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Simulacre de paix

Publié le par Felli Bernard

l’ambassadrice US au Conseil de sécurité, Samantha Power,
l’ambassadrice US au Conseil de sécurité, Samantha Power,

Simulacre de paix

par Thierry Meyssan

Alors que le cessez-le-feu en Syrie, conclu par le secrétaire d’État états-unien et son homologue russe, semblait tenir —hormis la tentative israélienne du premier jour—, le Pentagone a attaqué pour la seconde fois l’Armée arabe syrienne. Il assure qu’il s’agit d’une erreur, mais la réaction de l’ambassadrice à l’Onu laisse au contraire penser à l’exécution d’un plan. À quoi joue Washington ?

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 20 septembre 2016

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En négociant un cessez-le-feu avec les États-Unis, la Russie savait qu’ils ne le respecteraient pas plus que les précédents. Mais Moscou espérait avancer sur la voie de la reconnaissance d’un monde multipolaire. Washington, de son côté, mettait en avant la fin de la présidence Obama pour justifier souscrire à un accord de la dernière chance.

Laissons de côté la tentative israélienne de profiter de la trêve pour attaquer Damas et le Golan. Tel-Aviv a dû essuyer des tirs de missiles de nouvelle génération, a perdu un avion et doit en réparer un second. Il semble que la Syrie soit désormais en mesure de contester la domination aérienne régionale d’Israël.

Laissons également de côté les chefs d’État et de gouvernement européens qui ont applaudi cet accord sans en connaître le contenu et se sont ainsi couverts de ridicule.

Venons en au fait : en définitive, le convoi humanitaire de l’Onu a été bourré d’armes et de munitions. Il attend toujours à la frontière turque, officiellement parce que la route n’est pas sûre, officieusement parce que la Syrie demande à pouvoir le fouiller avant de le laisser passer. Cette manière de faire des Nations unies correspond aux révélations du chef de l’antiterrorisme turc, Ahmet Sait Yayla, qui vient de faire défection : le Pentagone et la Turquie utilisent les convois humanitaires pour armer les jihadistes.

Puis, le Pentagone a attaqué une position statique syrienne à Deir ez-Zor. Il s’est arrêté lorsque la Russie l’a prévenu de sa « méprise ». Et il a laissé les jihadistes poursuivre l’attaque sur la voie qu’il leur avait ouverte.

Au plan stratégique, empêcher l’armée arabe syrienne de libérer l’ensemble du gouvernorat de Deir ez-Zor, c’est maintenir Daesh dans son rôle d’obstacle sur la route Damas-Bagdad-Téhéran. Par le passé, le Pentagone avait laissé Daesh s’installer à Palmyre, l’étape historique de la « route de la soie ». Aujourd’hui, la route est toujours coupée côté irakien par les jihadistes, mais pourrait être contournée par Deir ez-Zor si les Irakiens libèrent Mossoul.

D’un point de vue états-unien, l’accord était uniquement un moyen de gagner du temps, d’approvisionner les jihadistes et de reprendre la guerre. Renversant la situation au plan diplomatique, la Russie a convoqué une réunion d’urgence du Conseil de sécurité, provoquant l’affolement à Washington. En effet, cette période ne correspond pas uniquement à la fin du mandat Obama, mais aussi à la tenue de l’Assemblée générale des Nations unies.

Manifestement inquiète, l’ambassadrice US au Conseil de sécurité, Samantha Power, a quitté la salle du Conseil en pleine séance pour s’adresser aux journalistes. Elle espérait ainsi que les premières dépêches d’agence ne traiteraient que le point de vue états-unien. Elle a donc ironisé sur la « mise en scène » russe autour de ce qui ne serait qu’un simple « incident » de tir (62 morts et une centaine de blessés !). Puis, elle s’est lancée dans une diatribe sur les crimes autrement plus graves du régime de Damas. Alerté de la manipulation, l’ambassadeur russe, Vitali Tchourkine, a alors quitté à son tour la salle du conseil pour venir donner son point de vue. Prudents, les journalistes, auxquels la Chambre britannique des Communes vient de rappeler les mensonges de Madame Power à propos des supposés crimes de Mouamar Kadhafi, ont rendu compte des deux interventions.

Désormais, la Russie va pousser son avantage diplomatique : les États-Unis ont été pris en flagrant délit de traîtrise. Moscou pourrait donc utiliser l’Assemblée générale pour annoncer sa volonté d’en finir avec les jihadistes. La manipulation US se retournerait contre ceux qui l’ont imaginée. Washington n’aurait plus que deux options : soit s’engager dans une confrontation ouverte dont il ne veut pas, soit accepter que ses protégés perdent la partie.

Thierry Meyssan

Source
Al-Watan (Syrie)

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L’Empire se lézarde

Publié le par Felli Bernard

L’Empire se lézarde

L’Empire se lézarde

Par Paul Craig Roberts – Le 5 août 2016 – Source Strategic Culture

Si vous vous demandez quelles sont les raisons de tous ces actes de terrorisme en France et en Allemagne, voici la rép
onse.

Washington a rendu le prix à payer pour faire partie de son Empire un peu trop élevé. Les États vassaux tels que la France et l’Allemagne ont commencé à mettre en place une politique étrangère indépendante envers la Russie. Regardant son Empire se lézarder, Washington a décidé de terroriser ses vassaux pour les ramener dans le droit chemin. Ainsi, les attaques terroristes auxquelles nous assistons en France et en Allemagne sont très probablement des répliques de l’Opération Gladio.

La politique de Washington envers la Russie, que Washington a imposé à tous les États européens, ne profite à personne si ce n’est à une poignée d’idéologues américains connus sous le nom de néoconservateurs. Les néoconservateurs sont des psychopathes en phase avancée, qui sont tout à fait disposés à détruire la planète, dans leur quête de suprématie américaine.

Une délégation des membres de l’Assemblée nationale et du Sénat français s’est rendue le 28 juillet 2016 en Crimée, pour participer à la Journée de la Marine russe. Thierry Mariani, le député français qui menait cette délégation, a fait un discours devant le Parlement de Crimée, et expliqué qu’il n’existe aucune raison pour que la France continue de soutenir les sanctions illégales imposées à la Russie par Washington.

Comme le décrit la Strategic Culture Foundation, il s’agit là «d’un courant qui est en train de se mettre en place en Europe».

«Le 8 juin, le Sénat français a voté massivement pour exiger du gouvernement une réduction progressive des sanctions économiques sur la Russie, au regard d’une opposition croissante à travers toute l’Europe à ces mesures punitives. L’Assemblée nationale française a voté à la fin du mois d’avril en faveur d’une levée de ces sanctions.» Voir ici.

Des hommes politiques en Italie, Belgique et à Chypre sont en train de s’engager sur la même voie. Des hommes politiques en Grèce et en Hongrie commencent eux aussi à questionner la validité de ces sanctions.

Donald Trump prend le même chemin, et c’est la raison pour laquelle la presse prostituée américaine essaie de le discréditer et de l’éliminer de la course à la présidence des États-Unis.

Les sites internet démocrates répandent les rumeurs selon lesquelles Trump n’aurait jamais eu l’intention de remporter la nomination du Parti républicain. Que son objectif aurait été d’arriver second sur les listes. Que sa campagne n’était qu’une campagne de relations publiques au service de sa notoriété personnelle, pour l’aider dans ses affaires. Mais que lui et ses conseillers auraient mal apprécié le désenchantement de l’électorat américain pour l’élite traditionnelle, et que Trump aurait remporté la nomination malgré lui.

Ces mêmes sites démocrates expliquent aujourd’hui que Trump essaie de se rendre impopulaire en critiquant les familles de héros de guerre américains de confession musulmane, et les femmes qui choisissent d’avorter, pour pouvoir se retirer de la course, permettant ainsi à la Convention nationale des Républicains de sélectionner un autre candidat qui pourra tenir tête à Hitlery Clinton, et constituer un candidat acceptable pour les oligarques au pouvoir et la presse-tituée médiatique.

Étant donne l’état de dégénérescence avancé de l’Amérique, ces manigances sont bien possibles.

Mais pour le moment, nous nous devons d’en douter et de le mettre sur le compte de l’effort généralisé pour faire échouer Trump et son électorat. Le Mal qui règne sur l’Amérique est déterminé par son effort à mettre un de ses fidèles serviteurs à la Maison Blanche, et ce serviteur est aujourd’hui Hitlery Clinton.

Paul Craig Roberts

Article original paru sur paulcraigroberts.org

Traduit par Laurent Schiaparelli, édité par Wayan, relu par nadine pour Le Saker Francophone

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Kiev et Moscou sur le pied de guerre

Publié le par Felli Bernard

Petro Porochenko
Petro Porochenko

Kiev et Moscou sur le pied de guerre

Home | Europe de l'Est | Actualités

Par : EurActiv France avec agences

9:43 (mis à jour: 9:44)

Petro Porochenko

L’Ukraine a placé ses troupes en état alerte le long de la ligne de démarcation avec la Crimée, à la suite d’un brusque regain de tension avec la Russie qui inquiète les États-Unis, plus de deux ans après l’annexion de ce territoire ukrainien.

« J’ai ordonné à toutes les unités dans les régions situées au niveau de la frontière administrative avec la Crimée et le long de la ligne de front dans le Donbass [est de l’Ukraine] de se mettre en état d’alerte », a annoncé jeudi le président ukrainien, Petro Porochenko, sur Twitter.

Quelques heures auparavant, c’est Vladimir Poutine qui réunissait le Conseil de sécurité russe. « Des mesures supplémentaires ont été discutées pour assurer la sécurité des citoyens et les infrastructures vitales de la Crimée », a précisé le Kremlin dans un communiqué.

La veille, la Russie avait affirmé avoir déjoué des « attentats » fomentés selon elle par Kiev sur la péninsule annexée en 2014 à l’issue d’un référendum jugé illégal par les Occidentaux.

Les États-Unis se sont déclarés extrêmement inquiets du regain de tension entre la Russie et l’Ukraine le long de la ligne de démarcation de la Crimée et ont appelé les deux camps à éviter toute escalade.

« La Crimée fait partie de l’Ukraine et elle est reconnue comme telle par la communauté internationale », a réaffirmé la porte-parole de la diplomatie américaine, Elizabeth Trudeau.

Un responsable de l’OTAN a déclaré à l’AFP que l’Alliance suivait « de près et avec inquiétude » la situation. « La Russie n’a fourni aucune preuve tangible de ses accusations contre l’Ukraine », a ajouté ce responsable qui n’a pas souhaité être nommé.

Mouvements de troupes

Les services de renseignement russes accusent Kiev d’avoir organisé plusieurs incursions de saboteurs-terroristes qui se sont soldées par des affrontements armés et ont coûté la vie, selon Moscou, à un agent des services secrets, le FSB (ex-KGB), et à un militaire russe.

Selon le FSB, un premier groupe a été intercepté près de la ville d’Armiansk en Crimée dans la nuit du 6 au 7 août, et 20 engins explosifs ont été saisis. Deux autres groupes ont été interceptés la nuit suivante, alors qu’ils étaient appuyés par des tirs de l’armée ukrainienne, selon la même source.

L’armée ukrainienne a accusé Moscou de vouloir « justifier le redéploiement et les actes agressifs des militaires russes » en Crimée.

>> Lire : « La guerre pour l’indépendance de l’Ukraine se poursuit » affirme Petro Porochenko

Moscou a affirmé avoir arrêté un officier du renseignement militaire ukrainien, Evguen Panov. Kiev l’a qualifié d’« otage ». La télévision russe a montré des images présentées comme celles de l’interrogatoire de cet homme, qui présentait des coupures et des traces de coups au visage et au bras.

Il a déclaré avoir été recruté par le renseignement militaire ukrainien pour s’attaquer à un ferry, une base d’hélicoptères, un dépôt de pétrole et une usine chimique.

Interrogés par l’AFP, plusieurs habitants de la péninsule vivant près de la frontière ukrainienne ont rapporté avoir constaté d’importants mouvements de véhicules militaires ces derniers jours dans la zone.

Lors d’un entretien téléphonique avec son homologue français Jean-Marc Ayrault, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a appelé les Occidentaux à mettre en garde Kiev « contre des mesures dangereuses qui pourraient avoir les conséquences les plus négatives », selon son ministère.

>> Lire : Poutine accuse Kiev de terrorisme en Crimée

Le processus de paix remis en cause

Un responsable de haut niveau au sein des services de sécurité ukrainiens a indiqué à l’AFP que l’Ukraine se préparait à toute éventualité, jugeant possible une invasion russe. Ces échanges constituent l’une des plus fortes montées de fièvre entre Moscou et Kiev, à couteaux tirés depuis l’arrivée au pouvoir de pro-occidentaux en Ukraine début 2014.

Outre l’annexion de la Crimée, un conflit a alors éclaté avec des séparatistes prorusses dans l’est de l’Ukraine, appuyés selon Kiev et les Occidentaux par l’armée russe. Ce conflit a déjà fait plus de 9 500 morts.

Mercredi, Vladimir Poutine a estimé que dans ce contexte, une nouvelle rencontre prévue début septembre au format Normandie, c’est-à-dire avec Petro Porochenko, le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel, n’avait « aucun sens ».

C’est par cette médiation qu’avaient été conclus en février 2015 les accords de Minsk pour un règlement politique du conflit, qui n’ont abouti jusqu’à présent qu’à une baisse d’intensité des combats dans l’Est de l’Ukraine.

>> Lire : Des brèches multiples dans la trêve en Ukraine

L’Ukraine demande des preuves

Au cours d’une séance à huis clos du Conseil de sécurité de l’ONU, l’Ukraine a demandé à la Russie de fournir des preuves pour étayer ses accusations – rejetées par Kiev et mises en doute par les États-Unis et l’OTAN – selon lesquelles elle préparait des attentats terroristes en Crimée.

L’ambassadeur d’Ukraine à l’ONU, Volodymyr Yelchenko, a affirmé avoir interpellé son homologue russe, lors d’une séance à huis clos du Conseil de sécurité. « Si c’est bien arrivé, où sont les preuves ? Des déclarations, des images, des photos, des vidéos, quoique ce soit », a lancé l’ambassadeur à des journalistes. « Ce ne sont que des mots. »

Le Conseil de sécurité des Nations unies a discuté jeudi des tensions croissantes en Crimée après les accusations de la Russie selon lesquelles l’Ukraine préparait des attentats dans la péninsule disputée par les deux pays.

L’Ukraine, membre non permanent du Conseil, a réclamé la tenue en urgence de consultations et a demandé à l’ONU, l’Union européenne et la Croix Rouge de se rendre en Crimée pour interroger deux personnes arrêtées et accusées d’être liées à la tentative d’attentat.

Les résultats de la rencontre seraient ensuite présentés au Conseil de sécurité et à l’OSCE, a expliqué le diplomate ukrainien.

Son homologue russe, Vitali Tchourkine, a dit de son côté que l’Ukraine « avait perpétré un acte de sabotage et de terrorisme » en Crimée, que la Russie a annexée en 2014. Selon lui, « cela montre que le chaos qui règne à Kiev ». « Ils essayent de détourner l’attention », a-t-il ajouté.

Moscou et Kiev sont en pleine confrontation depuis l'arrivée au pouvoir de pro-occidentaux en Ukraine à la place du président prorusse Viktor Ianoukovitch, début 2014. Le conflit a déjà fait 9 500 morts.

Voici les temps forts du conflit entre la Russie et l'Ukraine depuis l'annexion par Moscou de la Crimée en 2014, qui a provoqué la pire crise diplomatique entre l'Occident et la Russie depuis la chute de l'URSS en 1991.

2014, la Russie annexe la Crimée

  • 26 février 2014 : Prorusses et pro-ukrainiens s'affrontent à Simféropol, capitale de la Crimée, république autonome et russophone du Sud. Le lendemain, le Parlement de Crimée, dont un commando de militaires russes s'est emparé, élit un nouveau gouvernement local. Des forces spéciales russes contrôlent les points stratégiques et forcent les militaires ukrainiens à poser les armes ou à rejoindre les nouvelles forces sous contrôle de Moscou.
  • 16 mars : Un référendum, non reconnu par Kiev et les Occidentaux plébiscite le rattachement de la Crimée à la Russie, acté deux jours après par Moscou.

Rébellion séparatiste dans l'Est

  • 6 avril : Dans l'Est frontalier de la Russie, des manifestants prorusses s'emparent de bâtiments officiels à Donetsk et Lougansk. Kiev va déclencher une « opération antiterroriste » pour reprendre les zones contrôlées par les séparatistes.
  • 11 mai : « Oui » massif des régions de Donetsk et de Lougansk à un référendum d'indépendance organisé par les séparatistes. Kiev et les Occidentaux dénoncent le scrutin comme illégal, la Russie dit en respecter les résultats.
  • 17 juillet : Un Boeing de Malaysia Airlines avec 298 personnes à bord s'écrase dans l'Est, vraisemblablement abattu par un missile. Kiev et les rebelles s'accusent d'être à l'origine de la tragédie.

Fin juillet, l'UE décrète de lourdes sanctions économiques contre la Russie, déjà visée par plusieurs trains de sanctions européennes et américaines.

Kiev et les Occidentaux accusent la Russie de soutenir les séparatistes en leur fournissant armes, mais aussi troupes et conseillers militaires, ce que Moscou dément.

  • 25 août : Début d'une contre-offensive des rebelles qui infligent une série de défaites à l'armée ukrainienne, notamment à Ilovaïsk (366 soldats tués en quelques jours, selon Kiev), avec l'appui massif de troupes régulières russes selon Kiev et les Occidentaux.

>> Lire : Kiev se tourne vers l’OTAN

Accords de Minsk

  • 5 septembre : Un cessez-le-feu est conclu à Minsk entre Kiev et rebelles avec la participation de la Russie et de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe). Mi-octobre, échec de nouvelles négociations et reprise des combats.
  • 12 février 2015 : Signature des accords de paix Minsk 2 entre rebelles et Kiev à la suite d'une médiation franco-allemande en présence de Vladimir Poutine. L'accord renforce les dispositions de Minsk 1, en réinstaurant un cessez-le-feu et en élargissant la zone tampon d'où les armes lourdes doivent être retirées. Depuis, malgré plusieurs trêves, des affrontements ont régulièrement lieu le long de la ligne de front.

Affrontements entre policiers et nationalistes

  • 31 août : Le vote en première lecture d'un projet de loi octroyant une plus grande autonomie aux régions de l'Est tourne à l'affrontement entre policiers et manifestants nationalistes. La réforme avait été exigée par les alliés occidentaux de l'Ukraine qui y voient un moyen d'apaiser le conflit.

>> Lire : Le nombre de demandeurs d’asile ukrainiens explose

2016, regain de tensions entre Moscou et Kiev

  • 10 août 2016 : Vladimir Poutine accuse les autorités ukrainiennes de terrorisme après l'annonce par les services secrets russes d'attentats déjoués en Crimée et préparés, selon Moscou, par l'Ukraine.

Le président ukrainien Petro Porochenko rejette toutes les accusations en les qualifiant d'« absurdes et cyniques ».

  • 11 août : Vladimir Poutine annonce le renforcement de la sécurité en Crimée. Petro Porochenko demande la mise en alerte d'une partie de l'armée.

>> Lire : Les conséquences stratégiques de l’accord de Minsk 2 pour l’Ukraine

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Coup d’État en Turquie

Publié le par Felli Bernard

Par Dmitry Orlov
Par Dmitry Orlov

Coup d’État en Turquie

Par Dmitry Orlov – Le 19 juillet 2016 – Source Club Orlov

Beaucoup de mots ont déjà été dits au cours de ces derniers jours au sujet du coup d’État turc qui ne pouvait pas aboutir, mais assez étrangement certaines choses assez évidentes sont passées sous silence, donc je vais essayer de combler ces quelques lacunes. Plus précisément, beaucoup de choses qui ont été dites sont à ranger dans les gammes de faible d’esprit tout à fait absurdes. Si c’est de la propagande, elle sonne très mal, une bien faible propagande. Pourtant, il ne manque pas de gens pour répéter sans cesse ces éléments de discussion, que ce soit parce qu’ils sont payés pour ou parce qu’ils n’en savent pas plus. Ce sont ces points que je vais aborder.



Théorie idiote # 1 : Erdoǧan a organisé son propre coup afin de consolider son pou
voir.

Avant le putsch, Erdoǧan était parti en vacances, ce qui est traditionnellement le meilleur moment pour renverser un leader. Par exemple, le mandat de Gorbatchev comme président de l’URSS s’est terminé par un putsch en août 1991, alors qu’il était en vacances. Les gens qui sont occupé à mettre en scène un putsch pour consolider leur pouvoir ne partent pas en vacances ; ils sont trop occupés à comploter et à l’orchestrer.

Erdoǧan a tenté de rentrer en Turquie, pour constater qu’il ne pouvait pas atterrir à l’aéroport Atatürk d’Istanbul, puis s’est trouvé pourchassé par des F-16s hostiles. Il aurait ensuite volé vers l’Europe et demandé l’asile politique en Allemagne, ce qui lui a été refusé (bye-bye, Allemagne ! ). À un certain moment, il lui est apparu qu’une grande partie de l’armée et la quasi-totalité des personnes en Turquie étaient de son côté, et il leur a demandé de descendre dans la rue pour la défense du gouvernement légitime. Il l’a fait en utilisant une technique improvisée de communication publique qui était presque une parodie de lui-même : son visage sur un téléphone cellulaire tenu en face d’une caméra de télévision. Ce qui a suivi n’était pas une timide démonstration pacifique en faveur du statu quo, mais une caricature d’action politique, avec des civils devant des chars et prêts à se faire écraser, suivis par d’autres civils sautant sur des chars et sautant à la gorge des pilotes. Le putsch est parti en vrille.

Tout cela n’est pas très compliqué à comprendre. Il est parti en vacances ; il a essayé de fuir ; il a prié son peuple de l’aider depuis un téléphone cellulaire. Il a fini par ressembler à un leader faible et confus dans une région où les dirigeants sont soit forts soit disparaissent rapidement. Pensez-vous toujours qu’il avait planifié tout cela ? Pas moi.

Théorie idiote # 2 : Erdoǧan est totalement imprévisible et fou.

Non, le pauvre garçon vient seulement de faire beaucoup d’erreurs. Le monde moderne est très complexe et ce n’est qu’un homme politique national, pas un génie géopolitique extraordinaire. Il a essayé de travailler avec l’UE. Puis, quand le Brexit est arrivé, il a réalisé que l’UE est maintenant une union mort-vivante. Il a essayé de travailler avec l’OTAN ; puis il s’est rendu compte que l’OTAN est un pacte mortel qui essaie de provoquer une guerre suicidaire avec la Russie, dont la Turquie serait le perdant inévitable. Voici une autre théorie très simple : peut-être qu’il faisait seulement de son mieux, mais qu’il n’a pas été très bon.

Il y a beaucoup plus de preuves de cela. Erdoǧan a mal joué de toutes ses cartes :

• Il n’a pas résisté à la manière dont les États-Unis et d’autres ont soutenu ISIS et al-Qaïda en Syrie – alias Al Nusra – permettant à la Turquie de servir de conduit pour le pétrole syrien et irakien volé − qu’ISIS exporte vers Israël et ailleurs − et en permettant aux armes et aux djihadistes de circuler dans l’autre sens. Il a également permis à son propre fils de tirer profit de cette affaire louche. Enrichir votre ennemi est généralement un mauvais plan.

• Il n’a pas empêché ceux qui ont organisé la crise européenne des réfugiés (George Soros et Cie) − après plusieurs attaques terroristes horribles − de faire s’infiltrer des milliers de terroristes en Turquie, tout comme ils l’ont fait dans l’Union européenne. Il a essayé de gagner les faveurs de l’Union européenne (avec l’idée de se joindre à elle) tout en contribuant à l’affaiblir en l’inondant avec les terroristes et déstabiliser son propre pays dans le même processus a également été un mauvais plan.

• Il a aussi répondu de la mauvaise manière à l’avion russe descendu par l’OTAN sans provocation au dessus de la Syrie, qui a abouti à des sanctions russes douloureuses contre les exportations agricoles turques, les entreprises de construction et l’industrie touristique. Puis il s’est rendu compte qu’il avait fait une grave erreur, a fait une volte-face soudaine et a présenté ses excuses à la Russie. Mais entretemps, il avait gaspillé une grande partie de la bonne volonté du peuple russe durement gagnée. (La Russie et la Turquie se sont combattus lors de nombreuses guerres, et les Russes, comme les éléphants, n’oublient jamais.) Pourrir les relations avec un pays voisin, dont votre pays dépend pour sauvegarder les emplois de votre population et garder les lumières allumées, est un très mauvais plan en effet.

Tout cela a également contribué à le rendre très, très faible.

D’un autre côté, les Turcs sont un peuple fort. Leur armée, au moins la partie de celle-ci qui à fait le coup, est… une armée de l’OTAN, bonne à enlever son uniforme en public et fuir (voir photo), mais le peuple turc peut apparemment gérer la situation lui-même. Il ne voulait clairement pas finir par vivre sous une dictature militaire pro-occidentale, comme l’Égypte. Avez-vous remarqué combien il y a peu de nouvelles en provenance de l’Égypte, en dépit de toutes les terribles violations des droits de l’homme qui s’y déroulent ? C’est parce que l’Égypte est passée sous contrôle occidental depuis que les Frères musulmans [aussi manipulés par l’Occident, NdT] démocratiquement élus ont été renversés par les militaires. Cela n’a aucune importance en Occident que l’Égypte ne soit plus une démocratie, ou que les droits de l’homme y aient à peu près disparu.

Mais cela ne semble pas avoir beaucoup d’importance aux yeux des Turcs ! La seule partie qui était difficile de prédire est combien de temps il faudrait à Erdoǧan pour comprendre réellement ce qui se passait et commencer à répondre de manière adéquate aux exigences de la situation.

Théorie idiote # 3 : Erdoǧan est un nouvel Hitler

Tout d’abord, voir ci-dessus ; Erdoǧan est faible. (Hitler était-il faible ? ) Mais, en dépit d’être faible, et en dépit de faire beaucoup d’erreurs tactiques, il est un leader populaire poursuivant une stratégie globale correcte. Il vient de tourner le pays dans la direction dans laquelle le vent souffle sur une grande partie du monde de toute façon, loin de la démocratie libérale occidentale et ses mises en scène qui ont échoué, vers les mouvements conservateurs populistes teintés d’autoritarisme renaissant à la Frères musulmans, ou Russie unie [parti politique russe, NdT], ou le Front national en France [Euh… le FN est plutôt en voie de normalisation démocratique, NdT], ou Donald Trump aux États-Unis, ou l’un de ces autres mouvements populaires qui sont prêts à être mis au pouvoir par le vote dans de nombreuses régions du monde au cours des années à venir [en Autriche ? NdT]. Ce dont la Turquie a besoin pour combattre la combinaison du soutien mutuel des extrémistes musulmans et des corporations globalistes, c’est d’un leader fort, pas d’un leader plus faible.

Deuxièmement, lorsque diverses voix à la langue fourchue à l’Ouest commencent à appeler quelqu’un Hitler, le changement de régime n’est pas loin ! Mais leur machinerie de changement de régime semble avoir cessé de fonctionner depuis un certain temps. Ils ont essayé sur Poutine ; ça a fait long feu. Ils ont essayé en Ukraine ; c’est la dernière fois que cela a bien marché. Ils essayent sur Assad depuis cinq ans ; il est toujours là. Maintenant, ils vont essayer sur le pauvre Erdoǧan barricadé derrière ses murs ? Espérons que cela ne fonctionne pas sur lui non plus. Les États-Unis et l’OTAN sont responsables d’une longue série de destruction de pays, les uns après les autres, l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, l’Ukraine, la Syrie, le Yémen, mais il y a espoir que cette vague de destruction soit enfin terminée. Espérons qu’ils ne parviennent pas à transformer la Turquie en un État défaillant de plus.

Troisièmement, la raison indiquée pour traiter Erdoǧan de ces noms d’oiseaux est qu’il est antidémocratique. Ici, quelques observations sont à faire. Le manque de démocratie n’est un problème que dans la mesure où l’Occident s’en préoccupe : regardez l’Égypte. Si les gens insistent pour élire quelqu’un que l’Occident n’aime pas, oubliez la démocratie ! Vivez sous une dictature militaire jusqu’à ce que vous ayez appris votre leçon ! Alors, avez-vous remarqué à quel point le style occidental de démocratie représentative tend à mal fonctionner dans les anciennes sociétés tribales du Moyen-Orient ? Eh bien, il se trouve que la démocratie ne fonctionne pas dans ces sociétés, et que l’autoritarisme populaire est une bien meilleure façon de gouverner, à moins que ce que vous vouliez produire soit un État défaillant et une crise de réfugiés.

Erdoǧan n’est pas Hitler. Il peut ne pas sembler être le leader national le plus fabuleux de l’histoire, mais si vous regardez autour, en fait il n’a pas l’air si mal en comparaison [de l’Arabie Saoudite ?? NdT]. Regardez les États-Unis, dont le Président noir a conduit les Noirs à commencer à assassiner des policiers. Ou regardez la Grèce, qui a passé du berceau de la démocratie à son lieu de décès à l’issue d’un référendum suivi par une capitulation immédiate. Ou la France, avec son François Hollande « il faut s’habituer au terrorisme » qui paie des milliers d’euros par semaine uniquement pour garder ses boules bien rasées. Ou Brexitania, qui vire son premier ministre Fook-A-Pig seulement pour le remplacer par une copie déterrée de Margaret Thatcher. Et puis il y a l’Ukraine, avec son président alcoolique Porky, et ses manœuvres parlementaires en dessous de la ceinture et un porte-parole qui a besoin d’un orthophoniste… Non, Erdoǧan ne semble pas si mal, en fait. Soyez heureux, Turcs, vous vous êtes trouvé un winner !

* * *

Depuis sa fondation en tant qu’État-nation moderne sur les ruines de l’Empire ottoman, la Turquie est restée à la croisée des chemins entre l’est et l’ouest. Au cours des dernières décennies, alors que le projet européen montrait certaines promesses, la Turquie s’est tournée plutôt vers l’ouest ; maintenant que le projet européen est en ruine, il est temps pour elle de faire face à l’est à nouveau. L’idée de l’intégration de la Turquie dans l’UE est déjà morte. Maintenant, ce que la Turquie a besoin de faire, c’est de sortir de ce ridicule pacte suicidaire qu’est l’OTAN et faire de nouveaux arrangements de sécurité dans un contexte eurasien plus large. John Kerry a récemment dit quelque chose à propos de virer la Turquie à coup de pompe hors de l’OTAN pour être anti-démocratique, qui ressemble beaucoup à un « Vous ne pouvez pas me virer, je démissionne ! ».

Ensuite, la Turquie doit faire face au méchant contingent diversement connu sous le nom de wahhabites, salafistes, takfiristes et djihadistes. (Si vous ne savez pas qui ils sont, vous pouvez les appeler extrémistes musulmans, mais ne les appelez pas juste des musulmans ou vous passerez pour des ignorants.) Et puis bien sûr il y a les multinationales qui sont toujours à la recherche d’occasions pour démembrer un pays par privatisation et le dépecer morceau par morceau, et qui doivent être tenues à distance jusqu’à ce que leur système financier mondial explose enfin. Extrémistes musulmans + multinationales sont une méchante combinaison, et ce ne sera pas une tâche facile. Je souhaite aux Turcs d’être à la hauteur.

Dmitry Orlov

Note du Saker Francophone

Ce qu'il est difficile de décrypter dans l'attitude de ce genre de personnages à tendances autocrates, ce sont les mélanges de genre en fonction des circonstances, violence en cas de remise en cause, copinage avec le diable sans trop d'état d'âme car lui connait les dessous de la géopolitique mondiale et n'est absolument pas dupe de la bien-pensance, projection néo-ottomane dans le cas turc qui est sans doute un désir inconscient du peuple turc, peur justifiée de guerre hybride, désir d'enrichissement des copains... Le mélange est toujours dangereux et les coups de barre intempestifs ou les changements de cap comme ces jours-ci ne sont que la résultantes de ces forces.

Si Dmitry Orlov, sans doute ravi de la tournure des évènements qui vont soulager le front sud de la Russie, peint un portrait presque sympathique d'Erdogan, il oublie aussi que sa politique a conduit à des massacres de populations en Syrie. 

Mais sinon l'article est comme toujours excellent. Le point critique relevé par Dmitry, c'est que la Turquie, pressée par les évènements, vient probablement d'opérer son pivot vers l'Asie (Ah Ah !!) et que cette purge va probablement empêcher tout retour en arrière, faute de relais occidentaux au sens de l’appareil d'État. Si c'est le cas et que la Turquie sort de l'OTAN après la sortie de l'Angleterre de l'UE, cela serait sans doute le début de la fin pour les globalistes au moment même ou leurs plans de monnaie mondiale commençaient à prendre sérieusement forme. 

Wall Street a d'ailleurs déjà commencé à mettre la pression sur Ankara.

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Que se passe t-il en Turquie ?

« Il semblerait que cet abandon de l’assassinat du Président et de la couverture aérienne qui étaient vitales pour le putsch soient la conséquence d’une menace d’intervention russe immédiate contre les aéronefs turcs à l’aide des batteries de missiles S-400 sur l’aéroport militaire syrien de Hmaymime (à proximité de Lattaquié), et qui ne sont qu’à 12 secondes de l’espace aérien turc. »

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

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LES COMPROMISSIONS DE L’ETAT PS AVEC L’ISLAM TERRORISTE (par l’Imprécateur)

Publié le par Felli Bernard

le tunisien Mohamed Lahouaiej Bouhlel, de son nom complet Mohamed Salman Ben Mondher Ben Mohamed Lahouaiej Bouhlel,
le tunisien Mohamed Lahouaiej Bouhlel, de son nom complet Mohamed Salman Ben Mondher Ben Mohamed Lahouaiej Bouhlel,

LES COMPROMISSIONS DE L’ETAT PS AVEC L’ISLAM TERRORISTE (par l’Imprécateur)

Publié le 20 juillet 2016 par L'Imprécateur

Ainsi, nous dit-on, le tunisien Mohamed Lahouaiej Bouhlel, de son nom complet Mohamed Salman Ben Mondher Ben Mohamed Lahouaiej Bouhlel, était inconnu des services de renseignements, non fiché S, multirécidiviste connu seulement des services de police, notamment pour des violences avec armes. Ce qui n’empêchait pas les administrations de la République « irréprochable » (mais sourde et aveugle), d’être aux petits soins pour ce pauvre immigré : carte de séjour, aides sociales, logement, etc.

Parce que si la moindre enquête avait été menée par les services d’immigration de monsieur Cazeneuve, Bouhlel n’aurait jamais du entrer en France. Il y est pourtant entré en 2005 et c’est pour remercier le président Hollande et ses ministres Cazeneuve et Valls qu’il vient de prendre la vie de 84 innocents et de mettre quelques dizaines d’handicapés à vie à la charge de leurs familles et de la Sécurité Sociale.

Né à M’Saken, à 140 km au sud de Tunis, le 3 janvier 1985, il était le fils d’un notable du parti islamiste et extrémiste Ennahdha. Venu en France, il a, pour obtenir sa carte de séjour, épousé sa cousine Hajer Lahouel, ce qui lui a valu automatiquement ladite carte, Hajer ayant la nationalité française.


Fâché depuis deux ans avec Hajer, Mohamed sortait tous les soirs, courait les filles, les garçons et les vjeux, comme l’a révélé l’épluchage de son portable par les policiers. Selon Kapitalis, son « amant » le plus âgé avait 76 ans !

Son père était connu comme un extrémiste islamiste violent, surveillé de près par la police tunisienne. Il a élevé son fils dans cet esprit d’intégrisme et de violence. Ce qui ressort déjà de l’enquête en cours, c’est la violence, mais dire qu’il s’était radicalisé « récemment » et « très vite » est une erreur que les enquêteurs rectifieront, du moins faut-il l’espérer.

Son père lui avait enseigné la « taqiya », technique de dissimulation prévue et encouragée par le Coran et la charia pour mieux tromper les mécréants qu’il faut détruire. La taqiya permet au musulman de boire de l’alcool, voler, tuer, violer, aller au bordel. Si la période de taqiya se termine par un beau massacre d’infidèles, elle vaut pardon pour toutes les fautes commises au nom d’Allah. C’est la raison pour laquelle les terroristes crient Allahou Akbar au moment où ils passent à l’acte. Raison aussi pour laquelle les autorités religieuses musulmanes ont les plus grandes difficultés à condamner le djihadiste qui est, pour l’islam, un « martyr ».
C’est d’ailleurs en martyr que la famille et les amis de Bouhlel s’apprêtent à enterrer à M’Saken le corps de Mohamed, dès que la justice française l’aura rendu.

Mohamed Lahouaiej Bouhlel ne s’est pas improvisé subitement terroriste comme le croient naïvement monsieur Cazeneuve et ses services, mais « il est né et a baigné dans un milieu familial favorable à la violence et au radicalisme. Il en va de même de sa belle famille » (Nebil Ben Yahmed, Tunisie-secret). Les Lahouel sont connus comme intégristes en Tunisie, les trois beaux-frères de Bouhlel sont d’ailleurs actuellement interrogés par la police tunisienne. Le fait que son entourage l’ait décrit comme « pas très religieux, ne faisant pas la prière, aimant les filles et la salsa » montre qu’il avait bien intégré la taqiya et comment un intégriste lié à l’Etat islamiste peut dissimuler son vrai visage avant de passer à l’action terroriste.
Comme l’a observé le Procureur de Paris, il a d’ailleurs suivi scrupuleusement les instructions venues de Raqqa et diffusées par les réseaux et groupes islamistes en France.

Ce criminel, né et élevé en Tunisie dans un milieu intégriste, était culturellement disposé à devenir terroriste en France. Et ils sont des milliers (une infime minorité par rapport aux cinq ou six millions de musulmans vivant en France, mais des milliers quand même) à être ainsi en France, bien au chaud, nourris par la République et protégés par la gauche et le PS, à attendre le moment où on leur donnera l’ordre de passer à l’action s’ils n’en prennent pas l’initiative d’eux-mêmes.
« Les services de police devraient s’inquiéter que l’un de ses proches (de Mohamed Bouhlel) travaille à l’aéroport de Nice » (Nebil Ben Yahmed, Tunisie-secret).

Depuis la « révolution du jasmin » que les frères musulmans avaient provoquée en Tunisie avec l’appui financier et politique des Occidentaux et sachant comment ils la récupèreraient ensuite pour faire de la Tunisie une république islamiste, « révolution » que l’ensemble des politiciens et journalistes français avaient à l’époque saluée, acclamée et exaltée, la Tunisie a produit des dizaines de milliers de ces terroristes islamistes. Plusieurs milliers font le djihad en Syrie pour s’entrainer, d’autres sont en France, et la France ne prend aucune mesure pour les surveiller.

Il y a moins d’un mois, François Hollande recevait en grande pompe le chef des Frères musulmans tunisiens, Rached Ghannouchi. Ghannouchi est un doctrinaire de l’islamo-terrorisme qui a fait partie du groupe organisateur de l’attentat du musée du Prado à Tunis. Hollande lui a demandé (c’était l’un des points non-écrits dans le programme officiel de la discussion prévue), « comment encadrer, contenir et empêcher la jeunesse musulmane française de basculer dans le radicalisme musulman« .
Si Al Capone vivait encore, Hollande l’inviterait pour lui demander comment encadrer et empêcher la jeunesse des banlieues de basculer dans le banditisme et le trafic de drogue !


Rached Ghannouchi

Car il faut tout de même rappeler (Fabius l’ignorait c’est normal, mais Ayrault devrait le savoir), que « les Frères musulmans sont classés « organisation terroriste », par l’Arabie Saoudite » (Le Monde). Il faudrait dire « même par l’Arabie saoudite ».

Certes, Ennahdha a décidé, le 22 mai dernier, de séparer ses activités religieuses de son action politique afin de devenir comme il le dit « un parti civil ». Mais c’est encore de la taqiya, de la dissimulation, car cette « grande réforme » se limite à interdire aux membres du parti d’exercer des activités politiques à ceux d’entre eux qui sont prêcheurs dans les mosquées !
Pour le reste, Ennahdha revendique toujours sont islamisme, n’abandonne aucune de ses activités religieuses et continue à interpréter la charia selon l’idéologie des Frères musulmans. Le parti n’envisage pas une seule seconde de devenir laïc, donc rien ne change, sinon que les Occidentaux naïfs le trouvent tout à coup fréquentable.
Hollande ignorait-il en embrassant Ghannouchi que celui-ci a participé au coup d’État islamiste de 1987, qu’ensuite il partit prêcher pour le compte de Ben Laden et d’al Qaïda au Soudan et s’en vante encore aujourd’hui ?
Le président de la république tunisienne, Beji Caïd Essebsi, ne vaut guère mieux : venu saluer la réforme d’Ennahdha il a émaillé son discours de citations religieuses tout droit sorties des textes des Frères musulmans.

Il faut, bien entendu, maintenir avec la Tunisie de bonnes relations d’État à État, mais personne ne doit se croire intelligent en prenant un air extasié en recevant ses dirigeants.

L’Imprécateur

Rached Ghannouchi

Rached Ghannouchi

LES COMPROMISSIONS DE L’ETAT PS AVEC L’ISLAM TERRORISTE (par l’Imprécateur)

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Publié le par Felli Bernard

MK Bhadrakumar
MK Bhadrakumar

Les gagnants et les perdants dans la tentative de coup d’État en Turquie

Par M.K.Bhadrakumar – Le 16 juillet 2016 – Source Asia Times

La tentative sanglante de coup d’État en Turquie, menée par une section de l’armée a échoué et la nuit des longs couteaux est sur le point de commencer. La géopolitique du coup d’État rend inévitables les répercussions très loin au-delà de la Tur
quie.

Le récit racontant que cela a été une rébellion de généraux et colonels mécontents contre un dirigeant autoritaire est beaucoup trop simpliste. La cible était sans aucun doute Erdogan, mais l’ordre du jour est plus compliqué que cela.

Ces événements dramatiques auront un impact sur le rôle régional et international de la Turquie dans toutes ses dimensions.

Une chose peut être dite avec certitude depuis le début : ce ne fut pas une tentative de coup d’État par des kémalistes qui cherchaient à poser un geste désespéré pour faire reculer la marée de l’islam politique et évincer le président Recep Erdogan du pouvoir. Les deux principaux dirigeants de l’opposition du principal parti kémaliste et du parti nationaliste ont exprimé une forte solidarité avec les forces démocratiques.

Cela signifie, à contrario, que le dirigeant turc est immensément populaire en ce moment et jouit de la sympathie d’un spectre de l’opinion turque plus large que le mandat de 51%, que le Parti de la justice et du développement au pouvoir lui a confié lors du scrutin parlementaire en 2014.

L’écrasante majorité des Turcs ne veut pas que leur pays revive son histoire passée avec des Pachas qui subvertissent systématiquement la suprématie du pouvoir civil élu.

Assurément, Erdogan sent qu’il est du bon côté de l’Histoire et on peut s’attendre à ce qu’il en profite dans les prochaines heures, jours et semaines. Ceci est une chose.

Cependant, le plus inquiétant est que le gouvernement a pointé du doigt les partisans du chef islamiste turc Fethullah Gülen, installé aux USA, pour avoir monté le coup d’état avorté – Gülen, sans surprise, a rejeté l’allégation.

L’agence de presse Anadolu, gérée par l’État, a ostensiblement désigné un colonel, Muharrem Kose, qui a été expulsé de façon déshonorante de l’armée turque en mars 2016 pour ses liens présumés avec Gülen, comme leader de la tentative de coup d’État.

Le ministre de la Justice a également déclaré à la télévision d’État que les partisans de Gülen ont organisé le coup d’État avorté.

Il est certain à 100% que le gouvernement va lancer une purge massive contre les adeptes de Gülen dans les divers organismes du gouvernement, les forces armées et la justice.

Erdogan avait déjà cherché à faire extrader Gülen des États-Unis, ce qui va maintenant devenir une demande pressante, avec laquelle Washington devra composer. Et là, il y a un os.

Cet os c’est qu’il y a toujours eu un soupçon dans l’esprit des turcs que Gülen a travaillé pour les services de renseignement américains.

Un mémoire de l’ancien chef du renseignement turc Osman Nuri Gundes − qui a servi sous Erdogan − publié en 2011, fait valoir que le mouvement islamique mondial de Gülen basé en Pennsylvanie a assuré la couverture de la CIA, en particulier dans les anciennes républiques soviétiques en Asie centrale.

Fait intéressant, la Russie a par la suite interdit les écoles Hizmet de Gülen. L’Ouzbékistan a suivi la Russie.

Bien que Gülen ait fui la Turquie en 1998 pour les États-Unis, il n’a obtenu un permis de séjour qu’en 2008 et les Turcs ont déclaré avec insistance que sa demande de carte verte avait été recommandée par deux hauts responsables de la CIA. Il faut noter que Gülen n’a jamais voyagé en dehors des États-Unis au cours des dix-huit dernières années, depuis qu’il a atterri sur le sol américain, bien que son réseau mène des opérations dans le monde entier.

On peut tenir pour assuré que, dans le contexte du coup d’État avorté, le rôle de Gülen jettera une ombre sur les relations entre la Turquie et les États-Unis, qui ont déjà subi des revers en diverses occasions, au cours des dernières années, sous le règne d’Erdogan.

La grande question est de savoir jusqu’à quel point la tentative de coup d’État aurait été motivée par la politique étrangère de Erdogan. Le fait qu’il pourrait y avoir une telle dimension est difficile à ignorer.

Gülen a exprimé sa forte désapprobation de nombreux aspects controversés des politiques régionales d’Erdogan, comme le déclin dans les relations de la Turquie avec Israël et sa gestion du problème kurde ou l’intervention turque en Syrie.

Curieusement, la tentative de coup d’État coïncide avec les tendances naissantes d’un changement dans la politique étrangère turque, en particulier, dans le sens d’un rapprochement avec la Russie et d’un éventuel démantèlement des politiques interventionnistes d’Ankara en Syrie.

Le coup d’État, s’il avait réussi, aurait sabordé une éventuelle rencontre entre Erdogan et le président russe Vladimir Poutine dans les prochaines semaines, rencontre qui détient le potentiel d’être un moment déterminant dans le conflit syrien.

Moscou fait remarquer que la normalisation avec la Turquie pourrait avoir des retombées positives sur la situation en Syrie. Ankara a également fait allusion à une volonté de rétablir les liens avec la Syrie. De manière significative, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Zarif a utilisé un langage exceptionnellement fort pour condamner la tentative de coup d’État en Turquie − avant même qu’il ait définitivement échoué.

Toutes choses étant prises en considération, un éventuel changement de la Turquie est bien sûr anticipé à Moscou et à Téhéran comme un événement géopolitique aux conséquences capitales pour le réalignement de la politique au Moyen-Orient et de l’équilibre global des forces.

Pendant ce temps, la Turquie, une grande puissance de l’OTAN, est un partenaire régional que l’Occident peut difficilement ignorer pour poursuivre une stratégie efficace au Moyen-Orient. Bien sûr, Erdogan n’a pas été un partenaire facile – mais de son côté, il reste aussi suspicieux des intentions occidentales.

En théorie, la nouvelle proximité entre la Turquie et la Russie nécessitera aussi une remise à zéro de l’ensemble des calculs stratégiques occidentaux. En fait, une remise à zéro devient nécessaire en ce qui concerne une série de questions – allant du changement de régime en Syrie à la lutte contre le terrorisme, jusqu’à l’ordre du jour des gazoducs en compétition pour alimenter le marché européen.

Le bilan final est que, s’il est prouvé – ou plutôt, une fois qu’il sera prouvé hors de tout doute − que les Gülenistes ont fomenté la tentative de coup d’État avorté, Erdogan ne peut qu’y voir la main cachée des services de renseignement occidentaux voulant l’évincer de la politique turque.

De toute évidence, l’invocation par Erdogan du pouvoir du peuple pour faire avorter la tentative de coup d’État a pris la plupart des analystes américains par surprise. Aussi désagréable que cela puisse être pour la région et la communauté internationale − en particulier l’Union européenne et les États-Unis − elles n’auront désormais d’autre choix que d’apprendre à vivre avec un Erdogan remonté à bloc.

La propension d’Erdogan à mener une politique étrangère indépendante ne sera que plus prononcée après cette expérience brûlante à laquelle il a échappé de justesse.

En particulier, ces événements constituent un revers majeur pour les plans des États-Unis d’établir une présence permanente de l’OTAN dans la mer Noire pour contenir la Russie.

MK Bhadrakumar a servi en tant que diplomate de carrière aux Affaires étrangères de l’Inde pendant plus de 29 ans, avec des postes d’ambassadeur en Ouzbékistan (1995-1998) et en Turquie (1998-2001). Il écrit dans le blog Indian Punchline et régulièrement pour Asia Times depuis 2001.

Traduit et édité par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

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NOUVEL ACTE DE GUERRE ET DE BARBARIE À NICE : LES FRANÇAIS RÉAGISSENT

Publié le par Felli Bernard

NOUVEL ACTE DE GUERRE ET DE BARBARIE À NICE : LES FRANÇAIS RÉAGISSENT

NOUVEL ACTE DE GUERRE ET DE BARBARIE À NICE : LES FRANÇAIS RÉAGISSENT

Publié le 16 juillet 2016 par Luc Sommeyre

Nos amis de la Ligue du Midi organisent deux rassemblements : dans le GARD et dans l’HÉRAULT le mardi 19 juillet 2016.

VENEZ NOMBREUX !

APPORTEZ VOTRE SOUTIEN PENDANT QU’IL EST ENCORE TEMPS !
LA FRANCE SE RÉVEIL
LE

Ni bougie ni Marche Blanche.

LA PAROLE EST AUX ACTES

Luc Sommeyre développera ensuite à Montpellier, pour les plus conscient(e)s d’entre nous, les thèmes de

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Ce contenu a été publié dans Actions Résistance, Défense & Sécurité, Guerre, Identité, Islamisation & Immigration, Société par Luc Sommeyre, et marqué avec Nice, Rémora. Mettez-le en favori avec son

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Islamisation de l’Europe ou islam européen ?

Publié le par Felli Bernard

IBRAHIM TABET
IBRAHIM TABET

Islamisation de l’Europe ou islam européen ?

Par Ibrahim Tabet – Juin 2016

En l’an 407 de notre ère, Honorius, empereur romain d’Occident, décrétait l’interdiction du port des braies (pantalons) par les barbares devenus de plus en nombreux au sein même de l’Empire. Cette réaction tardive contre un attribut vestimentaire, considéré comme un signe distinctif de défi identitaire au port traditionnel de la toge, n’eut bien sûr aucun effet sur le sort de Rome. Trois ans après, en 410, survint le sac de la Ville éternelle par les Wisigoths d’Alaric. À entendre les cassandres du déclin de l’Europe et du péril musulman, il pourrait exister une analogie entre le sort de l’Empire romain et celui du vieux continent à la démographie en berne. Les musulmans représenteraient, pour emprunter la terminologie de Toynbee, un prolétariat intérieur» et un «prolétariat extérieur» menaçant sa civilisation.

Alors que la chute de Rome fut attribuée par les auteurs païens au dépérissement de ses vertus viriles, causé par l’apparition du christianisme et l’abandon de ses dieux protecteurs, certains auteurs affirment aujourd’hui que la crise de la culture européenne (titre d’un livre d’Hannah Arendt) ne saurait être conjurée que par la réaffirmation de ses valeurs judéo-chrétiennes. Et ils fustigent pêle-mêle la déchristianisation, l’individualisme, l’hédonisme, la permissivité, le matérialisme et même le socialisme, qui seraient la cause du délitement des valeurs qui ont formé l’ossature de la civilisation européenne. C’est le cas d’Eric Zeimour qui, dans Le suicide français, analyse la perte de valeurs qui, selon lui, caractérise la France depuis mai 68, et dénonce le communautarisme et l’action corrosive de l’immigration musulmane sur le modèle de laïcité républicaine. Ou bien de Michel Houellebecq qui, jouant sur la propension des Français à se faire peur, décrit dans son roman-fiction Soumission, une France gouvernée par un parti musulman en 2022. Autrement plus inquiétants sont les mouvements d’extrême droite comme Pegida (Les Européens patriotes contre l’islamisation de l’Occident), qui surfent sur l’islamophobie. Le sentiment d’un défi culturel et démographique musulman a été aggravé par la recrudescence de l’afflux des migrants, alors que celui-ci est sans commune mesure avec le danger existentiel que court le Liban, qui accueille le plus grand nombre de réfugiés au monde par rapport à sa population et sa superficie. S’y ajoute le danger sécuritaire du terrorisme islamiste planant sur l’Europe. Certains dirigeants politiques affirmant même que celle-ci est désormais en état de guerre.

Le communautarisme à l’anglo-saxonne et la laïcité à la française éprouvent autant de difficultés à gérer le problème posé par la croissance et la difficile intégration des populations musulmanes d’Europe. Bien que beaucoup de musulmans, sans doute la majorité, ne cherchent qu’à s’intégrer dans leur pays d’adoption, d’autres répugnent à adopter leurs mœurs et leurs valeurs. Et d’autres encore éprouvent du ressentiment envers leur passé colonial, leur parti-pris en faveur d’Israël, ou leurs interventions militaires dans le monde musulman. L’interdiction du port du voile dans les institutions publiques ne saurait enrayer la propension d’une frange de musulmans à revendiquer ostensiblement leur identité. (Paradoxalement elle est perçue par les intéressées comme une atteinte à leur liberté, alors qu’il est en fait un instrument de soumission à une coutume rétrograde.) Autrement plus efficaces sont un certain nombre de mesures visant à assurer l’émergence d’un islam européen, telles que par exemple la formation des imams et l’interdiction du financement des lieux de culte musulmans par des institutions ou gouvernements étrangers. La difficile intégration des musulmans d’Europe passe par le traitement des facteurs à l’origine des sentiments de frustration, d’humiliation et d’exclusion qu’ils ressentent, en particulier les jeunes touchés de plein fouet par le chômage. Et si le combat contre le terrorisme islamiste nécessite un renforcement des mesures sécuritaires, le défi est de trouver, sur la scène intérieure, un équilibre entre liberté et sécurité. Enfin, la défaite éventuelle de Daech n’éliminerait pas pour autant l’idéologie dont est issue cette organisation criminelle, et les autres mouvements djihadistes qui vouent une haine inexpiable contre les «croisés et les juifs» et dont l’objectif déclaré est non seulement de porter la guerre contre l’Occident considéré comme «dar el harb» (le territoire de la guerre), mais d’instaurer la charia en terre d’islam.

La tâche de contrer la montée de l’islam radical relève avant tout des musulmans eux-mêmes, car elle fait autant peser une menace sur l’Occident que sur le monde musulman, qu’elle voue à une longue traversée du désert, faite de guerres sectaires, d’obscurantisme, de régression culturelle, d’entraves aux libertés individuelles et d’atteintes au statut des femmes. Cette montée est due à des causes profondes, aussi bien politiques et socio-économiques que religieuses. Les dictatures séculières du monde arabo-musulman en portent autant la responsabilité que le wahhabisme, les Frères musulmans et les salafistes. Elle ne saurait s’expliquer uniquement par l’incompatibilité entre l’islam et les droits de l’homme, le fait que Mohammad était aussi un chef de guerre et les versets du Coran prêchant la violence contre les «infidèles». Cela dit, ces versets existent. Même s’il y avait une hiérarchie et une autorité religieuse suprême au sein de l’islam, elle ne pourrait pas les abroger. Quant aux exégètes musulmans qui tentent de promouvoir une lecture du Coran compatible avec la modernité et le libéralisme, ils ne peuvent qu’avoir une influence limitée, tant qu’ils restent au sein du sunnisme. Et les tentatives de réprimer l’islam, initiées par des réformateurs politiques, tels qu’Atatürk, ont fait long feu, comme en témoigne la réislamisation de la Turquie. Faut-il pour autant souhaiter l’émergence d’un Luther musulman qui initierait une rupture, telle que celle qu’a connue la chrétienté avec la naissance du protestantisme ? Ce serait provoquer une nouvelle guerre de religion intra-musulmane, telle que celle qui fait rage entre sunnites et chiites. Ce qu’il faudrait plutôt, c’est un mouvement progressiste et libéral tel que le bahaïsme. Surgie d’un milieu chiite, la foi bahaïe appelle à l’égalité des sexes, à la compatibilité de la science et de la religion, à la relativité de la vérité (y compris la vérité religieuse) et à l’unicité absolue du genre humain. Trois personnalités ont mené cette révolution issue de l’islam. Ali-Muhammad Shirazi (1819-1850) surnommé, le «Bab» (la Porte), Mirza Hussein Ali (1817-1892) «Baha’ullah» (la Gloire de Dieu) et son fils Abdul Baha’ (1844-1921). En faisant du statut de la femme un des axes principaux de sa religion, le «Bab» a signalé sans ambiguïté sa volonté de briser à tout jamais le cadre traditionnel de l’intégrisme islamique. Critiquant dans ses écrits toutes les religions établies, Abdul Baha’ affirme que la religion ne doit être comprise ni comme une croyance, ni comme une idéologie, mais comme une relation authentique entre Dieu et l’homme, d’une part, et entre tous les êtres humains, d’autre part. À un niveau plus global, il convient surtout, pour démentir la prédiction du choc des civilisations, de promouvoir «le vivre ensemble autour de l’espace méditerranéen» auquel œuvre la Charte commune de la Méditerranée en voie de préparation. Laquelle pourrait s’inspirer du Liban, «ultime refuge du cosmopolitisme méditerranéen et du vivre ensemble, entre l’Europe et le monde arabe, l’islam et le christianisme, le christianisme orthodoxe et le christianisme catholique, l’islam sunnite et l’islam chiite».

Ibrahim Tabet

Après une carrière professionnelle qui s’est entièrement déroulée dans le domaine des médias et de la publicité, je me suis reconverti dans l’édition et l’écriture. Je fais aussi partie d’organismes à but non lucratif, comme le Forum francophone des affaires et l’Association libanaise pour la transparence, qui lutte contre la corruption.

Prix décerné a son dernier livre : http://www.agendaculturel.com/News_Remise_du_prix_France_Liban_de_l_ADELF

Note du Saker Francophone

Ibrahim Tabet nous propose une vision que l'on pourrait qualifier d'angélique. Il fait partie des intellectuels progressistes du monde arabe et c'est tout à son honneur de réfléchir et de proposer une sortie par le haut à la crise actuelle qu'on pourrait aussi qualifier de transition. On peut aussi lui opposer que la violence intrinsèque au wahhabisme et à sa prédominance visible sur le sol européen n'augure rien de bon, et que les musulmans radicalisés sont bien loin du bahaïsme. 

Il va falloir beaucoup d'effort d'éducation et donc de moyens pour renverser la tendance, alors que beaucoup d'investissements ont été faits avec tous ces plans banlieues partout en Europe. Le retour d'un certain nationalisme en Europe est peut être le signe de la fin de ces politiques d'assimilation, qui ont globalement échoué pour toutes sortes de raisons – pas forcément liées uniquement aux immigrés ni à l'islam eux-même, d'ailleurs.

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Étrange défaite à Londres, par Bernard-Henri Lévy + Bonus Rogoff “le fiasco démocratique”…

Publié le par Felli Bernard

30

Juin

2016

Étrange défaite à Londres, par Bernard-Henri Lévy + Bonus Rogoff “le fiasco démocratique”…

Parce que BHL, il ne faut jamais s’en priver…

Il a publié ça dans Le Monde, dont il est membre du Conseil de Surveillance…

Du lourd…

Oups :

Source : La règle du Jeu, Bernard-Henri Lévy, 25-06-2016

Bernard-Henri Lévy

Ce Brexit, c’est la victoire, non du peuple, mais du populisme.

Non de la démocratie, mais de la démagogie.

C’est la victoire de la droite dure sur la droite modérée, et de la gauche radicale sur la gauche libérale.

C’est la victoire, dans les deux camps, de la xénophobie, de la haine longtemps recuite de l’immigré et de l’obsession de l’ennemi intérieur.

C’est, dans tout le Royaume Uni, la revanche de ceux qui n’ont pas supporté de voir les Obama, Hollande et autres Merkel donner leur avis sur ce qu’ils s’apprêtaient à décider.

C’est la victoire, autrement dit, du souverainisme le plus rance et du nationalisme le plus bête.

C’est la victoire de l’Angleterre moisie sur l’Angleterre ouverte sur le monde et à l’écoute de son glorieux passé.

C’est la défaite de l’autre devant la boursouflure du moi, et du complexe devant la dictature du simple.

C’est la victoire des partisans de Nigel Farage sur une « classe politico médiatique » et des « élites mondialisées » censées être « aux ordres de Bruxelles ».

C’est la victoire, à l’étranger, de Donald Trump (le premier, ou l’un des premiers, à avoir salué ce vote historique) et de Poutine (dont on ne redira jamais assez que la dislocation de l’Union Européenne est son rêve et, probablement, l’un de ses projets).

C’est la victoire, en France, des Le Pen et autres Mélenchon qui rêvent d’une variante française de ce Brexit alors qu’ils ignorent, l’un comme l’autre, jusqu’à la première lettre de l’intelligence française, de l’héroïsme français, de la radicalité et de la rationalité françaises.

C’est la victoire, en Espagne, de Podemos et de ses indignés de carton-pâte.

En Italie, du mouvement 5 étoiles et de ses clowns.

En Europe centrale, de ceux qui, ayant touché les dividendes de l’Europe, sont prêts à la liquider.

C’est la victoire, partout, de ceux qui n’attendaient que l’occasion de tirer leur épingle du jeu européen et c’est le commencement, par conséquent, d’un processus de délitement dont nul ne sait ce qui va, maintenant, pouvoir l’arrêter.

C’est la victoire de la foule de Métropolis sur le déjeuner des canotiers.

C’est la victoire des casseurs et des gauchistes débiles, des fachos et hooligans avinés et embiérés, des rebelles analphabètes et des néonationalistes à sueurs froides et front de bœuf.

C’est la victoire de ceux qui, à la façon, encore, de l’inénarrable Donald hurlant dans un claquement de moumoute jaune en guise de lasso : « we will make America great again ! », songent à mettre un mur, eux aussi, entre « les musulmans » et eux.

Cela pourra se dire en engliche, en rital, en franglais.

Cela va se dire en grognant, en cognant, en virant, en renvoyant à la mer, en interdisant de rentrer ou en proclamant bien fort le dérisoire et fiérot: « je suis Anglais, moi, Monsieur » – ou Ecossais, ou Français, ou Allemand, ou n’importe quoi d’autre.

Ce sera, toujours, la victoire de l’ignorance sur le savoir.

Ce sera, chaque fois, la victoire du petit sur le grand, et de la crétinerie sur l’esprit.

Car « les Grands », amis Britanniques, ce ne sont évidemment pas les « ploutocrates » et les « bureaucrates » !

Ce ne sont même pas ces « privilégiés » dont on rêve partout, ces temps-ci, comme chez vous, de voir la tête au bout d’une pique !

Et ceux que le Brexit a dégommés en dégommant l’appartenance à l’Europe, ce ne sont même pas, hélas, les « oligarques » dénoncés par les batteurs d’estrades !

Les grands, ce sont les amis et inspirateurs de la vraie grandeur des peuples.

Les grands, ce sont les inventeurs de cette chimère splendide, nourrie au lait des Dante, des Goethe, des Husserl ou des Jean Monnet, qui s’est appelée l’Europe.

Et ce sont ces grands-là que vous êtes en train de raccourcir.

Et c’est l’Europe comme telle qui est en train de se dissoudre dans le néant de votre ressentiment.

Que cette Europe ait pris sa propre part au procès de sa mise à mort, c’est vrai.

Que cette étrange défaite soit aussi celle d’un corps exsangue et qui se moquait de son âme, de son histoire, de sa vocation, que cette Europe que l’on achève fût moribonde depuis des années car incarnée dans des dirigeants ternes et déjà fantomatiques dont l’erreur historique était de croire que la fin de l’Histoire était advenue et que l’on pouvait s’endormir du sommeil du dernier des hommes pourvu que l’on ait lancé l’arrosage automatique, c’est certain.

Bref, que la responsabilité de la catastrophe incombe aussi à des politiques qui ont préféré, en fidèles auditeurs de leurs spin doctors et de leurs maîtres sociologues, caresser les événements dans le sens du poil de la non-Histoire, flûter les grondements des orages redoutés et s’enfermer dans une novlangue dont les mots ont toujours servi à taire plutôt qu’à dire, c’est, encore, une évidence.

Mais que la majorité du referendum d’aujourd’hui, et ceux qui l’applaudissent, ne viennent pas nous raconter qu’ils plaidaient, en secret, pour l’on ne sait quelle « Europe des peuples ».

Car ce Brexit ce n’est pas la victoire d’une « autre » Europe, mais de « pas d’Europe du tout ! ».

Ce n’est pas l’aube d’une refondation, mais le possible crépuscule d’un projet de civilisation.

Ce sera, si l’on ne se reprend pas, le sacre de l’Internationale grise des éternels ennemis des Lumières et des adversaires de toujours de la démocratie et des droits de l’homme.

L’Europe était, certes, indigne d’elle-même.

Ses dirigeants étaient pusillanimes et paresseux.

Ses professeurs étaient routiniers, et leur art de gouverner était alangui.

Mais ce qui vient en lieu et place de ce jardin des Fizzi-Contini, c’est une zone pavillonnaire mondialisée où, parce qu’il n’y aura plus que des nains de jardin, l’on oubliera qu’il y eut Michel-Ange.

Mieux : entre ceux qui se résigneraient à laisser pourrir ce monde dans les poubelles trumpiennes de la « grande Amérique » à guns et santiags, ou dans la fascination d’un poutinisme qui réinvente les mots de la dictature ou, depuis ce matin, dans la désolation d’une Grande Bretagne tournant le dos à sa propre grandeur, entre ceux-là, donc, et les contemporains d’une fournaise d’où sortirent les plus effroyables démons de l’Europe, il n’y a que l’épaisseur d’une vie d’homme.

Le choix est donc clair.

Ou les Européens se ressaisissent – ou ce jour sera celui d’une Sainte-Alliance des hussards noirs de la nouvelle réaction trouvant son baptême du Jourdain sur les bords de la Tamise.

Ou ils sortent par le haut, c’est-à-dire par des mots forts doublés par un acte majeur, de cette crise sans précédent depuis 70 ans – ou, dans le large spectre que couvrent les langages pré totalitaires modernes et où la grimace le dispute à l’éructation, l’incompétence à la vulgarité et l’amour du vide à la haine de l’autre, c’est le pire qui surgira.

Source : La règle du Jeu, Bernard-Henri Lévy, 25-06-2016

P.S. commentaires fermés par pitié pour les modérateurs…

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Brexit : le fiasco démocratique du Royaume-Uni

Source : Les Echos, Kenneth Rogoff, 26-06-2016

Brexit : le fiasco démocratique du Royaume-Uni

Si l’on tient compte des abstentions, à peine 36 % des électeurs britanniques ont su à faire plonger le Royaume-Uni et l’Europe dans une grave zone d’incertitude. La démocratie, ce n’est pas cela, estime Kenneth Rogo .

La véritable folie du vote britannique sur une sortie hors de l’Union européenne réside moins dans le fait que les dirigeants britanniques se soient risqués à demander à leur peuple de peser le pour et le contre entre appartenance à l’UE et pressions migratoires liées à ce statut de membre, que dans le fait que la barre ait été placée incroyablement bas en termes de scrutin, le oui au Brexit n’ayant en e et exigé qu’une majorité simple. Compte tenu d’un taux de participation de 70 %, la campagne du Leave l’a ainsi emporté grâce au soutien de seulement 36 % des électeurs.

La démocratie, ce n’est pas cela. Ce vote revient à jouer à la roulette russe au sein même d’un régime politique moderne. Une décision empreinte d’énormes conséquences – au-delà même de ce qu’il peut arriver lorsque la Constitution d’un pays se trouve modifiée (texte qui bien entendu n’existe pas au Royaume-Uni) – vient d’être prise sans que ne soient intervenus de garde-fous appropriés.

A-t-il été prévu que le vote ait à nouveau lieu dans un délai d’un an, pour plus de certitude ? Non. Est-il nécessaire qu’une majorité au Parlement approuve le Brexit ? Apparemment non. Le peuple britannique avait-il réellement connaissance du sujet du vote ? Absolument pas. Personne n’a en e et la moindre idée des conséquences du Brexit, que ce soit pour le Royaume-Uni ou pour le système commercial mondial, ni de son impact sur la stabilité politique du pays. Et j’ai bien peur que le tableau s’annonce pour le moins déplaisant.

Repenser les règles

Certes, nous autres citoyens de l’Occident avons la chance de vivre une époque de paix : l’évolution des circonstances et des priorités peut être gérée au travers du processus démocratique plutôt que par la guerre civile ou à l’étranger. Mais quel genre de processus

juste et démocratique peut aboutir à des décisions aussi irréversibles, et aussi déterminantes à l’échelle de toute une nation ? Une majorité de 52 % est-elle réellement su isante pour décider un beau matin de tout plaquer ?

En termes de permanence et de conviction des choix, la plupart de nos sociétés érigent davantage de barrières sur le chemin d’un couple qui souhaite divorcer que sur celui du gouvernement du Premier ministre David Cameron lorsque la question n’est autre que la sortie de l’UE. Les partisans du Brexit n’ont pas inventé ce jeu de la roulette russe, tant les précédents existent, notamment dans le cas de l’Écosse en 2014, ou du Québec en 1995. Seulement voilà, jusqu’à présent, le barillet du revolver ne s’était jamais arrêté sur la cartouche. Maintenant que c’est chose faite, l’heure est venue de repenser les règles du jeu.

Le fait de considérer que n’importe quelle décision convenue à n’importe quel moment via la règle de la majorité serait nécessairement « démocratique » revient à pervertir cette notion. Les démocraties modernes disposent de systèmes évolués qui font intervenir des garde-fous afin de préserver les intérêts des minorités, et d’éviter que ne soient prises des décisions malavisées, aux conséquences désastreuses. Plus la décision en question est conséquente et permanente, plus les barrières sont élevées.

Pas de consensus académique

C’est la raison pour laquelle une révision constitutionnelle, par exemple, requiert généralement de satisfaire à des obstacles bien plus importants que dans le cas de la simple promulgation de lois budgétaires. Il semble pourtant que la norme internationale actuelle régissant la rupture d’un pays auprès d’autres États soit désormais moins exigeante que le vote d’un texte sur l’abaissement de l’âge légal pour la consommation d’alcool.

L’Europe étant désormais confrontée au risque d’une vague de nouveaux votes de rupture, la question urgente consiste à déterminer s’il existerait une meilleure manière de procéder à de telles décisions. J’ai personnellement interrogé plusieurs experts majeurs en sciences politiques sur la question de savoir s’il existe ou nom un consensus académique en la matière ; malheureusement, la réponse est rapide et négative.

Une chose est sûre, bien que la décision sur le Brexit puisse avoir semblé simple dans le cadre du scrutin, nul ne sait en vérité ce qu’il peut advenir à la suite d’un tel vote de sortie. Ce que nous savons en revanche, c’est que la plupart des pays exigent en pratique une
« supermajorité » lorsqu’une décision s’avère déterminante à l’échelle d’une nation, et non une simple majorité de 51 %. Il n’existe certes pas de chi re universel, de type 60 %, mais

le principe général veut qu’au minimum la majorité en question soit manifestement stable. Un pays ne devrait pas pouvoir procéder à des changements fondamentaux et irréversibles sur la base d’une majorité acquise sur le fil du rasoir et susceptible de ne l’emporter qu’au cours d’une brève fenêtre d’élan émotif.

Même s’il est possible que l’économie du Royaume-Uni ne plonge pas dans une récession pure et simple à l’issue de ce vote (le déclin de la livre sterling étant susceptible d’amortir le choc initial), il y a de fortes chances que le désordre économique et politique provoqué suscite chez ceux qui ont voté en faveur du Leave une sorte de « remord de l’acheteur ».

L’exemple d’Athènes

Depuis l’Antiquité, les philosophes s’e orcent de concevoir des systèmes visant à équilibrer la puissance de la règle majoritaire avec la nécessité de veiller à ce que les toutes les parties informées puissent peser d’un poids plus conséquent en cas de décisions critiques, sans parler de la nécessité que soient entendues les voix de la minorité. À l’époque des assemblées organisées à Sparte dans la Grèce antique, les votes étaient exprimés par acclamation. Les citoyens donnaient ainsi plus ou moins de voix afin de refléter l’intensité de leurs préférences, tandis qu’un magistrat président y prêtait une oreille attentive et se prononçait ensuite sur l’issue du vote. La procédure était certes imparfaite, mais pas forcément moins judicieuse que celle à laquelle nous venons d’assister au Royaume-Uni.

À certains égards, Athènes, cité homologue de Sparte, a pour sa part appliqué le plus parfait exemple historique de démocratie. Les voix de chaque individu, issu de n’importe quelle catégorie de citoyens, pesaient d’un poids équivalent (même si seuls les hommes étaient concernés). Cependant, à l’issue de plusieurs décisions catastrophiques dans le domaine de la guerre, les Athéniens considérèrent nécessaire de conférer davantage de pouvoir à des organes indépendants.

Qu’aurait dû faire le Royaume-Uni s’il avait e ectivement été nécessaire de poser la question de son appartenance à l’UE (nécessité qui en réalité n’existait pas) ? De toute évidence, les freins à toute décision en la matière auraient dû être beaucoup plus conséquents ; le Brexit aurait par exemple pu nécessiter deux consultations populaires, espacées d’au moins deux ans, et suivies d’un vote de la Chambre des communes à 60 %. Si la volonté d’un Brexit avait malgré cela persisté, nous aurions au moins su qu’il ne s’agissait pas uniquement de la photographie ponctuelle d’un fragment de la population.

Le vote britannique plonge désormais l’Europe dans la tourmente. Beaucoup de choses dépendront de la manière dont le monde réagit, et de la capacité du gouvernement britannique à gérer sa propre reconstruction. Il est néanmoins important que nous fassions non seulement le bilan de l’issue du référendum, mais également celui du processus de vote. Toute démarche visant à redéfinir un accord de longue date portant sur les frontières d’un État devrait exiger bien plus qu’une majorité simple, exprimée dans le cadre d’un seul et unique vote. Nous venons tout juste de constater à quel point l’actuelle norme internationale consistant à employer la règle de la majorité simple peut constituer une recette désastreuse.

Traduit de l’anglais par Martin Morel

Kenneth Rogo , ancien économiste en chef au FMI, est professeur d’économie et de politique publique à l’Université d’Harvard.

Cet article est publié en collaboration avec Project Syndicate, 2016 – “Le fiasco démocratique du Royaume-Uni”.

Source : Les Echos, Kenneth Rogoff, 26-06-2016

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Cela aurait aussi été dommage de ne pas avoir Minc…

“Ce vote pour le Brexit, c’est la victoire de ‘Downton Abbey’ sur les bobos, les créateurs d’entreprises et surtout les jeunes. Mais les aristocrates et la classe ouvrière n’avaient pas vu la conséquence du Brexit, c’est-à-dire l’éclatement possible du Royaume-Uni.[…] Ce référendum n’est pas la victoire des peuples sur les élites, mais des gens peu formés sur les gens éduqués”.

À lire ici.

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A lire aussi, l’article de Vincent Delhomme (Génération Libre) intitulé “Libéraux, n’abandonnez pas l’Europe”

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Washington fait main basse sur le Brésil !

Publié le par Felli Bernard

Washington fait main basse sur le Brésil !

Washington fait main basse sur le Brésil !

Aujourd'hui

La CIA et l’armée sont devenus l’État dans l’État.

Hildegard von Hessen am Rhein

Cela fait longtemps que je le dis. Durant cette période électorale aux États-Unis, cette fin de règne d’Obama, où la CIA et l’armée sont devenus l’État dans l’État, les néocons, se sentant mis en danger par l’avénement d’un Trump dont les idées sont totalement opposées aux leurs, sont capables de faire beaucoup de dégâts, et ce jusqu’en novembre ou janvier prochain, lorsque le nouveau président sera investi.

Pour l’instant, nous observons le silence radio sur l’Ukraine et la Russie. Ça ne fait plus les gros titres. Il fallait donc frapper ailleurs et plus faible. Cela vient d’être fait par Brésil interposé.

Ce Brésil, qui joue un rôle important, influent au sein des BRICS pour la défense d’un monde multipolaire, vient d’être secoué par le coup contre Dilma Rouseff, contrainte à quitter la scène, pour des raisons officielles auxquelles je ne crois pas une seconde, car je reconnais la patte de Washington et sa façon de procéder.

Alors serai-je une conspirationniste ? Non, non, Wikileaks nous dit tout sur l’affaire et surtout sur le successeur président « intérimaire », Michel Temer !

Ce cher Temer est donc un agent de renseignement de Washington. Il a fourni en renseignements l’ambassade américaine, sur la situation politique au Brésil, en 2006, selon Wikileaks. Durant une visite, Temer a révélé que son parti politique, le Mouvement Démocratique du Brésil, n’avait pas de réelle vision, mais était une organisation « parapluie » pour les patrons politiques locaux et les caciques régionaux. Bonjour l’ambiance affairiste, pour ne pas dire plus.

Cependant Temer avoue que son parti n’est pas le seul à être divisé. Et pour le bonheur des « amoureux » du TAFTA, Temer a indiqué à ses interlocuteurs US qu’il était pour le TAFTA. Tout va donc bien dans le meilleur des mondes du Nouvel Ordre Mondial.

Tout cela signifie désormais que le glas a sonné entre le Brésil et la coopération avec la Russie et la Chine. Elle est pas belle la vie ?

C’est bien la raison pour laquelle, quoi que l’on pense de lui, il faut que Trump devienne président. Le Donald s’est déclaré contre les traités NAFTA « un désastre signé par Clinton » et est opposé au TAFTA.

Tout ce qui pourrait empêcher le Tsunami Trump à devenir président, serait son assassinat ou alors l’élimination des électeurs, ou les deux pendant qu’on y est !

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