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Le Dieselgate mériterait des peines de prison, selon un représentant onusien

Publié le par Felli Bernard

Le Dieselgate mériterait des peines de prison, selon un représentant onusien

Les fraudeurs impliqués dans des affaires comme le Dieselgate devraient encourir des peines de prison pour avoir violé les règles sur la pollution de l’air, estime le directeur du programme onusien de l’environnement.

« Les fraudes doivent être punies », a assuré Erik Solheim, directeur exécutif du programme des Nations unies pour l’environnement.

« Il faut sévir sévèrement face aux entreprises, au niveau économique », mais il doit également y avoir des conséquences « personnelles », a-t-il ajouté. « Nous devons défendre les entreprises qui font ce qu’il faut et dénoncer publiquement les autres. Dans les cas les plus graves, il faudrait également punir et condamner », a-t-il estimé suite à une question sur la possibilité de peines de prison.

En septembre 2015, il a été révélé que Volkswagen, et sans doute d’autres constructeurs, avait floué les tests d’émission de ses véhicules au diesel, au détriment de l’environnement et de la santé humaine.

Si VW a promis des milliards de dollars de compensation aux conducteurs américains, la société a refusé de couvrir également les 8,5 millions de véhicules concernés en Europe.

« J’apprécie le pouvoir des entreprises, mais nous devons sévir face à celles qui se comportent mal », a poursuivi Erik Solheim.

Cet ancien ministre de l’Environnement et du Développement international norvégien a pris la tête du programme pour l’environnement au mois de mai, était interrogé au lendemain de révélations sur le fait que certains pays européens, comme la France, l’Italie et l’Espagne, avaient retardé l’adoption de tests plus stricts pour les moteurs de voitures.

Les tests actuels ont permis aux émissions de dépasser les limites légales, selon le projet de conclusions de l’enquête du Parlement européen sur le Dieselgate.

Les eurodéputés estiment néanmoins que ces retards concernant l’adoption d’une réglementation plus stricte sont également dus à la Commission européenne. L’exécutif européen tentait de protéger le puissant lobby des constructeurs automobiles après la crise de 2008, ont estimé les députés.

>> Lire : Bruxelles envisage la création d’une agence pour éviter un nouveau Dieselgate

Poursuites judiciaires

« Le Dieselgate ne se serait pas passé si nos gouvernements nationaux et la Commission européenne avaient agi », souligne Gerben-Jan Gerbrandy, libéral néerlandais. Au début du mois, la Commission a lancé des poursuites judiciaires contre sept pays qui ne réglementent par correctement les émissions.

« Si vous permettez aux gens de tricher impunément, de plus en plus de gens tricheront », a martelé Erik Solheim, qui rencontrait des représentants européens à Bruxelles pour parler des objectifs de développement durable. « La leçon à tirer de VW est que le secteur privé doit être le moteur du changement et que les gouvernements doivent réguler les marchés. »

Le Norvégien a souligné que les grands constructeurs automobiles investissaient dans les voitures électriques, qui limiteront les émissions de gaz à effet de serre.

Trump ne brisera pas la lutte contre le changement climatique

Erik Solheim a également été interrogé sur l’élection à la présidence américaine de Donald Trump, climatosceptique notoire. Certains craignent en effet que Donald Trump ne retire les États-Unis de l’accord de Paris, conclu lors de la COP 21 et censé limiter le réchauffement climatique au niveau mondial.

« Si le pire se réalise, je serai toujours confiant », a-t-il répondu, parce que les énergies renouvelables non polluantes continueraient à attirer de l’investissement. « Les États-Unis continueront dans la bonne direction, parce que le changement est mené par l’investissement et le secteur privé. »

>> Lire : Le système d’échange de CO2 menacé par la victoire de Trump

Il a cependant espéré que toute future réticence américaine ne serait pas utilisée comme excuse par d’autres États membres pour revoir leurs ambitions à la baisse.

« Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est la tendance [des climatosceptiques] à ‘choisir’ leur propre science », a-t-il estimé. « La science est ce qui nous a amenés où nous sommes. Sans la science, nous n’aurions pas eu la révolution industrielle. L’idée que l’on puisse choisir une version scientifique est complètement ridicule et dangereuse. Si vous acceptez que la science puisse nous emmener dans l’espace, vers la lune, ou Mars, il faut fonder sa société sur la science. »

>> Lire : Trump président, quel impact sur l’énergie et le climat?

Contexte

Les autorités américaines ont découvert que Volkswagen a conçu des logiciels, pour près de 500 000 voitures à diesel, destinés à truquer les données d'émissions lors des tests en laboratoire. Les experts considèrent qu'il est plus difficile de flouer les tests sur route.

Les présidents des commissions parlementaires de l'Environnement, du Transport et du marché interne et de l'Industrie ont décidé d'enquêter sur la manière dont les voitures Volkswagen ont pu déjouer les systèmes de tests sans que la fraude ne soit détectée par la Commission.

>> Lire : Le scandale Volkswagen interroge sur le futur encadrement des émissions des transports

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