Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Le président syrien Bachar Al-Assad effectuera-t-il une visite en Algérie ?

Publié le par Felli Bernard

Bachar AL- ASSAD
Bachar AL- ASSAD

Le président syrien Bachar Al-Assad
effectuera-t-il une visite en Algérie ?
par Houari Achouri

mercredi 30 mars 2016, par Comité Valmy

Le président syrien Bachar Al-Assad
effectuera-t-il une visite en Algérie ?

Le président syrien Bachar Al-Assad. D. R. Une visite à Alger du président syrien, Bachar Al-Assad est-elle en préparation ? Cette éventualité n’est pas exclue et elle pourrait même être le motif du séjour dans notre pays de Walid Al-Moallem, vice-premier ministre, ministre des Affaires étrangères et des expatriés de la République arabe syrienne, une personnalité politique de premier plan dans son pays.

Walid Al-Mouallem est en visite de travail en Algérie depuis hier, lundi, à l’invitation du ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra, qu’il a rencontré. Il s’est également entretenu avec le Premier ministre, Abdelmalek Sellal.

Que le président syrien vienne à Alger, pour sa deuxième sortie à l’étranger en cinq ans (après son passage à Moscou en octobre 2015), ne constituerait pas une surprise. Au plan officiel, on rappelle que l’Algérie agit en faveur d’une solution politique de la crise en Syrie, qui « met en avant les intérêts du peuple syrien et le respect de la légalité internationale ».

Dans les faits, les positions de l’Algérie et de la Syrie sont très rapprochées sur la question de la lutte contre le terrorisme et celle de l’ingérence dans les affaires internes des pays, ainsi que l’a souligné le ministre syrien à son arrivée à l’aéroport international Houari-Boumediène. A la fin février, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, qui était en visite à Alger, avait indiqué que le président Bouteflika soutenait la position de la Russie concernant la résolution de la crise en Syrie, notamment en ce qui concerne les activités du groupe international d’appui à la Syrie, coprésidé par la Russie et les Etats-Unis.

Fait significatif : les médias français parlent enfin de l’armée syrienne et non plus des « troupes » de Bachar Al-Assad ou du régime syrien. Ce changement de vocabulaire n’est, évidemment, pas fortuit, il est même plutôt forcé par les événements.

La victoire des forces armées syriennes sur Daech, à Palmyre, et les perspectives de démantèlement total de ce groupe terroriste qui sont maintenant envisagées, ont été saluées par le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, et par l’Administration américaine. C’est indirectement un hommage qui est rendu aux courageux soldats syriens que les médias occidentaux et particulièrement français désignaient encore, il y a peu de jours, par « troupes gouvernementales » et qui étaient accusés, il y a quelques semaines, d’être une « force répressive » qui s’en prenait aux populations civiles.

L’offensive de l’aviation russe contre les groupes terroristes en Syrie puis le cessez-le-feu excluant ces groupes, à l’initiative des diplomaties russe et américaine, ont créé de nouvelles conditions sur le terrain, favorables à l’action de l’armée syrienne.

Le commandement des forces armées syriennes envisage maintenant d’entamer une progression vers la ville de Raqqa, occupée par Daech, et procéder au déblocage de Deir ez-Zor, également assiégée par les groupes terroristes. De son côté, le front diplomatique est de nouveau animé. Les pourparlers de paix entre le gouvernement syrien et l’opposition, sous l’égide de l’ONU, doivent reprendre à Genève autour des 9 et 10 avril, et le rôle du président syrien Bachar Al-Assad est évoqué en meilleurs termes.

Les Etats-Unis ont donné le la : il n’est plus poussé à partir, la solution passe par lui. Du coup, Hollande et Valls parlent moins de la Syrie et Fabius plus du tout, lui qui a quitté sur la pointe des pieds le paysage moyen-oriental. Quant au nouveau ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, il ne craint sans doute pas de croiser son homologue syrien à Alger. Il n’a pas le langage guerrier de son prédécesseur et parle en termes de solution politique.

Un fort courant dans les rangs du parti socialiste plaide, d’ailleurs, pour le rétablissement des contacts entre la France et la Syrie. Cela se comprend : dans la lutte antiterroriste, la contribution de la Syrie, que préside Bachar Al-Assad, est décisive.

Houari Achouri
29 mars 2016

Voir les commentaires

Notes sur une note d’Hillary Clinton

Publié le par Felli Bernard

Notes sur une note d’Hillary Clinton

Tout le monde ne fréquentant pas De Defensa à cause de ses nombreuses reprises de textes en anglais, nous avons pensé important de les traduire parce qu’ils révèlent effectivement beaucoup sur Clinton et sa future politique étrangère en cas d’élection, et afin que vous puissiez vous régaler de cette passionnante analyse psychologique du dirigeant-système par Philippe Grasset.

Par Philippe Grasset – Le 24 mars 2016 – Source De Defensa.

Si l’on veut tenir une stricte comptabilité, il n’y a pas un mais plusieurs emailgate accrochés à Hillary Clinton comme autant de casseroles bruyantes. Nous voulons dire par là: 1) qu’il y a plusieurs scandales possibles dans l’emailgate, et 2) qu’il y a plusieurs facettes dans chacune de ces affaires. D’une façon générale, moins polémique et plus minutieuse, emailgate pourrait figurer comme le matériel d’une puissante étude psychologique d’un dirigeant-Système type.

La production de messages courriel d’Hillary-Secrétaire d’État a été tout simplement prodigieuse puisqu’elle se chiffre en dizaines de milliers de messages dont certains sont extrêmement longs. On se demande où elle trouva le temps, en plus de ses discours, entretiens et profondes supputations sur la politique extérieure des USA, pour pondre toute cette correspondance. (Sans oublier l’extraordinaire légèreté qui la fit passer très souvent par son serveur personnel plutôt que d’utiliser ceux qui sont attribués à sa fonction, et qui sont puissamment cryptés.)

Ce qui justifie ce texte, c’est la diffusion sur internet d’une partie du fonds considérable d’e-mails clintoniens écrits durant la période du département d’État d’Hillary, de 2009 à 2013. (Le chiffre de 30 322 est cité dans cette occurrence, mais dans d’autres cas certains ont été jusqu’à 50 000 : on se trouve là devant une abondance diluvienne qui rend très difficile de justifier de décomptes précis.) Les messages en question semblent avoir été mis en accès au public selon la législation du Freedom Information Act, par le département d’État et sans doute selon les procédures du FBI qui enquête sur l’ensemble de l’affaire emailgate. Il s’agit de messages à divers titres officiels et professionnels de la secrétaire d’État, mais distribués fautivement par le serveur privé d’Hillary Clinton, comme on l’a signalé plus haut. Il faut rappeler que c’est là le cœur de l’emailgate puisque cet usage représente une brèche considérable des procédures de sécurité dans sa fonction, et la cause des enquêtes ouvertes par le FBI contre elle ; en théorie, une telle faute peut être assimilée, dans la logique et la règle procédurières du gouvernement US, à un acte de trahison. C’est essentiellement l’action de Wikileaks, à partir de l’obtention des messages selon la procédure du Freedom Information Act, qui en assure la distribution.

Franchise et conviction

Nous nous attachons à cette affaire pour des raisons évidentes de communication, mais aussi et surtout, comme nous l’avons suggéré plus haut, pour des raisons de psychologie. Cette correspondance nous en dit beaucoup, aussi bien sur Hillary Clinton (la Clinton du passé au département d’État, et la Clinton de l’avenir si elle devenait présidente des USA), que sur la politique des USA, que sur la psychologie des dirigeants et dirigeantes-Système, notamment sur leur attitude vis-à-vis des narrative qui présentent cette politique US.

Nous voulons parler ici de la question de leur franchise et de leur conviction. Dans ce cas, en plus, il s’agit d’une personne exceptionnellement corrompue et dont nous estimons que la première de ses corruptions est sa psychologie et concerne le travers terrible de l’affectivisme. (C’est le comportement de Clinton durant la crise syrienne qui nous a conduits à ce concept.)

Il ne s’agit bien sûr pas d’un travail systématique dont nous n’avons pas les moyens ni la capacité. Nous nous arrêtons à un seul message, très long et très détaillé, sur la politique américaniste vis-à-vis de la Syrie telle que la conçoit, ou la concevait, Clinton en 2012. Le message, qui n’est pas daté pour ce qui est de sa diffusion sinon la mention bureaucratique “2000-12-31 22:00”, peut être déterminé comme de la période de la fin du printemps 2012 puisqu’il contient la précision par l’auteur(e) elle-même : «La rébellion en Syrie dure déjà depuis plus d’un an.» (Effectivement diffusé par WikiLeaks, le message est désigné selon la date du 30 novembre 2015, qui semble évidemment être la date de sa déclassification pour la mise à disposition du public : “UNCLASSIFIED U.S. Department of State Case No. F-2014-20439 Doc No. C05794498 Date: 11/30/2015.”)

Une diplomatie au marteau

Le document expose ce qui serait la “grande stratégie” des USA en Syrie, selon la secrétaire d’État, vis-à-vis de la crise syrienne. Toute l’attention est portée aux intérêts d’Israël par rapport à la puissance de l’Iran, qui peuvent être décisivement renforcés par la chute d’Assad et une opération de regime change. L’on y retrouve les diverses manœuvres, tromperies, montages, etc., de la part des USA, qui étaient à l’époque, lorsqu’elles étaient suggérées, dénoncées comme des théories “complotistes” ou des analyses malveillantes de dissidents et d’antiSystème concernant les intentions des USA. L’intérêt que Clinton montre pour ceux (les intérêts) d’Israël est certainement beaucoup plus important que celui d’Obama à cet égard ; en ce sens, l’on pourrait très certainement parler d’une “diplomatie personnelle” de Clinton, construite à grands coups de marteau, dont il n’est nullement assuré que le président l’eût approuvée si elle avait été sur la voie de la réussite, – ce qui ne fut jamais le cas… Outre Israël, les alliés principaux qui sont cités sont l’Arabie, le Qatar et la Turquie. Pas un mot des Européens, – même pas, ô ingratitude des dieux, de notre pétillant Laurent Fabius.

Le but est donc d’éliminer Assad, s’il le faut sur l’air du “We Came, We Saw, He Dies” [Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort], en le liquidant avec sa famille ; de changer le régime pour faire de la Syrie un vassal des USA aligné sur les “alliés” sur place, avec Israël en tête de peloton ; d’isoler complètement l’Iran et d’aller vers un étouffement du Hezbollah par rupture forcée de ses liens avec l’Iran. Dans toute cette description, la Russie est quasi-totalement ignorée, sinon pour observer avec un mépris à peine voilé que ce pays sera impuissant à faire quoi que ce soit. La seule “nuisance” de la Russie se trouve dans le fait que son veto obligera d’agir hors du cadre de l’ONU… Du point de vue opérationnel, le message détaille le plan qui apparaît dans l’esprit de Clinton comme bien plus qu’une simple hypothèse, mais bien comme une attaque US contre la Syrie.

La Secrétaire d’État planificatrice de la guerre

La première partie du message expose la situation stratégique, et notamment entre Israël et l’Iran. Il apparaît pour la première fois d’une façon aussi explicite dans un message d’un officiel de ce niveau que le but d’Israël n’est pas tant d’empêcher l’Iran de disposer d’une bombe nucléaire que de conserver le monopole nucléaire dans la région. A aucun moment, cette idée n’est mise en cause, bien au contraire, alors que les USA ont toujours admis, d’une façon officielle, que la dénucléarisation de la zone moyenne-orientale était un objectif, sinon vertueux dans tous les cas acceptable et conforme à leur doctrine de non-prolifération. Voici ce message :

(N.B. : dans les deux parties du message, nous indiquons en italique gras les passages qui nous paraissent importants et sur lesquels nous avons déjà fait des commentaires ou sur lesquels nous reviendrons plus loin pour des commentaires à leur sujet.).

«Le meilleur moyen d’aider Israël à s’arranger de la capacité nucléaire de l’Iran est d’aider le peuple syrien à renverser le régime de Bachar El Assad.

Des négociations pour limiter le programme nucléaire iranien ne résoudront pas le dilemme sécuritaire israélien. Elles n’empêcheront pas non plus l’Iran d’améliorer des parties cruciales au développement de son programme d’armes nucléaires, c’est-à-dire la capacité à enrichir l’uranium. Au mieux, les discussions entre les principales puissances mondiales et l’Iran, qui ont commencé en avril et continueront en mai, à Bagdad, ne feront que pousser Israël à retarder de quelques mois une décision d’attaquer l’Iran, décision qui pourrait provoquer une guerre moyen-orientale majeure.

Le programme nucléaire iranien et la guerre civile syrienne ne semblent pas connectés, ils le sont pourtant. Pour les dirigeants israéliens, la réelle menace venant d’un Iran possédant l’arme nucléaire ne tient pas au fait de voir un dirigeant iranien ayant perdu la raison et lançant une attaque nucléaire contre Israël sans avoir été provoqué, ce qui aboutirait a l’annihilation des deux pays. Ce qui inquiète vraiment les dirigeants militaires israéliens, mais dont ils ne peuvent pas vraiment parler, est de perdre leur monopole nucléaire. Une arme nucléaire iranienne mettrait non seulement fin à ce monopole mais pousserait aussi ses autres adversaires, comme l’Arabie saoudite et l’Égypte, à devenir aussi des puissances nucléaires. Cela aboutirait à un équilibre nucléaire précaire dans lequel Israël ne pourrait plus répondre à des provocations par des frappes militaires conventionnelles sur la Syrie ou le Liban, comme il peut se le permettre aujourd’hui. Si l’Iran devait franchir la limite et devenir un État nucléaire, Téhéran n’hésiterait plus à pousser ses alliés, la Syrie et le Hezbollah, à frapper Israël, sachant que ses armes nucléaires empêcheraient Israël de s’en prendre à l’Iran.

Mais revenons à la Syrie. C’est la relation stratégique entre l’Iran et la Syrie de Bachar El Assad qui permet à l’Iran de mettre en danger la sécurité israélienne, non pas par une attaque directe, ce qui n’est jamais arrivé en trente ans d’hostilité entre l’Iran et Israël, mais grâce à ses alliés du Liban, comme le Hezbollah, qui sont soutenus, armés et entraînés par l’Iran, via la Syrie. La fin du régime d’Assad entraînerait la fin de cette dangereuse alliance. Les dirigeants israéliens comprennent très bien pourquoi la défaite d’Assad est dans leur intérêt. Au cours d’une interview sur CNN, la semaine dernière, le ministre de la Défense [israélien] Ehud Barak a déclaré que le renversement d’Assad serait un coup important porté à l’axe radical, un coup important porté à l’Iran […] C’est le seul avant-poste de l’influence iranienne dans le monde arabe […] et cela va affaiblir considérablement à la fois le Hezbollah au Liban et le Hamas et le Djihad islamique à Gaza. »

Renverser Assad ne serait pas seulement une bénédiction pour la sécurité israélienne, cela diminuerait aussi la peur compréhensible qu’a Israël de perdre son monopole sur le nucléaire. Alors, Israël et les États-Unis devraient pouvoir développer le même point de vue pour déterminer quand le programme iranien devient si dangereux qu’une action militaire deviendrait nécessaire. Pour l’instant, c’est la combinaison entre l’alliance stratégique entre l’Iran et la Syrie, et les progrès constants du programme d’enrichissement nucléaire de l’Iran qui a poussé les dirigeants israéliens à envisager une attaque surprise, malgré les objections de Washington si nécessaire. Une fois Assad parti et l’Iran devenant incapable de menacer Israël par l’intermédiaire de ses alliés, il devient possible pour les États-Unis et Israël de s’entendre sur des lignes rouges que le programme iranien ne devrait pas franchir. En résumé, la Maison Blanche peut alléger les tensions qui sont apparues dans notre relation avec Israël, à propos de l’Iran, en faisant ce qu’il faut faire en Syrie.

La rébellion en Syrie dure maintenant depuis plus d’un an. L’opposition est toujours là et le régime n’acceptera pas de solution diplomatique venant de l’extérieur. Avec sa vie et celle de sa famille en jeu, seule la menace ou l’utilisation de la force fera changer l’état d’esprit du dictateur syrien Bachar Al Assad… »

La Secrétaire d’État chef de guerre

La deuxième partie du message aborde les aspects opérationnels d’une opération militaire contre la Syrie, qui verrait l’implication au niveau de l’offensive aérienne des forces armées US.

«De manière bien compréhensible, s’engager dans des opérations aériennes en Syrie, comme cela avait été fait en Libye, inquiétait l’administration Obama, pour trois raisons essentielles. À la différence des forces d’opposition libyennes, les rebelles syriens n’était pas unifiés et n’avaient pas de territoire. La Ligue arabe n’avait pas demandé d’intervention militaire extérieure comme elle l’avait fait en Libye. Et les Russes s’y opposaient. La Libye était un cas plus simple. Mais en plus du louable objectif de sauver des civils libyens d’attaque prévisible de la part du régime de Kadhafi, l’opération libyenne n’a pas eu de conséquences sur le long terme pour la région. Pour la Syrie, c’est plus compliqué. Mais un succès en Syrie serait un événement transformateur pour le Moyen-Orient. Non seulement un autre dictateur brutal succomberait à des manifestations de rue de l’opposition, mais la région changerait pour le meilleur, et l’Iran n’aurait plus de pied-à-terre au Moyen-Orient, d’où elle peut menacer Israël et déstabiliser la région.

A la différence de la Libye, une intervention réussie en Syrie demandera un leadership substantiel de la part des États-Unis. Washington devrait commencer par exprimer sa détermination à travailler avec ses alliés de la région, comme la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar pour organiser, entraîner et armer les forces rebelles syriennes. Rien que l’annonce d’une telle décision devrait entraîner des désertions importantes dans l’armée syrienne. Alors, en utilisant le territoire turc et, si possible, jordanien, les diplomates états-uniens et les officiels du Pentagone pourront commencer à renforcer l’opposition. Cela prendra du temps. Mais la rébellion est bien partie pour durer longtemps, avec ou sans l’intervention états-unienne.

La deuxième étape sera de développer le soutien international pour une intervention aérienne de la coalition. La Russie ne soutiendra jamais une telle intervention, il ne sert donc à rien de passer par le conseil de sécurité de l’ONU. Quelques uns prétendent que l’intervention états-unienne risque d’entraîner une guerre plus large contre la Russie. Mais l’exemple du Kosovo montre le contraire. Dans ce cas, la Russie avait des liens ethniques et politique avec les Serbes, liens qui n’existent pas entre la Russie et la Syrie, et même alors la Russie ne fit rien d’autre que de protester. Les officiels russes ont déjà reconnu qu’ils ne se mettraient pas en travers du chemin en cas d’intervention.

Armer les rebelles syriens et utiliser la puissance aérienne occidentale pour empêcher les hélicoptères et avions syriens de décoller est une approche bon marché mais à grand bénéfice. Tant que les dirigeants politiques de Washington restent fermes sur le fait qu’aucune troupe américaine ne sera déployée, comme ils l’ont fait pour le Kosovo et la Libye, les coûts pour les États-Unis resteront limités. La victoire ne sera pas rapide ni facile, mais elle arrivera. Et les bénéfices en seront substantiels. L’Iran sera stratégiquement isolé, incapable d’exercer son influence sur le Moyen Orient. Le nouveau régime syrien verra les États-Unis comme un ami et pas un ennemi. Washington gagnera une reconnaissance forte pour son combat pour le peuple, et non des régimes corrompus, dans le monde arabe. Pour Israël, la logique d’une attaque soudaine contre les installations nucléaires iraniennes devrait perdre de son sens. Et un nouveau régime syrien pourrait bien être ouvert à de nouvelles négociations de paix avec Israël. Le Hezbollah libanais devrait être séparé de son sponsor iranien puisque la Syrie ne sera plus une zone de transit pour l’entraînement, l’assistance et la livraison de missiles iraniens. Tous ces avantages stratégiques ainsi que la perspective de sauver des milliers de civils d’un assassinat par le régime d’Assad (10 000 ont déjà été tués au cours de la première année de guerre civile).

Avec ce voile de peur ne pesant plus sur le peuple syrien, ils semblent déterminés à se battre pour leur liberté. L’Amérique peut et doit les aider et, en agissant ainsi, cela aidera Israël et aidera à réduire les risques d’une plus grande guerre.»

Inculpabilité et indéfectibilité

Outre l’intérêt documentaire du message sur les méthodes et les machinations américanistes, l’intérêt historique de confirmation des hypothèses courantes de l’anti-Système face à la narrative du Système durant la période, il y a d’autres aspects qui méritent encore plus notre attention. En effet, nous voulons parler ici de ce qu’ils nous disent de la psychologie de Clinton (et, en général d’une manière conforme, des élites américanistes), et d’une façon indirecte, de sa culture politique, de sa perception de la communication et du niveau de son information ; d’une façon générale si l’on veut, ce qu’ils nous disent autant de son caractère que de son intelligence.

Les deux caractères fondamentaux de la psychologie américaniste, l’inculpabilité et l’indéfectibilité, sont parfaitement manifestés, aussi bien dans le chef d’Israël qui est quasiment incorporé comme une partie intégrante des USA pour la défense de ses intérêts, que pour les USA eux-mêmes. A aucun moment n’est mise en question la valeur morale et politique de la prétention israélienne au monopole nucléaire dans la région («…cela diminuera la peur bien compréhensible d’Israël de perdre son monopole nucléaire»). A aucun moment n’est discuté le fondement de l’intervention américaniste, sinon pour la trouver complètement justifiée au nom d’une morale supérieure («…c’est pour aider le peuple syrien à renverser le régime de Bachar al Assad…», «En résumé, la Maison Blanche peut réduire les tensions avec Israël en faisant ce qu’il faut faire en Syrie», «… de sauver des milliers de civils d’un assassinat par le régime d’Assad…»).

Cette intervention ne peut être que victorieuse, et d’autant plus victorieuse qu’elle sera appréciée comme une chose bonne, magnanime, généreuse et libératrice par les peuples concernés. Elle consacre la vertu fondamentale de l’américanisme : la force et l’usage de la force au nom du Droit et de la Morale : «Le nouveau régime syrien verra les États-Unis comme un ami et pas un ennemi. Washington gagnera une reconnaissance forte pour son combat pour le peuple, et non des régimes corrompus, dans le monde arabe»… «Avec ce voile de peur ne pesant plus sur le peuple syrien, ils semblent déterminés à se battre pour leur liberté. L’Amérique peut et doit les aider et, en agissant ainsi cela aidera Israël et aidera à réduire les risques d’une plus grande guerre ».

La menteuse qui ne mentait pas.

Nous ne croyons pas une seconde que ces passages soient de pure forme et de pure conformité. Au contraire, ils constituent l’essence même de la politique américaniste, telle qu’elle est présentée par celle qui la conçoit et telle qu’elle doit être perçue par ceux qui la mettent en œuvre. Il s’ensuit nécessairement que ce que nous nommons “narrative”, qui est le nécessaire anéantissement de la réalité au profit d’une fabulation construite avec la puissance de la communication dans le sens évoqué ici, est perçue comme la réalité elle-même, quand elle est, en plus, une Vérité Morale et la Vérité du Droit.

Cela signifie que cette Clinton, sans aucun doute la plus corrompue et la plus menteuse de tous les hommes et femmes politiques de pouvoir à Washington, n’est en rien une menteuse selon son point de vue, qu’elle est complètement sincère et qu’elle ne ment jamais à proprement parler. Simplement, elle est certainement hystérique et éventuellement schizophrénique, et produit sa perception de la réalité à partir du matériel qui lui est fourni, comme s’il s’agissait de la Vérité pure et simple. Sa psychologie profondément affaiblie est ouverte à toutes les influences, évidemment prioritairement les plus déstructurantes et les plus dissolvantes, et elle n’est donc mauvaise que par proximité du Mal et nullement par essence. (Voir Plotin : «… Mais les autres, ceux qui participeraient de lui [du Mal] et s’y assimileraient, deviennent mauvais, n’étant pas mauvais en soi.»)

Machiavel caricaturé par les pseudo-siens

Il s’ensuit encore, dans le même ordre de la situation générale où elle évolue, que Clinton est totalement sous-informée ou més-informée, sinon inculte dans le sens de l’impuissance à cultiver son expérience et sa connaissance. Affirmer comme elle le fait, à peu près un an après l’affaire, et sans doute à quelques mois de l’assassinat de l’ambassadeur US à Benghazi, que la crise libyenne n’a pas de conséquences à long terme pour la région, relève d’une totale culture de l’incompétence comme avers de son impuissance à cultiver expérience et connaissance. («Mais en plus du louable objectif de sauver des civils libyens d’attaque prévisible de la part du régime de Kadhafi, l’opération libyenne n’a pas eu de conséquences sur le long terme pour la région.») Lorsqu’elle ajoute : «Pour la Syrie, c’est plus compliqué», on a l’impression qu’elle pourrait aussi bien dire, d’une façon plus simple et plus compréhensible : “La connerie sera plus dure à faire en Syrie…”

Il nous est bien difficile de croire qu’il y a du machiavélisme dans tout cela, comme on en prête souvent de bonnes doses aux actions de la politique américaniste, car ce serait tout de même faire injure à l’intelligence de Niccolo di Bernardo [Machiavel]. Il s’agit d’un travail de somnambule, où les opérations illégales et extrêmement complexes, maniant les cultures et les mentalités de peuples dont on ne connaît ni les cultures ni les mentalités, ne donnent comme effet qu’une déstructuration et une dissolution aveugles, dont on peut alors conjecturer, puisqu’elles sont accomplies, qu’elles répondent au dessein d’événements supérieurs dont les dirigeants-Système eux-mêmes s’avèrent les premières victimes après en avoir été les exécutants inconscients et dociles.

Hillary vit encore le Kosovo de 1999

Le sommet de l’inculture satisfaite est atteint avec l’évaluation de la position russe, pleine de mépris et d’une complète més-information pour la Russie, en prenant comme référence opérationnelle et politique de l’attitude russe en Syrie, en 2012, le Kosovo de 1999 ! (Hillary ne s’est jamais vraiment relevée de l’ivresse d’avoir, par l’intermédiaire du très-impressionnable Bill qu’elle a influencé tout du long du conflit, pratiquement dirigé la première guerre d’agression postmoderne du bloc-BAO.) Comme si, entre-temps, rien ne s’était passé, y compris l’invasion de la moitié de la Géorgie par la Russie en août 2008, sans que les USA ne lèvent le petit doigt ni ne fassent passer un seul de leurs destroyers de la Méditerranée vers la mer Noire…

«La deuxième étape sera de développer le soutien international pour une intervention aérienne de la coalition. La Russie ne soutiendra jamais une telle intervention, il ne sert donc à rien de passer par le Conseil de sécurité de l’ONU. Quelques-uns prétendent que l’intervention états-unienne risque d’entraîner une guerre plus large contre la Russie. Mais l’exemple du Kosovo montre le contraire. Dans ce cas, la Russie avait des liens ethniques et politique avec les Serbes, liens qui n’existent pas entre la Russie et la Syrie, et même alors, la Russie ne fit rien d’autre que de protester. Les officiels russes ont déjà reconnu qu’ils ne se mettraient pas en travers du chemin en cas d’intervention.… »

Il faut dire qu’en 2012, c’est à peu près ce que les militaires du bloc-BAO et leurs armées d’experts pensaient de la “puissance” russe. C’est évidemment avec cette évaluation à l’esprit que toute la “stratégie hollywoodienne” des USA en Syrie a été déployée. Récemment, les militaires US ont commencé à envisager qu’il s’est passé quelque chose du côté de la puissance militaire russe.

Les derniers exercices de l’OTAN, vers les pays de l’OTAN frontaliers de l’URSS, notamment les pays baltes qui ne cessent de menacer Moscou en dénonçant les menaces russes contre eux, ont mis en évidence l’extraordinaire impuissance de l’OTAN vis-à-vis de la possibilité d’une action russe. Non seulement il faudrait au moins trois semaines pour que les premiers renforts sérieux puissent être mis en place dans les pays de première ligne, mais en plus les militaires de l’OTAN reconnaissent que les Russes ont créé d’immenses zones dite AA/AD (Anti-Access/Area Denial), c’est-à-dire des “bulles” de contrôle électronique et de communication qui interdisent quasiment à l’adversaire l’accès d’un espace aérien, sinon d’un théâtre d’opération complet. De telles zones, maîtrisées par les Russes et aveuglant complètement les moyens d’intervention de l’OTAN, existent en Pologne et dans la Mer Baltique en cas de conflit. Instruits des résultats des manœuvres, les dirigeants des pays baltes ont commencé à mesurer le confort qu’il y a à s’appuyer sur le soutien de l’OTAN pour mieux défier la Russie.

Hillary et l’AA/RD

Encore Hillary-2012 est-elle bien loin d’Hillary-2016, dans le domaine de l’AA/AD devenue pour son cas AA/RD (Anti-Access/Reality Denial). Nous voulons dire par là que la trajectoire de la candidate à la présidence n’a cessé de s’éloigner des vérités-de-situation, dont elle était déjà si lointaine en 2012. Dans le dernier CrossTalk de Peter Lavelle, sur RT, Daniel McAdams, de l’Institut Ron Paul, a qualifié l’attitude de Clinton concernant Israël et l’Iran, dans la perspective de sa possible élection : «Clinton est férocement pro-Israël et pourrait attaquer l’Iran.» (McAdams qui, comme Ron Paul et contrairement à d’autres libertariens comme Justin Raimondo, n’aime guère Donald Trump, juge qu’avec Clinton, «il y a 97% de [malchance] pour qu’il y ait une guerre, contre 75% avec Donald Trump».)

Il y a peu d’illustration aussi exceptionnelle de l’effroyable chute que subissent les esprits des dirigeants-Système dans cette phase catastrophique, que celle d’Hillary Clinton. Le document qu’on a pu lire mesure effectivement l’emportement de folie furieuse que serait sa politique, en imaginant ce qui se serait passé s’il n’y avait pas eu une autorité au-dessus d’elle, fameuse pour son indécision et son refus de prendre des risques. Clinton représente sans doute une sorte de terminal de la dégradation du caractère, et cette vision ne cesse de se préciser à mesure qu’on se rapproche de l’élection qu’elle pourrait emporter. Si l’on veut une image symbolique de cette situation, on dira qu’avec elle, son caractère AA/RD se trouve confronté à la procédure AA/AD symbolique de l’avancement des capacités militaires des Russes, qui fait si peur aux chefs militaires US dans les possibilités de conflits qu’on évoque aujourd’hui, – AA/RD ou déni de réalité, contre AA/AD ou déni de puissance…

Hors de toutes les supputations de conjecture à propos de la candidature Trump et tout ce qui l’accompagne, il est très difficile d’envisager, dans les circonstances présentes, une présidence d’Hillary Clinton qui ne serait pas promise, non à se terminer en catastrophe mais à commencer en catastrophe ; si ce n’est l’emailgate qui se constituerait en Watergate postmoderne, ce serait une aventure militaire qui constituerait une telle folie qu’elle verrait se lever contre elle une insurrection des chefs militaires, – et ainsi, à chacun son insurrection. On ne peut qu’abonder dans le sens d’Eric Margoulis lorsqu’il dit à propos de Trump, le 18 mars sur LewRockwell.com, ceci, qui vaudrait aussi bien pour Trump-Clinton : «C’est le pire des candidats, – à part que les autres sont pires que lui…»

Philippe Grasset

Parties du texte en anglais traduites par Wayan, relues par Diane pour le Saker Francophone.

582

Voir les commentaires

Les crimes de guerre dans le Donbass dont l'Occident ne veut pas connaître

Publié le par Felli Bernard

Les crimes de guerre dans le Donbass dont l'Occident ne veut pas connaître

mercredi 30 mars 2016

Les crimes de guerre dans le Donbass dont l'Occident ne veut pas connaître

Les crimes de guerre dans le Donbass, commis par l'armée ukrainienne et les structures néo-nazies affiliées, ne peuvent être oubliés et doivent être punis. La simplicité et l'évidence du propos ne suffisent pas à masquer le manque d'enthousiasme de l'Occident, pourtant si prompt à condamner toute atteinte aux droits de l'homme. Exposition, ouvrage, classification des preuves, un gros travail est en train de se faire dans le silence total des médias et organismes "de l'ouest", qui préfèrent parler des crimes russes.

Le 28 mars, la Douma a inauguré une exposition intitulée "Le fascisme ordinaire; les crimes de guerre des militaires ukrainiens 2014-2016". Elle met en évidence des faits, bruts, sur les armes utilisées par les ukrainiens dans le Donbass, sur les victimes civiles, sur les exactions contre les populations civiles, sur la destructions des ouvrages civils, etc.

Le Président de la Douma S. Narychkine a rappelé que les faits restent les faits et que malgré les lenteurs du processus de Minsk, l'Ukraine n' a pas encore tourné totalement la page de ses heures les plus noires. Les ukrainiens doivent prendre conscience de l'impasse dans laquelle les conduit les dirigeants issus du Maïdan.

Parallèlement, une table ronde s'est tenue, à l'occasion de laquelle l'ouvrage de M. Grigoriev, portant le même nom, a été présenté. Cet ouvrage est une pierre de plus sur le long chemin du rétablissement de la vérité. Le député Jelezniak a affirmé qu'aucun criminel de guerre ne doit pouvoir rester impuni et c'est également le rôle de l'Europe de commencer, ici, à défendre les intérêts justement européens.

Il est vrai que la liste peut être longue. Le ministère de la défense de la République de Donetsk a également commencé à préparer un travail systématisant les crimes commis contre Donetsk par les militaires ukrainiens. La présentation eut lieu ce 27 mars. Des dossiers ont été monté sur tous les commandants ukrainiens ayant commis des crimes de guerre à Donetsk. Un travail incomplet et encore maladroit, comme le souligne justement Colonnel Cassad, mais un travail qui a le mérite d'être fait ... sans les ressources technologiques de la CIA.

Par exemple, la 93e brigade:

Ainsi, les militaires de la 93e brigade, sous le commandement de V. V. Klotchkov, sont responsables de la mort de plus de 50 civils et de la destructions de plus de 70 bâtiments d'habitation dans les villes de Iacinovata, Spartak et le quartier Petrovsky de Donetsk.

Ou encore à Zaïtsevo:

Ainsi, la 30e brigade mécanisée de l'armée de terre ukrainienne, sous le commandement V. A. Yakubov, déclaré "héros de l'Ukraine" pour ses faits d'armes récents dans le Donbass, du 14 au 20 mars a utilisé plus de 15 fois l'artillerie, 30 fois tiré des obus de tanks, 241 mines de calibres 82 et 120 mm et utilisé systématiquement les armes plus petites. Menaçant ainsi la vie des civils et détruisant l'infrastructure de la ville.

Pourtant, ces ouvrages, expositions, comptes-rendus en images n'intéressent pas l'Occident, où le discours, malheureusement, doit être formaté. Et l'espace de mouvement se réduit de plus en plus. Hier, afin d'apporter leur contribution au renforcement des valeurs humanistes européennes, la Lettonie a interdit l'agence russe d'information Sputnik. La formulation expliquant les raisons de la fermeture du site font froid dans le dos, rappelle les heures sombres du totalitarisme:

Donc, si vous ne tenez pas la ligne officielle, celle déterminée par nos gouvernements, comme la presse est libre, car nous sommes en Europe, nous vous interdisons. Logique. C'est la dictature démocratique, comme disait Tocqueville. Un monstre issu de nos faiblesses.

En attendant, afin de contribuer à enfoncer le clou de "leur vérité", celle d'une Russie criminelle et dangereuse pour le "monde libre", un député polonais a préparé un rapport et va le présenter devant le tribunal de La Haye, afin qu'une enquête soit ouverte contre les russes responsables de crimes de guerre dans l'Ukraine de l'Est. Sa présentation est attendue, certainement, pour le 5 avril. Et tout aussi certainement, il s'apprête à faire une tournée européenne ensuite, pour répendre la bonne parole.

A n'en pas douter, l'ouvrage de Grigoriev ou l'exposition sur les crimes de guerre ukrainiens auront beaucoup plus de mal à passer le mur de la désinformation derrière lequel l'UE veut cantonner ses populations.

Publié par Karine Bechet-Golovko à 12:11

Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur TwitterPartager sur FacebookPartager sur Pinterest

Libellés : censure, crimes de guerre, Donbass, russie, UE, ukraine

Voir les commentaires

~~Pourquoi l’Occident passe sous silence la reconquête de Palmyre ?

Publié le par Felli Bernard

~~Pourquoi l’Occident passe sous silence la reconquête de Palmyre ?

~~Pourquoi l’Occident passe sous silence la reconquête de Palmyre ? 28 mars 2016, 19:49

Des militaires syriens à Palmyre© Sana SanaSource: Reuters Des militaires syriens à Palmyre

Les dirigeants occidentaux ne se sont pas exprimés à propos de la libération de Palmyre par l’armée syrienne, aidée par l’aviation russe. Les médias se demandent déjà d’où vient cette répugnance à reconnaître le succès de l’opération russe.

Lire aussi Palmyre : les premières images de la cité antique arrachée à Daesh (PHOTOS, VIDEO)

A part l’ONU et l’UNESCO, il n’y a eu que très peu de réactions internationales à la reprise de Palmyre par l’armée gouvernementale syrienne.

Quand la ville antique est tombée aux mains de Daesh en mai 2015, il y avait eu de très nombreux débats sur la perte culturelle que cela constituait pour l’humanité toute entière. Mais quand on a demandé, il y a quelques jours, au porte-parole du département d’Etat américain, Mark Toner, comment il se sentirait si la ville de Palmyre était reprise, il n’a pas fait preuve de beaucoup d’enthousiasme. «La priorité est de vaincre et de détruire Daesh, cela reste notre priorité. Nous reconnaissons aussi que le remplacement du régime barbare de Daesh par la tyrannie d’Assad n’est pas une bonne solution», avait-t-il déclaré 24 heures seulement avant la victoire de l’armée syrienne.

Palmyre a été reprise le 27 mars et l’Occident garde encore le silence. Le président américain Barack Obama n’a rien déclaré à ce sujet.

Selon le Los Angeles Times, c’est parce que les Etats-Unis ont présenté la lutte contre Daesh comme une tâche revenant à Washington et à ses alliés, accusant la Russie d’attaquer les rebelles modérés à la place des extrémistes.

Le titre de Los Angeles Times© RT France Le titre de Los Angeles Times Le Premier ministre britannique David Cameron est, lui aussi, resté muet. Même les médias britanniques se demandent pourquoi il n’a rien dit. Le journaliste de The Independent Robert Fisk a écrit : «L’armée syrienne soutenue, bien sûr par les Ruskovs de Vladimir Poutine, ont expulsé les clowns de Daesh de la ville et nous n’osons pas prononcer un seul mot pour dire : Bien joué».

Le titre de The Independent© RT France Le titre de The Independent L’ambassade de Russie au Royaume-Uni a demandé publiquement pourquoi le gouvernement britannique avait gardé le silence sur Palmyre. «La libération de Palmyre est une victoire importante contre Daesh. On se demande pourquoi

@UKagainstDaesh & @foreignoffice restent silencieux à ce sujet». L’OTAN n’a pas non plus commenté la libération de Palmyre. «Nous estimons qu’il vaut mieux vous adresser aux Etats-membres de l’OTAN qui participent à la coalition internationale contre Daesh», a répondu un responsable de l’Alliance à une question de l’agence de presse russe ITAR-TASSsur la reprise de Palmyre. Il est à noter que tous les pays-membres de l’OTAN prennent part à cette coalition et son secrétaire général, Jens Stoltenberg, a accusé Moscou à plusieurs reprises de ne pas bombarder Daesh.

Mais il y a toutefois des exceptions. Ainsi, le maire de Londres, Boris Johnson, s’est prononcé malgré le silence de son Premier ministre. Il a loué «la clarté impitoyable» de Vladimir Poutine qui a aidé à expulser de Palmyre les djihadistes «maniaques» de Daesh. Il a ajouté que Moscou a fait paraître l’Occident comme «inefficace.»

Le titre de The Express© RT France Le titre de The Express Et le porte-parole du département d'Etat américain, John Kirby, a jugé que c'était «une bonne chose» que le groupe Etat islamique ait été chassé de la cité syrienne de Palmyre. «Pour répondre rapidement, oui, nous pensons que c'est une bonne chose [...] que l'Etat islamique ne contrôle plus Palmyre», a-t-il déclaré.

Il n’a toutefois pas mentionné ni l’armée syrienne, ni le soutien russe L’ancien ambassadeur des Etats-Unis en Russie, Michael McFaul, a pour sa part tweeté «Спасибо», ce qui en russe signifie merci, répondant à un tweet de l’ambassade de Russie. Palmyre a été arrachée aux griffes de Daesh le 27 mars et de l’aveu même de Bachar el-Assad, sa libération n’aurait jamais été possible sans le soutien apporté par les forces russes.

L’armée de l’air russe a effectué 40 sorties dans la région en 24 heures et détruit huit centres de commandement, 12 bases, deux chars, trois unités d’artillerie, huit véhicules et six dépôts de munitions. Elle a aussi éliminé près de 80 terroristes.

En savoir plus : Une lueur d’espoir : les experts estimeront l'ampleur des dégâts à Palmyre cette semaine International

Voir les commentaires

La chasse aux sorcières et aux sorciers se poursuit – Qui sont les vrais sorciers?

Publié le par Felli Bernard

La chasse aux sorcières et aux sorciers se poursuit – Qui sont les vrais sorciers?

La chasse aux sorcières et aux sorciers se poursuit – Qui sont les vrais sorciers?

Attentat à Lahore revendiqué par les talibans pakistanais: la majorité des victimes sont musulmanes

Par Claude Jacqueline Herdhuin

Mondialisation.ca, 29 mars 2016

Région : Moyen-Orient et Afrique du Nord

Thème: 11 sept. Guerre au terrorisme

184

Attentat à Lahore revendiqué par les talibans pakistanais, qui ont déclaré avoir visé spécifiquement la communauté chrétienne. Mais selon l’inspecteur de police adjoint, Haider Ashraf, la majorité des victimes sont musulmanes.

Les journaux insistent sur l’aspect antichrétien de cet attentat, ce qui ne peut qu’attiser l’islamophobie. Une fois de plus, utilisons notre raison et refusons de participer à cette chasse aux sorcières et aux sorciers. Je compatis avec toutes les victimes, peu importe leur appartenance religieuse. Je refuse de partager les titres des médias officiels, véritable lavage de cerveau. En effectuant une recherche sur Internet, j’ai constaté que le même message biaisé est repris ad nauseam. Un attentat terroriste est toujours impardonnable. Que les victimes soient des enfants, des femmes ou des hommes, elles ne méritaient pas de mourir à cause de la folie d’un homme, d’un groupe, peu importe les raisons qui les ont poussés à agir de la sorte. Chrétiens ou musulmans ont tous le droit de vivre dans la sécurité, le respect et la paix.

Au moins soixante-douze personnes décédées et trois-cent-quarante blessées. Beaucoup d’enfants parmi les victimes, car l’attentat a eu lieu dans un parc, près de l’aire de jeux. En tuant, les terroristes se sont attaqués au symbole de la famille et de la paix. On nous dit que les talibans pakistanais ont revendiqué l’attentat et déclaré avoir perpétré l’attentat de Lahore, car les chrétiens sont leur cible. Ce qui m’étonne, c’est que la majorité des victimes soient musulmanes. Je ne vois pas et ne comprends pas comment un groupe terroriste, qui déclare avoir les chrétiens comme ennemi, commet un attentat dans lequel il tue plus de musulmans que de chrétiens. Il me semble douteux que les talibans, un groupe armé créé au début des années 90 commette une telle bévue. Je ne les crois pas assez stupides. D’autant plus que cet attentat se voulait symbolique : tuer des chrétiens dans un parc, le dimanche de Pâques. Poursuivre la terreur de Bruxelles.

Il me semble que cet attentat est arrivé au bon moment pour attiser la colère des peuples occidentaux encore sous le choc des attentats de Bruxelles. Ces peuples souvent aveuglés par l’islamophobie alimentée avec soin par nos dirigeants et relayée par les médias. Les médias sociaux sont rentrés à fond dans le jeu. En lisant de nombreux commentaires sur Facebook, j’ai constaté à quel point le ver est bien installé dans la pomme. J’y ai lu les commentaires d’intellectuels et d’universitaires réclamant une guerre contre le terrorisme à l’échelle de la planète. Je tiens à leur rappeler que, grâce aux États-Unis, cette lutte fait des ravages depuis des années. Que notre planète est à feu et à sang. Que les victimes innocentes se comptent par milliers. Que ces victimes sont plus nombreuses à tomber sous les armes des pays occidentaux disant œuvrer pour notre sécurité et pour instaurer la démocratie en terre musulmane. Que des milliards sont investis dans l’effort de guerre contre le terrorisme, alors qu’on sabre dans tous les programmes sociaux et que les gouvernements demandent au peuple d’accepter l’austérité.

Je ne peux m’empêcher de penser que quelque chose ne va pas. L’attentat d’hier tombe à pic. Il permet de justifier les représailles, d’augmenter la panique, la haine et le sentiment d’insécurité des individus. Il permet aux pays occidentaux de justifier leurs mesures d’exception et leurs interventions militaires au Moyen-Orient. Les talibans n’ont aucun intérêt à tuer des musulmans dans un attentat qu’ils revendiquent comme faisant partie de leur lutte contre leur ennemi chrétien. Ne s’agirait-il pas plutôt d’un attentat organisé ou facilité par des dirigeants de pays occidentaux? Ce ne serait pas la première fois. Pensons au 11-Septembre.

Lahore est une ville que j’ai visitée, il y a longtemps. Le Pakistan est un pays que j’ai aimé. J’y ai rencontré des musulmans merveilleux. Des gens intelligents, accueillants et réfléchis. Je suis heureuse d’avoir grandi dans ces pays du Moyen-Orient. Petite fille française, j’ai pu découvrir que les musulmans ne sont pas des monstres. Aujourd’hui, cela m’évite de tomber dans le piège des raccourcis et des préjugés.

Claude Jacqueline Herdhuin

Auteure, chercheure

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

Copyright © Claude Jacqueline Herdhuin, Mondialisation.ca, 2016

Voir les commentaires

Non, antisionisme et antisémitisme ne sont pas synonymes .

Publié le par Felli Bernard

Rony Brauman est un ancien président de Médecins sans frontières, professeur associé à l’Institut d’études politiques de Paris.
Rony Brauman est un ancien président de Médecins sans frontières, professeur associé à l’Institut d’études politiques de Paris.

Non, antisionisme et antisémitisme ne sont pas synonymes

Publié par Gilles Munier sur 30 Mars 2016, 07:59am

Catégories : #Sionisme

Voir les commentaires

BOMBE: Le capitaine Barril, ancien commandant du GIGN : « J’ai la preuve de qui a tué Litvinenko – Ce n’est pas la Russie »

Publié le par Felli Bernard

Le capitaine Barril
Le capitaine Barril

BOMBE: Le capitaine Barril, ancien commandant du GIGN : « J’ai la preuve de qui a tué Litvinenko – Ce n’est pas la Russie »

70

On ne présente plus le capitaine Barril, qui fut au cœur de toutes les opérations secrètes menées par la France à une certaine époque. Parce qu’il a parlé un jour, les foudres du ciel lui sont tombées sur la tête à maintes reprises, parfois avec l’aide et la complicité des médias. RI

***

Un ancien fonctionnaire français qui a occupé des postes importants dans la sécurité intérieure et le contre-terrorisme vient de faire une déclaration spectaculaire en annonçant qu’il détient des documents prouvant qu’Alexandre Litvinenko, l’espion russe qui est mort d’un empoisonnement au polonium, a été tué par les services spéciaux américains et britanniques.

Dans une longue interview qui sera publiée bientôt, il va plus loin, en disant que l’assassinat de Litvinenko était une opération des services spéciaux conçue pour diffamer la Russie et Vladimir Poutine, à laquelle le fameux oligarque russe Boris Berezovsky a participé, et a été tué lui-même par le MI6 quand il est devenu gênant. Il dit même qu’il connaît le nom de code de l’opération: « Beluga ».

Découvrez la

Oped News, lundi 27 Mars :

Opération Beluga: Un complot anglo-américain pour discréditer Poutine et déstabiliser la Fédération de Russie

Le célèbre expert en sécurité français Paul Barril vient de lâcher une bombe : l’existence de l’Opération Beluga, une opération secrète du système de renseignement occidental destinée à saper la Russie et ses dirigeants.

Est-ce la cause d’une grande partie de la rhétorique de menaces, devenue maintenant réciproque, entre les Etats-Unis et la Russie?

Barril a révélé l’Opération Beluga dans une récente interview avec l’homme d’affaires suisse Pascal Najadi au sujet de la mort d’Alexander Litvinenko en 2006. Litvinenko était connu comme un ancien espion dont beaucoup (en Occident : NDT) croient qu’il a été assassiné avec du polonium radioactif sur les ordres de Vladimir Poutine.

Najadi dit que l’entrevue parle de la révélation selon laquelle Litvinenko aurait été effectivement tué par « un Italien qui aurait administré le mortel polonium 210 « . Encore plus étonnant, il affirme que l’opération a été réalisée sous les auspices des États-Unis et au Royaume-Uni.

Dans mes livres, The Phony Litvinenko Murder et Litvinenko Murder Case Solved, j’ai écrit au sujet d’une connexion italienne. Mais je ne peux pas confirmer que Barril parle de la même personne.

Les allégations de Barril devraient être prises au sérieux. C’est un personnage de renom du renseignement français, connu en France comme le « Superflic ». Aux yeux du public français, il est une sorte de combinaison d’Eliot Ness, James Bond, et William Bratton. Pendant de nombreuses années, il a été le commandant en second du GIGN, la légendaire unité d’élite française des forces spéciales, placé en tête du classement » de badass » des forces spéciales dans le monde, et a occupé d’autres postes de haut rang dans la sécurité intérieure en France.

Depuis qu’il a quitté les services gouvernementaux, il s’est occupé de questions de sécurité comme entrepreneur privé pour les chefs d’Etat du Moyen-Orient, en Amérique latine et en Afrique. Il a été au centre de plusieurs controverses au fil des ans, et est un auteur très connu. Il ne fait aucun doute qu’il a accès à des renseignements au niveau de l’Etat qui lui donnerait une certaine perspective de cette affaire.

Dans l’interview, Barril affirme que Berezovsky a travaillé en étroite collaboration avec le MI6 et la CIA pour discréditer la Russie et Poutine, et que des sommes importantes de ces organismes sont passées par les mains de Berezovsky à destination de personnes participant à ces efforts. Barril dit Litvinenko a été l’un des porteurs de valises de Berezovsky, pour porter les fonds aux destinataire.

Extrait de l’interview:

«La Russie n’a rien à voir avec (l’assassinat de Litvinenko). L’affaire a été fabriquée depuis le début. Le Polonium a été choisi comme poison parce que, en raison de sa production en Russie, il impliquerait la Russie. L’objectif de l’ensemble de l’opération était de discréditer le président Poutine et le FSB. Cela a été fait parce que la Russie bloque les intérêts américains dans le monde entier, en particulier en Syrie. Ce fut une tentative d’affaiblir l’emprise de Poutine sur le pouvoir, de déstabiliser la Russie « .

Dans l’interview, Barril mentionne celui qui s’affiche ouvertement comme l’ennemi de Poutine, le financier William Browder, comme étant en étroite collaboration avec Berezovsky dans les efforts de discréditation. Il affirme aussi qu’il est sûr que Berezovsky a été assassiné par ses commanditaires des services secrets après que ceux-ci aient réalisé qu’il se comportait de façon erratique et qu’il fallait le réduire au silence avant qu’il n’aille tout balancer.

Enfin, il dit qu’il mettra ses preuves à la disposition d’une enquête publique sur l’affaire si elle est menée par une personne crédible. Il suggère Carla del Ponte comme un bon choix pour le faire, parce qu’il est convaincu qu’elle n’est pas sous le contrôle de la CIA.

Les allégations de Barril ne manqueront pas de soulever d’autres questions autour de l’assassinat de Litvinenko en 2006, qui a à nouveau fait la une des journaux en Janvier 2016, quand une enquête publique menée au Royaume-Uni dans cette affaire n’a pas réussi à rendre un verdict concluant.

Le cas date d’il y a 10 ans, mais suscite toujours un très large intérêt du public en raison des ingrédients de mort mystérieuse sur fond d’espionnage : barbouzerie d’espions – contre-espions, empoisonnements radioactifs, accusations (qui ont été définitivement démystifiées) selon lesquelles Poutine lui-même aurait «probablement» ordonné l’assassinat, discothèques minables, un oligarque en disgrâce qui finit mort mystérieusement dans sa salle de bains, veuves éplorées mises en vedette, d’absurdes « show » de procès politisés, grandes postures de politiciens, et bien plus encore.

Un auteur accompli dans le domaine des assassinats mystérieux aurait du mal à écrire quelque chose d’aussi surréaliste.

Traduction Avic – Réseau International

Source:http://russia-insider.com/en/politics/bombshell-french-counter-terror-boss-i-have-proof-who-killed-litvinenko-it-wasnt-russia

Voir les commentaires

Pour redresser la Syrie, Damas s'appuie sur la Russie, la Chine et l'Iran

Publié le par Felli Bernard

Pour redresser la Syrie, Damas s'appuie sur la Russie, la Chine et l'Iran

Pour redresser la Syrie, Damas s'appuie sur la Russie, la Chine et l'Iran

© REUTERS/ SANA

International

15:57 30.03.2016(mis à jour 16:03 30.03.2016) URL courte

Dossier:

Situation en Syrie (808)

81745270

Dans une interview accordée au directeur général de l'agence Sputnik, Bachar el-Assad a désigné la Russie comme un partenaire-clé dans le redressement du pays.

Selon le président syrien, Damas veut offrir aux entreprises russes un large espace dans le redressement de la Syrie.

"Le processus de redressement sera avantageux pour les entreprises qui y participeront, surtout si elles sont en mesure d'obtenir des prêts des pays qui les soutiennent. Bien sûr, nous nous attendons à ce que ce processus soit basé sur les trois principaux États qui ont soutenu la Syrie au cours de cette crise, à savoir la Russie, la Chine et l'Iran," a déclaré M.Assad dans un entretien à Dmitri Kisselev, directeur général de Sputnik.

© AFP 2016 Joseph Eid

Assad: Paris, Ankara, Riyad et Londres misent sur la défaite de l'armée syrienne

Selon M.Assad, la réponse de tout citoyen syrien, qu'elle soit politique ou émotionnelle, est que "nous accueillerons avant tout les entreprises de ces trois pays, principalement de Russie".

"Si on parle de l'infrastructure, elle couvre, non des dizaines, mais des centaines de différents domaines et spécialisations. C'est pourquoi, je pense que les entreprises russes auront un très large espace afin de contribuer au redressement de la Syrie", a conclu M.Assad.

La Syrie est depuis 2011 en proie à une guerre civile opposant gouvernement, groupes armés d'opposition et groupes djihadistes, qui a fait des milliers de morts et plusieurs millions de réfugiés.

© AFP 2016 SANA

Assad: la coopération avec la Russie sauvera la Syrie

Au cours de l'opération en Syrie les avions russes ont effectué près de 9.000 sorties et détruit des dizaines de milliers de sites de Daech (Etat islamique) et d'autres groupes extrémistes

Grâce à l'assistance russe, les troupes gouvernementales syriennes ont réussi à reprendre aux terroristes plus de 10.000 kilomètres carrés de territoire, y compris des localités d'importance stratégique, et à réduire l'envergure du trafic de pétrole réalisé par Daech.

Voir les commentaires

Syrie – La victoire de Palmyre change le discours occidental

Publié le par Felli Bernard

Syrie – La victoire de Palmyre change le discours occidental

Syrie – La victoire de Palmyre
change le discours occidental
par Moon of Alabama

mardi 29 mars 2016, par Comité Valmy

Syrie – La victoire de Palmyre
change le discours occidental

La libération de Palmyre est un tournant décisif dans la guerre contre la Syrie. Bien que l’armée arabe syrienne et ses alliés aient auparavant remporté des succès militaires, la publicité autour de la sécurisation des célèbres ruines romaines de Palmyre est d’une valeur bien supérieure à toutes les victoires antérieures. Elle va mettre fin en partie aux récits mensongers du conflit.

Le gouvernement syrien n’est plus « le régime d’Assad » et l’armée arabe syrienne n’est plus appelée les « forces d’Assad ». Ban Ki Moon, le chef de l’Organisation des Nations Unies, a félicité le gouvernement syrien de son succès :

Dans une conférence de presse en Jordanie, Ban a dit qu’il se sentait « encouragé » par le fait que le site du patrimoine mondial de l’UNESCO n’était plus aux mains des extrémistes et que le gouvernement syrien « soit maintenant en mesure de préserver et de protéger ce patrimoine culturel commun de l’humanité ».

Les équipements de guerre électroniques russes capables de brouiller les signaux électromagnétiques autour de Palmyre ont joué un grand rôle dans sa libération. L’État islamique a miné les ruines avec des engins explosifs improvisés, mais n’a pas réussi à les faire exploser à distance.

Le mythe selon lequel les gouvernements syrien et russe sont de mèche avec l’Etat islamique, répandu par divers propagandistes ainsi que par les gouvernements britannique et étasunien, ne tient plus. Mais on continue à lire d’autres mensonges :

Une discussion sur la façon dont Palmyre était tombé en premier lieu a été recouverte par les célébrations. Lorsque l’État islamique a capturé la ville en mai, les djihadistes ont rencontré peu de résistance de la part des troupes syriennes. A l’époque, les habitants ont dit que les officiers et les miliciens s’étaient enfuis dans les vergers en dehors de la ville, laissant les conscrits et les habitants seuls avec l’ennemi.

Cette description de la bataille n’a aucun sens. L’offensive de l’Etat islamique qui lui a permis de prendre Palmyre a pris treize jours, du 13 au 26 mai 2015. Il y a eu des combats intenses et plusieurs contre-offensives de l’armée syrienne au cours de ces journées. Après que l’Etat islamique ait finalement capturé la ville, l’armée syrienne s’est immédiatement préparée pour une opération plus importante pour reprendre la ville. Elle a été lancée avec succès en juillet 2015, mais, par manque de soutien aérien, les gains réalisés ont à nouveau été perdus, une semaine plus tard.

Pendant tous les combats autour de Palmyre de l’année 2015, l’armée de l’air des Etats-Unis, qui prétendait combattre l’Etat islamique en Irak et en Syrie, n’est pas du tout intervenue. ISIS était libre de se ravitailler à travers le désert ouvert de l’est de la Syrie.

Si l’État islamique a réussi à prendre Palmyre, c’est uniquement parce que les forces du gouvernement syrien devaient faire face, au même moment, à une très grande attaque d’Al-Qaïda et des forces djihadistes mercenaires de la CIA, dans le gouvernorat d’Idlib. L’armée syrienne a été obligée de retirer des troupes de Palmyre pour défendre Idlib et Latakia et les forces laissées derrière n’étaient plus assez nombreuses pour repousser l’attaque de l’État islamique.

L’attaque sur Idlib, pour laquelle la CIA a permis à ses forces de procuration de coopérer directement avec Al-Qaïda, a été soutenue par la guerre électronique de la Turquie qui a perturbé les communications militaires syriennes. Cette attaque où s’est illustrée la collaboration entre les djihadistes et les services secrets turcs et américains a décidé la Russie et l’Iran à d’intervenir dans le conflit avec leurs propres forces. Pour ces deux pays, la ligne rouge avait été franchie.

Ils se sont donc mis à laminer tous les « rebelles » qui représentaient un danger immédiat pour le gouvernement syrien. Après que la Turquie ait pris en embuscade un jet russe, toutes les forces « rebelles » soutenues par la Turquie sont devenus des cibles prioritaires. Lorsque le succès de des offensives à grande échelle à Latakia et autour d’Alep a été confirmé, la Russie a imposé un cessez-le feu aux forces soutenues par les Etats-Unis et au gouvernement syrien. Ce cessez-le feu a libéré les forces syriennes, iraniennes et russes nécessaires pour reprendre Palmyre. De là, l’attaque va progresser vers Deir Ezzor, à l’est, et ensuite vers Raqqa.

La victoire de Palmyre est la plus grande défaite de l’État islamique à ce jour. Cela pose un problème à l’administration Obama :

Washington a essayé de prétendre que la bataille contre l’État islamique était le projet des États-Unis et de ses alliés, tout en accusant Moscou d’attaquer les rebelles « modérés » au lieu des extrémistes. Palmyre semble personnifier une toute autre réalité.

Des félicitations, bien que toujours chargées de l’obligatoire rhétorique anti-Assad, arrivent maintenant d’horizons inattendus, comme le maire conservateur de Londres :

Je ne peux pas cacher ma joie à la nouvelle que Palmyre est reprise et que l’armée syrienne a vraiment repris le contrôle de tout le site de l’Unesco.

Les ruines ont peut-être été minées, mais les terroristes sont en fuite. Alors je dis Hourra ! Bravo ! Continuez comme ça !

Je me joins à lui.

Moon of Alabama
28 mars 2016

Traduction : Dominique Muselet

Voir les commentaires

Déchéance de nationalité : politiques et internautes raillent la «reculade» de François Hollande

Publié le par Felli Bernard

F.HOLLANDE
F.HOLLANDE

Déchéance de nationalité : politiques et internautes raillent la «reculade» de François Hollande

30 mars 2016, 15:43

Source: AFP

François Hollande

Alors que le président François Hollande a annoncé ce 30 mars l'abandon de la réforme constitutionnelle dont la mesure la plus polémique était la déchéance de la nationalité, les critiques des hommes politiques de tout bord et des internautes fusent.

Après avoir annoncé ce retrait, le président de la République a tenté de rassurer les français concernant les engagements pris contre le terrorisme.

Les critiques sont venues de toute part sur Twitter. Le président des Républicains, Nicolas Sarkozy, qui était justement favorable à cette déchéance de la nationalité à l'image de son parti a été un des premiers à s'exprimer. «A force de promettre tout et son contraire, François Hollande a créé les conditions de l'échec», a-t-il déclaré.

Un des cadres du parti, Nathalie Kosciusko-Morizet a même évoqué une «déchéance de l'autorité présidentielle».

Autre cadre et candidat à la primaire Les Républicains en vue de l'élection présidentielle de 2017, Bruno Le Maire, a qualifié cette reculade de «tout ce qu'on ne veut plus voir en politique».

Le président du Sénat, Gérard Larcher, a voulu remettre les choses au clair concernant les mauvaises langues qui critiquaient l'attitude du Sénat qui avait réclamé des modifications dans cette réforme avant de la voter.

Une «déchéance de la fonction présidentielle»

Pendant ce temps le Front National n'a pas manqué de réagir notamment par l'intermédaire du vice-président du parti, Florian Philippot.

Le député européen frontiste Bruno Gollnisch a également évoqué une «déchéance de la fonction présidentielle». «C’est la fin d’une manœuvre politicienne par laquelle M. Hollande essayait d’une part de faire croire qu’il faisait quelque chose de sérieux contre le terrorisme et d’autre part de diviser son opposition de droite parlementaire. Et en réalité il a réussi qu’à diviser son propre camp», a-t-il déclaré à RT France.

A gauche, Jean-Luc Mélenchon qui est déjà candidat à la prochaine Présidentielle, n'a pas caché sa satisfaction.

Le Parti de Gauche qualifie ce renoncement de «défaite salutaire».

«Et maintenant, la loi Travail ?»

De nombreux internautes se sont insurgés contre l'abandon de cette réforme.

Certains appellent également de leurs voeux un retrait de la loi travail.

D'autres rejettent les «politiciens» dans leur intégralité.


Des internautes préfèrent se rappeler de l'ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira qui avait démissionné du gouvernement en janvier dernier à cause de l'annonce de la déchéance de la nationalité dans le projet de loi.

Lire aussi : François Hollande sur la déchéance de nationalité : «J'ai décidé de clore le débat constitutionnel»

France

Déchéance de nationalité : politiques et internautes raillent la «reculade» de François Hollande

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>