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Qui sont les véritables ennemis des États-Unis et de leur sécurité nationale ?

Publié le par Felli Bernard

Qui sont les véritables ennemis des États-Unis et de leur sécurité nationale ?


Les nouvelles allégations selon lesquelles le président élu Trump pourrait être contrôlé par le Kremlin grâce à des renseignements compromettants sont sans précédent dans l’histoire et la politique américaines


Par Stephen F. Cohen – Le 11 Janvier 2017 – Source The Nation  via John Batchelor Show

Stephen Cohen, contributeur à la rédaction de l’hebdomadaire The Nation, et l’animateur de radio John Batchelor poursuivent leurs entretiens hebdomadaires sur la Nouvelle Guerre froide USA – Russie (les entretiens précédents se trouvent sur le site TheNation.com). L’entretien de cette semaine suit immédiatement les allégations selon lesquelles le Kremlin détient des documents compromettants, où il est question aussi bien de sexe que de finance, et qui permettraient d’exercer un chantage sur le Président nouvellement élu Trump. La chaîne CNN a été la première à divulguer ces documents le 10 janvier, en début de soirée. Ces fuites ont déclenché à leur tour toute une série d’articles de presse et d’émissions TV. Ces documents de nature compromettante ont été publiés intégralement par Buzzfeed. La publication par ce tabloïd bon marché d’allégations reconnues comme étant « sans fondement » et « non vérifiées » ne manque pas de soulever des questions.

 

Dans sa discussion avec John Batchelor, Cohen relève les points suivants :

Deux interprétations contradictoires sont possibles. Soit Trump est en passe de devenir un président américain potentiellement séditieux, soit des forces sont à l’œuvre aux États Unis pour lui porter atteinte et compromettre sa présidence, avant même qu’il n’entre en fonction. Même si ces allégations se révèlent finalement fausses, elles pourraient salir Trump définitivement et le paralyser dans sa politique extérieure. Sa tentative de mettre un frein à la Nouvelle Guerre froide avec la Russie serait ainsi compromise, ce qui constituerait une menace sérieuse pour la sécurité nationale des États-Unis et pourrait déboucher sur une confrontation de la même gravité que la crise des missiles de 1962 à Cuba. En diffusant de fausses allégations de cette ampleur, les forces américaines qui s’opposent à Trump constituent une menace pour la sécurité des États-Unis et devraient faire l’objet d’une enquête publique approfondie.

Le moment choisi pour faire ces révélations les rendent douteuses, ajoute Cohen. Elles interviennent juste après le « rapport » bidon des différentes agences de renseignements, rapport selon lequel le Président russe Poutine aurait dirigé une campagne visant à discréditer Mme Clinton et mettre Trump à la Maison Blanche, en piratant le Comité du parti démocrate. Bien que les médias conventionnels aient aussi repris à leur compte cette affabulation, elle a eu beaucoup moins d’impact que ce qu’on pouvait attendre. Dans son édition du 7 janvier et sous la signature de Scott Shane, le New York Times, malgré sa ligne  résolument anti-Trump et anti-Poutine, a conclu qu’il manquait dans ce rapport conjoint des trois agences « les faits permettant de confirmer les assertions de ces agences », tout en constatant « une absence totale de preuves ». Les faits allégués qui ont été divulgués par l’ancien agent de renseignements britannique – son propre rapport ayant été apparemment concocté à partir de ragots qui circulaient depuis longtemps dans les médias russes, américains et ceux de l’OTAN – constitueraient un effort désespéré pour « stopper Trump ».

Cohen relève que même avant cette toute dernière « révélation », une campagne sans précédent a été lancée dans les médias pour dénigrer Trump et en faire un traître potentiel, du fait de ses relations avec la Russie. Le 4 janvier en soirée, quand un journaliste payé par CNN a qualifié le futur président de « cinquième colonnard », personne sur le plateau ne l’a contredit ou n’a dit mot. Dans la foulée, un éditorialiste du Washington Post a dénoncé le fait que Trump pourrait avoir commis une « trahison » en tant que président en voulant conclure avec Poutine une réplique du Pacte germano-soviétique de 1939. Un autre de ses confrères a énoncé les motifs d’un « impeachment », avant même qu’il ne soit entré en fonction. Encore une fois, on n’a jamais vu dans toute l’Histoire moderne de l’Amérique une conjoncture aussi délétère ou potentiellement aussi néfaste à la sécurité nationale et à l’institution de la présidence.

D’un bout à l’autre, les médias américains anti-Trump ont donné des motifs suffisants pour que l’on doute de la qualité et des motivations des services de renseignement. En rappelant les nombreux exemples où la CIA a poussé les présidents américains à entreprendre des guerres désastreuses, à commencer par la Baie des Cochons et la guerre du Vietnam, jusqu’à l’Irak et à la Libye, Cohen se demande pourquoi on pourrait penser que la CIA est de bon conseil. Pour leur sécurité, les États-Unis ont besoin d’un président capable d’évaluer de façon critique les rapports des services secrets ou entouré de gens susceptibles de le faire. Savoir si Trump et les personnes qu’il a désignées pour son cabinet sont en mesure de le faire est une autre question.

Tout ceci intervient à la veille de l’audition de Rex Tillerson, en vue de sa confirmation au poste de Secrétaire d’État. Peu de gens doutent que Tillerson ait été un bon président à la tête d’Exxon Mobil, bien qu’il soit accusé d’avoir profité de son succès pour devenir un « ami de Poutine ». Cohen réplique que les États-Unis n’ont pas besoin d’un ami au Kremlin, mais d’un partenaire dont les intérêts nationaux sont suffisamment compatibles pour permettre une coopération durable et favoriser la détente plutôt que la Guerre froide. À cet égard, Tillerson, dont le succès vient du fait qu’il a su réconcilier des intérêts nationaux, paraît bien qualifié, même si lui aussi a été dénigré pour avoir proposé de coopérer avec Moscou, quels qu’aient été les avantages qui en ont découlé pour la sécurité des États-Unis.

En conclusion, Batchelor demande ce que Poutine doit penser de ce tumulte politique. Cohen répond que l’on se méprend de façon générale sur ce qui motive Poutine dans son exercice du pouvoir, en ramenant tout au fait qu’il est un ancien « agent du KGB » et que les médias ont collé cette étiquette à son nom. Par ailleurs, Cohen relève que le curriculum du président russe lui permet d’analyser les rapports de services secrets et de comprendre les conflits qui peuvent surgir au sein de grandes agences de renseignements. Poutine a pu être choqué par l’insuffisance gênante du rapport produit par les trois agences de renseignements et en venir à reconsidérer la coopération qu’il a proposée depuis longtemps entre les services américains et russe contre le terrorisme international. Poutine pourrait en venir à conclure qu’ils ont plus besoin de nous que nous d’eux.

Batchelor et Cohen tombent d’accord pour dire qu’au vu des dernières « révélations » sur Trump, le pire est à craindre. Mais si la politique américaine et le fonctionnement de la présidence elle-même doivent reposer sur des faits avérés et tant que ces faits ne seront pas fournis, on devra conclure que cette Guerre froide s’avère encore plus dangereuse que la précédente et que les États-Unis sont entrés  dans une période bien sombre de leur histoire, sur le plan intérieur également.

La déclaration de guerre des néocons contre Trump

Par le Saker – Le 11 janvier 2017 – Source The Saker Après plusieurs faux départs plutôt boiteux, les néocons ont maintenant franchi une étape qui ne peut qu’être qualifiée de déclaration de guerre contre Donald Trump. Tout a commencé par un article publié par CNN intitulé Intel chiefs presented Trump with claims of Russian … Lire la suite de

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Brexit : Goldman Sachs veut délocaliser vers l’Allemagne

Publié le par Felli Bernard

Brexit : Goldman Sachs veut délocaliser vers l’Allemagne

Une partie des équipes londoniennes pourrait également aller en Pologne, en France et en Espagne.
Une partie des équipes londoniennes pourrait également aller en Pologne, en France et en Espagne.(Crédits : © David Gray / Reuters)

La presse allemande donne cette information, alors que les établissements de la City craignent de perdre leur « passeport européen ».

Après HSBC, qui a annoncé le transfert de 1.000 emplois de Londres à Paris, Goldman Sachs envisagerait de se réorganiser après le Brexit. Selon le journal allemand Handelsblatt daté de jeudi, la banque américaine prévoirait de délocaliser jusqu’à 1.000 emplois à Francfort.

Le quotidien explique que « le nombre des employés en Grande-Bretagne devrait être divisé par deux pour atteindre 3.000 environ car l’institut (de crédit) veut déplacer des postes au sein de l’Europe et vers son siège à New York ». Toujours selon la même source, il s’agirait de transférer « des salariés liés aux opérations de négoce et des banquiers de haut vol« , afin de profiter de la présence dans la capitale financière allemande du superviseur bancaire européen chapeauté par la Banque centrale européenne (BCE).

Crainte pour l’activité

Une partie des équipes londoniennes pourrait également aller en Pologne, en France et en Espagne, tandis que certains salariés rejoindront le siège new-yorkais, poursuit le Handelsblatt.

Avec le Brexit, les établissements internationaux dont le siège européen est à Londres risquent de perdre le privilège (« passeport européen ») leur permettant de faire des affaires dans les 28 pays de l’UE avec la seule licence britannique et cherchent des implantations alternatives pour certaines de leurs activités. Francfort, Paris et Dublin sont notamment sur les rangs. (source)

 
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Publié par le 19 janvier 2017 dans général, International, Politique

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RT baillonnée la veille de l'investiture de...

Publié le par bernard felli

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Incertitude politique en Irak post-Daech

Publié le par Felli Bernard

Incertitude politique en Irak post-Daech


Par Andrew Korybko et Hamsa Haddad – Le 9 janvier 2017 – Source Oriental Review

Le futur politique de l’Irak est encore incertain à cause de l’approfondissement des divisions du pays entre ses différentes composantes chiite, sunnite et kurde, qui ont été exacerbées par Daesh au cours des dernières années. Certes, l’Irak est depuis 2003 miné par des violences communautaires, mais jamais auparavant ces trois communautés n’ont été aussi éloignées l’une de l’autre. Jusqu’à présent, aucune n’avait de base sérieuse pour proclamer sa quasi-indépendance, à part bien sur les Kurdes, mais même Erbil (capitale de la région autonome du Kurdistan irakien, appelée Hewlêr en kurde, NdT) ne pouvait espérer proclamer son indépendance tant que l’armée irakienne projetait une image de puissance dans tout le pays.

Cependant, il s’agissait exactement de cela, une simple image de puissance, comme en atteste la rapidité avec laquelle l’armée irakienne a reculé devant l’offensive de Daech à l’été 2014. La situation actuelle de dramatiques divisions communautaires en Irak est directement liée à cette période au cours de laquelle le soi-disant État irakien unifié a cessé d’opérer dès lors que son pouvoir s’est retrouvé confiné à la seule ville de Bagdad, et encore pas dans tous les quartiers.

L’actuelle campagne de libération de la ville de Mossoul progresse au ralenti, une situation qui peut être attribuée à la dangereuse méfiance mutuelle que se portent toutes les factions « alliées », ainsi qu’à l’effort des États-Unis d’exacerber cette méfiance mutuelle afin de mieux « diviser pour régner » sur ce qui est de facto son ancienne colonie irakienne. De plus, l’intrusion de deux autres puissances étrangères, en plus des États-Unis, de la Turquie et de l’Iran, a transformé l’Irak en une zone de conflits par procuration, à l’instar de la Syrie et de l’Afghanistan.

Pour simplifier, la Turquie soutient le Gouvernement régional du Kurdistan d’Irak [abrégé en GRK, NdT] à cause des liens étroits avec Ankara cultivés depuis des années par son dirigeant Massoud Barzani, tandis que l’Iran soutient les milices chiites, et les États-Unis l’armée régulière irakienne et quelques tribus sunnites triées sur le volet. Même s’il existe des rapports faisant état de tensions entre les Kurdes et les chiites (et plus généralement on pourrait dire entre la Turquie et l’Iran par le biais de leurs alliés sur le terrain en Irak), le détonateur d’une guerre civile potentielle en Irak se situe entre les sunnites et chacun des deux autres groupes.

De plus, le pouvoir à Bagdad, quelle que soit la faction ethnico-religieuse qui le domine à un moment donné, est réticent à décentraliser l’État plus qu’il ne l’est déjà, ce qui signifie que le pouvoir à Bagdad résistera à toute tentative de développement d’un fédéralisme identitaire dans un environnement politique débarrassé de Daech, même s’il est difficile d’affirmer qu’il risquerait une guerre civile sur cette question.

Ceci nous amène à analyser l’éventualité d’une nouvelle période de violences communautaires après que l’Irak soit nettoyée de l’engeance que représente Daech. Ni l’Iran ni la Turquie ne veulent voir leur voisin commun plongé dans une guerre sans fin, même s’ils ont tous les deux des intérêts à protéger au sein même du territoire irakien. Toutefois, étant donné la nouvelle lune de miel dans laquelle convolent Téhéran et Ankara depuis l’échec du coup d’État fomenté par les États-Unis contre Erdogan, il est peu probable qu’ils se risquent unilatéralement à des manœuvres dangereuses qui pourraient être interprétées par l’autre partie comme susceptibles de déclencher une guerre civile. Ainsi, il est probable que ces deux puissances moyen-orientales soutiennent une initiative tendant à faire de l’Irak un État fédéral, avec la création légale de trois micro-États indépendants de fait les uns des autres, basés sur les trois communautés identitaires qui peuplent l’Irak aujourd’hui.

Pour être honnête, la minorité sunnite pro-américaine est aussi, d’une certaine façon, en faveur d’une telle solution, et a milité auparavant en ce sens. Le problème, tel que cette minorité le perçoit, est que les régions kurde et chiite de cet Irak fédéral contiennent la majorité des réserves pétrolières du pays et concentrent la majeure partie de l’activité économique du pays. Cela signifie que la partie sunnite de cet arrangement territorial serait la plus pauvre et sous-développée, ce qui ne manquerait pas de devenir un terreau fertile pour la propagation d’idéologies radicales, et la prolongation de sympathies pour Daesh. Même si la partie sunnite du pays parvenait à obtenir un partage des revenus pétroliers de la part des deux autres entités, ce qui est hautement improbable, cela ne constituerait aucunement un palliatif à ses lacunes économiques et idéologiques. Ainsi, quelle que soit la constitution de l’Irak post-Daech, de nature fédérale ou autre, il apparaît que la partie sunnite du pays restera la plus potentiellement belligène et sujette à des influences et provocations extérieures, ce qui semble expliquer pourquoi cette solution a la faveur des États-Unis.

Washington a compris que cette communauté sunnite peut constituer une plate-forme fiable pour la déstabilisation du champ de bataille interconnecté qu’est devenu le Syrak (Syrie et Irak). Même si les Kurdes peuvent fort bien remplir la même fonction stratégique, et ils le font déjà à l’heure actuelle du fait de leurs liens étroits avec les États-Unis et Israël, il y a de fortes chances que le concert tripartite des grandes puissances que forment la Russie, l’Iran et la Turquie réussirait à neutraliser, ou tout du moins à diluer cette menace stratégique.

À l’opposé, il est moins sûr qu’ils y parviendraient de la même manière avec les communautés transnationales et ultra-traditionnelles sunnites qui peuplent les zones rurales du Syrak : en effet, la diffusion d’images de la neutralisation des minorités sunnites serait extrêmement dommageable et pourrait provoquer des tensions régionales, sans parler d’un possible éclatement de cette tripartite russo-irano-turque naissante, si la majorité sunnite venait à être isolée [par les États-Unis et Israël, NdT] d’une Turquie musulmane influencée par les Frères musulmans.

Dans un avenir proche, le rapport de force en Irak post-Daech, qui dépend largement de la campagne actuelle de libération de Mossoul, nous donnera une indication claire de la direction politique que prendra l’Irak. La possibilité d’un conflit ethnique précédant ou suivant immédiatement la fin de cette campagne militaire est très élevée, et les États-Unis et leurs alliés du Golfe pourraient très bien créer les conditions pour la réalisation de ce scénario, afin de mieux pouvoir diviser pour régner dans la région du Syrak, tout en créant des difficultés nouvelles pour la Turquie et l’Iran.

Le scénario idéal verrait un Irak revenir à sa structure politique antérieure, à savoir un État reposant sur des tensions communautaires mais « unifié ». Cela semble toutefois impossible, ce qui signifie qu’il est bien plus probable qu’un fédéralisme identitaire soit largement instauré dans le futur. Cela amènera son lot de difficultés, à savoir sur la réorganisation territoriale du pays, en particulier au sujet des revendications kurdes sur la région de Kirkouk. Il faut anticiper d’autres problèmes au sujet du partage des revenus pétroliers, de l’organisation des forces armées de chaque micro-État, de la division de Bagdad, et de l’autorité hypothétique que détiendront le gouvernement central et ses différents corps (militaire, fiscal, diplomatique, etc.) sur chacune des trois entités.


Andrew Korybko est un commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence de presse Sputnik. Hamsa Haddad est un chercheur syrien basé à Moscou.

Article original paru sur New Eastern Outlook

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L’Amérique contre l’État Profond

Publié le par Felli Bernard

L’Amérique contre l’État Profond


Par James Howard Kunstler – Le 9 Janvier 2017 – Source kunstler.com

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Un mensonge répété un millier de fois devient une vérité. Joseph Goebbels, ministre nazi de la Propagande

Le public est presque complètement déboussolé. L’État profond a convaincu 80 % des Américains que toutes les informations sont de la propagande, en particulier les nouvelles émanant des propres services de renseignement de l’État profond. Ils sont toujours au taquet. La plus fausse de toutes les histoires de « fausses nouvelles » se révèle être… le « piratage électoral par la Russie ». Elle a été rapportée de façon concluante samedi en première page du New York Times, une filiale en propriété exclusive de l’État profond  :

Poutine a dirigé un schéma complexe de cyber-attaques à l’aide de Trump, révèle le rapport.

WASHINGTON – Le président de la Russie, Vladimir V. Poutine,  a dirigé une vaste cyber-attaque visant à contester à Hillary Clinton la présidence et installer Donald J. Trump dans le bureau ovale, ont indiqué les agences de renseignement principales de la nation dans un rapport extraordinaire livré ce vendredi à M. Trump.

 

Vous pouvez être sûr que c’est maintenant le récit « officiel » destiné aux livres d’Histoire, scellant l’illégitimité de l’élection de Trump. Il a été servi sans aucune preuve directe, avec seulement les « affirmations » répétées que ça s’est passé ainsi. En fait, c’est précisément cette répétition d’affirmations sans preuves qui définit la propagande. Donc cela peut être interprété comme une déclaration de guerre contre le président entrant. La deuxième guerre civile prend maintenant forme : cela commence à l’intérieur même du gargantuesque appareil de gouvernement gémissant. Peut-être qu’après, cela va se propager aux parkings de WalMart, dont beaucoup sont devenus les nouvelles places de centre-ville de l’Amérique. (WalMart vend des fourches et des torches.)

Est-ce que sont les Russes qui ont créé une mauvaise image d’Hillary Clinton ? Ou est-ce qu’Hillary Clinton a réussi à le faire elle-même ? La propagande de la NSA [Plutôt la CIA ?, NdT] a été conçue comme un écran de fumée pour cacher la véracité des Wikileaks publiés. Quel que soit celui qui a envoyé les e-mails de la DNC et de Podesta vers Wikileaks, il devrait obtenir le prix Pulitzer pour le service public exceptionnel d’avoir précisément divulgué à quel point Hillary et ses soutiens étaient malhonnêtes.

L’histoire peut avoir atteint son paroxysme avec le briefing de vendredi de Trump avec les chefs des agences de renseignement, tous réunis dans une salle pour souligner l’autorité solennelle de la puissance de l’État profond. Trump a travaillé un beau morceau de ju-jitsu après, faisant semblant d’accepter la conclusion aussi brièvement et aussi faussement que possible et en promettant de « se pencher sur la question » après le 20 Janvier – quand il pourra ouvrir un nouveau trou du cul dans les fesses de la CIA. J’espère qu’il va le faire. Cet appareil de sécurité, lourdaud, est devenue une menace pour la République.

Que Trump lui-même soit une menace pour la République, cela reste à voir. Certes, il est le bouc émissaire désigné pour toute la dépravation économique et financière de plusieurs administrations précédentes. Lorsque les marchés vont exploser, pensez-vous que les Russes en seront accusés ? Est-ce Boris Eltsine qui a abrogé le Glass-Steagall Act ? Est-ce que Ben Bernanke était une marionnette de Poutine ? Non, les actes et les acteurs étaient ici, aux États-Unis. Depuis plus de trente ans, nous avons emprunté trop d’argent pour nous permettre de prétendre vivre dans un show de stock-car au rabais. Et maintenant, nous ne pouvons plus le faire. La réalité des capitaux physiques va enfin s’affirmer.

Ce que nous voyons en fait, dans le cérémonial actuel entre l’arrivée de Trump et la sortie d’Obama, c’est l’épave fumante du Parti démocrate (dont je suis encore malheureusement adhérent), et les flammes qui se propagent vers le Parti républicain alors que des idiots tels que Lindsey Graham et John McCain ont battu leurs tambours de guerre contre la Russie. Le suave M. Obama sort de la scène sur une petite vague d’hystérie et Trump, le malotru, surfe dessus comme sur un nuage, rediffusant ses tweets tombés du ciel. Et peut-être est-ce une bonne chose que le peuple américain, pour le moment, ne puisse pas dire exactement quel est ce bordel qui s’est abattu sur ce pays, parce que depuis ce lieu lugubre, il n’y a nulle part ailleurs où aller que vers la clarté.

Il ne sera pas aidé par l’organe officiel de l’État profond, le New York Times. Il suffit de regarder la façon dont ils ont joué l’autre grande histoire la semaine dernière, celle de ce jeune homme handicapé, torturé par quatre jeunes gens à Chicago. Quelqu’un peut-il dire ce qui ne va pas avec cette image ?

James Howard Kunstler

Note du Saker Francophone

Ce qui est drôle au sujet du « piratage » russe, c'est que c'est vrai. Nous sommes tous manipulé par la Russie. Les Russes disent des choses que les faits approuvent ! C'est fou ça. Cela s’appelle même la vérité. La nuance, c'est que s'ils devaient commencer à diffuser une propagande un peu grossière, on peut espérer que rapidement les médias alternatifs leur tomberaient aussi dessus. Mais allez expliquer ça à des zélites enfermées dans leurs narratives.

Puisque Kunstler termine sur l'affaire du jeune handicapé torturé, même lui pourtant très honnête sur les réalités raciales aux USA, n'arrive pas à dire les faits dont voici un commentaire sur un site alternatif concernant la vidéo qui circule sur cet acte barbare : « It shows a group of Four African-Americans people torturing a white mentally disabled man while someone yelled F*** Trump ! and F*** white people ! ». Une vidéo Facebook Live montre un groupe de quatre Afro-Américains torturant un homme blanc mentalement handicapé alors que quelqu'un crie « F *** Trump ! » et « F *** les Blancs! » Ou alors c'est du second degré...

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Ces prêtres qui ont sauvé les héros d’Un sac de billes, deux enfants juifs fuyant la Gestapo

Publié le par Felli Bernard

Ces prêtres qui ont sauvé les héros d’Un sac de billes, deux enfants juifs fuyant la Gestapo

 

L’adaptationde Un sac de billes, récit autobiographique de Joseph Joffo, enfant juif fuyant les Allemands pendant la guerre, sort mercredi 18 janvier au cinéma. Dans le livre, l’auteur racontait comment des prêtres l’avaient aidé, avec son frère, à échapper à des arrestations.

Maurice et Joseph Joffo en compagnie d’un prêtre qui les aide à échapper à un contrôle allemand malgré leur absence de papiers en règle. / Allocine.fr

Dans Un sac de billes, Joseph Joffo racontait sa traversée de la Seconde Guerre mondiale avec son frère Maurice, enfants juifs fuyant la Gestapo à travers la France. Un film éponyme sort mercredi 18 janvier au cinéma. L’occasion de se pencher sur plusieurs figures de prêtres émaillant le récit, aidant les enfants à échapper aux camps de concentration. Le père des enfants Joffo ne reviendra d’ailleurs pas d’Auschwitz où il a été déporté le 20 novembre 1943.

Lire aussi : « Un sac de billes », deux enfants Juifs sous l’Occupation

Début 1942, les parents Joffo, qui habitent Paris, envoient leurs deux plus jeunes enfants, Maurice et Joseph, rejoindre leurs aînés à Menton (Alpes-Maritime), en zone libre. Au cours de ce périple, les deux garçons, âgés de 10 et 12 ans, sans papiers en règle, échappent à un contrôle allemand grâce à un prêtre anonyme qui les prend sous sa protection, assurant que « les enfants sont avec (lui) ».

Le danger passé, le jeune Maurice le remercie d’avoir menti pour les sauver. « Je n’ai jamais menti, murmure-t-il, vous étiez avec moi comme tous les enfants du monde le sont également. C’est même l’une des raisons pour lesquelles je suis prêtre, pour être avec eux », répond le prêtre, cité par Joseph Joffo dans son livre.

Faux certificats de baptême

Autre sauvetage marquant, à Nice, en septembre 1943. Les deux frères sont arrêtés par la Gestapo, et affirment qu’ils sont catholiques. Maurice obtient de pouvoir sortir de l’Excelsior, hôtel niçois transformé en quartier général de la SS par Aloïs Brunner, pour récupérer une preuve de leur baptême. « Petit, si tu ne reviens pas d’ici 48 heures avec vos certificats de baptême, on coupera ton petit frère en morceaux », lui dit-on.

L’adolescent se souvient alors du premier prêtre qui leur a sauvé la vie, dans le train, et décide de frapper à la porte de la première église venue, « l’église de la Buffa », en réalité l’église Saint-Pierre d’Arène. Il rencontre un prêtre, le chanoine Victor Rua. Celui-ci accepte de les aider, et fait même intervenir l’évêque de Nice, Mgr Paul Rémond, qui fournira de faux certificats de baptême et de communion solennelle pour Joseph et Maurice Joffo ainsi qu’une lettre manuscrite dans laquelle il exige la libération des deux enfants, se déclarant prêt si nécessaire à se rendre au siège de la Gestapo en personne.

Un évêque Juste parmi les Nations

L’épisode narré dans Un sac de billes n’est pas un acte isolé de l’évêque. Déclaré Juste parmi les Nations en 1991, Mgr Rémond avait accueilli dans son évêché le réseau Marcel, qui a sauvé 527 enfants juifs de la déportation en leur fournissant de faux certificats de baptême et en les dispersant dans des institutions catholiques, malgré les forts soupçons des Allemands.

Dès 1933, en effet, Mgr Rémond prend publiquement position lors d’un sermon prononcé le 9 avril en l’église du Sacré-Cœur, où il condamne « les persécutions pour cause de religion », exprimant à la communauté juive sa « douloureuse sympathie » et affirmant « son désir d’adoucir leurs peines et les aider moralement et matériellement ».

En mai 1940, il se rend dans les camps d’internement des juifs étrangers et obtient la libération d’un certain nombre d’entre eux. Il condamne l’occupation italienne entre novembre 1942 et septembre 1943 et lors de l’entrée des troupes italiennes à Nice, il hisse le drapeau français sur l’évêché, raconte le site Internet de l’AJPN (Anonymes, justes et persécutés durant la période nazie). Il encourage les prêtres engagés dans la résistance, les avertissant en cas de danger et intervient auprès des Allemands lors de la pendaison avenue de la Victoire, des résistants Torrin et Grassi, exigeant des autorités qu’ils les dépendent.

Des actions qui lui vaudront une popularité sans faille après la guerre. Lors de ses obsèques, en avril 1963, « son cercueil fut porté de la basilique Notre-Dame à la cathédrale Sainte-Réparate et salué par la foule compacte entre les deux édifices »,raconte dans le quotidien Nice-Matin le P. Gil Florini, actuel curé de Saint-Pierre-d’Arène, « l’église de la Buffa » qui fut la planche de salut des petits Joffo.

Clémence Houdaille

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LE MONDE HOLLYWOODIEN DE BARACK OBAMA : YES, WE CAN’T !

Publié le par Felli Bernard

LE MONDE HOLLYWOODIEN DE BARACK OBAMA : YES, WE CAN’T !

« Les États-Unis sont un pays où il y a trente-deux religions, il n’y a qu’un seul plat et il est mauvais » (Talleyrand). Le moins que l’on puisse dire est que le bilan de deux mandats de Barack Obama dans les domaines de la politique étrangère et de la diplomatie (2009-2016) laisse un goût amer au sens propre et figuré du terme au moment où il passe le relais à Donald Trump, stigmatisé pour son inexpérience et son imprévisibilité.

La superbe du président de l’hyperpuissance, donneur de leçons de 2009, fait place à un sentiment d’impuissance d’un président affaibli, d’une Amérique déclinante1, d’un monde dans lequel les cartes sont rebattues, et plus spécialement au Proche et au Moyen-Orient, en cette fin d’année 20162. La voix de l’Amérique est moins entendue que dans le passé. Pire encore, le nouveau président philippin traite son homologue américain de « fils de pute » et se jette ostensiblement dans les bras de Pékin. Inimaginable !

Comment en est-on arrivé là ? Comment celui qui était présenté urbi et orbi comme une sorte de « diplomator » (surnom du conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, Jean-David Levitte) à même de régler définitivement les crises laissées en héritage par George W. Bush, s’est-il transformé, volontairement ou involontairement, en fauteur universel de troubles ? Comment ces guerres du « Grand Moyen-Orient », comme disent les Américains, celles d’Afghanistan, de Syrie, d’Irak, elles aussi, semblent ne jamais se terminer alors qu’elles devaient être courtes et décisives ?3 Il faut savoir tirer les leçons de ses erreurs, de ses bévues, de ses fautes et, a minima, ne pas s’en glorifier.

Or, les Américains sont indécrottables tant ils sont par habités, rongés par l’omnipotence de leur hubris. Entre rupture et continuité, l’action extérieure de Barack Obama aligne une quantité impressionnante d’échecs que ne parvient pas à effacer une poignée de succès.

ENTRE RUPTURE ET CONTINUITÉ : LA PROMESSE DE L’AUBE

Si Barack Obama se situe dans une démarche de rupture par rapport à la politique étrangère catastrophique de George W. Bush, il n’en demeure pas moins que sa démarche demeure contrainte par de fortes données de continuité4.

Une démarche de rupture : du passé faisons table rase

De la théorie abstraite… Comme souvent après une alternance politique, le nouvel élu inscrit sa politique dans une démarche de rupture par rapport à son prédécesseur. Barack Obama ne déroge pas à la tradition (c’est également le cas pour Donald Trump5). Premier noir (afro-américain pour reprendre le terme politiquement correct) à accéder à la magistrature suprême, il bénéficie d’une côte de popularité sans précédent. Il est le chouchou de la médiasphère qui le compare à John Fitzgerald Kennedy. Avant même sa prise de serment sur la Bible, tel Moïse, Barack Hussein Obama marche sur les eaux. Les commentateurs font assaut de superlatifs pour qualifier le nouveau Messie. Jeune, beau, intelligent, dynamique, sportif, flegmatique – en un mot le gendre idéal -, il se débarrassera en un tournemain des nombreux cadavres (Afghanistan, Irak et autres Guantanamo) que lui a laissés George W. Bush dans les placards de la Maison Blanche6. Avant même qu’il ait pu démontrer ses innombrables talents, fait rarissime dans l’Histoire, il est récompensé par le prix Nobel de la paix 2009 « pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationales entre les peuples ».

à la pratique déclaratoire. Les mots ne manquent pas dans la bouche du nouveau porteur de la « destinée manifeste » du peuple élu pour imprimer sa marque sur le cours des choses. Les discours se succèdent, se ressemblent. L’Amérique a changé. Mais en fait, elle est pire qu’avant. Revenons aux grandes envolées lyriques de Barack Obama ! Avec la Russie, un nouvel élan aux relations bilatérales nous est annoncé. Il s’agit du « reset », du style nous repartons sur de nouvelles bases plus saines. Avec le monde arabe, les choses vont changer, proclame-t-il lors de son fameux discours du Caire du 4 juin 2009 dans lequel il plaide pour un « nouveau départ fondé sur l’intérêt partagé et le respect mutuel ». Pour ce qui est de la guerre et de la paix, il laisse entrevoir l’avènement d’un monde dénucléarisé, le graal des pacifistes de tout poil dans son discours de Prague du 5avril 2009. Désormais, il entend faire « pivoter » le regard et l’intérêt de l’Amérique du vieux continent européen et de la pétaudière du Proche et Moyen-Orient vers l’Asie, continent en pleine expansion, plus porteur pour l’économie américaine. Sans parler de l’annonce de fermer la prison de Guantanamo avant janvier 2010. La liturgie (le « prédicat ») bat son plein et les gogos y croient dur comme fer.

Une contrainte de continuité : il faut que tout change pour que rien ne change

De la force des choses… Mais il y a un revers à la médaille ! C’est l’inertie de l’Amérique et du monde qui l’entoure. Il ne suffit pas d’une baguette magique et d’un peu de poudre de perlimpinpin pour transformer le monde du XXe siècle en monde du XXIe siècle. Homme lettré s’il en est, Barack Obama passe malencontreusement par profits et pertes la célèbre réplique : « il faut que tout change pour que rien ne change » de Tancrède (Alain Delon) dans l’adaptation cinématographique de Lucchino Visconti du roman de Guiseppe Tomasi de Lampedusa, le Guépard. Le cap de l’imposant paquebot Amérique ne se modifie pas d’un simple coup de barre comme un frêle esquif. Il est toujours la résultante de forces contradictoires. Tout d’abord, Barack Obama vit en cohabitation avec le Capitole, compliquant sa tâche. Ensuite, il est soumis aux pressions des multiples lobbies qui sont actifs sur les bords du Potomac (armements, pétrole, pharmaceutiques, OGM…) et qui financent abondamment les dispendieuses campagnes présidentielles. Ils ne s’en laissent pas compter, exigeant les dividendes de leurs bonnes actions. Ils se rappellent à l’occasion au bon souvenir de l’heureux élu qui viendrait à les oublier. En réalité, le président américain n’est pas un homme libre mais un homme sous contrôle dont les marges de manœuvres sont des plus limitées.

à la faiblesse des idées. La célèbre formule de campagne électorale de Barack Obama, « Yes, we can » s’avère être un minable slogan publicitaire sans le moindre contenu géopolitique, stratégique qui inspirera en 2012 celle d’un autre illusionniste de haut vol, François Hollande avec son mantra : « le changement, c’est maintenant ». Dans les deux cas, c’est le poids des mots et le choc du vide intellectuel. Or, pour affronter presque coup sur coup, une crise économique gravissime et les « révolutions arabes », c’est un peu court. C’est tout simplement très léger. Comment peser durablement sur les débats avec de simples bons mots de « spin doctors » ? Comment créer un climat de confiance avec la Russie en humiliant son peuple et en imposant l’OTAN dans son « étranger proche » ? Barack Obama aurait gagné à méditer cette remarque de John Le Carré : « quand le monde sera détruit, ce ne sera pas par des fous, mais par des sages experts et par l’ignorance incommensurable des bureaucrates »7. Par ailleurs, quand on connait le poids de la bureaucratie à Washington, plus prompte à faire valoir un point de vue dans la jungle inter-agences qu’à se battre pour des idées réalistes, on ne peut s’étonner de son inefficacité exaspérante. Parfois, Département d’État, Pentagone, CIA conduisent des politiques contradictoires. C’est dans les détails que l’application de leurs belles théories déconnectées du monde réel fait des ravages. Enfin, on ne peut pas dire que Barack Obama ait été gâté par ses deux secrétaires d’état successifs (Hillary Clinton puis John Kerry), ni chevronnés, ni fins diplomates. Ils sont dépassés intellectuellement, tactiquement par leur homologue russe, Sergueï Lavrov.

Malheureusement, et surtout dans la sphère internationale, il y a toujours loin de la coupe aux lèvres. Barack Obama en fait l’amère expérience après ses huit années passées à la Maison Blanche.

ENTRE SUCCÈS ET ECHECS : LA GRANDE ILLUSION

Un bilan international, quel que soit peu objectif, ne peut faire l’impasse sur les succès enregistrés par Barack Obama durant sa présidence à la tête du pays. Toutefois, il est éclipsé par de nombreux échecs.

Quelques succès limités… : de Téhéran à La Havane en passant par Abbottabad

Dans tout bilan, il existe quelques succès qui méritent d’être soulignés pour tendre au maximum d’objectivité si tant est que cela soit humainement possible. Deux décisions majeures marquent, d’un point de vue historique, la présidence de Barack Obama tant elles constituent une rupture majeure avec le passé.

La normalisation des relations avec Cuba. Qui aurait imaginé l’impensable au début du mandat de Barack Obama en 2009 : reprendre des relations normales avec l’ennemi cubain ? Or, c’est bien ce qui se passe en 2014 à l’issue d’une longue et délicate médiation conduite par les émissaires du Saint-Siège, épaulés par leurs homologues canadiens8. Cette rupture importante est à mettre au crédit du président américain. Elle est loin d’être négligeable.

La normalisation des relations avec l’Iran. Une fois de plus, l’impensable se produit en raison de la volonté personnelle de Barack Obama. L’affaire se noue en deux temps autour de la négociation sur le programme nucléaire iranien : accord de principe à la fin de l’année 20139 et accord final en juillet 2015. Là encore, nous sommes en présence d’un petit bijou de diplomatie auquel l’Union européenne prend, pour une fois, sa part. Il est à mettre au crédit d’un certain volontarisme du président américain et de son secrétaire d’État, John Kerry.

Guillaume Berlat
16 janvier 2017

1 Richard Labévière : Terrorisme, face cachée de la mondialisation. Editions Pierre-Guillaume de roux, novembre 2016.
2 Richard Labévière : Les Dollars de la terreur. Editions Grasset, 1998.

« Les États-Unis sont un pays où il y a trente-deux religions, il n’y a qu’un seul plat et il est mauvais » (Talleyrand). Le moins que l’on puisse dire est que le bilan de deux mandats de Barack Obama dans les domaines de la politique étrangère et de la diplomatie (2009-2016) laisse un goût amer au sens propre et figuré du terme au moment où il passe le relais à Donald Trump, stigmatisé pour son inexpérience et son imprévisibilité.

La superbe du président de l’hyperpuissance, donneur de leçons de 2009, fait place à un sentiment d’impuissance d’un président affaibli, d’une Amérique déclinante1, d’un monde dans lequel les cartes sont rebattues, et plus spécialement au Proche et au Moyen-Orient, en cette fin d’année 20162. La voix de l’Amérique est moins entendue que dans le passé. Pire encore, le nouveau président philippin traite son homologue américain de « fils de pute » et se jette ostensiblement dans les bras de Pékin. Inimaginable !

Comment en est-on arrivé là ? Comment celui qui était présenté urbi et orbi comme une sorte de « diplomator » (surnom du conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, Jean-David Levitte) à même de régler définitivement les crises laissées en héritage par George W. Bush, s’est-il transformé, volontairement ou involontairement, en fauteur universel de troubles ? Comment ces guerres du « Grand Moyen-Orient », comme disent les Américains, celles d’Afghanistan, de Syrie, d’Irak, elles aussi, semblent ne jamais se terminer alors qu’elles devaient être courtes et décisives ?3 Il faut savoir tirer les leçons de ses erreurs, de ses bévues, de ses fautes et, a minima, ne pas s’en glorifier.

Or, les Américains sont indécrottables tant ils sont par habités, rongés par l’omnipotence de leur hubris. Entre rupture et continuité, l’action extérieure de Barack Obama aligne une quantité impressionnante d’échecs que ne parvient pas à effacer une poignée de succès.

ENTRE RUPTURE ET CONTINUITÉ : LA PROMESSE DE L’AUBE

Si Barack Obama se situe dans une démarche de rupture par rapport à la politique étrangère catastrophique de George W. Bush, il n’en demeure pas moins que sa démarche demeure contrainte par de fortes données de continuité4.

Une démarche de rupture : du passé faisons table rase

De la théorie abstraite… Comme souvent après une alternance politique, le nouvel élu inscrit sa politique dans une démarche de rupture par rapport à son prédécesseur. Barack Obama ne déroge pas à la tradition (c’est également le cas pour Donald Trump5). Premier noir (afro-américain pour reprendre le terme politiquement correct) à accéder à la magistrature suprême, il bénéficie d’une côte de popularité sans précédent. Il est le chouchou de la médiasphère qui le compare à John Fitzgerald Kennedy. Avant même sa prise de serment sur la Bible, tel Moïse, Barack Hussein Obama marche sur les eaux. Les commentateurs font assaut de superlatifs pour qualifier le nouveau Messie. Jeune, beau, intelligent, dynamique, sportif, flegmatique – en un mot le gendre idéal -, il se débarrassera en un tournemain des nombreux cadavres (Afghanistan, Irak et autres Guantanamo) que lui a laissés George W. Bush dans les placards de la Maison Blanche6. Avant même qu’il ait pu démontrer ses innombrables talents, fait rarissime dans l’Histoire, il est récompensé par le prix Nobel de la paix 2009 « pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationales entre les peuples ».

à la pratique déclaratoire. Les mots ne manquent pas dans la bouche du nouveau porteur de la « destinée manifeste » du peuple élu pour imprimer sa marque sur le cours des choses. Les discours se succèdent, se ressemblent. L’Amérique a changé. Mais en fait, elle est pire qu’avant. Revenons aux grandes envolées lyriques de Barack Obama ! Avec la Russie, un nouvel élan aux relations bilatérales nous est annoncé. Il s’agit du « reset », du style nous repartons sur de nouvelles bases plus saines. Avec le monde arabe, les choses vont changer, proclame-t-il lors de son fameux discours du Caire du 4 juin 2009 dans lequel il plaide pour un « nouveau départ fondé sur l’intérêt partagé et le respect mutuel ». Pour ce qui est de la guerre et de la paix, il laisse entrevoir l’avènement d’un monde dénucléarisé, le graal des pacifistes de tout poil dans son discours de Prague du 5avril 2009. Désormais, il entend faire « pivoter » le regard et l’intérêt de l’Amérique du vieux continent européen et de la pétaudière du Proche et Moyen-Orient vers l’Asie, continent en pleine expansion, plus porteur pour l’économie américaine. Sans parler de l’annonce de fermer la prison de Guantanamo avant janvier 2010. La liturgie (le « prédicat ») bat son plein et les gogos y croient dur comme fer.

Une contrainte de continuité : il faut que tout change pour que rien ne change

De la force des choses… Mais il y a un revers à la médaille ! C’est l’inertie de l’Amérique et du monde qui l’entoure. Il ne suffit pas d’une baguette magique et d’un peu de poudre de perlimpinpin pour transformer le monde du XXe siècle en monde du XXIe siècle. Homme lettré s’il en est, Barack Obama passe malencontreusement par profits et pertes la célèbre réplique : « il faut que tout change pour que rien ne change » de Tancrède (Alain Delon) dans l’adaptation cinématographique de Lucchino Visconti du roman de Guiseppe Tomasi de Lampedusa, le Guépard. Le cap de l’imposant paquebot Amérique ne se modifie pas d’un simple coup de barre comme un frêle esquif. Il est toujours la résultante de forces contradictoires. Tout d’abord, Barack Obama vit en cohabitation avec le Capitole, compliquant sa tâche. Ensuite, il est soumis aux pressions des multiples lobbies qui sont actifs sur les bords du Potomac (armements, pétrole, pharmaceutiques, OGM…) et qui financent abondamment les dispendieuses campagnes présidentielles. Ils ne s’en laissent pas compter, exigeant les dividendes de leurs bonnes actions. Ils se rappellent à l’occasion au bon souvenir de l’heureux élu qui viendrait à les oublier. En réalité, le président américain n’est pas un homme libre mais un homme sous contrôle dont les marges de manœuvres sont des plus limitées.

à la faiblesse des idées. La célèbre formule de campagne électorale de Barack Obama, « Yes, we can » s’avère être un minable slogan publicitaire sans le moindre contenu géopolitique, stratégique qui inspirera en 2012 celle d’un autre illusionniste de haut vol, François Hollande avec son mantra : « le changement, c’est maintenant ». Dans les deux cas, c’est le poids des mots et le choc du vide intellectuel. Or, pour affronter presque coup sur coup, une crise économique gravissime et les « révolutions arabes », c’est un peu court. C’est tout simplement très léger. Comment peser durablement sur les débats avec de simples bons mots de « spin doctors » ? Comment créer un climat de confiance avec la Russie en humiliant son peuple et en imposant l’OTAN dans son « étranger proche » ? Barack Obama aurait gagné à méditer cette remarque de John Le Carré : « quand le monde sera détruit, ce ne sera pas par des fous, mais par des sages experts et par l’ignorance incommensurable des bureaucrates »7. Par ailleurs, quand on connait le poids de la bureaucratie à Washington, plus prompte à faire valoir un point de vue dans la jungle inter-agences qu’à se battre pour des idées réalistes, on ne peut s’étonner de son inefficacité exaspérante. Parfois, Département d’État, Pentagone, CIA conduisent des politiques contradictoires. C’est dans les détails que l’application de leurs belles théories déconnectées du monde réel fait des ravages. Enfin, on ne peut pas dire que Barack Obama ait été gâté par ses deux secrétaires d’état successifs (Hillary Clinton puis John Kerry), ni chevronnés, ni fins diplomates. Ils sont dépassés intellectuellement, tactiquement par leur homologue russe, Sergueï Lavrov.

Malheureusement, et surtout dans la sphère internationale, il y a toujours loin de la coupe aux lèvres. Barack Obama en fait l’amère expérience après ses huit années passées à la Maison Blanche.

ENTRE SUCCÈS ET ECHECS : LA GRANDE ILLUSION

Un bilan international, quel que soit peu objectif, ne peut faire l’impasse sur les succès enregistrés par Barack Obama durant sa présidence à la tête du pays. Toutefois, il est éclipsé par de nombreux échecs.

Quelques succès limités… : de Téhéran à La Havane en passant par Abbottabad

Dans tout bilan, il existe quelques succès qui méritent d’être soulignés pour tendre au maximum d’objectivité si tant est que cela soit humainement possible. Deux décisions majeures marquent, d’un point de vue historique, la présidence de Barack Obama tant elles constituent une rupture majeure avec le passé.

La normalisation des relations avec Cuba. Qui aurait imaginé l’impensable au début du mandat de Barack Obama en 2009 : reprendre des relations normales avec l’ennemi cubain ? Or, c’est bien ce qui se passe en 2014 à l’issue d’une longue et délicate médiation conduite par les émissaires du Saint-Siège, épaulés par leurs homologues canadiens8. Cette rupture importante est à mettre au crédit du président américain. Elle est loin d’être négligeable.

La normalisation des relations avec l’Iran. Une fois de plus, l’impensable se produit en raison de la volonté personnelle de Barack Obama. L’affaire se noue en deux temps autour de la négociation sur le programme nucléaire iranien : accord de principe à la fin de l’année 20139 et accord final en juillet 2015. Là encore, nous sommes en présence d’un petit bijou de diplomatie auquel l’Union européenne prend, pour une fois, sa part. Il est à mettre au crédit d’un certain volontarisme du président américain et de son secrétaire d’État, John Kerry.

Deux autres mesures méritent d’être mises au crédit de Barack Obama. La première est l’élimination physique, le 3 mai 2011, par un commando d’élites de l’ennemi numéro un, Oussama Ben Laden à Abbotabad sur le territoire pakistanais même si sa conformité avec le droit international est douteuse10. La seconde est marquée par une certaine forme de volontarisme en matière environnementale, à savoir l’adoption de son plan climat à la veille de la COP21. Toutefois, ce n’est pas la décision de dernière minute (20 décembre 2016) de Barack Obama de bloquer les forages en Arctique avant son départ de la Maison blanche qui redorera son blason largement terni par ses insuccès multiples11. Pas plus que l’abstention sur la résolution 2334 le 23 décembre 2016 (condamnation de la politique de colonisation israélienne)12, le discours d’adieu de son secrétaire d’État sur le conflit du Proche-Orient du 28 décembre 201613, ni la décision d’expulser 35 diplomates russes le 29 décembre 201614. Trop peu, trop tard, pourrait-on dire ! Les coups d’Obama n’effaceront pas les échecs de sa politique étrangère15.

. … éclipsés par de nombreux échecs : un inventaire à la Prévert

En diplomatie comme en amour, il ne faut pas moins de talent pour garder ses conquêtes que pour les obtenir. Or, les Américains ont une fâcheuse propension à penser que ce qui est acquis l’est pour toujours. Quand on arrive à ce genre de raisonnement, on comprend mieux l’ampleur des échecs américains dans le monde au cours de la dernière décennie.

Une Union européenne en lambeaux. Même si Barack Obama s’en fait le plus ardent défenseur, il ne l’imagine (en particulier grâce au rôle ambigu du Royaume-Uni et de la commission ultra-libérale) qu’en cheval de Troie de la doctrine libre-échangiste américaine et, au mieux, en sous-traitant de l’OTAN pour ce qui est de la défense européenne. Or, l’Union européenne évolue de crise en crise (« état de déréliction, ou du moins d’hébétude », Hubert Védrine). Les électeurs britanniques ne suivent pas la consigne explicite de vote du président des États-Unis en faveur du rejet du « Brexit ». Les peuples, y compris la Perfide Albion, ne répondent plus au doigt et à l’œil. Seule la chancelière allemande trouve grâce à ses yeux lors de sa tournée d’adieu en Europe au cours de laquelle il snobe ostensiblement la France de François Hollande16.

Une Russie impériale. En 1999, beaucoup, et surtout aux États-Unis, tiennent au mieux Vladimir Poutine, l’ex-lieutenant-colonel du KGB, pour un personnage terne, au pire pour un pantin. En 2016, selon le classement du magazine Forbes, il reste l’homme le plus puissant du monde devant Donald Trump, Angela Merkel, le président chinois Xi Jinping et le pape François (François Hollande occupe brillamment la 23ème place). La comparaison est cruelle pour Barack Obama qui ne l’a jamais traité avec un minimum d’égard comme il eut été de bonne politique pour créer un climat de confiance propice au règlement des nombreuses crises qui secouent le monde. Lors de sa dernière conférence de presse, il préfère traiter la Russie de « petit pays », stigmatiser son homologue russe accusé de tous les maux de la terre (Syrie, attaques informatiques…). Oublié le temps béni du « reset ». Il fait place au temps des amabilités et, autres invectives, à l’occasion. Retour sur la « guerre froide » et ses expulsions de diplomates ! Barack Obama finit son mandat en accusant le président russe d’avoir favoriser l’élection de Donald Trump plutôt que de s’interroger sur les faiblesses de la campagne d’Hillary Clinton17.

Un Proche et Moyen-Orient à feu et à sang. En ce début d’année 2017, la région apparaît tel un champ de ruines après le passage d’Attila-Amérique ! Au terme de deux mandats présidentiels, les négociations entre Israéliens et Palestiniens n’ont pas avancé d’un pouce, pire la situation n’a cessé d’empirer18. L’Irak ne parvient toujours pas à se remettre de la guerre américaine de 2003. Il faut attendre sa dernière conférence de presse, le 16 décembre 2016 pour que Barack Obama déclare publiquement qu’il a sa part de responsabilité dans la situation en Syrie tout en égratignant au passage la Russie de Vladimir Poutine (celui qui impose une trêve avec la Turquie sans y impliquer Washington). Les relations avec l’Arabie saoudite et la Turquie se sont crispées. Benjamin Nétanyahou n’en fait qu’à sa tête, se moquant ouvertement des conseils qui lui sont prodigués au bord du Potomac. L’Égypte renoue avec une tradition autoritaire. Le Liban est en crise permanente. La Jordanie n’est pas à l’abri d’attentats terroristes. Cerise sur le gâteau, la Syrie marque le désarroi d’une diplomatie américaine supportant les humiliations russes19. Si Grand Moyen-Orient il y a, c’est celui de la désolation.

Une Asie dominée par une Chine qui s’est réveillée. En dépit du « pivot » de l’Europe vers l’Asie annoncé à grands coups de trompette en début de mandature, l’Amérique est contrainte de revenir à ses zones d’intérêt prioritaires que sont l’Europe, et surtout, le Moyen-Orient où la maison brûle20. Pékin défie Washington en Mer de Chine, ne déroule pas le tapis rouge à Barack Obama lors de la réunion du G20. En dépit de l’existence d’un dialogue économique et stratégique, « l’heure est plus à la confrontation qu’à la bonne entente »21. Barack Obama quittera la Maison Blanche alors que la guerre d’Afghanistan se poursuit (conflit durant depuis 15 ans)22. Le rapprochement avec le Vietnam ne constitue qu’un maigre lot de consolation.

Un multilatéralisme chancelant. En dépit de sa bonne volonté proclamée de jouer le jeu du multilatéralisme efficace, les relations sont loin d’être au beau fixe entre l’ONU et les États-Unis (Cf. guerre larvée entre Samantha Power et le Département des opérations de maintien de la paix ou DMOP, le français, Hervé Ladsous). Les Américains se contentent d’une position morale tout en restant en retrait du jeu23. Le mensonge sur les objectifs réels de la résolution 1973 sur la Libye achèvent de convaincre Moscou de la duplicité américaine et conduisent à une cascade de vetos russes sur le conflit syrien. Faute de bâtir patiemment un climat de confiance avec la Russie, Washington entretien un climat de défiance peu propice à la recherche du consensus, raison-d’être de la Maison de verre. Ajoutons la question épineuse de l’extraterritorialité des lois américaines qui ne trouve pas de solution satisfaisante (Cf. rapport de la mission d’information sur l’extraterritorialité de la législation américaine de l’Assemblée nationale, octobre 2016). Et, pour être complet, rappelons que l’augmentation des éliminations ciblées restera comme un élément central de l’héritage Obama24.

Une (dé)mondialisation malheureuse25. Le monde ne parvient toujours pas à se remettre de la crise économique de 2008-2009 venue des États-Unis26, crise qui se nourrit de causes économique, monétaire et systémique. Chantres de la mondialisation tant qu’ils en récoltent les bénéfices, les Américains en deviennent les plus grands pourfendeurs dès qu’ils jugent qu’elle est mauvaise pour leur économie. A la fin de la campagne électorale, Hillary Clinton est contrainte de s’aligner sur certaines des thèses de son adversaire républicain. Comme les Asiatiques, les Européens sont de plus en plus réservés à l’encontre de ces traités de libre-échange dont ils voient plus les inconvénients que les avantages (TAFTA, traité transpacifique…). Ils semblent passés de mode. Le reste du monde (« Rest of the World » ou row selon la terminologie américaine consacrée) supporte de moins en moins l’extraterritorialité du droit américain et ses excès (sanctions dont de nombreuses sociétés européennes sont les victimes).

Un Ersatz de politique étrangère. Si l’on tente de dresser un bilan de la politique étrangère de Barack Obama durant ses deux mandats, on parvient à l’étonnante conclusion, que le président sortant n’avait pas de politique étrangère au sens propre du terme (stratégie, tactique, volonté et moyens) pas plus que les brillants esprits qui font autorité outre-Atlantique27. Il naviguait à vue. On nous parle d’une certaine dose d’isolationnisme mais « c’est un mot (non-intervention) métaphysique politique qui signifie à peu près la même chose qu’intervention » (Talleyrand) surtout Outre-Atlantique (Cf. le nombre de conseillers militaires américains présents en Irak en ailleurs).

Les Américains sont aujourd’hui dans une spirale infernale : « une guerre sans fin »28. Ils ne veulent pas faire la guerre (« leading from behind ») tout en la faisant mais sans savoir où ils veulent aller (« leading from nowhere »)29. Le président sortant n’y a rien changé en dépit de ses discours lénifiants et de ses postures morales inefficaces, et cela, en dépit de l’inflation de décisions prises dans les dernières semaines de son mandat sans encourir la moindre critique du Congrès et de la classe politique toutes tendances confondues30. La fin de deux mandats de Barack Obama signe la fin de la « pax americana »31. Son discours d’adieu du 10 janvier 2016 centrée sur le respect des « valeurs » ainsi que sa conclusion (« Yes, We Can Yes We Did. Yes We Can ») sonnent faux32.

UN BILAN COMPLEXE33

« Ce pays-ci est une terre où les honnêtes gens peuvent prospérer, pas cependant aussi bien que les fripons qui comme de raison, ont beaucoup d’avantages » (Talleyrand). A de très rares exceptions, les responsables (délinquants en col blanc de chez Goldman Sachs et Lehman Brothers proche des deux candidats à l’élection présidentielle) de la crise des subprimes de 2008, qui sont à l’origine d’une crise économique de grande ampleur dont le monde n’est toujours pas remis, coulent encore des jours heureux. Pire encore, ils reviennent dans les bagages de Donald Trump34.

Le monde de 2017 est plus instable qu’il ne l’était en 2009 et Barack Obama et son administration y ont une part de responsabilité non négligeable. « La puissance du discours s’est fracassée sur le vide de stratégie et le déficit de leadership dans le monde »35. L’année 2016 s’achève sur un recul d’ensemble de la démocratie dans le monde, et ce n’est peut-être qu’un début36.

Manifestement, Barack Obama reste profondément américain, au plus mauvais sens du terme. Il ne comprend rien au monde, rien aux relations internationales, rien aux subtilités de la diplomatie. Il privilégie, dans les mots, le retrait militaire sur la recherche de solutions politiques aux conflits afghan et irakien tout en s’impliquant militairement sur le terrain37. Nous assistons à une reconfiguration des Proche et Moyen-Orient qui se fait de plus en plus avec Moscou, Ankara, Téhéran et de moins en moins avec Washington, ravalé au rôle de modeste figurant d’un mauvais western.

Quoiqu’en disent les Américains, leur Amérique du nord n’est plus « la nation indispensable », « l’hyperpuissance » d’Hubert Védrine. A bien des égards, elle relève de la catégorie des « États voyous »38. La grandiloquence du propos peine à masquer le recul américain et l’affaiblissement de ses alliances. En définitive, le monde hollywoodien de Barack Obama peut se résumer par un plagiat de son propre slogan de campagne : « yes, we can’t ».

Guillaume Berlat
16 janvier 2016

1 L.R., Les États-Unis ont perdu de leur influence sur la scène internationale, Les Echos, 10 janvier 2017, p. 7.
2 Éditorial, Poutine, homme de l’année, Le Monde, 31 décembre 2016-1er et 2 janvier 2017, p. 27.
3 Éditorial, Le terrorisme islamiste et les vautours, Le Monde, 21 décembre 2016, p. 23.
4 Frédéric Charillon & Célia Belin (sous la direction de), Les États-Unis dans le monde, CNRS éditions, 2016.
5 Gilles Paris, Une diplomatie placée sous le signe des ruptures, Le Monde, 15 décembre 2016, p. 3.
6 Cameron Munter, Diplomacy disrupted, Foreign Affairs, mars-avril 2016, pp. 159-160.
7 John Le Carré, La Maison Russie, Robert Laffont, 1989, p. 228.
8 Guillaume Berlat, Cuba-États-Unis : les clés du succès d’une médiation, www.espritcorsaire.com , 23 décembre 2014.
9 Guillaume Berlat, Accord sur le programme nucléaire iranien. Des malentendus aux sous-entendus, www.association-des-internationalistes.org:tribune, 5 décembre 2013.
10 Jacques Follorou, Les libertés d’Obama et d’Hollande avec le droit international, Le Monde, 5 janvier 2017, p. 12.
11 Stéphane Lauer, Obama bloque les forages en Arctique, Le Monde, 22 décembre 2016, p. 7.
12 D.F., Un Obaroud d’honneur, Le Canard enchaîné, 28 décembre 2016, p. 8.
13 Corine Lesnes/Marc Semo, Israël : John Kerry dénonce la colonisation, Le Monde, 30 décembre 2016, p. 2.
14 Corine Lesnes, La riposte d’Obama aux cyberattaques russes, Le Monde, 31 décembre 2016-1er et 2 janvier 2017, p. 3.
15 Yves Thréard, Règlement de comptes, éditorial, Le Figaro, 31 décembre 2016-1er janvier 2017, p. 1.
16 Gilles Paris/Thomas Wieder, Les adieux d’Obama à Merkel et à l’Europe, Le Monde, 18 novembre 2016, p. 2.
17 Gilles Paris, Le renseignement américain accuse Poutine d’avoir cherché à favoriser Trump. Poutine mis en cause, Trump minimise, Le Monde, 8-9 janvier 2017, pp. 1-2.
18 Alain Frachon, Obama et le désastre israélo-palestinien, Le Monde, 15 avril 2016, pp. 1 et 20.
19 Laure Mandeville, Syrie : la politique conciliante d’Obama contestée par les siens, Le Figaro, 21 juin 2016, p. 17.
20 Renaud Girard, Le grand tournant asiatique de Washington, Le Figaro, 31 mai 2016, p. 17.
21 Michel de Grandi, A Pékin, la Chine et les États-Unis dressent la liste de leurs divergences, Les Échos, 7 juin 2016, p. 8.
22 Alain Frachon, Afghanistan : Obama en échec, Le Monde, 3 juin 2016, p. 20.
23 Celhia de Lavarène, Obama et l’ONU : 8 ans de valse-hésitation, www.mediapart.fr , 14 décembre 2016.
24 Maya Kandel, Une pratique plus encadrée aux États-Unis qu’en France, Le Monde, 5 janvier 2017, p. 22.
25 Guillaume Berlat, La démondialisation, c’est comme les trains : elle peut en cacher une autre, www.prochetmoyen-orient.ch , 8août 2016.
26 Christine Lagarde (propos recueillis par Jean-Pierre Robin), « Les cicatrices de la crise de 2008-2009 n’ont pas été bien traitées », Le Figaro Économie, 20 avril 2016, p. 20.
27 Zbigniew Brzezinski, Vers une nouvelle donne mondiale, Commentaire, numéro 156, hiver 2016-2017, pp. 777-781.
28 Cahier du Monde, La guerre sans fin des États-Unis, Le Monde, 31 décembre 2016-1er-2 janvier 2017, pp. 1 à 8.
29 Nicolas Baverez, Barack Obama : no, we can’t, Le Figaro, « Champs libres », 13 juillet 2015.
30 J.M. Th., Vive le semainnat, Le Canard enchaîné, 4 janvier 2017, p. 8.
31 Gilles Paris, La fin de la « pax americana », Le Monde, 7 janvier 2017, p. 19.
32 Discours d’adieu de Barack Obama à Chicago du 10 janvier 2017, Le Monde, 12 janvier 2017.
33 Alain Frachon, Obama, bilan complexe, Le Monde, 17 janvier 2017, p. 20.
34 Sylvie Kauffmann, « Government Sachs », le retour, Le Monde, 18-19 décembre 2016, p. 29.
35 Nicolas Baverez, Barack Obama : no, we can’t, précité.
36 Jacques Julliard, La défaite de la démocratie, Marianne, 22 décembre 2016 – 5 janvier 2017, p. 6.
37 Bye-bye, le bombardier en chef, Le Canard enchaîné, 11 janvier 2017, p. 8.
38 Guillaume Berlat, États-Unis ou États voyous ?, www.prochetmoyen.orient.ch , 19 septembre 2016.

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Touche pas à Manu !

Publié le par Felli Bernard

Touche pas à Manu !

18 Janvier 2017 , Rédigé par New Dawn

Touche pas à Manu !

Ce matin , je me suis levée fort marrie et même carrément contrariée dans mon chauvinisme provençal ... 

Nous avions en effet une sorte de fleuron pâtissier que Brigitte Bardot avait mis à l'honneur lorsqu'elle est venue tourner "Et Dieu créa la femme" , une tarte molle et sucrée garnie de crème chiboutz qui portait haut et fier notre savoir faire méditerranéen ... 

Or voilà qu'hier elle a été détrônée par une tarte bigoudène , biens salée et aux parfums de revenez-y , qu'on ne pressentait pas venir , quoique la farine en ait déjà été livrée à Metz , sur la tête gauchiste de notre ancien Prime Minister ... la garniture de l'appareil a fini par suivre , en livraison expresse , toute fraîche émoulue d'un jeune revanchard fort mécontent de voir un traître à la Patrie piétiner de ses gros sabots les ornières et les culs de poule de sa terre bretonne , toujours couverte d'un bonnet rouge ... Ayant , dans ma folle jeunesse mené parallèlement et simultanément deux liaisons (intéressantes , sans plus !) avec deux casquettes concomittentes et hautement gradées de la Marine , dont les porteurs étaient  issus des terres bretonnes qui ont quand même laissé à la postérité le far breton et le quinaman , ce qui méritait bien que l'on s'intéressât à eux , je pris définitivement fait et cause pour le jeune imprudent qui avait décoré la joue du Manu de ses empreintes indélébiles ... Mais ceci appartient au domaine de ma vie privée et vous n'en saurez pas davantage ... quoique !

Alors , le molesté se rebiffe et s'insurge au motif qu'il était un représentant de l'ordre et de la puissance publique ... mais non , mon Manu , je te conseille de retourner à tes cours de droit , tu n'es plus rien ... les privilèges accordés à la fonction ne sont plus rien lorsque la fonction n'est plus exercée ... et tu as bien donné ta démission , oui ou non ?

Je sais bien que dans ton désarroi de devoir enfin réaliser que les blacks de ta mairie ne seront pas suffisants pour t'assurer un viatique te permettant d'accéder à l'investiture présidentielle , qu'il te faudra galérer comme un forçat pour gagner le coeur des "blancos" , mais tu en as trop fait ...Tu as donné les canons à eau et les fumigènes contre cette population alors qu'elle manifestait tranquillement à la manif pour tous , avec des enfants au berceau , tu les as insultés ... tu as flétri notre culture et notre religion judéo-chrétienne ... tu as nié notre appartenance à un peuple homogène ... tu nous as déclarés illettrés et abrutis par la consanguinité ...tu as refusé notre droit au bonheur pour laisser place à tes fantasmes ethniques , ... tu nous a traités d'homophobes , de xénophobes ,  d'antisémites , de racistes , d'islamophobes , de nazis de la pire espèce ... tu nous as niés dans ce que nous sommes , nos espérances  et nos credos ... Tu nous as humiliés comme des chiens galeux lors de crises d'hystérie mémorables où tu t'es montré encore plus fou qu'Hitler , tremblant et transpirant de tous tes membres , le visage déformé par la haine de notre existence ... Quoique je m'en fiche , tu as trahi ton maître , tes amis en clamant haut et fort qu'ils t'avaient obligé à mener cette politique anti-française dont tu voudrais qu'on t'exonère aujourd'hui ... 

Va te faire foutre pauvre connard ! même ceux de ta race , gens honorables , n'ont pas voulu se reconnaître en toi !

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Russophobite aigüe

Publié le par Felli Bernard

Russophobite aigüe

Cela semble être la grande maladie de ce début de XXIème siècle, du moins au sein du système impérial et de ses dépendances. Désormais, tout n'est plus que complots russes, piratages moscovites, sombres manigances kremliniques et ombre poutinesque...

Shakespeare doit se retourner dans sa tombe en voyant la sottise gagner le royaume de Sa Gracieuse Majesté, où le ministre de la Défense accuse sans rire le leader travailliste Jeremy Corbyn, qui a eu le malheur de remettre en question l'existence et les menées de l'OTAN, de "collaborer avec le Kremlin". Son homologue danois ne craint visiblement pas le ridicule en avertissant que son pays est en danger imminent : "les hackers d'Etat russes sont prêts à attaquer nos hôpitaux, nos infrastructures et notre système électrique" (il a oublié les parcs d'attraction...)

A deux jours de l'investiture du Donald, les tragi-comiques accusations du Deep State semblent avoir fait un flop et Poutine a beau jeu d'ironiser sur ce "délire total" : 

"L'administration Obama donne l'impression qu'après s'être entraînée à Kiev, elle est prête à organiser un Maïdan à Washington même (...) Ceux qui sont derrière ce rapport [accusant Trump] sont pires que les prostituées qu'ils décrivent."

Toutefois, le spectacle donné ces dernières semaines restera dans toutes les mémoires et les psycho-historiens du futur se pencheront avec délice sur l'hystérie de l'empire déclinant.

Mais la palme revient peut-être à la junte ukrainienne installée par Washington en 2014. La dernière trouvaille des petits génies de Kiev : payer 20% plus cher du gaz russe transitant par l'UE pour ne pas avoir à s'adresser directement à Moscou ! Poroclown s'imagine peut-être que passé par les tubes européens, l'or bleu russe perd sa marque d'infamie... Nul doute que l'Ukrainien de base, qui voit son pays au bord du gouffre économique et financier, appréciera.

Et puisque nous sommes dans la région, faisons un détour par la Moldavie. Nous avions mentionné l'élection du pro-russe Igor Dodon en novembre, susceptible de rediriger la politique extérieure de ce petit pays coincé entre l'Ukraine et la Roumanie. En visite officielle à Moscou où il a été reçu par Poutine, le président moldave a confirmé un rapprochement possible avec l'Union eurasienne cette année et s'est lâché contre Bruxelles :

"La Moldavie n'a rien gagné de l'accord d'association signé avec l'Union européenne."

Sans blague... Comme beaucoup d'autres, les Moldaves découvrent que le système impérial se paye de mots, grande spécialité occidentale s'il en est. Envolées lyriques, symboles, grandes promesses (non tenues), coups de menton... mais derrière ? Biden - Joe l'Indien pour les intimes - peut bien comparer la "démocratisation de l'Ukraine" (comprendre : le passage sous la coupe euro-atlantique) à un voyage sur la lune, ça ne changera rien à l'ornière dans laquelle s'enfonce toujours plus l'Ukraine depuis le putsch du Maïdan.

Si l'on voulait résumer tout ceci par une image, allons à la frontière bulgaro-roumaine bigler le Pont de la nouvelle Europe, qualificatif employé par l'administration Bush pour désigner la partie orientale du continent face aux velléités encore légèrement indépendantes des pays de la "vieille Europe", France et Allemagne en tête, au moment de la guerre en Irak. C'était en 2003, il y a un siècle...

Ulcérés par l'opposition commune de Paris, Berlin, Moscou et Pékin à leur aventure irakienne, les Américains misaient sur la "nouvelle Europe", les anciennes démocraties populaires américanophiles :

A en croire Donald Rumsfeld, la majorité des pays européens est favorable à une intervention militaire destinée à renverser le régime de Saddam Hussein. Le secrétaire à la Défense, visiblement agacé par l’alliance affichée de Paris et Berlin sur ce dossier a en effet déclaré, en des termes très peu diplomatiques, qu’il ne voyait pas «l’Europe comme étant l’Allemagne et la France». «Je pense, a-t-il affirmé, que c’est ’la vieille Europe’ et si vous regardez l’Europe entière, son centre de gravité passe à l’Est». Et pour ne laisser planer aucun doute sur son raisonnement, il a souligné, faisant référence aux sept pays de l’Europe orientale généralement pro-américains qui viennent d’adhérer à l’OTAN qu’«un grand nombre de pays ne sont pas avec la France et l’Allemagne mais avec les Etats-Unis».

Quatre ans plus tard, alors que le noyautage de l'Europe était en cours et que la vieille garde était remplacée par de jeunes gravures de mode américanisées et soumises (Merkel, Sarkozy), Cheney enfonçait le clou dans son mémorable discours de Vilnius et déclarait presque ouvertement la guerre froide à Moscou :

«LA GUERRE FROIDE recommence, simplement, la ligne de front s'est déplacée.» Le quotidien Kommersant, n'était pas le seul média russe, vendredi, à utiliser ce terme si lourd de sens de «guerre froide». Kommersant a comparé l'intervention de Dick Cheney à Vilnius, capitale de l'ancienne République soviétique de Lituanie, au fameux discours de Fulton. C'est le 5 mars 1946 que Winston Churchill, à l'université de Fulton dans le Missouri, donna la postérité à l'expression «rideau de fer».

Soixante ans après, il n'est plus question pour l'Occident d'affronter le communisme. Mais «on voit poindre à l'horizon une nouvelle rivalité entre la Russie et les Etats-Unis dans l'espace post-soviétique», analyse dans Rossiskaïa Gazeta Alexandre Rarh, expert du Conseil allemand pour la politique étrangère. La tournée de trois jours que le vice-président américain vient d'effectuer derrière l'ancien rideau de fer est à cet égard éloquente.

Jeudi à Vilnius, Dick Cheney a rencontré une dizaine de chefs d'Etat des pays de la Baltique et de la mer Noire. Là, les présidents géorgien Mikhail Saakachvili, et ukrainien Viktor Iouchtchenko, lui ont fait part de leur désir de quitter la CEI, la Communauté des Etats indépendants qui rassemble onze Etats de l'ex-URSS.

Hier, c'est à Dubrovnik en Croatie que le n°2 de la Maison-Blanche a encouragé trois anciens Etats de la sphère communiste – la Croatie, la Macédoine et l'Albanie –, à rejoindre l'Otan.

Entretemps, Dick Cheney s'était envolé vers l'Est, sur le flanc asiatique de l'ex-empire soviétique, au Kazakhstan. A Astana, il a fait la promotion d'un projet d'oléoduc qui permettrait de livrer l'Occident via l'Azerbaïdjan et la Turquie en contournant la Russie.

Avec des réserves de pétrole estimées à 24 milliards de barils, le Kazakhstan est appelé à devenir dans les prochaines années un acteur majeur du jeu énergétique mondial. Et les enjeux énergétiques constituent le moteur essentiel de l'affrontement actuel entre Washington et Moscou. On n'a d'ailleurs guère entendu Dick Cheney critiquer le régime peu démocratique du président kazakh Noursoultan Nazarbaïev (réélu en décembre dernier avec 91% des suffrages) même s'il a rencontré l'opposition locale. De fait, en Asie centrale, la compétition entre la Russie, les Etats-Unis et désormais la Chine pour les réserves d'hydrocarbures de l'Ouzbékistan, du Turkménistan et du Kazakhstan est plus féroce que jamais.

Selon Igor Maksimitchev de l'Institut européen de l'Académie des sciences russe, cité par le site Internet RussiaProfile, «tout le monde en Europe ne partage pas la vision de Cheney de la Russie. Ce discours pourrait même creuser la division entre l'Europe de l'Ouest qui veut faire des affaires avec la Russie, et l'Europe de l'Est qui espère marquer des points à Washington en insultant la Russie».

Notons au passage que la presse faisait encore parfois de l'information à l'époque... Quant à la prédiction finale de l'analyste russe, elle ne s'est pas vérifiée, le noyautage tant politique que médiatique du Vieux continent par Washington ayant été plus rapide que prévu. Si les milieux d'affaires français, italiens et surtout allemands réclament l'apaisement avec la Russie, ce n'est certes pas auprès de la grosse Bertha ou du flamby élyséen qu'ils trouveront une oreille attentive.

Et notre pont bulgaro-roumain dans tout ça ? Débuté en 2007, l'année où Sofia et Bucarest rejoignaient l'UE, et terminé en 2013, construit à une période où le Vieux continent passait entièrement sous la coupe US, et portant le nom de cette nouvelle Europe censée rejoindre la communauté euro-atlantique dans l'allégresse et les flonflons, il languit lamentablement sans apporter quoi que ce soit.

Nous l'avons mentionné car nous sommes dans l'ordre du symbolique. Derrière l'emphase pompeuse des belles formules et les coups de com' du système impérial, le principe de réalité finit toujours par reprendre le dessus.

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Poutine: les USA pourraient organiser un Maïdan «à domicile» contre Trump

Publié le par Felli Bernard

17 janvier 2017

Manifestation anti-Trump à Los Angeles

Aux États-Unis, on cherche à torpiller la légitimité de l’élection de Donald Trump, a estimé mardi le président Vladimir Poutine. Selon lui, on est prêt à aller jusqu'à un «Maïdan américain» juste pour empêcher le président élu d'entrer en fonction.

Aux États-Unis, une lutte politique se poursuit même après la présidentielle, a déclaré le président russe Vladimir Poutine aux journalistes à l'issue d'une rencontre avec son homologue moldave Igor Dodon. « Nous observons aux États-Unis une lutte politique aiguë bien que l’élection présidentielle ait eu lieu et se soit achevée par la victoire décisive de Donald Trump », a fait remarquer le chef de l'État russe.

Selon M. Poutine, cette lutte a plusieurs objectifs dont le principal est de « torpiller la légitimité du président élu américain ».

Et de souligner que ceux qui le font portent, consciemment ou pas, atteinte aux intérêts des États-Unis. « L’impression que nous pouvons nous faire est qu’après s’être entraînés à Kiev, ils sont prêts à organiser un "Maïdan" à Washington pour empêcher Trump d’entrer en fonction », a poursuivi M. Poutine.

Leur deuxième objectif, selon lui, est de l’empêcher de mettre en place des promesses données lors de sa campagne électorale que ce soit au sujet de la politique intérieure ou étrangère, estime le président.

En s’exprimant sur l’administration présidentielle sortante, le président russe a souligné qu’il existait deux catégories d’hommes: ceux qui partent sans dire adieu « par respect vis-à-vis de la situation » et ceux qui donnent « perpétuellement » leurs adieux sans pourtant partir. « À mon avis, l’administration sortante appartient à la seconde catégorie », a fait remarquer Vladimir Poutine.


En savoir plus: https://fr.sputniknews.com/international/201701171029630368-poutine-election-trump/

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