. À l’égard de la Syrie, il n’a désormais pas de mots assez durs pour décrire Assad et exiger son départ. Vis-à-vis de l’Arabie saoudite, il fait le choix de défier le royaume avec la même arme : l’islamisme radical. Il fait désormais partie de ceux qui croient que les djihadistes de l’OEI peuvent provoquer la chute du régime d’Assad. De là à les aider il n’y a qu’un pas qu’Ankara avait de toutes façons déjà franchi. L’étendue de la frontière turco-syrienne facilite cette assistance. Pour peu que la sécurité turque ferme les yeux, il n’est pas difficile de franchir cette frontière, d’acheter et de vendre du pétrole, de faire passer des armes, de laisser passer en Syrie les aspirants djihadistes, d’autoriser les combattants à revenir sur le territoire turc pour recruter, mettre au point leur logistique ou s’y faire soigner.

LES APPRENTIS SORCIERS

Mais les passions collectives ont ceci de particulier qu’une fois libérées elles échappent au contrôle de leurs instigateurs, s’émancipent et produisent des effets qui n’étaient pas imaginables. Pire…

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34 réponses à Qui manipule l’organisation de l’État islamique ?

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AL-NOSRA, LE CURIEUX « ALLIÉ » DE MM. HOLLANDE ET FABIUS (par l’Imprécateur)

Publié le par Felli Bernard

AL-NOSRA, LE CURIEUX « ALLIÉ » DE MM. HOLLANDE ET FABIUS (par l’Imprécateur)

Publié le 30 novembre 2015 par L'Imprécateur

Mais qui est Al-Nosra, l’allié que Fabius et Hollande ont choisi pour la France dans sa lutte pour tuer Bachar el-Assad et faire un « printemps arabe » syrien, c’est-à-dire donner le pouvoir aux islamistes locaux ?

Jabhat an-Nuṣrah li-Ahl ash-Shām, appelé en Europe Al-Nosra, signifie « Front pour la victoire des Gens du Sham« . Le Sham, c’est la région qui borde la Méditerranée orientale et correspond en gros à l’ancien Levant : Syrie, Liban, Palestine et Israël. C’est un groupe armé de musulmans sunnites-salafistes qui mène le djihad pour reconquérir la région et en chasser, ou en exterminer, toutes les autres composantes religieuses qui refuseraient la soumission à leur islam rigoriste. Il est affilié depuis son origine à Al-Qaïda. Il a une base arrière au Liban, mais son implantation principale se trouve dans le Nord-Ouest syrien avec les villes d’Alep et Homs. Depuis novembre 2013, il a pris le nom de Al-Qaïda fi Biladu ash-Sham, « al-Qaïda au pays du Sham » qui inclut en plus du Levant le Sud de la Turquie, ce qui ne plait pas du tout à Erdogan !

Grâce à l’appui en argent et en armes de la France et des États-Unis, il est devenu l’un des plus importants groupes rebelles et terroristes de la guerre civile. Cet appui, il l’a obtenu en faisant croire à Obama et Hollande, fraîchement arrivés au pouvoir en 2012 en toute ignorance du Moyen-Orient et de l’islam, qu’il représentait une opposition islamique modérée à Bachar el-Assad, « bourreau de son peuple« , ce qui est aussi exact que les arguments avancés pour tuer Saddam Hussein accusé de détenir des « armes de destruction massive » et Muhammad Kadhafi accusé de vouloir faire « un bain de sang à Benghazi« . Dans les deux cas, il y avait eu au départ la CIA et Al-Qaïda pour financer et armer les rebelles.

Le drapeau d’Al-Nosra-Al-Qaïda en haut, est souvent confondu dans les photos de djihadistes présentées par la presse avec celui de l’Etat Islamique reconnaissable à son cercle blanc.

Al-Nosra a commencé à se constituer en force armée et politique peu après l’amnistie accordée en janvier 2011 par Bachar El-Assad à la quasi-totalité des djihadistes syriens à qui il avait infligé peu avant une sévère correction. Bachar, arrivé au pouvoir en 2000, était encore un peu naïf à la manière socialiste (il est socialiste en tant que chef du parti socialiste syrien, le Baas), et croyait, comme Valls avec les terroristes français de retour de Syrie, que pardonner aux intégristes qui avaient tenté de le renverser lui vaudrait la reconnaissance des sunnites syriens devenus majoritaires dans ce pays du vivre-ensemble laïc multiconfessionnel et multiethnique. La loi du Talion n’étant pas un euphémisme chez les sunnites, nombre des amnistiés rêvaient d’une vengeance féroce et ils en trouvèrent l’opportunité avec la venue à mi-juin 2011 d’une équipe de l’Etat Islamique en Irak qui leur proposa argent, hommes et armes. Ils se mirent d’accord et furent rejoints par des vétérans syriens qui s’étaient battus en Irak sous la bannière de l’E.I.I. qui était alors une filiale d’Al-Qaïda en Irak, financée par nos alliés et amis l’Arabie Saoudite et le Qatar.

Pour faire simple : l’Arabie Saoudite, islam sunnite de rite intégriste wahhabite, engendre Al Qaïda, qui après son succès du 11 septembre 2001 engendre Etat Islamique en Irak. E.I.I, qui conquiert le Nord de l’Irak. Pour conquérir la Syrie, E.I.I. engendre Al Nosra, islam sunnite et salafiste. Vous suivez ? Mais une fois la Syrie partiellement conquise et E.I.I. rebaptisé État Islamique en Irak et en Syrie (ISIL, acronyme arabe « Da’esh »), abrégé en État Islamique, E.I. parce qu’il se voit conquérir le monde, Al Nosrah préfère son grand-père Al Quaïda à son père E.I.

C’est à dire que, après avoir été provisoirement l’allié de son papa l’État Islamique d’Irak, au point que la fusion des deux groupes terroristes avait été annoncée, Al-Nosra s’en sépara pour redevenir, en 2013, la filiale locale syrienne de son grand-père, Al-Qaïda. À l’ONU, depuis 2014, Al-Nosra est sur la liste de la résolution 1267 des organisations terroristes rattachées à Al-Qaïda. Cela n’émeut pas le moins du monde Hollande et Fabius qui voient toujours Al-Nosra comme un bande de copains « qui font du bon boulot » (dixit Fabius). Avec une telle ignorance des réalités et un tel aveuglement, ils ne faut pas être surpris qu’ils se soient laissé rouler avec autant de facilité par ces gentils musulmans qui mitraillent, égorgent et gazent avec modération, et ne découvrent qu’aujourd’hui 10 500 djihadistes potentiellement dangereux dans les 20 000 fiches des services français de renseignement.

Parenthèse pour dénoncer un fantasme très répandu à gauche où l’on dit que le salafisme n’est pas du tout le sabre de l’islam mais une ascèse, une discipline de l’esprit visant à la perfection islamique. À C dans l’air, récemment, Roland Cayrol, dit La Voix de son maître en raison de son évidente allégeance à Hollande, soutenait encore que c’était une erreur de croire le salafisme dangereux. Le recteur de la mosquée de Bordeaux, Tarek Obrouk, peut soutenir le contraire, et à C dans l’air, Mohamed Sifaoui réclamer l’expulsion des imams salafistes et la fermeture de leurs mosquées en raison de leur extrême dangerosité, rien n’y fait, il y a encore des gens de gauche pour croire que le salafisme serait un islam « modéré ». On ne peut pas forcer à boire un âne qui n’a pas soif !

Pour l’islam soufi, que l’on ne connaît en France (et encore !) que par les derviches tourneurs, le djihad est uniquement une ascèse. Ils sont pacifistes, accueillent volontiers chrétiens et juifs et participent, s’ils y sont invités, à des messes ou au shabbat.

Le plus connus des soufis sont ceux de l’orde mevlevi. Ils tournent sur eux-mêmes en musique jusqu’à atteindre une sorte de transe et d’extase, le « samâ », qui signifie « l’écoute », celle des deux « shayhs », des maîtres spirituels. L’un est le pendant du pape, mais il forme son successeurs de son vivant, il y en a donc toujours deux. En 2007, ils ont tenu à rencontrer le pape Jean-Paul II.

Pour l’islam chiite (Iran principalement) 10 % des musulmans dans le monde, il y a deux formes de djihad : le djihad guerrier qui recommande l’extermination de ceux qui offensent Allah, ils l’appellent « petit djihad » avec un certain mépris, mais peuvent le pratiquer si nécessaire, et le « grand djihad » qui est ascétique, mais avec moins de rigueur et de profondeur que le djihad soufi.

Pour l’islam sunnite, le djihad ascétique n’est pas absent mais il n’est que très peu pratiqué, le seul vrai djihad est le djihad guerrier violent, le salafisme.

Le problème, c’est qu’en France nous avons 95 % de sunnites (80 % dans le monde) et très peu de chiites, essentiellement des Marocains, qu’ils soient alaouites comme le roi Hassan II, hanbalites ou malékites. C’est pourquoi, de la Somalie (milices salafistes Al Shabaab) à l’Algérie (Groupes Islamistes Armés), de la Syrie (E.I., Al Qaïda et Al Nosra) à la France (salafisme diffus) le djihad salafiste est à plus de 95 % violent.

Mais revenons à notre « allié » Al Nosra. En mars 2013, le Los Angeles Times révèle que, selon le Département d’État, il est impossible de distinguer le Front Al-Nosra d’Al-Qaïda. Furieux, Le Monde, le quotidien du PS, bondit : « plusieurs témoignages recueillis dans le nord de la Syrie laissent penser que Jabhat Al-Nosra est un groupe très majoritairement syrien, autour de 80 %, sans lien organique avec Al Qaïda« . Comme disait Michel Charasse « si l’on veut ignorer ce qui se passe réellement dans le monde, il faut lire Le Monde« . Mathieu Guidère, professeur d’islamologie réputé, bondit à son tour pour contredire Le Monde en déclarant en avril 2013 que les djihadistes étrangers sont « désormais majoritaires aux deux tiers par rapport aux Syriens » au sein d’Al-Nosra. Il ajoute que ces étrangers ont modifié la mission initiale du Front al-Nosra, qui était de faire tomber le régime alaouite de Bachar el Assad, accusé par les sunnites de massacrer les musulmans salafistes, autrefois très minoritaires en Syrie, mais que le gouvernement socialiste français appelle « le peuple syrien« . Ce qu’ils veulent maintenant, c’est renverser El Assad pour prendre le pouvoir et instaurer la charia dans ce pays encore laïc, multiconfessionnel et multiethnique dans les parties de la Syrie toujours contrôlées par le pouvoir légal de Bachar, les seules où l’on trouve encore des chrétiens, des druzes, des chiites, des coptes, des araméens, etc.

Abou Bakr al-Baghdadi, le calife d’E.I. a révélé (9 avril 2013) le parrainage du Front Al-Nosra par son organisation, caché jusqu’ici « pour des raisons stratégiques et de sécurité » selon lui, et déclaré que c’est lui qui avait choisi le chef actuel d’Al-Nosra. Et c’est là que ledit chef, Al-Joulani, le trahit et annonce rallier Al-Qaïda ! En représailles, Al-Baghdadi organise des attentats multiples et meurtriers à Alep et Homs, qui tuent des milliers de civils et que l’on attribue à l’époque à Bachar El-Assad. En France, les pieds nickelés acceptent sans vérification cette version. En même temps, Al-Joulani rallie aussi le groupe Jayish al islam et intègre avec lui le Front islamique qui a des ramifications internationales et ferraille contre tout ce qui n’est pas musulman sunnite intégriste.

Le 30 mai 2013, les autorités turques annoncent l’arrestation de 12 terroristes d’Al-Nosra en possession de grosses quantités de gaz sarin qu’ils faisaient entrer en Syrie. La presse française et le Quai d’Orsay, toujours aussi bien informés, annoncent que Bachar El-Assad va bombarder son peuple au gaz ! Les SR français auraient pu dire la vérité, mais il faut savoir qu’il est très dangereux pour une carrière de fonctionnaire de dire des choses qui pourraient désillusionner Hollande, Valls, Fabius et la presse romancière de gauche. Quant à la presse, encore plus servile, elle a ramené des « preuves » données par Al-Qaïda, notamment à deux journalistes de Paris-Match. Ce n’est que récemment que des « rebelles » à Bachar El-Assad ont été pris en flagrant délit d’utilisation d’armes chimiques

En novembre 2013, Al-Qaïda annonce qu’Al-Nosra est bien la seule organisation terroriste qui représente Al-Qaïda en Syrie. D’où l’actuelle partie de billard à trois bandes principales : l’armée nationale syrienne de Bachar el Assad – Al-Qaïda-Al-Nosra – l’Etat islamique, chacun se battant contre les deux autres. À ces trois -là, il faut ajouter quelques efflorescences marginales telles que les Turkmènes antikurdes, les Kurdes anti-E.I., le Hezbollah anti-Al Qaïda, les Peshmergas iraniens anti-sunnites, les brigades Jund al-Aqsa, Jaish al-Sunna, Liwa al-Haqq, Ajnad al-Sham et Faynad dal-Sham qui sont anti-tout-le-monde mais se laissent acheter par le plus offrant, sans oublier les soi-disant « modérés » comme le mouvement Hazm, et l’Armée Syrienne Libre-anti Bachar qui revendent les armes que leur donne la France à Al-Qaïda ou à l’E.I. suivant la meilleure offre… On trouve les djihadistes français en Syrie principalement chez E.I. et Al-Nosra.

Bref, on comprend que les intellects non formés à appréhender, comprendre et analyser des situations complexes soient perdus et, comme Fabius et Hollande, se promènent là-dedans comme « Oui-Oui chez les terroristes« . Des Syriens déguisés en moutons modérés leur avaient dit que Bachar était le grand méchant loup, ils l’ont cru. Ont-ils compris avec le 13 novembre qu’ils se sont fait rouler ? C’est l’énigme dont nous connaitrons la solution dans les prochaines semaines, si Hollande tient ses promesses de féroce implacablitude.

L’Imprécateur

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CENSURE, DESINFORMATION, PROPAGANDE

Publié le par bernard felli

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CENSURE, DESINFORMATION, PROPAGANDE

Publié le par Felli Bernard

Pierre Le Normand
Pierre Le Normand

CENSURE, DESINFORMATION, PROPAGANDE

La CDP (Censure-Désinformation-Propagande) est une trilogie particulièrement en vogue depuis que le numérique est devenu le remarquable instrument permettant de truquer tout et n’importe quoi.

Finis les disciples de Goebbels. Place à la redoutable efficacité des méthodes nouvelles qui, dans l’instant, écrivent l’histoire à la seconde près.

Et du coup, les trois composantes de la CDP se sont hissées à un niveau de discrétion qui n’a d’égal que leur efficacité.

Si les envolées lyriques des politiques se font de plus en plus rares, le discours concocté avec des ingrédients aussi subtils que les éléments de langage, l’utilisation de mots étrangers ainsi que la modification accélérée de la langue française devient d’un lénifiant sans pareil ou d’un hermétisme tel que bien malin qui comprenne.

Le direct n’a jamais été aussi indirect quand il évacue et coupe là où cela pourrait devenir de l’information.

Les retransmissions des conférences de presse des puissants de la planète et la séance des questions sont tronquées à tel point que l’on ne peut que se demander si l’on voulait nous cacher quelque chose, l’on ne s’y prendrait pas autrement.

De quel droit et obéissant à quelles directives ces as du direct nous servent-ils que ce qu’ils

Ont mis au menu, occultant tout ce qui conduirait à se poser des questions ?

Ces fanfarons de la déontologie qui a toujours bon dos la violent à qui mieux-mieux, n’hésitant pas à aller jusqu’à faire circuler en bandeau des nouvelles qui n’en sont pas.

C’est ainsi que l’on a pu apprendre que l’équipage russe était sain et sauf de source turque.

C’est ainsi que l’on fait pleurer les chaumières sur le drame de familles entières dès lors qu’elles sont françaises et que l’on ne dit rien de celles qui ont le tort d’avoir perdu l’un des leurs dès lors qu’elles sont russes ou libanaises ou maliennes, ou tunisiennes.

La décence, l’éthique : inconnues au bataillon.

Le tri sélectif inventé par les écologistes est tellement entré dans les mœurs qu’il s’applique aux hommes, femmes et enfants.

A quand les petits drapeaux cousus sur les cartables et les parkas de nos chères têtes blondes ?

Ecrire ce qui relevait du langage courant encore tout récemment devient du racisme, de l’antisémitisme, de l’islamophobie.

C’est ainsi que la CDP génère des censeurs qui constituent une des confréries la mieux payée du monde pour formater les têtes de millions de citoyens.

La CDP est l’outil privilégié du totalitarisme qui s’est substitué peu à peu, tout doucement, sans faire de bruit, à une démocratie toujours fragile et balbutiante.

C’est un totalitarisme à visage humain : convivial, intime, il nous sert les misères des familles, le désamour des couples, la violence de certains enfants despotes, nous fait entrer chez le voisin ou la voisine, nous pousse à la compassion et nous conduit à faire provision de petits lumignons pour la prochaine grosse catastrophe.

Des fleurs coupées aux bougies, des dessins aux peluches, on est passé aux chaussures. Demain, on sortira des parapluies, après demain on ira en place de Grève pour voir ceux qui seront cloués au pilori, ceux qui ne sont pas dans le coup, ceux qui rechignent, ceux qui posent des questions ou ne répondent pas à celles qui leur sont posées comme ils le devraient.

Foin de bonne éducation et de politesse: le journaliste de service coupe la chique d’un président, d’un ministre, de quelqu’un qui a répondu à son invitation en venant sur son plateau.

Le censeur encense celui ou celle qui a fait la bonne réponse, celui ou celle qui se fait le porte-parole de la bonne parole et castre les autres.

Rien de bien nouveau sous le soleil, direz-vous !

Que si ! Le soleil est éteint quand sont allumés les spots et les lasers, quand le passage en boucle des mêmes messages, dans tous les médias subjugue le public qui est invité d’office au plus grand spectacle universel -moyennant redevance, certes.

Ce carrousel fantastique tourne 24 heures sur24 et les badauds affalés dans leurs canapés en jouissent jusqu’à plus soif.

La planification des distractions et de l’endoctrinement et remarquable. Aucun Gosplan n’a réussi à atteindre sa perfection : des pauses -publicitaires- sont respectées permettant de vaquer à ses besoins naturels ou de réapprovisionner le plateau-télé. Plusieurs fois dans la semaine, des mesures d’hygiène vous permettent de destresser en regardant les autres faire l’amour dès fois que vous ne puissiez le faire vous-mêmes.

Les films sont tous à contenu idéologique : depuis les policiers américains qui vous vendent le drapeau et l’american way of life où le bien l’emporte toujours sur le mal jusqu’aux policiers nationaux qui vous présentent une police tellement à l’écoute et équipée que l’on ne peut que dormir sur ses deux oreilles.

Les documentaires, films historiques ou émissions de débats et d’échanges avec un panel de personnalités sans peur et sans reproche vous enveloppent dans le monde de la bien-pensance.

L’on se fait les chevaliers de cet ordre impeccable qui nous gouverne et si, par malheur, un contradicteur ou un sentiment que quelque chose ne colle pas vous étreint, l’on esquive bien vite, droit dans ses bottes, expression si juste, si valorisante que l’on repart pour une belle croisade.

Plus le pays va mal, plus l’extraordinaire machine de la CDP fonctionne à plein.

Plus l’extraordinaire machine de la CDP fonctionne à plein, plus le pays va mal.

Le bourrage de crâne des adultes est d’autant plus efficace que les cerveaux sont incultes.

L’Education nationale se charge du travail en amont. La vie active ou le chômage font le reste.

Les seuls qui échappent à ce concasseur de l’intelligence et du libre arbitre sont ceux qui contrôlent la machine.

A moins que tel soit pris qui croyait prendre.

Pierre Le Normand

http://ombre43.over-blog.com

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Syrie - Daesh - Révélations incroyables sur...

Publié le par bernard felli

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Syrie - Daesh - Révélations incroyables sur France Inter !

Publié le par Felli Bernard

Syrie - Daesh - Révélations incroyables sur France Inter !

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Les enregistrements radars de l’attaque turque...

Publié le par bernard felli

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Les enregistrements radars de l’attaque turque contre l’avion russe

Publié le par Felli Bernard

Le général Viktor Bondarev, chef d’état-major de l’armée de l’Air russe.
Le général Viktor Bondarev, chef d’état-major de l’armée de l’Air russe.

Les enregistrements radars de l’attaque turque contre l’avion russe

par Valentin Vasilescu

Les éléments présentés par le général Viktor Bondarev, chef d’état-major de l’armée de l’Air russe, lors d’une conférence de presse à Moscou ne laissent aucune doute : l’aviation turque, qui avait été informée du plan de vol du Sukhoï russe en vertu des accords de coordination militaire, avait reçu instruction préalable de se positionner pour l’abattre. Des éléments qui mettent à mal la version de l’Otan.

Réseau Voltaire | Bucarest (Roumanie) | 29 novembre 2015

română

Deux jours après l’attaque contre l’avion Su-24 russe par un F-16 turc dans l’espace aérien Syrien, le général Viktor Bondarev, chef d’état-major de l’armée de l’Air russe, a fait une étonnante déclaration qui change totalement l’image donnée par les médias occidentaux, qui a repris la seule version Turquie.

Dans le cadre du mémorandum concernant la campagne de Syrie signé par Moscou et Washington le 26 octobre, la partie russe a informé ses homologues états-uniens, 12 heures avant la mission des deux bombardiers Su-24 dans le nord de la Syrie. Ils leur ont envoyé tous les détails de la mission, y compris l’heure du décollage : 09 h40, l’altitude : 5 600 à 6 000 m et les objectifs à bombarder : les environs de la région de Chefir, Mortlou et Zahia dans le nord de la Syrie, à la frontière de la région turque de Hatay. Les bombardiers tactiques Su-24 ont décollé de la base aérienne de Hmeymim selon l’horaire prévu à 9 h 40, armés chacun de quatre bombes OFAB-250. De 09 h 51 jusqu’à 10 h 11 les bombardiers russes ont évolué dans une zone d’attente à une altitude de 5 650 m et 5 800 m respectivement, au sud de la ville syrienne d’Idlib. À 10 h 11, les deux bombardiers russes ont reçu les coordonnées GPS des cibles et font un premier passage à la verticale de l’objectif à 10 h 16 en larguant les premières bombes. Après avoir effectué la manœuvre pour revenir au-dessus de la cible pour la seconde attaque, un des bombardiers Su-24 est frappé par un missile air-air lancé par le F-16 turque à 10 h 24.

Une analyse à partir des contrôles des résultats sur les objectifs, corroborée par la dynamique des cibles, détectés par le réseau de radar qui surveille l’ensemble de l’espace aérien syrien, a montré la présence de deux avions F-16 turcs, entre 09 h 08 et 10 h 29, évoluant à une altitude de 4 200 m dans la zone aérienne de la région turque de Hatay à la frontière avec la Syrie. Les avions turcs avaient décollé à 08 h 40 et ont atterri à 11 h 00.

Le temps nécessaire pour les deux jets F-16 pour démarrer le moteur, rouler sur la piste, décoller de la base aérienne de Diyarbakir et atteindre la zone de service située à 410 km de leur base, montre que les deux F-16 turcs ont reçu leur mission une heure avant le décollage des bombardiers russes. Cela démontre que les pilotes turcs savaient qu’ils auraient affaire à des avions Su-24 russes, et connaissaient les détails de la mission de ces bombardiers, dans le cadre de la préparation de leur action pour pouvoir se positionner pour abattre l’avion russe de sorte que cela puisse apparaitre comme si les bombardiers russes étaient entrés dans l’espace aérien turc. Ils avaient donc dû recevoir l’instruction de ne pas appliquer la procédure en vertu des traités internationaux, que la Turquie a signés, à savoir l’interception, suivie par un contact visuel, un coup de semonce avec le canon de bord, et enfin la destruction.

Selon le général Viktor Bondarev, durant tout son vol, le bombardier Su-24 a maintenu une distance de plus de 5 km de la frontière syro-turque, avant d’entrer dans la zone possible de tir du missile air-air guidé par la chaleur par l’un des avions F-16 turc, qui a volé presque perpendiculairement à la direction du vol des bombardiers Su-24. L’avion turc a effectué un virage de 110 degrés, d’une durée de 1 minute et 40 secondes, dans le but d’atteindre le bombardier russe dans sa partie arrière. À cause de ce virage, le F-16 turc est entré de deux kilomètres dans l’espace aérien syrien (dans lequel il est resté pendant environ 40 secondes, alors que le Su-24 n’est entré que 17 secondes dans l’espace aérien turc) suffisamment pour être visible sur les écrans radar de la base aérienne de Hmeymim, pendant le dégagement de l’attaque durant lequel il a plongé en dessous de l’altitude de 2 500 m.

Cette manœuvre a positionné le F-16 dans la partie arrière de l’un des deux bombardiers Su-24 russes à une distance de 5 à 7 km avec une vitesse d’approche qui permettait le lancement du missile air-air. Avant l’attaque, il n’y a eu sur aucun canal radio, y compris dans celui spécialement créé pour la coopération, aucun enregistrement d’un appel des pilotes ou des organismes de contrôle de l’armée turque.

La conclusion de Bondarev est que les pilotes turcs se sont spécifiquement préparés pendant plusieurs semaines pour abattre un bombardier russe sur la frontière avec la Syrie, et les derniers détails de l’embuscade ont été peaufinés par les Turcs (probablement avec leurs alliés de l’Otan) au cours des 12 heures qui ont suivi l’arrivée des informations envoyées par les Russes avant le décollage.

Valentin Vasilescu

Valentin Vasilescu

Expert militaire. Ancien commandant adjoint de l’aéroport militaire d’Otopeni.

Pour voir les cartes et graphiques , cliquez sur le lien : http://www.voltairenet.org/article189463.html

Traduction
Avic
Réseau International

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L’Europe vue des Etats-Unis Ou comment...

Publié le par bernard felli

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L’Europe vue des Etats-Unis Ou comment s’assurer que l’UE ne soit ni un complet échec ni un franc succès

Publié le par Felli Bernard

L’Europe vue des Etats-Unis
Ou comment s’assurer que l’UE ne soit ni un complet échec ni un franc succès

Par Alexandre ANDORRA, le 26 novembre 2015

Elève à l’Ecole Nationale d’Administration, Alexandre Andorra est diplômé d’HEC Paris et du département de Sciences Politiques de la Freie Universität Berlin. Il étudie notamment la façon dont les évolutions économiques et financières interagissent pour influencer les relations internationales.

Faire en sorte que l’Europe communautaire soit toujours assez forte pour soutenir les Etats-Unis, mais jamais assez forte pour les concurrencer, ainsi pourrait se formuler la stratégie des Etats-Unis à l’égard de la construction européenne. Une démonstration nuancée mais argumentée.

« L’EUROPE : quel numéro de téléphone ? [1] », « L’UE, on l’emmerde ! [2] ». A elles seules, ces citations symbolisent la dualité de la perception américaine de l’Europe. Brutale, vulgaire et méprisante, la première trahit les fréquentes frustrations américaines envers les lents et hésitants processus décisionnels de l’UE. Implicitement, les Américains s’inquiètent ici de la faiblesse de l’Europe, et de son corollaire : l’emprisonnement stratégique – le risque d’être entrainé dans un conflit européen contre ses intérêts. Inversement, la deuxième citation vise à rabaisser la construction européenne et diviser les Européens. En cela, elle s’alarme de leur force, et de son corollaire : l’abandon stratégique – être abandonné par ses propres alliés.

Si les mots et les moyens ont évolué, leur but est resté le même.

Aux yeux des Etats-Unis, l’Europe est donc à la fois trop forte et trop faible. Il est essentiel de prendre la mesure de ce paradoxe pour comprendre les perceptions américaines de l’Europe. Ces dernières ont souvent changé depuis 1945. Au point d’aboutir aujourd’hui à une étrange situation : non seulement les Américains tolèrent-ils désormais l’émergence d’un pôle européen, mais ils encouragent cette émergence avec plus d’enthousiasme que les Européens eux-mêmes [3]. Toutefois, si les mots et les moyens ont évolué, leur but est resté le même : faire en sorte que l’Europe soit assez forte pour soutenir l’Amérique, mais jamais assez pour les concurrencer.

I. De Nixon à la chute de l’URSS : une coopération à la carte pour affaiblir la « Forteresse Europe »

« Le manque d’unité européenne offre à l’Amérique une opportunité unique. Si l’Europe est davantage faite de diversité que d’uniformité, si le concept d’ ‘Europe unie’ reste à traduire dans la pratique, alors les États-Unis peuvent centrer leur stratégie transatlantique sur des coalitions volontaires au cas par cas. Cette méthode permet de rester engagé aux côtés d’un continent qui sera rarement tout à fait pour ou tout à fait contre les initiatives américaines en matière de politique étrangère […]. L’Amérique doit en permanence prendre note des désaccords intra-européens afin de les exploiter. L’Europe, telle qu’elle existe actuellement correspond aux intérêts des Américains : ses membres sont capables d’appuyer les États-Unis quand leurs intérêts coïncident avec ceux de l’Amérique, mais l’Europe est trop faible pour s’opposer facilement à l’Amérique sur des questions fondamentales de sécurité nationale » [4].

Tenus en 2002 par John Hulsman, un proche de George W. Bush, ces propos explicitent une doctrine qui imprègne la perception transatlantique américaine depuis au moins le premier mandat de Richard Nixon (1968-1972). Ils rappellent en effet furieusement la fameuse question d’Henry Kissinger : « l’Europe : quel numéro de téléphone ? ». Loin d’appeler à l’unité européenne, Kissinger se satisfaisait pleinement de cette diversité d’interlocuteurs, qui lui permettait d’influencer le cours des choses le plus directement possible. Si auparavant les Etats-Unis soutenaient une intégration européenne qu’ils avaient eux-mêmes amorcée, la perception s’inverse au début des années 1970 : alors que le marché commun européen florissait et l’Allemagne de l’Ouest s’ouvrait à l’Est avec l’Ostpolitik de Willy Brandt, la balance commerciale américaine passait dans le rouge pour la première fois depuis 1945, les Etats-Unis s’embourbaient dans la ruineuse guerre du Vietnam, et Nixon suspendait la convertibilité en or du dollar, pierre angulaire du système de Bretton-Woods. Dans ce contexte, l’unité européenne paraissait beaucoup moins attractive et profitable pour Washington. On commençait à s’interroger sur la compatibilité d’une Europe supranationale d’une part, et d’une communauté atlantique dirigée par les Etats-Unis d’autre part. Loin d’être un pont pour les Etats-Unis, l’Europe se transformait en une forteresse, qui n’aurait bientôt plus besoin d’eux pour se défendre et commercer – traduction concrète de l’abandon stratégique tant craint par Washington. La conclusion est implacable : si l’Europe est trop forte, affaiblissions la en la divisant. C’est ce qui sous-tend la coopération à la carte proposée par Kissinger et Hulsman. C’est d’ailleurs cette logique qui explique en partie le soutien américain à la troisième candidature britannique à l’entrée dans la Communauté Européenne (CE) en 1973. L’entrée de Londres constituait aux yeux de l’oncle Sam une garantie que l’Europe ne deviendrait ni supranationale ni protectionniste.

Ce thème de la « Forteresse Europe » a perduré jusqu’à la toute fin de la Guerre Froide. En 1986, les Européens signent l’Acte Unique, qui, en ouvrant la voie au marché et à la monnaie uniques, renforce l’intégration économique de la CE. L’économie américaine, elle, reste instable, confrontée à un budget fédéral et une balance des paiements tous deux déficitaires (déficits jumeaux). Pas étonnant dès lors que les journaux américains titrent sur les dangers de la « Forteresse Europe ». Pas étonnant non plus que Ronald Reagan lui-même s’emmêle – lui qui d’habitude consacrait relativement peu de temps aux questions économiques – pour avertir la CE de ne pas céder à ses tendances protectionnistes. Là encore, les Américains craignaient l’avènement d’une Europe par et pour les Européens. A en croire Richard Burt, ancien Ambassadeur des Etats-Unis en Allemagne, cette crainte s’explique par l’incapacité des Américains à comprendre le processus d’intégration européenne : « nous avons toujours un peu de retard pour saisir ce qui se passe en terme d’Europe » [5]. Quelle que soit l’origine de cette peur, le remède est le même qu’au début des années 1970 : diviser les Européens pour les empêcher de prendre leur envol.

II. Depuis la fin de la Guerre Froide, et malgré des retours en arrière, les Etats-Unis se rendent compte que le menu est plus rentable que la carte

Cela ne signifie pas pour autant que la perception américaine de l’Europe est restée la même au cours du temps. A vrai dire, elle a considérablement évoluée depuis la fin de la Guerre Froide. Pour simplifier, disons que les Administrations Bush, Clinton et Obama ont plutôt cherché à renforcer l’Europe en l’unifiant, alors que W. Bush est revenu à l’approche traditionnelle consistant à diviser pour mieux régner.

Dans les années 1990, un renforcement de l’Europe pour le show

Sure d’elle et de sa suprématie, l’Amérique des années 1990 regarde l’Europe sans plus vraiment craindre l’abandon stratégique. Elle multiplie les appels à l’approfondissement stratégique et militaire de l’Europe et cesse de constamment chercher à diviser les Etats membres. Mais les Etats-Unis ne tentent pas non plus de les unifier. Schématiquement, il s’agit de renforcer l’OTAN, pas l’Europe de la défense. L’émancipation stratégique de l’Europe se ferait sous tutelle américaine ou ne se ferait pas, comme le montreront les élargissements successifs de l’OTAN [6] et les interventions en Bosnie et au Kosovo. Au fond, les déclarations américaines en faveur d’un nouvel ordre européen tenaient plus de la posture que de la réalité. C’était un renforcement pour le show, un renforcement cosmétique. Et au bout du compte, la perception américaine de l’Europe restait dans un entre-deux, dans une sorte d’unipolarité multilatérale – une contradiction dans les termes.

Néanmoins, cette situation arrangeait tout le monde. Les Européens, malgré leurs propensions à dénoncer l’hégémonie américaine, n’envisageaient aucunement de remplacer le parapluie militaire américain. Les Américains eux, en dépit de leurs beaux discours, n’avaient aucune intention de replier leur parapluie. Au sortir de la Guerre Froide, l’Amérique était trop incontournable – et ne voulait pas être contournée.

Au début des années 2000, Washington reprend ses vieilles habitudes

Avec le 11 septembre, l’arrivée de George W. Bush à la Maison Blanche et la crise de la guerre en Irak, les Etats-Unis renouent avec leur vieille recette : diviser pour mieux régner. Cette logique sous-tend la caricature vieille Europe vs. nouvelle Europe faite par Donald Rumsfeld en janvier 2003. A l’approche de la guerre en Irak, le Secrétaire à la Défense de George W. Bush distingue la « vieille Europe » (principalement la France et l’Allemagne, qui rejettent la politique américaine en Irak) de la « nouvelle Europe » (ceux qui soutiennent l’invasion américaine). La France a droit à un traitement de faveur : au restaurant du Congrès, les French fries sont renommées « frites de la liberté » et le Beaujolais est boycotté, tandis que les blagues sur les Français mangeurs de fromage qui ne savent que capituler face à l’ennemi se multiplient. Mais si les Américains semblent moquer ici la faiblesse de la France et, avec elle, de l’Europe, c’est en fait, comme Hulsman et Kissinger, sa force qu’ils craignent – sa force de caractère, sa force d’opposition, en un mot son esprit d’indépendance. Et là encore la recette est la même : monter les Européens les uns contre les autres pour éviter qu’ils ne s’unissent contre l’initiative américaine.

Avec le recul, on s’aperçoit toutefois que ce retour de balancier est de courte durée. Le deuxième mandat de George W. Bush marquera effectivement un retour à l’évolution entamée durant les années 1990.

A partir de 2005, « une Politique Européenne de Sécurité et Défense avec seulement du soft power ne suffit » plus

En ce mois de février 2014, la situation est électrique à Kiev, où le mouvement de Maïdan continue, dans la violence et la confusion générale. Le 22, le Président Ianoukovitch fuit brusquement l’Ukraine. Pendant ce temps, la diplomate américaine Victoria Nuland s’entretient avec son Ambassadeur à Kiev, Geoffrey Pyatt. Exprimant son vœu de voir les Nations Unies, et non l’UE, arbitrer le conflit, elle lâche une phrase qui fera grand bruit : « donc je pense que ça serait bien que l’ONU calme tout ça, et bon… l’UE on l’emmerde ! ». Au-delà de leur vulgarité, ces propos en disent long sur les fréquentes frustrations américaines envers les lents processus européens. En clair, l’Europe est trop faible, trop lente, trop indécise. Conclusion : il faut la renforcer pour lui permettre de gérer plus efficacement les crises dans son propre voisinage.

Six ans plus tôt, cette même Victoria Nuland, alors Représentant Permanent des Etats-Unis à l’OTAN, avait explicité cette nouvelle doctrine : « l’Europe comme les Etats-Unis ont besoin d’une capacité européenne de défense plus solide et plus compétente. Une Politique Européenne de Sécurité et Défense (PESD) avec seulement du soft power ne suffit pas … Nous espérons que la France sera à la tête d’un effort européen pour renforcer les budgets de défense et actualiser les capacités militaires européennes … Car le Président Sarkozy a raison : l’OTAN ne peut pas tout faire » [7]. En clair, le meilleur remède contre la tendance européenne au free-riding était de favoriser l’affirmation stratégique de l’UE.

Ce changement radical de perception s’inscrit dans une évolution plus large, puisque déjà en 2005, les arguments rationnels sur l’importance de la relation transatlantique avaient supplanté les aberrations de la crise irakienne. Après sa réélection, Bush évinça Rumsfeld, Powell et Wolfowitz – les architectes de l’invasion de l’Irak – et la nouvelle Secrétaire d’Etat, Condoleezza Rice, fit le tour des capitales européennes pour renouer le dialogue. La Maison Blanche soulignait le besoin de coopération et estimait que les différences transatlantiques, loin d’empêcher le dialogue, renforçaient au contraire son utilité.

Autrement dit, au milieu des années 2000, l’Amérique dérogeait de plus en plus à la règle kissingerienne : au lieu de les diviser, Washington cherchait désormais à unir les Européens.

Approfondissement stratégique européen et renforcement de la position américaine : une relation mutuellement bénéfique plutôt que mutuellement exclusive

A peine installé à la Maison Blanche, Barack Obama prolongeait cette nouvelle conception américaine de l’Europe. En avril 2009, il se rend à Strasbourg pour exposer sa vision du monde et le rôle que l’Europe y joue [8]. Selon lui, la nécessité de coordonner la riposte à la Grande Récession à l’échelle mondiale souligne la transition d’un monde unipolaire à un monde multipolaire. La puissance économique est trop décentralisée, trop globale pour que les décisions majeures continuent d’être prises par les puissances traditionnelles. Dans la sphère transatlantique également le besoin de coopération se fait sentir pour rendre possible et durable tout redressement économique.

Pendant sa campagne de 2008, Obama (s’) était décrit comme « celui qui allait faire de nouveau respecter l’Amérique – pas seulement grâce à ses prouesses militaires mais en faisant appel à l’irrésistible rêve américain, qu’il illustrait à merveille. Le hard power laissait la place au soft power. L’unilatéralisme appartenait au passé » [9]. Dès lors, l’Europe ne pouvait plus être perçue comme un allié jetable, que l’Amérique utilise quand il est d’accord avec elle, et qu’elle divise quand il ne l’est pas. « J’ai confiance en notre capacité à relever n’importe quel défi du moment que nous faisons face ensemble … Il est toujours plus difficile de forger de vrais partenariats et de solides alliances que d’agir seul ou d’attendre que quelqu’un d’autre agisse à votre place … En Amérique, nous n’apprécions pas à sa juste valeur le rôle majeur joué par l’Europe dans le monde. Au lieu de célébrer votre union dynamique et de s’associer à vous, … l’Amérique a parfois fait preuve d’arrogance, de mépris, et même de raillerie ». Toutefois, « il n’y pas que l’Amérique qui doit changer … L’Europe ne doit pas attendre des Etats-Unis qu’ils portent seuls ce fardeau … Donc nous allons conduire nos opérations d’une manière exemplaire. Ainsi, les Européens n’auront plus d’excuses pour ne pas participer ».

On le voit, la lutte contre le terrorisme et le basculement du monde dans la multipolarité jouent un rôle central dans ce changement de vision. Pour les Américains, l’UE représente traditionnellement une façon d’importer de la sécurité sur le continent européen ; or, depuis le 11 septembre, Washington voit dans l’UE un moyen d’ exporter les capacités militaires européennes hors de leur voisinage [10]. Et pour se faire, l’UE doit atteindre une masse critique d’un point de vue géopolitique. Les officiels américains commencèrent donc à dialoguer des questions de sécurité directement avec Bruxelles – et non plus seulement avec Paris, Londres, Berlin et Rome. Ce faisant, ils « dé-bilatéralisent » la relation transatlantique et reconnaissent que ce dialogue avec l’UE est non seulement avantageux mais inévitable. Surtout, le soutien au renforcement de la capacité européenne de défense se fit plus ouvert et assumé. Un haut responsable américain déclara ainsi devant une Commission de la Chambre des Représentants : « nous pensons que la PSDC peut faire une contribution significative à la stabilité et la sécurité internationales » [11]. Un an plus tard, les Etats-Unis rendaient possible la mission militaire de l’UE en Somalie [12], agissant, pour la première fois, en accord avec leur nouvelle conviction selon laquelle les ambitions militaires de l’UE complètent – au lieu de menacer – le statut de Washington dans le monde. Pour se donner une idée du chemin parcouru, Erwan Lagadec rappelle qu’« en 2003, Washington voyait toujours la PESD comme ‘’un coup de poignard dans le dos de l’OTAN’’, et ce d’autant plus qu’elle nourrissait des ambitions militaires. En 2010, les Etats-Unis rendaient possible et assistaient une mission militaire européenne » [13].

Incontestablement, la révolution doctrinale entamée à la fin des années W. Bush était confirmée et renforcée. L’Amérique se rendait compte que ses intérêts étaient mieux servis par une Europe unifiée que par une Europe divisée. Ce renversement remonte même à 1991. Il est vrai que le début des années 2000 a marqué un retour aux tendances autoritaristes. Mais au bout du compte, ce moment unilatéral est l’exception qui confirme la règle. Une parenthèse. Un détour. Sur le temps long, du renforcement cosmétique des années 1990 au renforcement authentique du milieu des années 2000, c’est une toute autre tendance qui se dégage depuis 1991 : l’Europe est trop faible ; renforçons la en l’unifiant.

Ainsi, malgré des fluctuations et des hésitations, les années 1990-2000 ont vu l’émergence d’une vision qui contredit celle de années 1970-1980. Comment expliquer ce revirement dans la tactique américaine ?

III. Une remarquable continuité des buts stratégiques : s’assurer que l’Europe ne soit ni un complet échec, ni un franc succès

Schématiquement, deux grandes visions se dégagent donc : diviser pour affaiblir (1971-1991), et unifier pour renforcer (1991-2015). Apparemment contradictoires, ces perceptions sont en fait les deux faces d’une même pièce. Comme nous le rappelle Henry Kissinger dans son dernier livre, World Order, un changement de ton correspond bien souvent à une adaptation des tactiques aux nouvelles circonstances pour atteindre des buts globalement inchangés. Autrement dit, changer d’itinéraire pour atteindre la même destination. Ainsi, malgré les fréquentes fluctuations dans la perception américaine de l’Europe, l’objectif sous-jacent est resté le même : faire en sorte que l’Europe soit toujours assez forte pour soutenir les Etats-Unis, mais jamais assez forte pour les concurrencer. Rétrospectivement, la perception visant à renforcer l’UE n’est qu’une façon de faire nécessité vertu : face aux débâcles de la « guerre contre le terrorisme », aux contrecoups de la Grande Récession, à l’ascension des émergents, au déclin relatif de la sphère euro-atlantique, à la mutation de la notion de puissance, qui devient de plus en plus diffuse, multiforme et multi-acteurs [14], il s’agit d’exploiter les opportunités et de limiter les menaces. En appelant au renforcement et à l’approfondissement militaro-stratégique de l’UE, les Américains veulent tout changer pour que rien ne change.

Dès lors, ce revirement reste très intéressé : faire de l’UE un acteur international téméraire et innovant permet aux Etats-Unis de se concentrer sur les questions à haute valeur ajoutée. Les Américains ne sont pro-UE que dans la mesure où cela leur profite et où ils peuvent contrôler la vitesse et l’étendue du renforcement européen. En clair, si l’ombre de l’oncle Sam en Europe est indéniablement moins écrasante qu’auparavant, elle reste considérable.

Malgré tout, une fenêtre d’opportunité s’ouvre pour l’UE. Certes, l’émancipation européenne reste sous stricte supervision américaine. Mais l’allié américain est tout de même moins embarrassant. Il n’est plus le principal obstacle à l’émergence de l’UE comme fournisseur de sécurité fiable et compètent. Reste à savoir si les Européens sauront surmonter leurs contradictions pour prendre en main leur destin stratégique – tant qu’il en est encore temps. Les arrivées massives de réfugiés, les crispations sur le terrorisme domestique, l’agression russe en Ukraine, l’absence de l’UE dans les conflits moyen-orientaux, la montée des populismes en Europe, les laborieuses négociations sur la dette grecque, la tentation facile du repli sur soi – autant de tensions reflétant ce manque d’Europe dans l’Union et ce manque d’union dans l’Union [15]. La révision de la stratégie européenne de politique étrangère et de sécurité d’ici mi 2016 serait une bonne occasion de commencer à combler ce manque.

Copyright Novembre 2015-Andorra/Diploweb.com

Mots-clés : Union européenne, Russie , Ukraine, Etats-Unis, Diplomatie, Économie, Géopolitique, PESD, 1957, Relations internationales, Puissance, Guerre froide, Union soviétique (URSS), Post-guerre froide, Stratégie, Euro-atlantique, 2015

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[1] Henry Kissinger, cité dans Jussi M. Hanhimaki, Transatlantic relations since 1945 : an introduction, 2012

[2] BBC News Europe, Ukraine crisis : Transcript of leaked Nuland-Pyatt call, 7 février 2014

[3] Voir Erwan Lagadec, Transatlantic Relations in the 21st Century : Europe, America and the rise of the Rest, 2012

[4] John Hulsman, “European arrogance and weakness dictate coalitions of the willing”, The Heritage Foundation, 10 février 2003

[5] Cité dans Samuel F. Wells, The strategic triangle : France, Germany and the United States in the shaping of the new Europe, 2006

[6] Voir Charlotte Bezamat-Mantes et Pierre Verluise, « UE-OTAN : quels rapports ? Les élargissements de l’OTAN donnent le rythme de ceux de l’UE », Diploweb, 7 juin 2014

[7] US Ambassador to NATO Victoria Nuland’s speech in Paris, “Ambassador discusses strengthening global security for Europe”, 22 février 2008

[8] The White House, Remarks by President Obama at Strasbourg Town Hall, 3 avril 2009

[9] Hanhimaki, ibid., 2012

[10] Lagadec, ibid., 2012

[11] Philip H. Gordon, Assistant Secretary, Bureau of European and Eurasian Affairs, “The Lisbon Treaty : Implications for Future Relations Between the European Union and the United States”, Statement before the Subcommittee on Europe of the House Foreign Affairs Committee, 15 décembre 2009

[12] European External Action Service, “EUTM Somalia : EU military mission to contribute to the building up and strengthening of the Somali National Armed Forces”

[13] Lagadec, ibid., 2012

[14] Voir Bertrand Badie, L’impuissance de la puissance : essai sur les incertitudes et les espoirs des nouvelles relations internationales, 2004 Voir aussi Joseph Nye, The Paradox of American Power : Why the world’s only superpower can’t go it alone, 2002

[15] Pour paraphraser Jean-Claude Juncker, Président de la Commission Européenne, Discours sur l’état de l’Union 2015, 9 septembre 2015

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