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Les nouvelles tactiques de Daesh face aux frappes...

Publié le par Bernard Felli

Les nouvelles tactiques de Daesh face aux frappes...

Les nouvelles tactiques de Daesh face aux frappes aériennes
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Les nouvelles tactiques de Daesh face aux frappes aériennes

Publié le par Felli Bernard

Fréderic HELBERT
Fréderic HELBERT

Les nouvelles tactiques de Daesh face aux frappes aériennes

Publié le 30/09/2014 à 00h11 | Campagne aérienne, coalition, Daesh, Irak, menace intacte, Occident, syrie, tactiques | Écrire un commentaire.

Daesh: La menace intacte

Daesh où l’était islamique a pris la mesure de la guerre que la coalition lui livre, par les airs uniquement. Ses chefs, parmi lesquels on compte nombre d’anciens officiers de l’armée de Saddam Hussein ont déjà mis au point une série de plans, pour éviter que la troupe soit durement frappée, et pour continuer en même temps de gagner du terrain afin d’étirer la ligne de front. « Ils ont un capacité d’adaptation et de mutation déconcertante »confie anonymement un officier d’un service de renseignement militaire arabe de la coalition. « Les ordres venus du haut de la pyramide sont suivis à la lettre par des combattants disciplinés, bêtes de guerre à sang-froid »

Ainsi, ces combattants ont renoncé à se mouvoir comme ils le faisaient auparavant. En longues colonnes de véhicules se suivant en plein jour, le drapeau noir flottant fièrement sur les véhicules militaires… Les déplacements se font désormais par petits groupes, parfois, juste une où deux voitures, qui peuvent emprunter des itinéraires différents pour ensuite se retrouver en bloc et poursuivre leurs assauts sur des zones qu’ils considèrent comme stratégiques. Les gros 4X4 ou picks-up sont souvent délaissés au profit de motos qu’ils Ils utilisent régulièrement maintenant. Plus de signe extérieur ostensible de l’appartenance au mouvement. Des bases abandonnées et piégées, pour en construire d’autre ailleurs, de plus petite taille, mieux protégées. Dans les zones de feu, ils ont développés l’art du camouflage, celui de se cacher, et de ne pas mettre à découvert leur armes lourdes. Fini le temps de la parade en masse celui et des multiples check-points installés aux beau milieu des routes qui leur permettaient de capturer qui ils voulaient.

De la même manière, is adoptent déjà des tactiques de guérilla urbaine. Dont les civils peuvent faire les frais, notamment dans les grandes viles qu’ils contrôlent comme Mossoul, où les gros villages. Ils réquisitionnent des maisons qui leur servent d’abris. En changent régulièrement. Parfois ils laissent volontairement des drapeaux sur des maisons abandonnées, et vides. Pour tromper les moyens de reconnaissance aérienne de la coalition.Ils poussent le vice jusqu’à laisser ces mêmes drapeaux et d’autres signes de présence dans des zones civiles densément peuplées. « Ils jouent très clairement la carte de la bavure, de la frappe qui viendrait tuer des innocents pris au piège » dit encore l’officier de renseignement.

Au rayon communication, ils sont devenus très prudents. les portables ne sont ouverts que de courts instants, le temps d’échanger des informations essentielles. Le reste du temps, c’est débranché, et la batterie est enlevée. Pour éviter que les systèmes sophistiqués d’interception ou de détection de la coalition soient efficaces. Ils n’hésitent pas à changer régulièrement de portables, à prendre ceux d’habitants qui n’ont d’autre choix que de leur donner. Ils les utilisent parfois une seule fois puis les jettent. Ils peuvent en changer plusieurs fois par jour.

Nombre d’entre eux ont déjà affronté l’armée américaine et ses avions pendant la guerre d’Irak (entre 2003 et le départ des derniers soldats US en 2011). Ce sont au plan technique, des bons combattants, disciplinés, obéissants, et qui n’ont peur de rien au sens large dit encore un expert du renseignement. Ils savent manier les armes lourdes, les tanks, les véhicules blindés qu’ils ont récupéré lorsque l’armée irakienne a fui leur avancée. On compte aussi parmi eux de redoutables « artificiers » capables de bidouiller des engins piégés avec trois fois rien. Un engin explosif, une télécommande de jouets d’enfants, des retardateurs de fortune. Rudimentaire mais efficace. En 2005, j’avais rencontré avec le caméraman David le Marchand à Bagdad un de ces hommes. Baptisé « l’ingénieur » par ses compagnons d’armes, il nous avait fait une « éloquente » démonstration de sa capacité à fabriquer ce que les américains redoutaient le plus. Des IED (Imprivise Explosive Device) ou engins explosifs improvisés. C’est à leur principal, leur seul ennemi au sol pour l’heure qu’ils les destinent: Les kurdes, Peshmergas où autres qui sont ceux qu’ils craignent véritablement sur le terrain.

Ils disposent aussi de « mouchards », de leurs propres agents de renseignements qui les renseigne sur les concertations de troupes irakiennes, appuyées et dirigées quelques poignées d’hommes des forces spéciales américaines mais françaises aussi selon un source très bien informée.

S’ils prennent autant de précautions, pour éviter de s’exposer aux frappes aériennes, c’est qu’ils veulent garder leur capacité offensive. Ils encerclent toujours plusieurs villages kurdes ou des zones stratégiques, qui si elles étaient gagnées leur permettraient d’allonger considérablement la ligne de front, et de rendre encore plus complexe la tache de leurs adversaires.

De la même manière, ils « gardent la main » sur un nombre conséquent, au moins 300 otages, de toutes nationalités dont on sait maintenant le sort effroyable qu’ils peuvent leur réserver. En même temps, comme ils l’ont fait auparavant et encore récemment, ils peuvent négocier en secret des libérations contre des rançons pharamineuses.

Tout semble indiquer qu’ils sont prêts à s’engager dans une guerre de longue durée. Actuellement les services de renseignement constatent qu’ils gagnent plus de soutiens et de nouveaux combattants qu’ils en perdent. Ainsi nombre de jihadistes d’Al-Nosra, qui ont pourtant fait le coup de feu contre eux l’an dernier, sont entrain de se rallier à Daesh. Car, en manque de cibles, la coalition a frappé aussi le Front Al Nosra.

Les bombardements ont également visés des installations pétrolières, et (par erreur?) des silos à grains, censés rapporter des « cent et des milles » aux hommes de l’état islamique, mais le résultat n’est pas au rendez-vous. « Au contraire dit un militaire dépité. D’abord, ce sont de petites installations mobiles d’extraction et de raffinement grossier qui ont été touchées pur l’essentiel. Et puis c’est la population qui va en pâtir et trinquer. Puisque les prix vont automatiquement augmenter. Et enrichir les poches des islamistes »…

Et ce alors que la campagne de frappes aériennes coute une fortune. Des millions de dollars s’évaporent en tomahawk, missiles à guidage laser, et missions de bombardement , pour un résultat incertain, dès lors qu’il n’est pas de troupes à terres pour occuper et récupérer le contrôle des zones frappées.

« A cela, précise un ancien grand flic anti-terroriste, passé dans le privé, i faut ajouter le cout du renforcement des mesures de sécurité partout, par craintes d’attentats qui pourraient survenir … Pensez-vous qu’un Medhi Nemouche, ex-geolier des otages français, ayant frappé à Bruxelles le Musée Juif, est revenu en France avec tout so attirail de mort, pour y faire du tourisme? Et quand on entend ajoute l’homme des responsables politiques dire que la campagne telle qu’elle est menée pourrait durer des années, il y a de quoi sérieusement s’inquiéter. parce que nous nous ne nous demandons pas s’il y aura des attentats. Notre question c’est quand et où ».

Le tableau est donc des plus sombres. L’état islamique ou Daesh, peut importe la dénomination, est toujours maitre de la situation. Il s’est adapté à la nouvelle donne avec une rapidité-éclair. Même s’il perd des hommes ou des moyens, force est de constater que sa capacité de nuisance reste intacte. face à une coalition bancale, qui malgré toute sa puissance de feu est loin, très loin d’avoir éteint une menace de déstabilisation et de chaos à l’échelle mondiale.

Frédéric Helbert

Grand-reporter de guerre et journaliste d'investigation, spécialiste du Terrorisme, je couvre depuis 25 ans les unes de l'actualité. Très souvent sur le terrain, je souhaite partager avec tous la face parfois moins visible des enquêtes et reportages diffusés sur tous les médias. J'aime explorer le dessous des cartes de dossiers sensibles. Ce blog m'en offre la totale liberté. Je compte bien vous en faire profiter pleinement! Vos témoignages et informations sont les bienvenus...

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Discours du ministre russe des Affaires...

Publié le par Bernard Felli

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Discours du ministre russe des Affaires étrangères à l’ONU
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Discours du ministre russe des Affaires étrangères à l’ONU

Publié le par Felli Bernard

LAVROV - ONU
LAVROV - ONU

29

sept

2014

Discours du ministre russe des Affaires étrangères à l’ONU

Dans la série, “la voix de la Russie”, voici la très intéressante intervention du ministre russe à l’ONU – afin que chacun puisse se faire son opinion sans le filtre déformant des médias…

Merci au travail acharné des traducteurs ce week-end, qui nous permet de l’avoir en français avant même la version anglaise

Discours du ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie Sergueï Lavrov à la 69ième session de l’Assemblée générale des Nations Unies, à New York, le 27 septembre 2014

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

Aujourd’hui apparaît de plus en plus clairement la contradiction entre d’une part, la nécessité d’actions collectives de partenariat dans l’intérêt de l’élaboration de réponses appropriées aux défis communs et, d’autre part, le désir pour un certain nombre de pays de dominer, de restaurer la mentalité archaïque de la confrontation des blocs s’appuyant sur une discipline de caserne et sur une logique préjudiciable : « nous — les autres ». L’alliance occidentale avec, en tête, les États-Unis, qui se posent comme défenseurs de la démocratie, de la primauté de la loi et des droits de l’homme dans des pays tiers, agit directement à l’inverse sur la scène internationale, en rejetant le principe démocratique de l’égalité souveraine des États, tel que fixé par la Charte des Nations Unies, et en essayant de décider pour tout le monde ce qui est bien et ce qui est mal.

Washington a proclamé ouvertement son droit d’utiliser la force militaire de façon unilatérale et n’importe où pour la défense de ses propres intérêts. L’intervention militaire est devenue la norme, même en dépit du fait que toutes les opérations de force menées par les États-Unis au cours de ces dernières années se sont terminées de façon piteuse.

De rudes coups ont été portés à la stabilité internationale : bombardement de la Yougoslavie par l’OTAN, intervention en Irak, attaque de la Libye, échec en Afghanistan. Ce n’est que grâce à des efforts diplomatiques intenses que l’agression contre la Syrie en 2013 n’a pas eu lieu. On ne peut s’empêcher de penser que les diverses « révolutions de couleur » et autres projets visant le remplacement des régimes indésirables n’ont pour but que de provoquer le chaos et l’instabilité.

Aujourd’hui, l’Ukraine est devenue la victime de cette politique. La situation révèle la persistance de défauts profonds, systémiques dans l’architecture existante de la zone euro-atlantique. L’Occident a mis le cap vers une « structuration verticale de l’Humanité » en fonction de ses propres standards, qui sont loin d’être inoffensifs. En proclamant leur victoire dans la « guerre froide » et l’avènement de la prétendue « fin de l’Histoire », les États-Unis et l’Union européenne ont entrepris d’élargir leur espace géopolitique sans prendre en compte l’équilibre des intérêts légitimes de tous les peuples d’Europe. Nos partenaires occidentaux n’ont pas entendu nos avertissements répétés sur l’inacceptabilité de la violation des principes de la Charte des Nations Unies et de l’Acte final d’Helsinki, ils se sont dérobés à chaque occasion de faire en commun un travail sérieux en vue de créer un espace unique de sécurité égal et indivisible et de coopération de l’Atlantique au Pacifique. La proposition russe d’étudier un traité de sécurité européenne a été rejetée. On nous a carrément déclaré que des garanties juridiquement contraignantes en matière de sécurité ne peuvent être obtenues que par les membres de l’Alliance atlantique, qui entre-temps a continué à se déplacer vers l’Est malgré les promesses du contraire données précédemment. Le passage instantané de l’OTAN à une rhétorique hostile, à la réduction de la coopération avec la Russie même au détriment des intérêts propres des pays occidentaux, à l’intensification supplémentaire de l’infrastructure militaire aux frontières russes a mis en évidence l’incapacité de l’alliance à changer son code génétique mis en place à l’époque de la « guerre froide ».

Les États-Unis et l’Union européenne ont soutenu le coup d’État en Ukraine, ils se sont mis à justifier sans discernement toutes les actions des autorités autoproclamées de Kiev, qui avaient choisi comme cap politique d’écraser par la force la partie du peuple ukrainien qui avait rejeté les tentatives d’imposer à l’ensemble du pays un ordre anticonstitutionnel et voulait défendre ses droits à sa langue maternelle, à sa culture et à son histoire. C’est justement cette offensive agressive contre ces droits qui a contraint les habitants de Crimée à prendre leur destin en main et à faire leur choix en faveur de l’autodétermination. Cela a été un choix totalement libre, quoi que puissent inventer ceux qui sont les premiers responsables du conflit interne en Ukraine.

Les tentatives de déformer la vérité, de masquer les faits par des accusations sans fondement ont été entreprises à tous les stades de la crise ukrainienne. Rien n’est fait pour identifier et sanctionner les responsables des événements sanglants de février sur le Maïdan, des massacres de masse à Odessa, Marioupol et dans d’autres régions de l’Ukraine. L’épouvantable catastrophe humanitaire causée par les actions des forces de sécurité ukrainiennes dans le sud-est du pays a été délibérément minimisée. Ces derniers jours ont été révélés de nouveaux faits horribles, quand des charniers ont été découverts près de Donetsk. En contradiction avec la résolution 2166 du Conseil de sécurité des Nations Unies, on tarde à mener une enquête approfondie et indépendante sur le crash de l’avion de ligne de la Malaisie sur le territoire ukrainien. Les coupables de tous ces crimes doivent être identifiés et traduits en justice. Sinon, il sera difficile d’espérer une réconciliation nationale en Ukraine.

La Russie est sincèrement intéressée à la restauration de la paix dans le pays voisin, quiconque connait un peu l’histoire des relations profondes et fraternelles entre les deux pays doit en être conscient. La voie menant à un règlement politique est connue : en avril dernier déjà, Kiev a pris l’engagement dans la déclaration de Genève signée par la Russie, l’Ukraine, les États-Unis et l’Union européenne, d’entamer sans attendre un dialogue national avec toutes les régions et les forces politiques en Ukraine afin de mettre en œuvre la réforme constitutionnelle. La réalisation de cet engagement permettrait à tous les Ukrainiens de se mettre d’accord sur la façon de vivre ensemble en accord avec leurs traditions et leur culture, elle permettrait à l’Ukraine de revenir à son rôle organique de maillon, entre les différentes parties de l’espace européen, ce qui suppose sans conteste la préservation et le respect de son statut de pays non-aligné, neutre. Nous sommes convaincus qu’avec de la bonne volonté, en arrêtant de soutenir le « parti de la guerre » à Kiev, qui essaie de pousser les Ukrainiens dans l’abîme de la catastrophe nationale, la sortie de la crise est à portée de main.

Une voie pour la surmonter a été ouverte avec la conclusion de l’accord de cessez-le-feu dans le sud-est de l’Ukraine sur la base des initiatives des Présidents Petro Porochenko et Vladimir Poutine. Avec la participation de représentants de Kiev, de Donetsk, de Lougansk, de l’OSCE et de la Russie, sont en train d’être décidées les modalités pratiques de la mise en œuvre cohérente de ces accords, y compris la séparation des parties, le retrait des armes lourdes des forces militaires ukrainiennes et de l’organisation de la surveillance par l’OSCE. La Russie est prête à continuer d’aider activement à faire avancer le règlement politique dans le cadre du processus de Minsk, qui a fait ses preuves, et dans le cadre d’autres formats. Mais il doit être clair que nous le faisons au nom de la paix, de la tranquillité et du bien-être du peuple ukrainien, et non pour satisfaire les ambitions de quiconque. Les tentatives de faire pression sur la Russie, de l’obliger à renoncer à ses valeurs, à la vérité et à la justice, n’ont aucune chance d’aboutir.

Je vais me permettre un rappel de faits historiques pas tellement éloignés. Comme condition à l’établissement des relations diplomatiques avec l’Union soviétique en 1933, le gouvernement des États-Unis a exigé de Moscou des garanties de non-ingérence dans les affaires intérieures des États-Unis et l’engagement d’éviter toute action visant à modifier la structure politique et sociale de l’Amérique. À l’époque, Washington redoutait le virus révolutionnaire, et ces garanties ont été mises en place dans les relations entre l’Amérique et l’Union soviétique sur la base de la réciprocité. Il serait peut-être bon de revenir à cette question et de reproduire l’exigence du gouvernement américain de l’époque à l’échelle universelle. Pourquoi ne pas adopter une déclaration de l’Assemblée générale sur l’inadmissibilité de l’ingérence dans les affaires intérieures des États souverains, sur la non-reconnaissance des coups d’État comme méthode de changement de pouvoir ? Il est temps d’exclure complètement des relations internationales les tentatives de pression illégales de certains pays sur d’autres. L’exemple de l’embargo américain contre Cuba démontre de façon évidente l’absurdité et la contre-productivité des sanctions unilatérales.

La politique des ultimatums, la philosophie de la supériorité et de la domination ne répondent pas aux exigences du XXIe siècle : ils entrent en conflit avec les processus objectifs de formation d’un ordre mondial démocratique multipolaire.

La Russie propose un ordre du jour fédérateur et positif. Nous avons toujours été et serons ouverts au dialogue sur les questions les plus difficiles, aussi insolubles qu’elles puissent paraître au premier abord. Nous serons prêts à chercher des compromis et l’équilibre des intérêts, à accepter un échange de concessions, mais seulement si le dialogue est honnête, respectueux et équitable.

Les accords de Minsk en date du 5 et du 19 septembre sur les voies de sortie de la crise ukrainienne, le compromis sur les délais d’entrée en vigueur de l’accord d’association entre Kiev et l’UE sont de bons exemples à suivre, tout comme la volonté enfin déclarée de Bruxelles d’entamer des négociations sur une zone de libre-échange entre l’UE et l’Union Douanière de la Russie, de la Biélorussie et du Kazakhstan, comme proposé par le président Vladimir Poutine en janvier de cette année.

La Russie a toujours préconisé l’harmonisation des projets d’intégration en Europe et en Eurasie. L’harmonisation des orientations politiques et des délais d’une telle « convergence des intégrations » serait une véritable contribution au travail de l’OSCE sur le thème « Helsinki plus 40 » [Référence aux Accords d'Helsinki, signés en 1975, ndt]. Un autre axe important de ce travail devrait être l’instauration d’un dialogue pragmatique et désidéologisé sur l’architecture militaro-politique dans la zone euro-atlantique, afin que non seulement les membres de l’OTAN et l’OTSC [Organisation du Traité de la Sécurité collective, rassemblant la Russie, 5 républiques ex-soviétiques + les observateurs], mais également tous les pays de la région, y compris l’Ukraine, la Moldavie, la Géorgie, se sentent dans un état de sécurité égal et indivisible et ne soient pas placés devant un faux dilemme: « soit avec nous, soit contre nous. »

Nous ne pouvons pas admettre de nouvelles lignes de démarcation en Europe, d’autant plus que dans le contexte de la mondialisation, ces lignes peuvent devenir une ligne de partage entre l’Occident et le reste du monde.

Il faut le dire honnêtement : personne n’a le monopole de la Vérité, personne n’est plus en mesure d’ajuster les processus mondiaux et régionaux à ses besoins propres.

Aujourd’hui, il n’existe pas d’alternative à un consensus sur les règles d’une gouvernance mondiale durable dans les nouvelles conditions historiques, dans le plein respect de la diversité culturelle et civilisationnelle du monde et de la multiplicité des modèles de développement. Parvenir à un tel consensus sur chaque point sera difficile, probablement éprouvant. Mais la reconnaissance de ce que, dans chaque État, la démocratie est « le pire des régimes — à l’exception de tous les autres » a mis également beaucoup de temps à se frayer un chemin jusqu’à ce que Winston Churchill n’émette son jugement. Il est temps de réaliser que cet axiome est incontournable également dans les affaires internationales, aujourd’hui caractérisées par un énorme déficit démocratique.

Bien sûr, certains devront briser des stéréotypes multiséculaires, abandonner leurs prétentions à l’« exceptionnalisme éternel ». Mais il n’y a pas d’autre solution. Les efforts solidaires ne peuvent être construits que sur les principes du respect mutuel et de la considération des intérêts réciproques, comme cela se fait, par exemple, dans le cadre du Conseil de sécurité de l’ONU, du « G 20 » , des BRICS et de l’OCS [Organisation de Coopération de Shanghaï, ndt].

La théorie sur les avantages du travail d’équipe est confirmée dans la pratique : c’est le progrès dans le règlement de la situation autour du PNI [programme nucléaire iranien, ndt], la réussite de la démilitarisation chimique de la Syrie. D’ailleurs, en parlant des armes chimiques, je voudrais obtenir une information honnête sur l’état des arsenaux chimiques en Libye. Nous comprenons que nos collègues de l’OTAN, après avoir bombardé ce pays en violation de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, ne voudraient pas « remuer » le chaos qu’ils ont eux-mêmes créé. Cependant, le problème des arsenaux chimiques libyens hors contrôle est trop grave pour fermer les yeux. Je pense que le Secrétaire général des Nations Unies doit faire preuve de responsabilité dans cette affaire aussi.

L’essentiel aujourd’hui est de considérer les priorités globales et de ne pas les rendre otages d’un ordre du jour unilatéral. La gestion des conflits nécessite urgemment l’abandon du deux poids, deux mesures. En général, tous s’accordent à dire que la tâche principale consiste en une opposition ferme aux terroristes qui tentent de prendre le contrôle de zones de plus en plus vastes en Irak, Syrie, Libye, Afghanistan, dans le Sahara et au Sahel. S’il en est ainsi, alors ce problème ne peut pas être sacrifié à des schémas idéologiques ou à des règlements de compte personnels. Les terroristes, quels que soient les slogans derrière lesquels ils s’abritent, doivent rester hors la loi.

Dans le même temps, bien sûr, la lutte contre le terrorisme doit s’appuyer sur la base solide du droit international. Une étape importante dans cette lutte a été l’adoption unanime d’une série de résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, y compris récemment sur la question des combattants-terroristes étrangers. Au contraire, les tentatives d’agir en contradiction avec la Charte des Nations Unies n’aident pas au succès des efforts conjoints. La lutte contre les terroristes sur le territoire de la Syrie doit être menée en coopération avec le gouvernement syrien, qui a clairement affirmé qu’il était prêt à le faire. Damas a déjà prouvé par son action sa capacité à agir avec la communauté internationale et à respecter ses engagements dans le cadre du programme de l’élimination des armes chimiques.

La Russie a demandé dès le début du « printemps arabe » de ne pas laisser ce dernier à la merci d’extrémistes et de créer un front uni pour lutter contre la menace croissante du terrorisme. Nous avons mis en garde contre la tentation de prendre comme alliés presque tous ceux qui se déclaraient adversaires d’Assad, fussent-ils « Al-Qaïda », « Djebhat an-Nousra » ou autres « compagnons de route » du changement de régime, y compris l’État islamique, qui est maintenant au centre de l’attention générale. Comme on dit, mieux vaut tard que jamais. La Russie n’en est pas à sa première contribution réelle à la lutte contre l’État islamique, ainsi que d’autres formations terroristes de la région. Nous effectuons des livraisons à grande échelle d’armes et de matériel militaire à l’Irak, à la Syrie et à d’autres pays de la région MENA et nous continuerons à soutenir leurs efforts visant à éliminer les terroristes.

La menace du terrorisme nécessite une approche globale, si nous voulons éradiquer ses causes et ne pas être condamnés à réagir uniquement aux symptômes. L’État islamique est seulement une partie du problème. Nous proposons d’organiser, sous les auspices du Conseil de sécurité des Nations Unies, une étude en profondeur des menaces extrémistes et terroristes dans l’espace MENA et dans leur intégralité. Une approche complète implique la prise en compte des conflits de longue date, principalement le conflit arabo-israélien. Le problème palestinien en suspens depuis de nombreuses décennies reste largement reconnu comme l’un des principaux facteurs d’instabilité dans la région, du fait qu’il permet aux extrémistes de recruter de plus en plus de djihadistes.

La mise en commun des efforts pour l’application des décisions de l’AG et du Conseil de Sécurité de l’ONU en ce qui concerne la lutte contre le virus Ebola est une autre nécessité criante. Nos médecins travaillent déjà en Afrique. Nous prévoyons une livraison supplémentaire d’aide humanitaire, d’équipement, de matériel médical, de médicaments, d’équipes d’experts pour aider le programme des Nations Unies en Guinée, au Libéria, en Sierra Leone.

L’Organisation des Nations Unies, créée sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale, entre dans l’année de son soixante-dixième anniversaire. Nous avons tous le devoir de célébrer l’anniversaire de la Grande Victoire, et de rendre hommage à tous ceux qui sont morts au nom de la liberté et du droit de chaque peuple à déterminer son propre destin.

Les leçons de cette terrible guerre, tout comme le cours général des événements dans le monde actuel, exigent d’unir nos efforts, d’oublier les intérêts unilatéraux, les cycles électoraux nationaux quand il s’agit de faire face à des menaces globales pesant sur l’humanité tout entière, il ne faut pas permettre que l’égoïsme national l’emporte sur la responsabilité collective.

Source : Sergueï Lavrov, Ministère russe des Affaires étrangères, 27/09/2014 – Traduction collective par les lecteurs du site www.les-crises.fr (souligné par nous)

91 réponses à Discours du ministre russe des Affaires étrangères à l’ONU

LIRE LES REPONSES EN CLIQUANT SUR LE LIEN :

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SERGUEÏ  LAVROV

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L’Europe et la Chine Commencent le commerce...

Publié le par Bernard Felli

L’Europe et la Chine Commencent le commerce...

L’Europe et la Chine Commencent le commerce Direct en euros et en Yuan alors que la dé-dollarisation s’étend !
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L’Europe et la Chine Commencent le commerce Direct en euros et en Yuan alors que la dé-dollarisation s’étend !

Publié le par Felli Bernard

dollar-yuan -euro
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L’Europe et la Chine Commencent le commerce Direct en euros et en Yuan alors que la dé-dollarisation s’étend !

30sept

Zero Hedge précise :

La Dé-dollarisation a été un thème récurrent caché juste en dessous de la surface , par les médias grand public, depuis plus d’un an que la Russie et la Chine, lentement mais sûrement tentent d ‘"isoler" le dollar américain.

Jusqu’à très récemment, les accords commerciaux directs avec la Chine (en d’autres termes, en contournant le change du dollar dans le commerce bilatéral) s’était effectué avec des partenaires commerciaux plus petits. Dans la foulée de la pression occidentale, la Russie et la Chine ont été forcés de se rapprocher et d’accélérer la dé-dollarisation de la Turquie à l’Argentine, alors qu’un nombre croissant de pays à travers le monde ont pris conscience de l’importance de ce tableau .

Cependant, les choses sont sur ​​le point de devenir encore plus dramatique.

Comme le rapporte Bloomberg , la Chine va commencer à commercer directement en yuan et en euros demain, et en tant que deuxième plus grande économie du monde elle cherche à stimuler la consommation mondiale de sa monnaie dans un "nouveau pas en avant dans la l’internationalisation du yuan Chinois.

" Avec les troubles civils de plus en plus nombreux sur tous les continents et les guerres (par procuration ou autre) qui peuvent etre des points de basculement, peut-être, juste peut-être, que les Etats-Unis veulent vraiment se débarrasser du poids du dollar comme monnaie de réserve après tout (comme défendu ici par l’économiste ancien bras droit d’Obama) … maintenant , ce serait une «stratégie» intrigante …

Zero Hedge / resistanceauthentique

BEIJING, 29 septembre (Xinhua) – La banque centrale chinoise a autorisé le China Foreign Exchange Trading System d’effectuer les transactions directes du yuan vers l’euro, a-t-elle annoncé lundi.

« Les transactions directes yuan-euro sont favorables pour… réduire les coûts de change pour les acteurs du marché », a indiqué la Banque populaire de Chine (BPC) dans un communiqué publié sur son site Internet.

La banque centrale s’est engagée à offrir un « soutien actif » pour les transactions directes yuan-euro, indiquant que cela aiderait à approfondir les relations économiques et financières bilatérales.

Plus tôt cette année, la Chine a permis les transactions nationales directes vers la livre sterling anglaise et le dollar néo-zélandais pour encourager de telles transactions afin d’internationaliser la monnaie chinoise.

Il sera possible à partir de mardi d’échanger directement le yuan et l’euro, a annoncé lundi une autorité chinoise en charge des échanges de devises, alors que Pékin cherche à intensifier l’internationalisation de sa monnaie.

Source Xinhua


L’euro et le yuan pourront désormais être échangés de façon directe, et non plus en passant par l’intermédiaire du dollar pour calculer le taux de conversion comme c’est actuellement le cas, a indiqué l’opérateur du China Foreign Exchange Trade System (CFETS).
Cette mesure "permettra d’abaisser les frais de conversion, de soutenir les échanges commerciaux bilatéraux" tout en facilitant "l’usage du renminbi (nom officiel du yuan, NDLR) pour des investissements" et en dopant les "relations financières entre Chine et Union européenne", a estimé la banque centrale chinoise dans un communiqué.


En juin, la Chine –qui encadre encore très étroitement les échanges de sa devise– avait déjà autorisé les transactions directes entre le yuan et la livre britannique.
Pékin permet depuis longtemps une conversion directe entre le renminbi et le dollar américain et, depuis quelques années, avec le yen japonais, les dollars australien et néo-zélandais, ou encore le ringgit malaisien.
De son côté, la banque HSBC a indiqué avoir reçu l’approbation des autorités pour opérer des échanges directs yuans/euros sur le marché interbancaire chinois.


"Autoriser une conversion directe entre le renminbi et la deuxième monnaie la plus utilisée dans le monde représente une étape importante de l’internationalisation du yuan", a souligné Ryan Song, responsable des activités de marché en Chine pour HSBC, pointant le caractère "plus commode" des transactions entre deux économies majeures.


En dépit de multiples contentieux, l’UE est le principal partenaire commercial de la Chine –avec 559 milliards de dollars d’échanges bilatéraux en 2013 selon les douanes chinoises–, tandis que la Chine constitue le deuxième partenaire de l’Union.
Et l’Europe représente désormais 10% de l’ensemble des transactions libellées en yuans, selon la société financière Swift — la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et le Luxembourg se situant même dans le top 10 des pays utilisant la monnaie chinoise (hors Chine continentale et Hong Kong).


Sur un an, la Grande-Bretagne a vu ses paiements en yuan grimper de 124%, l’Allemagne de 116%, la France de 44% et le Luxembourg de 42%, avait précisé Swift fin août, expliquant ces bonds par la conclusion d’accords bilatéraux de compensation entre la Chine et ces pays européens.
De fait, Pékin promeut activement l’utilisation du renminbi (ou "monnaie du peuple") hors des frontières chinoises, multipliant les coopérations avec les grandes banques centrales et les accords permettant des investissements directs en yuans.


La banque centrale a par ailleurs élargi en mars la fourchette journalière au sein de laquelle le yuan est autorisé à fluctuer par rapport au dollar, même si l’on est encore loin d’une convertibilité totale du yuan, Pékin redoutant des flux de capitaux incontrôlés.
La monnaie chinoise se situe au septième rang des devises les plus utilisées pour des paiements internationaux, avec une part de 1,57% en août, selon le rapport de Swift.

http://www.lesechos.fr/monde/europe/afp-00612641-chine-debut-mardi-de-la-conversion-directe-entre-le-yuan-et-leuro-1047785.php

Zero Hedge / resistanceauthentique / xinhua / les echos

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Publié par Z le 30 septembre 2014 dans économie, général, International

L’Europe et la Chine Commencent le commerce Direct en euros et en Yuan alors que la dé-dollarisation s’étend !

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L’UE a peur de perdre ses positions en Russie

Publié le par Bernard Felli

L’UE a peur de perdre ses positions en Russie

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L’UE a peur de perdre ses positions en Russie

Publié le par Felli Bernard

U.E - Russie
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L’UE a peur de perdre ses positions en Russie

© Flickr/ Giampaolo Squarcina

11:00 30/08/2014

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Toujours dans le sillage des Etats-Unis, l’Union européenne renforce sa pression sur les pays qui n’en font pas partie dans le but de les forcer à se joindre aux sanctions contre la Russie.

L’intégration européenne est le mot d’ordre de cette campagne antirusse.

L’embargo russe sur les importations de certains produits alimentaires en provenance de l’Union européenne a alarmé plus d’un à Bruxelles. Pour l’UE il s’agit moins de pertes économiques que de risque de perdre ses positions sur le marché russe. Tôt ou tard, la guerre de sanctions sera finie mais les exportateurs européens pourraient se voir évincer par leurs homologues des pays membres de la Communauté d’Etats indépendants (CEI) et d’Asie du Sud-Est entretenant historiquement d’étroites relations avec la Russie.

Les Etats qui s’apprêtent à adhérer à l’Union européenne se sont vus adresser un ultimatum de se joindre aux sanctions antirusses. Cette démarche s’inscrit parfaitement dans la politique générale de Bruxelles en Europe de l’Est, explique le directeur du Centre russe des problèmes d’intégration européenne Iouri Chevtsov.

" L’Union européenne a établi des standards informels à part pour les pays d’Europe de l'Est. Selon ces standards tout Etat de cette région mais aussi ceux d’Europe du Sud, sont considérés dans le cadre de l’intégration européenne uniquement comme fournisseurs de la main d’œuvre. "

On ne s’attendait certes pas à ce que la Serbie ou la Moldavie, par exemple, rejettent catégoriquement les exigences de l’Union européenne. Leurs dirigeants ont toutefois déclarés qu’ils entendaient continuer à développer leurs relations avec la Russie.

Il ne faut pas oublier que pour Bruxelles ses relations avec des pays tels que la Moldavie et d’autres Etats de la CEI ne doivent pas sortir du cadre du Partenariat oriental. Or, ce programme rencontre un accueil plutôt mitigé au sein même de l’Union européenne tous n’étant pas d’accord pour associer, par exemple, la Moldavie aux projets européens, rappelle le directeur du Centre des études européennes et internationales intégrales de l'Université nationale de recherche " École des hautes études en sciences économiques " (EHESE), Timofeï Bordatchev.

" C’est une question qui divise sérieusement l’Union européenne. La moitié des membres donnent leur aval à cette politique. Parmi ceux-ci on trouve l’Allemagne, la Pologne ou la Grande-Bretagne. Avec cela l’autre moitié de l’Union européenne dont la France, l’Espagne et l’Italie se montrent assez réticentes face à ces démarches. "

Rien d’étonnant, dès lors, de voir grandir au sein de l’Union européenne l’opposition contre la politique suicidaire adoptée par Bruxelles à l’égard de Moscou. Dans une déclaration récente le premier ministre hongrois Victor Orban a ainsi dit vouloir se tourner vers les Etats membres de l’UE qui souhaitent améliorer leurs relations avec la Russie.

La Voix de la Russie

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Daesh ou l’état Islamique? Le vain débat...

Publié le par Bernard Felli

Daesh ou l’état Islamique? Le vain débat...

Daesh ou l’état Islamique? Le vain débat sémantique
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Daesh ou l’état Islamique? Le vain débat sémantique

Publié le par Felli Bernard

Frédéric Helbert
Frédéric Helbert

Daesh ou l’état Islamique? Le vain débat sémantique

Publié le 29/09/2014 à 10h47 | califat, combattre, Daesh, débattre, EI, EILL, Etat Islamique, Fabius, Hervé Gourdel, Hollande, Irak, ISIS, sémantique, syrie | Écrire un commentaire.

Voila des jours et des jours que politiques en tête, suivis de près par un peloton de journalistes, où encore d’ « experts », (souvent de salon) et autres se sont lancés dans un débat « parfaitement vain, stérile, et inutile là ou il y a tant à faire sur le terrain » s’emporte un expert de l’anti-terororisme. Mais le débat est bien là. Lancé par le gouvernement et Laurent Fabius ayant estimé qu’il ne fallait pas appeler l’état Islamique, état Islamique, mais plutôt Daesh. Parce que ils (les terroristes) n’ont rien d’un état, ni ne peuvent se revendiquer de l’Islam a en substance, expliqué à l’Assemblée nationale Le ministre des Affaires étrangères. Mais Daesh n’est rien d’autre que l’acronyme de l’EILL, l’état islamique en Irak et au Levant. (Ad dawla al islamiya fi ‘Iraq wa Shem). L’appellation que s’était choisie une organisation qui règne sur des villes et des villages entiers tant en Syrie qu’en Irak. Avant de la simplifier et qu’elle ne devienne simplement « l’état islamique ». La France est sa diplomatie n’étant plus à une contradiction près, le patron du Quai d’Orsay en a rajouté dans la terreur que peuvent inspirer ces islamistes en précisant qu’il faudrait pour être exact les appeler « les égorgeurs de Daesh ». Et pendant que les kurdes vont seul au carton au sol contre les hommes de l’état islamique, en mendiant des armes, que l’on rechigne à leur donner, le débat continue à aller bon train.

« Au regard de ce que sont les véritables enjeux, de la menace globale, des impératifs stratégiques, perdre des heures à pérorer pour savoir comment il faut nommer publiquement l’organisation d’Abu Bakr el Bagdhadi relève presque de l’indécence estime un homme des services spéciaux. « Nous savons tous à l’esprit l’adage qui a toujours prévalu: Les terroristes détestent l’information, adorent la publicité. Et ce débat, qui n’est pas tranché, mais relancé sans cesse ici où là, n’est que de la pub gratuite pour Daesh, l’EILL, l’EI…. peut-importe le label! Même si on les appelait « les sinistres clowns de l’islam dévoyé », qu’est que cela changerait sur le terrain? où dans les esprits de ceux qui basculent en deux temps trois mouvements? »

L’organisation est toujours là. La campagne de frappes aériennes est inadéquate, ou en tous les cas largement insuffisante (article à suivre) pour venir a bout d’hommes qui disposent d’une puissance et d’un rayon d’action jamais entrevus auparavant. Jour après jour, des groupes armés où organisations de moindre envergure, prêtent allégeance, partout dans le monde, comme l’ont fait ceux qui ont assassiné Hervé Gourdel, aux hommes d’un groupe que les américains appellent euxl’ISIS (lslamic state of Iraq and Syria).

Dans les médias, la ligne n’est pas claire. Chacun lorsqu’il a traiter du sujet y va de son appellation. La dénomination « Etat islamique » est loin d’avoir disparue. L’idée selon laquelle on doit pour combattre efficacement ces islamistes du troisième type qui rallient à leur « cause » des familles entières, des femmes, des adolescents, qui quittent l’occident s’en vont par tous moyens rejoindre les terres de Jihad en Syrie, est un gadget de « story-telling » qui ne changera rien à la donne. Elle témoigne même selon un parfait arabisant du staff anti-terroriste français du désarroi et du manque cruel de stratégies efficaces pour mettre à bas une organisation que l’on a laissé croitre en toute impunité, et qui sème désormais l’affolement, tant elle reste conquérante à la fois sur le terrain militaire et idéologique

Frédéric Helbert

Grand-reporter de guerre et journaliste d'investigation, spécialiste du Terrorisme, je couvre depuis 25 ans les unes de l'actualité. Très souvent sur le terrain, je souhaite partager avec tous la face parfois moins visible des enquêtes et reportages diffusés sur tous les médias. J'aime explorer le dessous des cartes de dossiers sensibles. Ce blog m'en offre la totale liberté. Je compte bien vous en faire profiter pleinement! Vos témoignages et informations sont les bienvenus..

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