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La France en prise au terrorisme de ses propres alliés de l’Otan

Publié le par Felli Bernard

La France en prise au terrorisme de ses propres alliés de l’Otan

La France vient d’être la cible d’un nouvel attentat terroriste, à trois jours du premier tour de l’élection présidentielle. Pour Thierry Meyssan, Paris doit cesser de raconter des sornettes et prendre la mesure des événements : le terrorisme international —auquel il participe— est commandité et instrumenté jusque contre lui par certains de ses alliés au sein de l’Otan.

| Damas (Syrie)
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Attentat sur les Champs-Élysées, le 20 avril 2017.

Au début 2017, nous avons été informés que des jihadistes préparaient des actions pour contraindre la France et l’Allemagne à repousser leurs élections. Il n’était pas clair :
- s’il s’agissait de repousser l’élection présidentielle française (avril-mai) ou les élections législatives française (juin) ou les deux ;
- si la France était une cible en soi, ou si les actions menées en France devaient être une préparation aux futures actions contre l’Allemagne.

Parmi les candidats à l’élection présidentielle, seuls François Fillon et Marine Le Pen dénoncent le soutien apporté aux Frères musulmans. Le premier en a même fait un des thèmes récurrents de sa campagne.


Discours de Chassieu (Lyon), le 22 novembre 2016.

Nous avons alerté nos lecteurs de ce que les campagnes de presse et les affaires de Justice lancées contre Donald Trump aux États-Unis et contre François Fillon en France étaient commanditées par les mêmes groupes. Nous écrivions que selon MM. Trump & Fillon, « il ne sera pas possible de restaurer la paix et la prospérité sans en finir d’abord avec l’instrumentation du terrorisme islamique, sans libérer le monde musulman de l’emprise des jihadistes, et sans aller jusqu’à attaquer la matrice du terrorisme : les Frères musulmans » [1]

À l’époque, les Français, croyant à tort que les Frères musulmans forment une tendance au sein de la religion musulmane, ne réagirent pas. Par la suite, j’ai publié un livre, Sous nos yeux. Du 11-Septembre à Donald Trump, dont la seconde partie expose en détail pour la première fois ce qu’est cette organisation secrète, créée et contrôlée par le MI6, les services secrets britanniques. C’est cette Confrérie, qui depuis la Seconde Guerre mondiale a tenté de transformer l’islam sunnite en un instrument politique. C’est d’elle dont est issue la totalité des leaders des groupes jihadistes, d’Oussama Ben Laden à Abou Bakr al-Baghdadi.

Le 26 février, François Fillon publiait sans explication un communiqué qui fut largement critiqué :
« Nous sommes dans une situation inédite : à deux mois de l’élection présidentielle, nous vivons dans une situation de quasi guerre civile qui vient perturber le cours normal de cette campagne (…) Je rappelle que nous sommes en état d’urgence et pourtant, le gouvernement laisse faire (…) Aujourd’hui, en tant qu’ancien Premier ministre, en tant qu’élu de la Nation, j’accuse solennellement le Premier ministre et le gouvernement de ne pas assurer les conditions d’un exercice serein de la démocratie. Ils portent une très lourde responsabilité en laissant se développer dans le pays un climat de quasi guerre civile qui ne peut que profiter aux extrêmes (…) Quels que soient les candidats, ils doivent avoir le droit de s’exprimer et le gouvernement doit prendre des mesures pour que les casseurs et les ennemis de la démocratie cessent de perturber cette campagne présidentielle » [2].

Le 17 avril, la Police nationale informait les quatre principaux candidats de menaces sur leur sécurité et renforçait leur protection.

Le 18 avril, M. (29 ans) et Clément B. (23 ans) ont été arrêtés alors qu’ils préparaient un attentat lors d’un meeting en faveur de François Fillon.

Le 20 avril, un policier a été tué et deux autres grièvement blessés lors d’un attentat sur les Champs-Élysées.

François Fillon et Marine Le Pen ont annulé leurs déplacements prévus le 21 avril. Suivant le mouvement et bien qu’il n’y ait aucune réelle menace le concernant, Emmanuel Macron a fait de même.

La responsabilité du prochain président de la République française

La sécurité des Français sera au centre du prochain quinquennat. Cette question est d’autant plus difficile que les récents attentats terroristes commis sur le sol français ont impliqué trois de nos alliés de l’Otan : l’État profond US, le Royaume-Uni et la Turquie.

J’ai abondamment traité la question des attentats de Paris (13 novembre 2015) et de Bruxelles (22 mars 2016). [3]. Dans mon dernier livre j’ai indiqué que si ces attentats ont été revendiqués par le président Recep Tayyip Erdoğan et sa presse, ils ont été réalisés par « des commandos distincts, à l’exception d’un opérateur commun, Mohammed Abrini du MI6 » (p. 231) [4].

Depuis des années, les présidences successives de Nicolas Sarkozy et d’Alain Juppé et celle de François Hollande et de Laurent Fabius ont caché leurs activités criminelles aux Français et la conséquence de ce qu’ils ont semé : le terrorisme intra muros.

Il est absurde de croire qu’Al-Qaïda et Daesh puissent disposer de tant d’argent et d’armes sans le soutien de grands États. Il est absurde de croire que la France ait pu participer à l’opération de remodelage du « Moyen-Orient élargi » sans en subir les contre-coups. Il est absurde de croire qu’il soit simple de lutter contre le terrorisme international quand il est commandité par nos propres alliés au sein de l’Otan.

Pour en savoir plus sur la guerre secrète contre le Moyen-Orient élargi : lire Sous nos yeux. Du 11-Septembre à Donald Trump

[1] « Qui utilise la presse et la Justice contre Trump & Fillon ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 11 février 2017.

[2] « Violences perturbant la campagne présidentielle », François Fillon, Fillon2017.fr, 26 février 2017.

[3] Voir par exemple : « La République française prise en otage » et « Le mobile des attentats de Paris et de Bruxelles », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 16 novembre 2015 et 28 mars 2016.

[4] Sur ces attentats, voir aussi p. 91.

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Quelques premières réflexions sur l’assassinat de l’ambassadeur de Russie à Ankara

Publié le par Felli Bernard

Quelques premières réflexions sur l’assassinat de l’ambassadeur de Russie à Ankara


Saker US

Par le Saker – Le 21 décembre 2016 – Source The Saker

Bon, donc ce soir nous avons le nom de l’assassin, il s’agit de Mevlut Mert Aydintas, un policier de 22 ans qui avait été récemment licencié à la suite de la répression anti-Güleniste d’Erdogan contre les forces qui avaient récemment tenté de le renverser. Nous avons aussi une vidéo très utile de l’assassin.

Cette vidéo de l’attaque montre aussi quelque chose de très important : les seuls coups tirés sont ceux de l’assassin.

Cela signifie une de ces deux choses : soit personne n’était chargé de la sécurité dans cette exposition, soit la salle dans laquelle ce meurtre s’est déroulé était considérée comme « sûre/stérile » parce qu’elle était à l’intérieur d’un périmètre de la sécurité intérieure que nous ne voyons pas dans cette vidéo.

Je trouve la seconde hypothèse beaucoup plus probable. Cela expliquerait aussi pourquoi et comment Mevlut Mert Aydintas y est arrivé si facilement : il a simplement flashé son identifiant de policier et on l’a laissé passer.

Lorsque de tels événements se produisent, il est aussi important de se poser la question : cui bono – au bénéfice de qui ?

Erdogan ? Non

Je ne vois absolument aucune raison imaginable pour laquelle Erdogan voudrait que l’ambassadeur de Russie soit assassiné à Ankara, mais je peux aisément imaginer une longue liste de raisons pour lesquelles il ne voudrait pas du tout que cela arrive. Certains diront à juste titre que la chute d’Alep humilie la Turquie et Erdogan, et je suis d’accord. Mais je rappellerai à tous que Erdogan avait à l’évidence un accord avec les Russes et les Iraniens lorsqu’il a déplacé ses forces au-delà de la frontière et qu’il a occupé le nord de la Syrie. Il est hors de question qu’il ait risqué un tel geste contre la volonté de Moscou et de Téhéran. Donc quel était cet accord ? Nous ne le saurons probablement jamais, mais il incluait clairement une disposition qui limitait les actions de la Turquie à une étroite bande de terre au nord. Si cette hypothèse est correcte, alors Alep devrait être considérée comme hors de la « sphère des intérêts turcs » en Syrie, du moins dans la conception tripartite turco-irano-russe.  Erdogan savait-il qu’Alep tomberait et tomberait si rapidement ? Probablement pas. Il semble que Erdogan a été déjoué par les Russes et les Iraniens. Mais il avait certainement de meilleures options pour riposter contre la libération d’Alep que de voir l’ambassadeur russe assassiné à Ankara. Le fait est que les Turcs n’ont pratiquement rien fait lorsque Alep a été libérée, au plus ont-ils aidé les Russes à évacuer la part des « bons terroristes ».

Même si Erdogan est fou, il est suffisamment intelligent pour comprendre que si l’ambassadeur russe est assassiné à Ankara, l’OTAN ne fera rien pour le protéger et que les Russes peuvent tirer un missile de croisière exactement dans la fenêtre de sa chambre à coucher. Ergodan est peut-être cinglé, mais il n’est clairement pas ce genre de cinglé là.

Enfin, souvenons-nous des conséquences désastreuses pour la Turquie après le tir qui a abattu le SU-24 russe et le fait, corroboré par de nombreux récits, que les services de renseignement russes ont sauvé Erdogan, probablement au sens littéral, en l’avertissant du coup d’État contre lui.

Donc pour toutes ces raisons, Erdogan n’est pas sur ma liste actuelle de suspects. Ne jamais dire jamais, de nouveaux faits pourraient surgir, en particulier avec un maniaque comme Erdogan, mais en ce moment, je présumerai qu’il n’a rien à voir avec ce qui est arrivé.

Daech & Co?  Peut-être

Bon, il est assez évident que Daech & Co avaient une très longue liste de raisons de vouloir tuer un responsable russe de haut niveau. Donc oui, ils avaient assurément le mobile. Si on considère les succès des extrémistes islamistes radicaux dans leur investissement de l’État profond (et pas si profond) turc, Daech & Co en avaient aussi les moyens. Quant à la possibilité, la vidéo ci-dessus [censurée depuis par Youtube, NdT] montre clairement que non seulement Mevlut Mert Aydintas a eu le temps de tirer plusieurs fois sur l’ambassadeur russe (j’ai compté 9 coups), mais qu’il a eu encore le temps ensuite de rester là et de hurler toutes sortes de slogans sur la Syrie, Alep et Dieu. Nous ne connaissons pas encore tous les détails, mais c’est déjà une preuve très forte que la sécurité lors de cet événement était lamentable.

Gulen, la CIA, Obama & Co?  Peut-être

Oui, ils sont aussi sur ma liste de suspects. Les Gulénistes n’ont rien à perdre, la CIA est devenue folle de rage et de peur avec l’élection de Trump et l’administration Obama très en colère, offensée, profondément vindicative et par ailleurs totalement habitée de mauvaises personnes qui aimeraient déclencher une nouvelle crise entre la Russie et la Turquie ou faire payer d’une manière ou d’une autre les Russes pour l’humiliation infligée à l’Empire anglo-sioniste à Alep. Souvenez-vous que c’est exactement comme ça que la CIA tue toujours les dignitaires étrangers : en sous-traitant le meurtre à un fanatique local de manière à préserver la possibilité de ce qu’ils appellent « un déni plausible ».

Pendant la Guerre froide, les Soviétiques et les Américains partageaient la conception tacite que « nous ne nous tuons pas les uns les autres ». Cela n’a jamais été formellement dit ou reconnu, mais je vous assure que c’était vrai : aucun camp ne voulait déclencher une escalade sans fin d’assassinats et de contre-assassinats. Mais la CIA d’aujourd’hui est une plaisanterie pathétique comparée à la CIA de la Guerre froide, et avec le mélange actuel de cancres médiocres à sa tête, je ne serais pas surpris que quelque idiot à Langley ait approuvé le meurtre d’un ambassadeur russe. Par ailleurs, si les Américains ont été assez fous et imprudents pour tenter de renverser Erdogan, pourquoi n’essaieraient-ils pas d’assassiner un ambassadeur russe ?

Qu’en est-il de l’hypothèse du tireur isolé ?

Eh bien il est impossible de prouver le contraire. Mevlut Mert Aydintas a perdu son travail lors de la récente purge, il avait des pouvoirs de police et son attitude sur la vidéo semble être un exemple classique du genre de comportement fanatique que pourrait manifester un dingue. Donc oui, il est possible que Mevlut Mert Aydintas ait agi seul. Après tout, il avait seulement besoin d’un pistolet et d’un badge de policier. Voyons ce que les Turcs, et les Russes, découvriront à son propos. Pourtant, j’en doute. Cette sorte de personnalité est habituellement choisie par un État qui soutient le terrorisme et ensuite activée lorsque c’est nécessaire. Mon intuition me dit qu’il n’a pas agi seul. Quelqu’un a probablement utilisé Mevlut Mert Aydintas.

Questions difficiles

Ici, j’espère vraiment me tromper, mais si je veux être honnête, je dois admettre que je suis totalement incapable de trouver une excuse à la sécurité négligente autour de l’ambassadeur Andrei Karlov.  Et je ne pense pas aux Turcs ici, je pense aux services de sécurité russes. Voici pourquoi.

Même si nous supposons que les Turcs avaient dit aux Russes qu’ils avaient établi un périmètre « sûr/stérile » autour de l’exposition et que le public normal n’y entrerait pas, les images montrent ce qui semble n’être que quelques hôtes, il n’y a pas d’excuse pour les Russes de ne pas avoir placé au moins un garde du corps à proximité immédiate de l’ambassadeur. La Turquie n’est pas seulement un pays en guerre, mais la Russie prend part à cette guerre, les Takfiris ont fait une longue liste de menaces contre la Russie et, enfin, la Turquie est un pays qui a souffert du terrorisme depuis des années et qui vient de subir une tentative de coup d’État sanglant. Dans un tel pays, des officiels de haut rang comme un ambassadeur devraient avoir été protégés par tout un groupe de gardes du corps, mais dans ce cas, il n’y en avait à l’évidence aucun. Oh sûrement les Russes peuvent accuser les Turcs d’avoir établi un périmètre merdique, mais en tant que professionnels ils devraient savoir que les Turcs ont déjà des difficultés extrêmes à s’occuper de leurs propres terroristes et qu’à la suite des purges massives, les services de sécurité sont dans un état chaotique. Maintenant, est-ce qu’un seul garde du corps aurait fait la différence ?

Oui, c’est possible.  C’est même probable, en fait.

D’après la vidéo, il apparaît que Mevlut Mert Aydintas se tenait à environ 5 mètres derrière l’ambassadeur Karlov lorsqu’il a ouvert le feu. Apparemment, pas un seul des coups de feu n’a frappé l’ambassadeur à la tête. Si ce dernier avait porté un gilet pare-balles ou tout autre type de protection, il aurait probablement survécu à cette première volée de balles (à moins que l’une d’elles ne frappe les cervicales).  Un seul garde du corps aurait ensuite facilement pu tuer Mevlut Mert Aydintas et mettre l’ambassadeur en sécurité. À l’évidence, Karlov ne portait aucune sorte de protection ce jour-là. Pourquoi ? Il n’avait pas un seul garde du corps près de lui. Pourquoi ? On n’entend aucune voix russe sur la vidéo, donc il semble qu’il n’y avait aucune sécurité russe nulle part près de l’ambassadeur. Pourquoi ?

Normalement, les ambassadeurs sont une cible très facile. Tout le monde les connaît, leur programme est public et, contrairement à ce que beaucoup semblent penser, la plupart d’entre eux n’ont aucun agent de sécurité. Je suis totalement surpris que plus d’ambassadeurs ne soient pas régulièrement abattus. Dans les pays à haut risque, cependant, les ambassadeurs sont généralement protégés, en particulier ceux représentant des pays impliqués dans une guerre ou qui sont des cibles probables d’attentats terroristes. Certes, en règle générale, les Russes, y compris les diplomates, tendent à être plus braves ou téméraires (choisissez le terme qui convient) que leurs homologues occidentaux : ils ne paniquent pas facilement et ils aiment à montrer qu’ils n’ont pas peur. Mais ce genre d’attitude doit être surveillée par des professionnels.

Franchement, cela me met en colère de voir combien de Russes ont été tués par cette attitude laxiste à l’égard du risque personnel et de la sécurité.  Oui, il est très noble d’être courageux, mais mourir tué par un fou est aussi totalement stupide. Je me sentirais beaucoup mieux si les responsables et les politiciens russes étaient un petit peu moins courageux et un petit peu plus rigoureux. Parce que ce qui est arrivé aujourd’hui pose la question : la prochaine fois, à qui le tour ?

Conclusions

Ce qui est arrivé aujourd’hui est une tragédie doublement douloureuse du fait qu’elle aurait probablement pu être évitée. Les services de sécurité turcs arrêteront probablement dans la nuit quasiment tous ceux que Mevlut Mert Aydintas a rencontrés, et ils obtiendront des quantités d’aveux. Je suis quasiment sûr qu’ils partageront nombre de ces données avec les Russes, ne serait-ce que pour montrer combien ils sont désolés. Hélas, tant les Turcs que les Russes ont une longue tradition du secret, et nous ne trouverons peut-être jamais qui, s’il existe, était réellement derrière Mevlut Mert Aydintas.

La seuls chose dont je suis sûr est que Poutine ne fera rien de conséquent, peu importe qui est derrière cet assassinat. Si ce sont les Takfiris, les gens impliqués mourront dans les deux prochaines années. Si la CIA est impliquée, alors les Russes seront beaucoup plus prudents et pourraient choisir d’agir d’une manière très différente, éventuellement au travers de la prochaine administration. L’assassinat de l’ambassadeur Karlov ne parviendra par à faire dévier les efforts russes et iraniens pour arriver à une sorte de solution régionale à la guerre en Syrie, ni ne changeront la détermination des Russes d’empêcher l’Empire anglo-sioniste de transformer la Syrie en un autre Takfiristan.

Quant à la Russie et à la Turquie, tant que Erdogan reste au pouvoir, elles continueront à essayer de collaborer contre toute attente et en dépit de différences profondes et fondamentales. Ni la Russie ni la Turquie, qui se sont combattues dans douze guerres au cours de l’Histoire, n’ont d’autre choix.

The Saker

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Attaque déjouée des services spéciaux étrangers contre le système bancaire russe

Publié le par Felli Bernard

Attaque déjouée des services spéciaux étrangers
contre le système bancaire russe
par Karine Bechet-Golovko

vendredi 2 décembre 2016, par Comité Valmy

 

Attaque déjouée des services spéciaux étrangers
contre le système bancaire russe

Le 2 décembre, le FSB a publié une note informant de l’intention des services spéciaux étrangers de mener une attaque contre les grandes banques russes afin de destabiliser le système financier national. La source a été identifiée en Hollande... c’est-à-dire au coeur de l’Union européenne. Les mesures nécessaires ont été prises, mais restent en suspend des questions, devenues rhétoriques : nous sommes en guerre contre la Russie ? Quelle est la légitimité des individus qui prennent de telles décisions si nous vivons dans un système démocratique ?

Comme cela a été publié sur le site du FSB :

 

Dans une période partant du 5 décembre, des services spéciaux dont les forces et le centre de commandement ont été basés en Hollande, ont préparé une cyber attaque contre certains grandes banques russes afin de destabiliser le système financier. Ils utilisent pour cela un hébergeur ukrainien, BlazingFast.

L’attaque était prévue en deux temps : d’une part l’attaque cybernétique elle-même et d’autre part le lancement d’une campagne de désinformation par SMS, messages dans les blogs, les groupes sociaux etc, diffusant de fausses informations sur le retrait de licence de certaines banques et leurs succursales, leur banqueroute etc. dans une zone géographique couvrant une dizaine de centres urbains.

La Banque centrale russe et le FSB ont pris les mesures nécessaires pour prévenir, ce qui n’est pas une nouveauté. En novembre, 5 des plus grandes banques russes ont subi une DDoS-attaque, considérée comme sans précédent du point de vue de son ampleur et engageant déjà des Etats étrangers. Il est évident que les sanctions, notamment adoptées contre le système financier russe, n’ont pas permis d’atteindre le but recherché : son effondrement. Il faut donc passer à une phase plus agressive.

Or, si des services spéciaux étrangers agissent, au nom d’Etats, de cette manière contre un Etat souverain, en l’occurrence la Russie, c’est au minimum qu’ils considèrent cet Etat comme ennemi, comme une cible à abattre. Sauf erreur de ma part, aucun Etat n’a reçu mandat de sa population, qui reste encore le Souverain, pour mener ce types de politique suicidaire.

Si nous sommes réellement en démocratie, pourquoi ne pas organiser un référendum pour demander aux citoyens s’ils veulent adopter des sanctions contre la Russie ? S’ils veulent que leur pays s’engage dans une politique de confrontation avec la Russie, que celle-ci soit militaire, économique, politique ? Auncun de ces référendums ne sera jamais organisé en Europe de l’Ouest car chacun connait la réponse : les gouvernants n’obtiendront jamais de soutien populaire pour mener cette politique, qui est actuellement menée dans leUE contre la Russie. Quelle est alors la légitimité de notre système politique, de notre système de gouvernance ?

Karine Bechet-Golovko
vendredi 2 décembre 2016

Russie politics

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Valls : menace «maximale» du terrorisme, «au moins» deux attentats déjoués cette semaine

Publié le par Felli Bernard

Valls : menace «maximale» du terrorisme, «au moins» deux attentats déjoués cette semaine

Valls : menace «maximale» du terrorisme, «au moins» deux attentats déjoués cette semaine

11 sept. 2016, 11:19

- Avec AFP

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La menace d'attentats djihadistes visant la France est «maximale», a de nouveau averti le Premier ministre Manuel Valls, indiquant que des attentats étaient déjoués «tous les jours», dont «au moins deux» cette semaine.

«La menace est maximale, nous l'avons encore vu ces derniers jours, ces dernières heures et encore au moment où nous parlons», a déclaré le chef du gouvernement, après la découverte d'une voiture chargée de bonbonnes de gaz en plein centre de Paris il y a une semaine et l'arrestation de plusieurs suspects.

«Tous les jours, les services de renseignement, la police, la gendarmerie, tous les jours, déjouent des attentats, démantèlent des filières irako-syriennes», a indiqué Manuel Valls, invité du «Grand rendez-vous» Europe 1/iTELE/Les Echos.

«Aujourd'hui, la menace est maximale, et nous sommes une cible - chacun l'a compris. Cette semaine, au moins deux attentats ont été déjoués», a-t-il dit, sans plus de précisions sur les faits qu'il visait.

Une première suspecte a été mise en examen et écrouée dans la soirée du 10 septembre dans la double enquête sur un attentat avorté à la voiture piégée à Paris et sur une autre attaque «imminente» de la part d'un commando de femmes djihadistes.

Le Premier ministre a également porté à environ 15 000, contre environ 10 000 jusqu'à présent, l'estimation du nombre de personnes radicalisées en France, en dressant un dernier bilan des «filières».

«Nous avons près de 700 djihadistes français et résidents en France, qui combattent actuellement en Irak et en Syrie», a-t-il rappelé, soulignant que ce chiffre incluait «275 femmes et plusieurs dizaines de mineurs». Toujours en Irak et en Syrie, 196 djihadistes français et résidents ont été tués à ce jour.

«Nous avons sur notre territoire 1350 personnes visées par des enquêtes qui sont aujourd'hui en prison, 293 en lien directement avec des filières terroristes», a poursuivi Manuel Valls, ancien ministre de l'Intérieur.

«Et on peut considérer- je comprends le poids de ces chiffres - qu'il y a à peu près 15 000 personnes qui sont suivies parce qu'elles sont dans un processus de radicalisation», a ajouté le locataire de Matignon.

France

Raconter l'actualite

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Nord Franche-Comté : les fiches S au révélateur

Publié le par Felli Bernard

Le communautarisme et le repli identitaire représentent une vraie menace pour les services de renseignement. Photo DR
Le communautarisme et le repli identitaire représentent une vraie menace pour les services de renseignement. Photo DR

Nord Franche-Comté : les fiches S au révélateur

28/07/2016 à 05:02, actualisé à 08:10 Vu 24282 fois

Le communautarisme et le repli identitaire représentent une vraie menace pour les services de renseignement. Photo DR

Les fiches S refont donc surface. À la lumière de ce qui s’est produit à Saint-Etienne-du-Rouvray mardi matin. Et c’est manifestement dans le Nord Franche-Comté que l’on en dénombre la proportion la plus importante. Entre Belfort et Montbéliard, ce chiffre serait de 24 environ. Ici, pas question d’extrémistes de droite ou de gauche. Les seules personnes ciblées comme menace pour la sûreté de l’État le sont pour islamisme radical.

« On a clairement des profils de gens capables de passer à l’acte », reconnaît un membre des services. Lequel s’inquiète, en fait, bien plus des autres. De tous ceux, et ils sont un certain nombre, à glisser sur la pente de la radicalisation. Or, dans le pays de Montbéliard, contrairement à d’autres secteurs, le phénomène n’est pas cantonné à certains quartiers. Certes parmi les treize mosquées que dénombre l’agglomération (117 000 habitants), quelques-unes sont estampillées salafistes, du nom d’un courant rigoriste de l’islam en forte expansion en France, et notamment parmi les populations marginalisées sur le plan social et économique. Ainsi, ce fief ouvrier durement touché par la crise, à forte population immigrée, où le taux de chômage flirte autour des 14 %, demeure, en ce sens, un terreau fertile à l’embrigadement.

Reste que la menace, aux yeux des agents du renseignement, tient plus à la flambée du communautarisme. Dont l’aspect le plus visible s’avère le nombre exponentiel de femmes, et jeunes filles, voilées. Dont une part toujours plus grande de converties.

« Des mecs dangereux, il y en aura de plus en plus, par effet de mimétisme »

« Des radicalisés, on en voit beaucoup, et c’est essentiellement vrai pour les hommes, qui sont passés par la délinquance, la consommation de drogue ou d’alcool. En rupture avec la société, fragilisés, ils ont une soif de revanche », analyse une source policière, « ils s’identifient à l’islam justement parce que l’islam est stigmatisé ». Un autre : « Ficher des gens permet de les repérer en cas de contrôles, mais il est impossible de les suivre tous. »

Ici, peut-être plus qu’ailleurs compte tenu de la sociologie, les écarts se creusent. « Des mecs dangereux, il y en aura de plus en plus, par effet de mimétisme », pronostique un agent. Lequel observe l’omerta qui règne désormais dans les lieux de culte musulmans. « Auparavant, en cas de dérives, dans les propos notamment, on avait des remontées, plus maintenant. Tous ont peur des conséquences. »

Des propos qui viennent confirmer l’intérêt du renseignement humain de proximité, largement mis à mal par la réforme de 2008 laquelle conduisit au démantèlement de la Direction centrale des renseignements généraux. Reste qu’aujourd’hui, la gestion de l’anti-terrorisme relève de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). « Nous », explique un fonctionnaire du Nord France-Comté, « on leur fait remonter les signalements, en démontrant notamment que tel ou tel individu est dangereux. C’est eux qui prennent ensuite le relais. » Si un classement S intervient, l’information revient auprès du service du renseignement territorial émetteur, les ex-RG, qui a repris son rôle de vigie, notamment en matière de repli identitaire. Phénomène qui, maintenant que sont enterrés les remous sociaux du printemps, mobilise toute leur attention. « Une priorité chasse l’autre », résume une source policière, « mais on sent clairement la pression monter ».

Sébastien MICHAUX

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Nice : l’homme qui a filmé l’assaut des policiers est issu d’une agence gouvernementale israélienne

Publié le par Felli Bernard

dimanche 24 juillet 2016

Nice : l’homme qui a filmé l’assaut des policiers est issu d’une agence gouvernementale israélienne

INFO PANAMZA. L’homme qui a réalisé la vidéo troublante de la tuerie de Nice avait longtemps collaboré avec une agence dirigée par un ex-espion du Mossad. Révélations.

Souvenez-vous : au lendemain de l’attentat de Nice, Panamza dévoilait l’étrange vidéo capturée –selon le site israélien Ynet – par « Silvan Ben Weiss », un « Israélien vivant en France ».

Panamza a identifié l’individu : en réalité, il s’appelle Sylvain Benouaich.

C’est via son compte Facebook que cet homme – que la chaîne américaine NBC présente comme un simple « manutentionnaire » – a publié sa vidéo, filmée nonchalamment depuis la « terrasse » du restaurant La Canne à Sucre.

Particularité de Benouaich : après avoir exercé le métier d’agent de protection pour le compte de lacompagnie vinicole Baron Edmond de Rothschild, l’homme a travaillé – pendant douze ans – pour l’Israel Export Institute, une agence gouvernementale qui fut longtemps dirigée par Rafi Eitan, célèbrecadre du Mossad.

À souligner : la consultation de sa page publique Facebook permet de cerner rapidement ses accointances idéologiques. Benaouiche est un sympathisant décomplexé de l’extrême droite sioniste et islamophobe comme en témoignent plusieurs de ses publications.

Résumons : Richard Gutjahr, « journaliste » allemand et époux d’une ex-députée israélienne issue du renseignement militaire, a capturé « par hasard » le ralentissement du camion sur la Promenade des Anglais tandis que Sylvain Benouaich, un Israélien passé par le clan Rothschild et une agence gouvernementale qui sert régulièrement de couverture aux activités clandestines des services secrets israéliens, a filmé « fortuitement » la séquence finale de l’encerclement spectaculaire du camion par les policiers.

Comme à leur habitude, les théoriciens de la coïncidence – qui continuent d’exercer leur funeste emprise sur la presse hexagonale – ne manqueront pas de hausser les épaules devant la convergence significative de ces faits irréfutables.

panamza.com

Posté par Nadmiiiz à 22:37 - Soulèvement, complot, manipulation - Commentaires [0] - Permalien [#]

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Attaque à la hache dans un train allemand : 3 blessés, l'agresseur aurait crié «Allahu Akbar»

Publié le par Felli Bernard

07:02 à Paris, 19 juillet 2016

RT francais

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Attaque à la hache dans un train allemand : 3 blessés, l'agresseur aurait crié «Allahu Akbar»

18 juil. 2016, 22:47

© @huethi89, Twitter.

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Un jeune Afghan de 17 ans a attaqué à la hache trois personnes dans un train près de la ville de Wurtzbourg, dans le sud de l'Allemagne. L'assaillant a été abattu par la police.

3 personnes auraient été blessées dans une attaque à la hache dans un train près de Wurtzbourg, en Allemagne, le soir du 18 juillet, selon le ministre de l'Intérieur de l'Etat de Bavière. 14 passagers se trouvaient dans le wagon, qui contenait 20 places. D'après l'agence allemande DPA, la police a affirmé que la vie de certaines des victimes de cette attaque était menacée.

L'auteur de l'attaque a été abattu par la police, selon des informations fournies par le ministre l'Intérieur de l'Etat de Bavière.

Il s'agissait d'un jeune Afghan de 17 ans, qui aurait crié «Allahu Akbar» (Dieu est grand) durant l'assaut, a fait savoir le porte-parole du ministre bavarois, ajoutant qu'«il est assez probable qu'il s'agisse d'un attentat islamiste». L'individu est arrivé en Allemagne en tant que réfugié non accompagné. Il aurait été placé dans une famille d'accueil durant deux semaines.

Des secours avaient été dépêchés sur place.

L'attaque est survenue sur la ligne reliant Wurtzbourg-Heidingsfeld et Ochsenfurt, ont indiqué les médias allemands. La ligne en question a été fermée.

Lire aussi : Terrorisme, montée des extrêmes : les Allemands plus inquiets que jamais

International

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Attentat à Nice : un Israélien diffuse une étrange vidéo.

Publié le par Felli Bernard

Selon Le Monde, Mohamed Lahouaiej Bouhlel .....
Selon Le Monde, Mohamed Lahouaiej Bouhlel .....

Attentat à Nice : un Israélien diffuse une étrange vidéo

INFO PANAMZA. Découvrez les images troublantes des minutes qui ont suivi les derniers coups de feu échangés hier à Nice.

Le 15.07.2016 à 17h17

Jeudi 14 juillet, vers 23h, un homme au volant d'un camion blanc a fauché la foule rassemblée à Nice pour assister au traditionnel feu d'artifice de la fête nationale. Bilan provisoire : 84 morts et 202 blessés.

Selon Le Monde, Mohamed Lahouaiej Bouhlel -un musulman "peu pratiquant" d'après son entourage- a été "abattu par deux gardiens de la paix de la brigade spécialisée de terrain."

Le Figaro apporte plus de détails :

Un passant héroïque a alors sauté sur le camion pour neutraliser à mains nues le terroriste au volant. C'est alors que le tueur a fait usage de son arme, en tirant en direction de l'homme, qui est descendu de la cabine.

Deux policiers de la sécurité publique qui étaient, eux aussi, visés par les tirs du conducteur fou, ont riposté et le terroriste est mort sous les balles de la police.

Ils ont été rejoints par deux groupes d'agents armés de la Compagnie départementale d'intervention qui ont, eux aussi, fait usage de leurs armes. Le camion compte au moins une cinquantaine d'impacts de balles.

Aujourd'hui, vers midi, une vidéo inédite de la soirée a été mise en ligne par le compte Youtube -via Twitter- de "Morsmal", dénonimation d'un groupe éducatif norvégien qui se présente comme une "ONG en relation officielle avec l'UNESCO".

La scène se passe dans les minutes qui ont suivi les derniers coups de feu échangés -a priori- entre les policiers et le conducteur.

À la 18ème seconde, un homme -allongé aux côtés d'un autre individu- semble curieusement maintenu au sol et frappés par les policiers qui l'entourent. Vers la 45ème seconde, il est saisi et emmené à distance du camion.

Ce matin, à 8h40 heure française, cette vidéo avait déjà été diffusée (dans sa version continue) par Ynet News, site du premier quotidien israélien Yediot Aharonot.

Pour saisir la provenance de cette vidéo toujours non diffusée -à 17h- par les médias audiovisuels de l'Hexagone, il faut se tourner vers l'homme qui anime le site de Morsmal : On Elpeleg, un "attaché commercial" résident en Norvège, engagé en faveur d'Israël et originaire de Tel Aviv.

Après l'avoir publié sur Twitter, Elpeleg a répondu à un internaute sceptique au sujet de sa véracité que la vidéo était authentique et qu'elle avait été capturée par un "touriste israélien".

Le site israélien Ynet dévoile son identité : il s'agirait d'un certain Silvan Ben Weiss, présenté par le site Jerusalem Online comme, cette fois-çi, un "Israélien vivant en France".

Détail à souligner : cette vidéo, filmée depuis une terrasse située en face du lieu d'arrêt du camion, a été capturée dans les minutes qui ont suivi le dernier coup de feu.

Preuve en est avec cette autre vidéo amateur, filmée de l'autre côté du camion et obtenue par l'agence de presse Russia Today.

Vêtu d'un tee-shirt gris, un homme se retournant et s'éloignant (visible au-dessus à 0'55) apparaît également dans l'autre vidéo, accomplissant la même action (de 0’1 à 0’10, ci-dessous).

Selon François Molins, procureur de la République de Paris, le tueur présumé a été, quant à lui, "retrouvé mort sur le siège passager" du camion.

Qui est, dès lors, l'homme violemment maintenu au sol?

Reste dorénavant à savoir pourquoi la police a visiblement usé de la force à l'encontre de cet individu.

HICHAM HAMZA

Attentat de Nice: Interpol envoie un groupe d'enquêteurs - MOINS de BIENS PLUS de LIENS

Les spécialistes aideront notamment à identifier les victimes étrangères. Attentat de Nice: premiers éléments d'analyse Cette équipe comprend aussi des spécialistes du terrorisme et du rens...

http://www.brujitafr.fr/2016/07/attentat-de-nice-interpol-env

Attentat à Nice : un Israélien diffuse une étrange vidéo.

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Qui est Ahmed le Manchot, le réfugié tchétchène derrière l’attentat d’Istanbul ?

Publié le par Felli Bernard

International

Qui est Ahmed le Manchot, le réfugié tchétchène derrière l’attentat d’Istanbul ?

Début 2016, les services spéciaux russes ont alerté les services de sécurité de différents pays, les prévenant qu’Ahmed le Manchot dirigeait un bataillon de Daech

Traduit par : Le Courrier de Russiepublié mardi 5 juillet 2016

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En Turquie, l’enquête continue sur l’attentat terroriste qui a fait 45 morts, le 28 juin, à l’aéroport Atatürk d’Istanbul. Selon les services spéciaux turcs, le Tchétchène Ahmed Tchataev pourrait faire partie des suspects. En Russie, Tchataev est connu comme recruteur pour l’organisation État islamique (EI) et ancien compagnon d’armes du chef rebelle nord-caucasien Dokou Oumarov, mort en 2013. En Europe, il est considéré comme une victime de l’oppression politique russe. Lenta.ru s’est penché sur son parcours.

Originaire du village de Vedeno, en Tchétchénie, Ahmed Tchataev, qui aura 36 ans cette année, rejoint le camp des séparatistes tchétchènes dès le début de la première guerre de Tchétchénie, en 1994[-1996], et y combat tout au long de la seconde, de 1999 à 2000.

Arrêté en 2001 par les services de sécurité russes pour participation à des groupes armés illégaux, Tchataev parvient à se soustraire à la sanction pénale. Il a probablement bénéficié d’une amnistie. Aucune trace de lui au cours des deux années qui suivent.

En 2003, il s’installe à Vienne avec sa femme et leurs trois enfants. La même année, il y obtient le statut de réfugié, déclarant avoir subi des tortures dans les prisons russes – suite auxquelles il aurait perdu son bras droit.

« La Russie et les Russes, Tchataev ne les connaît pas par ouï-dire. Les bourreaux russes lui ont coupé le bras à vif, ont introduit des fils électriques dans sa plaie et l’ont sauvagement torturé », décrit ainsi le portail Kavkazcenter.com, qualifié d’extrémiste par l’État russe.

Selon d’autres sources, Tchataev aurait perdu son bras suite à une blessure reçue pendant la seconde guerre de Tchétchénie.

En Europe, Ahmed Tchataev fréquente un autre réfugié politique tchétchène, Ahmed Zakaev, Premier ministre autoproclamé d’un État non reconnu officiellement : la République tchétchène d’Itchkérie (TchRI). Zakaev nomme son compatriote « Premier adjoint du représentant de la TchRI en Autriche ».

En 2008, Tchataev est arrêté à Trelleborg, en Suède : des armes à feu sont retrouvées dans sa voiture. Les informations divergent quant à ce que la police suédoise découvre précisément. Certains parlent d’un pistolet, d’autres, de tout un arsenal, composé de kalachnikovs et de munitions. Quoi qu’il en soit, Ahmed Tchataev est condamné à un an et quatre mois de réclusion pour trafic d’armes illégal.

Parallèlement, Tchataev est toujours recherché en Russie, et un mandat d’arrêt international est lancé. Le procureur général de la Fédération dépose plusieurs demandes d’extradition auprès des pays de l’UE. Mais, chaque fois, des défenseurs des droits de l’homme européens s’interposent, affirmant que la Russie poursuit le Tchétchène « pour des motifs politiques ».

À sa sortie de prison, Ahmed le Manchot – tel serait son surnom – quitte la Suède pour l’Ukraine. En janvier 2010, dans la région de Transcarpatie, il est arrêté par les services ukrainiens de lutte contre le crime organisé, sur une demande de leurs collègues russes, qui accusent le « Manchot » d’organiser le financement et l’approvisionnement en armes des bandes armées du Caucase.

Toutefois, malgré les intentions de la justice ukrainienne de livrer Tchataev, l’extradition n’a pas lieu. La chaîne Deutsche Welle révèle que l’organisation Amnesty International a fait beaucoup pour que le terroriste ne soit pas extradé en Russie. Suite à une requête de l’ONG, la Cour européenne des droits de l’homme a enjoint l’Ukraine à ne pas livrer Tchataev, qui jouit du statut de réfugié en Autriche et se trouve donc sous la protection des Conventions de Genève de 1949 et 1951. Ahmed Tchataev est finalement relâché.

Moins d’un an plus tard, il est arrêté à la frontière turco-bulgare. Mais le tribunal de la ville de Plovdiv, en Bulgarie, interdit de nouveau son extradition en Russie – pour les mêmes raisons.

En août 2012, Tchataev est arrêté par la police géorgienne dans le cadre d’une opération spéciale dans les gorges de Lopota, en Géorgie.

Selon la version officielle du ministère géorgien de l’intérieur, un groupe d’environ vingt combattants lourdement armés, dont Ahmed Tchataev, en provenance de la république russe du Daghestan, avait passé la frontière russo-géorgienne et pris en otage trois groupes d’habitants (cinq à dix personnes en tout).

Au cours d’un affrontement avec les forces de l’ordre géorgiennes, onze combattants sont tués, dont Doukvakha Douchouev, ancien garde du corps de l’émissaire des séparatistes tchétchènes, Ahmed Zakaev. Seul Ahmed Tchataev tombe aux mains des Géorgiens : il se rend aux gardes-frontières quelques jours plus tard et est inculpé pour possession illégale d’armes et de munitions (il avait sur lui quelques grenades).

Cette affaire, vieille de quatre ans, a d’ailleurs refait surface, après l’attentat du 28 juin, sur la page Facebook de Mikhaïl Saakachvili, actuel gouverneur de la région d’Odessa. « Il [Tchataev] avait été arrêté en Géorgie par mon gouvernement lors d’une opération antiterroriste dirigée par le général Gueorgui Lordkipanidze, aujourd’hui à la tête de la police d’Odessa, écrit l’ex-président géorgien (2008-2013). Trois membres de nos forces de sécurité avaient péri au cours de l’opération. »

À l’époque, Ahmed Tchataev déclare n’avoir rien à voir avec ce groupe de combattants. Selon lui, les membres du ministère géorgien de l’intérieur lui avaient en réalité demandé de négocier la libération des otages, mais les négociations auraient dégénéré en une fusillade, au cours de laquelle il aurait été blessé au pied.

L’affaire des gorges de Lopota précède de peu les élections au parlement géorgien. Arrivé au pouvoir en octobre 2012, le gouvernement du nouveau Premier ministre, Bidzina Ivanichvili, demande la libération d’Ahmed Tchataev, qu’il considère comme un « prisonnier politique ». Tchataev, finalement acquitté, préfère néanmoins quitter la Géorgie pour la Turquie.

Là, selon les services russes, Ahmed Tchataev représente les intérêts du chef des combattants nord-caucasiens, Dokou Oumarov. Après l’élimination de ce dernier par l’État russe, en 2013, le combattant tchétchène se rend en Syrie pour prendre la tête d’un détachement de l’Etat islamique.

Début 2016, les services spéciaux russes alertent les services de sécurité de différents pays, les prévenant qu’Ahmed le Manchot dirige un bataillon de Daech, composé notamment de combattants originaires du Nord-Caucase et spécialisé dans l’organisation d’attentats en Russie et en Europe. Ahmed Tchataev, du fait de son rôle dans la résistance en Syrie, figurait aussi sur la liste noire du Département du trésor américain.

Le 1er juin 2016, le quotidien britannique The Times indique, sur son site, qu’Ahmed Tchataev est le commandant supposé du bataillon Yarmouk, un des trois détachements de l’EI entièrement composés de combattants tchétchènes.

Depuis la tragédie de l’aéroport d’Istanbul, le nombre de défenseurs d’Ahmed Tchataev a sensiblement diminué. Il n’est pas exclu que la question de l’extradition soit réexaminée pour une partie des réfugiés ayant trouvé asile en UE. Et en premier lieu pour Ahmed Zakaev, ami proche et complice d’Ahmed le Manchot.

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Le cerveau des derniers attentats d’Istanbul est un refugié protégé par l’Europe.

Publié le par Felli Bernard

Ahmed Tchataïev
Ahmed Tchataïev

Le cerveau des derniers attentats d’Istanbul est un refugié protégé par l’Europe.

Par Tyler Durden – Le 1er juillet – Source Zero Hedge

A la suite du terrible attentat de mardi à l’aéroport Atatürk d’Istanbul qui a entrainé la mort de 44 personnes aux mains de 3 kamikazes, la Turquie a rapidement accusé État islamique de cet acte terroriste. Et même si cela peut être exact, quelque chose de surprenant a émergé sur le chef présumé du groupe de trois hommes qui ont depuis été identifiés comme des ressortissants russe, ouzbek et kirghize. Comme le média russe Kommersant et les médias turcs le rapportent, le Tchétchène soupçonné d’être le cerveau derrière cette attaque terroriste avait reçu le statut de réfugié en Autriche, ce qui lui a permis d’éviter à plusieurs reprises l’extradition vers la Russie pour des accusations de terrorisme.

Comme l’histoire complète de la dernière attaque terroriste en Turquie prend forme, il semble qu’elle aurait été organisée par Ahmed Tchataïev, un citoyen russe d’origine tchétchène, qui a rejoint État islamique en 2015 et se bat maintenant en Syrie, selon les médias turcs citant des sources policières.

Tchataïev avait un rôle de premier plan dans la formation des extrémistes qui doivent ensuite commettre des attentats terroristes en Russie et en Europe de l’Ouest, nous dit le vice-président du Comité d’enquête russe Andrey Przhezdomsky, ajoutant qu’en Syrie, Tchataïev commande également une unité constituée «principalement d’immigrants du Nord Caucase».

Il a également été révélé que Tchataïev est depuis longtemps recherché par les autorités russes pour des infractions liées au terrorisme, mais il a fui vers l’Europe, où il a obtenu l’asile, et a réussi à échapper à l’extradition vers la Russie. Le cerveau présumé a rejoint les militants islamistes sécessionnistes qui se sont battus contre la Russie dans la deuxième guerre de Tchétchénie entre 1999 et 2000, où il a perdu un bras. Plus tard, il a été considéré comme un représentant de Dokka Oumarov, l’association terroriste numéro un de l’époque en Russie et en Europe de l’Ouest.

Le coordinateur de l’attaque était sur une liste de personnes recherchées en Russie depuis 2003 pour soutien au terrorisme, recrutement d’extrémistes et appartenance à un groupe terroriste, indiquent les médias russes. Cependant, la même année, il a reçu l’asile politique en Autriche. Tchataïev aurait affirmé qu’il a perdu son bras pendant qu’il était sévèrement torturé dans une prison russe, ajoutant qu’il est persécuté par les autorités russes. Il a bien perdu son bras en Russie au début des années 2000, mais il existe des rapports contradictoires quant à la façon dont il a perdu ce membre.

En 2008, il a été détenu avec d’autres ressortissants tchétchènes dans la ville suédoise de Trelleborg où la police a trouvé des fusils d’assaut Kalachnikov, des explosifs et des munitions dans sa voiture. En conséquence, il a passé plus d’un an dans une prison suédoise.

En 2010, Tchataïev a été arrêté en Ukraine avec ses fichiers de téléphone mobile contenant des instructions sur une technique de démolition et des photos de personnes tuées dans une explosion de démolition. La Russie a demandé son extradition sur des accusations liées au terrorisme, mais la Cour européenne des droits de l’homme a ordonné à l’Ukraine de ne pas le remettre à la Russie. Amnesty International également poussé les autorités ukrainiennes à ne pas l’extrader car Tchataïev «pourrait faire face à un procès inéquitable et au risque de torture et d’autres mauvais traitements».

Ci-dessous la déclaration proprement dite déposée par Amnesty International intitulée Ukraine : un Tchétchène risque la torture en cas de retour en Russie :

Ahmed Tchataïev, un homme d’origine tchétchène, est menacé d’être extradé de l’Ukraine vers la Russie. Si c’est le cas, il pourrait faire face à un procès inéquitable et risque la torture et d’autres mauvais traitements afin d’en extraire des aveux. L’Autriche avait accordé le statut de réfugié à Ahmed Tchataïev et il était en visite en Ukraine avec un visa valide. L’Ukraine est un État signataire de la Convention sur les réfugiés et de la Convention des Nations Unies contre la torture, qui interdit le renvoi d’une personne dans une situation où il risque la torture.

Un an plus tard, il est de nouveau arrêté alors qu’il franchissait la frontière entre la Turquie et la Bulgarie, mais a de nouveau évité l’extradition en raison de l’ingérence des organisations des droits de l’homme qui ont souligné que Tchataïev avait un statut de réfugié en Autriche et ne pouvait donc pas être renvoyé en Russie, selon Kommersant. Entre 2012 et 2015, Tchataïev aurait vécu en Géorgie, où il a également rejoint certains groupes terroristes et a purgé une peine de prison pour des accusations liées au terrorisme.

En février 2015, il a quitté la Géorgie pour la Syrie, où il a rejoint les militants d’État islamique et est rapidement monté dans la hiérarchie du groupe.

Enfin, en octobre 2015, le Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Département du Trésor américain a ajouté Tchataïev à sa liste terroriste en raison de son implication présumée dans le recrutement d’extrémistes.

Et juste comme ça, en l’espace de 5 ans, une personne dont l’extradition vers la Russie a été empêchée par l’Europe et Amnesty International a fini comme terroriste officiellement reconnu par les États-Unis, et, finalement, ses actions ont entraîné la mort de 44 personnes. S’il y avait moins de querelles politiques entre la Russie et l’Europe, plus de 40 vies innocentes auraient pu être épargnées.

Enfin, à la lumière de ces révélations, on se demande précisément : quelle est la fonction de cette NSA omniprésente dans le monde d’aujourd’hui ?

Tyler Durden

Traduit par Wayan, relu par Diane pour le Saker Francophone.

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en octobre 2015, le Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Département du Trésor américain a ajouté Tchataïev à sa liste terroriste en raison de son implication présumée dans le recrutement d’extrémistes.

en octobre 2015, le Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Département du Trésor américain a ajouté Tchataïev à sa liste terroriste en raison de son implication présumée dans le recrutement d’extrémistes.

Le cerveau des derniers attentats d’Istanbul est un refugié protégé par l’Europe.

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