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Lettre de Téhéran : Trump le marchand

Publié le par Felli Bernard

Lettre de Téhéran :
Trump le marchand

Supreme Leader Ayatollah Khamenei speaking at the international conference on Palestine in Tehran. Photo: Asia Times.

Le Parlement iranien a accueilli sa conférence annuelle sur la Palestine, parmi les dignitaires se trouvaient le leader suprême de l'Iran l'Ayatollah Khamenei et le président Hassan Rouhani, en plus de 700 invités étrangers de plus de 50 pays. Pepe Escobar, chroniqueur pour Asia Times, était présent.

Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 1er mars 2017 – Source thesaker

L’art du marchandage, lorsqu’il est pratiqué pendant 2 500 ans, mène au palais de la sagesse. J’avais à peine mis les pieds à Téhéran, qu’un diplomate avait annoncé la nouvelle : « Trump? Nous ne sommes pas inquiets. C’est un bazaari ».

 

C’est un terme en persan, qui signifie qu’il est de la classe des marchands ou, plus littéralement, un travailleur du bazar, et son utilisation implique qu’un accommodement politique sera finalement trouvé.

La réponse du gouvernement iranien à l’administration Trump se résume à une variante de Sun Tzu. Particulièrement après la chute de Flynn, qui avait « mis l’Iran en garde » pour avoir effectué un test de missiles balistiques et avait avancé l’idée d’une alliance militaire anti-iranienne comprenant l’Arabie saoudite, les EAU, l’Égypte et la Jordanie. Téhéran affirme que le test de missiles n’a pas enfreint les dispositions de l’accord nucléaire iranien et que les exercices navals depuis le détroit d’Ormuz jusqu’à l’océan Indien, qui ont commencé dimanche, étaient déjà planifiés.

J’étais à Téhéran parmi plusieurs centaines d’invités étrangers, y compris un petit groupe de journalistes, invités du Majlis (le Parlement iranien) pour une conférence annuelle sur la question palestinienne.

Il n’est pas surprenant que personne, parmi les membres du cercle de Trump, n’ait été présent au rassemblement des parlementaires de plus de cinquante nations, qui ont assisté à l’impressionnante cérémonie d’ouverture dans une salle de conférence circulaire et bondée, où était exposé le centre du pouvoir en Iran : le chef suprême l’Ayatollah Khamenei, le Président Hassan Rouhani et le Président du Majlis Ali Larijani.

Khamenei a proclamé que « les crises existantes dans toute la région et dans la communauté islamique de l’Oumma méritent l’attention », mais a insisté sur le fait que la question clé demeure la Palestine. La conférence, a-t-il dit, pourrait devenir « un modèle pour que tous les musulmans, et les nations régionales, s’attellent progressivement à la tâche de gérer leurs différences en s’appuyant sur leurs points communs ».

C’était un appel important de Khamenei pour l’unité musulmane. Peu de gens en Occident savent que lors de la décolonisation rapide des années 1940 et 1950, le monde musulman n’a pas été déchiré par la haine vicieuse entre chiites et sunnites fomentée plus tard par l’axe wahhabite / salafiste-djihadiste. On note, en passant, que la maison wahhabite des Saoud n’était nulle part visible à la conférence.

De solides débats avec des analystes et des diplomates iraniens ont tourné autour de l’efficacité des discussions multilatérales, par rapport à l’avancement des faits sur le terrain – allant de la construction de nouvelles colonies en Cisjordanie au mythe des deux États d’Oslo, aujourd’hui presque mort et enterré.

Sur la Palestine, j’ai demandé à Naim Qassem, secrétaire général adjoint du Hezbollah, ce qu’il pensait de l’allusion de l’administration Trump à une solution à un seul État. Sa réponse, en français : « Un État, c’est la guerre. Deux États, c’est la paix à leurs conditions, ce qui nous mènera à la guerre. »

Comme pour la plupart des conférences, ce qui compte, c’est ce qui se passe à la marge. Leonid Savin, un analyste géopolitique russe, a affirmé que l’espace aérien russe est maintenant presque scellé, avec les nombreux déploiements du système de défense antimissile S-500, contre tout ce que les États-Unis pourraient déclencher. L’historien albanais Olsi Jazexhi a déconstruit la nouvelle poudrière des Balkans. Muhammad Gul, fils du charismatique général Hamid Gul, a détaillé les points les plus positifs de la politique étrangère du Pakistan et la volonté de construire le Corridor économique Chine-Pakistan (CPEC).

Pyongyang était également présent. Le délégué de la Corée du Nord a produit un discours étonnant, arguant essentiellement que la Palestine devrait suivre leur exemple, avec une « dissuasion nucléaire crédible ». Plus tard, dans les couloirs, j’ai salué la délégation, et ils ont salué en retour. Aucune chance d’avoir un aparté pour discuter des points peu clairs entourant l’assassinat de Kim Jong-nam.

Blake Archer Williams, alias Arash Darya-Bandari, dont le pseudonyme honore le maître anglais auteur de Tyger Tyger burning bright, m’a remis une copie des Creedal Foundations of Waliyic Islam (édition de Lion of Najaf) – une analyse de la façon dont la théologie chiite mène à la théorie du velayat-e faqih – la règle de la jurisprudence, qui est au cœur de la République islamique d’Iran.

Chaque fois que je suis de retour à Téhéran, je suis impressionné par le nombre surprenant d’occasions pour des discussion intellectuelles sérieuses. Je me suis toujours souvenu de Jalal Al-e Ahmad, le fils d’un mollah né dans le sud pauvre de Téhéran, qui a plus tard traduit Sartre et Camus et a écrit, en 1962, le livre fondateur Westoxification [l’intoxication par la culture occidentale].

Il a passé l’été 1965 aux séminaires organisés à Harvard par Henry Kissinger et soutenus par la CIA. Il n’a opté pour le chiisme qu’à la fin de sa vie. C’est son analyse qui a ouvert la voie au sociologue Ali Shariati, sur l’influence croisée entre l’anticolonialisme et le concept chiite de résistance contre l’injustice, produisant ainsi une idéologie révolutionnaire capable de politiser le modèle iranien de classe moyenne qui a conduit à la Révolution islamique.

Cela a été la toile de fond de discussions sérieuses sur la façon dont l’Iran (résistance contre l’injustice), la Chine (confucianisme revisité) et la Russie (eurasianisme) offrent des alternatives post-Lumières, qui transcendent la démocratie libérale occidentale.

Mais en fin de compte, tout se réduisait inévitablement au fantôme anti-intellectuel envahissant présent dans la salle, Donald Trump – et ceci avant même avant qu’il ne reçoive une lettre d’Ahmadinejad.

Ainsi j’ai fait ce que je fais habituellement avant de quitter Téhéran, je me suis rendu au bazar, par la fabuleuse mosquée qui le jouxte, pour me réhabituer à l’art du marchandage, façon persane.

Tapis Kerman VAZZT18Je me suis ensuite dirigé vers Mahmoud Asgari, logé dans le passage Sameyi du bazar de Tajrish, pour entamer une discussion sérieuse sur les points les plus fins des tapis de Zahedan, datant d’avant la Première Guerre mondiale, tissés dans les tribus du Sistan et du Baloutchistan. Le résultat final de ce marchandage ne pouvait être rien d’autre qu’un échange gagnant-gagnant, contournant le dollar américain. Et pour finir, l’argument massue : « Quand vous appellerez votre ami Trump, dites-lui de venir ici et je lui proposerai les meilleures affaires. »

Article original publié sur Asia Times

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LA NOUVELLE GUERRE DES ETATS-UNIS CONTRE L’IRAN…

Publié le par Felli Bernard

LA NOUVELLE GUERRE DES ETATS-UNIS CONTRE L’IRAN…

Téhéran, le 26 février.

Si les embouteillages de Téhéran sont source de plaisanteries multiples – comme par exemple celle consistant à dire qu’ainsi les passagers des voitures immobilisées peuvent poursuivre leur nuit en s’y endormant -, d’une dérision qui puise dans 7000 ans de culture éternelle, les difficultés de circulation de la ville – qui dépasse désormais dix millions d’habitants – disent aussi bien d’autres choses. D’abord que malgré l’accord signé sur le dossier nucléaire (14 juillet 2015), la situation économique reste difficile parce que les grandes banques sous tutelle américaine bloquent toujours la reprise des grands investissements étrangers. Cela dit, on croise moins – dans les rues de Téhéran -, de mendiants et de sans logis qu’à Paris, Londres ou Madrid.

Mais cette situation contribue à multiplier les recours aux secteurs informels. Beaucoup d’habitants de la capitale s’improvisent taxis et transporteurs en tous genres, augmentant d’autant les flux de circulation. Aux carrefours les marchands de fleurs et les laveurs de pare-brises sont plus nombreux. La pollution et le stress des employés, qui font parfois six heures quotidiennes de trajet, multiplient d’autant les pathologies nerveuses et autres maladies cardio-vasculaires. C’est l’un des aspects de la nouvelle guerre sourde et invisible que les Etats-Unis poursuivent résolument contre l’Iran et sa population.

Sur la route de l’aéroport Iman Khomeiny, de grandes publicités habillent les viaducs qui enjambent les échangeurs autoroutiers : Global Market in your hands… En fait, le marché global reste, plus que jamais, inaccessible et interdit aux opérateurs iraniens parce que le gouvernement israélien – et malgré d’exécrables relations avec l’ancienne administration Obama – a réussi à obtenir que les grandes banques internationales empêchent le retour de l’Iran dans l’économie mondiale. Certes, nombre de micro-projets sont en cours, mais les grands programmes touchant aux hydrocarbures, aux infrastructures et aux nouvelles technologies, sont systématiquement sabotés et passés sous les fourches caudines des sanctions américaines qui perdurent (en matière de lutte anti-terroriste notamment – Allez comprendre pourquoi !); tandis que la nouvelle administration Trump vient d’adopter de nouvelles rétorsions contre plusieurs dizaines de personnes privées et sociétés iraniennes, même si elles sont installées en Chine, au Liban et aux Emirats arabes unis.

A la veille de l’élection présidentielle de mai prochain, cette nouvelle guerre fragilise le président Rohani et encourage les conservateurs à présenter un candidat qui pourrait remettre en cause l’accord nucléaire. Ces derniers, du moins certains d’entre eux – à commencer par le président du parlement et plusieurs dirigeants des Gardiens de la Révolution – savent parfaitement que la nouvelle administration Trump cherche à pousser l’Iran dans ce piège…

Le 11 novembre 2016, prochetmoyen-orient.ch écrivait : « Trump, tout changer pour que rien ne change ! » Le constat était malheureusement prémonitoire, les nouvelles sanctions américaines contre l’Iran ayant été étrangement adoptées quelques jours avant la première visite officielle du Premier ministre israélien à Washington, alors qu’un porte-parole de la Maison blanche reconnaissait « qu’elles étaient dans les tuyaux avant même le changement d’administration… ». Ce n’est pas la première fois – dans l’histoire récente – que les Etats-Unis recourent à de telles mesures pour punir un ou plusieurs pays dont l’évolution ne sert pas leurs intérêts.

Un exemple ! L’auteur de ces lignes a eu la chance de « couvrir » la révolution sandiniste au Nicaragua en juillet 1979, moment emblématique pour l’Amérique centrale et l’ensemble de l’Amérique Latine, alors théâtre privilégié de la Guerre froide. Face à la réforme agraire, à la nationalisation de la United Fruit Company – la plus ancienne entreprise bananière américaine (1899) -, à la promotion des femmes et à une nouvelle constitution plus démocratique, Washington a aussitôt déclenché l’Operation Golden Pheasant (Faisan doré). Ce plan a mis aussitôt en œuvre un blocus économique, bancaire et commercial, tout en attisant une rébellion armée aux frontières nord et sud du Nicaragua, les tristement célèbres Contras, des mercenaires recrutés dans la communauté cubaine anticastriste de Miami, parmi les factions centro-américaines d’extrême-droite, jusqu’au sein de la communauté vietnamienne installée aux Etats-Unis.

Le blocus et les sanctions économiques font des ravages parmi la population civile dont la situation alimentaire et sanitaire ne cesse de se dégrader. En 1989, la guérilla des Contras prend fin avec la signature de l’accord de Tela qui prévoie la démobilisation des combattants du Front sandiniste de libération nationale et des Contras. Un an plus tard – en 1990 -, des élections « démocratiques » voient l’élection d’une coalition de partis opposés au Front sandiniste, présidée par Violeta Barrios de Chamorro, obtenant 54,2% des voix. Les Sandinistes quittent le pouvoir. Le Nicaragua rejoint l’ordre américain s’ajoutant à d’autres évolutions régionales qui aboutissent à la chute du Mur de Berlin, la fin de la Guerre froide et le début d’une mondialisation orchestrée par Wall Street, la City et Bruxelles.

Depuis, la liste des négociations et accords internationaux – initiés, sinon signés par Washington, mais dont le respect et la mise en oeuvre sont aussitôt oubliés – s’allonge. Citons seulement la longue négociation qui aboutit au référendum d’autodétermination des 9 et 15 janvier 2011 : le Soudan est amputé d’un tiers de son territoire, le Soudan du Sud faisant sécession le 9 juillet 2011. Malgré la reconnaissance immédiate de ce nouvel Etat par Khartoum et l’acceptation du partage des ressources pétrolières qui en découle, Washington appuie et arme des groupes armés du Nil Bleu et du Sud-Kordofan qui s’infiltrent au Soudan pour y attiser une rébellion armée. Dès 2013, le Soudan du Sud sombre dans une guerre civile particulièrement sanglante entre partisans du président pro-américain Salva Kiir et ceux du vice-président Riek Machar, tandis que les Majors américaines mettent la main sur les plus grands gisements pétroliers. Le cas soudanais illustre non seulement la logique des accords internationaux initiés et supervisés par Washington et de ses agressions armées sous-traitées, mais aussi l’évolution beaucoup plus pernicieuse de l’extra-territorialité du droit américain telle qu’elle a été magistralement étudiée par le politologue Hervé Juvin1.

Autre cas parfaitement exemplaire qui vient de revenir à la une de l’actualité : la mort des Accords d’Oslo. Menés en parallèle de la Conférence de Madrid de 1991, ces accords devaient aboutir au document de paix signé à Washington le 13 septembre 1993 en présence de Yitzhak Rabin, Premier ministre israélien, de Yasser Arafat, président du comité exécutif de l’OLP et de Bill Clinton, président des États-Unis. Cette signature instaurait le principe d’une autonomie palestinienne temporaire de cinq ans pour progresser vers une paix plus durable. La poignée de main entre Yasser Arafat et Yitzhak Rabin devant la Maison-Blanche et Bill Clinton faisait ainsi renaître l’espoir de l’établissement d’une paix durable entre l’État d’Israël et l’OLP, et celui de la création de deux Etats.

Le processus d’Oslo a été complété le 4 mai 1994, par l’Accord de Jéricho-Gaza qui investissait la nouvelle Autorité nationale palestinienne de pouvoirs limités. Enfin, l’accord intérimaire sur la Cisjordanie et la Bande de Gaza ou « Accord de Taba », qui était signé à Washington le 28 septembre 1995, prévoyait les premières élections du Conseil législatif palestinien et impliquait un découpage négocié des territoires palestiniens en zones où les contrôles israélien et palestinien s’appliquaient de façon différente, dans l’attente de négociations complémentaires à venir.

Largement soutenue par la communauté internationale, cette tentative de paix sera mise en difficulté entre 1996 et 1999 à la suite du durcissement des positions israéliennes sur les thèmes cruciaux du statut de Jérusalem et du problème du retour des réfugiés palestiniens. Les positions les plus extrêmes s’expriment durant les années qui suivent, notamment lors de l’assassinat de Yitzhak Rabin en 1995 par un étudiant israélien d’extrême-droite. Gelé après 2000 par les provocations répétées d’Ariel Sharon et le déclenchement de la seconde Intifada, le processus d’Oslo n’avait pu être relancé. Dans une entrevue de 2001, ne sachant pas que les caméras tournaient, Benyamin Netanyahou s’est vanté d’avoir fait échouer les accords d’Oslo au moyen de fausses déclarations. Il déclarait alors : « j’interpréterai les accords de telle manière qu’il sera possible de mettre fin à cet emballement pour les lignes d’armistice de 1967. Comment nous l’avons fait ? Personne n’avait défini précisément ce qu’étaient les zones militaires. Les zones militaires, j’ai dit, sont des zones de sécurité ; ainsi, pour ma part, la vallée du Jourdain reste une zone militaire ».

Seize ans plus tard, Donald Trump accrédite ces mensonges et ces tromperies avouées de Netanyahou et exauce son vieux rêve du Grand Israël et la disparition annoncée de la Palestine historique. Il est à craindre que ce déni d’Histoire ne provoque de nouvelles émeutes et guerres meurtrières, non seulement en Palestine et au cœur même d’Israël, mais aussi plus largement dans d’autres régions des Proche et Moyen-Orient… sans parler de la récupération que des mouvements terroristes ne manqueront pas de faire de cette injustice pour continuer à commettre d’autres attentats en Asie, en Afrique, en Europe, sinon aux Etats-Unis…

La semaine dernière à Téhéran, la sixième Conférence internationale de soutien à l’Intifada palestinienne, a été l’occasion de rappeler et déconstruire cette logique et le déterminisme de sanctions sélectives, de blocus orientés et de non-respect des accords passés. En présence d’un millier d’invités représentant une cinquantaine de pays et une trentaine d’ONGs, le Guide de la Révolution – l’ayatollah Sayed Ali Khameneï – a proclamé que « la Palestine peut et doit être le pivot de l’unité de tous les pays des Proche et Moyen-Orient », ajoutant que « dès le début, la République islamique d’Iran a insisté sur l’inexactitude de la stratégie du compromis et a mis en garde sur les effets nocifs et les lourds dommages qu’elle provoquerait ».

Le Guide a expliqué pourquoi et comment « la résistance continue à Gaza – qui s’est transformé en forteresse invincible – montrant durant plusieurs années de guerre que le régime de Tel-Aviv était trop faible pour pouvoir résister à la volonté de toute une nation », avant de citer les groupes engagés dans la résistance : Saraya al-Qods (Mouvement du Jihad islamique), Kataeb Izz ad-Din al-Qassam (Hamas), Kataeb ash-Shuhada al-Aqsa (Fatah) et Kataeb Abu Ali Mustafa (Front populaire pour la libération de Palestine). Il a appelé ces différentes composantes à l’unité : « l’existence de divergences d’opinions est naturelle et compréhensible en raison de la diversité des tendances de ces organisations, et tant que ces divergences restent limitées, elles peuvent mener à une coopération et un approfondissement du combat du peuple palestinien ».

L’ayatollah Khameneï a insisté à plusieurs reprises sur la nécessité de « l’unité nationale sur la base d’un plan jihadiste, constituant une nécessité nationale pour la Palestine. Nous espérons que toutes les orientations s’efforceront de réaliser cette union… »

Enfin, dans un contexte géopolitique régional particulièrement dégradé du fait des offensives saoudiennes en Syrie, au Yémen et à Bahreïn, le Guide a conclu en lançant un appel : « cette conférence peut être un modèle pour tous les Musulmans et toutes les nations de la région, afin de les aider à surmonter leurs divergences en s’appuyant sur ce qui les rassemblent pour préparer le terrain – en dépassant chacune de ces divergences – au renforcement croissant de l’Ummah de Muhammad (paix et salutations sur lui) ». Plusieurs organisations palestiniennes ont aussitôt prolongé le message du Guide en insistant sur la portée universelle de la Résistance palestinienne impliquant non seulement tous les Musulmans mais aussi les Chrétiens et l’ensemble des communautés vivant aux Proche et Moyen-Orient.

L’intervention du chef de la délégation libanaise – Nabih Berry – président du parlement libanais, a été particulièrement applaudie lorsque ce dernier a proposé la fermeture de toutes les ambassades arabes à Washington, si Donald Trump venait à mettre en œuvre sa promesse de campagne visant le transfert de l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem ! Le président du parlement iranien Ari Larijani a aussitôt repris la balle au bond en demandant à Nabih Berry de se charger de cette « salutaire initiative » en assurant et coordonnant le suivi et la réalisation concrète de l’appel..

Adopté et diffusé le 22 février dernier, le communiqué final de la Conférence a appelé la communauté internationale à prendre ses responsabilités pour faire pression sur le régime de Tel-Aviv afin de mettre fin aux atrocités liées à l’occupation, la colonisation et l’oppression dans les Territoires palestiniens occupés. Par ailleurs, le texte condamne la « politique de judaïsation » de Jérusalem et toutes espèces de normalisation avec le régime de Tel-Aviv. Il demande l’application du droit naturel au retour des réfugiés sur leurs terres ancestrales et salue les efforts internationaux, y compris les activités des organisations civiles qui luttent contre la banalisation des violations permanentes des résolutions du Conseil de sécurité dans la région. Enfin, le texte souligne les dangers croissants des armes nucléaires israéliens et demande aux organisations internationales d’engager un désarmement nécessaire pour assurer la paix et la sécurité mondiales.

Cet appel de Téhéran intervient dans un moment particulièrement décisif marqué par trois tendances lourdes : le renforcement d’un axe Washington – Tel-Aviv et son corollaire obligé d’une nouvelle guerre économique, voire pire, contre l’Iran ; l’augmentation spectaculaire des investissement saoudiens aux Etats-Unis en parallèle à l’engagement croissant de Riyad en Syrie, au Yémen et à Bahreïn ; enfin, les efforts de Moscou et Téhéran initiés par Astana I et II afin de consolider les efforts de médiation diplomatique pour trouver une issue à la guerre civilo-globale de Syrie. Dans ce contexte, les Etats-Unis poursuivent une obsession centrale : empêcher l’Iran de redevenir la puissance régionale majeure, trait d’union, sinon passerelle entre l’Asie (Inde et Chine), les Proche et Moyen-Orient et leurs prolongements africains et méditerranéens.

En définitive et en dépit de l’accord sur le dossier nucléaire, la nouvelle guerre des Etats-Unis contre l’Iran reprend actuellement toute sa vigueur parce que Téhéran réaffirme son soutien à une Palestine revenue au cœur du grand jeu proche et moyen-oriental ; parce que – dans le cadre d’une recherche de sortie de crise en Syrie – Washington et Tel-Aviv cherchent à promouvoir l’Arabie saoudite et la Turquie comme puissances régionales au détriment de l’Iran.

Richard Labévière
27 février 2017

1 Hervé Juvin : La guerre du droit pénal américain aura-t-elle lieu ? Cap sur le nouveau système de corruption mondialisé. Editions de l’Observatoire EUROGROUP-CONSULTING, mai 2016.

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Des Tu-22 russes à nouveau en Iran ?

Publié le par Felli Bernard

Brèves de crise

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Des Tu-22 russes à nouveau en Iran ?

Les Russes commencent à s’agiter dans l’affaire de la “drôle de crise” iranienne, qui semblerait nous ramener dix ans en arrière, comme si rien ne s’était passé entretemps, sous le prétexte absurde et absolument sans le moindre fondement que l’Iran est le “plus gros producteur de terrorisme” islamiste. Quand on a sous la main d’aussi excellents amis que l’Arabie, le Qatar & Cie, sans compter la CIA, comme l’ont les présidents et les parlementaires US successifs, l’actuelle “crise“ déclenchée par les seuls USA apparaît absolument irréelle et surréaliste. Il faudra d’ailleurs s’habituer à cette espèce d’irréalité et cette sorte de surréalisme également trumpistes, dans nombre d’actions du président Trump ; lequel fait ainsi payer ses actes fondamentalement antiSystème qu’il pose par ailleurs de la façon la plus éclatante.

(Tous les commentateurs antiSystème sont et seront obligés à la pratique de cette gymnastique entre l’approbation extrême et la critique très ferme, comme nous-mêmes d’ailleurs [voir le 7 février et le même 7 février], sans qu’il y faille voir en aucun cas un changement de l’opinion sinon de l'humeur, ou une incertitude du jugement : il suffit d’aligner et de comparer les deux chroniques successives de Justin Raimondi, du  6 février 2017 [applaudissements enthousiastes] et du 8 février 2017 [appréciation très critique].)

Pour l’Iran, donc, les Russes montrent directement et avec des actes qu’il est très loin le temps où les USA parviendront à éloigner la Russie et de l’Iran. Il s’agit non seulement de mots et d’actes concrets, dans le domaine le plus sensible : d’une part, la possible livraison de chasseurs Soukhoi Su-27 à l’Iran, d’autre part, — et là, beaucoup plus important, – l’évocation précise de la possibilité de l’utilisation d’une base aérienne iranienne par les forces aériennes russes. C’est en revenir à la formule étrennée en août 2016 (voir les 16 et 18 août 2016), avec le déploiement temporaire de bombardiers stratégiques Tu-22 russes sur la base d’Hamadan. Ce stationnement avait d’abord été annoncé comme permanent, puis réduit à un simple déploiement de quelques jours, le temps d’une mission stratégique sur la Syrie.

Le pouvoir civil iranien avait du reculer sous la pression des militaires et de ses propres extrêmes, au nom de la protection de la sécurité nationale, et avait abandonné la formule initiale du stationnement permanent. Aujourd’hui que le danger US réapparaît, cet argument n’a plus guère de poids puisqu’un stationnement d’avions russes à Hamadan ou ailleurs en Iran représente une formidable garantie pour l’Iran, du fait que la moindre agression US contre l’Iran toucherait directement la Russie et impliquerait cette puissance dans le conflit. L’excellent businessman qu’est The-Donald va devoir apprendre qu’il a en face de lui de rudes joueurs d’échec, et qu’il faut en tenir compte s’il les veut à ses côtés. (Ci-dessous, extraits du texte d’Alexander Mercouris sur ce sujet, le 9 février dans TheDuran.com.)

« Levan Dzhagaryan, Russia’s ambassador to Iran, has today suddenly floated what looks like the possibility of the Russian air force once again using Shahid Nojed airbase near Hamadan in Iran.

» The Russian air force briefly used this air base to launch strikes against ISIS in eastern Syria back in August.  Following complaints in the Iranian parliament the Russians abruptly pulled out, either because they chose to go or because the Iranians asked them to. Dzhagaryan now seems to be raising the possibility of the Russian air force returning there, and even of Russia selling advanced SU27 fighters to Iran.  Here is how the official Russian news agency TASS is reporting his comments

» “If the leadership of the two countries will consider it necessary to use the Iranian military infrastructure to combat terrorism in Syria or elsewhere, such steps will be taken.  Last year, Russia finished completely the fulfilment of its obligations for the delivery of S-300 air defense systems to Iran.  Cooperation between Russia and Iran proceeds in many fields, including the military-technical sphere.  The two countries’ defense ministries are currently in talks at different levels on many projects of interest to Iran.  It is common knowledge that the Russian aerobatic demonstration team Russian Knights (flying Sukhoi-27 jets) participated in the Iran Airshow-2016 on Kish island last November.  Hossein Dehghan (Iran’s Defence Minister – AM) also visited a static exhibition of Sukhoi-27 fighter jets.”

» It is difficult to see these comments as anything other than a veiled warning by the Russians to the new Trump administration that Russia will stand by Iran in any renewed confrontation with the US.  The talk of the Russian air force returning to Iran to conduct operations from there seems more intended to deter any attacks the US might be considering against Iran rather than to fight ISIS... »

 

Mis en ligne le 9 février 2017 à 11H03

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Risque d’affrontement militaire entre l’Iran et les Etats-Unis : «une situation catastrophique»

Publié le par Felli Bernard

Risque d’affrontement militaire entre l’Iran et les Etats-Unis : «une situation catastrophique»

Risque d’affrontement militaire entre l’Iran et les Etats-Unis : «une situation catastrophique»© Fars News Source: Reuters
Le personnel militaire iranien au sud de l'Iran, décémbre 2011.

Les récentes déclarations de Donald Trump sur l'Iran mettent les relations entre les deux pays sur «une pente glissante», car elles pourraient provoquer une escalade des tensions susceptible de dégénérer, explique l'analyste Milad Jokar.

RT France :  Donald Trump a dit que l’Iran était mis en garde après le lancement d’un missile balistique. Comment pensez-vous que les relations entre les Etats-Unis et l’Iran puissent évoluer ?

Milad Jokar (M. J.) : C’est une déclaration dangereuse dans le sens où elle offre la possibilité d’un retour à l’escalade des tensions entre les Etats-Unis et l’Iran. Sous l’administration de Barack Obama, il y avait déjà des relations, des dialogues étaient instaurés pour au final arriver à une négociation et à l’accord sur le nucléaire. L’administration de Barack Obama avait compris qu’après le printemps arabe et la dislocation de l’Etat irakien, l’Iran était arrivé en position de force dans la région, pays stable parmi tant de pays instables, et qu’il fallait traiter avec l’Iran. Le président Trump a twitté que l’Iran était prêt à s’effondrer. Si jamais c’est vraiment le but, que l’Iran s’effondre, on arrive dans une période très dangereuse, parce que l’Iran répondra avec d’autres mesures qui contribueront à une plus grande escalade des tensions. C’est dangereux, avec l’accord nucléaire qui est en jeu et un risque de confrontation militaire avec l’Iran, une situation qui serait vraiment catastrophique.

C’est vraiment une pente glissante, si jamais il y a davantage d’escalade des tensions

RT France :  Vous parlez donc d’une confrontation militaire entre l’Iran et les Etats-Unis ?

M. J. : Cela peut devenir hors de contrôle, parce que chaque politique est locale, l’Iran va avoir une élection. Lorsque l’Iran entend que les Etats-Unis se font menaçants, l’Iran répond, parce que la population attend aussi une réponse forte de la part de son gouvernement. Le président Hassan Rohani, qui est modéré, est aussi en opposition avec les conservateurs qui l’attaquent pour être trop doux avec les Etats-Unis. Cela veut dire qu’il y a des jeux internes qui forcent le gouvernement modéré à durcir sa position vis-à-vis des Etats-Unis, notamment vis-à-vis de l’administration de Donald Trump avec laquelle cela peut dégénérer. C’est vraiment une pente glissante, si jamais il y a davantage d’escalade des tensions. C’est pourquoi il est impératif d’instaurer un dialogue entre eux, même si c’est un dialogue tenu secret, mais qu’il y ait, au moins, une communication pour faire en sorte qu’il n’y ait pas d’escalade trop dangereuse.

C’est un scénario très dangereux qui nécessite absolument une communication entre les deux parties

RT France : Est-il possible d’établir un dialogue entre l’Iran et les Etats-Unis ? On connaît bien la position de Donald Trump à l’égard de Téhéran…

M. J. : C’est vrai qu’il a une position dure. Il disait lors de la campagne électorale que l’accord sur le nucléaire était le pire accord jamais signé et qu’il voulait le rompre. Les Iraniens ont répondu que, si jamais il le rompait, ils le brûlerait. Cela reste donc une relation fragile.

Le dialogue avait été instauré avec le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif et le secrétaire d’Etat américain John Kerry à un niveau sans précédent. C’était vraiment remarquable car cela permettait d’effacer les tensions grace à la compréhension, au dialogue et à la négociation. Maintenant que le dialogue est rompu, on retourne à une configuration qui ressemble à celle de 2003, un scénario très dangereux qui nécessite absolument une communication entre les deux parties. Il est vrai que, politiquement, ces déclarations amènent à des difficultés, car lorsque le général Flynn met l’Iran en garde, cela appelle une réponse de l’Iran et l’option qu’il y ait un dialogue entre le gouvernement de Hassan Rohani et l’administration de Donald Trump deviendra de plus en plus impopulaire auprès des populations respectives.

L'accord sur le nucléaire n’est pas entre les Etats-Unis et l’Iran, c’est entre l’Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU plus l’Allemagne

RT France : Pensez-vous que l’accord sur le nucléaire va tomber à l’eau ?

M. J. : Cet accord n’est pas entre les Etats-Unis et l’Iran, mais entre l’Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU plus l’Allemagne. C’est un accord multilatéral, Jean-Marc Ayrault était en visite à Téhéran, où il a dit qu’il se présentait comme un défenseur de l’accord. Les Allemands et les Britanniques ont aussi appelé l’administration américaine à respecter l’accord sur le nucléaire. Bien évidemment, la Russie et la Chine s’opposeront à toute tentative de saboter l’accord. Par contre il peut y avoir des mesures qui peuvent fragiliser sa stabilité. Après il y a les tests de missiles balistiques de l’Iran. Ce n’est pas en soi une violation de l’accord, car la Résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies appelle l’Iran «à ne pas faire de test de missiles balistiques étant capable de porter des ogives nucléaires». Il faut savoir s’ils sont capables de porter une ogive nucléaire, et, enfin, la résolution ne dit pas que l’Iran ne doit pas, elle précise : «Nous appelons l’Iran à ne pas le faire.»  Cela ne veut pas dire que ce n’est pas illégal en soi, mais cela reste une provocation.

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Trump et son entourage qui déteste l’Iran, par Paul R. Pillar

Publié le par Felli Bernard

Source : Consortium News, le 08/12/2016

Le 8 décembre 2016

Certains des responsables de la sécurité nationale, nommés par le président élu Trump, font partie des officiels de Washington appartenant au groupe « Nous détestons l’Iran », ce qui suscite des inquiétudes à propos d’une autre guerre au Moyen-Orient, fait remarquer l’ex analyste de la CIA Paul R. Pillar.

Paul R. Pillar

Les enjeux directs de l’adhésion ou non de l’administration Trump à l’accord qui apporte des restrictions au programme nucléaire iranien sont suffisamment importants en termes de non-prolifération nucléaire. Et importantes aussi sont les occasions de bâtir sur cet accord, de façon constructive, pour s’attaquer aux problèmes qui préoccupent à la fois l’Iran et les États-Unis.

Mais, au moment où la nouvelle administration élabore sa politique iranienne, il est nécessaire d’éviter un virage potentiellement dangereux, qui coûterait très cher aux intérêts étatsuniens dans sa relation avec l’Iran.

Le général de corps d'armée Michael Flynn, maintenant à la retraite, choisi par le président élu Donald Trump comme conseiller à la sécurité nationale. (DoD photo by Erin A. Kirk-Cuomo)

Le général de corps d’armée Michael Flynn, maintenant à la retraite, choisi par le président élu Donald Trump comme conseiller à la sécurité nationale. (DoD photo by Erin A. Kirk-Cuomo)

Souvenez-vous de la façon dont les options politiques étaient piégées dans le débat politique américain, il y a quatre ans à peu près, avant que les négociations qui ont conduit à l’accord nucléaire n’aient commencé. On parlait beaucoup, de façon alarmiste, de l’imminence de l’apparition d’armes nucléaires iraniennes, on discutait souvent et sérieusement de « l’option militaire » comme alternative principale aux négociations. En d’autres termes, on parlait de se mettre à faire la guerre à l’Iran, même si ce n’était pas la façon dont l’option était habituellement formulée.

Une attaque militaire, visant à détruire la simple possibilité de produire des armes que d’autres possèdent, y compris l’attaquant, voilà qui aurait été un pur acte d’agression et, de plus, illégal. Cette agression aurait, en outre, été contreproductive, probablement en précipitant la décision de l’Iran de fabriquer une arme nucléaire qu’il n’avait pas auparavant décidé de fabriquer.

Cependant cette alternative faisait néanmoins l’objet de discussions. Certains parlaient de l’alternative de l’attaque militaire en la considérant peut-être comme un bluff, mais, pour d’autres, c’était un véritable objectif.

Alors, en plus des autres revers subis par les intérêts américains, lorsqu’on verrait les États-Unis revenir sur leurs engagements, une guerre entre les États-Unis et l’Iran est une conséquence supplémentaire, éventuelle et très coûteuse. Le danger imminent de cette guerre n’est cependant pas seulement fonction de la façon dont on gère le traité nucléaire.

Le danger est imminent car les nominations auxquelles procède Donald Trump aux postes importants de la sécurité nationale mettent en place, à des niveaux élevés de la nouvelle administration, des gens prédisposés à entretenir un conflit permanent avec l’Iran, une prédisposition qui est beaucoup plus viscérale qu’analytique, et qui incarne la sorte de ferveur et de haine qui risque de mener à un conflit armé.

Les faits selon Flynn

Ce qu’il y a de plus important, à part le président élu lui-même, c’est son choix de Michael Flynn comme conseiller en matière de sécurité nationale. L’attitude de Flynn envers l’Iran résulte de sa vision islamophobe du monde musulman dans son ensemble, et elle implique donc des conceptions tout à fait bizarres.

Le 24 novembre 2013, le président iranien Hassan Rouhani célèbre la signature d'un traité provisoire sur le programme nucléaire iranien en embrassant le visage de la fille d'un ingénieur nucléaire iranien assassiné. (Iranian government photo)

Le 24 novembre 2013, le président iranien Hassan Rouhani célèbre la signature d’un traité provisoire sur le programme nucléaire iranien en embrassant le visage de la fille d’un ingénieur nucléaire iranien assassiné. (Iranian government photo)

Si ses idées préconçues à propos de sujets de ce genre ne correspondent pas aux faits, alors il essaie de faire en sorte que les faits correspondent à ses idées. Un incident rapporté par le New York Times concernait l’attaque de la résidence diplomatique étatsunienne de Benghazi en Libye, en 2012. Flynn a soutenu que l’Iran avait joué un rôle dans cette attaque et il a déclaré à ses subordonnés de la Defense Intelligence Agency, dont il était alors directeur, que leur travail consistait à prouver qu’il avait raison. (Aucune prevue d’un quelconque role de l’Iran dans l’attaque n’est apparue.)

Nous ne devrions pas être surpris que quelqu’un qui a accompli son travail en tant que chef du renseignement de cette manière ait, plus récemment, montré une affinité pour les fausses nouvelles d’un autre genre, qui correspondent à ses objectifs politiques, comme la prétendue implication de la candidate présidentielle démocrate dans des réseaux pédophiles.

D’autres nominations faites à ce jour n’offrent pas beaucoup d’espoir de voir corriger les penchants de Flynn au sujet de l’Iran. De même, on ne peut pas espérer une telle correction de la part du directeur désigné de la CIA, Mike Pompeo, qui va prendre son poste et dont l’ordre du jour politique, clairement exprimé, est de réduire à néant l’accord nucléaire.

On ne peut rien attendre, non plus, du secrétaire à la Défense James Mattis, même s’il est moins ignorant que Flynn. Mattis n’aime pas l’Iran et il laisse apparemment sa colère prendre le dessus sur son érudition quand il s’agit de l’Iran. Mark Perry a peut-être raison de dire que cette colère appartient au corps des Marines et vient de l’explosion d’un camion piégé, en 1983, par le Hezbollah libanais, un client de l’Iran, qui a détruit la caserne de Beyrouth où 220 Marines et 21 autres américains ont trouvé la mort. Mark Perry cite un autre officier de haut rang des Marines qui déclare à propos de Mattis : « Il a ça dans le sang. On a l’impression qu’il veut se venger d’eux. »

Mattis et ses excès

Quelle que soit la cause qui explique sa colère, cette colère l’empêche de se faire une idée précise et réaliste de l’Iran. Quand Mattis affirme que l’Iran n’est pas un vrai État-nation, mais plutôt « une révolution qui cherche à créer le chaos, » cela indique un échec à comprendre ou un refus de comprendre l’histoire de la politique iranienne dans les quatre décennies qui ont suivi la révolution iranienne, et l’évolution des relations de l’Iran avec le reste de la région.

Le général des Marines James Mattis, à la retraite, choisi par le président élu Donald Trump pour le poste de secrétaire à la Défense.

Le général des Marines James Mattis, à la retraite, choisi par le président élu Donald Trump pour le poste de secrétaire à la Défense.

Quand il dit que « l’Iran n’est pas un ennemi de l’EI » et « je considère que l’EI n’est rien d’autre qu’une excuse qui permet à l’Iran de continuer à créer des problèmes, » voilà qui contredit ce que sont fondamentalement l’EI et l’Iran et la façon dont ce pays combat l’EI, surtout en Irak.

Tout se met tragiquement en place pour rendre possible une guerre contre l’Iran. Nous avons déjà vu cette pièce même si certains acteurs ont changé. Que Flynn ait insisté auprès des officiers du renseignement pour rassembler des preuves qui soutiendraient sa fausse allégation à propos de la culpabilité iranienne dans l’épisode de Benghazi, voilà qui ressemble étrangement à la façon dont l’administration de George W. Bush conduite par le vice-président Cheney a insisté auprès des officiers du renseignement pour qu’ils rassemblent des preuves qui soutiendraient la fausse allégation de l’alliance du régime de Saddam Hussein avec al-Qaïda.

Mattis a fait, au sujet de l’Iran et de l’EI, des déclarations dont certaines impliquent une alliance entre les deux, et qui exhalent aussi les mêmes effluves que la campagne d’il y a 14 ans pour nous vendre la guerre.

La guerre d’Irak est arrivée en partie parce qu’on a mis à des postes de pouvoir suffisamment de responsables qui s’étaient engagés à mener cette expédition depuis des années pour qu’ils amènent un président inexpérimenté – pour qui la guerre était utile à d’autres points de vue – à y aller. Maintenant, nous sommes sur le point d’avoir comme président l’homme le moins préparé de l’histoire des États-Unis, un homme qui ne sera pas vraiment capable de remettre en cause les allégations, quelles qu’elles soient, proférées par les généraux en retraite ou d’autres membres de son entourage.

Au moins George W. Bush, même s’il n’avait pas d’expérience en politique étrangère, aurait-il pu apprendre quelque chose de son père, qui avait été président, ambassadeur aux Nations Unies et en Chine, et directeur de la CIA. Le père de Donald Trump, lui, était promoteur immobilier comme son fils.

Le 11-Septembre a changé l’état d’esprit du peuple américain, ce qui était nécessaire pour qu’on puisse vendre la guerre d’Irak. On n’aura pas besoin, pour contribuer à mettre en œuvre une guerre contre l’Iran, d’un événement de l’importance du 11-Septembre qui, souvenez-vous en, n’avait rien à voir avec l’Irak. Un attentat terroriste de moindre importance, ou peut-être un incident en mer, pourrait faire l’affaire. Des opérations militaires de l’armée étatsunienne arrogante et aventureuse accroîtraient le risque d’un incident de ce genre, et une fois que l’incident s’est produit, on peut l’exploiter et le déformer pour le transformer en casus belli. Rappelons-nous ce qui s’est passé en 1964 au Golfe du Tonkin.

Plus de choix à venir

Trump a encore à décider de nominations de titulaires de postes en rapport avec l’Iran. On peut espérer que seront nommés des gens qui feront preuve de plus d’intelligence que d’ardeur malvenue, et qui préfèreront les faits aux montages. Toutefois la tendance, jusqu’à maintenant, n’est guère encourageante. Certaines personnes dont le nom a été évoqué pour d’importants postes de hauts fonctionnaires sont déterminées à enterrer le traité nucléaire.

Le président élu Donald Trump. (Photo credit: donaldjtrump.com)

Le président élu Donald Trump. (Photo credit: donaldjtrump.com)

Puis il y a le noyau dur des néoconservateurs, y compris ceux qui étaient abattus lorsque la nomination de Donald Trump a marqué la fin de la domination des leurs sur la politique extérieure des Républicains. Certains d’entre eux ont déclaré qu’ils ne se rallieraient jamais à Trump et quelques-uns sont même allés soutenir la candidature d’Hillary Clinton. Cependant, beaucoup de ces gens, en entendant ce que les premiers nommés disent à propos de l’Iran, doivent maintenant être tout à fait satisfaits.

Pour eux, la leçon qu’ils ont retenue de l’invasion de l’Irak, et on laisse de côté, bien sûr, les huit ans et plus de problèmes, cette leçon pour l’Iran, c’est : à vous maintenant. « Prenez un ticket ! », c’est la façon dont voit les choses John Bolton, néoconservateur et super-faucon en ce qui concerne l’Iran, qui est allé à la Trump Tower pour un entretien de sélection et qui est l’un des candidats au poste de secrétaire d’État.

Une guerre étatsunienne contre l’Iran serait désastreuse pour toutes les parties intéressées, excepté pour les extrémistes anti-iraniens, l’EI, ceux qui exploitent l’instabilité du Moyen-Orient, certains qui font dans la région des choses abominables desquelles ils voudraient détourner l’attention, et des spéculateurs qui prennent une position à long terme sur le prix du pétrole. L’Iran riposterait de façon asymétrique aux moments et aux endroits qu’il choisirait, et les États-Unis contribueraient à faire de l’hostilité iranienne une réalité et plus seulement un préjugé négatif, et pas seulement chez les extrémistes. Le Moyen-Orient, déjà plongé dans la confusion et les massacres sanguinaires, le deviendrait encore davantage.

Ceux aux États-Unis qui souhaitent que soit évité un tel désastre devraient considérer les premières nominations de Trump comme un avertissement. Les nominations devraient être surtout une sonnerie d’alarme pour ceux qui ont été trop obnubilés par le côté faucon d’Hillary Clinton, ou encore trop encouragés par les paroles de Trump qui promettait une politique extérieure moins interventionniste, ou enfin trop enclins à renvoyer dos à dos les deux candidats, en les considérant comme des causes perdues, et ils devraient anticiper l’impact des perspectives actuelles à propos de la politique envers l’Iran.

Il n’y a rien ici qui prédise qu’il y aura une guerre contre l’Iran. Toutefois, le risque qu’elle se produise est plus important maintenant qu’il ne l’était avant le 8 novembre et les nominations qui ont suivi. Il est nécessaire d’être vigilant pour éviter que soient prises de nouvelles mesures qui accroîtraient le risque de guerre.

La question la plus urgente à considérer est le sort du traité nucléaire, mais ce n’est pas là la seule question à prendre en considération, et Mattis, à son crédit, a déclaré que mettre l’accord au rebut serait une erreur, et ce en dépit de ses opinions antérieures. Il va falloir aussi surveiller toutes les décisions, comme les opérations militaires particulièrement agressives des États-Unis dans le Golfe Persique, qui pourraient constituer des étapes dans une dérive dangereuse menant à une conflagration.

Paul R. Pillar a passé 28 ans à la CIA où il est devenu l’un des meilleurs analystes de l’agence.

Source : Consortium News, le 08/12/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Ministre de la Défense d’Iran: «Les US appuient les terroristes et comptent les protéger» (EXCLUSIF)

Publié le par Felli Bernard

Ministre de la Défense d’Iran: «Les US appuient les terroristes et comptent les protéger» (EXCLUSIF)

Ministre de la Défense d’Iran: «Les US appuient les terroristes et comptent les protéger» (EXCLUSIF)
Le ministre de la Défense iranien Hossein Dehghan (capture d'écran d'une vidéo de RT)

Washington n'a pas sérieusement l'intention de lutter contre Daesh, voulant assurer leur présence au Moyent-Orient, selon le ministre de la Défense iranien Hossein Dehghan. Découvrez l'integralité de l'interview que le ministre a accordée à RT.

La nature de la coalition internationale dans la guerre en Syrie, la complexité de la lutte contre le terrorisme liée au rôle de la Turquie et les perspectives du conflit syrien – le ministre iranien de la Défense revient dans son entretien avec RT sur toutes les problématiques clés du Moyen-Orient.

L'interview est à retrouver dans son intégralité ci-dessous.

RT : Chers téléspectateurs. Nous vous retrouvons depuis la capitale iranienne, Téhéran, pour une interview exclusive avec le général Hossein Dehghan, ministre iranien de la Défense. Monsieur le général, bienvenu sur RT.

Hossein Dehghan (H. D.) : Merci beaucoup !

RT : Commençons par le sujet le plus débattu, celui d'Alep. Comment jugez-vous la situation après la prise de contrôle de la ville par l’armée syrienne et ses alliés, la Russie et l’Iran, et l’évacuation de tous les combattants ?

H. D. : Au nom de Dieu le Clément et le Miséricordieux ! La prise d'Alep, capitale économique de la Syrie était bien sûr l’un des principaux objectifs des terroristes. Si cela avait eu lieu lorsqu’ils sont arrivés en Syrie, ils auraient eu un soutien depuis la frontière nord et auraient pu avancer facilement vers le sud, en direction de Homs, de Hama et même de Damas. Alep est un point stratégique qui influence la situation politique et économique en Syrie en général. Le gouvernement syrien et tous ses soutiens étaient conscients de la valeur d’Alep. C'est pourquoi la ville d'Alep était le point névralgique de tous les projets de libération des territoires syriens. Les actions militaires de la dernière étape ont privé les combattants de leur capacité de résistance. De l'autre côté, les parrains des terroristes ont compris que, si la situation autour d'Alep perdurait, cela mènerait à la destruction de la structure organisationnelle et de l'effectif des terroristes et saperait leur moral et leur unité. C'est pourquoi ils ont décidé de capituler et ont accepté d’évacuer la ville. C'est sans aucun doute un tournant important dans la lutte du gouvernement et de l'armée syrienne contre les terroristes. Nous serons du côté de l'armée syrienne jusqu'à ce que tous les terroristes reconnaissent leur défaite. En ce qui concerne les autres groupes, ils doivent participer au dialogue syrien censé déterminer le sort de la Syrie. 

RT : On dit qu’un accord sur un cessez-le-feu partout en Syrie n’est pas loin. En sommes-nous réellement proches ?

H. D. : Pour cela, il faut des garanties sérieuses : tout le monde doit être d'accord pour un cessez-le-feu total et respecter le principe de punition à l’encontre de tout groupe violant ce régime. On ne peut pas laisser Daesh ou le Front al-Nosra être parties au présent accord. Tous les autres groupes armés doivent se lancer, après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, dans le processus politique et entamer des négociations avec le gouvernement syrien. Il est très important d'effectuer d’abord, dans le cadre du cessez-le-feu, une différenciation entre les terroristes et l'opposition prête à négocier avec le gouvernement syrien. Deuxièmement, toutes les forces doivent lutter contre les groupes terroristes comme Daesh et le Front al-Nosra. Troisièmement, tout le monde doit cesser de soutenir les terroristes politiquement, financièrement et militairement. En outre, il faut autoriser les personnes civiles à circuler librement en Syrie et assurer l’acheminement de l’aide humanitaire dans toutes les régions du pays. Et, enfin, le blocus doit être levé de toutes les zones assiégées. Autrement dit, le peuple syrien doit vivre en sécurité. De manière générale, nous sommes optimistes, à condition que les pays qui soutiennent les terroristes acceptent ces engagements et coopèrent. Je pense que les terroristes et leurs commanditaires sont conscients du fait que la voie qu’ils ont empruntée était erronée. S'ils sont raisonnables et font du sort du peuple syrien leur priorité, ils déposeront leurs armes et participeront au dialogue. S’ils veulent jouer un certain rôle dans la gouvernance de leur pays, ils doivent l'obtenir via des négociations, par des moyens légitimes et non par les massacres et la déstruction d'infrastructure. Cela ne fait qu’éloigner le peuple syrien, les privant d’une base sociale pour leurs activités politiques futures.

RT : Moscou a annoncé avoir déployé des forces militaires à Alep. Quel sera le rôle de l'Iran dans cette ville après sa libération ? Allez-vous déployer des forces de police pour maintenir la paix et la sécurité ?

H. D. : Ces activités sont conjointes. Il a été décidé que les trois parties, la Russie, l'Iran et la Turquie contrôleraient la mise en œuvre de l'accord conclu récemment à Moscou en vue d'atteindre le cessez-le-feu et son respect permanent. Tout ce travail est clairement divisé entre nous.

RT : Faut-il comprendre que l'Iran va y envoyer ses forces de sécurité ?

H. D. : L’Iran n’y a pas de forces armées. C'est l'armée syrienne, et c'est elle qui est responsable de cette tâche. En cas de besoin, nous y enverrons des conseillers militaires pour des consultations.

RT : Quelle influence la libération d'Alep aura-t-elle sur les combats en Syrie

H. D. : Cela dépend du cessez-le-feu : s'il est assuré et sécurisé, le processus politique sera enclenché. La rencontre entre l'opposition et le gouvernement syrien pour les négociations se tiendra à Astana. J’espère que les parties obtiendront le résultat souhaité. Si le processus politique est enclenché et se maintient, il faudra lutter en même temps contre Daesh et contre le Front al-Nosra. A présent, le Front al-Nosra a sous son contrôle de nombreuses régions du pays et ne cherche pas le dialogue, c'est pourquoi il faut le combattre. Mais où exactement ? Cela dépend de la situation dans chaque région particulière et des capacités dont on dispose.

RT : Monsieur le général, comme vous l'avez évoqué, Jabhat Fatah al-Sham (l’ex front Al-Nosra) ainsi que Daesh contrôlent de vastes régions en Syrie. Que va-t-il se passer après la libération d’Alep ? Serait-ce le tour de Raqqa ou d'Al-Bab contrôlées par Daesh, ou de la ville d'Idlib qui est entre les mains du Front Al-Nosra ? Quelle sera la situation, compte tenu de la présence américaine et kurde dans la région de Raqqa et de la présence turque à Al-Bab ? Comment sera effectuée la coordination entre l’armée syrienne, le corps des Gardiens de la révolution islamique, les forces aériennes russes d'un côté et les forces turques et ceux de la coalition internationale de l'autre côté ? La coordination sur le terrain est-elle possible ?

H. D. : Nous n'avons jamais coordonné nos actions avec les Américains. Nous n'allons jamais coopérer avec eux. La coalition occidentale est formelle, elle n’a aucune réelle volonté de se battre en Irak ou en Syrie. Comme vous le savez, ils ont bombardé l’armée syrienne à Deir ez-Zor. Nous ne voyons pas en eux de volonté de jouer un rôle vraiment utile et sérieux dans la lutte contre Daesh, parce qu'ils ont poussé les terroristes et ont intérêt à les sauvegarder. Les forces de la coalition voudraient probablement affaiblir des terroristes, mais pas les détruire : les terroristes sont un outil pour déstabiliser la région et d'autres régions du monde. Les terroristes reçoivent le soutien de l'Amérique, de l'Arabie saoudite et du Qatar, alors que la Turquie les appuie sur le terrain. Si l'Iran, la Russie et la Syrie arrivent à se mettre d'accord avec la Turquie pour que non seulement elle arrête de soutenir ces groupes (notamment le Front Al-Nosra et Daesh) mais aussi pour qu’elle lutte contre ces groupes, je pense que la situation en Syrie serait meilleure.

RT : Lors de la conférence de presse qui a suivi les pourparlers à Moscou, le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a appelé à ce que le cessez-le-feu concerne également les troupes du Hezbollah. Il a demandé qu’elles ne soient plus soutenues pour garantir le cessez-le-feu en Syrie à l'avenir. Est-il possible que Téhéran accepte cela pour atteindre un accord ultérieur ?

H. D. : Je pense qu'avant d’avoir de telles exigences, les Turcs doivent répondre à une question importante : «Leur invasion du territoire syrien était-elle effectuée à la demande du gouvernement syrien, ou s’agissait-il d’une décision unilatérale ?» Si cela avait été fait à la demande du gouvernement syrien, la sortie du territoire devrait également être effectuée à la demande du gouvernement syrien. Dans le cas contraire, il s'agit d’une agression, et l’agresseur ne peut pas prendre des décisions pour les autres. La Russie et l’Iran sont entrés en Syrie suite à la demande écrite du gouvernement syrien légalement élu. Nous sommes venus apporter notre soutien au gouvernement. À tout moment, quand le gouvernement syrien considèrera qu’il n’a plus besoin de nos forces, il n’y aura aucun prétexte pour que nous restions. Je pense qu'au lieu de faire fi des erreurs de son gouvernement, le ministre turc des Affaires étrangères doit prendre ses responsabilités et comprendre pourquoi ils sont à l’origine de toute cette situation critique en Syrie. Si les Turcs n'avaient pas commis ces erreurs en Syrie dès le départ, ils ne seraient pas obligés de corriger leurs erreurs passées tout en commettant en même temps de nouvelles erreurs.

RT : Comment évaluez-vous la situation dans laquelle se trouvent Daesh et le Front al-Nosra en termes d’effectifs, de matériel et de capacité de combat après une aussi longue guerre ? Y a-t-il eu des changements en termes de moral, de nombre et d’équipements ?

H. D. : Ils ont subi de grandes pertes auparavant. Ont été touchés leur structure organisationnelle, leur système de gestion, leur unité et leur moral. Mais lors de la récente trêve ils ont pu se réarmer, se regrouper et se préparer pour les combats à venir. Lors du combat pour Alep, ils ont perdu de nombreux commandants et combattants. Ce sont ces énormes pertes qui les ont poussé à quitter Alep-Est. Sinon, ils auraient pu résister plus longtemps et de façon plus ferme. Ils y ont creusé des tunnels, ils ont miné le terrain pour rester à Alep et ne pas en sortir. Leur départ d'Alep implique qu'ils ne pouvaient plus résister. Ils ont quand même perdu beaucoup de combattants et de commandants. Mais ils ont encore beaucoup de matériel militaire. On ne peut le nier. Une question importante qui reste actuelle est : pourront-ils encore continuer à se battre ou non ? Cela est lié à la Turquie, à ses alliés et à leurs décisions. Quant à l’armée syrienne, elle est maintenant beaucoup plus forte sur le plan moral, organisationnel, sur celui de la formation et du matériel. Il faut aussi mentionner l'appui aérien et un certain appui au sol. Tout cela a favorisé le renforcement des positions de l'armée syrienne dans la lutte contre les combattants et les terroristes.

RT : Mais l'armée syrienne a perdu Palmyre, alors que se déroulait l’évacuation des combattants d'Alep !

H. D. : C’est une autre affaire. Oui, c’est une question différente. Palmyre... Palmyre n’était pas prioritaire par rapport à Alep. L'attention n'était pas focalisée sur Palmyre. A la guerre, l'ennemi a parfois recours aux ruses et aux tromperies pour forcer l'autre à renoncer à son objectif principal. Quelque chose de ce genre est arrivé à Palmyre. Ils voulaient détourner l'attention de l'armée syrienne d'Alep pour remettre cette dernière sous leur contrôle et y rester. C’est pourquoi ils ont attaqué Palmyre.

RT : Peut-on dire que, après les pourparlers irano-russo-turcs à Moscou la semaine dernière, le règlement de la crise syrienne est entre les mains de ces trois Etats ? D'autres Etats comme l'Arabie saoudite, par exemple, pourraient-ils rejoindre ce processus ?

H. D. : Les autres ont été à Genève, il y a eu plusieurs rencontres. A notre avis, le seul moyen de régler la crise en Syrie est de favoriser un règlement [interne] syrien... L'Arabie saoudite ne joue pas un rôle qui la rende capable de participer aux négociations.

RT : Mais l’Arabie saoudite joue un rôle en Syrie !

H. D. : L’Arabie saoudite n'a pas de frontières communes avec la Syrie.

RT : Vous l'accusez de soutenir des groupes...

H. D. : Ils cherchent à renverser le régime existant. On ne peut pas négocier avec ceux qui recherchent cela. Il faut leur donner une réponse ferme. Cela concerne également les autres.

Nous croyons que, si tout le monde est d’accord avec les trois principes syriens, il sera facile de prendre une décision. Le premier principe est de préserver l’intégrité territoriale de la Syrie en tant qu'Etat uni. Le deuxième principe est que le régime politique syrien ne peut pas être remis en cause. A présent c'est celui de Bachar el-Assad. S'ils [ceux qui s'opposent à Bachar el-Assad] sont d'accord pour reconnaître le principe de l'unité de la Syrie, la présidence de Bachar el-Assad et le régime politique qui est au pouvoir actuellement, alors l'opposition pourra se mettre à la table des négociations avec le gouvernement syrien et présenter ses revendications. Dans ce cas-là on peut trouver des point d’appui pour restaurer la sécurité et la stabilité et poursuivre le processus politique. On pourra s'asseoir et écrire une nouvelle Constitution, mener à bien certaines réformes, ou même tenir des élections libres et équitables dans le cadre desquelles tout le monde sera en mesure de présenter sa candidature au poste de président de la Syrie. Mais s'ils veulent simplement venir et dire que Bashar Assad doit partir, c’est une absurdité. La décision doit être prise par le peuple syrien. Et une intervention étrangère maintenant ne serait pas favorable à un règlement, mais aggraverait encore plus la situation. C’est une des raisons de l’échec des négociations de Genève.

RT : Vous avez évoqué le président syrien Bachar el-Assad. J'ai compris, en vous écoutant, que l'Iran n'insistait pas sur un rôle personnel du président syrien Bachar el-Assad à l'avenir.

H. D. : Non, nous n’insistons pas sur cela. Ce que nous disons, c'est que personne ne peut affirmer que Bachar el-Assad n'a pas le droit de se porter candidat à l’élection présidentielle. C’est notre position. C'est le peuple, et pas quelqu'un d'autre, qui doit décider.

RT : Serez-vous d'accord si c'est une autre personne lors de la période de la transition ?

H. D. : C'est le peuple qui décide. Il choisira cela ou pas.

RT : L’annonce de départs des avions des forces aériennes russes depuis la base iranienne d'Hamadan a fait beaucoup de bruit l'été dernier. La cessation de ces sorties a également été une chose inattendue. Quelle est la position de Téhéran et de Moscou par rapport à l’utilisation de la base d'Hamadan pour soutenir l’opération en Syrie à l’heure actuelle ? Quelles sont les conditions nécessaires pour l’utilisation de cette base ?

H. D. : C'est une question que beaucoup m'ont posée. On dit que l'Iran a mis sa base à la disposition de la Russie. Ce n'est absolument pas vrai. Cela contredit notre Constitution. Mais comme nous coopérons avec la Russie dans la lutte contre le terrorisme, nous lui avons offert quelques avantages pour le décollage et l’atterrissage de ses avions de combat. A tout moment où nous en sentirons le besoin, et si la Russie nous demande à nouveau de lui accorder ces avantages, nous considérerons cette question, en tenant compte des circonstances actuelles, et prendrons une décision à ce sujet. Nous n’avons pas signé avec la Russie un accord permettant d’utiliser nos bases à tout moment. Nous sommes prêts à fournir une assistance, selon les circonstances, à la demande de la Russie, si nous y voyons une nécessité.

RT : Y-a-t-il des négociations en cours à ce sujet à présent ?

H. D. : Non, il n'y en a pas.

RT : La Russie et l'Iran mènent depuis un certain temps des négociations pour un contrat d'achat d’armements dont le coût est évalué à dix milliards de dollars. Ce contrat inclut-il des armes plutôt offensives ou défensives ?

H. D. : Non. J'ai dit que nous étions prêts à financer les besoins que nous ne pouvons satisfaire nous-mêmes à l'aide d'autres sources, à l'exception des Etats-Unis, d'Israël et de leurs alliés. Dans le monde, il y a des pays comme la Russie et la Chine. Nous avons une longue histoire de coopération avec ces deux pays. Cette coopération va se poursuivre.

RT : Y a-t-il une crainte que cet accord puisse servir de prétexte pour que l'Occident, et surtout les Américains, durcissent leurs sanctions contre l'Iran ?

H. D. : Nous ne cherchons rien qui irait à l’encontre de l’accord sur le nucléaire. En outre, nous ne faisons pas vraiment attention aux déclarations des Etats-Unis. Nous avons nos propres capacités de production et la possibilité de satisfaire nos besoins.

RT : Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est récemment rendu en Azerbaïdjan. Il y a signé un contrat de livraisons d'armes et des accords de coopération dans le domaine de la sécurité et dans le domaine militaire. Benjamin Netanyahu a fait des déclarations «anti-tyrannie» lors de son séjour sur le territoire de votre voisin du nord, l'Azerbaïdjan. Comment évaluez-vous cette coopération entre Israël et l’Azerbaïdjan ?

H. D. : Nous avons attiré l'attention de nos amis, en Azerbaïdjan, sur le fait que donner à Israël accès à cette région ne leur profiterait pas. L'Iran ne le tolérera pas. Mais c'est leur décision, et elle a été prise en vue d'atteindre leurs objectifs et de protéger leurs intérêts. Et nous ne pouvons pas nous y opposer. Il y a environ deux ans, un drone espion israélien a pénétré dans notre espace aérien depuis l'Azerbaïdjan. Nous leur avons envoyé une note de protestation, en disant que c'était l’œuvre d’Israël et qu’Israël avait une source de renseignement en Azerbaïdjan. Il était difficile pour le président azerbaïdjanais de le reconnaître. Mais quand je l’ai rencontré et lui en ai parlé, un an plus tard, j'ai appris qu'il y avait bien en Azerbaïdjan une cellule d'espionnage israélienne.

Je pense que nos amis azéris, doivent comprendre que beaucoup de gens dans la région et au-delà ne veulent pas de relations stratégiques entre l’Iran et l’Azerbaïdjan et cherchent à les empêcher. Bien sûr, le président azéri veut développer des relations avec l’Iran. Mais d'autres forces s'en mêlent et exercent une influence. En ce qui concerne les menaces de Benjamin Netanyahu... nous ne le reconnaissons pas et ne voulons pas entendre ce qu'il dit. Qu'il dise ce qu'il veut jusqu'à ce qu'il soit fatigué.

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

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L'Iran demande à la Turquie de cesser ses opérations militaires en Syrie

Publié le par Felli Bernard

L'Iran demande à la Turquie de cesser ses opérations militaires en Syrie

L'Iran demande à la Turquie de cesser ses opérations militaires en Syrie

31 août 2016, 09:00

- Avec AFP

Source: Reuters

Des blindés turcs à la frontière entre la Syrie et la Turquie

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L'Iran a demandé à la Turquie qui mène une offensive dans le nord de la Syrie de cesser «rapidement» ses opérations militaires pour éviter de compliquer davantage la situation dans la région, selon les médias iraniens.

Lire aussi

«La poursuite de la présence militaire de la Turquie en Syrie complique encore davantage la situation», a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahman Ghassemi, cité mercredi 31 août par le site de la télévision d'Etat.

Il a souligné que les affrontements dans le nord de la Syrie «provoqu[aient] la mort d'innocents et [qu'il était] nécessaire que l'armée turque cesse rapidement ses actions militaires».

«Tous les pays doivent respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie», a ajouté le porte-parole iranien, soulignant que la «lutte contre le terrorisme ne doit pas affaiblir le gouvernement légitime» syrien.

Téhéran soutient politiquement, financièrement et militairement le pouvoir syrien, en envoyant sur place des conseillers militaires et des volontaires pour combattre aux côtés de l'armée syrienne les groupes rebelles armés et les jihadistes.

Lire aussi : les «rebelles modérés» ne sont qu’un mythe, estime un sénateur américain

L'armée turque a lancé il y a une semaine une opération sans précédent dans le nord syrien visant à débarrasser la frontière des terroristes de l'Etat islamique (Daesh). Cependant, outre ce but annoncé avant le lancement de l'intervention turque, Ankara a commencé quelques jours après à cibler également les positions des Kurdes de Syrie, qui combattent Daesh mais sont considérés comme «terroristes» par la Turquie.

International

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Fuite du dirigeant de l’opposition iranienne à bord d’un avion US?

Publié le par Felli Bernard

Massoud Rajawi
Massoud Rajawi

Fuite du dirigeant de l’opposition iranienne à bord d’un avion US?

Des informations ont circulé sur une attaque probable des participants à l'intifada de Chaaban (intifada Chaabaniyahh) en Irak contre le camp abritant les terroristes du groupe iranien "Moujahidines Khalq".

Cette information fait suite à une rumeur selon laquelle le dirigeant de ce groupe terroriste, Massoud Rajawi, compte fuir à bord d'un avion américain.

L'organisation des Moujahidines du peuple (appelée en Iran les Mounafiqines du peuples, c'est-à-dire les hypocrites) est accusée de terrorisme en Iran. Elle a tué plus de 20 milles Iraniens dans les attentats qu'elle a commis après la mise en place du régime islamique dans le pays.

Sachant qu'un nombre de hauts dirigeants dudit groupe de l'opposition iranienne ont déjà fui le camp américain Liberty en Irak. Actuellement, Rajawi a disparu, selon des témoins.

Des sources irakiennes citées par le site arabophone AlAlam ont révélé qu'un avion de ligne américain a évacué de hauts dirigeants de Khalq, soit les membres les plus proches de Massoud Rajawi, dirigeant de cette bande de terroristes.


Rajawi sera-t-il à bord du même avion?

Certaines spéculations avancent que Massoud Rajawi serait déjà dans le camp Liberty, tout comme ses confidents les plus proches.


Citant le site iranien Dideh Ban, le site AlAlam a avancé que cet avion US transporterait plus de 100 effectifs de Khalq de l'aéroport de Bagdad pour les transporter vers l'Europe, selon un trajet non conventionnel.

A savoir que certains miliciens de ce groupe sont recherchés par la police internationale (Interpol). Parmi ces éléments, choisis pour fuir via cet avion américain, le site Alalam énumère entre autre:

- Abbas Minaji (responsable des communications personnelles de Rajawi et très proche de lui).
- Mahdi Baraï (responsable des relations irakiennes dans ledit groupe).
- Afchine Farji Najad (un responsable des gardes et de renseignements, commandant de la campagne militaire Anfal en Irak. Il avait tué des centaines de kurdes irakiennes).
- Maasouma Riadaï (directrice du bureau de Rajawi).
- Sabideh Ibrahimi (cherché par Interpol).
- Dr. Jawad Ahmadi Abadi, médecin personnel de Rajawi.

Selon des sources éminentes irakiennes, ces effectifs et de nombreux d'autres, devraient quitter le camp Liberty vers 5h00 du martin de ce jeudi pour les transporter à l'aéroport de Bagdad.

L'avion US ne devrait transporter aucun autre passager. Il devrait entrer en Irak avec la coordination du HCR, l'organisation des Nations Unies pour le déplacement des éléments.

Toutefois, il existe certes une coordination étroite avec les forces militaires américaines et des concertations discrètes avec l'Arabie Saoudite.


Traduit du site Alalam

Source: Sites web

25-08-2016 - 17:17 Dernière mise à jour 26-08-2016 - 10:10 | 1884 vus

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Téhéran confirme un accord de principe pour l'achat de 100 Boeings

Publié le par Felli Bernard

Téhéran confirme un accord de principe pour l'achat de 100 Boeings

Téhéran confirme un accord de principe pour l'achat de 100 Boeings

© Sputnik. Александр Кряжев

Economie

12:00 19.06.2016URL courte

1158947

Face à sa flotte aérienne civile vieillissante,l'Iran est prêt à acheter une centaine d'avions Boeing

Les autorités iraniennes ont officiellement confirmé s'être entendu avec le constructeur américain Boeing sur l'achat de 100 avions pour renouveler sa flotte vieillissante, a annoncé le directeur de l'aviation civile iranienne, Ali Abedzadeh.

"Notre pays possède 250 avions dont 230 sont à remplacer", a indiqué le responsable avant de préciser que l'accord avait besoin du feu vert du gouvernement américain.

Selon le responsable iranien, Boeing a présenté sa demande officielle pour obtenir l'autorisation finale pour la vente des avions au Trésor américain. Après son obtention, l'accord définitif pourrait être officiellement signé.

© AP Photo/ Francois Mori

Téhéran annonce un accord d'achat d'avions Airbus

M.Abedzadeh a également affirmé que le montant de 17 milliards de dollars (15 mds EUR) évoqué par certains médias n'était pas définitif et que les détails de l'accord seront déterminés après d'autres négociations.

Vendredi, il a été annoncé que deux membres du Parti des Républicains avaient adressé à Boeing une lettre qui s'opposait au contrat, ce dernier étant, selon eux, susceptible de menacer la sécurité nationale des Etats-Unis.

L'Iran considère toujours les Etats-Unis comme son principal "ennemi" et le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a encore répété il y a quelques jours qu'il ne fallait pas leur faire "confiance" et qu'il n'y aurait pas d'autres négociations avec Washington en dehors de celles ayant abouti à l'accord nucléaire de juillet 2015 entre Téhéran et les grandes puissances du groupe 5+1 (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne).

"Les Etats-Unis ne cachent en aucune manière leur animosité (…) Certains croient qu'on peut s'entendre avec les Etats-Unis et régler nos problèmes, mais ils se font des illusions", a encore déclaré mardi le guide suprême.

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L'Iran veut "son canal de Suez" reliant la mer Caspienne au golfe Persique

Publié le par Felli Bernard

L'Iran veut "son canal de Suez" reliant la mer Caspienne au golfe Persique

L'Iran veut "son canal de Suez" reliant la mer Caspienne au golfe Persique

© REUTERS/ Amr Abdallah Dalsh

International

17:13 26.03.2016URL courte

4811677931

L'une des initiatives les plus ambitieuses, que Téhéran envisage de lancer, prévoit un canal artificiel reliant la mer Caspienne au golfe Persique. Le projet est particulièrement intéressant pour la Russie à cause de la vague de froid actuelle avec la Turquie, mais les pays européens et post-soviétiques en bénéficieraient également.

Somayeh Pasandide

Jardin du Livre: l'Iran ambitionne le plus grand projet éditorial du monde

Le projet a été approuvé par l'ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad. En 2012, l'ex-ministre iranien de l'Energie Majid Namjoo avait estimé que le coût du projet s'élevait à environ sept milliards de dollars.

En février 2015, le président de la commission des Affaires étrangères et de la sécurité nationale du parlement iranien Alaeddin Boroujerdi a affirmé que Khatam-al Anbiya, une société d'ingénierie appartenant aux corps des Gardiens de la révolution islamique, s'intéressait de près au projet qui serait achevé au cours des années 2020.

© Flickr/ US Navy

Moscou crée sa zone industrielle dans la région du canal de Suez

D'autres défis à la construction du canal comprendraient, outre les sécheresses dans le centre de l'Iran, un terrain difficile, l'ampleur du projet, ainsi que le niveau de financement requis, qui entre autres devra couvrir les efforts de dessalement. De plus, le canal artificiel sera construit dans une zone sujette aux tremblements de terre.

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