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Et en Grèce, ça va ? La migration, vue des îles grecques

Publié le par Felli Bernard

Et en Grèce, ça va ?
La migration, vue des îles grecques


Démocrite

Par Alexandre Moumbaris – Le 9 février 2017

Il arrive à des réfugiés et des émigrants d’avoir à transiter par d’autres pays avant d’arriver dans celui où ils désirent se rendre et cela n’est pas toujours évident.

 

Dans le cas de la Grèce, les migrants, pour le prix d’un billet Paris-Tokyo aller/retour, peuvent traverser sur un bateau gonflable les cinq kilomètres qui séparent la Turquie de l’île de Chios en mer Egée. Dès à présent on est en droit, de se demander d’où proviennent de telles sommes, considérant aussi les autres frontières et les passeurs à payer. Sont-ils riches, sont-ils payés par le Qatar, l’Arabie saoudite ? Par l’endettement de leurs familles ?

Les migrants arrivés là ont du mal à aller plus loin, à franchir les autres frontières terrestres pour atteindre leur pays de destination. Les pays de l’Union européenne les bloquent à leurs frontières. Ils engorgent ainsi la Grèce avec une population qui voudrait être ailleurs et vis-à-vis de laquelle elle est dans l’impossibilité de répondre humainement à leurs besoins, d’autant plus que le nécessaire financement de l’Union européenne ne lui arrive pas.

Plantés là, comme au milieu d’un guet, ils cherchent désespérément à atteindre l’autre berge : l’Allemagne, l’Angleterre… Entre-temps leur nombre sur place augmente, certains d’entre eux partent pour le Pirée et Athènes, d’autres pour une raison ou une autre sont bloqués à Chios où leurs conditions d’existence s’aggravent. Cela n’affecte pas seulement les migrants, mais aussi la population locale qui aussi accueillante, hospitalière ou philanthropique qu’elle puisse être, se trouve quotidiennement confrontée à leur désarroi, leur réactions et au comportement parfois violent de certains.

Tous les jours arrivaient sur cette île de 51 000 habitants, des centaines de migrants. Aujourd’hui le nombre d’arrivées se situe entre 50 et 100 par jour. Cela signifierait, proportionnellement, pour la Corse l’arrivée de 300 à 600 migrants par jour.

La Grèce lors de la catastrophe d’Asie mineure de 1922-23, a dû accueillir plus d’un million et demi de réfugiés de Turquie. Sa population devait alors compter cinq ou six millions d’habitants. Tant bien que mal cette immigration dans le temps a été absorbée. Mais il faut dire que ces réfugiés étaient composés de familles, qui allaient s’installer en Grèce, parlaient la même langue, avaient la même culture, la même religion et un sentiment fraternel pour la population sur place. Par conséquent ce n’est pas tout à fait le nombre qui est le plus rédhibitoire, mais plutôt le fait qu’ils ne sont pas des immigrants.

La grande majorité des migrants actuels en provenance de Turquie sont de jeunes hommes aptes à servir dans l’armée et qui ont seulement occasionnellement des familles. Un tiers de leur nombre sont des Syriens et le reste vient d’Afghanistan, d’Irak, de Palestine, du Xinjiang en Chine, du Pakistan même d’Afrique du Nord. Considérer les migrants syriens comme de sympathiques réfugiés qui fuient la dictature d’Assad ou comme de lâches déserteurs, détermine un comportement à leur égard chargé d’un grand poids politique.

Leur situation en Grèce rappelle celle des voyageurs bloqués dans une salle d’attente, attendant un train qui ne vient pas.

Une autre réalité s’impose : tant que le nombre de migrants est petit, le problème qu’il pose l’est aussi, sinon il devient grave. La difficulté de leur accueil, en raison de leur nombre, peut donc passer de l’insignifiant à l’insoutenable. On peut être philanthrope jusqu’à l’angélisme mais il arrive un moment où une masse humaine, affectée par des conditions de vie insoutenables et des besoins basiques insatisfaits tels que : dormir, manger, se laver, faire ses besoins, se soigner, etc., conduit occasionnellement à des actes de violence, de vols, de menaces sur les commerçants. À cela s’ajoutent, les incendies de leurs campements, des formations de gangs et de mafias, divers trafics comme celui des faux papiers, et aussi l’infiltration d’agents djihadistes ou turcs. De l’autre côté cela donne occasionnellement lieu à des abus de la part de certains profiteurs locaux isolés, comme ceux vendant une bouteille d’eau 5€ sur les plages d’arrivée, ou des services d’autobus privés qui font la navette depuis les plages au centre de la ville… (La seule consolation restante est que l’extorsion soit pire en Turquie.) Je parle spécifiquement de l’ile de Chios, mais je n’ai pas de raison de croire qu’à Lesbos ou sur d’autres îles ce soit différent. Aussi leur relation à la population locale, de religion et de culture différentes, est ambiguë, temporaire et même problématique, car tout ce qu’ils veulent c’est partir.

Alors que les tensions augmentent, les migrants subissent occasionnellement des attaques de nazillons de l’Aube dorée. De l’autre coté il y a des manifestations s’opposant à ces attaques, soit pour des raisons humanitaires, antiracistes ou philanthropiques, soit pour une solidarité qui aurait pu être différente si à sa source il n’y avait pas eu ce positionnement politique anti-Assad.

Au fur et à mesure que la situation s’aggrave avec l’afflux de nouveaux arrivants, la longue attente pour pouvoir quitter les îles et les attaques des nervis nazis augmentent et leurs sympathisants se multiplient, alors qu’inversement le soutien à caractère philanthropique et humanitaire à leur cause perd de sa vitalité. Dans cette lancée on peut imaginer qu’à un moment donné les nazis de l’Aube dorée seront considérés comme des protecteurs, défendant les habitants de la calamité qu’ils vivent en raison de cette invasion.

Pour la masse de migrants séjournant dans les camps « organisés », sur les places publiques, les parkings ou sur les quais du port en plein hiver, de crainte d’être attaqués par les nazis, il est capital de pourvoir en priorité aux besoins des enfants, des femmes, des vieux et des malades. L’idéal serait dans la mesure du possible d’offrir des conditions de vie dignes à tous les migrants. Mais les îles grecques n’en peuvent plus.

Maintenant il reste à choisir, soit les Européens donnent leur accord pour les accueillir en Allemagne ou ailleurs, soit, et seulement si l’on peut déterminer leur identité et leur nationalité – ce qui n’est pas toujours le cas, loin s’en faut –, les rapatrier.

Il est à noter qu’en Turquie il y a près de trois millions de réfugiés dans des camps qui à un moment ou à un autre peuvent prendre le même chemin.

Cette détresse est tombée principalement sur le monde arabe et musulman. Ce qui arrive à la Grèce n’est qu’une petite partie des effets collatéraux dus aux guerres en Syrie, avec ses centaines de milliers de morts, en Irak avec bien plus de morts encore, en Libye où règne la mort et le chaos… Le Moyen-Orient, jusqu’en Afghanistan, a été mis à feu et à sang, les destructions sont incalculables. Toute cette misère est de la responsabilité directe, délibérée des criminels de guerre occidentaux : les États-Unis, la France, le Royaume Uni, Israël, sans parler des pays du golfe et de la Turquie, avec leur insatiable volonté de piller et de dominer les pays les plus faibles.

Parenthèse

Lorsqu’il s’agit de réfugiés ou d’immigrants économiques illégaux qui cherchent à s’établir sur place – dans un pays européen par exemple –, et qui peuvent travailler et produire de la valeur, la question se pose autrement. Prêts à accepter les travaux les plus pénibles pour une maigre pitance et sans couverture sociale, ils sont une bénédiction pour des exploiteurs européens, surtout que c’est leur État d’origine qui a payé pour les éduquer, les former ; un coût que l’État de destination économise. Forcément dans un système économique de marché l’arrivée de nouveaux travailleurs favorise le chômage, abaisse les salaires des travailleurs et augmente les profits des patrons. Résultat : alors que plus de valeur est produite, les travailleurs en général, y compris les immigrants, tendent à s’appauvrir. Le fait de produire plus et de gagner moins est une aberration capitaliste caractéristique.

Si les travailleurs, source de valeur, entrant dans l’économie contribuaient par leur labeur au bien commun, la division du travail aidant, la société bénéficierait plus que proportionnellement de leur nombre. C’est ce qui caractérise une société socialiste.

Alexandre MOUMBARIS

PS : Depuis l’écriture de cet éditorial en décembre, le vent glacial du Nord s’est amplifié, la neige et le gel ont fait leur apparition. La situation des migrants sous des abris de fortune, souvent des tentes, a gravement empiré.

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Hollande – Le gouvernement grec aurait demandé à Poutine « d’imprimer des drachmes en Russie, Athènes dément

Publié le par Felli Bernard

Dans l'entourage du premier ministre grec, le malaise est palpable.

Dans l’entourage du premier ministre grec, le malaise est palpable

Le gouvernement grec aurait demandé à Poutine « d’imprimer des drachmes en Russie parce qu’il n’y a plus d’imprimerie en Grèce ».

À peine sorti en librairie en France, les médias grecs se sont emparés des extraits du livre Un président ne devrait pas dire ça des journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme. En effet, on y apprend à la page 512 l’existence d’un «mystérieux coup de fil de Vladimir Poutine» à François Hollande, le 6 juillet 2015, soit le lendemain du référendum organisé et gagné par Alexis Tsipras. Le président russe informe son homologue français d’une discussion qu’il a eue avec Athènes. Le gouvernement grec lui aurait demandé «d’imprimer des drachmes (monnaie nationale hellénique avant l’euro) en Russie parce qu’il n’y a plus d’imprimerie en Grèce». La suite de la discussion et la réponse de François Hollande, resté pantois, s’interrogeant sur la nature de cet appel du Kremlin, n’intéresse pas la presse grecque. Celle-ci découvre que leur premier ministre était bien décidé à faire sortir le pays de la zone euro, avec le secours de Moscou, alors que la population reste très attachée à la monnaie unique.

La crise grecque… et Poutine

 

Les auteurs consacrent un long chapitre à la crise grecque de l’été 2015, quand le pays dirigé par Alexis Tsipras est à deux doigts de sortir de l’Europe, le fameux « Grexit ». Or, Hollande ne veut pas en entendre parler. Il joue alors un rôle de « conseiller » auprès d’Alexis Tsipras qu’il considère comme « un petit frère turbulent ». Davet et Lhomme ne cachent pas qu’il y a avait un côté tactique dans cette défense de la Grèce par le président : montrer à Mélenchon et les tenants de « l’autre gauche » que la France de Hollande est le meilleur allié de Tsipras et de son parti Syriza tant adulé, alors, par les Mélenchonistes. Certes, on sait comment l’histoire s’est terminée pour Tsipras qui a dû capituler. Mais c’était après l’épisode suivant raconté par les auteurs ou le ministre des Finances Michel Sapin téléphone à son ami et président François Hollande pour évoquer, en termes crus, le désir des Allemands de débarquer la Grèce de l’Europe… et le rôle de Christine Lagarde, directrice générale du FMI .

Sapin dit : « Les chieurs, l’Allemagne, vont se raccrocher à cette question de l’insoutenabilité de la dette ». Réponse de Hollande : « Ils en sont capables(…) Il y a une déclaration de Merkel qui dit que la réduction de la dette est hors de question ».

Et un peu plus loin, François Hollande explique : « Lagarde, elle est pour la sortie. Elle me l’avait dit. Avec des arguments que l’on peut entendre : elle pense que la Grèce ne peut pas se relever avec ce qu’on lui fait subir, avec la dette qui est la sienne, que la meilleure façon, ce serait de la « suspendre » de la zone euro. Elle est courtoise, mais soumise à une pression américaine, et à des pressions au sein de son administration, sur le thème : vous êtes durs avec les Africains, pourquoi avec la Grèce, vous ne seriez pas durs ».

Enfin, un autre épisode insolite est narré par Davet et Lhomme : le coup de téléphone de Poutine à Hollande, très vite compris par le président français comme un avertissement sur le fait que la Russie pourrait être là pour soutenir la Grèce en cas de Grexit. Poutine : « Je dois te donner une information (…). La Grèce nous a fait une demande d’imprimer les drachmes en Russie, car ils n’ont plus d’imprimerie pour le faire »… Preuve pour les auteurs que les dirigeants grecs à ce moment envisageaient bien de sortir de l’Europe.

Poutine poursuit : « je voulais te donner cette information, que tu comprennes bien que ce n’est pas du tout notre volonté ».

Analyse de Hollande : « Je me suis demandé pourquoi il me disait ça. Peut-être pour ne pas être jugé responsable d’avoir poussé la Grèce à sortir et, deuxièmement, pour me dire – ce n’était pas une mauvaise idée – que, de son point de vue, c’était un risque et que l’on devait tout faire pour l’éviter »… (source)

Une preuve, commentent les deux journalistes du Monde auteurs du livre, que la Grèce envisageait bien de sortir de l’Europe à ce moment-là.

Tollé en Grèce – On peut ainsi lire sur les sites d’information que «François Hollande dévoile le vrai visage d’Alexis Tsipras». Dans l’entourage du premier ministre grec, le malaise est palpable. On assure que «jamais un tel sujet n’a été abordé au cours des différentes discussions avec Vladimir Poutine.

Athènes dément avoir voulu imprimer des drachmes en Russie en 2015

Le gouvernement grec a démenti vendredi avoir cherché à « imprimer des drachmes en Russie » lors de la crise l’an dernier, contrairement à ce que le président français François Hollande semble indiquer dans un livre de confidences sur la foi d’une conversation avec Vladimir Poutine.

 
Interrogée par l’AFP, une source gouvernementale grecque a précisé qu’Alexis Tsipras à l’époque avait parlé trois fois au téléphone avant le référendum avec Vladimir Poutine mais qu' »il ne lui avait jamais demandé » d’imprimer des drachmes.

 
« Les deux dirigeants (grec et russe) s’étaient mis d’accord pour que la Grèce reste dans la zone euro », a souligné cette source ayant requis l’anonymat.

 
La crise dans les relations entre le gouvernement grec de gauche d’Alexis Tsipras et la zone euro pendant le premier semestre de 2015 avait atteint son pic fin juin 2015, la zone euro ayant menacé la Grèce, qui se trouvait alors au bord d’un défaut de paiement, de retirer son soutien si Athènes ne signait pas un nouveau plan de sauvetage en poursuivant les mesures d’austérité.

 
Alors qu’une première version du plan de sauvetage proposé par les créanciers, UE et FMI, avait été rejetée par plus de 60% des voix lors du référendum du 5 juillet décidé par Alexis Tsipras, ce dernier a finalement cédé une semaine plus tard et signé un nouveau prêt international, le troisième depuis la crise de la dette de 2010, accompagné des mesures de rigueur comme les deux précédents.

 
La publication du livre de confidences faites par le président français à six mois de l’élection présidentielle a suscité une cascade de réactions incrédules ou consternées en France, des magistrats aux footballeurs et jusque dans son camp.

Par resistanceauthentique

 

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Crise migratoire : la Grèce refuse d'accueillir la ministre autrichienne de l'Intérieur

Publié le par Felli Bernard

La ministre autrichienne de l'Intérieur Mikl-Leitner
La ministre autrichienne de l'Intérieur Mikl-Leitner

Crise migratoire : la Grèce refuse d'accueillir la ministre autrichienne de l'Intérieur

26 févr. 2016, 10:36

- Avec AFP

© Heinz-Peter BaderSource: Reuters

La ministre autrichienne de l'Intérieur Mikl-Leitner

La Grèce a refusé de recevoir la ministre autrichienne de l'Intérieur, Johanna Mikl-Leitner, ont indiqué des sources officielles vendredi, alimentant la tension entre les deux pays au sujet de la crise des migrants.

Lire aussi

Une source du ministère des Affaires étrangères a confirmé une information de l'agence officielle ANA en ce sens. Athènes avait rappelé jeudi son ambassadrice à Vienne pour «consultations», en signe de protestation contre la tenue par Vienne d'une réunion des pays des Balkans consacrée à la crise migratoire et dont la Grèce a été exclue.

Les vives tensions entre la Grèce et l'Autriche ont empoisonné la rencontre jeudi 25 février à Bruxelles des pays de l'Union européenne censée mettre fin à la cacophonie face à l'afflux de migrants qui risque de déclencher une crise humanitaire de grande ampleur.

«L'Autriche nous traite comme des ennemis», s'était exclamé le ministre grec de la Politique migratoire Yannis Mouzalas devant ses homologues au cours de cette réunion, selon une source diplomatique. La Grèce est montrée du doigt par plusieurs pays, emmenés par l'Autriche, qui lui reprochent de ne pas suffisamment protéger la frontière extérieure de l'UE par laquelle de nombreux réfugiés entrent sur son territoire.

Athènes estime pour sa part que Vienne a encouragé une série de restrictions «unilatérales» aux frontières des pays des Balkans, ce qui a provoqué le blocage de milliers de migrants sur le territoire grec.

International

Raconter l'actualité

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Tsipras change de gauche

Publié le par Felli Bernard

Éditorial

Par Denis Sieffert - Suivre sur twitter - 23 septembre 2015

Tsipras change de gauche

On connaît les « deux gauches », mais on les avait rarement vues incarnées par un même homme, et dans une séquence aussi courte.

Article paru dans
Politis n° 137
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Sommaire

La première fois, il avait été félicité par Mélenchon. Dimanche soir, c’est François Hollande qui s’est hâté de dire à Alexis Tsipras combien sa victoire lui faisait chaud au cœur. Plusieurs figures de la social-démocratie et de la droite européenne se sont ensuite succédé pour encenser le leader de Syriza. Comme s’il fallait célébrer publiquement l’entrée de l’enfant terrible dans la famille des sages. Ceux qui savent que l’austérité est une fatalité et que l’ordre du monde est intangible. Un cérémonial d’adoption, en quelque sorte. Le fait est que Tsipras a changé de gauche. Sinon au plus profond de lui-même, du moins par ses choix tactiques. En un rien de temps, Saint-Just est devenu Talleyrand. Le choc a été tel que les Grecs eux-mêmes ont eu une hésitation. Pour quel Tsipras ont-ils voté ? Pour le vaillant combattant du début de l’année, tentant de résister à la machine européenne et au FMI ? Ou pour le converti qui s’apprête à mettre en œuvre la politique d’austérité qu’il avait dénoncée et combattue ?

Ses électeurs de dimanche ont fait le pari qu’avec lui la politique de la droite sera plus douce. Ils croient que le leader de Syriza saura arrondir les angles du mémorandum, qu’il parviendra à se dégager de la lourde tutelle des créanciers qui lui ont fait signer sous la contrainte une succession de mesures douloureuses pour son peuple. Deux lectures sont permises. On peut penser que l’élection de Tsipras, même pour appliquer la pire des politiques, est un moindre mal. Ce « moindre mal », éternel credo des gauches de gouvernement ! Mais on peut surtout redouter que Tsipras délivre des messages négatifs pour les peuples d’Europe. L’homme qui a voulu démontrer qu’il existait des alternatives aux politiques libérales démontrerait finalement le contraire. Tout aussi fâcheux : il renforcerait l’idée que les dirigeants politiques sont tous du même bois, prêts à se contredire, et à se brûler au feu du pouvoir. Cette lecture des événements a été celle de nombreux électeurs du mois de janvier qui ne sont pas retournés aux urnes ce dimanche. Car, ne l’oublions pas, si Alexis Tsipras a réussi un joli coup politique en obtenant 35 % des voix, il a aussi perdu en cours de route 320 000 électeurs. Sur moins de deux millions, ce n’est pas rien ! Un chiffre qu’il faut rapprocher des 45 % d’abstention.

Il faut aussi souligner que le désenchantement et l’incrédulité n’ont en rien profité à l’Union populaire, issue de l’aile gauche de Syriza (voir le reportage d’Angélique Kourounis, p. 9). Sans doute parce que Tsipras a gardé une certaine cote d’amour. Mais que va-t-il pouvoir en faire ? Dans les prochains mois, l’enjeu pour lui sera la question de la dette. Obtiendra-t-il de ses tuteurs européens l’annulation de ce fardeau ? Ce qui est sûr, c’est qu’il n’a plus aujourd’hui aucun moyen de pression. Et il retrouvera en face de lui les mêmes interlocuteurs irascibles qui l’ont fait céder au mois de juillet. Ce qui s’est passé en Grèce depuis le référendum du mois de juillet – qui paraît déjà si loin aujourd’hui ! – est en tout cas riche d’enseignements pour la gauche. On connaît les « deux gauches », mais on les avait rarement vues incarnées par un même homme, et dans une séquence aussi courte. La question est évidemment celle du pouvoir. Faut-il le conserver à n’importe quel prix ? Quel sens cela peut avoir s’il s’agit de faire, peu ou prou, la politique de la droite ? Je ne voudrais surtout pas comparer Tsipras à Cambadélis – le leader de Syriza ne mérite pas cela ! –, mais il se trouve que l’actualité invite à un rapprochement. Pendant que la Grèce votait, le premier secrétaire du PS nous concoctait l’une de ces manœuvres qui ont fait sa réputation : un référendum auprès des militants du Front de gauche et des Verts pour « l’union des gauches ».

Sur les marchés et sur Internet, Cambadélis s’apprête à poser cette question toute bête : « Êtes-vous pour l’union ? » La question vaut d’abord pour les régionales. Elle servira aussi bien sûr pour la présidentielle de 2017 et les législatives. On imagine bien que personne n’a envie de répondre « non ». Surtout lorsque se profile l’ombre du Front national. Mais on voit l’arnaque. C’est un peu comme si Emmanuel Macron était la seule alternative à Marine Le Pen. Le procès en division a d’ailleurs déjà commencé après la victoire de la droite à Noisy-le-Grand : trop de candidats à gauche. Il n’est pas nouveau. L’explication communément admise après l’échec de Lionel Jospin en 2002 était déjà celle-là. Chaque situation mérite évidemment d’être examinée. Mais ce chantage – car c’en est un ! – est surtout destiné à ignorer la politique dans son contenu pour la réduire à la seule question du pouvoir. Or, on peut aussi penser que c’est la politique de M. Macron, ses attaques contre le statut des fonctionnaires, le code du travail, le repos du dimanche, bref notre « mémorandum » à la française, qui divisent la gauche.

Article paru dans Politis n° 1370

Article paru dans Politis n° 1370

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Yanis Varoufakis : "L’Etat-providence français [est] la véritable cible du ministre des finances allemand"

Publié le par Felli Bernard

Yanis Varoufakis
Yanis Varoufakis


Yanis Varoufakis : "L’Etat-providence français [est] la véritable cible du ministre des finances allemand"

L'ancien ministre des finances grec estime que la Grèce est un "laboratoire de l'austérité" et que l'Allemagne souhaite surtout atteindre la France, dans un entretien au Monde.

Publié le 22 Août 2015

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Yanis Varoufakis, ex-ministre des finances grec, sera présent demain à la fête de la Rose organisée par Arnaud Montebourg, à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire). Celui qui a démissionné de son gouvernement suite à la signature du troisième plan d'aide à la Grèce, qu'il définit comme une "capitulation" qui conduira son pays dans l'abîme, estime dans une interview au Monde que l'Eurogroupe prend des décisions majeures pour l’avenir de la zone euro sans que les citoyens en soient informés.

"La plupart des Européens imaginent que ces derniers mois la Grèce a négocié avec ses partenaires de la zone euro. Ce n’est pas le cas.

(...) Je n’ai jamais négocié en direct avec Michel Sapin, mon collègue français. Ni avec Wolfgang Schäuble, le ministre des finances allemand, qui assurait qu’il ne pouvait rien faire pour moi et me renvoyait aux institutions", explique-t-il.

Pour lui, la grande leçon de ces derniers mois est que la zone euro "est la zone économique la plus puissante, mais personne ne la dirige — ou du moins, personne d’élu. Elle a créé un monstre, l’Eurogroupe, où les ministres des finances ne négocient pas vraiment les uns avec les autres."

Il affirme que Wolfgang Schäuble veut pousser la Grèce hors de l'euro "pour atteindre la France".

"L’Etat-providence français, son droit du travail, ses entreprises nationales sont la véritable cible du ministre des finances allemand. Il considère la Grèce comme un laboratoire de l’austérité, où le mémorandum est expérimenté avant d’être exporté. La crainte du Grexit vise à faire tomber les résistances françaises, ni plus ni moins", assène-t-il.


Read more at http://www.atlantico.fr/pepites/yanis-varoufakis-etat-providence-francais-est-veritable-cible-ministre-finances-allemand-2294699.html#4pMshhEfwII3JvUB.99

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La Grèce n'est plus en défaut de paiement

Publié le par Felli Bernard

La Grèce n'est plus en défaut de paiement

Trends Tendances

20/07/15 à 12:57 - Mise à jour à 16:51

Source : Belga

La Grèce n'est plus en défaut de paiement vis-à-vis du FMI après avoir soldé ses arriérés de paiement de près de 2 milliards d'euros, a annoncé l'institution lundi.

/ © istock

Athènes a désormais de nouveau accès aux financement et prêts du Fonds monétaire international qui participe aux côtés de la Commission européenne et la Banque centrale européenne et sauvetage du pays.

La Grèce commence à rembourser

Les opérations en vue de payer lundi environ deux milliards d'euros d'arriérés au FMI et 4,2 milliards d'euros dus à la BCE ont commencé, avait indiqué une source proche du ministère des Finances grec. Ces montants devraient être versés avant la fermeture des marchés lundi soir.

La Grèce, privée de capitaux frais depuis le mois d'août 2014 par ses créanciers, n'avait pas été en mesure le 30 juin de payer une échéance de 1,56 milliard d'euros au FMI, ni une autre de 457 millions d'euros le 13 juillet, ce qui va donc être fait. Elle devait aussi payer environ 3,5 milliards d'euros à la BCE lundi même, et environ 700 millions d'euros d'intérêts.

Le tout a été rendu possible par le déblocage de 7 milliards d'euros à la Grèce, annoncé vendredi dans la foulée de l'accord signé lundi dernier avec les créanciers.

En savoir plus sur:

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Crise de l'euro : pourquoi Syriza a été amené à la capitulation

Publié le par Felli Bernard

Yanis Varoufakis
Yanis Varoufakis

Crise de l'euro : pourquoi Syriza a été amené à la capitulation

19 Juillet 2015 , Rédigé par L'oeil de Brutus Publié dans #Idées

« N’ouvrez aucune négociation avec les Spartiates et ne faites point paraître que les épreuves présentes vous accablent ; car ceux qui, en face du malheur, montrent le moins d’affliction dans leurs sentiments et, dans leur conduite, le plus de résistance, ceux-là, qu’il s’agisse d’Etats ou d’individus, sont bien ceux qui l’emportent ».

Périclès, aux Athéniens.

Ce qui ressemble à une capitulation en rase campagne de Syriza devant l’eurocratie ne lasse pas d’étonner. D’autant plus qu’après le référendum du 5 juillet 2015 lors duquel le peuple grec lui avait apporté un très large soutien, Alexis Tsipras paraissait en position de force.

Une hypothèse peut toutefois être formulée autour du discours réalisé par Yanis Varoufakis à l’Eurogroupe le 18 juin dernier. Contrairement aux usages en vigueur mais en plein respect des traités[i], l’ancien ministre des finances grec a bien voulu en rendre le contenu public[ii]. Or, un passage est particulièrement éloquent :

« Même si certains, influencés par des rumeurs selon lesquelles un Grexit ne serait pas si dramatique ou que cela pourrait même être bénéfique au reste de la zone euro, se sont résignés à un tel évènement, c’est un évènement qui libérerait des forces destructrices que plus personne ne pourrait contrôler ».

En affirmant de la sorte devant l’Eurogroupe que la sortie de la Grèce de l’euro lui serait insupportable, M. Varoufakis se sépare de sa plus précieuse arme et la met directement aux mains de ses adversaires. Peu importe (ici) que Syriza ait été foncièrement attaché à l’euro ou pas. Mais le fait est que jusque-là (sous réserve qu’une telle position n’ait pas été au préalable tenue en Conseil ou en Eurogroupe par un membre du gouvernement Syriza), la perspective d’une sortie de l’euro suscitait une véritable crainte, voire une peur panique, pour nombre de membres de l’eurocratie. Car, par effet de contagion, le « Grexit » aurait probablement touché un à un une bonne part des membres de la zone euro (selon toutes vraisemblance, dans l’ordre : Portugal, Irlande, Italie, Espagne, Belgique, France). En menaçant l’Eurogroupe d’un Grexit (peu importe dans de telles négociations si cette menace est réellement fondée ou pas), M. Varoufakis pouvait donc espérer obtenir des concessions importantes. Il pouvait également tout aussi bien affirmer rester dans l’euro tout en s’affranchissant des règles austéritaires de la monnaie unique de manière à contraindre les autres membres de l’en exclure, ou de tenter de le faire (c’est l’hypothèse que je formulais en janvier dernier). Il pouvait en réalité se ménager une position de force.

Ce n’est pas le choix qui fut fait. Dans une espèce de naïveté pour le moins surprenante chez un adepte de la théorie des jeux, M. Varoufakis fait le choix résolument inverse : il marque un attachement irrévocable à l’euro. Dès lors, ses adversaires, Allemagne en tête, ont le jeu facile de reprendre la balle au bond et le menacer d’un Grexit pour lui imposer leurs propres conditions. On connaît la suite[iii].

[i] Les traités européens prévoient que les minutes des Conseil de l’Union (les réunions des ministres des Etats membres) et du Conseil européen (les réunions des chefs d’Etats et de gouvernements) soient rendus publiques. Or, en violation complète des dits traités, ce n’est quasiment jamais le cas. Non contente de piétiner allégrement la démocratie, l’eurocratie ne respecte même pas les traités qu’elle impose aux peuples !

[ii] On peut le retrouver ici : Les propositions de la Grèce pour mettre un terme à la crise : mon intervention à l’Euro-groupe, par Yanis Varoufakis, Yanis Varoufakis, Les Crises, 11-juil-15.

[iii] Pour un plus ample développement, lire également cette excellent analyse de Jacques Sapir : Capitulation, Jacques Sapir, russeurope, 13-juil-15.

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Interview de Yanis Varoufakis: L’Europe bafoue impitoyablement la démocratie

Publié le par Felli Bernard

Yanis Varoufakis regarde désespérément son écran d’ordinateur au cours des pourparlers de crise. Photo : Getty
Yanis Varoufakis regarde désespérément son écran d’ordinateur au cours des pourparlers de crise. Photo : Getty

Interview de Yanis Varoufakis: L’Europe bafoue impitoyablement la démocratie

Yanis Varoufakis se sent «sur le toit du monde» maintenant que son rôle dans les pourparlers de crise est terminé.

Transcription intégrale de la première interview de l’ancien ministre des Finances grec depuis sa démission.

Par Harry Lambert

Par Sayed7asan – Le 13 juillet 2015 – Source sayed7asan via newstatesman

Extraits
 
L’absence totale de scrupules démocratiques, de la part des défenseurs supposés de la démocratie en Europe. La compréhension très claire, en face, que nous étions sur la même ligne analytiquement – bien sûr, ils ne le reconnaîtront jamais à présent. [Et pourtant] d’avoir des personnages très puissants qui vous regardent dans les yeux et disent : ‘Ce que vous dites est vrai, mais nous allons vous broyer quand même.’
[...]
Mais Schäuble [le ministre des Finances allemand] est resté cohérent jusqu’à la fin. Son point de vue était «Je ne discute pas du programme – il a été accepté par le gouvernement précédent et nous ne pouvons pas permettre à une élection de changer quoi que ce soit. Parce que nous avons des élections tout le temps, nous sommes 19 [pays], si à chaque fois qu’il y avait une élection on devait changer quelque chose, les contrats conclus entre nous ne vaudraient rien.»

Donc à ce moment j’ai dû me lever et dire :« Eh bien, peut-être que nous devrions tout simplement arrêter de tenir des élections dans les pays endettés», et il n’y a eu aucune réponse. La seule interprétation [de leur point de vue] que je peux donner est «Oui, ce serait une bonne idée, mais ce serait difficile à faire. Donc soit vous signez sur la ligne pointillée, soit vous sortez.»
[...]
Donc ce que nous avons est un groupe inexistant qui a le pouvoir absolu de déterminer les conditions de vie des Européens. Il n’a à rendre de comptes à personne, étant donné qu’il n’a pas d’existence légale ; aucun procès-verbal n’est conservé ; et il est confidentiel. Donc aucun citoyen ne sait jamais ce qui se dit en son sein... Ce sont presque des décisions de vie et de mort, et aucun membre n’a à en répondre devant quiconque.
[...]
La zone euro est un endroit très inhospitalier pour les honnêtes gens. 

Traduction de l’anglais par sayed7asan

 

Transcription

 

 

Harry Lambert : – Alors, comment vous sentez-vous ?



Yanis Varoufakis : – Je me sens sur le toit du monde – je n’ai plus à subir cet agenda très mouvementé, qui était absolument inhumain, tout simplement incroyable. J’avais 2 heures de sommeil par jour pendant cinq mois… Je suis également soulagé de ne plus avoir à supporter la pression incroyable de devoir négocier une position que je trouve difficile à défendre, même si je parvenais à amener l’autre partie à accepter, si vous voyez ce que je veux dire.

 

– Comment était-ce ? Avez-vous apprécié quelque aspect de cette expérience ?



Oh oui, beaucoup de choses. Mais l’information interne qu’on obtient… voir vos pires craintes confirmées… avoir les pouvoirs en place qui vous parlent directement, et que ce soit comme vous le craigniez – la situation était pire que ce que nous avions imaginé ! Oui, c’était assez plaisant d’avoir le siège au premier rang.

 

– A quoi faites-vous allusion ?



YV : L’absence totale de scrupules démocratiques, de la part des défenseurs supposés de la démocratie en Europe. La compréhension très claire, en face, que nous étions sur la même ligne analytiquement – bien sûr, ils ne le reconnaîtront jamais à présent. [Et pourtant] d’avoir des personnages très puissants qui vous regardent dans les yeux et disent : «Ce que vous dites est vrai, mais nous allons vous broyer quand même.»

 

– Vous avez déclaré que les créanciers s’opposaient à vous parce que «j’essaie de parler d’économie au sein de l’Eurogroupe, ce que personne ne fait». Que se passait-il lorsque vous le faisiez ?



Ce n’est pas que ça se passait mal – c’est qu’il y avait un refus catégorique de se livrer à des arguments économiques. Un refus catégorique… Vous avancez un argument sur lequel vous avez vraiment travaillé – pour vous assurer qu’il est logique et cohérent – et vous n’êtes confronté qu’à des regards vides. C’est comme si vous n’aviez rien dit. Ce que vous dites est indépendant de ce qu’ils disent. Vous pourriez tout aussi bien avoir chanté l’hymne national suédois – vous auriez eu la même réponse. Et c’est ce qui est étonnant, pour quelqu’un qui a l’habitude des débats académiques, dans lesquels l’autre côté répond toujours. Eh bien, il n’y avait pas le moindre échange. Ce n’était même pas de la contrariété, c’était comme si on n’avait rien dit.

 

– Quand vous êtes arrivé, début février, ce n’était quand même pas une position uniforme ?



Eh bien, il y avait des gens qui étaient compréhensifs à un niveau personnel – oui, vous savez, derrière des portes closes, sur une base informelle, en particulier de la part du FMI. [HL : «Des plus hauts niveaux du FMI?» YV : «Des plus hauts niveaux, des plus hauts niveaux.»] Mais ensuite, au sein de l’Eurogroupe, quelques mots gentils et c’est tout, on se replaçait derrière le parapet de la version officielle.

 

[Mais le Ministre des Finances allemand] Schäuble est resté cohérent jusqu’à la fin. Son point de vue était: «Je ne discute pas du programme – il a été accepté par le gouvernement précédent et nous ne pouvons pas permettre à une élection de changer quoi que ce soit. Parce que nous avons des élections tout le temps, nous sommes 19 [pays], si à chaque fois qu’il y avait une élection on devait changer quelque chose, les contrats conclus entre nous ne vaudraient rien.»



Donc à ce moment j’ai dû me lever et dire : «Eh bien, peut-être que nous devrions tout simplement arrêter de tenir des élections dans les pays endettés», et il n’y a eu aucune réponse. La seule interprétation [de leur point de vue] que je peux donner est «Oui, ce serait une bonne idée, mais ce serait difficile à faire. Donc soit vous signez sur la ligne pointillée, soit vous sortez.»

 

– Et Merkel ?



Vous devez comprendre que je n’ai jamais eu affaire à Merkel, les ministres des Finances parlent aux ministres des Finances, les Premiers ministres parlent aux Chanceliers. A ce que j’ai compris, elle était très différente. Elle a essayé d’apaiser le Premier ministre [Tsipras] – elle a dit: «Nous trouverons une solution, ne vous inquiétez pas à ce sujet, je ferai en sorte que rien de grave ne se produise, contentez-vous de faire vos devoirs et de travailler avec les institutions, de travailler avec la Troïka ; il ne peut y avoir aucune impasse ici.»

 

Ce n’est pas ce que m’a dit mon homologue – à la fois à la tête de l’Eurogroupe et le Dr Schäuble, ils ont été très clairs. À un certain moment, cela m’a été dit très clairement : « Ça, c’est un cheval, et soit vous montez en croupe, soit il est mort.»

 

– Quand cela s’est-il passé ?



Dès le début, dès le début. [Ils se sont rencontrés début février.]

 

– Alors pourquoi avoir traîné jusqu’à l’été ?

 

Eh bien on n’a pas eu le choix. Notre gouvernement a été élu avec un mandat pour négocier. Donc durant notre premier mandat, on devait organiser l’espace et le temps nécessaires pour tenir des négociations et parvenir à un autre accord. Ce fut notre mandat – notre mandat était de négocier, ce n’était pas d’en venir aux mains avec nos créanciers…

 

Les négociations ont pris une éternité parce que la partie adverse refusait de négocier. Ils ont insisté pour un «accord global», ce qui signifiait qu’ils voulaient parler de tout. Mon interprétation est que lorsque vous voulez parler de tout, vous ne voulez pas parler de quoi que ce soit. Mais nous nous sommes soumis à cette démarche.



Et vous voyez, ils ne donnaient jamais leur vues sur quoi que ce soit. Qu’est-ce qu’ils faisaient? Par exemple, ils nous diraient qu’ils ont besoin de toutes nos données sur la trajectoire budgétaire sur laquelle se trouve la Grèce, qu’ils ont besoin de toutes les données sur les entreprises publiques. Donc nous avons passé beaucoup de temps à essayer de leur fournir toutes les données, à répondre à des questionnaires et à tenir d’innombrables réunions pour fournir ces données.



Ce serait donc la première phase. Pour la deuxième phase, ils nous demanderaient ce que nous avions l’intention de faire sur la TVA. Ils rejetteraient alors notre proposition, mais n’avanceraient pas de proposition de leur côté. Puis avant même que nous ayons pu essayer de nous mettre d’accord avec eux sur la TVA, ils passeraient à une autre question, comme la privatisation. Ils demanderaient ce que nous voulons faire au sujet de la privatisation, nous proposons quelque chose, ils le rejettent. Puis ils iraient sur un autre sujet comme les pensions, de là ils iraient aux produits de marché, des produits de marché aux relations de travail, des relations de travail à toutes sortes de choses, n’est-ce-pas? En fait, c’était comme un chat qui court après sa queue.

 

Nous avons eu le sentiment, le gouvernement a estimé que nous ne pouvions pas mettre fin au processus. Écoutez, ma suggestion depuis le début était celle-ci : c’est un pays qui s’est échoué, qui s’est échoué il y a bien longtemps… Nous devons absolument réformer ce pays – nous sommes d’accord sur ce point. Parce que le facteur-temps est un élément capital, et parce que durant les négociations, la Banque centrale restreignait fortement les liquidités [pour les banques grecques] afin de nous mettre la pression, afin de nous faire céder, ma proposition constante à la Troïka était très simple : mettons-nous d’accord sur trois ou quatre réformes importantes sur lesquelles nous convergeons, comme le système fiscal, comme la TVA, et mettons-les en œuvre immédiatement. Et vous relâchez les restrictions de la BCE sur les liquidités. Vous voulez un accord global – poursuivons les négociations – et en attendant, laissez-nous proposer ces réformes au Parlement par un accord entre nous et vous.



Et ils ont répondu: «Non, non, non, ce doit être un bilan global. Rien ne sera mis en œuvre si vous osez introduire une quelconque législation. Ce serait considéré comme une action unilatérale hostile au processus de négociation.» Et puis bien sûr, quelques mois plus tard, ils divulguaient aux médias que nous n’avions pas réformé le pays et que nous perdions du temps ! Et alors… [Rires] nous avons été piégés dans un certain sens, d’une manière capitale.

 

Donc au moment où les liquidités étaient presque complètement épuisées, et que nous étions en situation de défaut de paiement, ou de quasi-défaut, vis-à-vis du FMI, ils ont présenté leurs propositions, qui étaient absolument impossibles… Totalement non viables et toxiques. Donc ils ont temporisé encore et encore, puis ils ont avancé le genre de proposition que vous présentez à l’autre partie quand vous ne voulez pas parvenir à un accord.



– Avez-vous essayé de collaborer avec les gouvernements d’autres pays endettés?



La réponse est non, et la raison est très simple: dès le tout début, ces pays particuliers ont précisé très explicitement qu’ils étaient les ennemis les plus farouches de notre gouvernement, dès le tout début. Et la raison en était bien sûr que notre succès était leur plus grand cauchemar: si nous réussissions à négocier un meilleur accord pour la Grèce, cela les aurait anéantis politiquement, ils auraient dû rendre des comptes à leurs propres peuples pour leur expliquer pourquoi ils ne négociaient pas comme nous le faisions.

 

– Et de vous mettre en lien avec des partis qui vous soutiennent, comme Podemos?



Pas vraiment. Je veux dire que nous avons toujours eu une bonne relation avec eux, mais ils ne pouvaient absolument rien faire – leur voix ne pourraient jamais parvenir à l’Eurogroupe. Et de fait, plus ils parlaient en notre faveur, ce qu’ils ont fait, plus le ministre des Finances représentant ce pays devenait hostile à notre égard.

 

– Et George Osborne [ministre des Finances britannique]? Quelles étaient vos relations avec lui ?



Oh elles étaient très bonnes, très agréables, excellentes. Mais il est hors de la boucle, il ne fait pas partie de l’Eurogroupe. Lorsque je lui ai parlé, à plusieurs reprises, je pouvais voir qu’il était très compréhensif. Et en effet, si vous regardez le Telegraph, les plus grands défenseurs de notre cause ont été les conservateurs! En raison de leur euroscepticisme, hein… Mais ce n’est pas que de l’euroscepticisme ; c’est une vue de Burke prônant la souveraineté du Parlement – dans notre cas, il était très clair que notre Parlement était traité comme un déchet.

 

– Quel est le plus grand problème avec le mode de fonctionnement général de l’Eurogroupe ?



Pour donner un exemple, il y a eu un moment où le Président de l’Eurogroupe a décidé d’agir contre nous et nous a effectivement exclus, et il a fait savoir que la Grèce était sur le point de sortir de la zone euro… Il existe une convention selon laquelle les communiqués doivent être adoptés à l’unanimité, et le Président ne peut pas simplement convoquer une réunion de la zone euro et en exclure un État membre. Et il a dit «Oh, je suis sûr que je peux le faire.» J’ai donc demandé un avis juridique. Cela a créé un peu de cafouillage. Pendant 5 à 10 minutes environ, la réunion a été interrompue, les greffiers et fonctionnaires parlaient les uns aux autres, ils passaient des coups de téléphone, et finalement, un fonctionnaire, un certain expert juridique s’est adressé à moi, et a prononcé les mots suivants: «En fait, l’Eurogroupe n’a pas d’existence légale, il n’y a pas de traité qui régit le fonctionnement de ce groupe.»

 

Donc ce que nous avons est un groupe inexistant qui a le pouvoir absolu de déterminer les conditions de vie des Européens. Il n’a à rendre de comptes à personne, étant donné qu’il n’a pas d’existence légale ; aucun procès-verbal n’est conservé ; et il est confidentiel. Donc aucun citoyen ne sait jamais ce qui se dit en son sein… Ce sont presque des décisions de vie et de mort, et aucun membre n’a à en répondre devant quiconque.



Et est-ce que ce groupe est contrôlé par les attitudes allemandes ?



Oh, complètement et totalement. Pas par des attitudes – par le ministre des Finances de l’Allemagne. Tout est comme un orchestre très bien réglé et il est le chef d’orchestre. Tout est conforme à la mélodie. Il y aura des moments où l’orchestre sera désaccordé, mais il le convoquera et le remettra dans le bon rythme.



N’y a-t-il aucun pouvoir alternatif au sein du groupe? Les Français peuvent-ils contrer ce pouvoir?



Seul le ministre des Finances français émettait une tonalité quelque peu différente de la ligne allemande, mais ces nuances étaient très subtiles. On sentait qu’il devait utiliser un langage très mesuré, afin de ne pas sembler manifester une opposition. Et en dernière analyse, quand Doc Schäuble répondait et déterminait efficacement la ligne officielle, le Ministre des Finances français finissait toujours par plier et accepter.

 

– Parlons de votre arrière-plan théorique, et de votre écrit sur Marx en 2013, quand vous avez déclaré:

 

 

«Une sortie grecque, portugaise ou italienne de la zone euro conduirait bientôt à une fragmentation du capitalisme européen, créant une région en forte récession à l’est du Rhin et au nord des Alpes, tandis que le reste de l’Europe serait sous l’emprise d’une violente stagflation. Qui profiterait donc d’un tel développement? Une gauche progressiste, qui, tel un Phénix, renaîtrait des cendres des institutions publiques de l’Europe? Ou les nazis de l’Aube Dorée, les néofascistes assortis, les xénophobes et les voyous? Je n’ai absolument aucun doute quant à savoir lequel des deux profitera le plus d’une désintégration de la zone euro.»

 

… Un Grexit profiterait-il inévitablement à l’Aube Dorée, c’est toujours votre opinion?



Eh bien voyez-vous, je ne crois pas aux versions déterministes de l’histoire. Syriza est maintenant une force très dominante. Si nous parvenons à sortir unis de ce pétrin, et à gérer correctement un Grexit… il serait possible d’avoir une alternative. Mais je ne suis pas sûr que nous y parviendrions, parce que la gestion de l’effondrement d’une union monétaire demande beaucoup de savoir-faire, et je ne suis pas sûr que nous l’ayons ici en Grèce sans aide de l’extérieur.

 

– Vous devez avoir envisagé un Grexit dès le premier jour…



Oui, absolument.

 

– … Des préparatifs ont-ils été faits ?

 

La réponse est oui et non. Nous avions un petit groupe, un «cabinet de guerre»  d’environ cinq personnes au sein du ministère, qui faisaient ceci : on a élaboré en théorie, sur le papier, tout ce qui devait être fait [pour préparer / dans le cas d’un Grexit]. Mais c’est une chose de faire cela au niveau de 4 ou 5 personnes, et c’est tout à fait autre chose d’y préparer le pays. Pour y préparer le pays, une décision de l’exécutif devait être prise, et cette décision n’a jamais été prise.

 

– Et durant la dernière semaine, aviez-vous le sentiment que vous penchiez vers une telle décision [la préparation du Grexit] ?

 

Mon point de vue était que nous devions soigneusement veiller à ne pas l’enclencher. Je ne voulais pas que cela devienne une prophétie auto-réalisatrice. Je ne voulais pas que ce soit comme la fameuse maxime de Nietzsche selon laquelle si vous scrutez l’abîme pendant assez longtemps, l’abîme vous regardera à son tour. Mais je pensais aussi qu’au moment où l’Eurogroupe fermerait les banques, nous devrions dynamiser ce processus.

 

– Exactement. Donc il y avait deux options, à ce que je vois – un Grexit immédiat, ou l’impression de reconnaissances de dette et la prise du contrôle bancaire de la Banque de Grèce [ce qui précipiterait potentiellement mais pas nécessairement un Grexit] ?



Bien sûr, bien sûr. Je n’ai jamais cru que nous devrions en arriver directement à une nouvelle monnaie. Mon point de vue était – et je l’ai soumis au gouvernement – que s’ils osaient fermer nos banques, ce que je considérais comme un mouvement agressif d’une violence incroyable, nous devions réagir de façon combative mais sans franchir le point de non-retour. Nous devrions émettre nos propres reconnaissances de dette, ou même au moins annoncer que nous allions émettre nos propres liquidités libellées en euros ; nous devrions réduire les obligations grecques de 2012 détenues par la BCE, ou annoncer que nous allions le faire ; et nous devrions prendre le contrôle de la Banque de Grèce. C’était pour moi le triptyque, les trois choses avec lesquelles nous devrions répondre si la BCE fermait nos banques.

 

J’avais averti le Cabinet que cela allait se passer [la fermeture de nos banques par la BCE] pendant un mois, afin de nous traîner de force vers un accord humiliant. Lorsque cela s’est produit – et beaucoup de mes collègues ne pouvaient pas croire à une telle chose –, ma recommandation pour répondre «énergiquement», disons, a été rejetée.

 

– Etiez-vous presque sur le point de prendre cette décision ?



Eh bien, laissez-moi dire que sur six personnes, nous étions une minorité de deux… Après que ma recommandation a été rejetée, j’ai reçu mes ordres pour fermer les banques de manière concertée avec la BCE et la Banque de Grèce, ce à quoi j’étais opposé, mais je l’ai fait parce que je joue en équipe, je crois en la responsabilité collective.



Et puis il y a eu le référendum, et le référendum nous a donné une impulsion formidable, qui aurait justifié le type de réponse énergique que je préconisais contre la BCE, mais cette nuit même, le gouvernement a décidé que la volonté du peuple, ce « Non » retentissant, ne devrait pas constituer l’impulsion pour adopter cette approche énergique.

 

Au contraire, elle devrait conduire à d’importantes concessions faites à la partie adverse : la réunion du conseil des dirigeants politiques, avec l’acceptation par notre Premier ministre de la prémisse selon laquelle quoi qu’il arrive, quoi que fasse la partie adverse, nous ne répondrions jamais d’une façon qui puisse les brusquer. Et cela signifie essentiellement que vous cédez… Vous cessez de négocier.



– Donc vous n’avez guère plus d’espoir, à présent, que cet accord puisse être sensiblement meilleur que celui de la semaine dernière – bien plutôt, il sera pire ?



Ça ira bien plutôt dans le sens du pire, oui. J’ai confiance en notre gouvernement et j’espère qu’il va insister sur la restructuration de la dette, mais je ne vois pas comment le ministre des Finances allemand pourra jamais accepter une telle chose à la prochaine réunion de l’Eurogroupe. S’il le fait, ce sera un miracle.

 

– Exactement – parce que comme vous l’avez expliqué, vous avez maintenant perdu vos moyens de pression.

 

Oui, c’est ce que je pense. À moins qu’il [Schäuble] reçoive ses ordres de marche de la Chancelière. Cela reste à voir, si elle va intervenir dans ce sens.

 

– Pour y revenir à nouveau, pourriez-vous expliquer en termes simples, pour nos lecteurs, vos objections au Capital de Piketty ?



Eh bien, laissez-moi dire tout d’abord que je me sens gêné, parce que Piketty a largement manifesté son soutien pour moi et pour le gouvernement, et j’ai été très sévère pour lui dans ma critique de son livre ! J’apprécie vraiment sa position au cours des derniers mois, et je vais le lui dire quand je le rencontrerai en septembre.

 

Mais ma critique de son livre se tient. Son sentiment est correct. Son aversion pour l’inégalité… [inaudible]. Son analyse, toutefois, sape son argument en ce qui me concerne. Parce que dans son livre, le modèle néoclassique du capitalisme laisse très peu de place pour construire l’argumentation qu’il veut construire, sauf en érigeant un ensemble très spécifique de paramètres sur le modèle, ce qui sape son propre raisonnement. En d’autres termes, si j’étais un adversaire de sa thèse selon laquelle l’inégalité est inhérente au capitalisme, je serais en mesure de réfuter sa thèse en attaquant son analyse.

 


– Je ne veux pas trop aller dans les détails, parce que je ne veux pas conclure sur cela…

– Oui…


– … mais parlez-vous de sa métrique de la richesse ?

 

Oui, il recourt à une définition du capital qui rend impossible la compréhension du capital – donc c’est une contradiction dans les termes. [Voyez la critique du Capital de Piketty par Varoufakis : http://yanisvaroufakis.eu/2014/10/08/6006/]

 

– Revenons à la crise. J’ai du mal à bien comprendre quelle est votre relation avec Tsipras…



Je le connais depuis fin 2010, parce que j’étais un des principaux critiques du gouvernement de l’époque, même si j’en avais été proche jadis. J’étais proche de la famille Papandréou – je le suis toujours d’une certaine façon – mais je me suis retrouvé sur le devant de la scène… À l’époque, c’était exceptionnel qu’un ancien conseiller dise: «Nous prétendons que la faillite n’a pas eu lieu, nous essayons de la colmater avec de nouveaux prêts non viables», ce genre de choses.

J’ai fait quelques vagues à l’époque, et Tsipras était un très jeune leader qui essayait de comprendre ce qui se passait, à quoi était due la crise, et comment il devait se positionner.



– Vous souvenez-vous de votre première rencontre ?



Oh oui. C’était fin 2010, nous sommes allés à une cafétéria, on était trois, et je crois me souvenir qu’il n’avait pas les idées bien claires sur des questions comme la drachme contre l’euro, sur les causes de la crise, et quant à moi, j’avais, je dirais, des vues très claires sur ce qui se passait. Et un dialogue s’est engagé, et il s’est poursuivi au fil des années et… je crois que j’ai contribué à façonner sa vision de ce qui devrait être fait.

 

– Alors après quatre ans et demi, que ressentez-vous maintenant que vous ne travaillez plus à ses côtés ?



Ce n’est pas comme ça que je le ressens, j’ai le sentiment que nous sommes très proches. Notre séparation a été extrêmement amicale. Il n’y a jamais eu de problème entre nous, jamais, pas à ce jour. Et je suis très proche d’Euclide Tsakalotos [le nouveau ministre des Finances].

 

– Et je présume que vous parlez encore avec eux cette semaine ?



Je n’ai pas parlé au premier Ministre cette semaine, dans les deux derniers jours, mais je parle à Euclide, oui, et je considère qu’Euclide est très proche de moi, et vice-versa, et je ne l’envie pas du tout. [Rire.]

 

– Seriez-vous surpris si Tsipras démissionnait ?



Rien ne me choque plus ces jours-ci – notre zone euro est un endroit très inhospitalier pour les honnêtes gens. Je ne serais pas choqué non plus qu’il reste en poste et accepte un très mauvais accord. Parce que je peux comprendre qu’il estime avoir un devoir envers les gens qui le soutiennent, qui nous soutiennent, de ne pas laisser ce pays devenir un État en déliquescence.



Mais je ne vais pas trahir mon propre point de vue, élaboré depuis 2010, selon lequel ce pays doit cesser de repousser les échéances et rejeter les faux-semblants : nous devons arrêter de contracter de nouveaux prêts en prétendant que nous avons résolu le problème, alors que ce n’est pas le cas ; en réalité, nous avons rendu notre dette encore moins viable en acceptant encore plus d’austérité qui réduit encore davantage notre économie, et déplace la charge encore plus sur les démunis, créant une crise humanitaire. C’est quelque chose que je ne vais pas accepter. Je ne vais pas participer à cela.

 

– Dernière question – allez-vous rester proche de certaines personnes avec qui vous avez eu à négocier ?



Euh, je ne suis pas sûr. Je ne vais pas citer de noms maintenant pour ne pas prendre le risque de détruire leur carrière ! [Rire.]

 

En savoir plus lisez le rapport de notre entretien avec Varoufakis avant la signature de l’accord



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Les Grecs n’ont plus accès à leur coffre en agence bancaire

Publié le par Felli Bernard

Les Grecs n’ont plus accès à leur coffre en agence bancaire

Média Alternatif - Stratégie du chaos contrôlé

Europe : La faillite de l'Euro

Les Grecs n’ont plus accès à leur coffre en agence bancaire

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mercredi 15 juillet 2015

Les Grecs n’ont plus accès à leur coffre en agence bancaire

Les experts en vue qui interviennent dans les médias financiers alternatifs sont unanimes : si vous décidez d’acheter de l’or et de l’argent ou de retirer votre argent en dépôt et que vous ne désirez pas le conserver chez vous pour des raisons de sécurité compréhensibles, il ne faut surtout pas le placer dans un coffre à la banque. Car si le cambriolage en règle est très improbable, la confiscation (temporaire ou définitive) ou le vol ne sont pas à exclure. Et si vous en doutez, le cas grec vous fera vite changer d’avis.

Si la presse lambda a amplement parlé des mesures de contrôle des capitaux qui ont été mises en place voilà maintenant plus de 2 semaines, elle n’a pas évoqué le fait que depuis cette date, les Grecs qui louent un coffre à leur banque non plus l’accès à celui-ci (article de GoldCore) :

« Un contrôle des capitaux a été mis en place en Grèce depuis le début du mois afin de protéger les banques de retraits massifs de la part de Grecs de plus en plus nerveux. Ceux-ci avaient raison de se faire du mouron pour leurs économies de crainte d’un effondrement bancaire engendrant la perte de leur épargne via des confiscations ou une opération de renflouement interne.

De nombreux Grecs ont également retiré leur argent de peur d’un retour forcé à la drachme. Cependant, beaucoup de gens ignorent que ceux qui avaient retiré leur argent papier pour le convertir en or et en argent physique ou le stocker dans un coffre à la banque ont également été pris dans le contrôle des capitaux draconien qui a été instauré.

Cela fait des années que nous soulevons ce risque. Pas plus tard qu’en avril dernier nous avions expliqué pourquoi les gens doivent éviter d’utiliser les coffres bancaires.

« Les Grecs ne pourront pas retirer l’argent qui se trouve dans leur coffre à la banque tant que les restrictions sur les mouvements des capitaux seront en place » a expliqué Nadia Valavani du ministère des Finances grecques à une télévision locale et dont Reuters s’est fait l’écho.

L’article n’a pas reçu beaucoup d’attention alors qu’il été publié dans la section « Obligations » de Reuters, qui n’est pas la plus populaire et qui plus est un dimanche après-midi. (…)

Cette interdiction soulève le risque de la confiscation

Il est difficilement compréhensible que l’argent liquide situé dans un coffre, aussi largement utilisé pour entreposer de l’or et de l’argent physique ainsi que d’autres objets précieux, fasse l’objet des mesures de contrôle des capitaux dont l’objectif est d’éviter un bank run.

Cet argent ne se trouve pas dans le système bancaire, son utilisation n’aurait donc aucun impact négatif sur celui-ci. En fait, la mise en circulation de cet argent dans le circuit économique serait bénéfique pour l’ensemble du système.

La seule raison qui explique pourquoi l’argent liquide des coffres est également soumis au contrôle des capitaux, des mesures prises en concertation entre le gouvernement et les banques, s’explique par le fait que ces entités se réservent le droit de confisquer le contenu de ces coffres en cas d’aggravation de la crise.

La guerre à petite échelle qui est menée contre l’argent liquide et l’or semble s’intensifier. Les gouvernements vont probablement prendre des mesures pour empêcher les épargnants et les investisseurs de retirer leur argent de la banque pour le mettre en coffre. Cette décision a peut-être cet objectif en vue.

Les coffres que les banques louent sont très pratiques pour conserver une petite quantité de métal. Cependant, comme le cas grec l’illustre, l’aspect pratique et l’accessibilité en théorie aisée d’un coffre à votre agence bancaire peuvent s’avérer être une illusion : le gouvernement et les banques peuvent s’approprier son contenu d’une simple signature.

Croire que la Grèce est un cas exceptionnel serait naïf. C’est en tout cas l’opinion de Marc Faber, qui a d’ailleurs averti récemment Bloomberg que nous allions bientôt vivre une expérience similaire en raison du surendettement massif de la planète. Ce même avis a été émis durant ces derniers mois par des observateurs bien placés de HSBC, Goldman Sachs et Fidelity. (…)

La BCE, qui a désormais droit de vie et de mort sur la Grèce, a placé SYRIZA dans une situation intenable. Mais il ne faut pas oublier que Mario Draghi, avant d’arriver à la tête de la BCE, venait de Goldman Sachs malgré le fait que cette banque ait aidé le gouvernement grec à trafiquer ses comptes pour que le pays puisse rejoindre l’Union européenne. Certains affirment même que c’est Draghi lui-même qui s’est chargé de cette opération même s’il a démenti. (…)

Comme nous le répétons régulièrement, l’or, l’argent métal et l’argent liquide avec garde dans le système bancaire n’offre aucune sécurité en cas de crise. Les investisseurs doivent garder leurs métaux précieux dans des coffres en dehors du système bancaire. (…) »

Or-argent

Posté par Nadmiiiz à 20:05 - Europe : La faillite de l'Euro - Commentaires [0] - Permalien [#]
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la Grèce a besoin de l’allégement des dettes bien au-delà des plans de l’Union Européenne – le rapport de Secret du FMI

Publié le par Felli Bernard

15

juil

2015

Exclusif : la Grèce a besoin de l’allégement des dettes bien au-delà des plans de l’Union Européenne – le rapport de Secret du FMI

Le sujet grec n’a pas fini de ressurgir dans les mois et années à venir…

Exclusif : la Grèce a besoin de l’allégement des dettes bien au-delà des plans de l’Union Européenne – le rapport Secret du FMI – Reuters 14/07/2015

La Grèce aura besoin d’un allégement des dettes beaucoup plus important que ce que les partenaires de la zone Euro se sont préparés à envisager jusqu’à présent, en raison de la dévastation de son économie et de ses banques durant les deux dernières semaines, celons une étude confidentielle menée par le Fonds monétaire international vue par des personnes de Reuters.

L’analyse de la soutenabilité de la dette mise à jour (DSA) a été envoyée aux gouvernements de la zone Euro tard lundi, des heures après qu’Athènes et ses 18 partenaires aient trouvés un accord de principe pour ouvrir des négociations sur un troisième programme de sauvetage, en hausse de 86 milliards d’euros en échange des mesures de rigueur plus dures et des réformes structurelles.

“La détérioration dramatique de la soutenabilité de la dette montre le besoin de l’allégement de celle-ci dans uen ampleur qui va bien au-delà de ce qui a été pris en considération jusqu’à présent – et qui a été proposé par le MES”, d’après le FMI se référant au mécanisme européen de stabilité.

Les pays européens devraient accorder un délai de grâce de 30 ans à la Grèce pour sa dette européenne, y compris sur les nouveaux prêts, et une spectaculaire extension de maturité, ou alors faire des transferts fiscaux annuels conséquents au budget grec, ou encore accepter “des coupes profondément franches” sur leurs prêts à Athènes, selon le rapport.

Il a été répandu par le Ministre Des Finances Allemand Wolfgang Schäuble que quelques membres du gouvernement de Berlin ont pensé que la Grèce aurait fait mieux de prendre “la sortie temporaire” de la zone Euro, plutôt que recevoir un autre sauvetage géant.

La directrice générale du FMI Christine Lagarde, a assisté aux pourparlers de week-end entre les ministres des Finances de la zone Euro et les leaders gouvernementaux qui ont convenu d’une feuille de route pour un nouveau sauvetage. Une source de l’Union Européenne a dit que l’on a donné les nouveaux chiffres de soutenabilité des dettes aux différents ministres des Finances de la zone Euro, ils en ont pris connaissance samedi, avant qu’ils aient conclu lundi l’accord avec Athènes.

L’étude du FMI indique que la fermeture des banques grecques et l’imposition de contrôles des capitaux le 29 juin “imposait un lourd tribu sur le système bancaire et l’économie, menant à une détérioration encore plus significative de la soutenabilité de la dette, par rapport à ce qui a été projeté dans le DSA récemment publié”.

Les membres européens du comité de direction du FMI ont essayé en vain d’arrêter la publication de cette étude précédente du 2 juillet, juste trois jours avant le référendum grec qui a rejeté les termes du sauvetage précédent, d’après des sources proche des discussions qui l’ont dit à Reuters.

Le Premier Ministre grec Alexis Tsipras et son ancien ministre des Finances, Yanis Varoufakis, ont saisi l’étude du FMI comme le faire valoir de leur argument sur le sauvetage proposé, qui était juste d’exiger de l’allégement des dettes.

La dernière étude de FMI dit que la dette grecque atteindrait maintenant un niveau maximal de près de 200% du PIB dans les deux prochaines années, comparée la précédente prévision à hauteur de 177%.

Même d’ici à 2022, la dette s’élèverait toujours à 170% du produit intérieur brut, comparé à une évaluation de 142% publié juste il y a deux semaines.

Des besoins de financement bruts s’élèveraient au-dessus du seuil de 15% de PIB, considéré comme le coffre-fort et continueraient à monter à long terme, d’après l’étude du FMI mise à jour.

De plus, les dernières projections “restent soumises au risque de sous évaluation considérable” signifiant que les pays de la zone Euro devraient probablement fournir des financement encore plus exceptionnels.

Dans la langue technocratique laconique et bureaucratie du FMI, le rapport a noté que peu de pays n’avaient jamais réussi à supporter pendant plusieurs décennies l’excédent budgétaire principal de 3,5% du PIB demandé pour la Grèce. Bien qu’Athènes soit entrée dans un petit excédent primaire l’année dernière, le gouvernement a échoué à résister à la pression politique d’atténuer l’objectif, il est noté dans le rapport.

L’étude du FMI semble aussi défier la supposition faite par quelques officiels européens que la Grèce pourra respecter certains de ses besoins de financement sur les marchés en 2018.

“Emprunter à tout autre taux que AAA provoquera à court terme une dette dynamiquement non soutenable pendant plusieurs décennies supplémentaires” dit-il.

Source : Reuters, 14/07/2015 – Traduction Dizalch pour le site www.les-crises.fr

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