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Qui combat vraiment en Syrie: la liste noire de la honte de l’Occident

Publié le par Felli Bernard

Qui combat vraiment en Syrie: la liste noire de la honte de l’Occident


L’Occident, très pathétique, déplore la chute d’Alep. Ce que l’Union européenne et le gouvernement fédéral allemand ne disent pas : à Alep, comme en Syrie, combattent surtout des détachements de mercenaires, qui sont financés par l’Occident et ses alliés. Sans eux, il n’y aurait pas eu de guerre en Syrie.


Des habitants d’Alep-Est observent l’évacuation de mercenaires de leur ville le 15 décembre 2016 (photo: SANA/DPA)

Le 18 décembre 2016 – Source Deutsche Wirtschafts Nachrichten

Pour l’opinion publique allemande, il n’est souvent pas clair de démêler qui combat contre qui en Syrie. Un seul côté semble clair : une alliance de la Russie, de la Syrie, de l’Iran et du Hezbollah islamique. Mais contre qui combat au juste cette alliance ? La désignation des opposants au président élu Bachar al-Assad va des « rebelles » à l’« opposition » en passant par les « insurgés ». En effet, il y a même un parti d’opposition au Parlement syrien aujourd’hui, il y détient même un ministère (de la Réconciliation nationale). Pourtant les combattants « rebelles » sont presque exclusivement soutenus par des gouvernements étrangers et des services de renseignement.

 

Dans l’inventaire qui suit, nous nous basons presque exclusivement sur des sources occidentales – qui font clairement ressortir que l’engagement des mercenaires est connu des médias internationaux.

Cette liste est une liste de la honte : des services de renseignements et des gouvernements occidentaux financent une guerre en Syrie avec l’argent des contribuables, échappant à tout contrôle. Cela s’explique par des intérêts de politique énergétique, et vaut pour l’Occident comme pour la Russie et l’Iran.

L’armée russe est venue à l’aide d’Assad. Elle l’a fait en conformité avec le droit international – même si la guerre est toujours horrible et que la Russie ne pouvait pas éviter que des civils soient touchés. Les mercenaires décrits ici et leurs « souteneurs » agissent tous à l’encontre du droit international.

Le Front Sud :

Actif à Daraa et à Kuneitra, rapporte Al Jazeera.

Le groupe est financé et dirigé par le Centre des opérations militaires (COM) à Amman, qui dépend des États-Unis, selon la Fondation Heinrich-Böll.

La BBC précise que pour le Front Sud, il s’agit du regroupement de divers groupes, doté d’une force de combat de 38 000 hommes, soutenu par la CIA.

Elle est décrite par des représentants occidentaux comme le « groupe rebelle » le mieux organisé, selon Reuters.

Le Front Sud est dirigé par l’ancien général syrien Bachar al-Zoubi. Celui-ci est un riche homme d’affaires qui a surtout fait fortune dans le secteur touristique. En outre, il est membre du clan al-Zoubi, selon le magazine NOW.

La Légion al-Rahman et Jaysh al-Islam :

Actifs dans la Ghouta-Est, dans la périphérie de Damas et à Qalamoun-Est, rapporte Asharq al-Awsat.

Le groupe opère systématiquement avec l’armée de mercenaires de Jaysh al-Islam. La Légion al-Rahman et Jaysh al-Islam ont été levés et financés par l’Arabie saoudite. Riyad utilise le groupe comme organisation principale pour financer d’autres armées mercenaires en Syrie. Il y a eu par le passé des « rencontres de coordination » entre l’ancien chef des services secrets saoudiens Bandar, l’ambassadeur américain en Syrie Robert Ford et le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Khaled al-Attiyah. Les rencontres secrètes entre des représentants de l’Arabie saoudite, des États-Unis et du Qatar avaient lieu sur le territoire turc, rapporte le Guardian.

Le nombre des combattants se situe entre 40 000 et 70 000 hommes, d’après le rapports de l’Université Stanford. Le porte-parole de Jaysh al-Islam, Mohammed Alloush, a participé en tant que représentant des mercenaires aux pourparlers de paix de Genève, qu’il a unilatéralement rompus, rapporte Al Jazeera.

Le fondateur de Jaysh al-Islam, Zahran Alloush, a été tué lors d’une attaque aérienne russe, rapporte le Guardian. L’actuel chef militaire du groupe est Essam al-Buwaydhani. Il n’y a pas d’informations fiables sur al-Buwaydhani.

Le Front du Levant (Jabhat al-Shamiyah) :

Actif au nord de la Syrie / province d’Alep.

Le groupe est soutenu tant par des États occidentaux que par l’Arabie saoudite, nous dit Reuters. Au cours de la guerre en Syrie, il a reçu des armes antichars étasuniennes.

Le nombre des combattants de ce groupe s’élève, selon des données de Medium.com, à 7000 environ.

Le commandant suprême du Front du Levant est Abdelaziz Salamah. Selon les informations du Carnegie Middle East Center, Salamah est un « mercenaire » de la ville syrienne d’Adnan qui avait déjà dirigé d’autres troupes mercenaires.

Nour al-Din al-Zenki :

La troupe de mercenaires de Nour al-Din al-Zenki est active dans la province d’Alep – en particulier dans les faubourgs nord-ouest de la ville d’Alep, rapporte le Militant Leadership Monitor de la Fondation Jamestown

Le groupe est alimenté en argent et en armes par les États-Unis. Le Centre des opérations militaires (COM) des États-Unis joue ici un rôle clé, mais la CIA doit contrôler l’usage de l’argent et du matériel. Le groupe devrait aussi avoir reçu des armes antichar étasuniennes de la CIA et d’Arabie saoudite, rapportent le Guardian et NOW.

Selon des indications de Medium.com le groupe disposerait de plus de 3 000 combattants.

Le commandant suprême du groupe est Cheik Tawfik Schahabuddin, selon le Carnegie Middle East Center.

La Brigade des Faucons de la Montagne :

La Brigade des Faucons de la Montagne est active dans la province d’Idlib, au nord-ouest de la Syrie.

Le groupe est soutenu financièrement et fourni en armes par la CIA. Ses actions sont coordonnées par le Centre des opérations militaires en Turquie, qui est dirigé par des membre des services secrets occidentaux et arabes, rapporte Radio Free Europe/Radio Liberty.

Le groupe a une force combattante de 1000 personnes, selon le magazine Medium.com.

Le commandant suprême de ce groupe de mercenaires est Hassan Hadj Ali, un ancien capitaine de l’Armée syrienne. Les combattants du groupe sont formés au Qatar et en Arabie saoudite, selon Radio Free Liberty/Radio Europe.

La Brigade des Faucons de la Montagne a combattu jusqu’ici avec le Front al-Nusra et Ahrar al-Sham contre l’Armée syrienne.

La 13e division :

La 13e division est surtout active dans la province d’Idlib, selon Business Insider.

Elle est financée par le Qatar et l’Arabie saoudite, rapporte Al Jazeera.

D’après des informations du New York Times la CIA aurait équipé le groupe avec des armes antichar étasuniennes. Il dispose d’une force de combat de 1800 personnes, écrit Medium.com.

Le commandant suprême du groupe est le lieutenant-colonel Ahmed al-Saoud, dit la BBC. Al-Saoud a déserté en 2012 de l’Armée syrienne, où il avait servi pendant 20 ans auparavant, selon Al Jazeera.

Jaysh al-Nasr :

Le groupe Jaysh al-Nasr est actif dans la province de Hama et à Idlib.

Selon des informations de Middle East Eye, Jaysh al-Nasr est armé et soutenu par la CIA.

Le commandant suprême du groupe est le major Mohamed al-Mansour, rapporte RFS North. Al-Mansour est un déserteur de l’Armée syrienne.

Jaysh al-Nasr a 3 000 combattants. Le groupe est soutenu par l’Occident et a abattu en mars 2016 un avion de combat syrien avec une arme anti-aérienne, rapporte le L.A. Times.

La Division du Nord :

La Division du Nord est active dans les provinces d’Idlib, de Hama et d’Alep.

La Division du Nord appartient aux troupes mercenaires armées et soutenues par la CIA. La CIA avait équipé le groupe notamment avec des armes antichars, rapporte The Daily Mail.

Le commandant suprême du groupe est le lieutenant-colonel Fares al-Bayousch, qui avait auparavant servi dans l’Armée syrienne et avait travaillé comme ingénieur aéronautique, rapporte la Fondation Jamestown

Le groupe a une force de combat de 3 250 personnes, selon le magazine Medium.com.

La 1ère Division côtière :

La 1ère Division côtière est active dans les provinces d’Idlib et à Lattaquié.

Le groupe fait également partie des troupes mercenaires soutenues par la CIA, rapporte le Wall Street Journal. Il avait auparavant reçu des armes antichars étasuniennes, selon Stratfor. Son commandant suprême est le major-général Muhammad Hadj Ali.

Hadj Ali est le déserteur du rang le plus élevé de l’Armée syrienne qui ait rallié les troupes mercenaires. Il a obtenu un doctorat à l’Académie Nasser en Égypte, rapporte Al Araby.

La 1ère Division côtière dispose d’environ 2 800 combattants, selon Medium.com.

La Légion Sham / Faylaq al-Sham :

La Légion Sham est active à Homs, Hama, Idlib et Alep.

La Légion Sham est soutenue par les États-Unis, nous informe le portail militaire russe South Front.

Elle a cependant également participé à l’opération Bouclier de l’Euphrate, ce qui a conduit à ce que les milices kurdes soutenues par les États-Unis attaquent le groupe au nord de la Syrie. Le groupe mercenaire se consacre actuellement aux milices kurdes au nord de la Syrie, peut on lire dans le New York Times. Auparavant, il avait lutté presque exclusivement contre l’Armée syrienne.

Le groupe dispose de 4 000 combattants, rapporte Medium.com.

Le chef du groupe est Mondher Saras, annonce Carnegie. Il n’existe pas d’informations publiquement accessibles sur Saras.

Ahrar al-Scham :

La troupe de mercenaires Ahrar al-Scham est active surtout dans la province d’Idlib.

Elle appartient aux groupes mercenaires soutenus par la CIA, nous dit The International Reporter. D’après des informations de la chaîne de télévision publique russe Sputnik News, l’Arabie saoudite soutiendrait également le groupe financièrement. Al-Masdar News décrit le groupe comme l’un de ceux soutenus par l’« Occident ».

Son commandant actuel est Abu Yahya al-Hamawi, un ingénieur de Hama, qui a étudié à l’Université Tishreen, nous apprend Joshua Landis sur son site internet. C’est toutefois Abu Ammar al-Omar qui doit reprendre le commandement de Ahrar al-Scham, rapporte AP. Al-Omar passe pour un partisan de la ligne dure, qui rejette un cessez-le-feu avec l’Armée syrienne, selon Alalam.

Ahrar al-Scham a une force combattante de 15 000 personnes, d’après Medium.com.

Le Front al-Nusra (Fatah al-Sham) :

Le Front al-Nusra est principalement actif dans les provinces d’Idlib et de Deir-Ezzor.

Selon des recherches menées par le journaliste britannique Peter Oborne, les États-Unis et la Grande-Bretagne soutiennent le Front al-Nusra – la branche syrienne d’al-Qaïda – et de nombreuses troupes mercenaires en Syrie. Cela ressort clairement du documentaire The Report de la BBC Radio. Les États-Unis et le Front al-Nusra seraient dans le même camp lorsqu’il s’agit de combattre le président Bachar al-Assad.

Le commandant en chef du Front al-Nusra est Abu Mohammed al-Julani, selon la BBC. Al-Julani est d’origine syrienne. Auparavant, il avait rejoint al-Qaïda en Irak et a été détenu à Camp Bucca, écrit Orient News.

La Front al-Nusra a 12 000 combattants, selon Medium.com

Le cas particulier du MI6 dans la guerre en Syrie :

Après le renversement de Kadhafi, le MI6 et la CIA ont établi un réseau d’exfiltration de la Libye vers la Syrie. Des armes et des combattants ont été déplacés en Syrie pour renverser Assad.

Les Britanniques et les Français ont formé les rebelles de l’Armée syrienne libre et étaient stationnés sur une base turque. Les rebelles auraient été situés entre autres au nord du Liban et dans certaines de la Libye, rapporte le site militaire du Royaume-Uni Elite & Special Forces.

Asia Times informe que le MI6 et la DGSE française auraient entraîné les rebelles dans la région turque de Hatay et à Tripoli en Libye.

À cela s’ajoute que le MI6, avec la CIA et des instructeurs français, forme et arme des rebelles contre la Syrie en Jordanie, selon le Guardian.

La Brigade des Martyrs de l’Islam / Liwa’ Shuhada al-Islam :

Ce groupe est actif dans la périphérie de Damas / Daraya. C’est la troupe mercenaire la plus importante à Daraya, rapporte Orient News.

Entre 2012 et 2016, le groupe a reçu des armes antichars américaines de la CIA, rapporte le site internet Democratic Revolution, Syrian Style. L’utilisation de telles armes ressort également des vidéos de la troupe.

Le chef militaire de ces mercenaires est le capitaine Saeed Enker. Il a dit à Orient News que son groupe soutiendra à l’avenir les groupe à Idlib, dans la lutte conte Assad.

Medium.com rapporte que le groupe a plus de 1000 combattants.

Le Mouvement islamique al-Muthanna / Harakat al-Muthanna al-Islamiya :

Ce groupe est actif dans la province de Daraa.

L’allié du Mouvement islamique al-Muthana est la milice terroriste d’ISIS (Liwa Shuhada’ al-Yarmouk). Le financement du groupe est opaque. D’après des indications du journaliste arabe Nabegh Soror le groupe aurait, à ses débuts, obtenu des aides financières d’une personne venant des États du Golfe, qui se présentait comme un membre des services secrets. Plus tard, il est cependant apparu qu’il s’agissait d’une personne privée, rapporte Zaman al Wasl.

L’organisation est aussi considérée comme un intermédiaire entre divers groupes islamistes, selon Zaman al Wasl.

Le commandant suprême et « émir » du groupe est Abu Ayyup, sur lequel on sait peu de choses, nous apprend Al Jazeera.

Le groupe a 2 000 combattants, rapporte Medium.com

La Brigade Sultan Mourad :

La Brigade Sultan Mourad opère dans la province d’Alep.

Le groupe est soutenu par la Turquie et participe à l’opération Bouclier de l’Euphrate.

Son commandant est le colonel Ahmet Othman Fehim Isa, nous informe Voice of America.

Le groupe a 1 000 combattants, qui sont principalement des Turkmènes, selon Medium.com. Le groupe appartient à l’organisation militaire principale Armée syrienne turkmène (STO dans son sigle anglais).

L’Armée syrienne turkmène (STO) :

La STO a été fondée en août 2013. Elle est active à Lattaquié, Alep, Idlib, Homs et Hama, rapporte Turkomania.org.

La STO est soutenue par la Turquie. L’aile politique de la troupe est le Parlement turkmène de Syrie, dont le siège est à Istanbul et qui a d’autres représentations à Gaziantep et Yayladag.

Le fondateur et commandant de ces mercenaires est le colonel Abu Bakir Muhammed Abbas, qui est un déserteur de l’Armée syrienne, rapporte Haberler.

Le journal turc Yeni Safak annonce que la STO a plus de 5 000 combattants.

***

Dans ce contexte, il devient clair pourquoi l’Occident ne peut rien faire pour protéger la population en Syrie : il doit faire sortir ses gens de la zone des combats, ce qui est toujours difficile après une bataille perdue. On ne sait pas si les Russes et les Syriens feront en sorte que les mercenaires puissent être éloignés en toute sécurité. On ne sait pas non plus où les mercenaires se rendront à la fin.

Il faut lire les déclarations de l’UE et de l’Allemagne dans ce contexte. L’AFP résume :

Les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne ont appelé à la protection de la population d’Alep, mais ont en même temps avoué leur impuissance dans le conflit syrien. Dans la déclaration finale du sommet de l’UE à Bruxelles, ils ont condamné dimanche soir les attaques sur la grande ville syrienne et demandé que les habitants puissent quitter Alep-Est « dans la sécurité et la dignité ». La chancelière allemande Angela Merkel (CDU) a parlé d’une situation « très déprimante » et a émis de sévères accusations à l’égard de la Russie et de l’Iran.

L’évacuation d’Alep-Est entamée jeudi doit avoir lieu sous la surveillance des Nations Unies, affirme la déclaration finale. En même temps, de l’aide et des médicaments doivent pouvoir être amenés dans la ville. Les médecins et les hôpitaux doivent être protégés dans tout le pays.

Le président du Conseil de l’UE Donald Tusk a demandé à l’issue du sommet européen la mise en place immédiate de « corridors humanitaires » : « La protection des civils est une priorité absolue. »

Dans le même temps, Tusk a admis que dans le conflit syrien, l’UE n’était « pas aussi efficace que nous le souhaiterions » étant donné la « brutalité du régime » et de ses alliés la Russie et l’Iran. Mais l’UE n’est pas indifférente à la souffrance des gens en Syrie et continuera à faire « pression » sur les acteurs.

Merkel aussi s’est exprimée avec tristesse sur la situation en Syrie : « Cette partie de la discussion, je ne veux pas vous le cacher, était très déprimante, parce que nous voyons tous, au XXIe siècle, quelque chose dont nous avons honte, qui nous brise le cœur, et que nous ne pouvons pas agir politiquement comme nous le voudrions. »

En même temps, elle a reproché à la Russie et à l’Iran d’être coresponsables des attaques sur les civils et les hôpitaux d’Alep. Ce sont « des crimes, qui devront aussi être punis ».

Jeudi, l’évacuation des habitants de la partie orientale assiégée a commencé dans la ville d’Alep. À Bruxelles, le président français Hollande a cependant alerté sur le fait que 50 000 personnes étaient encore « piégées » à Alep.

Les menaces de sanctions contre la Russie ne se trouvent pas dans la déclaration finale – les chefs d’État et de gouvernement de l’UE n’ont aucun espoir d’exercer une véritable pression sur Moscou par ce moyen. Dans la déclaration du sommet, il est simplement écrit : « L’UE prend en considération toutes les options disponibles. » Hollande a dit que des sanctions n’étaient pas exclues à l’avenir, mais que « nous n’en sommes pas encore là ».

Le dernier sommet de l’année de l’UE s’est tenu sous l’impression de la situation dramatique à Alep. Le maire de la partie est de la ville, Brita Hagi Hassan, était invité à la rencontre de Bruxelles [Qui n’est pas du tout maire, NdT].

« Nous avons urgemment besoin d’une coalition pour contraindre le régime et les milices iraniennes sur place à respecter le cessez-le-feu, a dit Hassan. Et nous devons organiser l’évacuation des civils en toute sécurité. » Il a averti : « L’Histoire se souviendra du silence international face aux crimes contre l’humanité en Syrie. »

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Le New-York-Times pleurniche… À déguster avec recul et modération

Publié le par Felli Bernard

Le New-York-Times pleurniche… À déguster avec recul et modération


Les conservateurs US – pro Trump – retournent l’accusation de « fausses nouvelles » contre ceux qui l’ont employée


Par  Jeremy W.Peters – Le 25 décembre 2016 – Source New York Times

La CIA, le FBI et la Maison Blanche peuvent bien tous convenir que la Russie était derrière le piratage qui a interféré avec l’élection. Mais cela n’a pas d’importance pour le site Breitbart News, qui a rejeté les rapports des Services de renseignement comme des « fausses nouvelles de gauche ».

Rush Limbaugh a diagnostiqué un problème plus fondamental. « Les fausses nouvelles sont les nouvelles quotidiennes » dans les médias traditionnels, a-t-il dit dans son émission de radio récemment : « Ils ont juste inventé. »

Certains partisans du président élu Donald J. Trump ont également pris la parole. Alors que les journalistes sortaient d’un rassemblement de Trump ce mois-ci à Orlando, en Floride, un homme les a chahutés aux cris de « fausses nouvelles ! ».

Jusqu’à présent, ce terme avait été largement compris comme une référence à des rumeurs fabriquées qui sont censées se propager de manière virale sur internet. Mais les personnalités conservatrices du câble et de la radio, les Républicains de haut niveau, et M. Trump lui-même, incrédules à l’idée que des histoires fausses aient pu aider à faire basculer l’élection en sa faveur, se sont appropriés le terme et l’ont retourné contre toutes les nouvelles qu’ils considèrent hostiles à leur ordre du jour.

En définissant les fausses nouvelles de manière aussi large et en cherchant à en diluer le sens, ils capitalisent sur la perte croissante de crédibilité de tous les fournisseurs d’informations, un produit de la polarisation politique croissante du pays. Et les conservateurs, voyant une ouverture pour saper les médias traditionnels – un ennemi de longue date – sont plus qu’heureux de creuser le trou plus profondément.

« Au fil des ans, nous avons effectivement lavé le cerveau de notre auditoire pour qu’il se méfie de tout ce avec quoi il n’est pas d’accord. Et maintenant, nous sommes allés trop loin », a déclaré John Ziegler, un animateur radio conservateur, qui a critiqué ce qu’il considère comme une partisanerie excessive des experts. « Parce que les gardiens [de l’expertise] ont perdu toute crédibilité dans l’esprit des consommateurs, je ne vois pas comment vous allez l’inverser. »

Les journalistes qui travaillent pour séparer le fait de la fiction voient un dangereux amalgame d’histoires qui se révèlent fausses à cause d’un malentendu légitime avec ceux dont l’intention claire est de tromper. Un rapport, partagé plus d’un million de fois sur les médias sociaux, disant que le pape soutenait M. Trump, était incontestablement un faux. Mais était-ce une « fausse nouvelle » de diffuser des sondages qui montraient Hillary Clinton avec des chances énormes de gagner la présidence ? Les articles d’opinion sont-ils faux s’ils cherchent des faits pour en tirer des conclusions discutables ?

« Les ‘fausses nouvelles’ était un terme spécifique concernant des histoires fabriquées à dessein par des gens pour les clics de souris et le profit », a déclaré David Mikkelson, le fondateur de Snopes, le site qui débusque les mythes. « Maintenant, ce terme recouvre les mauvais reportages, le journalisme biaisé et la propagande pure et simple. Et je pense que nous rendons un mauvais service en regroupant toutes ces choses ensemble. »

L’étiquetage des fausses nouvelles par la droite évoque l’un des efforts les plus fructueux des conservateurs pour réorienter la façon dont les Américains pensent l’objectivité des médias : c’est le comportement de Fox News qui présente sa couverture conservatrice biaisée comme « juste et équilibrée ».

Traditionnellement, les médias grand public avaient pensé leur propre approche en ces termes, en proposant leur couverture comme strictement neutre. Les Républicains ont souvent trouvé cela ridicule.

À l’instar de la promotion omniprésente, par Fox News, de son slogan, l’appropriation par les conservateurs de l’étiquette fausse nouvelle est un effort pour éroder davantage la revendication des médias traditionnels qui se présentent comme une source fiable et précise.

« Ce qui est si inquiétant, à mon avis, au sujet des plaintes que l’on entend maintenant concernant les fausses nouvelles est que le public est déjà, en quelque sorte, imprégné de l’idée que le journalisme n’a pas de crédibilité ni de légitimité », a déclaré Angelo Carusone, le président de Media Matters, Médias d’information. « En conséquence, en appliquant l’expression fausse nouvelle à des informations crédibles, l’accusation devient encore plus crédible. »

Les médias conservateurs sont maintenant enragés à condamner les fausses nouvelles. Lorsque M. Trump a choisi comme secrétaire au Travail, Andrew F. Puzder, la presse a mis en évidence l’opposition de ce dernier à l’augmentation du salaire minimum. Erick Erickson, écrivain et animateur de radio, a alors écrit que M. Puzder aurait mérité davantage de crédit pour avoir remarqué que l’accroissement du salaire minimum entraînait un chômage plus élevé. « Dire les choses autrement, c’est encourager les fausses nouvelles », écrivait-il. (On a effectivement constaté que les effets peuvent varier d’une ville à l’autre.)

Infowars, le site web dirigé par le provocateur conservateur, et théoricien de la conspiration, Alex Jones, a étiqueté comme fausse nouvelle un reportage de CNN disant que Ivanka Trump serait installée dans le bureau de la Maison Blanche normalement réservé à la première dame.

M. Trump a utilisé la situation pour nier les informations, comme il l’a fait sur Twitter récemment, après que diverses sources ont déclaré qu’il resterait producteur exécutif de The New Celebrity Apprentice après avoir pris ses fonctions en janvier. « Ridicule & faux – FAUSSE NOUVELLE ! », tweete-t-il. (Il sera accrédité en tant que producteur exécutif, a dit Mark Burnett, porte-parole du créateur du spectacle. Mais on ne sait pas encore quel travail il fera sur le spectacle, ni s’il y travaillera.)

Beaucoup de conservateurs repoussent avec indignation les accusations de fausses nouvelles [qui auraient soi-disant permis de battre Hillary] parce qu’ils pensent que les progressistes – peu disposés à accepter la victoire de M. Trump – attribuent son triomphe à des facteurs externes néfastes.

« La gauche refuse d’admettre que le problème fondamental n’est pas les Russes, ni Jim Comey, ni les fausses nouvelles, ni le Collège électoral, a déclaré Laura Ingraham, l’auteure et animatrice radio. Les fausses nouvelles ne sont qu’une autre mauvaise excuse pour leur défaite. »

D’autres y voient une intensification de l’effort pour mettre en doute la fonction journalistique de base qui est la vérification des faits. Les sites non partisans comme Snopes et Factcheck.org se sont vus calomniés quand ils ont réfuté des histoires qui arrangeaient les conservateurs.

Quand Snopes a écrit au sujet d’un agent d’assurance de State Farm en Louisiane qui avait affiché un placard, à l’extérieur de son bureau, comparant les contribuables qui ont voté pour le Président Obama à des poulets soutenant le Colonel Sanders [Fondateur du fast-food KFC], M. Mikkelson, le fondateur du site Snopes, a été attaqué comme étant un partisan démocrate qui n’avait jamais pris la peine de contacter l’agent pour avoir un commentaire. Rien n’est vrai.

« Ils essaient de faire mousser tout ce qu’ils peuvent trouver ici et là pour discréditer la vérification des faits », a-t-il déclaré.

Certains conservateurs hautement partisans ont déjà fait des efforts pour affirmer que leur travail de vérification des faits est le même que celui des indépendants comme Snopes, qui dispose d’équipes d’investigation pour fouiller dans les revendications apparemment douteuses.

Sean Hannity, l’hôte de Fox News, a diffusé des éléments de « vérification des faits » dans son émission. Michelle Malkin, la chroniqueuse conservatrice, a un site Web, « Michelle Malkin enquête », dans lequel elle conduit ses propres enquêtes.

Le marché, dans ces temps divisés, est indéniable mûr. « Nous vivons maintenant dans un monde médiatique fragmenté où vous pouvez bloquer les personnes avec lesquelles vous n’êtes pas d’accord. Vous n’êtes exposé qu’à des histoires qui vous font plaisir, et que vous voulez croire », a déclaré M. Ziegler, l’animateur radio. « Malheureusement, la vérité est largement impopulaire. Et, à chaque fois, un bon conte de fées l’emporte sur une vérité difficile. »

Par Jeremy W.Peters

Traduit et édité par jj, relu par Catherine pour le Saker Francophone

Note du Saker Francophone

Nous vous encourageons fortement à consulter les analyses de l'excellent dedefensa.org sur le même sujet :

Dans le tourbillon des “Fake-News”

Fake Réflexions

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La Bundesbank rapatrie son or de New York et Paris « plus tôt que prévu »

Publié le par Felli Bernard

 

La Bundesbank rapatrie son or de New York et Paris « plus tôt que prévu »

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« En janvier 2016, trois ans après avoir débuté le transfert d’une partie de son or détenu à l’étranger dans les coffres de la Banque de France, à Paris, et de la Fed à New York, la Bundesbank a annoncé qu’elle avait rapatrié un total de 366,3 tonnes, portant le total des réserves d’or détenues à Francfort à 1 402 tonnes, soit 41,5% du total de l’or allemand (3 381 tonnes). Une quantité pour la première fois supérieure à celle entreposée à la Fed de New York qui, en date du 27 janvier 2016, hébergeait 39,9% de l’or officiel de l’Allemagne (1 347 tonnes).

« Avec près de 1.403 tonnes, Francfort est, depuis la fin de l’année passée, devant New York le principal lieu de stockage de nos réserves d’or, » a déclaré Carl-Ludwig Thiele, membre du Conseil d’administration de la Bundesbank. « Le rapatriement se déroule sans problèmes. Par rapport à l’année 2014, nous avons réussi à augmenter encore une fois sensiblement le volume de transport. Tout se déroule selon le calendrier prévu, » a ajouté Thiele, en janvier dernier.

En janvier 2013, la Bundesbank avait annoncé son intention d’entreposer la moitié des réserves d’or allemandes dans ses propres coffres à Francfort d’ici 2020, ce qui nécessitait le rapatriement de 300 tonnes d’or de New York et de tout l’or qui se trouvait à Paris, soit 374 tonnes. En janvier 2016, il restait à rapatrier 111 tonnes de New York et 196,4 tonnes de Paris.

Les raisons « politiquement correctes » du transfert, ainsi que la logistique et la mécanique, furent expliquées dans une vidéo de mars 2015 réalisée par la Bundesbank…

 

Les vraies raisons sont différentes… Suite à la publication de plusieurs rapports semant le doute sur l’état réel du stock d’or, l’équivalent allemand de la Cour des comptes a demandé en octobre 2012 l’établissement d’un audit. Plus précisément, la Cour voulait s’assurer que les quelque 3 400 tonnes d’or, dont plus de 2 000 tonnes étaient détenues à l’étranger, existaient réellement, « parce que l’authenticité et le poids des stocks n’avaient jamais été vérifiés. » Le mouvement de rapatriement s’intensifia suite à des rumeurs selon lesquelles une grande partie de l’or détenu à l’étranger aurait été « ré-hypothéqué », que cet or n’y serait plus, qu’il aurait été refondu, prêté ou vendu.

À cette époque, Carl-Ludwig Thiele déclarait au Handesblatt que ces transferts serviraient à « bâtir la confiance », et il essaya vigoureusement de faire taire les rumeurs. Cela dit, rapatrier l’or conservé dans les banques centrales étrangères est précisément l’opposé d’un « acte de confiance ».

À la fin 2013, la Bundesbank annonça qu’elle n’avait réussi à rapatrier que 37 tonnes sur les 700 prévues au calendrier, ce qui exacerba un peu plus la méfiance de la population locale, qui commençait à croire les rumeurs d’or manquant.

Face à la réaction des médias et du public, la Bundesbank accéléra son programme et rapatria 120 tonnes en 2014 et 210 tonnes en 2015, ce qui laissait entendre que la confiance de la Bundesbank envers les autres banques centrales avait diminué.

Vendredi dernier, après presque un an, le journal allemand Bild a rapporté qu’en 2016, la Bundesbank avait rapatrié plus d’or que prévu, dans le but de détenir la moitié des deuxièmes réserves les plus importantes au monde (après les États-Unis) sur son sol.

« Nous avons ramené beaucoup plus d’or en Allemagne en 2016 que prévu initialement. A l’heure actuelle, près de la moitié des réserves d’or [du pays] sont en Allemagne, » a déclaré le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, au journal allemand ».

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Rappels :

L’or continue de hanter notre système monétaire (J. Rickards)

L’or détenu par les Etats-Unis pourrait avoir disparu (E. von Greyerz)

L’Ukraine admet que son or a disparu : « Il n’y a presque plus d’or dans les coffres de la Banque centrale »

Mario Draghi : « L’or est une réserve de sécurité pour les banques centrales »

 

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 51 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières
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La CIA et Obama impliqués dans l’assassinat du diplomate russe

Publié le par Felli Bernard

La CIA et Obama impliqués dans l’assassinat du diplomate russe

Un premier rapport du Service de renseignement étranger (SVR) a fourni au Conseil de sécurité (SC) russe, il y quelques heures, concernant l’assassinat de l’ambassadeur Andrey Karlov hier à Ankara, République de Turquie, révèle avec étonnement que l’assassin Mevlut Mert Altintas, était aussi présent près de l’agence de la CIA , située dans le gouvernorat d’Erbil au Kurdistan irakien le 15 juillet (2016), donnant ainsi «une indication plus que forte» qu’il était impliqué dans le coup d’état raté contre le président turcRecep Tayyip Erdoğan [1]. Ce coup d’état était, comme le reconnaissent les Américains [2], dirigé par la CIA (donc par le gouvernement américain) et exécuté par les agents de l’organisation terroriste islamiste de Fethullah Gülen, appelée (FETO).

Selon ce rapport, le président Poutine a autorisé l’envoi en Turquie une équipe de 18 enquêteurs du service de renseignement SVR pour enquêter conjointement avec l’Organisation nationale de renseignement turc (MİT).  Et qu’une des premières « fonctions » qu’ils ont jouée était le suivi du passé électronique des dossiers dutéléphone de l’assassin, avec ceux de sa famille et associés connus.

Le 15 juillet cet assassin a été mis en service avec son régiment de police à Diyarbakır, situé dans la province de Diyarbakır, lorsque le coup d’état dirigé par les États-Unis [2] contre le président Erdoğan a eu lieu. Mais au lieu de déclarer ces faits aux forces de police turques, ce policier est parti congé de 2 jours, accordé« inexplicablement »  par son commandant Kahraman Sezer. Ce dernier sera arrêté après l’échec du coup d’état en raison de ses liens avec l’organisation terroriste FETO de Fethullah Gülensoutenu par la CIA.

Selon ce rapport, le président Poutine a autorisé l’envoi en Turquie une équipe de 18 enquêteurs du service de renseignement SVR pour enquêter conjointement avec l’Organisation nationale de renseignement turc (MİT).  Et qu’une des premières « fonctions » qu’ils ont jouée était le suivi du passé électronique des dossiers dutéléphone de l’assassin, avec ceux de sa famille et associés connus.

Après avoir obtenu ce congé extraordinaire alors que la Turquie était au milieu d’un coup d’État, les experts en renseignement électronique du SVR ont été en mesure de suivre l’utilisation du téléphone de cet assassin le 15 Juillet sur un parcours de 386 kilomètres (240 miles). Ce suivi a montré qu’il a voyagé  de Diyarbakir à Erbil. Après quoi son téléphone a été «silencieux» pendant 7 heures. Puis il a été réactivé dans les premières heures du matin du 16 Juillet, ce qui a permis de le voir revenir à son domicile en ville en Turquie, pour reprendre son boulot.

Les dossiers d’enquête du MİT turc sur les déplacements de cet assassin dans les environs de la base de la CIA à Erbil lors du coup d’État du 15 juillet, montrent qu’il a menti, car il avait déclaré que son voyage au Kurdistan irakien était motivé pour visiter un cousin malade, qui enseignait à l’école « Fethullah Gülen » à Erbil. Pour cette fausse déclaration, il a été suspendu  le 4 octobre de ses fonctions dans la police. Cependant, sans qu’aucune explication ne soit trouvée dans ses dossiers, il a été réintégré le 16 novembre, avec tous les pouvoirs qu’il avait avant sa suspension.

Les enquêteurs SVR dans ce rapport notent en outre que l’école « Fethullah Gülen » à Erbil, visitée par cet assassin le 15 Juillet, a été fermée et vendue par les autorités irakiennes du Kurdistan, après que les agents de sécurité du MİT turcs leur aient fourni les preuves que ces écoles sont liées au coup d’état raté de la  CIAcontre le gouvernement légitimement élu de la Turquie.

De même, le gouvernement turc et ses analystes du MİT ont fourni au régime Obama 85 boîtes de preuves prouvant l’implication de la CIA et de Fethullah Gülen dans le coup d’État du 15 juillet, mais jusqu’à cette heure-ci, le régime Obama refuse toujours de le reconnaître ou de s’expliquer.

Bien que de nombreuses questions relatives à ces deux associations d’assassins (la CIA et l’organisation terroriste FETO de Fethullah Gülen) restent à découvrir, de nouvelles preuves émergentes faisant l’objet d’une enquête par le SVR et le MİT montrent maintenant un lien direct entre ce meurtre et celui, quelques heures plus tard, du diplomate russe Petr Polshikov, qui a été abattu dans sa maison de Moscou.

Ces deux meurtres de diplomates russes ont eu lieu 72 heures après qu’Obama ait menacé la Russie au sujet de la revendication absurde qu’elle s’était ingérée dans des élections présidentielles américaines. Obama avait annoncé que ses représailles contre la Russie « peuvent être explicites et publiées; et d’autres représailles ne le seront peut-être pas ».

Si, effectivement, ces deux assassinats sont fermement liés, la menace du président Poutine disant que « les tueurs vont en supporter amèrement les conséquences » deviendra une sombre réalité pour la CIA et Fethullah Gülen, ainsi qu’un grand malaisepour Obama.

Depuis qu’il est devenu évident qu’Obama et la CIA sont liés à l’assassinat à cet ambassadeur russe, le président élu Donald Trump a compris le message. Dorénavant, il se protège fortement avec ses propres forces privées de mercenaires d’élite aguerris des entreprises de sécurité  KS Global Group LLC, Black Tie Services de protection, ASIT Consulting et XMark LLC. [3].

De plus, il vient d’annoncer qu’il gardera ses protections privées jusqu’à ce qu’il prenne possession du Bureau Ovale, ce qui est une sorte d’outrage envoyé aux services de sécurités officiels, qui, sous Obama-Clinton, ont brillé par leur incompétence et leur corruption. On se rappelle comment JFK a été assassiné par la CIA pour avoir osé la défier, et comment Reagan a été « réduit en légume » par la CIA pour la même raison.

 

Via LCP

 

1 commentaire Publié par le 28 décembre 2016

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Cessez-le-feu en Syrie signé par les jihadistes à l’exception d’al-Qaïda et de Daesh

Publié le par Felli Bernard

Cessez-le-feu en Syrie signé par les jihadistes à l’exception d’al-Qaïda et de Daesh

| Damas (Syrie)
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Réseau Voltaire — Un cessez-le-feu a été conclu en Syrie, a annoncé le président russe Vladimir Poutine, en présence de ses ministres des Affaires étrangères et de la Défense [1]. La Russie et la Turquie s’en sont portées garants. La République islamique d’Iran qui a participé à l’élaboration de l’accord se tient discrètement en réserve.

Trois documents ont été signés par la République arabe syrienne et sept groupes rebelles représentant plus de 60 000 jihadistes :
 1. Faylaq al-Cham (4 000 combattants)
 2. Ahrar al-Cham (16 000 combattants)
 3. Jaysh al-Islam (12 000 combattants)
 4. Suar al-Cham (12 000 combattants)
 5. Jaysh al-Mujahidin (8 000 combattants)
 6. Jaysh Idlib (6 000 combattants)
 7. Jabhat al-Chamiyah (3 000 combattants)

Les trois documents sont :
 Le cessez-le-feu (excluant al-Qaïda et Daesh) sur l’ensemble du territoire à partir de ce soir, jeudi 29 décembre 2016, à minuit heure locale.
 Les mesures visant au respect de la trêve et au déploiement des forces russes.
 Les conditions des négociations de paix qui se tiendront à Astana (Kazakhstan). L’Iran et Égypte seront associés à ces négociations et les États-Unis pourront s’y joindre une fois le président élu Donald Trump investi (c’est-à-dire après le 20 janvier 2017). L’Arabie saoudite, l’Irak, la Jordanie, le Qatar et les Nations unies seront sollicités.

L’accord brise l’unité des jihadistes en deux groupes : d’un côté ceux qui poursuivent les objectifs de l’Otan et qui ont refusé de le signer, de l’autre ceux qui ont accepté de baisser les armes.

En parrainant cet accord avec la République islamique d’Iran, la Turquie —membre de l’Otan— a renoncé à son ambition de devenir le leader du monde sunnite et s’est éloignée des États-Unis.

La Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution a annoncé qu’elle soutenait cet accord.

Au début du mois, le Qatar s’est retiré de la guerre contre la Syrie. Il est entré au capital de Rosneft, la plus grande société au monde, et a lié sa politique énergétique à celle de la Russie.

Cet accord est en discussion depuis deux mois. Les parties qui s’y opposent —particulièrement Israël et le Royaume-Uni— ont tenté de le faire échouer en assassinant l’ambassadeur de Russie à Ankara, puis en bombardant les 28 et 29 décembre l’ambassade de Russie à Damas.

Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ne participent pas à ce cessez-le-feu. Washington a été accusé par le président Erdoğan de continuer à soutenir Al-Qaïda et Daesh, ce que l’ambassade US à Ankara a démenti. Cependant, le président sortant Barack Obama a signé, le 23 décembre, la loi fiscale de Défense autorisant la livraison d’armes à l’« opposition » (sic) en Syrie.

L’Arabie saoudite, qui n’a pas commenté l’accord, a annoncé venir en aide aux réfugiés syriens. Le royaume devrait distribuer de l’aide humanitaire, exclusivement à partir des mosquées qu’elle a installées dans les camps de réfugiés.

Le président Poutine a donné ordre à son ministre de la Défense de réduire la présence militaire russe en Syrie. Cependant, la Russie poursuivra son action contre le terrorisme (al-Qaïda et Daesh).

La guerre contre la Syrie a coûté la vie à au moins 300 000 Syriens. Elle a été planifiée par les États-Unis et leurs partenaires de l’Otan, et financée par les monarchies du Golfe.

Réseau Voltaire

Voltaire, édition internationale

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CPI : autopsie d'un naufrage judiciaire

Publié le par Felli Bernard

CPI : autopsie d'un naufrage judiciaire

 

 
22 décembre, 2016
Note d'analyse
Leslie Varenne

 

Plusieurs Etats africains ont annoncé leur retrait de la Cour Pénale Internationale (CPI), il s’agit de l’Afrique du Sud, du Burundi et de la Gambie. La Russie a également décidé de retirer sa signature du traité de Rome, qu’elle n’avait, par ailleurs, pas ratifié. L’hémorragie ne devrait pas s’arrêter là puisque d’autres pays, le Kenya, les Philippines, et l’Ouganda ont déjà fait part de leur intention de claquer la porte de cette Institution. La Namibie, quant à elle, a adopté une position originale, elle reste, mais à une condition : que les Etats-Unis en deviennent membre. Ces départs sont importants ; pour autant, ils ne sont pas responsables de l’état de mort cérébrale dans lequel se retrouve cette juridiction, ils ne sont que la conséquence de l’agonie de cette forme de justice internationale. Si la CPI n’a aucune chance de sortir de l’unité de soins palliatifs dans laquelle elle s’est elle-même installée, c’est avant tout parce que l’idéologie qui l’a portée sur les fonds baptismaux a trépassé. Cette Cour a été fondée pour porter les « nobles idéaux » de ses principaux bailleurs de fonds occidentaux : droits de l’homme, droit d’ingérence, protection des populations civiles avec la Responsabilité de Protéger (R2P). Ces « valeurs », répétées à l’infini et tordues dans tous les sens, se sont révélées être de simples instruments d’une politique internationale au service d’un monde unipolaire. Les conflits de 2011, en Libye et en Côte d’Ivoire, ont dévoilé l’imposture. Quels droits humains ont été préservés alors que les résolutions des Nations Unies n’ont pas été respectées et le droit international bafoué ? Quelles populations ont été protégées par la R2P, pour la première fois mise en œuvre lors de ces deux guerres menées par des coalitions occidentales [1] ? Sûrement pas celles de Duekoué en Côte d’Ivoire ou de Tawergha en Libye. Les secousses telluriques qui traversent le monde actuellement sont dues aux retours de boomerang des conflagrations de 2011. Si les Russes et les Chinois ont, dès octobre 2011, mis leur véto au Conseil de Sécurité au projet de résolution sur la Syrie, c’est parce qu’ils avaient retenu les leçons des conflits libyen et ivoirien. La Syrie a redistribué les cartes, les va-t-en-guerre américains et leurs alliés européens ne décident plus seuls, le monde devient multipolaire et entre de plain-pied dans le 21ème siècle, emportant avec lui l’étendard des « valeurs » occidentales du siècle dernier. La CPI aurait pu sortir de son coma et survivre à ces bouleversements si elle avait su dépasser son rôle d’instrument de « l’approche globale » [2], de gardienne du temple du droit du plus fort et qu’elle était devenue la Cour d’une véritable justice internationale impartiale et efficace. Il n’en est rien...

 Fatou Bensouda, procureur de la CPI

 

Une année dans la vie de la CPI…

Le procès de Laurent Gbagbo et de son co-inculpé Charles Blé Goudé  s’est ouvert le 28 janvier 2016. Le 9 décembre 2016, la Chambre a décidé d’interrompre les débats pendant deux mois au motif que les Etats parties n’avaient pas attribué assez de fonds pour que la Cour soit en mesure de mener trois audiences à la fois. Pourtant, chaque année, son budget est en augmentation, il est passé de 130 millions d’euros en 2015 à 139 millions d’euros en 2016 et sera encore en nette progression en 2017 avec 148 millions d’euros alloués. Mais il est vrai que cette somme reste faible au regard de la nouvelle politique de cette Institution. Aux abois, elle adopte une stratégie de survie et tente de parer les coups de ses contempteurs qui l’attaquent politiquement mais également sur son efficacité et son bilan. Ainsi, pour réfuter l’argument selon lequel seuls les pays africains sont poursuivis, elle a ouvert en janvier 2016 une enquête sur les événements de 2008 en Géorgie. Accusée de lenteur, elle a condamné en un temps record le Malien, Ahmad Al Faqi Al Mahdi à neuf années de prison. Il était jugé pour la destruction de mausolées à Tombouctou. La tâche des juges a été grandement facilitée par le fait qu’Al Mahdi plaide coupable. Si dans cette affaire, la Cour a exaucé les vœux de l’Unesco, elle a outragé les Maliens, comme si les exactions contre le patrimoine étaient plus importantes que les crimes de sang commis dans leur pays. Toujours dans la même idée de redorer son bilan, la CPI a, 12 ans après le début de son enquête, ouvert le procès de l’Armée de Libération du Seigneur (LRA). Mais faute d’avoir pu mettre la main sur Joseph Kony, le chef de cette milice ougandaise toujours en fuite, elle juge aujourd’hui Dominic Ongwen. Ce dernier est à la fois une victime et un bourreau, un ancien enfant-soldat devenu seigneur de guerre. Enfin, elle a condamné en juin le Congolais Jean-Pierre Bemba, détenu à la Haye depuis huit ans, à 18 ans de prison. Il a fait appel. Puis elle l’a déclaré coupable une nouvelle fois en octobre, avec quatre de ses co-accusés, dans une sombre affaire de subordination de témoins. Cinq condamnations en un seul jugement… La Cour fait du chiffre, comme d’autres organisations internationales, elle adopte une pratique entrepreneuriale et améliore ses performances. En moins d’une année, elle est passée de deux condamnations à neuf. La CPI maquille son bilan comptable, mais elle n’évitera pas la faillite, comme le démontre le procès Gbagbo. 

« Aucun système légal au monde ne peut accepter que des témoins soient soudoyés, incités à mentir ou briefés. »

L’ancien Président ivoirien est incarcéré depuis plus de cinq ans, il peut donc patienter deux mois de plus. Les débats reprendront le 6 février 2017. En une année, la Cour n’a entendu qu’une trentaine de témoins sur les 138 annoncés. Depuis la note de l’IVERIS, publiée le 6 février 2016, « CPI chronique d’un désastre annoncé », rien n’est venu contredire la catastrophe prédite, bien au contraire. Lors de son premier exposé ouvrant le procès de l’ancien Président ivoirien et de son co-accusé Charles Blé Goudé, le procureur, Fatou Bensouda, déclarait que le travail de son organisation consistait à : « établir la responsabilité pénale individuelle au sujet des crimes commis par les forces armées de la Côte d’Ivoire ainsi que par les groupes de jeunes, les milices et les mercenaires. » Or, après une année d’audiences, aucune preuve, aucun élément, aucun témoignage n’aura permis d’apporter de l’eau au moulin de l’accusation. Pire, la vérité, si importante à connaître pour qu’une véritable réconciliation nationale ait lieu dans un pays encore traumatisé par la guerre, s’éloigne un peu plus chaque jour. La CPI offre le spectacle désolant d’une tartufferie parée de procédures et de verbiage juridiques chargés de donner une caution de sérieux à la farce en cours. Le seul moment de bravoure, donnant quelques clés aux juges pour comprendre la complexité du conflit ivoirien, a été la déposition haute en couleur de Sam l’africain. Devant la Cour, cet ancien partisan de Laurent Gbagbo, convoqué par l’accusation comme témoin à charge [3], a déclaré : « Le procureur cherche à déterminer les responsabilités des coupables, c’est son rôle, vous êtes là pour mettre de l’ordre dans les violences qui se créent dans le monde. Pour la crédibilité même de cette Institution, il faudrait que les choses soient faites bien et correctement. Que le débat soit centré sur les vrais problèmes. » Les paroles sages de Sam l’Africain sont restées vaines. Après ce court épisode de lucidité, les audiences ont repris, fastidieuses, sans fil conducteur, brouillonnes, entrecoupées de multiples huis clos partiels qui nuisent au suivi de l’audience et à la compréhension des débats. Aucune figure, aucune personnalité ayant joué un rôle important en 2010-2011 n’a été entendue. Reste un défilé de témoins, dont la crédibilité est trop souvent sujette à caution et qui parfois méconnaissent les faits sur lesquels ils sont pourtant interrogés. Sur quels critères le bureau du procureur choisit-il ceux qui viennent raconter leur histoire à la Haye ? La CPI devrait méditer sur les propos tenus par le juge Bertram Schmitt, lors du procès pour subordination de témoins dans l’affaire Jean-Pierre Bemba : « Aucun système légal au monde ne peut accepter que des témoins soient soudoyés, incités à mentir ou briefés. Le jugement d’aujourd’hui envoie un message clair : la cour refuse que ses procédures soient freinées ou détruites ». Sans aucun doute ces deux petites phrases surprendront ceux qui suivent le procès Gbagbo tant la liste de tous les témoins « troublants » appelés à la barre est longue [4]. Mais l’Institution n’en a cure puisqu’elle n’a de compte à rendre à personne, comme le rappelle l’historien John Laughland « elle incarne le principe de pouvoir sans responsabilité ». Outre les critères du choix des témoins, toutes ces auditions mettent également en lumière l’absence criante d’investigation, tant à charge qu’à décharge, de la part de la CPI, contrairement à sa mission qui consiste à mener des enquêtes pour être en capacité de juger les accusés. Pourtant, elle aurait pu réaliser une instruction sérieuse. Mais le veut-elle ?

Prochain article à paraître sur le sujet avant la fin de l'année : de Sarajevo à Abobo

Leslie Varenne

 

[1] La coalition occidentale en Libye était soutenue par certain pays du Golfe, Qatar et Arabie Saoudite.
[2] Le concept d’approche globale désigne la nécessité d’une synergie entre instruments militaires et civils dans la gestion des crises. Il cristallisé sous sa forme actuelle dans la première moitié des années 2000. Présent à la fois dans l’OTAN et dans l’UE, il se réfère à la mise en œuvre d’une palette d’instruments divers pour promouvoir la stabilisation à long terme. Lire l’article "Libye une guerre holistique" de Bruno Husquinet.
[3] Sam l'Africain a été contacté en 2011 par le bureau du procureur d'Abidjan alors qu'il était déténu à l'hôtel de la Pergola. Dans ces conditions, il lui était difficile de refuser la proposition de la CPI, d'autant qu'en cette période post-guerre troublée, sa collaboration avec le bureau du Procureur lui garantissait une certaine sécurité. A la barre, il a fait preuve d'une habileté exceptionnelle pour revenir sur ses premières dépositions.
[4] A ce titre, les deux dernières auditions de l'année sont édifiantes, il est possible de les revoir sur ce site.

 

Tags:
cpi, côte d'ivoire, afrique, libye, mali

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Arrêtez le massacre !

Publié le par Felli Bernard

Arrêtez le massacre !

 

 
29 décembre, 2016
Tribune libre
Loïk Le Floch-Prigent

 

Poursuivre la désindustrialisation ou réindustrialiser ?

En cette fin d’année, tandis que le Président élu aux USA développe sa stratégie de réindustrialisation et que la nouvelle Premier Ministre Britannique déclare prioritaire le renouveau de l’industrie, la France, elle, parle des contrats de travail dans les « entreprises » et l’Europe se préoccupe de la « compétition » lors des rapprochements d’entreprises... Est-ce bien raisonnable ? Le temps risque d’être long d’ici le mois de mai, tandis que la presse continue à se réjouir des « recentrages » du retour au « cœur de métier » et la constitution de « trésors de guerre » après la vente de pépites. 

J’ai suffisamment parlé du dossier Alstom. Les « Chantiers de l’Atlantique » ont été vendus il y a déjà bien longtemps, ils ont été coréens après avoir été norvégiens, la société mère est désormais en liquidation, or c’est un trésor national, il faut en reprendre la propriété tandis qu’ils sont excellemment dirigés depuis cinq ans, mais pour cela il faut une volonté et un négociateur ! La comédie jouée sur « STX Europe » doit finir, Saint-Nazaire c’est en France et l’installation industrielle fait partie de notre patrimoine.

Quand Plastic Omnium rachète une partie de Faurecia, donc une entreprise française rachète à une autre entreprise française, les pare-chocs de voitures, la Commission Européenne met huit mois à négocier la revente de cinq usines françaises et de trois autres européennes pour « protéger la concurrence » ! Qui va racheter ? les Américains, les Chinois, des fonds spéculatifs ? N'a-t-on rien de mieux à faire que d’éviter que nos entreprises industrielles deviennent puissantes et se développent dans une concurrence mondiale acharnée ? Est-ce que les USA se préoccupent des monopoles qu’ils exercent dans l’ensemble des pays du monde ? Croyez-vous que Rex Tillerson, héritier de l’empire Exxon et futur Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères soit un adepte de la concurrence débridée ? Dans quel monde vivons-nous ? la Commission s’inquiète-t-elle du monopole chinois des cellules solaires photovoltaïques, a-t-elle arrêté la vente des Robots Kuka allemands à l’industrie nationale chinoise, où est l’indépendance industrielle de l’Europe dans ces domaines ? Où est la concurrence ? Intra-européenne ou extra-européenne, redevenons sérieux et supprimons ces bureaucrates incompétents qui vivent dans le monde d’hier.

Cerise sur le gâteau, nous refusons de comprendre l’industrie de demain et nous poursuivons nos commentaires « financiers » stupides à propos de l’industrie.

J’ai dit et redit que la vente de positions mondiales pour racheter ses actions ou pour préparer des « acquisitions » était un leurre. J’ai donné des exemples, et, en particulier celui de Sanofi qui a vendu Mérial à Bohringer. Cela reste en Europe c’est déjà cela, mais le siège est à Lyon, c’est-à-dire en France. Hé bien depuis cette vente, Sanofi veut faire une acquisition majeure dans son « cœur de métier », comme si la santé animale des animaux que nous mangeons n’avait rien à voir avec la santé humaine ! Tous les mois nous apprenons que Sanofi a « presque racheté » une entreprise innovatrice mais qu’un concurrent a payé plus cher et qu’il faut attendre une autre occasion; ils vont peut-être finir par racheter Merial et s’apercevoir que le trésor était chez eux !

Il ne se passe pas de semaines sans que des chefs d’entreprises vendent ainsi des pépites à la grande satisfaction des banquiers et des journalistes économiques, ainsi, par exemple, le nouveau patron de Safran a eu comme priorité de vendre sa pépite, « Morpho » ! Ce n’était pas son cœur de métier ! Ouf ! Y avait-il des usines ? Y avait-il du savoir-faire ? Le développement de cette activité avait de l’avenir au plan mondial ? Balivernes... L’important est de disposer d’un trésor de guerre pour faire une acquisition. Y-a-t-il des travailleurs dans ces usines ? Que pensent-ils des nouveaux propriétaires ? Qui s’en soucie ? Personne.

A chaque fois que je fais une conférence dans ce que désormais on appelle les territoires, c’est-à-dire la France, je rencontre des salariés inquiets de leur avenir et des édiles locaux qui m’interrogent sur les propriétaires des entreprises qui emploient leurs électeurs. « Connaissez-vous cette entreprise qui a racheté l’usine » ? « Avez-vous des relations avec le fonds qui possède nos installations » ? Il y a un patron local qui communique par « Skype » avec ses « chefs » sans bien savoir où l'on va mais avec des ordres précis sur la rentabilité de la production. C’est cela l’industrie de demain ? Non ! C’est l’inverse d’une activité industrielle. L’industrie c’est la mobilisation autour d’un projet, ce n’est pas remplir le tonneau des Danaïdes d’un inconnu qui va décider un jour de remplacer une installation en Bretagne par un atelier en Indonésie. Tout cela c’est l’échec des trente ans qui viennent de s’écouler !

Réveillez-vous, rentrez résolument dans le monde d’aujourd’hui et donc celui de demain.

 

Tags:
industries stratégiques, alstom, arabelle

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Big Brother petits bras…

Publié le par Felli Bernard

Big Brother petits bras…


Les renards de la CIA protègent le poulailler de Facebook des intrusions de la vérité. Bienvenue à la « Police des faits » : CIA, Soros, Bezos et le Washington Post !

« ... Qui sont-ils pour me dire, ou vous dire ce que vous êtes autorisé à lire, à digérer et sur quels sujets vous pouvez former vos idées indépendantes ? C'est une réincarnation au XXIe siècle de l'Inquisition espagnole, composée des vrais créateurs de faux, le Washington Post, AP, ABCNews, Snopes.com, FactCheck.org, la CIA et ses amis. »
F.William Engdhal

F. William Engdhal

Par F. William Engdhal – le 22 décembre 2016 – Source Russia Insider

La nécessité de censurer réprimer ce qui est qualifié de « fausses nouvelles » est devenue le dernier slogan à la mode des médias aux ordres de la CIA, après que le Pizzagate a fuité des données alléguant que le directeur de campagne de Hillary Clinton, John Podesta et d’autres personnes politiques très influentes à Washington ont été en rapport avec une étrange pizzeria, près de la Maison Blanche, gérée par un homme de 41 ans James Achilles Alefantis, surnommé Comet Ping Pong.

 

Voici le crétin post-pubère milliardaire qui pense pouvoir vous dire ce que vous êtes autorisé à lire

La dernière étape dans ce processus de censure d’internet est une décision du média social glauque dénommé Facebook de faire appel à des organisations spécialisées pour déterminer si les messages publiés sur Facebook sont des fausses nouvelles ou non. Maintenant, il apparaît que ces organisations privées chargées de la « police des faits » sont liées à la CIA et à des ONG en rapport avec cette dernière, y compris les fondations Open Society de George Soros.

Dans les dernières semaines de la campagne présidentielle américaine, Wikileaks a publié un grand nombre de courriels liés au dirigeant de la campagne de Clinton, John Podesta. Le contenu de milliers de courriels a révélé des échanges détaillés entre Podesta et l’étrange et influent propriétaire de la pizzeria Comet Ping Pong, Alefantis, ainsi que l’organisation par la campagne Clinton de collectes de fonds à Comet Ping Pong.

Le scandale du Pizzagate a explosé au cours des dernières semaines de la campagne américaine alors que des équipes de chercheurs privés ont documenté et publié sur Facebook, Instagram et d’autres, des faits suggérant qu’Alefantis et Comet Ping Pong étaient au cœur d’un cercle de pédophilie impliquant certains politiciens de Washington et au-delà.

Le New York Times et le Washington Post ont rapidement affirmé que les révélations du Pizzagate étaient des fausses nouvelles, citant des « sources anonymes » qui auraient dit que la CIA « croyait » que la Russie était derrière les pirates informatiques qui ont exposé les courriels et les documents du Comité national du parti démocrate ainsi que ceux du directeur de campagne de Hillary Clinton, John Podesta.

L’ancien expert en renseignement de la NSA, William Binney, a affirmé que les données de la campagne de Podesta et Clinton ont été divulguées et non pas piratées. La NSA, a-t’il souligné, a identifié immédiatement un hacker, en particulier un hacker étranger, mais elle est restée silencieuse.

La découverte et la livraison à Wikileaks des emails de Podesta ont été immédiatement imputées aux renseignements russes par la CIA, et maintenant par le président américain, sans aucune preuve, et malgré le fait que la NSA n’a pas réagi. Wikipédia, dont le contenu est souvent manipulé par les agences de renseignement américaines, a rapidement affiché une page avec ce titre curieux, Pizzagate (théorie de la conspiration).

Pour s’assurer que le lecteur neutre intéressé comprenne bien le message, le paragraphe d’en-tête dit : « Le Pizzagate est une théorie de conspiration démasquée qui a émergé pendant le cycle de l’élection présidentielle 2016 aux États-Unis, alléguant que les emails de John Podesta, qui ont été divulgués par WikiLeaks, contenaient des messages codés en rapport avec la traite d’êtres humains, et reliant un certain nombre de pizzerias de Washington D.C., à des membres du Parti démocrate et à un cercle pédophile. »

Début du slogan des fausses nouvelles

Mon propos en mentionnant les détails du Pizzagate n’est pas de démontrer l’authenticité des allégations à ce sujet, ce que d’autres font avec beaucoup plus de moyens. Au lieu de cela, mon but est de souligner la synchronisation entre la communication explosive des fuites du Pizzagate sur le blog Wikileaks de Julian Assange, et le lancement d’une campagne médiatique et politique massive contre ce qui est maintenant qualifié de fausses nouvelles.

L’article cité dans le New York Times, par Wikipedia, comme « démystifiant » les allégations du Pizzagate affirme : « Rien de tout cela n’était vrai. Bien que M. Alefantis ait des amis démocrates de premier plan à Washington et soit un partisan de Mme Clinton, il ne l’a jamais rencontrée, ne vend pas et n’abuse pas des enfants, et n’est pas été inquiété par les forces de l’ordre pour aucune de ces réclamations. Lui et ses quarante employés se sont involontairement trouvés pris au milieu d’une tempête de fausses nouvelles ». L’article ne contient pas une preuve concrète que les allégations sont fausses, disant simplement que Alefantis est la pauvre victime de fausses nouvelles vicieuses.

L’histoire du New York Times a été accompagnée d’une série d’articles tels que « Comment les fausses nouvelles deviennent virales : une étude de cas ». Un autre titre évoque : « Obama, avec Angela Merkel à Berlin, condamnent la propagation de fausses nouvelles ».

Puis, le 19 novembre, l’ardent partisan de Clinton, le milliardaire de Facebook Mark Zuckerberg est cité dans un article éminent intitulé : « Selon Mark Zuckerberg, Facebook étudie les moyens de combattre les fausses nouvelles ».

Facebook recrute des censeurs à la CIA

Zuckerberg, PDG et fondateur du site Facebook.com, leader mondial des médias sociaux, le 5e homme le plus riche du monde avec environ 50 milliards de dollars, a maintenant établi un réseau tierce partie de « Police des faits » dont le travail consiste à signaler, par un drapeau rouge, tout message de l’un quelconque du milliard – estimé – de personnes utilisant le site, avec un avertissement saillant qui prévient : « contesté par des tiers vérificateurs de faits ».

Facebook a annoncé qu’il prend ses données de censure à partir d’un réseau international dénommé Réseau international de vérification des faits (IFCN). Cette IFCN, une nouvelle création, a rédigé un code de cinq principes auxquels les sites internet d’actualités doivent se conformer, et Facebook travaillera avec des « organisations tierces de vérification des faits » qui sont signataires de ce code de « déontologie ».

Si nous recherchons le nom International Fact-Checking Network (IFCN), nous nous trouvons sur la page d’accueil de quelque chose appelé l‘Institut Poynter pour les études des médias à Saint-Pétersbourg, en Floride.

Okay. Si nous regardons un peu plus loin, nous constatons que le Réseau international de vérification des faits de l’Institut Poynter reçoit à son tour l’argent de la Fondation Bill & Melinda Gates, de Google, du National Endowment for Democracy, du Omidyar Network, de l’Open Society Fondations de George Soros.

Oh mon Dieu !

Bill & Melinda Gates Foundation qui s’associe à Soros dans de nombreux projets désagréables comme, par exemple, convaincre les pays africains d’accepter les semences génétiquement modifiées ou OGM ?

Google, dont les origines remontent aux financements par la CIA et par la NSA, comme l’indique le chercheur en renseignement Nafeez Ahmed : « Une pléthore de start-ups du secteur privé cooptées par le renseignement américain pour conserver la supériorité dans le secteur de l’information. » ?

Omidyar Network, de Pierre Omidyar, fondateur milliardaire d’eBay, qui finance, entre autres projets, la publication numérique en ligne The Intercept, lancée en 2014 par Glenn Greenwald, Laura Poitras et Jeremy Scahill ?

National Endowment for Democracy (NED) [Fondation nationale pour la démocratie], l’ONG « privée » financée par le gouvernement US, planquée derrière chaque changement de régime de la CIA, de la Révolution de couleur en Ukraine au Printemps arabe ? Le NED était un projet de la CIA créé dans les années 1980 sous l’administration Reagan dans le cadre de la privatisation des opérations de renseignement américaines, comme Allen Weinstein – qui avait rédigé la législation du Congrès pour établir le NED – l’a noté dans une interview candide au Washington Post en 1991 : « Beaucoup de choses que nous faisons aujourd’hui étaient faites clandestinement, il y a 25 ans, par la CIA ».

Et si nous creusons encore plus profondément, nous trouvons, oh surprise !, l’inévitable suspect habituel, George Soros, trader de hedge fund initié et condamné, philanthrope exonéré d’impôts et giga-milliardaire qui semble avoir financé non seulement Hillary Clinton, mais pratiquement toutes les Révolutions de couleur fomentées par la CIA et le département d’État US, de la Russie à la Chine en passant par l’Iran, grâce à son réseau Open Society Foundations, y compris le pillage de la Russie et de la plupart des pays de l’Europe de l’Est ex- communiste, dans les années 1990, par Jeffrey Sachs sous couvert de la thérapie de choc.

Un autre des médias travaillant avec la censure des fausses nouvelles du Facebook de Zuckerberg est le Washington Post, aujourd’hui détenu par le fondateur milliardaire d’Amazon, Jeff Bezos. Bezos est un important partenaire des affaires de médias avec… la CIA, un fait qu’il a omis de déclarer après avoir pris en charge la propriété du journal le plus important de Washington.

Le Washington Post de Bezos a récemment publié une liste bizarre de 200 sites Web dont elle prétend qu’ils génèrent des fausses nouvelles [y compris le Saker, NdT]. Le journal a refusé d’identifier qui lui a donné la liste. L’enquêteur journaliste vétéran à Washington, Wayne Madsen, a révélé la source de la liste tabou style McCarthy de soi-disant fausses nouvelles. Il s’agissait d’un « site Web appelé PropOrNot.com qui a des liens avec la CIA et George Soros ».

Ce ne sont pas seulement les révélations du Pizzagate qui ont déclenché une attaque aussi massive sur des sites Internet indépendants. Il semble qu’en janvier 2014, lors du Forum économique mondial de Davos, le contrôle de l’information sur Internet a été un des principaux sujets de discussion. À l’époque, Madsen a noté : « Avec la disparition imminente de la neutralité du World Wide Web, qui a donné un accès égal aux opérateurs de sites Internet, le 1% des investisseurs milliardaires est occupé à se positionner pour prendre le contrôle total des informations sur Internet. »

Ce ne sont même pas les renards qui gardent le poulailler d’Internet. Ce sont les loups-garous de la CIA et la censure du gouvernement américain. Le fait que les révélations explosives du Pizzagate / Podesta aient simplement déclenché une accélération dramatique du calendrier de l’opération « Fausses Nouvelles » prévu par la CIA − en tant que successeur de leur opération de discrédit linguistique de la « théorie de la conspiration » en 1980 − montre clairement qu’il ne s’agit pas d’un service public impartial, objectif et transparent pour protéger le public d’Internet contre les contenus nuisibles.

Et, d’ailleurs, qui sont-ils pour me dire, ou vous dire, ce que vous êtes autorisés à lire, à digérer et sur quels sujets vous pouvez former vos idées indépendantes ? C’est une réincarnation au XXIe siècle de l’Inquisition espagnole, composée des vrais créateurs de faux, le Washington Post, AP, ABCNews, Snopes.com, FactCheck.org, la CIA et ses amis. Je dirais que c’est un développement alarmant, non pas du fait de la Russie, mais du fait des réseaux de la CIA qui encouragent l’opération « Fausses Nouvelles » à diaboliser tous ceux qui s’opposent à la propagande de Washington.

F.William Engdahl

Article original paru chez New Eastern Outlook

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A cause du Pentagone, la Maison Blanche est exclue des négociations internationales sur la Syrie

Publié le par Felli Bernard

A cause du Pentagone, la Maison Blanche est exclue des négociations internationales sur la Syrie


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Le 21 décembre 2016 – Source Moon of Alabama

Le New York Times déplore aujourd’hui que les négociations internationales sur la situation en Syrie se poursuivent sans aucune participation américaine : la Russie, l’Iran et la Turquie se rencontrent pour des pourparlers en Syrie, sans les États-Unis.

La Russie, l’Iran et la Turquie se sont réunis à Moscou mardi pour travailler à un accord politique qui mette fin à la guerre de près de six ans et trouver une solution au conflit qui serve leurs intérêts, en laissant les États-Unis de côté.

Le secrétaire d’État John Kerry n’a pas été invité. Les Nations Unies n’ont pas non plus été consultées.

Avec les forces pro-gouvernementales ayant fait des gains critiques sur le terrain […] 

(Note : La dernière phrase disait à l’origine, à juste titre, « les forces pro-syriennes… », pas « les forces pro-gouvernementales… » Elle a été modifiée après que j’ai noté le changement de ton « pro-syrien » sur Twitter.)

La Russie a exclu les États-Unis de toute discussion à venir sur la Syrie, après que ceux-ci ont fait éclater un accord que Kerry, après avoir fait durer les négociations, avait finalement conclu avec le ministre russe des Affaires étrangères, M. Lavrov.

Dans une interview récente, Kerry reconnaît que c’est l’opposition du Pentagone, pas de Moscou ni de Damas, qui a fait voler en éclat son accord avec la Russie sur la Syrie :

Il a eu récemment un différend, au sein de l’administration, avec le secrétaire à la Défense Ashton Carter. Kerry a négocié un accord avec la Russie pour faire des opérations militaires conjointes, mais l’accord n’a pas tenu.

« Malheureusement, nous avions des divisions au sein de nos propres rangs qui ont rendu sa mise en œuvre extrêmement difficile, a déclaré Kerry. Mais je crois en cet accord, je pense que cela peut fonctionner, aurait pu fonctionner. »

L’accord de Kerry avec la Russie n’est pas « tombé à l’eau » tout seul. Le Pentagone l’a activement saboté, en attaquant intentionnellement et perfidement l’armée syrienne.

L’accord avec la Russie a été conclu en juin. Il prévoyait des attaques coordonnées contre ISIS et al-Qaïda en Syrie, tous deux désignés comme terroristes par deux Résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies qui appellent tous les pays à les éradiquer. Pendant des mois, les États-Unis n’ont pas réussi à séparer leurs « rebelles modérés » formés, ravitaillés et payés par la CIA et le Pentagone d’al-Qaïda, bloquant ainsi l’accord. En septembre, l’accord a été modifié et s’est trouvé enfin prêt à être mis en œuvre.

Le Pentagone n’en voulait toujours pas, mais la Maison Blanche est passée outre :

L’accord que le secrétaire d’État John Kerry a annoncé avec la Russie, pour réduire le nombre de morts en Syrie, a creusé un fossé de plus en plus voyant entre M. Kerry et le secrétaire à la Défense, Ashton B. Carter, qui a de profondes réserves sur le projet de joindre les forces américaines aux russes pour cibler les groupes terroristes.

Carter fait partie des fonctionnaires de l’administration qui ont repoussé l’accord lors d’une conférence téléphonique avec la Maison Blanche la semaine dernière, au cours de laquelle M. Kerry, qui participait à la conférence depuis une installation sécurisée de Genève, a manifesté une contrariété de plus en plus grande. Le président Obama a finalement approuvé l’accord après des heures de débat, mais les responsables du Pentagone ne sont toujours pas convaincus.

[…]

« Je ne dis ni oui ni non », a déclaré le lieutenant-général Jeffrey L. Harrigian, commandant du Commandement central des Forces aériennes des États-Unis, à une conférence vidéo. « Il serait prématuré de dire que nous allons sauter dessus. »

Le général du CentCom a menacé de ne pas se conformer à la décision prise par son commandant en chef. Il n’aurait pas osé le faire sans l’accord du secrétaire à la Défense, Ash Carter.

Trois jours plus tard, les forces aériennes américaines de CentCom et des avions alliés danois ont attaqué les positions de l’armée syrienne près de la ville assiégée de Deir Ezzor. Trente-sept attaques aériennes qui ont duré une heure, ont tué entre 62 et 100 soldats de l’Armée arabe syrienne et fait beaucoup plus de blessés. Ces derniers tenaient une position défensive sur les collines surplombant l’aéroport de Deir Ezzor. Peu de temps après l’attaque aérienne américaine, les forces d’ISIS ont pris d’assaut les collines et elles les tiennent toujours. Le ravitaillement des 100 000 civils et soldats de Deir Ezzor est maintenant menacé, sinon impossible. L’attaque de CentCom met ISIS en position de conquérir Deir Ezzor et d’établir la « principauté salafiste » de leurs rêves dans l’est de la Syrie.

Dès le début de l’attaque américaine, le centre d’opérations syro-russe avait essayé de contacter l’agent de coordination du Commandement central des États-Unis pour stopper l’attaque. Mais cet officier était injoignable et les militaires de CentCom qui ont reçu les appels russes, ont tout simplement raccroché :

Quand l’officier russe a réussi à joindre son contact – qui n’était pas à son bureau – et à lui expliquer que la coalition bombardait une unité de l’armée syrienne, « un bon nombres de frappes » avaient déjà eu lieu, a déclaré à la presse le porte-parole du Commandement central américain, le colonel John Thomas, au Pentagone, mardi.

Jusqu’à l’attaque, les parties syrienne et russe avaient, comme convenu avec Kerry, maintenu un cessez-le-feu pour permettre la séparation des « tachetés » 1 de la CIA et des forces d’Al-Qaïda. L’attaque aérienne de CentCom a mis fin à l’accord entre Kerry et Lavrov :

A la réunion organisée d’urgence au Conseil de sécurité de l’ONU sur la question, les tempéraments étaient échauffés. Le représentant permanent de la Russie à l’ONU, Vitaly Chourkine, s’est interrogé sur le timing des frappes, deux jours avant que la coordination russo-américaine dans la lutte contre les groupes terroristes en Syrie, ne commence.

« Je n’ai jamais vu une manifestation aussi extraordinaire de l’emploi abusif de la force par les Américains », a-t-il dit, après avoir brusquement quitté la réunion.

Le Pentagone a lancé son enquête habituelle de blanchiment et un gros rapport de synthèse (pdf) a été publié fin novembre.

Gareth Porter a quand même trouvé quelques informations utiles dedans.

Le rapport, publié par le Commandement central des USA, le 29 novembre, montre que les officiers supérieurs du Centre des opérations conjointes des forces aériennes étasuniennes (CAOC) de la base aérienne d’al-Udeid, au Qatar, qui sont responsables de la décision de lancer le raid aérien de septembre à Deir Ezzor :

  • ont induit en erreur les Russes sur l’endroit où des États-Unis allaient lancer des frappes, pour que la Russie ne puisse pas avertir les troupes syriennes

  • ont ignoré les informations et analyses du renseignement les avertissant que les positions ciblées étaient celles du gouvernement syrien et non de l’état islamique

  • sont passés brusquement d’un processus de ciblage à une frappe immédiate, en violation des procédures normales de l’Armée de l’Air.

L’enquête a été dirigée par un général de brigade. Il était trop peu gradé pour enquêter sur le lieutenant général Harrington ou le défier. Le nom d’un co-enquêteur a été effacé du rapport et remplacé par la mention « information concernant un gouvernement étranger ». Cet officier était probablement danois.

Quatre jours après la publication officielle du rapport d’enquête, le gouvernement danois, sans donner aucune explication officielle, a retiré son contingent aérien de toute opération ultérieure sous commandement américain en Irak et en Syrie.

Avec l’attaque de Deir Ezzor, le Pentagone a :

  • mis ISIS en position de remporter la victoire au siège de Deir Ezzor, où plus de 100 000 civils et soldats sont menacés d’être brutalement assassinés,

  • préparé le terrain pour l’établissement d’une « principauté salafiste » contrôlée par ISIS dans l’est de la Syrie

  • trompé un allié européen de l’OTAN et perdu sa coopération active sur la Syrie et l’Irak

  • fait éclater l’accord de Kerry avec la Russie pour une lutte coordonnée contre ceux que l’ONU qualifie de terroristes, en Syrie

  • provoqué l’exclusion des États-Unis des négociations internationales ultérieures sur la Syrie

Il est clair que l’officier étasunien responsable de l’attaque et de ses conséquences est le lieutenant général Jeffrey L. Harrigian qui s’était déjà prononcé publiquement contre l’accord que son commandant en chef avait accepté. Il avait probablement l’appui du secrétaire à la Défense, Ash Carter.

La Maison Blanche n’a pas réagi à cette insubordination ouverte de l’armée, qui sape sa diplomatie.

Emptywheel note que, sur une autre question, la CIA est également en insurrection assez ouverte contre les décisions du président :

Cela m’inquiète que quelqu’un ait pensé que c’était une bonne idée de laisser fuiter des critiques sur un échange téléphonique [présidentiel] par l’intermédiaire du téléphone rouge. On pourrait penser que ce dispositif repose sur la confiance que, même si la situation est fortement dégradée, deux dirigeants d’États disposant de l’arme nucléaire peuvent se parler franchement et directement.

Traduction : Dominique Muselet

Note :

 

  1. Allusion aux chèvres tachetées que Jacob a reçues de Laban, en les séparant des autres chèvres dans la bible (Genèse 30:25 ;31:16)

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Il y a plus d’une vérité à raconter dans la terrible histoire d’Alep (The Independent)

Publié le par Felli Bernard

Source : Robert Fisk, 15-12-2016

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Robert FISK

Les politiciens, les « experts » et les journalistes occidentaux vont devoir reprendre à zéro leur copie au cours des prochains jours, maintenant que l’armée de Bashar al-Assad a repris le contrôle de l’est d’Alep.

Nous allons savoir si les 250 000 civils « prisonniers » dans la ville étaient effectivement aussi nombreux. Nous allons en apprendre beaucoup sur le fait ils n’avaient pas la possibilité de partir quand le gouvernement syrien et l’armée de l’air russe ont lancé leur bombardement féroce de la partie orientale de la ville.

Et nous allons en apprendre encore davantage sur les « rebelles » que nous – les Occidentaux, les États-Unis, la Grande-Bretagne et nos coéquipiers du Golfe – avons soutenu.

Il y avait après tout parmi eux, al-Qaïda (alias Jabhat al-Sham), le « peuple » – comme les appelait George W. Bush – qui ont commis les crimes contre l’humanité à New York, à Washington et en Pennsylvanie le 11 septembre 2001. Rappelez-vous la guerre contre le terrorisme ? Rappelez-vous le « mal à l’état pur » qu’était al-Qaïda. Rappelez-vous tous les avertissements de nos services de sécurité bien-aimés au Royaume-Uni sur la façon dont al-Qaïda pouvait semer la terreur à Londres ?

Mais quand les rebelles, y compris al-Qaïda, se battaient dans l’est d’Alep, il n’en était plus question – car un conte d’héroïsme, de démocratie et de souffrance avait été mis au point pour nous, un récit avec des bons contre des méchants, du même acabit que celui explosif et malhonnête sur les « armes de destruction massive » en Irak.

À l’époque de Saddam Hussein, lorsque quelques-uns d’entre nous soutenions que l’invasion illégale de l’Irak mènerait à des catastrophes et à des souffrances incalculables, et que Tony Blair et George Bush nous poussaient dans la voie de la perdition, il nous incombait de constamment rappeler notre répugnance à l’égard de Saddam et de son régime. On nous rappelait inévitablement que Saddam était l’un des trois piliers de l’Axe du Mal.

Alors voici le mantra habituel que nous devons répéter ad nauseam pour éviter les habituels courrier haineux et les habituelles injures qui seront aujourd’hui versés sur quiconque se détournera de la version dominante et profondément biaisée de la tragédie syrienne.

Oui, Bashar al-Assad a brutalement détruit de vastes étendues de ses villes dans sa lutte contre ceux qui veulent renverser son régime. Oui, ce régime a une multitude de péchés accrochés à son nom : la torture, les exécutions, les prisons secrètes, le meurtre de civils et – si nous incluons les miliciens syriens sous le contrôle effectif du régime – une version effrayante de nettoyage ethnique.

Oui, nous devrions craindre pour la vie des médecins courageux de l’est d’Alep et des gens qu’ils ont soignés. Quiconque a vu les images du jeune homme sorti de la ligne des réfugiés fuyant Alep la semaine dernière, par les hommes du renseignement du régime devrait craindre pour tous ceux qui n’ont pas été autorisés à traverser les lignes du gouvernement. Et rappelez-vous comment l’ONU a dit avoir appris que 82 civils ont été « massacrés » dans leurs maisons dans les dernières 24 heures.

Mais il est temps de dire l’autre vérité : que nombre des « rebelles » que nous, les Occidentaux, avons soutenus – et que notre absurde premier ministre Theresa May a indirectement bénis lorsqu’elle a fait acte d’allégeance devant les acheteurs d’hélicoptères [saoudiens] la semaine dernière – sont les plus cruels et les plus impitoyables des combattants au Moyen-Orient. Et tandis que nous avons été abreuvés des horreurs d’Isis pendant le siège de Mossoul (un événement trop semblable à Alep, bien que vous ne le penseriez pas en lisant notre version de l’histoire), nous avons volontairement ignoré le comportement des rebelles d’Alep.

Il y a seulement quelques semaines, j’ai interviewé l’une des premières familles musulmanes à fuir l’est d’Alep à l’occasion d’un cessez-le-feu. Le père venait d’être informé que son frère devait en représailles être exécuté par les rebelles parce qu’il avait traversé la ligne de front avec sa femme et son fils. Il a condamné les rebelles pour avoir fermé les écoles et avoir placé des armes à proximité des hôpitaux. Et il n’était pas un maréchal pro-régime… Il avait même eu de l’admiration pour Isis pour leur bonne conduite dans les premiers jours du siège.

Environ à la même époque, les soldats syriens exprimaient en privé leur conviction que les Américains permettraient à Isis de quitter Mossoul pour attaquer à nouveau le régime en Syrie. Un général américain avait réellement exprimé sa crainte que les miliciens chiites irakiens puissent empêcher Isis de fuir à travers la frontière irakienne vers la Syrie.

Eh bien, c’est arrivé. En trois colonnes de camions-suicides et de milliers de partisans armés, Isis vient de se frayer un chemin à travers le désert depuis Mossoul en Irak et Raqqa et Deir ez-Zour dans l’est de la Syrie, pour reprendre la belle ville de Palmyre.

Il est très instructif d’examiner nos rapports sur ces deux événements parallèles. Presque tous les manchettes parlent aujourd’hui de la « chute » d’Alep face à l’armée syrienne – alors qu’en toute autre circonstance, nous aurions certainement dit que l’armée avait « repris » la ville aux « rebelles » – tandis qu’Isis aurait « recapturé » Palmyre quand (étant donné leur propre comportement meurtrier) nous aurions certainement annoncé que la ville romaine était « tombée » une fois de plus sous leur domination grotesque.

Les mots importent. Ce sont les mêmes hommes que ceux qui, après leur première occupation de la ville l’année dernière, ont décapité le savant de 82 ans qui a essayé de protéger les trésors romains, puis ont ensuite placé ses lunettes sur sa tête décapitée.

De leur propre aveu, les Russes ont effectué 64 bombardements contre les attaquants d’Isis à l’extérieur de Palmyre. Mais étant donné les énormes colonnes de poussière soulevées par les convois d’Isis, pourquoi l’armée de l’air américaine n’a-t-elle pas participé au bombardement de leur plus grand ennemi ? Mais non : pour une raison ou une autre, les satellites américains et les drones et les services de renseignements ne les ont pas repérés – pas plus que lorsque Isis a conduit des convois identiques de camions-suicides pour capturer Palmyre en mai 2015.

Il ne fait aucun doute que Palmyre représente un revers pour à la fois pour l’armée syrienne et les Russes – revers plus symbolique que militaire. Des officiers syriens m’ont dit à Palmyre plus tôt cette année qu’Isis ne serait jamais autorisé à revenir. Il y avait une base militaire russe dans la ville. Un avion russe nous survolait. Un orchestre russe venait de jouer dans les ruines romaines pour célébrer la libération de la ville.

Alors, que s’est-il passé ? Le plus probable est que l’armée syrienne n’a tout simplement pas le nombre de soldats nécessaire pour défendre Palmyre tout en reprenant l’est d’Alep.

Ils devront reprendre Palmyre rapidement. Mais pour Bashar al-Assad, la fin du siège d’Alep signifie qu’Isis, al-Nusra, al-Qaïda et tous les autres groupes salafistes et leurs alliés ne peuvent plus revendiquer une base ou créer une capitale dans la longue lignée des grandes villes qui forment la colonne vertébrale de la Syrie : Damas, Homs, Hama et Alep.

Revenons à Alep. Le récit familier et lassant de la politique et du journalisme a besoin d’être rafraîchi. La preuve est claire depuis quelques jours. Après des mois de condamnation des iniquités du régime syrien tout en occultant l’identité et la brutalité de ses adversaires à Alep, les organisations de défense des droits de l’homme – reniflant la défaite des rebelles – ont commencé il y a quelques jours à diffuser leurs critiques à l’égard de ces mêmes défenseurs.

Prenez le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme. La semaine dernière, après les craintes tout à fait compréhensibles pour la population civile de l’est d’Alep et ses médecins et infirmiers, comme pour les civils soumis aux représailles du gouvernement et les « centaines d’hommes » qui ont disparu après avoir traversé la ligne de front, l’ONU a soudainement exprimé d’autres préoccupations.

« Au cours des deux dernières semaines, le Front Fatah al-Sham [en d’autres termes, al-Qaïda] et le Bataillon Abu Amara auraient enlevé et tué un nombre inconnu de civils qui avaient demandé aux groupes armés de quitter leurs quartiers afin d’épargner la vie des civils … « , a-t-il déclaré.

« Nous avons également reçu des informations selon lesquelles entre le 30 novembre et le 1er décembre, des groupes armés d’opposition ont tiré sur des civils qui tentaient de partir ». De plus, des « attaques aveugles » ont été menées sur des zones gouvernementales et densément peuplées à l’ouest d’Alep.

Je soupçonne que nous entendrons plus de choses dans les prochains jours. Le mois prochain, nous lirons également un nouveau livre effrayant, Merchants of Men, par la journaliste italienne Loretta Napoleoni, sur le financement de la guerre en Syrie. Elle a documenté les enlèvements-pour-argent par le gouvernement et les forces rebelles en Syrie, mais a également des mots durs pour notre propre profession de journalisme.

Les journalistes qui ont été enlevés par des gardes armés dans l’est de la Syrie, écrit-elle, « sont tombés victimes d’une sorte de syndrome d’Hemingway : les correspondants de guerre qui soutiennent l’insurrection font confiance aux rebelles et mettent leur vie entre leurs mains parce qu’ils sont de mèche avec eux. » Mais l »insurrection n’est qu’une variante du djihadisme criminel, un phénomène moderne qui n’a qu’un Dieu : l’argent. »

Est-ce trop dur pour ma profession ? Sommes-nous vraiment « de mèche » avec les rebelles ?

Certes, nos maîtres politiques sont – et pour la même raison que les rebelles enlèvent leurs victimes – inféodés à l’argent. D’où la disgrâce de Brexit May et sa bouffonnerie de ministres qui se sont prosternés la semaine dernière devant les autocrates sunnites qui financent les jihadistes en Syrie, dans l’espoir de gagner des milliards de livres dans les ventes d’armes post-Brexit au Golfe.

Dans quelques heures, le Parlement britannique doit débattre du sort des médecins, des infirmières, des enfants blessés et des civils d’Alep et d’autres régions en Syrie. Le comportement grotesque du gouvernement britannique a fait en sorte que ni les Syriens ni les Russes ne prêteront la moindre attention à nos lamentations pitoyables. Cela aussi doit être dit.

Robert Fisk

Robert Fisk est le correspondant du journal The Independent pour le Moyen Orient. Il a écrit de nombreux livres sur cette région dont : La grande guerre pour la civilisation : L’Occident à la conquête du Moyen-Orient.

Original : http://www.independent.co.uk/voices/aleppo-falls-to-syrian-regime-bash…

Source : Robert Fisk, 15-12-2016

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