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Russie, Syrie, Turquie : un accord pour agir en Syrie

Publié le par Felli Bernard

Russie, Syrie, Turquie : un accord pour agir en Syrie

Russie, Syrie, Turquie : un accord pour agir en Syrie

Par Valentin Vasilescu – Le 1er septembre 2016 – Source Katehon


Si la Russie le voulait, elle pourrait déployer trois divisions blindées en Syrie dans les 72 heures et ainsi résoudre définitivement le problème des rebelles islamistes. Les États-Unis pourraient faire la même chose, dans leur poursuite de l’éviction de Bachar al-Assad du pouvoi
r.

Par conséquent, la participation des deux puissances en Syrie et les combats ont été exécutés principalement par procuration, tandis que chacune des deux grandes puissances essaie de tricher avec l’autre. Cet équilibre a été perturbé par l’intervention militaire turque dans le nord de la Syrie. L’intervention aurait pu ruiner les règles établies entre les États-Unis et la Russie. Toutefois, les choses ont été clarifiées et il y a une chance inespérée de conclure rapidement les hostilités en Syrie.

Après le 24 août 2016, date à laquelle l’armée turque a lancé l’opération autour de la ville de Jarablus, plusieurs séries de pourparlers – dont les derniers à Bagdad – ont eu lieu entre des officiers russes, syriens et turcs, sur la limitation et le contrôle des actions de la Turquie. Après le coup d’État manqué, la Turquie n’est plus la Turquie agressive qui abattit le jet russe Su-24 à la fin de 2015. Par conséquent, les sources turques disent qu’un consensus sur plusieurs points a été finalement atteint, en termes de limitation de l’opération turque Euphrates Shield en Syrie du Nord, conformément aux intérêts syriens. Des officiers de l’armée russe ont été acceptés comme arbitres, pour aider à contrôler les planificateurs de l’opération turque Euphrates Shield.

Le premier point imposé à la Turquie était un seuil en termes de forces déployées par son armée en Syrie, qui est de ne pas dépasser 8 000 soldats, soit deux brigades mécanisées, un régiment d’artillerie, un bataillon des forces spéciales, un escadron de F-16, et un composite d’hélicoptères, véhicules d’assaut amphibie et véhicules de transport.

Le deuxième point d’accord était la région, en Syrie, où l’armée turque pouvait se déplacer pour éliminer les combattants de État islamique. Il s’agit d’une bande entre les villes de Quarah Koubri et Jarablus (90 km) avec une profondeur de 30km depuis la frontière turco-syrienne. Dans le même temps, la Turquie s’est engagée à ne pas autoriser les militants rebelles de la FSA (Armée syrienne libre) à agir dans cette bande de façon indépendante, sans ordre des unités de l’armée turque.

Bien que l’armée syrienne soit intervenue dans la défense des combattants kurdes YPG entourés par des rebelles islamistes dans le quartier Sheikh Maqsoud d’Alep le 21 août 2016, le YPG a attaqué l’armée syrienne dans la ville d’Al-Hasaka, et l’a conquise. Par conséquent, il est également inclus dans le second ensemble de points, que l’armée turque a la permission du gouvernement syrien de chasser de la rive orientale de l’Euphrate (même en combattant) les rebelles kurdes (YPG) qui ont conquis la ville de Manbij aux mains d’État islamique avec l’aide des forces spéciales américaines. Le système de missiles russes S-400 n’abattra pas les avions turcs opérant au-delà de la bande km 90×30 si elles agissent contre les terroristes du PKK.

Le troisième point convenu concerne le retrait de la plupart des groupes rebelles contrôlés par les services de renseignement turcs, dans les zones de combat autour de la ville d’Alep et dans le gouvernorat de Lattaquié. Cette manœuvre permettra à l’armée syrienne d’atteindre la victoire finale dans la bataille pour Alep.

La Turquie promet que lorsque l’offensive des volontaires iraniens et de l’armée syrienne pour encercler et liquider État islamique commencera, les Turcs mettront en œuvre des forces et des moyens en même temps que l’armée syrienne. Peu importent les actions que les Kurdes mèneront contre État islamique, la Turquie va créer un cordon de sécurité le long de la frontière syro-turque, pour empêcher la dispersion des combattants de État islamique vers d’autres pays.

Valentin Vasilescu

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