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La Russie, la Syrie et la Turquie se sont entendues pour mener des opérations conjointes en Syrie.

Publié le par Felli Bernard

La Russie, la Syrie et la Turquie se sont entendues pour mener des opérations conjointes en Syrie.

La Russie, la Syrie et la Turquie se sont entendues pour mener des opérations conjointes en Syrie

4860 vues 31 août 2016 45 commentaires Guerres Valentin Vasilescu

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Si la Russie le voulait, elle pourrait en 72 heures déployer en Syrie trois divisions blindées et résoudre définitivement le problème des faux rebelles islamistes. Ce serait certainement le cas si les Etats-Unis poursuivaient encore l’idée de l’élimination de Bachar al-Assad du pouvoir. Donc, pour l’instant, l’implication des deux grandes puissances en Syrie se résume plus à des affrontements entre proxies (proxy players). L’équilibre sur le terrain a été perturbé par l’intervention militaire turque dans le nord de la Syrie. Cette intervention pourrait chambouler les règles établies entre la Russie et les Etats-Unis. Toutefois, les choses ont été clarifiées et il est apparu une chance inespérée pour le règlement rapide des hostilités en Syrie.

En fait, après le 24 Août 2016, date à laquelle l’armée turque a lancé l’opération autour de la ville de Jarablus, ont eu lieu entre les armées russe, syrienne et turque plusieurs séries de pourparlers dont le dernier s’est fait avec Bagdad. Ils portaient sur la limitation et le contrôle des actions de la Turquie. La Turquie d’après le coup d’Etat manqué n’est plus la Turquie agressive contre la Russie qui a abattu un avion Su-24 russe en Syrie à la fin de 2015. Ainsi, des sources turques disent que finalement un consensus avait été atteint sur plusieurs points concernant la limitation de l’opération turque « Bouclier Euphrate » dans le nord de la Syrie, conformément aux intérêts des Syriens. Pour exercer un contrôle sur l’opération, les planificateurs du « Bouclier Euphrate » de l’armée turque ont accepté en leur sein comme arbitres des officiers de l’état-major de l’armée russe.

Le premier point imposé à la Turquie était un seuil en termes de forces utilisées par l’armée turque en Syrie, ne dépassant pas un effectif de 8000 soldats (deux brigades mécanisées, un régiment d’artillerie, un bataillon des forces spéciales, une escadrille d’avions F-16 et une mixte d’hélicoptère d’attaque de transport de troupes aéroportées).

Le deuxième point était la zone en Syrie dans laquelle l’armée turque pouvait se déplacer pour éliminer les combattants de l’Etat islamique, c’est à dire une bande entre les villes de Quarah Koubri et Jarablus (90 km), sur une profondeur de 30 km au-delà de la frontière turco-syrienne. Dans le même temps, la Turquie s’est engagée à ne pas laisser les rebelles de l’ASL (Armée syrienne libre) agir sur cette bande sans ordre et indépendamment des unités de l’armée turque.

Valentin Vasilescu

Bien que l’armée arabe syrienne soit intervenue dans la défense des Kurdes de l’YPG encerclés par les djihadistes islamistes dans le district Sheikh Maqsoud d’Alep le 21 Août 2016, l’YPG a attaqué l’armée arabe syrienne dans la ville d’Al-Hasaka pour la conquérir. Par conséquent, dans le cadre du second point établi avec la Turquie, l’armée turque a la permission du gouvernement syrien de faire évacuer de la rive orientale de l’Euphrate (par le combat s’il le faut) les rebelles kurdes (YPG) qui ont pris à l’État islamique la ville de Manbij avec l’aide des forces spéciales américaines. Les systèmes de missiles russes S-400 n’interviendront pas pour abattre les avions et les hélicoptères turcs volant sur la bande prévue de 90 x 30 km en Syrie si ceux-ci opèrent également contre les Kurdes du PKK considérés comme terroristes par le gouvernement turc.

Le troisième point convenu, se réfère au retrait de la plupart des groupes de mercenaires contrôlés par les services de renseignement turcs dans le rayon d’action des combats autour de la ville d’Alep et la province de Lattaquié. Cette manœuvre permettra à l’armée arabe syrienne d’obtenir la victoire finale dans la bataille pour Alep.

La Turquie sera ainsi obligée, lorsque sera déclenchée l’offensive de l’armée arabe syrienne et des volontaires Iraniens pour encercler et liquider l’Etat islamique, de manœuvrer ses forces et d’utiliser ses moyens militaires conjointement avec l’armée arabe syrienne. Peu importe ce que feront les Kurdes contre l’Etat islamique, la Turquie va créer un cordon de sécurité à la frontière syro-turque pour empêcher la dispersion des combattants de l’État islamique dans d’autres pays.

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Valentin Vasilescu

Traduction Avic – Réseau International

La Russie, la Syrie et la Turquie se sont entendues pour mener des opérations conjointes en Syrie.

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Qu’est-il advenu de la gauche ?

Publié le par Felli Bernard

Paul Craig Roberts
Paul Craig Roberts

Qu’est-il advenu de la gauche ?

Par Paul Craig Roberts – Le 21 août 2016 – Source Strategic-Culture

Des connaissances de ma génération sont intriguées par la disparition de la gauche américaine. Elles se souviennent de l’époque où il y avait beaucoup moins de guerre, beaucoup moins de vol par le monopole capitaliste, une élite moins riche et moins puissante, moins de violence policière contre les civils, moins de militarisation, moins de privatisation et de dérégulation, moins d’attaques au filet de sécurité sociale, moins de propagande des médias et où, pourtant, malgré une situation plus clémente, la gauche était présente et s’élevait contre tout cela.

Depuis quinze ans, et davantage si nous remontons à la destruction de la Yougoslavie par le régime Clinton, les États-Unis ont été engagés dans des guerres contre des populations dans sept pays – huit en comptant la Yougoslavie/Serbie – causant des millions de morts, d’infirmes et de personnes déplacées. Un État policier a été créé, la Constitution des États-Unis a été dépouillée de ses dispositions protectrices, et des crimes de masse ont été commis sous le droit américain et international par trois administrations. Ces crimes incluent la torture, des opérations sous fausse bannière transparentes, l’agression manifeste (un crime de guerre), l’espionnage sans mandat et le meurtre de citoyens américains. Pourtant, la voix de la gauche est à peine audible.

C’est clair, la contestation dans les explications et sur l’avenir du pays, que la gauche offrait auparavant, commence à manquer à mes connaissances. Je sais ce que ces gens ressentent. Nous avions l’habitude d’être poussés par des préjugés et une pensée stéréotypée, et la gauche était là pour secouer notre cage. Maintenant, nous sommes poussés par la propagande et il n’y a pas de forces venant faire contrepoids, à part quelques voix sur internet.

Je me souviens disant au public lors de la séance de questions et réponses, après mon intervention à la conférence Frank M. Engle en 1992, que je n’avais jamais réalisé à quel point les juges Brennan et Marshall de la Cour suprême nous manqueraient.

Aujourd’hui nous avons beaucoup plus désespérément besoin d’une gauche que lorsque nous en avions une. Aujourd’hui les gouvernements considérés comme démocratiques ont les pouvoirs d’une dictature. Aux États-Unis, par exemple, l’habeas corpus a été rayé tant des lois que de la Constitution. Pire même, les responsables de la Maison Blanche peuvent créer des listes de citoyens à assassiner sans procédure légale. Ce sont les pouvoirs d’un dictateur. Pourtant, ces attributs de la dictature sont aujourd’hui institutionnalisés et passent inaperçus.

On pourrait penser que les travailleurs américains dépossédés, dont les emplois et la sécurité financière ont été déplacés hors du pays et donnés à des étrangers, protesteraient dans les rues comme les Français le font. Mais pas un mot. Lorsque le candidat à la présidence Ross Perot a averti les travailleurs américains de ce qui était sur le point de leur arriver, ils n’ont pas eu assez confiance pour voter pour lui. Est-ce que les travailleurs américains dépossédés ont acquis une conscience suffisante – ou le problème est un manque de direction – pour voter en faveur de Trump, qui reconnaît que la perte des emplois compromet les perspectives des 99 % ? Si Trump n’a pas l’intention ou est dans l’incapacité de tenir ses promesses, nous sommes mieux lotis parce qu’échouer à tenir des promesses accroît la prise de conscience des gens.

Du point de vue de la gauche, il y a un contexte parfait pour eux dans l’Amérique d’aujourd’hui. Donc où est la gauche ?

Voici ma réponse à la question. La gauche a subi un coup terrible lorsque l’Union soviétique a disparu. L’effondrement soviétique a privé la gauche de sa croyance qu’il y avait une alternative au capitalisme démocratique américain. Cette chute a aussi découragé la gauche parce qu’elle a aussi ôté toute contrainte à l’unilatéralisme de Washington. Avec la Chine se libérant de Mao et passant dans le camp capitaliste, il n’y avait plus personne pour relever le flambeau.

Les gens se demandent avec perplexité pourquoi la gauche est d’accord avec les explications du gouvernement sur ce qui semble être des événements terroristes orchestrés sous fausse bannière. Si les gens sans opinion politique, comme des architectes et des ingénieurs, des physiciens, des nano-chimistes, des pompiers et des premiers intervenants, des pilotes d’avions commerciaux et militaires, contestent le rapport officiel sur le 9/11 sur la base de preuves, pourquoi la gauche défend-elle le rapport d’un gouvernement dont la gauche se méfie à 120% dans d’autres circonstances ? La gauche sait que l’incident du golfe du Tonkin a été orchestré pour entrer en guerre, que Saddam Hussein n’avait pas d’armes de destruction massive, que l’Iran n’avait pas d’armes nucléaires. La gauche sait que le gouvernement ment comme un arracheur de dents, donc pourquoi croit-elle l’invraisemblable théorie du complot du gouvernement sur le 9/11 ?

La réponse, je pense, est qu’avec la disparition du marxisme, l’unique espoir de la gauche est que les peuples opprimés par l’Occident se soulèvent. La gauche trouve une immense satisfaction émotionnelle dans le 9/11 comme riposte de l’opprimé contre l’oppresseur. C’est pourquoi la gauche s’accroche à l’histoire officielle du 9/11. Et aux histoires d’autres événements terroristes, comme Orlando et Nice, malgré le manque de toute preuve réelle venant les étayer.

Je me souviens que si on lui disait qu’un gros camion roulant prétendument à 56 miles à l’heure avait fauché 185 personnes puis qu’on lui avait montré immédiatement après un camion dépourvu de toute trace de sang, de vêtements, de chair humaine ou même de petite cabosse, la gauche américaine aurait refusé ce récit manifestement faux.

Interrogez quelqu’un qui a heurté un chien à 56 miles à l’heure à propos du sang et des dommages à la voiture. Interrogez quelqu’un qui a heurté un chevreuil et la voiture est détruite. Demandez à des spécialistes, si un gros camion heurte une personne à 56 miles à l’heure, si le corps de celle-ci resterait intact et pourrait être vu gisant dans la rue sans dommage apparent ni sang.

Vous n’avez pas besoin de poser la question, n’est-ce pas ? Vous voyez le problème. La force d’un gros camion se déplaçant à 56 miles à l’heure qui heurte un humain va éclabousser toute la rue avec lui. Pourtant, les photos de Nice ne montrent pas un tel événement.

Je me souviens que la gauche américaine, si un responsable de la police de Nice lui disait que le ministre français de l’Intérieur à Paris avait ordonné aux autorités niçoises de ne pas diffuser et de détruire immédiatement la totalité du film du présumé attentat terroristes pris par les caméras de sécurité postées tout le long de la rue où prétendument 185 personnes ont été fauchées par un camion et, en plus, de falsifier le rapport de police sur l’événement, cette gauche aurait exigé le sang des autorités et n’aurait pas traité ceux qui demandent des explications de complotistes.

Aujourd’hui la gauche américaine veut faire taire ceux qui soulèvent des questions sur ce genre d’étranges événements dans lesquels quelques Saoudiens qui ne pouvaient pas piloter des avions ont prévalu sur la Sécurité nationale américaine d’État et dans lesquels 185 personnes sont prétendument fauchées par un grand camion, mais les photos ne montrent pas de tels résultats et les responsables à Paris ordonnent la destruction des preuves enregistrées et la falsification du rapport.

L’histoire officielle du 9/11 est la justification des guerres. Il est difficile de s’opposer aux guerres lorsqu’on accepte la raison invoquée pour celles-ci. En acceptant la théorie de la conspiration du gouvernement pour le 9/11, la gauche a tué le mouvement anti-guerre.

Pourquoi la gauche fait-elle confiance au gouvernement précisément sur ces questions que le gouvernement utilise pour justifier la guerre et un État policier ? La réponse est que ceux qui contestent l’histoire officielle privent la gauche de la satisfaction émotionnelle issue de la croyance que les peuples opprimés sont capables de riposter, et le font. Alexander Cockburn me l’a expliqué un jour. Il a dit que lorsque je rapporte les contestations d’experts de l’histoire officielle du 9/11, je prive les opprimés de leur dignité en présumant qu’ils ne ripostent pas à leurs oppresseurs. Alex ne pouvait pas accepter la vérité, parce que cela signifiait que les opprimés acquiesçaient à leurs oppresseurs.

Je comprends comment il le voyait. Je comprends l’importance de tout mouvement d’espoir et je regrette que la gauche se soit positionnée de manière à ce que les faits sapent l’espoir, l’incitant à nier les faits.

J’offre à la gauche, ou au simulacre qui en reste, un espoir différent : faire confiance au pouvoir de la vérité. Ne défendez pas l’oppresseur, attaquez-le, et tandis que vous l’attaquez, votre puissance augmentera. Les gens ne sont pas idiots à jamais. Il vient un moment où leur situation personnelle contredit l’histoire qu’on leur sert. Mais s’il n’y a pas de direction, la conscience ne peut pas se transformer en révolte.

L’Occident a besoin d’un puissant mouvement de gauche ayant la force de contester les mensonges qui mènent le monde à une guerre d’extinction de la vie. Je préférerais une gauche réformiste à une gauche révolutionnaire, mais cela ne veut pas dire qu’une gauche révolutionnaire n’est pas préférable à ce qui existe aujourd’hui, qui est du néoconservatisme révolutionnaire sans l’opposition d’une force qui fasse contrepoids.

Article original paru sur paulcraigroberts.org

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Les marchands d’armes utilisent la menace russe pour augmenter leurs ventes.

Publié le par Felli Bernard

Les marchands d’armes utilisent la menace russe pour augmenter leurs ventes.

« Les bravades russes offrent de gros avantages aux fabricants d'armes, car c’est devenu l'argument idéal en faveur de la hausse des dépenses du Pentagone – même si le Pentagone a déjà suffisamment d'argent pour répondre à toute menace réelle pour les États-Unis. » – William Hartung, directeur du Arms & Security Project

Par Lee Fang – Le 19 aout 2016 – Source The Intercept

L’escalade de la rhétorique anti-russe dans la campagne présidentielle américaine survient au moment même où les marchands d’armes cherchent à donner une image de Moscou comme étant un ennemi puissant qui doit être contré par une augmentation drastique des dépenses militaires des pays de l’OTAN.

Ces mêmes marchands d’armes disent aux investisseurs qu’ils comptent sur les tensions avec la Russie pour faire de nouvelles affaires, profitant de l’annexion de la Crimée par la Russie et de la modeste augmentation du budget militaire de celle ci.

En particulier, l’industrie de l’armement − à la fois directement et par l’intermédiaire de son arsenal d’experts et des lobbyistes rémunérés − fait pression sur les pays membres de l’OTAN pour qu’ils augmentent leurs dépenses militaires selon l’objectif de l’OTAN qui voudrait que les États membres consacrent au moins 2 % de leur produit intérieur brut pour la défense.

Le général à la retraite, Richard Cody, vice-président chez L-3 Communications − le septième plus grand fabricant d’armes des États-Unis − a expliqué aux actionnaires, en décembre, que l’industrie est face à une occasion historique. Après la fin de la guerre froide, a dit Cody, la paix s’était « installée à peu près partout dans le monde » à cause du déclin russe et des pays de l’OTAN célébrant la chute du mur et « tous les budgets de défense ont baissé ».

Maintenant, a fait remarquer Cody, la Russie est « résurgente » partout dans le monde, mettant du coup la pression sur les alliés américains. « Les nations qui appartiennent à l’OTAN sont censés utiliser 2 % de leur PIB à la défense, a-t-il dit, selon une transcription de ses propos. Nous savons que ces dépenses vont se faire et nous nous positionnons pour cela. »

Parlant aux investisseurs lors d’une conférence organisée par le Crédit Suisse en juin, Stuart Bradie, le directeur général de KBR, une entreprise travaillant avec l’armée, a discuté « des opportunités en Europe », soulignant l’augmentation des dépenses de défense des pays de l’OTAN en réponse à « ce qui se passe avec la Russie et l’Ukraine ».

La National Defense Industrial Association, un groupe de pression industriel, a demandé au Congrès de rendre plus facile pour les entrepreneurs américains de vendre des armes aux alliés en réponse à la menace russe. Des articles récents dans un magazine de défense nationale discutent de la nécessité pour les alliés de l’OTAN de stimuler les dépenses militaires dans la marine, les dépenses sur les systèmes en Arctique, et la défense antimissile, pour contrer la Russie.

De nombreux experts ne sont pas convaincus que la Russie constitue une menace militaire directe. L’armée de l’Union soviétique comptait autrefois plus de 4 millions de soldats, mais aujourd’hui, la Russie en compte moins d’un million. Le budget militaire combiné de l’OTAN devance largement celui de la Russie − les États-Unis à eux seuls dépassent largement le budget militaire de la Russie, 609 milliards de dollars pour les premiers et moins de 85 milliards de dollars pour la seconde.

Et pourtant, l’Association des industries aérospatiales, un groupe de pression travaillant pour Lockheed Martin, Textron, Raytheon, et d’autres entrepreneurs de la défense, a prétendu, en février dernier, que le Pentagone ne dépense pas assez pour contrer « l’agression russe aux portes de l’OTAN ».

Les autres think tanks, financés par d’importantes entreprises travaillant pour la défense − dont l’Institut Lexington et le Conseil de l’Atlantique − ont eux aussi réclamé des budgets militaires plus élevés pour contrer la Russie.

Stephen Hadley, ancien conseiller à la sécurité nationale auprès du président George W. Bush, qui travaille maintenant au conseil d’administration de Raytheon − une entreprise qui participe aux appels d’offre pour les grands contrats militaires de l’OTAN − a beaucoup insisté pour que les budgets attribués à la défense soient augmentés et pour fournir une aide létale à l’Ukraine. Hadley a déclaré dans un discours, l’été dernier, que les États-Unis « doivent augmenter la pression sur la Russie pour ce qu’elle est en train de faire en Ukraine », ajoutant que « même le président Poutine est sensible aux sacs mortuaires ».

La presse économique a remarqué l’évolution. Le Washington Business Journal a noté que « si quelqu’un bénéficie bien du malaise entre la Russie et le reste du monde, c’est Lockheed Martin », ajoutant que l’entreprise a remporté un contrat majeur en Pologne, pays qui modernise son armée pour faire face à la Russie. Roman Schweizer − un analyste pour l’industrie de défense à Guggenheim Securities − a prédit l’année dernière que les ventes d’armes américaines continueraient à augmenter, en particulier parce que « les pays de l’Est de l’OTAN vont augmenter leur achats à cause de l’activité russe permanente en Ukraine ».

À l’Exposition Internationale sur la Sécurité et la Défense, une conférence de marchands d’armes qui s’est tenue à Londres l’automne dernier, les entrepreneurs ont été prompts à utiliser la Russie et les budgets de défense en hausse pour vendre leurs produits. « La menace des tanks est […] beaucoup, beaucoup plus proche de vous aujourd’hui parce que Poutine est en train de préparer quelque chose » dans l’est de l’Ukraine, a déclaré un représentant, vantant les lanceurs de roquette portatif de Saab, à Defense One.

« Les entreprises comme Lockheed Martin et Boeing se sont engagées à augmenter la part des exportations dans leur chiffre d’affaires global, et elles ont été à la recherche d’importantes transactions commerciales avec l’Europe centrale et orientale depuis les années 1990, lorsque l’expansion de l’OTAN a commencé », a déclaré William Hartung, directeur du Arms & Security Project au Center for international Policy. Hartung a noté que comme certains pays commençaient déjà à augmenter leurs dépenses, les entreprises américaines allaient « frapper à la porte, cherchant à vendre de tout, des avions de chasse aux systèmes de défense antimissile ».

« Les bravades russes offrent de gros avantages aux fabricants d’armes, car c’est devenu l’argument idéal en faveur de la hausse des dépenses du Pentagone – même si le Pentagone a déjà suffisamment d’argent pour répondre à toute menace réelle contre les États-Unis », a-t-il ajouté.

Lee Fang

Article original publié sur The Intercept

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L'Iran demande à la Turquie de cesser ses opérations militaires en Syrie

Publié le par Felli Bernard

L'Iran demande à la Turquie de cesser ses opérations militaires en Syrie

L'Iran demande à la Turquie de cesser ses opérations militaires en Syrie

31 août 2016, 09:00

- Avec AFP

Source: Reuters

Des blindés turcs à la frontière entre la Syrie et la Turquie

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L'Iran a demandé à la Turquie qui mène une offensive dans le nord de la Syrie de cesser «rapidement» ses opérations militaires pour éviter de compliquer davantage la situation dans la région, selon les médias iraniens.

Lire aussi

«La poursuite de la présence militaire de la Turquie en Syrie complique encore davantage la situation», a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahman Ghassemi, cité mercredi 31 août par le site de la télévision d'Etat.

Il a souligné que les affrontements dans le nord de la Syrie «provoqu[aient] la mort d'innocents et [qu'il était] nécessaire que l'armée turque cesse rapidement ses actions militaires».

«Tous les pays doivent respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie», a ajouté le porte-parole iranien, soulignant que la «lutte contre le terrorisme ne doit pas affaiblir le gouvernement légitime» syrien.

Téhéran soutient politiquement, financièrement et militairement le pouvoir syrien, en envoyant sur place des conseillers militaires et des volontaires pour combattre aux côtés de l'armée syrienne les groupes rebelles armés et les jihadistes.

Lire aussi : les «rebelles modérés» ne sont qu’un mythe, estime un sénateur américain

L'armée turque a lancé il y a une semaine une opération sans précédent dans le nord syrien visant à débarrasser la frontière des terroristes de l'Etat islamique (Daesh). Cependant, outre ce but annoncé avant le lancement de l'intervention turque, Ankara a commencé quelques jours après à cibler également les positions des Kurdes de Syrie, qui combattent Daesh mais sont considérés comme «terroristes» par la Turquie.

International

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Journalisme hypocrite, par Robert Parry

Publié le par Felli Bernard

Journalisme hypocrite, par Robert Parry

31

Août

2016

Journalisme hypocrite, par Robert Parry

Un magnifique texte…

Source : Le Grand Soir, Robert Parry, 17-08-2016

Au cours des dernières décennies, les grands médias des États-Unis ont trahi le peuple américain d’une manière historique en diffusant de fausses informations ou des narratives trompeuses sur pratiquement tous les sujets internationaux importants, et continuent à ce jour à mener le pays dans des conflits destructeurs et inutiles.

Pour moi, un tournant majeur fut lorsque les principaux organes d’information ont refusé se pencher sur les tenants et aboutissants du scandale Iran-Contra, y compris sur ses origines dans les contacts illicites entre les Républicains et les Iraniens au cours de la campagne de 1980 et la collaboration de l’administration Reagan avec des trafiquants de drogue pour soutenir la guerre des Contras au Nicaragua. (Au lieu de cela, les grands médias ont dénigré les reportages sur ces véritables scandales.)

Si ces histoires peu recommandables avaient été pleinement expliquées au peuple américain, leur opinion sur Ronald Reagan et George H.W. Bush serait beaucoup moins favorable et la montée des sous-fifres néocons de Reagan aurait pu être stoppée. Au contraire, les néo-conservateurs ont consolidé leur domination sur la politique étrangère officielle de Washington et le fils inepte de Bush fut autorisé à s’emparer de la Maison Blanche en 2001.

Ensuite, on aurait pu penser que l’invasion désastreuse de l’Irak en 2003 – justifiée par une cohorte de mensonges – aurait finalement condamné les néocons, mais, à l’époque ils avaient déjà profondément pénétré les médias nationaux et les grands groupes de réflexion, et leur influence s’étendait au-delà du Parti républicain jusque dans les profondeurs du Parti démocratique.

Ainsi, malgré la catastrophe en Irak, presque rien n’a changé. Les néo-conservateurs et leurs copains les interventionnistes libéraux ont continué à fabriquer des récits qui ont conduit les Etats-Unis dans un bourbier après l’autre, à la recherche de plus en plus de « changements de régime » tout en écartant les recommandations pour une résolution pacifique des crises internationales.

Dissonance cognitive

Dans le cadre de ce phénomène, il existe une profonde dissonance cognitive tandis que les logiques évoluent en fonction des nécessités tactiques des néocons. D’un cas à l’autre, il n’y a aucune cohérence logique ou morale, et les principales agences de presse suivent, se refusant encore et toujours d’exposer ces hypocrisies flagrantes.

Le gouvernement des États-Unis défend un monde « fondé sur des règles » lorsque cela sert ses intérêts mais viole allégrement le droit international lorsqu’il a décidé qu’une « guerre humanitaire » l’emportait sur la souveraineté nationale et la Charte des Nations Unies. Ce dernier est particulièrement facile après qu’un dirigeant étranger a été diabolisé dans la presse, mais la souveraineté devient inviolable dans d’autres circonstances, lorsque les régimes criminels sont amis de Washington.

L’administration de George W. Bush et les médias traditionnels justifièrent en partie l’invasion de l’Irak en accusant Saddam Hussein de violations des droits de l’homme. L’illégalité évidente de l’invasion fut ignorée ou rejetée comme de simples chicaneries de la part des « apologistes de Saddam ». De même, l’administration Obama et les médias ont justifié l’invasion de la Libye en 2011 sous l’accusation mensongère que Mouammar Kadhafi s’apprêtait à massacrer des civils (il avait dit qu’il s’en prenait aux terroristes islamiques).

Mais les mêmes médias regardent ailleurs ou trouvent des excuses lorsque le massacre de civils est l’oeuvre d’« alliés », comme Israël contre les Palestiniens ou l’Arabie saoudite contre les Yéménites. Ensuite, le gouvernement des Etats-Unis se précipite pour livrer encore plus d’armes pour que les bombardements puissent se poursuivre.

La vision du terrorisme est sélective aussi. Israël, l’Arabie Saoudite et d’autres « alliés » américains dans le Golfe Persique ont aidé et encouragé des groupes terroristes, y compris le front al-Nosra d’Al-Qaïda, dans une guerre contre le gouvernement en grande partie laïque de la Syrie. Ce soutien à la subversion violente a suivi la diabolisation du président syrien Bachar al-Assad par les médias.

Ainsi, en essayant d’éviter un autre bourbier à l’irakienne, le président Obama fait face à de vives critiques à Washington dominée par les néocons parce qu’il n’en fait pas assez pour imposer un « changement de régime » en Syrie, bien qu’il ait effectivement autorisé la livraison d’armes sophistiquées US à la soi-disant opposition « modérée » , qui opère souvent sous la structure de commandement d’al-Nosra.

En d’autres termes, il est acceptable d’intervenir ouvertement et clandestinement lorsque c’est Washington qui le décide, indépendamment du droit international et même si cela implique une complicité avec les terroristes. Mais le refrain change lorsque la balle est dans l’autre camp.

Dans le cas de l’Ukraine, toute aide russe aux rebelles russes ethniques sous l’agression d’une armée ukrainienne qui comprend des bataillons néo-nazis, tels que la brigade Azov, est inadmissible. Le droit international et une structure « fondée sur des règles » doivent être défendus en punissant la Russie.

Les médias ont encore trahi leurs lecteurs avec une couverture unilatérale du coup datage de 2014 qui a renversé le président élu Viktor Ianoukovitch, qui avait subi lui aussi une campagne de diabolisation de la part des fonctionnaires américains et de la presse grand public. Ainsi, les principaux organes de presse ont applaudi le coup d’Etat et ne voyaient rien de mal lorsque le nouveau régime soutenu par les Etats-Unis a annoncé une ’Opération de lutte contre le terrorisme’ – contre les Ukrainiens ethniques russes qui avaient voté pour Ianoukovitch et qui considéraient le régime putschiste comme illégitime.

Dans les médias occidentaux, le régime putschiste ’tout de blanc vêtu’ à Kiev ne pouvait pas faire de mal, même lorsque ses troupes d’assaut néo-nazis ont brûlé des dizaines de Russes ethniques vivants à Odessa et furent le fer de lance de « l’Opération de lutte contre le terrorisme » à l’est. Tout était de la faute de la Russie, même s’il n’y avait aucune preuve que le président Vladimir Poutine avait joué un rôle dans la déstabilisation de l’Ukraine.

En fait, toutes les preuves indiquent que c’était bien le gouvernement des États-Unis qui cherchait un « changement de régime ». Par exemple, le secrétaire d’État adjoint aux Affaires européennes, Mme Victoria Nuland, lors d’une conversation téléphonique interceptée, fut surprise en train de conspirer avec l’ambassadeur US Geoffrey Pyatt au sujet de qui devait prendre le pouvoir – « C’est Yats » a-t-elle dit à propos d’Arseniy Iatseniouk – et de discuter sur comment « faire aboutir » le projet. Le coup d’Etat se déroula quelques semaines plus tard, et Iatseniouk émergea comme le nouveau premier ministre.

L’exceptionnalisme des États-Unis

Les médias des États-Unis agissent comme si le gouvernement US avait un droit incontestable à intervenir dans les affaires intérieures des pays partout dans le monde – que ce soit par la subversion ou l’invasion militaire – mais les mêmes médias s’indignent si quelqu’un ose résister aux édits de Washington ou tente d’imiter les Etats-Unis.

Donc, en ce qui concerne l’Ukraine, alors que la Russie voisine est intervenue pour empêcher les massacres dans l’est et laisser le peuple de Crimée voter un référendum sur la sécession, le gouvernement américain et les médias ont accusé Poutine d’avoir violé le droit international. Les frontières nationales, même dans le contexte d’un violent coup d’état réalisé en partie par des néo-nazis, devaient être respecté, a pieusement annoncé Washington. Même les 96 % des électeurs de Crimée qui votèrent pour rejoindre la Russie furent ignorés en vertu du principe de la souveraineté des Etats.

En d’autres termes, si Poutine protège ces Russes ethniques de la répression violente par les ultra-nationalistes ukrainiens, il est coupable d ’ « agression » et son pays doit être puni par des sanctions sévères. Les néocons américains ont aussitôt commencé à rêver de déstabiliser la Russie et de réussir un autre « changement de régime » à Moscou.

Pendant ce temps, le régime ukrainien soutenu par les EtatsUnis a poursuivi son « Opération de lutte contre le terrorisme », en utilisant des armes lourdes contre les dissidents ukrainiens de l’est dans un conflit qui a coûté quelque 10.000 vies, dont de nombreux civils. Le conflit ukrainien est l’une des pires saignées en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, mais les néocons et leurs copains libéraux-faucons appellent à armer l’armée ukrainienne de sorte qu’elle puisse – une bonne fois pour toutes – écraser la résistance.

Au début de la crise, Nicholas D. Kristof, éditorialiste du New York Times, qui s’était construite une image d’humanitaire bienveillant, voulait livrer plus d’armes au régime de Kiev et aux Ukrainiens de l’est (dont les membres de la famille de son père), de sorte qu’ils puissent tuer leurs voisins ethniques russes – ou « aller à la chasse à l’ours », comme l’a dit Kristof. En appelant les Russes des ’ours’, Kristof assimilait leur massacre à l’abattage d’animaux.

Pourtant, dans une récente chronique, Kristof prend une position très différente en ce qui concerne la Syrie, qu’il veut voir envahir par l’armée US et pour y créer de soi-disant « zones de sécurité » et « zones d’exclusion aérienne » pour empêcher l’armée et les forces aériennes syriennes d’attaquer les positions rebelles.

La souveraineté signifie une chose en Ukraine, même après un coup d’Etat qui a renversé le président élu. Là-bas, les frontières nationales doivent être respectées (du moins après l’installation d’un régime pro-U.S.) et le régime a tous les droits de tuer des dissidents pour faire valoir son autorité. Après tout, ce n’est qu’une partie de chasse.

Mais la souveraineté signifie autre chose en Syrie, où le gouvernement des Etats-Unis est appelé à intervenir en faveur d’une des parties dans une guerre civile brutale pour empêcher que le gouvernement ne reprenne le contrôle du pays ou pour éviter un règlement négocié du conflit. En Syrie, le « changement de régime » l’emporte sur tout.

Outrage sélectif

Dans son article, Kristof a noté d’autres conflits où les États-Unis sont censés faire plus, en qualifiant la non-invasion de la Syrie de « tâche sur notre conscience à tous, similaire… aux yeux détournés de la Bosnie et du Rwanda dans les années 1990, du Darfour, dans les années 2000 ».

Notez encore l’indignation sélective de Kristof. Il n’appelle pas à une invasion américaine d’Israël / Palestine pour protéger les Palestiniens des opérations de « ratonnade » périodiques d’Israël. Il ne suggère pas non plus de bombarder les aérodromes saoudiens pour empêcher le bombardement continu du royaume des Yéménites. Et il ne proteste pas contre le massacre en Irak instiguée par les Etats-Unis, où des centaines de milliers de personnes ont péri, et il ne mentionne pas la guerre apparemment sans fin des Etats-Unis en Afghanistan.

Comme beaucoup d’autres experts traditionnels, Kristof adapte son humanitarisme à la cause de la domination mondiale des Etats-Unis. Après tout, combien de temps pensez-vous que Kristof garderait son poste de chroniqueur bien payé s’il plaidait pour une « zone d’exclusion aérienne » en Israël ou pour une intervention militaire contre l’Arabie Saoudite ?

Autrement dit, combien de courage professionnel faut-il avoir pour rejoindre la meute contre les « ennemis » des Etats-Unis une fois qu’ils ont été diabolisés ? Ce fut pourtant bien une telle « pensée grégaire » qui ouvrit la voie à l’invasion américaine de l’Irak pour renverser Saddam Hussein, une décision adoptée par les « faucons libéraux » aussi bien que les néo-conservateurs et qui marqua le début d’une souffrance massive à travers le Moyen-Orient et maintenant l’Europe. Selon certaines estimations, les morts irakiens s’élèvent à plus d’un million.

Donc, il faut se rappeler comment The New Yorker, The New York Times et d’autres soi-disant publications « progressistes » ont sauté sur le train en marche pour la guerre en Irak de George W. Bush. Ils sont devenus ce que l’ancien patron de Kristof, Bill Keller, a surnommé « le club des regarde-maman-je-suis-un-faucon » (Keller, soi-dit en passant, a été nommé rédacteur en chef lorsque les mensonges sur les armes de destruction massive en Irak furent démasqués. Comme beaucoup de ses collègues faucons, il n’ont au aucun compte à rendre pour leur crédulité ou carriérisme.)

Kristof n’a pas rejoint le club à ce moment-là, mais a signé plus tard, exhortant une campagne de bombardements massif en Syrie après que l’administration Obama ait fait des déclarations maintenant largement discréditées accusant le gouvernement de Bachar al-Assad d’avoir lancé une attaque au gaz sarin dans les environs de Damas, le 21 août 2013.

Nous savons maintenant que le président Obama n’a pas mis en oeuvre les plans de bombardement en partie parce que les analystes du renseignement US avaient dit qu’ils doutaient de la culpabilité d’Assad. Les preuves semblent désormais indiquer une provocation par les rebelles proches d’Al-Qaïda pour attirer les Etats-Unis dans une intervention à leurs côtés, mais le courant dominant des médias US persiste à dire qu’Obama n’a pas réussi à imposer sa « ligne rouge » contre Assad et l’utilisation d’armes chimiques, comme s’il s’agissait d’un « fait établi ».

Bien que la campagne de bombardement approuvé par Kristof en 2013 aurait pu jouer en faveur d’Al-Qaïda (ou de l’Etat islamique) et donc déclenché une tragédie encore pire pour le peuple syrien, le chroniqueur persiste à préconiser une invasion US de la Syrie, bien enveloppée dans un joli langage « humanitaire ». Mais il devrait être clair que les termes à consonance agréable comme « zones de sécurité » ne sont que des euphémismes pour « changement de régime », comme nous l’avons vu en Libye en 2011.

Oublier la réalité

Les médias « oublient » souvent qu’Obama a autorisé la formation et l’armement des soi-disant rebelles syriens « modérés » dont beaucoup se sont placés sous le commandement militaire du Front al-Nosra d’Al-Qaïda avec des armes américaines sophistiquées, telles que des missiles antichars TOW, qu’on retrouve dans les arsenaux d’al-Nosra et ses alliés djihadistes.

En d’autres termes, au-delà de l’indignation sélective sur la morale et le droit international, nous assistons à un journaliste sélectif. En effet, à travers toute la profession, on constate un abandon presque complet de l’objectivité en matière de reportages sur la politique étrangère des Etats-Unis. Même les publications libérales et de gauche s’en prennent maintenant à ceux qui ne rejoignent pas la dernière version de club des « « regarde-maman-je-suis-un-faucon ».

Tandis que de la politique étrangère dominée par le néo-conservatisme continue à pousser le monde vers toujours plus de catastrophes, nous voici désormais avec des plans de déstabilisation de la Russie qui possède l’arme nucléaire (hum… comment cela pourrait-il tourner mal ?), Les médias refusent de donner au peuple les informations objectives nécessaires pour freiner ces excès.

Pratiquement rien n’a été appris de la guerre catastrophique en Irak lorsque le gouvernement des Etats-Unis a rejeté les négociations et les inspections (ainsi que toute appréciation de la réalité complexe sur le terrain) pour adopter une posture de dur-à-cuire. À quelques exceptions près, les médias ont tout simplement suivi.

Aujourd’hui, la posture pro-guerre est profondément répandue au sein du Parti démocrate et même parmi certains gauchistes bellicistes qui se joignent à la fête pour insulter les quelques dissidents anti-guerre avec des méthodes McCarthyistes en accusant quiconque qui conteste la « pensée grégaire » sur la Syrie ou la Russie d’être un « apologiste d’Assad » ou un « larbin de Poutine ».

À la Convention nationale démocratique, certains des délégués de Hillary Clinton ont même scandé « USA, USA » pour étouffer les cris des délégués de Bernie Sanders qui criaient « assez de guerres ». D’une façon plus large, le médias dominants ont principalement ignoré ou réduit au silence tous ceux qui dévient de la sagesse conventionnelle dominée par le néo-conservatisme.

Robert Parry

Traduction « j’ai souvent retiré l’adjectif « américain » parlant des médias parce que c’est bien pareil chez nous, non ? » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

Source : Le Grand Soir, Robert Parry, 17-08-2016

2 réponses à Journalisme hypocrite, par Robert Parry

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Sondage Occulté stupéfiant ....!

Publié le par Felli Bernard

Sondage Occulté stupéfiant ....!

31 août 2016

Sondage Occulté stupéfiant ....!

Objet: Sondage Occulté stupéfiant ....!

(Valeurs Actuelles n° 4026, page 19) infos qui font mal !!!

C'est un véritable bouleversement d'opinion chez les Français.

On comprend mieux pourquoi le gouvernement et la Presse musellent cette information

Intitulée ".Sondage caché", car , c' est une véritable bombe a retardement !

La publication des résultats de l'enquête annuelle publiée chaque année dans le Monde,menée par l'institut Opinionway et le Centre de Recherche Politique de Sciences Po,intitulé "Baromètre de la confiance politique".C'est la 5e édition mais, pour la première fois cette année, le 13 janvier, la presse n'a dévoilée que 41 pages sur 84. Cela a mis la puce à l'oreille de Valeurs actuellesqui s'est demandé ce qu'on voulait nous cacher,et s'est procuré les résultats de l'enquête, qu'elle publie dans son n° 4026.

Les résultats sont stupéfiants, c'est un veritable séisme politique !!!.

En voici le résumé fidèle :

1. 75% des Français ne font plus confiance à l'État, ni à la république.

2. 88% rejettent catégoriquement les partis politiques.

3. 87% jugent que Hollande n'a pas l'étoffe d'un président, ça c'est moins étonnant.

4. 61% sont prêts à manifester, alors qu'ils n'étaient que 30% en 2010

5. 71% ne font plus confiance aux syndicats.

Mais la stupeur :

1. 50% ne croient plus à la démocratie et souhaitent avoir à la tête du pays un homme fort(ou une femme) qui n'a pas à se préoccuper du parlement ni des élections.

Traduction en clair : un roi ou un dictateur, ou du moins un pouvoir personnel fort ?

2 . 12% souhaitent même que l'armée dirige le pays !C'est du jamais vu depuis 200 ans et ça montre la crise où ces gouvernements d' énarques coupés des réalités du pays, et d'hommes politiques profiteurs de droite ou de gauche ont plongé le pays.

Sans surprise :

1. 30% placent Sarkozy en tête,

2. 34% Marine Le Pen, les autres hommes politiques de tous bords sont très loin derrière.

3. 67% pensent qu'il y a trop d'immigrés en France,

4. 50% sont pour le rétablissement de la peine de mort (ils n'étaient que 35% en 2011).

Quelles que soient les réflexions que nous suggèrent ces résultats,

on voit bien en tout cas à quel degré de crise profonde et de désaffection de la classe dirigeante , nous a mené la politique ( et nos politiques ) de ces dernières décennies.Les Français ne veulent plus être gouvernés par les énarques , ni par des fonctionnaires ,ils aspirent à un changement radical

C' est Fantastique : Enfin la FRANCE réagit. ça redonne le moral et l'espoir !
> >

Il est inadmissible et regrettable que les médias ne diffusent pas ce genre d' information,cela prouve bien qu'ils sont à la botte du pouvoir.

Aussi merci de faire suivre à tous vos contacts...!!! Et en CCI .. SVP

source

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Interview du président serbe par Alexandre Douguine

Publié le par Felli Bernard

le président serbe Tomislav Nikolićont
le président serbe Tomislav Nikolićont

Interview du président serbe par Alexandre Douguine

Par Alexandre Douguine – Le 19 août 2016 – Source Katehon

La visite du vice-président américain Joseph Biden en Serbie est terminée. Les entretiens à huis clos avec le président serbe Tomislav Nikolićont ont mis en vedette, comme prévu, la pression sévère sur le dirigeant serbe à propos de la question du Kosovo. Cependant, à la fin de la réunion, Nikolić a dit qu’il ne signerait jamais un accord avec Pristina même si cela signifiait ne pas pouvoir adhérer à l’UE. Il a également déclaré que la Serbie n’imposerait jamais de sanctions contre la Russie, même si les politiques de l’UE l’exigent.

Katehon présente à ses lecteurs l’interview exclusive du président serbe Tomislav Nikolić par le rédacteur en chef de la chaîne de télévision Tsargrad et membre du Conseil de surveillance du centre d’analyse Katehon, Alexander Douguine.

Alexander Douguine (A. D.) :Monsieur le Président, tout d’abord, je vous remercie d’avoir accepté de bien vouloir donner une interview à la chaîne Tsargrad TV. Je voudrais savoir : comment voyez-vous l’état des relations russo-serbes aujourd’hui ?

Tomislav Nikolić (T. N.) : – Les relations serbo-russes ont déjà été à ce niveau dans l’histoire, mais je ne pense pas qu’elles l’ont jamais été plus que maintenant. Pendant des siècles, la Serbie a compté sur le soutien d’abord de l’Empire russe, puis de la Russie soviétique, et aujourd’hui de la Fédération de Russie. Toujours, quand la Russie était forte, quand elle était ferme, quand elle était dirigée par une personne forte et sage, qui était en mesure de défendre ses intérêts, elle a aussi protégé les intérêts de la Serbie. Quand la situation était difficile pour la Russie, notre pays a immédiatement senti cela aussi. Ensuite, l’influence des autres, les intérêts des peuples et des États que nous avons plus de difficulté à comprendre, ont augmenté. Nous ne partageons pas d’origine commune, ni de racines, de langue, de foi, de traditions et d’histoire avec eux. Toute l’histoire des relations serbo-russes est pour nous l’attente du moment où nous allons enfin pouvoir rétablir une telle relation…

Bien sûr, nous collaborons avec d’autres pays, mais personne ne peut interférer dans nos relations bilatérales. Et il y a cet énorme service et ce mérite unique du Président de la Fédération de Russie de comprendre le vrai sens de la petite Serbie. Les pouvoirs de populations d’une centaine de millions ou d’un milliard d’individus pourraient considérer la Serbie comme un petit État. Mais en termes d’amitié, qui ne peut pas être mesurée, la Serbie est grande à tous ses amis et ceux qui sont dignes de son amitié.

Aujourd’hui, nous avons établi d’excellentes relations politiques, une coopération mutuelle, et réalisé l’unité dans des domaines cruciaux. Nous avons réussi à obtenir le soutien de la Russie dans plusieurs situations qui étaient d’une importance cruciale pour l’avenir de la Serbie. Cela inclut la résolution sur Srebrenica qui a proposé de poursuivre la République serbe pour génocide, et le vote à la Conférence générale de l’UNESCO intronisant le Kosovo à l’UNESCO, ce qui aurait donné tous les monastères serbes, tout le patrimoine culturel de la Serbie au Kosovo-Metohija, au soi-disant État du Kosovo. Nous avons des accords avec la Russie sur la participation commune à toutes les questions concernant le sort de nos pays. Ce qui est inestimable pour la Serbie.

La Russie a ouvert son énorme marché à la Serbie et supprimé les droits de douane sur presque tout, sauf pour un petit groupe de produits. Ceci est une énorme source de matières premières et d’énergie pour la Serbie. Malheureusement, nous ne pouvons pas aller de l’avant avec le projet South Stream, mais… Ne jamais dire «jamais». J’espère toujours que l’UE, et en particulier la Bulgarie, auront la sagesse de construire pour nous le South Stream et de fournir du gaz russe à une grande partie de l’Europe.

Maintenant, nous sommes confrontés au fait qu’il y a notre grande amie la Russie et l’Union européenne qui nous entourent et que nous aspirons à rejoindre, si elle nous accepte sans humiliation, mais avec dignité. La Russie et l’Union européenne sont maintenant dans un litige où il est très difficile de déterminer notre place. Mais si vous constatez que la Serbie n’a pas rejoint les sanctions contre la Russie, alors vous comprenez pour quel côté nous avons pris parti dans le présent différend.

Nous avons appris de notre histoire à cet égard. Nous avons été soumis à des sanctions trop longues pour faire maintenant la même chose qu’eux. Après tout, les sanctions ne sont pas vraiment contre les politiciens, mais contre un régime. Peut-être qu’ils veulent renverser le régime auquel des sanctions sont imposées, mais c’est la population qui souffre en fait − les plus faibles, les plus pauvres, et les enfants.

Nos hommes politiques en Serbie, que l’Occident associe avec la Russie, sont sanctionnés. Nous ne pouvions pas aller à l’Ouest ou obtenir de visas. Cela n’a pas gâché ma vie. Au contraire, je suis même fier d’être sanctionné. Mais j’ai vu des gens qui ont souffert de ces sanctions − la façon dont ils ont souffert de difficultés économiques et ont reçu moins d’aide de l’État que nécessaire. D’abord et avant tout l’assistance sociale et les allocations aux enfants. Les sanctions ont affecté des personnes innocentes. S’il y a quelques sages à l’Ouest, ils devraient s’exprimer et dire que les sanctions ne leur apporteront rien de bon de la Fédération de Russie, et n’apporteront rien du tout à l’Union européenne. Sans l’échange des biens, des capitaux et des personnes, tout le monde souffre. Ensuite, tout ce qui reste est de s’enfermer les uns les autres dans des ghettos.

Et ce sont les petits pays de l’Union européenne qui souffrent le plus de ces sanctions quand leurs marchés sont inondés de produits en provenance des principaux pays qui reçoivent le plus de subventions, et sont donc moins chers que les produits des petits pays.

Voilà pourquoi nous ne pourrons jamais rejoindre les sanctions contre la Fédération de Russie, et je ne pense pas que ce soit une politique étrangère commune. L’UE n’a pas de politique étrangère commune. L’exemple du Kosovo et Metohija montre cela plus clairement. Si la politique étrangère commune est que tous les pays reconnaissent l’indépendance du Kosovo-Metohija, alors que faire des cinq États membres de l’UE qui ne le reconnaissent pas? . Pourquoi ne leur impose-t-on pas des sanctions ?

Ils ne peuvent pas forcer un pays à agir contre ses propres intérêts. Ils nous soutiennent, non pas à cause d’une sorte d’amitié particulière, mais parce qu’ils ont peur que le précédent du Kosovo ne se répète chez eux.

Par conséquent, alors qu’ils peuvent faire partie de l’UE sans reconnaître l’indépendance du Kosovo, la Serbie ne peut pas adhérer à l’UE sans reconnaître son indépendance. Ceci est la seule condition que la Serbie ne peut pas et ne veut pas satisfaire. Ni l’histoire, ni l’avenir des enfants de la Serbie ne le permettent.

La Serbie ne trahira pas une chose pour laquelle des millions de Serbes ont donné leur vie juste pour quelques carottes, quelques améliorations de leur vie, ou certaines réformes administratives et économiques.

La Serbie s’humilierait en imposant des sanctions contre un autre pays uniquement parce que quelqu’un d’autre l’a exigé, ou en reconnaissant l’indépendance du Kosovo-Metohija seulement parce que des pays plus forts, plus grands et plus puissants l’ont reconnu et font pression sur les autres pour le faire.

A. D . : – La chaîne de télévision Tsargrad et la Fondation Basile le Grand ont apporté le feu sacré à la Serbie à deux reprises déjà. Vous les avez rencontrés et participé au service de Pâques. Que voudriez-vous souhaiter à notre public, notre chaîne, et attendez-vous que le feu sacré arrive en Serbie une troisième fois ?

T.N. : – Je voudrais répondre à votre dernière question. Après avoir établi une tradition, en particulier dans l’Église, nous ne pouvons pas l’abandonner. Donc, s’il est arrivé deux fois, alors laissez le revenir 202 fois. Tant que ma santé me le permet, je vais toujours attendre pour saluer le feu sacré, quelle que soit ma position. Parce que je sais ce que je rencontre. Ce n’est pas à cause de la caméra. L’important est un miracle auquel nous, orthodoxes, participons d’une manière spéciale et je crois qu’un homme est incomplet sans la foi.

En ce qui concerne votre travail ici et le succès que vous obtenez, tout dépend de vous. Toutes les portes sont ouvertes pour vous ici. Notre peuple a beaucoup de respect et beaucoup d’amour pour la Russie, un pays dont nous pouvons toujours attendre que du bon, un pays qui ne nous a jamais fait de mal. Les romances russes sont encore demandées dans les kafanas [auberges, NdT]. À ce jour, les classiques russes sont toujours les plus largement lus. Peut-être les seuls auteurs étrangers que la plupart des familles serbes lisent sont les classiques russes. Tout citoyen de la Serbie et chacun des Serbes connaissent au moins une chose qui nous unit, et très peu peuvent trouver quelque chose qui ne nous connecte pas.

La voie est ouverte pour vous, et une idéologie selon laquelle nous sommes frères et proches les uns des autres trouvera un sol fertile ici et sera bien accueillie par les citoyens serbes. Les gens d’ici sont vraiment pour la coopération avec la Russie et, bien sûr, ils ne sont pas contre bien vivre avec tout le monde. Notre attitude envers les autres dépend de la façon dont les autres nous traitent.

L’avalanche de médias occidentaux qui a submergé cette partie de l’Europe fait face à l’arrivée des médias de l’Est, ce qui est une cause noble. Il est toujours nécessaire d’écouter les deux côtés.

Par conséquent, je vous souhaite du succès, et si jamais vous avez besoin d’un avis ou d’une position sur les événements actuels ou des événements de notre histoire commune, il suffit juste de demander !

Traduit et édité par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

Alexandre Douguine

Alexandre Douguine

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RT @RTenfrancais: #Toulouse : un policier attaqué...

Publié le par bernard felli

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Oui, Obama et Clinton ont crée Daech – dommage que Trump soit incapable d’expliquer comment.

Publié le par Felli Bernard

Obama et Clinton ont crée Daech
Obama et Clinton ont crée Daech

Oui, Obama et Clinton ont crée Daech – dommage que Trump soit incapable d’expliquer comment.

Par Glen Ford

Mondialisation.ca, 27 août 2016

Black Agenda Report 17 août 2016

Région : États-Unis

Thème: 11 sept. Guerre au terrorisme, Guerre USA OTAN

Analyses: Élections USA

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C’est un fait historique que le États-Unis et l’Arabie Saoudite ont créé, il y a près de quarante ans, le réseau djihadiste international duquel Al-Qaïda et Daech ont jailli. […] Soyons clairs sur un point : ce ne sont pas les États-Unis qui ont rejeté la secte macabre djihadiste qui est devenue Daech ; c’est Daech qui s’est dissocié des Etats-Unis et leurs alliés européens et royaux.

Donald Trump a fait marche arrière – en quelque sorte – sur son affirmation que le président Obama et Hillary Clinton étaient les « fondateurs » de Daech, ou les « joueurs les plus précieux » de l’équipe Dacsh. « Évidemment, je suis sarcastique, » a dit le soi-disant avocat des « USA avant tout » – en ajoutant aussitôt « mais pour être honnête, pas tant que ça ».

Trump ne peut pas formuler ou saisir toute la vérité horrible contenue dans sa déclaration initiale parce que cela exigerait de prononcer un acte d’accusation beaucoup plus fondamental de la politique américaine impériale dans le monde musulman depuis la fin de 1979, lorsque Zbigniew Brzezinski a convaincu le président Jimmy Carter de lâcher les chiens djihadistes en Afghanistan. Comme indiqué dans ses mémoires From the Shadow, Brzezinski a conseillé Carter d’aider la résistance musulmane de droite contre le gouvernement laïque de gauche en Afghanistan afin de « provoquer une intervention militaire soviétique » et entraîner l’URSS dans un bourbier de type Vietnamien. Brzezinski voyait les soi-disant Moudjahidin comme des fantassins potentiels de la politique globale des Etats-Unis. « Qu’est-ce qui est le plus important pour l’histoire du monde ? Les Talibans ou la chute de l’Empire soviétique ? Quelques musulmans agités ou la libération de l’Europe centrale et la fin de la Guerre Froide ? » demanda Brzezinski, de façon rhétorique, quelques décennies plus tard.

Ayant suivi les conseils de Brzezinski, le président Carter peut à raison être décrit comme un « père fondateur » d’Al-Qaïda, avec son camarade et autre « joueur le plus précieux », Ronald Reagan, dont la CIA en partenariat avec l’Arabie Saoudite dépensèrent des milliards pour attirer des musulmans du monde entier dans la guerre en Afghanistan. Ensemble, les États-Unis et les Saoudiens ont donné naissance au mouvement djihadiste islamique internationale – un phénomène qui n’avait jamais existé auparavant dans l’histoire du monde. Les djihadistes allaient devenir une arme essentielle dans l’arsenal impérial US, un outil horrible pour accomplir des changements de régime dans le monde musulman et qui sert également à justifier, depuis la disparition de l’épouvantail soviétique, la quête sans fin des Etats-Unis d’une domination mondiale,.

« En 2011, Obama a lancé la Mère de toutes les guerres par procuration. »

Brzezinski est devenu le gourou de la politique étrangère de Barack Obama, avec des conséquences qui auraient dû être prévisibles pour la politique US au Moyen-Orient, mais ont été largement ignorés par les libéraux et les soi-disant progressistes dans leur euphorie à virer George W. Bush.

De toute évidence, l’opinion publique états-unienne n’allait pas tolérer une nouvelle intervention massive directe de troupes dans la région. Ce n’était plus une option. Mais quelle force, alors, était disponible pour mettre en œuvre l’ordre du jour toujours inachevé de Washington de conquérir cette partie du monde ? En 2011, Obama lança la Mère de toutes les guerres par procuration, d’abord contre le gouvernement de Mouammar Kadhafi en Libye, pour ensuite mobiliser rapidement la totalité du réseau jihadiste international qui avait été créé de toutes pièces sous Carter et Reagan près de 30 ans auparavant. Washington et ses partenaires de l’OTAN dans l’agression contre la Libye, en étroit concert avec l’Arabie Saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis, ont transformé la Syrie en un chaudron de la mort, en canalisant des milliards de dollars d’armes à des centaines de salafistes et de milices ouvertement mercenaires avec, à leur centre, Al-Nosra, l’affiliée régionale d’Al-Qaida. C’est l’idée d’Obama d’une guerre « intelligente » : une offensive terroriste frénétique drapée dans le mensonge et la manipulation.

La politique étrangère criminelle menée par Obama et la secrétaire d’Etat US Hillary Clinton est enracinée dans la même vision arrogante du monde formulée par Brzezinski lorsqu’il raillait tous ceux qui s’inquiétaient d’éventuels retours de manivelle qui pourraient résulter d’un déploiement de « musulmans agités » comme autant de fantassins de l’impérialisme. Tandis que les États-Unis et leurs alliés se livraient littéralement concurrence pour inonder la Syrie avec des armes, des fonds, des ressources en renseignement et une couverture médiatique et diplomatique pour faire tomber le gouvernement de Damas, ils ont collectivement créé à la fois une base matérielle et un espace politique pour les djihadistes pour poursuivre leurs propres objectifs idéologiques. Daesh a émergé pour établir son propre califat en Syrie et en Irak. Personne ne devrait feindre la surprise.

C’est l’idée d’Obama d’une guerre « intelligente » : une offensive terroriste frénétique drapée dans le mensonge et la manipulation.

En Juillet 2014, nous avons décrit la montée de Daesh en signalant « l’effondrement final de la stratégie impérialiste des Etats-Unis dans le monde musulman – certainement, dans les régions arabes de l’Islam ». Nous avons écrit :

« Pensez-y comme une déclaration d’indépendance salafiste … des monarchies arabes et des agences de renseignement occidentales qui ont nourri le réseau djihadiste international depuis près de deux générations. Le Califat menace non seulement ses adversaires immédiats des gouvernements dominés par des Chiites en Syrie et en Irak, mais aussi les potentats des Emirats arabes, du Qatar, du Koweït ainsi que la Mère de Toute la Corruption Monarchiste du Monde Sunnite, la famille royale saoudienne. La menace est pas virtuelle, mais réelle, contre « tous les émirats, groupes, États et organisations » qui ne reconnaissent pas Daech comme la nouvelle incarnation de l’islam en guerre. »

Daech n’existait pas lorsque le président Obama a pris ses fonctions et nommé Hillary Clinton au Département d’Etat. Son changement de régime en Libye (qui est aussi celui de Hillary) et son pivot terroriste massif en Syrie ont « créé » Daech. Soyons clairs sur un point : ce ne sont pas les États-Unis qui ont rejeté la secte macabre djihadiste qui est devenue Daech ; c’est Daech qui s’est dissocié des Etats-Unis et leurs alliés européens et royaux. Il a fallu l’intervention russe en Syrie en septembre dernier pour pousser Washington à effectuer des raids aériens plus que symboliques contre Daesh. Avant, les Etats-Unis voulaient éviter de tuer trop de combattants de Daesh dans l’espoir qu’il en resterait suffisamment pour rejoindre les troupes jihadistes approuvés par les Etats-Unis lorsque cela commencerait à sentir le roussi pour Daech. (Al-Nosra a changé de nom et s’est dissocié d’Al-Qaïda – avec la bénédiction de la direction d’Al-Qaïda au Pakistan – afin de mieux se fondre dans les feuilles de paie des autres troupes djihadistes de l’Occident.)

« Le renseignement militaire US a clairement prévu la montée imminente de Daesh, »

Nul besoin de croire Donald Trump sur parole lorsqu’il dit qu’Obama et Clinton ont été « les joueurs les plus précieux » de Daech. Le service de renseignement de l’armée US (DIA) était arrivé à la même conclusion, dès 2012. Le rapport des barbouzes militaires, déclassifié l’année dernière, montre que le DIA avait averti que « les pays occidentaux, du Golfe et la Turquie [qui] soutiennent l’opposition [syrienne] » croient « à la possibilité d’établir une principauté salafiste déclarée ou non dans l’est de la Syrie (Hasaka et Der Zor), ce qui est exactement ce que les puissances qui soutiennent l’opposition veulent, afin d’isoler le régime syrien. »

Le DIA était alarmé que

« … La détérioration de la situation a des conséquences désastreuses en Irak et ce sont les suivantes :

« Une situation idéale est créée pour AQI [Al-Qaïda en Irak, devenu Daech] pour retourner à ses anciens bastions à Mossoul et Ramadi, et fournira un élan renouvelé en vertu de la présomption d’unification du djihad parmi les sunnites en Irak et Syrie, et le reste des Sunnites du monde arabe contre ce qu’ils considèrent comme leurs ennemis, les dissidents [c’est-à-dire les musulmans chiites]. AQI pourrait également déclarer un État islamique par son union avec d’autres organisations terroristes en Irak et en Syrie, ce qui poserait un grave à l’unification de l’Irak et la protection de son territoire ».

Ainsi, un an après qu’Obama et ses amis européens et arabes aient renversé Kadhafi et déplacé leur guerre par procuration de changement de régime vers la Syrie, le renseignement militaire US a clairement vu la montée imminente de Daech – et que « c’est exactement » ce que « l’Occident, les pays du Golfe et la Turquie … veulent, pour isoler le régime syrien »,

Oui, Obama a créé Daech, avec l’aide enthousiaste de Hillary Clinton, et il soutient encore al-Nosra, l’ex-filiale d’Al-Qaïda, qui a vu le jour grâce à Jimmy Carter et Zbigniew Brzezinski. Au fil du temps, les jihadistes sont devenus indispensables à la politique impérialiste des Etats-Unis, mais surtout depuis la défaite de George W. Bush en Irak, qui a rendue l’opinion publique états-unienne réticente aux guerres « stupides » – ce qui, dans le jargon d’Obama, signifie des guerres dans lesquelles un grand nombre de soldats US meurent. Les guerres par procuration sont idéales – « intelligentes », parce que seuls meurent les Arabes et les Africains et tous ceux dont les états-uniens n’ont jamais entendu parler. La Libye n’était même pas une guerre, selon Obama, car aucun soldat US n’y a péri.

« Les djihadistes sont devenus indispensables à la politique impérialiste des Etats-Unis. »

La vérité sur Daech et l’administration Obama est tellement évidente que même Donald Trump a une vague idée de ce qui s’est passé en Syrie et en Libye. Mais l’enfant-gâté blanc nationaliste milliardaire de Queens est incapable de placer la connexion Obama / Clinton / Daech dans le contexte historique de la politique impérialiste des Etats-Unis. Malheureusement, la plupart des « libéraux » et beaucoup trop de « progressistes » (y compris les noirs) sont atteints de la même maladie que Trump : le chauvinisme impérial extrême – qui est pratiquement inséparable du suprématisme blanc. Le chauvinisme impérial extrême permet aux Etats-uniens d’envoyer à la Maison Blanche des personnes qui méritent d’être envoyés à la potence ou devant un peloton d’exécution (après un procès, bien sûr). Il permet aux Etats-uniens qui se disent « de gauche » de reculer d’horreur devant Donald Trump (qui, à notre connaissance, n’a tué personne, et qui dit qu’il ne se livrerait à aucun changement de régime s’il était Président), tout en votant pour une femme dont la carrière est couverte du sang de centaines de milliers de personnes au Moyen-Orient et dans la corne de l’Afrique, et dont le mari a mis en branle un génocide qui a coûté la vie à six millions de personnes en République Démocratique du Congo.

Un candidat, Trump, ressemble plus au feu gouverneur de l’Alabama, George Wallace, qui prônait la négociation en matière de politique étrangère. L’autre, Clinton, est une maniaque génocidaire, dont les crimes en tant que Présidente seront à l’échelle hitlérienne. [1 point Godwin - NdT]

Plus effrayant que Clinton ou Trump est l’absence d’aversion viscérale des Etats-uniens pour le génocide (des peuples non blancs). A moins d’être vert ou d’une nuance de rouge, le génocide n’est même pas un enjeu électoral.

Glen Ford

Article original en anglais :

Yes, Obama and Clinton Created ISIS – Too Bad Trump Can’t Explain How It Happened

Traduction par VD pour le Grand Soir

Zbigniew Brzezinski en discussion avec Oussama Ben Laden

Zbigniew Brzezinski en discussion avec Oussama Ben Laden

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Syrie : les «rebelles modérés» ne sont qu’un mythe, estime un sénateur américain

Publié le par Felli Bernard

Syrie : les «rebelles modérés» ne sont qu’un mythe, estime un sénateur américain

Syrie : les «rebelles modérés» ne sont qu’un mythe, estime un sénateur américain

29 août 2016

© Umit BektasSource: Reuters

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L’idée de distinguer les «bons» des «mauvais» rebelles syriens, fermement défendue par la diplomatie américaine, n’est qu’un mythe mal fondé, assure le sénateur américain républicain de Virginie Richard Black.

RT : Douze heures de négociations n’ont pas permis de trouver un accord officiel. Peut-on espérer que les tierces parties pourront trouver à Genève une solution au conflit en Syrie ?

Richard Black (R. B.) : C’est une tâche assez difficile parce qu’une bataille énorme se déroule maintenant pour Alep. L’armée syrienne, avec l’aide de la Russie et de l’Iran, a réussi à installer un cordon de sécurité vers la poche d’Alep et à piéger Al-Qaïda dans cette poche. Mais ce qui incite vraiment à des négociations de paix, ce sont les préoccupations des Etats-Unis et de la Turquie par rapport au fait qu’Al-Qaïda ait été encerclé et que l’armée syrienne a obtenu des résultats considérables dans la zone de Damas. Je pense que les évènements qui se sont produit sur le champ de bataille ont encouragé le processus diplomatique. La Turquie, qui a été un allié de Daesh, a envahi la ville syrienne de Jerablus, ce qui constitue un acte d’agression d’après les standards de l’ONU. Du coup, pour trouver une solution politique, il faudra que le gouvernement syrien et les Turcs soient impliqués.

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Les Etats-Unis assurent qu’il y a des terroristes modérés, alors que la Russie comprend clairement qu’ils n’existent pas, que ce sont les mêmes groupes

RT : Quelles sont, d’après vous, les perspectives du processus de paix, compte tenu du problème des soi-disant «rebelles modérés» ?

R. B. : Le problème est que la diplomatie américaine a toujours défendu l’idée qu’il existe des terroristes modérés et qu’il faut faire la différence entre eux et le Front Al-Nosra. Ils font tous partie d’un groupe nommé l’Armée de la conquête fondé en 2015 par l’Arabie saoudite et la Turquie, qui est sous le commandement général du Front Al-Nosra. Nous avons donc des groupes terroristes très violents comme Jaysh al-Islam, al-Zenko, que nous qualifions de modérés mais en fait, ils sont identiques au Front Al-Nosra. Il est donc extrêmement difficile de voir la différence.

C’est un peu une fantaisie : les Etats-Unis assurent qu’il y a des terroristes modérés, alors que la Russie comprend clairement qu’ils n’existent pas, que ce sont les mêmes groupes et que la seule chose qui change c’est leur nom. Ils font tous partie d’une armée terroriste.

Le secrétaire Kerry croit toujours au mythe selon lequel il y aurait de «bons» et de «mauvais» rebelles

RT : John Kerry et Sergueï Lavrov sont tous les deux d’accord que la solution de ce problème doit être politique et pas militaire. Peut-on s’attendre à un changement de stratégie sur le terrain ?

R. B. : Je pense que plus vite la situation d’Alep sera réglée et mieux ce sera. Les terroristes ont perdu plusieurs offensives récemment. Ils deviennent de plus en plus faibles dans la poche d’Alep. J’espère que, si les résultats de l’élection présidentielle sont bons, nous pourrons nous libérer du terrorisme. Maintenant il faut tenir compte des réalités, alors que le secrétaire Kerry, à mon avis, crois toujours au mythe selon lequel il y aurait de «bons» et de «mauvais» rebelles. L’agence du renseignement de la Défense (DIA) a déclaré que ce n’était pas vrai, que les modérés n’existent pas, qu’ils sont tous terroristes. Il s’agit d’informations classifiées qui ont fuité. Je pense qu’en fin de compte on arrivera à une sorte de solution politique.

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

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